Alors, Christiane Taubiran n'est manifestement pas trop soutenu par les promoteurs de la primaire populaire. Pourquoi la bonne idée sur le papier s'est-elle transformée en piège ?
Réponse directeOui, oui, oui. Au début, je trouvais que c'était une initiative intéressante. Il faut se rappeler le contexte dans lequel on était il y a un an, un an et demi. On avait vraiment une voix qui paraissait complètement bouchée à gauche pour avancer cette idée de primaire populaire qui faisait en plus intervenir des jeunes, engagés, de la société civile, justement. Et je trouvais que c'était bien. Malheureusement, j'ai participé avec les Nouveaux Démocrates et beaucoup de grosses formations politiques à l'élaboration du socle commun. Nous, on aurait pu s'engager sur ce socle commun. Beaucoup de formations l'ont finalement rejeté. Puis après, il y a eu la primaire écologiste qui était extrêmement…
« Oui, oui, oui. Au début, je trouvais que c'était une initiative intéressante. Il faut se rappeler le contexte dans lequel on était il y a un an, un an et demi. On avait vraiment une voix qui paraissait complètement bouchée à gauche pour avancer cette idée de primaire populaire qui faisait en plus intervenir des jeunes, engagés, de la société civile, justement. Et je trouvais que c'était bien. Malheureusement, j'ai participé avec les Nouveaux Démocrates et beaucoup de grosses formations politiques à l'élaboration du socle commun. Nous, on aurait pu s'engager sur ce socle commun. Beaucoup de formations l'ont finalement rejeté. Puis après, il y a eu la primaire écologiste qui était extrêmement importante, qui était une vraie primaire organisée, contrairement à la primaire populaire. Et moi, j'ai soutenu Éric Piolle au premier... Pourquoi c'était pas organisé, la primaire populaire ? C'était organisé, mais on ne savait pas bien comment. On ne savait pas qui était candidat. On ne savait pas comment les gens étaient sélectionnés. On ne savait pas bien comment ça allait fonctionner. Et moi, j'avais soutenu... Il y avait un certain nombre de candidats de la primaire écologiste qui avaient dit qu'ils participeraient peut-être à la primaire populaire ensuite s'il y avait un nombre de votants suffisant. Par exemple, Éric Piolle, que je soutenais au premier tour, avait dit « Moi, j'irais s'il y a 2 millions de votants. » Bon, ça n'a pas du tout été comme ça que ça s'est passé. Et puis ensuite, ça a évolué de manière complètement différente. On s'est aperçu que cette primaire populaire, elle voulait surtout aller chercher une nouvelle candidature, celle de Christiane Taubira. À mon avis, beaucoup trop tard. J'ai beaucoup d'admiration, de respect pour Christiane Taubira. Si elle s'était manifestée plus tôt, peut-être que les gens et les autres auraient pu être intéressés par sa candidature. Mais quand vous n'avez pas été là pendant 4 ans pour vous opposer à Macron ou à l'extrême droite, que vous n'arrivez même pas 6 mois avant sans programme ni rien, c'est absolument impensable que ceux qui sont passés par des primaires comme Yannick Jadot, que ceux qui avaient lancé leur campagne depuis un moment comme Jean-Luc Mélenchon, par exemple, se retirent au profit de Christiane Taubira. Donc cette candidature, aujourd'hui, elle est inutile et elle ne va contribuer finalement, je ne sais même pas à quoi, parce que si à la limite, elle s'était mise à la place de celle d'Hidalgo, on aurait pu se dire c'est pour encore essayer de sauver le Parti socialiste qu'il en reste, la social-démocratie. Mais ce n'est même pas ça, donc je ne comprends plus du tout »
