Bruno Rotaillot dit qu'il veut généraliser les peines de prison pour les mineurs dès le premier délit grave. Oui ou non ?
Réponse à côté– Mais en fait, je vais répondre à votre question, mais pardon, pas juste en oui ou non. La question qui devrait tous nous préoccuper, quand on parle de police, quand on parle de justice, c'est la question de savoir comment on garantit la sécurité et la tranquillité publique. Pour garantir la sécurité et la tranquillité publique, il faut imaginer la répression comme étant quelque chose d'efficace pour éviter la réitération. Si vous faites en sorte qu'une personne, quand elle a commis un acte criminel ou délictueux, vous augmentez les chances qu'elle le reproduise à l'issue de sa peine, mais vous êtes à côté de la plaque. Or précisément, si on défend le sursis, et pas comme M. Darmanin qui p…
« – Mais en fait, je vais répondre à votre question, mais pardon, pas juste en oui ou non. La question qui devrait tous nous préoccuper, quand on parle de police, quand on parle de justice, c'est la question de savoir comment on garantit la sécurité et la tranquillité publique. Pour garantir la sécurité et la tranquillité publique, il faut imaginer la répression comme étant quelque chose d'efficace pour éviter la réitération. Si vous faites en sorte qu'une personne, quand elle a commis un acte criminel ou délictueux, vous augmentez les chances qu'elle le reproduise à l'issue de sa peine, mais vous êtes à côté de la plaque. Or précisément, si on défend le sursis, et pas comme M. Darmanin qui propose de le supprimer, si on défend l'idée d'avoir des peines qui soient des peines individualisées, c'est parce que c'est ce qui est le plus efficace pour lutter contre la récidive. Vous avez aujourd'hui, au bout de 5 ans, à peu près 60% des gens qui ont fait de la prison ferme qui réitèrent. Et quand les gens ont du sursis, forcément les statistiques baissent. C'est à peu près la moitié, moitié moins. Pourquoi ? Parce que le sursis a un effet dissuasif de la reproduction de la peine. Donc le débat tel qu'il est posé aujourd'hui entre laxisme et fermeté, il est à côté de la plaque. Le débat qui doit nous concerner, qui doit nous intéresser, c'est le débat de l'efficacité. »
