

« Oui, sur le papier, oui, c'est une petite révolution. »
« Les petites révolutions, parfois, se terminent en grosses révolutions. »
« Il y a trois nouveautés dont le système universitaire avait besoin. D'abord, renforcer l'orientation. Vérifier pour certaines filières les acquis des bacheliers pour être sûrs qu'ils sont dans une filière dans laquelle ils ont des chances de réussite. Et c'est sûrement la plus importante, repenser le premier cycle universitaire, ce qui amène à la licence, qui finalement, aujourd'hui, dans les faits, se fait en quatre années, puisqu'il y a 60% d'échecs, 60% de gens qui ne l'ont pas au bout de la troisième année, mais qui peut se faire en quatre ans avec une année de préparation. »
« Mais c'est une révolution sur piste glacée. Parce que pour que ça marche, il faut quand même mettre les moyens financiers. Alors là, ils sont absolument absents. »
« Vous leur expliquerez que les universités, les présidents d'universités, expliquent aujourd'hui même qu'ils ne savent pas comment ils vont s'y prendre. Ils en sont même à repenser à faire leur petit logiciel APB par université pour pouvoir trier les 7 millions de dossiers que le système universitaire va avoir à traiter à moyen quasi constant. »
« C'est pas parce qu'on va le mettre dans la précipitation, un deuxième principal. Enfin, non, moi, je pense que ce n'est pas la vitesse qui fait les bonnes réformes. Ce qui fait les bonnes réformes, c'est des moyens et une méthode. »
« La hussarde, c'est très risqué. »
« On a fait, il y a quelques mois, un livre blanc. On a réuni l'ensemble de la communauté, syndicats, professeurs, présidents d'universités. Tout le monde s'est accordé sur le fait qu'il faut remettre 1 milliard par an pendant 5 ans à l'université. »
« Là, vous avez 500 millions pour le bénéfice de cette réforme. Enfin, 500 millions, on va faire un petit exercice de calcul mental. Il y a 40 000 étudiants de plus chaque année. Chaque année, depuis quelques années, ça va continuer. Et en étudiant, ça coûte 8 000 euros à la nation. Donc, 40 000 multipliés par 8 000, ça fait 320 millions par an. 500 millions sur la table pour 5 années, soit 100 millions par an, ça ne couvre même pas l'augmentation démographique. »
« Il faut que Mme Vidal et le Premier ministre qui l'accompagne et qui a les clés convainquent Bercy qu'il faut remettre de l'argent sur la table pour les universités si on veut que cette réforme réussisse. »
« Bah oui, évidemment. Enfin, il y aura de la sélectivité. »
« Moi, personnellement, je n'ai jamais considéré que c'était un gros mot à la sélection. »
« Donc, oui, c'est évident. Et notamment pour... Le mouvement est amorcé pour au moins deux catégories de bacheliers. C'est que les bacheliers techniques et les bacheliers professionnels, je ne pense pas qu'on en retrouvera beaucoup dans les filières sélectives à l'université. »
« La vérité de cette réforme, c'est qu'il y a un autre élément qui trouve son chemin sous-jacent. Ce n'est pas affiché, clairement. Mais c'est quand même un pouvoir plus grand donné aux universités de choisir leur profil d'étudiant. »
« Mais l'université de Paris et l'université de Mulhouse, je ne suis pas sûr qu'elles auront les mêmes prérequis. Je ne suis pas sûr qu'un certain nombre d'universités ne vont pas monter le niveau des prérequis pour choisir plus. »
« Donc, il y a ce chemin-là vers des disparités entre les universités. Et ça, c'est, me semble-t-il, pas nécessaire. »
« Pour eux, c'est très bon. Après, ça veut dire concrètement que la solidarité nationale va financer le déficit du régime de sécurité sociale étudiante. »
« Mais tant mieux pour les étudiants dont le pouvoir d'achat est quand même très modeste. Donc, ça leur fera un bon coup de pouce. »