"L'Etat n'a pas laissé les communes se faire inonder !", Françoise Gatel est notre invitée politique
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Sud Radio, l'invité politique Maxime Liedo. Il est 8h17 sur Sud Radio et mon invité politique ce matin est Françoise Gatel. Bonjour.
Bonjour. Ministre de la ruréalité, de l'aménagement du territoire et de la décentralisation avec on l'a vu des phénomènes climatiques qui inquiètent et un pic du cru en tout cas un pic de la crue attendit attendu dans la journée. Est-ce que vous confirmez ce matin que c'est la journée de tous les dangers ?
Alors, il y a encore euh aujourd'hui trois départements en vigilance euh rouge. Euh donc l'ensemble des services de l'État, des départements, des collectivités sont mobilisés. J'étais hier dans le M et Loir à Angé, j'ai vraiment vu sur place une organisation et un engagement remarquable de l'ensemble des services.
Il faut gérer heure par heure parce que la la montée de la CRU évolue d'une manière très très rapide. Hm. Est-ce que ça veut dire que sur la totalité des départements, plus de 14 départements de l'Ouest de la France qui sont désormais en vigilance orange crue, certains peuvent encore basculer aujourd'hui en vigilance rouge ?
Alors, c'est difficile, c'est difficile à dire parce que je vous dis les choses évoluent. En tout cas, on a trois départements en vigilance rouge. On va voir l'effet de de la tempête Pedro qui peut compliquer les choses.
En tout cas, vraiment, on suit avec une attention de tous les instants et on pense qu'on peut sortir peut-être la semaine prochaine et qu'ensuite il y aura géré la décrue. Mais c'est la situation est vraiment très évolutive d'un département à l'autre. Quand vous dites sortir de la semaine prochaine, c'est-à-dire sortir de cet état de de vigilance excessive dans tous les partements, vous l'espérez la semaine prochaine ? pas dans tous les départements, dans certains départements.
Je prends le département d'Ilé Vila par exemple dont Aosy va peut-être passer en vigilance rouge. Aujourd'hui, on est encore en vigilance euh orange. La semaine prochaine est encore une semaine un peu un peu difficile, mais il faut vraiment être très prudent et on ne peut pas déclarer le jour et l'heure où on sera sorti de de cette affaire parce que une rivière et une ville dépendent de ce qui se passe en amont.
C'est l'exemple à Anger qui à un moment aujourd'hui est dans une situation enfin en alerte rouge mais qui est aussi très dépendante de ce qui se passe dans la Vienne qui est une rivière qui est en amont et donc il va y avoir un effet très lent de des crues. Françoise Gatel, une question également vous vous venez de le dire les appels à la prudence aujourd'hui quels sont les nombreux messages à faire passer pour tous ceux qui s'apprêtent peut-être encore à prendre leur voiture à passer du temps sur la route ? rappeler que pour beaucoup ce sont les départs en vacances qui est-ce qu'il y a des rappels élémentaires que vous constatez sur le terrain qui ne sont pas toujours appliqués peut-être ?
Alors effectivement, votre question est importante, c'est-à-dire il faut être extrêmement prudent s'il y a des routes qui sont fermées et que vous pouvez vous retrouver euh dans une impasse, vous pouvez encombrer euh la route alors même que les services de secours et d'incendie ont besoin euh d'intervenir. qu'il faut être prudent, respecter l'ensemble l'ensemble des consignes et alors les gens partent en vacances, ils partent en vacances mais soyons prudents à la fois pour pour nous-mêmes mais aussi en solidarité avec tous ceux qui sont sur le terrain et qui font vraiment un travail remarquable pour dégager les voies, éviter le enfin éviter le maximum de risque. Est-ce que depuis déjà le début de ces deux tempêtes, Nils et puis Pedro désormais, est-ce qui vous avez réussi vous et vos services à avoir une estimation réel des décats causés ?
On sait que la Caisse centrale de réassurance a estimé cela à près d'un milliard d'euros. Est-ce que vous confirmez ? Alors, c'est le chiffre effectivement l'estimation qui est donnée.
Il est difficile aujourd'hui d'affirmer une estimation. Ce que l'on sait, c'est que les communes vont procéder à l'évaluation des des dégâts. C'est difficile tant que l'eau est là.
Dès la semaine prochaine, il va y avoir une réunion interministérielle pour la déclaration de catastrophe naturelle. Il faut une évaluation des risques enfin vraiment précise et dans chaque endroit. Mais la la ces événements climatiques sont effectivement coûteux et génèrent beaucoup de dégâts.
Mais sur ce sur votre prudence concernant le 1 milliard, c'est qu'en réalité il risque c'est un chiffre qui risque forcément d'être vu un peu à la hausse. Euh peut-être moi je reste je me défile pas votre question mais c'est très difficile aujourd'hui d'annoncer un chiffre. Voilà l'estimation que l'on a.
Je crois que personne ne l'a ne l'a contesté. Euh maintenant, il faut vraiment euh avoir des chiffres précis, territoire par territoire, ce qui est d à la tempête, ce qu'il est pas et cetera, mais c'est coûteux. Oui.
Toujours euh puisqu'on parle de coût aussi la la question à chaque fois des des assurances qui ne cessent de revenir sur sur le devant de la table avec des notes qui qui vont exploser. Est-ce que on connaît là aussi le le chiffre, on va dire, de ce que ça risque de coûter aux assurances ? Alors, sur les assurances, ce qui va ce qui va se passer, c'est que un à partir de la semaine prochaine, euh le gouvernement va déclarer euh des zones en catastrophe naturelle.
Ça veut dire que ça déclenche une accélération euh de l'intervention des assureurs. Combien de zones on sait déjà ? Je je peux non je peux pas vous le dire parce que c'est à partir de de la semaine prochaine là aujourd'hui ou demain ou en tout cas ces joursci Roland l'escur reçoit les assureurs pour leur dire qu'il faut vraiment activer les choses et être très très proactive dès lors qu'on a déclenché cette catastrophe naturelle ça accélère et pour les communes nous avons cette année en 2026 doublé le budget c'est une dotation pour événement climatique de cette nature.
Ça veut dire que par exemple les routes qui ne sont pas assurées que vous devez refaire, il y a cette dotation, ce qu'on appelle la DSEC euh qui a doublé qui va venir aider aider les communes à financer ces travaux conséquents. Et la question des communes, on y reviendra dans dans un instant. Encore une dernière précision sur les assurances.
Les projections du secteur prévoient un doublement des fameuses primes d'ici 2050 d'ici 2050 face à un coût croissant forcément des désastres climatiques. Est-ce qu'il faudrait aller sur les les assurances concernant par exemple les catastrophes climatiques un peu sur le même système pour pour lequel on a qu'on a pu observer sur les mutuels de santé, c'est-à-dire limiter les surprimes ou en tout cas limiter les coûts via la loi sur certaines assurances. Est-ce que c'est un système auquel vous réfléchissez ?
Alors, on a on a constaté euh indépendamment de ces événements climatiques qu'aujourd'hui des communes avaient des difficultés euh à s'assurer. C'était aussi le fait après les violences urbaines et donc Alain Chrétien Kilmire de Vezou et Uson le rapporteur général du budget ont vraiment travaillé sur cette difficulté d'assurance et aujourd'hui les l'État propose un système de médiation pour que les collectivités trouvent des assurances mais on constate que si les assureurs répondent parfois le le montant est extrêmement est extrêmement élevé et les franchises le sont. Donc on a aujourd'hui c'est vrai, un suivi très précis aussi de cette question d'assurance pour les collectivités.
Françoise Gatel, en rappelant que vous êtes la ministre de la ruralité, de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, on voit bien qu'à nouveau de la question de la responsabilité de l'État revient sur la table en disant "Ben, il y a un problème si on a autant d'inondation notamment dans les campagnes, c'est à cause des digues, les fameuses digues et on accuse l'État de les avoir laissé tomber. Est-ce que vous avez délaissé les DIG ? Est-ce que vous avez laissé les communes se faire inonder ?
Françoise Gatelet, l'État n'a pas laissé les communes se faire inonder parce que je je rappelle qu'il y a notamment un fond Barnier qui est aujourd'hui à 300 millions d'euros et qui aide à financer des travaux de prévention. J'étais hier dans le Ménélois au Poncé et j'ai vu ce qu'on appelle des bâardaux, c'est-à-dire des sortes de de gros boudin qui viennent tenir la loi et tout ça été financé par l'État avec les fonds barnés. Maintenant, il faut qu'on soit effectivement lucide tous ensemble.
On a une augmentation euh des phénomènes climatiques, des inondations qui touchent aujourd'hui euh beaucoup de départements. L'occurrence devient importante et le volume des dégâts aussi et que après cette crise qui aujourd'hui encore une fois localement est bien gérée par l'État et les collectivités, on va devoir s'interroger sur la prévention et comment aujourd'hui tous ensemble on finance ces risques. Est-ce que Est-ce que il n'y a pas justement quelque chose à revoir sur les DG ?
Il faut rappeler que l'État a transféré la compétence de l'entretien des dig aux communes en 2018 que vous avez essayé de de palier quand je dis vous c'est l'État par une taxe mais beaucoup disent elle n'est pas suffisante cette tax elle ne sert à rien. C'est 40 € par habitant par an ce n'est pas suffisant. 1 km de dig c'est 1 million d'euros.
En réalité ça ne sert à rien. Il faut que l'État on va dire réinvestisse à nouveau sur ces dossiersl. Qu'est-ce que vous leur dites ?
Ben je je dis qu'un des points sur lequels on va devoir travailler après la crise c'est quelle leçon on tir de cette crise ? C'estàd mais pour vous il y a quelque chose à faire sur les dig sur la question des dig. Je ce ce que je dis c'est que je pense que le sujet des diq majeur et je l'ai vu tout le long de la loi mais c'est vrai dans des tas de département et qu'il va falloir qu'on s'interroge sur l'entretien l'entretien des ligues et le coût de leur restauration ou de l'entretien et que surtout la digue c'est un linéaire.
Donc si on a un territoire qui entretient la ligue mais que 3 km après la ligue n'est pas entretenue, il y a une faiblesse qui s'inste. Donc cela fera partie effectivement des questions très précises sur lesquelles on devra avec les collectivités travailler, trouver des solutions. Donc la question des dig sera sur en tout cas sur le le devant le dessus de la table.
Il y a aussi euh d'autres qui disent que ils espèrent en tout cas dans cette crise pour la traverser mais très rapidement un fond d'aide exceptionnel pour aider les communes face à ces travaux énormes. Est-ce que c'est envisageable ? Françoise Gatel, alors vous parlez des travaux sur les sur sur des travaux liés à l'environnement que ce soit sur les digues ou autres.
Oui. Alors on a notamment je je le disais tout à l'heure ce qu'on appelle la dx cette dotation pour il parle vraiment d'un fond exceptionnel c'est-à-dire une somme qui serait mise à disposition des communes pour engager des travaux le plus rapidement possible. Là, on va avoir les 70 millions dès lors que les communes sont déclarées catastrophe naturelle, on peut accélérer le le versement de dotation pour éviter des problèmes de trésorerie.
Et puis euh sincèrement, je pense que tout le monde est bien conscient du sujet des dig et qu'il faut que on prenne enfin je veux pas dire qu'on prenne le temps parce qu'il y a urgence mais qu'on s'attaque à ce problème et que collectivement collectivité état on prenne la mesure de l'enjeu et je crois qu'on l'a pris et qu'on trouve des solutions pérennes et sécurisées. L'entretien est déterminant parce que c'est aussi l'entretien qui limite la fragilité des choses et on est capable de faire des choses extraordinaires. Je l'ai vu à Anger où il y a un tunnel qui est un tunnel routier et on l'inonde pour permettre qu'il soit moins fragilisé et on déporte les voitures.
Donc vous voyez, on sait inventer des choses. Ouais, c'est un principe de précaution et de prévention aussi pour l'aider. On voit aussi à quel point parfois en France tout peut-être compliqué.
Par exemple, un programme de prévention des inondations prend entre 5 et 10 ans à être publié. On en vient donc à cette fameuse question de la simplification dont vous avez la charge cher Françoise Gatel. Et c'est vous donc qui allez devoir faire passer le fameux méga décret de simplification promis par Emmanuel Macron et Sébastien Lecnu avec l'idée bien sûr de simplifier beaucoup de morts de normes qui paient sur les collectivités.
Ce décret a reçu un avis favorable du Conseil national d'évaluation des normes. Rien que ça, c'est typiquement français. Il doit être maintenant examiné par le Conseil d'État pour une publication en février.
J'espère que tout le monde a bien suivi. Ça y est, à partir de quand est-ce qu'on va pouvoir se dire ce décret va être publié ? Est-ce que vous avez une date précise ?
Euh incessamment incessamment sous peu, ce qui est très précis. Euh oui, parce que le Conseil d'État a rendu son avis. Alors, le Conseil national d'évaluation des normes dont vous parlez, c'est quelque chose d'important parce que c'est lui qui de temps en temps dit stop aux normes pour les collectivités.
Non, mais vous avez raison. C'est bien de le dire parce qu'on a parfois aussi trop d'organismes qui mettent trop d'avis et des avis contradictoires et on a tendance à additionner les les contraintes. Donc des crées de simplification avant la fin du mois de mars ou plus tard.
Euh oui, absolument. H aussi autre autre sujet demain naturellement ouverture du salon de l'agriculture avec la visite du président de la République Emmanuel Macron. Demain, est-ce que vous irez avec lui ?
Vous serez parmi parmi les accompagnateurs ? Euh demain, je je suis dans mon département de Vilenes où j'ai quelques rencontres avec des élus, mais j'y serai naturellement euh la semaine la semaine prochaine parce que c'est un moment extrêmement important euh pour notre pays, pour les agriculteurs et pour les territoires. Hm.
Et si le président de la République y va, c'est pour faire oublier son mauvais bilan dans la matière parce que 73 % des Français des habitants notamment des territoires ruraux et 72 % des habitants de banlieu s'estiment totalement perdant de la politique du président de la République. Donc on palie en allant leur serrer la main au salon de l'agriculture. Euh non, moi je enfin je je pense qu'on peut dire ça, les gens peuvent penser ça, mais moi je je pense que le président de la République en ce moment sur le champ de l'international, je pense qu'il fait un travail assez remarquable. euh et que pour ceux de la ruréalité peuvent se dire "L'international c'est bien mais nous euh ah bah l'international c'est très important parce que l'exportation euh euh des alimentaires enfin je rappelle que la France est un des premiers exportateurs euh de produits agricoles et que il faut vendre les produits pour pouvoir vivre au pays et aujourd'hui ça devient effectivement très compliqué. on a un vrai sujet autour de de l'agriculture et que euh on enfin moi je je le dis très clairement depuis la crise des gilets jaunes le regard de l'État sur la réalité a profondément changé.
On a créé des villages d'avenir, on a fait des maisons France services, on fait des des maisons France santé, petite ville de demain. C'est-à-dire on a réinvesti la ruralité. Alors, peut-être que ça va jamais assez vite, mais en tout cas sincèrement, moi, j'ai visité 56 départements.
Nulle part, je ne me suis fait malmener parce que l'État aurait abandonné. Mais ce sentiment est là, mais il faut aussi parler de ce qui marche. Françoise Gatel, ministre donc de la ruralité, de l'aménagement du territoire et de la décentralisation.
Après une semaine, donc après et ce sera ma dernière question, le meurtre de Quentin à Lyon. C'est encore un événement qui continue d'agiter énormément la la classe politique au sein de la majorité. Il y a une question qui se pose à savoir désormais, il doit avoir un cordon sanitaire autour de LFI.
On doit mettre en place, comme le dit la présidente de l'Assemblée nationale, un Nini, ni RN ni LFI. C'est votre avis aussi ? Je pense qu'il faut qu'on soit tous responsable et très conscient de de la gravité de la situation et que Gérald Arm dit les mots tuent et en tout cas les mots peuvent intoxiquer et on a cru qu'on pouvait faire des alliances avec des gens qui poursuivent un tout autre but que servir la démocratie et je pense qu' vous confirmez ni extrême gauche ni extrême c'estd ni LFI ni RN c'est votre politique aussi en tout cas à ma modeste échelle c'est ce que j'ai toujours fait y compris aux dernières législatives ni LFI ni RN.
Merci beaucoup Françoise Gatel d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio, ministre de l'aménagement du territoire, de la ruralité, de la décentralisation. On parlait d'alliance, c'est la question qu'on vous pose. Auditeur de Sud Radio 0826 300, c'est un sondage paru dans le Figaro qui l'affirme.
Oui, les Français notamment après le meurtre de Quentin en veulent au parti de la France insoumise et oui, ils s'apprêtent de ils sont de plus en plus nombreux à s'apprêter à faire barrage au parti de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que c'est le cas aussi auditeur de Sud Radio 0826 300 est-ce qu'al près le meurtre de Quentin ? Il faut tout simplement faire barrage au parti de la France insoumise lors des élections municipales.
Vous avez la parole su votre radio.
Françoise Gatel