Et sur la sécurité en Europe, la guerre en Ukraine, quelles conséquences concrètes prévoyez-vous après cette élection de Donald Trump, Valérie Ayé ?
Réponse directeAlors, l'aide militaire américaine à l'Ukraine est décisive. On a vu déjà qu'y compris sous l'administration Biden, ça avait été très compliqué de lancer le dernier paquet d'aides militaires à l'Ukraine. L'Union européenne fait beaucoup. On a mis 120 milliards d'euros sur la table si on cumule à la fois l'aide militaire, l'aide humanitaire et l'aide financière. Les États-Unis, à peu près 50 milliards. Et c'est clair que si demain, Trump dit qu'on arrête l'aide militaire à l'Ukraine, l'aide financière à l'Ukraine, ça va poser un énorme problème. Et ça, on aurait dû l'anticiper en amont, évidemment. Et donc, évidemment, la question de la politique industrielle et de la politique de défense eu…
« Alors, l'aide militaire américaine à l'Ukraine est décisive. On a vu déjà qu'y compris sous l'administration Biden, ça avait été très compliqué de lancer le dernier paquet d'aides militaires à l'Ukraine. L'Union européenne fait beaucoup. On a mis 120 milliards d'euros sur la table si on cumule à la fois l'aide militaire, l'aide humanitaire et l'aide financière. Les États-Unis, à peu près 50 milliards. Et c'est clair que si demain, Trump dit qu'on arrête l'aide militaire à l'Ukraine, l'aide financière à l'Ukraine, ça va poser un énorme problème. Et ça, on aurait dû l'anticiper en amont, évidemment. Et donc, évidemment, la question de la politique industrielle et de la politique de défense européenne, ça faisait partie des lubies françaises. Vous savez, les choses que les Français portaient depuis des dizaines d'années. Nos partenaires en Europe ne voyaient pas l'intérêt de construire une défense européenne, parce qu'ils avaient chacun une histoire personnelle avec les États-Unis et qu'ils pensaient qu'on bénéficierait tout le temps du parapluie américain. Or, avec Trump, c'est sûr qu'on n'en bénéficiera plus. Et la défense des intérêts de l'Ukraine, on l'a beaucoup dit, mais c'est une réalité. La sécurité de l'Ukraine, c'est aussi notre sécurité. Qu'est-ce qui se passe si demain, l'Ukraine tombe ? Peut-être que Vladimir Poutine sera encore plus offensif vis-à-vis de nous. Il l'est déjà, avec de la désinformation et des alliés qu'il a aujourd'hui en Europe, quand on parle de Viktor Orban, quand on parle du Rassemblement national de Marine Le Pen et Jordan Bardella aujourd'hui. Donc, il faut véritablement qu'on crée les conditions de notre propre indépendance et de notre propre sécurité. Ça veut dire continuer à aider l'Ukraine militairement, d'un point de vue humanitaire, d'un point de vue financier. Et ça veut dire mettre les bouchées doubles sur la défense européenne. Acheter en commun, assumer une préférence européenne dans les marchés publics, unir ce marché. Je vous donne juste un exemple sur les éléments militaires, mais on a en Europe aujourd'hui 17 types de chars différents. Les États-Unis n'en ont qu'un seul. Donc, il faut véritablement qu'on coordonne, que nos industries de défense européennes se coordonnent, travaillent mieux ensemble pour être beaucoup plus efficaces et avoir une puissance qui soit bien plus importante. »
