Conférence de presse de Jean-Luc Mélenchon et Éric Coquerel
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 77 %Attaque 20 %Défensif 3 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:01:56OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a un petit changement de philosophie sur la dette ?
- 1:02:26OuverteRéponse partielle
Quelle est la trajectoire de déficit que vous envisagez ?
- 1:02:43OuverteRéponse directe
Pouvez-vous en dire plus sur vos plans de réduction de la contribution française à l'UE ?
- 1:03:07OuverteRéponse directe
Lien entre réforme des retraites en Espagne et sa croissance économique ?
- 1:03:39OuverteRéponse directe
Position sur la crise de l'eau et de l'assainissement en Guadeloupe ?
- 1:03:56FerméeRéponse directe
Taxation des héritages : à partir de combien ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 47:44Invité politiqueChiffre
« Le bilan de ces dépenses est un bilan de 81,7 milliards d'euros. »
- 50:10Invité politiqueChiffre
« La taxe Zuckman rapportera 15 milliards d'euros. »
- 1:10:56Invité politiquePromesse
« si l'estimation, c'est effectivement un milliard nécessaire, c'est quelque chose que nous mettrons sur la table pour le résoudre »
- 1:12:00Invité politiqueChiffre
« les 0,1% ou 0,1,1% les plus riches, en réalité, grâce à des niches d'Utreil et autres, ne payent plus que 10% sur l'héritage »
- 1:12:40Invité politiquePromesse
« nous ferons en sorte que les 150 000 euros, c'est-à-dire de faire en sorte d'exonérer tout héritage à hauteur de 150 000 euros »
- 1:14:40Invité politiqueFait
« l'État est un très mauvais employeur »
- 1:15:30Invité politiqueChiffre
« un amendement qui était passé, d'ailleurs, au PLFSS qui rapporte 10 milliards »
- 1:16:23Invité politiqueChiffre
« Les retraites, c'est 14% du PIB »
Temps de parole
- Jean-Luc Mélenchon54 %
- Présentateur36 %
- ?7 %
≈ 55,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Mesdames, Messieurs,
alors
nous sommes mis cette année
au
défi de présenter, comme nous l'avons fait pendant,
depuis
2017,
un
document de travail en vue
de
la présentation du budget par le gouvernement, d'y répondre. Et depuis, je ne sais pas, quand est-ce qu
'il
a commencé ? 2017, directement
? Eric
et notre équipe,
qui
s'occupe de ces questions,
produisaient
un contre-budget. On a fait ça tous les ans. Cette année, il y a une difficulté, si j'ose dire, enfin, il
y
a un contexte un peu différent, dans la mesure où nous sommes au mois, nous allons décider au mois d'octobre, et qu'il y a une élection présidentielle au mois d'avril, et qu
'on
pense que nous avons une chance de la gagner,
et
que, par conséquent, tout ce qui aura été décidé là ne sert à rien. Et d'ailleurs, on n'est pas les seuls
à
être dans cette perspective.
Tous
ceux qui sont candidats à l'élection présidentielle, je suppose, font tous le même espoir de gagner,
et
donc de présenter un autre budget, par la force des choses, un projet géo de finances rectificatives. On a donc dû travailler
en
préparant quelque chose qui soit, non seulement
raccord avec
le projet général contenu dans l'avenir en commun, mais raccord avec une séquence dans le temps.
C
'est-à-dire que, si nous gagnons
en
avril, quasi immédiatement, l'élection législative étant faite, on aura un projet de loi de finances rectificative, avant de passer à d'autres choses, comme le démantèlement de l'Empire Bolloré, et ainsi de suite, pendant l'été de l'année 2027. Donc, c'est ce raccord qu'il s'agissait d'organiser, si bien que le document qui a été préparé cette année par Eric et son équipe, et ses équipes, parce que c'est plusieurs équipes du mouvement Assoumis qui sont au travail dans cette affaire, se présentent quasiment comme le profil d'une loi de finances rectificative.
Alors,
nous sommes
dans
ce domaine un peu à l'aise,
parce
que l'ensemble des animateurs du mouvement Assoumis ont une culture économique qui n'est pas la culture dominante,
mais
cette culture qui s'est construite dans, bon, le début des années 2000, enfin toute la période de l'alter mondialisme,
où
ont commencé à être remis en cause les bases sur lesquelles fonctionnait le modèle néolibéral,
qui
s'achève en ce moment par une débâcle générale, dans tous les pays qui ont mis, qui ont appliqué ce modèle, tous sont endettés jusqu'au cou, voient leurs équipements publics saccagés et leur population appauvrie et clivée entre les deux extrêmes. Ceux qui ont tout et ceux qui n'ont rien. Notre approche de la question, elle a, dès cette époque, porté sur des sujets qui, aujourd'hui, apparaissent comme neufs, mais qui ne le sont pas du tout. Je pense, par exemple, à la question de la dette.
Beaucoup
ont oublié que, sur la question des dettes souveraines et blabla, il y a eu une période d'ample discussion au niveau international,
quand
l'ensemble des pays de l'Amérique latine ont été pris à la gorge par ce fléau.
Et
il y avait même une mission qui avait été décidée par l'ONU
à
l'initiative de l'Afrique du Sud et de l'Équateur, dont le président était, à l'époque, Raphaël Correa,
et
qui avait tenu toute une session pour discuter de comment affronter la question de la dette
en
empêchant les différentes économies d'être asphyxiées. Donc, ce n
'est
pas un sujet nouveau.
Et
on se rappellera, peut-être, que j'avais été invité à témoigner
à
Genève, devant cette commission de l'ONU, sur ce sujet, précisément, des dettes et de la question de leur annulation. À l'époque, on parlait, le terme qui était utilisé, c'était la dette odieuse.
Je
le dis parce que, ce n'est pas parce que, évidemment, chaque génération est un peuple nouveau que la vie commence aujourd'hui.
Elle
a, pour nombre d'entre nous, une histoire de lutte, d'opposition, de réflexion, de travail, de mise au point. Donc, nous ne débarquons pas.
Ce
qui nous évite de commettre des erreurs que d'autres commettent quand ils s'improvisent, à tout d'un coup vouloir imaginer des règles d'or dont ils attendent des résultats merveilleux, sans se rendre compte de ce qu'ils racontent eux-mêmes, et qui est absolument intenable et ingérable. Nous sommes dans la filiation de cette histoire qui, depuis, donc, l'avènement, le surgissement, la domination du néolibéralisme, a travaillé la pensée
de
gauche et, d'une manière générale, des économistes hétérodoxes.
Donc,
la situation de la France est
à
plusieurs particularités. Je vous en fais grâce, puisque, moi, je dois être aussi bref que possible. Mais, j'ai dit, si vous voulez bien vous en souvenir, que, devant le MEDEF,
que
le total des aides que, notamment,
le
macronisme a apporté
aux
entreprises,
c
'est-à-dire, en fait, aux actionnaires, équivaut au déficit, et que le déficit, c'est notre dette.
Il
n'y a pas d'autre origine que l'appauvrissement méthodique et organisé de l'État par le macronisme, à la suite des précédents,
c
'est-à-dire des deux précédents présidents de la République en France, l'un, de manière liée à la crise de 2008, mais pas seulement. C'est M. Sarkozy, l'autre gratis pro déo, M. Hollande, qui a continué sur le rythme de la facilité, mais, puisqu'à l'époque, partout dans le monde, le néolibéralisme a recommandé d'effondrer les budgets publics pour justifier les coupes et le surgissement qui était attendu du marché. C'était ça, leur stratégie.
On
coule les comptes, il y a une grosse dette, donc on coupe dans les services publics et les dépenses publiques, et on dit, ah bon, on ne peut pas faire autrement et on attend que le marché remplace tout ce qui avait été socialisé au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. C'est une stratégie, c'est notre thèse numéro un. Ce n'est pas un hasard, ce n
'est
pas qu'ils se sont laissés aller, ce n
'est
pas qu'ils n'ont pas compris. Ils l'ont voulu et organisé délibérément. C'était pour l'Europe le projet allemand, en particulier, de l'ordo-libéralisme. La politique ne doit plus jamais se mêler d'économie. C'est ça qu'ils ont appliqué et qui s'est terminé par un désastre partout. Parce qu'il ne faudrait pas qu'on croit que seule la France a 4 000 ponts à réparer, que des milliers d'établissements scolaires en ruines et des hôpitaux publics dans le pire des États. Les Allemands sont dans une situation comparable et à mains égards, sur certains points, pire que la nôtre. Voilà. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle ils relancent, ce sera dit dans un instant et bien expliqué. En attendant,
la
formule que j'ai utilisée devant le MEDEF était la bonne. Les aides sont le déficit et le déficit et la dette.
C
'est une stratégie. C'est cette stratégie que nous voulons renverser.
C
'est la raison pour laquelle,
si
vous nous jugez d'après les critères du néolibéralisme,
nos
projets sont inacceptables. La plupart d'entre vous êtes persuadés que c'est une loi de la nature et qu
'on
ne peut pas faire autrement. Ça se voit facilement en vous lisant. Vous pensez que c'est une situation indépassable. Nous ne pensons pas du tout ça. Nous pensons que l'histoire n'a jamais de fin
et
qu'elle peut sans cesse renouveler les formules. Nous sommes la formule de relève.
Et
notamment pour la France. Jusqu'à présent, c'était un slogan, en quelque sorte, présenté devant le MEDEF. Maintenant, c'est une réalité que plus personne ne peut discuter.
Parce
que quand le rapport sénatorial de Fabien Gué est sorti, il parlait de 210 milliards d'aides. Et il expliquait par là le déficit, l'appauvrissement volontaire de l'Etat. Le président de cette commission, qui est un LR, disait non, non, c'est seulement 120 milliards. Et j'avais déjà dit, je m'en contente. Avec ça, je réduis le déficit puisqu'il est de 150 milliards. Mais voici que depuis avant-hier,
Bercy,
qui est, comme vous le savez, un nid gauchiste bien connu dans ce pays, a établi qu'il s'agissait, les aides étaient équivalentes à 166 milliards. C'est-à-dire
10
milliards, 16 milliards de plus que le déficit du budget de l'Etat. Par conséquent, il est établi, par ceux-là même qui ont creusé le trou,
que
ce trou est exclusivement dû
aux
aides qui ont été, quand on dit les aides, c'est les faveurs, c'est les niches, c'est tous ces moyens par lesquels le capital concentré de notre pays a échappé à l'impôt, échappé à toutes ses obligations et a bondé sans limite
l
'actionnariat. Si bien que vivant sous cette dictature de l'actionnariat
et le
régime Macron en étant un accélérateur, nous voici rendus au bord du gouffre d'après eux. Mais quand même, à pression, que,
en
plus j'en suis un témoin, par conséquent, ma mémoire est encore fraîche sur le sujet, il doit bien rester quelques personnes dans ce pays qui se souviennent d'avoir vécu à une époque où l'impôt sur les sociétés était de 50% et où il y avait une différence entre ceux qui étaient réinvestis dans l'entreprise, c'était pas le même tarif que ceux qui étaient distribués aux actionnaires. Je le rappelle aux français qui nous écoutent, et ce n'était pas le communisme à l'époque en France, hein, c'était les gouvernements de gauche, le gouvernement de monsieur Chirac. Au demeurant, si on appliquait la fiscalité qui avait cours sous le président Chirac à cette époque, il n
'y
aurait pas de déficit aujourd'hui. Par conséquent, tout montre que notre raisonnement de base est le bon, le désastre actuel a été créé volontairement et comme une stratégie. Monsieur Macron a trouvé l'impôt
sur
les sociétés à 33% et il l'a amené à 25%. Mais tout le monde sait que ces 25% bidons.
Les
grandes multinationales payent 15%. Il n'y a que les petites entreprises en France qui payent plus de 20%.
Mais
les grands groupes et les compagnies financières, non. Et d'ailleurs, le taux sur lequel on s'était entendu à un moment donné, pour limiter l'ampleur du scandale de la différence d'imposition au niveau mondial, avant que monsieur Trump, on va tout le monde balader, c'était 12%. Voilà de quoi nous sommes partis, voilà à quoi nous sommes arrivés et voilà pourquoi il y a le gouffre, le trou,
l
'impasse.
Il
y a une cohérence de la politique de l'offre. Et dans les pires circonstances, monsieur Macron la maintient.
C
'est ce que fait monsieur Lecornu qui est son commis actuel. Alors,
on
voudrait faire de la France une sorte d'exception calamiteuse qui justifierait que nous ayons à être traités comme des Grecs.
Les
Grecs pèsent 2% de l'économie européenne. Les Français, 18%.
Je
redis aussi solennellement que je le peux
que
tous ceux qui voudraient,
par
leur complot
ou
pour faire de bonnes et juteuses affaires, précipiter la France à terre, auraient eux-mêmes à en payer chèrement les conséquences. Autrement dit,
il
n'existe pas de malaise français sans malaise européen. J'utilise des formules arrondies pour que chacun ne ressente pas tout d'un coup une panique excessive.
Et
en toute hypothèse, je rappelle aussi à tout le monde
que
depuis 2012, époque à laquelle
il
y avait une élection présidentielle, au cours de laquelle, au même moment nous discutions de la question passionnante de la viande halal, se votait
le
mécanisme européen de stabilité financière. Autrement dit,
si
par malheur quelqu'un faisait trébucher la France, toute l'Europe payera.
A
commencer par nos amis et voisins allemands.
Je
rappelle que si c'était ce qui s'était produit pour la Grèce, il y en avait pour 45 milliards pour nous et 65 milliards pour les Allemands.
Je
le rappelle pour que l'on cesse les gérémiades contre sa patrie qui ont le top dans ce pays. Parce que
la
terre entière est soumise à une augmentation des taux
qui,
du point de vue de l'économie capitaliste contemporaine, ne présente aucun mystère. Pourquoi ? Il y a une compétition. En dépit des masses financières considérables qui sont disponibles dans le monde, il y a une compétition d'abord aux États-Unis d'Amérique entre l'argent qui est investi en espérant des miracles dans le numérique et l'intelligence artificielle et d'autre part les emprunts du trésor nord-américain puisque quand même il s'agit d'une somme faramineuse de 40 000 milliards maintenant, même quand on peut appuyer et fabriquer de la monnaie tous les jours, comme les Américains, les Nord-Américains ont le pouvoir de le faire, ça fait une rude concurrence. Et une deuxième concurrence
existe
qui m'a été signalée par Eric quand on en parlait hier pour préparer ce qu'on avait à dire aujourd'hui, à quoi bon moi je n'avais pas vu l'affaire arriver, c'est que nos amis allemands et voisins et très chéris à notre cœur, cette année, empruntent beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup.
Et
à leur tour ils viennent avec leur paille
boire
l'eau délicieuse du déficit qui justifierait
ensuite
l'affrontement avec la puissante organisation syndicale et les taux de salaire allemands qui sont incompatibles avec la compétition internationale, notamment avec les Chinois.
L
'Allemagne a besoin d'un choc social et elle est en train de se l'offrir en empruntant, notamment pour relancer sa propre économie à partir de l'économie d'armement. Voilà de quoi nous parlons. Ça fait donc une compétition qui aggrave la situation particulière de l'Europe dans la mesure où l'Europe est placée sous le feu des États-Unis d'Amérique qui font tout pour l'appauvrir, la dominer, la juguler, la vassaliser et la mettre en colonisation que ce soit numérique ou autre. Ce sont des
thèses
dont nous pouvons comprendre qu'on les raille d'entrée de plume puisque ceux-là aussi sont censés être nos amis, les nord-américains, mais qui ont une réalité qui est assez prégnante pour que ça mérite au moins qu'on en discute avec nous sur un autre registre que celui que j'ai aperçu jusque-là. Mais en France, il s'y ajoute quelque chose
traditionnel
de l'esprit français.
C
'est la trahison des élites. Alors cette méthode, c'est M. Bayrou qui l'a remis. Avant ça, il y avait eu Fillon. La France est en faillite.
Ces
gens cherchent à provoquer des effets de panique
pour
ramener le troupeau vers la bonne sortie. Ça avait été M. Fillon et l'artiste suprême avait été M. Bayrou qui tout d'un coup s'était inventé
une
rigueur qu'il n'avait jamais pratiquée comme gouvernant et a commencé à expliquer que la France était en faillite et que la dette était la catastrophe suprême. Deux semaines après, toutes les agences de notation baissaient la note de la France. Et pour une raison que tout le monde comprend. Les notes qui sont données par les agences de notation sont une référence obligée pour un certain nombre de fonds de pension et fonds financiers de toutes sortes. Dès lors, quand c'est le Premier ministre lui-même qui dit que c'est la catastrophe, pourquoi voudriez-vous que je ne sais quelle agence soi-disant indépendante dise autre chose que ce qu'a dit le Premier ministre
? Et
aujourd'hui, ça continue et j'ai l'intention de dire que ça s'aggrave. Ainsi, lorsque nous parlons d'abroger la dette
française dans
les caisses de la BCE, qui est de l'argent que nous nous devons à nous-mêmes, on voit une certaine presse à la botte
courir
voir le banquier allemand pour lui demander ce qu'il en pense, et puis on voit se succéder les hauts personnages, à commencer par M. Moulin, gouverneur de la Banque de France, dont je veux rappeler qu'il n'est là que parce que le précédent est parti avant, pour que M. Macron, durant son mandat, puisse nommer le suivant et qu'éventuellement ça ne soit pas à moi de le faire.
Et
cet homme qui n'a jamais eu la majorité du vote des députés, qui représente pourtant le peuple français,
a
fini par être nommé alors qu'auparavant il était directeur du Trésor, auparavant il a été secrétaire général de l'Elysée, c'est-à-dire personnellement responsable de la mise en place et de l'exécution de la politique calamiteuse dont nous parlons.
De
même que les deux premiers ministres qui se présentent à l'élection présidentielle, car c'est sous leur gouvernement que la dette a été triplée par rapport à ce qu'elle était avant la présidence de M. Sarkozy, qui lui-même a fait 600 milliards, M. Hollande c'est 398, et eux 1300, un peu plus. D'accord ? Voilà. Tous ces gens-là se tiennent par la barbichette, ils sont tous responsables, ce n'est jamais nous qui avons gouverné ce pays.
Et
la seule pause qu'il y a eu dans les malheurs des comptes
publics,
eh bien ça a été l'épisode du gouvernement Jospin. Sur la base d'une certaine politique de la relance, tous les comptes sociaux ont été remis au vert. Je le rappelle pour ceux qui n'ont pas de mémoire, moi j'en ai une et j'y étais. Alors, voilà ce que j'ai à dire sur ces deux points. Remettre en ordre les comptes publics se concentrent, il faut que je résume, il faut donc peut-être un peu, d'une certaine manière que je caricature, mais on comprend ce que je veux dire.
Il est nécessaire de mettre à contribution le capital financier, parce que c'est lui qui a profité à plein, tout le temps, sous toutes les formes, toutes les formes, les baisses de salaires, les baisses de revenus, les faveurs fiscales de toutes sortes, jusqu'à cette date et encore maintenant. Ceux qui ne veulent pas l'admettre, feraient bien de démontrer leur thèse, au lieu d'accuser la nôtre. Le capital financier a profité et c'est lui qui doit payer. Pourquoi
?
Eh bien parce que c'est le seul qui n'a pas d'effet réfectif quand on le tond.
Quand
on tond un fonds de pension, quand on tond une quelconque institution financière de cette nature, ça ne provoque pas de recul de l'activité. Tandis que quand on prend sur ceux qui produisent, par la force des choses, ça a un impact récessif et l'actuel budget devrait enfoncer le pays dans un effet récessif plus important. En tout cas,
vous
verrez que nous avons deux fers au feu concernant la dette. Et nous sommes les seuls à avoir deux fers au feu.
Je
fais remarquer que tous ceux qui, avec des aires supérieures, nous demandent comment nous finançons ceci et cela, sans jamais obtenir aucun compte de ce que nous disons des recettes supplémentaires que nous allons faire avec nos impôts
sur
le capital, avec lesquels nous avons l'intention de payer les besoins.
Mais
par contre, sur la dette, depuis le début, nous avons mis deux outils en place. Premier outil, la question de la dette française à la BCE.
J
'insiste sur le fait qu'il s'agit d'un pur effet comptable, d'un trait à rayer. Par conséquent, je ne vois pas pourquoi on va demander au président de l'Euronext, c'est-à-dire d'une bourse, qui passe sa vie à vivre de la spéculation, venir nous donner des leçons de gestion de l'économie. Je ne vais pas vous reprendre du De Gaulle pour vous dire que la politique de la France ne
se
fait pas à la corbeille, mais en attendant, celui-là est le plus mal placé pour expliquer comment ça se passe, la gestion de la dette publique, et il ferait bien d'aller réviser ses propres comptes avant de venir me faire la leçon en me disant que soit je ne sais pas, soit je mens volontairement. Lui c'est un spéculateur, un profiteur de crise, et un exploiteur du peuple. Mais en attendant, quel est l'intérêt du témoignage de cette personne ? Zéro ! Pourtant elle a occupé toute une journée. Et j'en passe parce que maintenant ça défile.
Le gouverneur de la banque française, centrale, le chef de je ne sais quelle compagnie d'investissement, qui termine en disant si le capital doit choisir, ah quelle surprise ! Il préférera Le Pen à Mélenchon, on connaît toute cette musique. Et il défile les uns derrière les autres,
comme
des comploteurs qu'ils sont, contre notre pays.
Alors,
premier fer, celui-ci. Le deuxième, c'est les recettes nouvelles que produit la réorientation,
j
'insiste sur le mot, réorientation de l'épargne de notre pays, qui est considérable, que l'on considère l'assurance vie, ou que l'on considère la caisse de dépôt et consignation.
Dans
la mesure où vous pourriez être surpris et vous méprendre sur les mots, je viens de dire réorientation, pas imposition, pas taxation, pas confiscation, pas nationalisation. Réorienter veut dire que les légitimes propriétaires resteront propriétaires, mais qu'au lieu d'aller un euro sur deux,
pour
ce qui concerne l'assurance vie à l'étranger, ils viendront à s'investir en France parce que des conditions plus favorables y seront faites. Lesquelles ? Celles qui résulteront de l'annulation de l'avantage financier que l'on donne à l'euro qui s'en va de France. Naturellement, ce ne sera pas sur la totalité de cette somme parce qu'il n'y a pas de quoi investir 1000 milliards séances tenantes en France. Mais tout le monde a bien compris. Réorientation. Cette réorientation a pour effet de transformer et de donner des recettes supplémentaires à l'Etat. Comment ? Parce que le taux moyen de la TVA est de 18%.
Dès lors, dès que de l'argent, qui appartient toujours à l'un ou à l'autre, est investi dans des entreprises qui achètent des matières premières, qui louent des bâtiments, qui emploient des salariés, alors tout le monde comprend que l'ensemble de cette production fait l'objet d'une taxation au taux moyen, et c'est ce taux moyen qui va nous aider à financer
le
recul de la dette publique. De manière symbolique, mais parlante,
nous
avons décidé que dans ce budget il y aurait 25 milliards, celui que nous présentons, attribué à la diminution de la dette. C'est-à-dire
que
nous sommes dans les purs des quatre spécialistes qui avaient été nommés pour nous donner des recommandations.
Et
eux parlaient de 125 milliards. Et bien très bien, en voici le cinquième. Mais s'ajoutera
à
le soulagement de la charge, qui sera
pas
si extraordinaire que ça, s'y ajoutera l'annulation de l'effet récessif. Car l'effet récessif des budgets va conduire à ce que les recettes de l'Etat diminuent. Par conséquent, quand le budget Lecornu se sera appliqué, la situation sera pire qu'avant.
La
situation sera pire qu'avant. Et Éric Coquerel a eu totalement raison
de
dire que, au lieu de se prêter à cette cime agrée injuste, inutile, qui nous fait perdre du temps et de l'argent, qu'est le vote du budget, mieux aurait valu une loi spéciale. Car alors, on aurait maintenu
l
'épure précédente, qui n'était déjà pas bonne, mais qu'on n'aggraverait pas. Et on laisserait à la prochaine équipe, qui arrive en avril prochain, le soin de fixer ce que sera en définitive le budget de 2027. Parce que, en toute hypothèse, le budget de l'année suivante ne sera pas ce que l'on va décider cette fois-ci. En toute hypothèse, qui que ce soit qui gagne.
Alors,
il peut être pire si c'est Attal ou Philippe qui gagnent, puisque c'est eux qui ont déjà fait un trou de 1300 milliards, c'est leur spécialité à eux, c'est ça qu'ils savent faire. Voilà, je vais terminer en vous disant. Ce à quoi vous êtes confrontés, c'est deux visions. Globales, chiffrées, argumentées, appuyées sur l'expérience et
sur
la démonstration donnée par nos voisins. Depuis que l'Espagne
a
mis un budget de croissance, écologique et sociale, elle est dans la croissance pure et le recul de sa dette, puisqu'ils sont tombés en dessous de 100%.
Donc,
ce que nous vous disons n'est pas un pur schéma idéologique, c'est quelque chose qui s'applique ailleurs et qui donne des résultats. Et les Allemands, cette fois-ci on prend une autre direction,
qui
ont compris que trois ans de récession finiraient par les tuer, et qu'on en était à la quatrième année. Et bien eux aussi, dès qu'ils se sont mis à réinvestir, cette année ils empruntent un peu plus de 60 milliards, et bien leur économie sort de la récession pour entrer de nouveau dans une autre phase. Nous, nous injectons au compte-gouttes
de
l'argent qui se met en circulation. J'insiste sur les deux thèmes, injecter au compte-gouttes de l'argent qui se remet en circulation.
C
'est par exemple
que
l'allocation jeune, après récupération des autres allocations, leur donne 1300 euros par mois. C'est le même schéma
que
celui qui a été appliqué sous Lionel Jospin avec l'embauche de 3500 emplois jeunes au SMIC.
Et
j'ai rappelé tout à l'heure le résultat. Il y a ensuite,
vous
verrez, vous expliquez tout ça très bien, comme il le faut. Il y a le point d'indice des fonctionnaires, enfin il y a toute une série de choses.
Et
la politique
de
réorientation
de
l'épargne,
comme
il s'agit de 100 milliards
dans
le premier budget, ça fait donc 180 milliards, pardon, ça fait donc 18 milliards qui reviennent dans le circuit. Alors, je finis sur la BCE.
Il
y a dans de nombreux médias un enthousiasme toujours aussi vif pour l'Europe, telle qu'elle est, hein, et pour Mme van der Leyen et compagnie. Alors, nous sommes en droit de demander aux euro-enthousiastes à quoi sert leur Europe dans les circonstances dans lesquelles nous vivons, puisqu'elle ne fait strictement rien et que le banquier central, qui lui est un ignorant chez nous, dit que le problème de la Banque Centrale Européenne n'est pas de venir au secours du budget de la France. Oui, bon, donc personne ne lui a dit que la Banque Centrale Européenne est déjà venue au secours du budget de l'Espagne et du Portugal, quand les taux ont baissé.
Et personne ne lui a dit qu'à plusieurs reprises déjà, la Banque Centrale Européenne a fait des politiques de relance, avec des conditions qui n'ont jamais fonctionné, jusqu'au jour où ils ont donné de l'argent gratis à toutes les banques qui voulaient bien leur en demander. La Banque Centrale Européenne a déjà fait tout ça, elle l'a fait en particulier en 2008 pour tirer d'affaire le système bancaire mondial qui s'est effondré, et par conséquent elle peut encore le faire. Si elle ne le fait pas, elle fera payer à toute l'Europe le résultat du dégât. Parce que je finis sur ces mots, il n'y
a
pas que la France qui est dans une situation où c'est plus de 100% d'après cette règle absurde, 100% du PIB égale la catastrophe. À quoi nous ne croyons pas, parce que des stagiaires d'économie ont fait la démonstration que le calcul de l'économiste brillant qui a inventé ça était faux.
Nous
avons 5 pays
qui
sont dans la même situation, à des degrés divers.
Et
si vous partez
de
l'Est, la Grèce, l'Italie, la Belgique, la France bien sûr, l'Espagne, le Portugal.
Et
ces 5 pays représentent 50% du PIB de l'Europe. Si la doctrine absurde de Monsieur Moulin, d'après laquelle l'Europe ne s'occupe que de la stabilité des prix s'appliquait, on peut dire que la catastrophe est assurée, garantie. Parce que
quand
on en est là, tout le monde paiera plus de 4%. C'est un taux monstrueux. Alors évidemment on peut toujours dire que 4,80 c'est encore plus monstrueux, mais 4 c'est déjà monstrueux et c'est pas 4, c'est 4,18.
Tous
ces pays sont mis en situation de fragilité. Autrement dit, nous ne sommes pas dans une démarche idéologique,
nous
sommes dans une démarche de rationalité économique. Nous opposons le cercle vertueux de la relance écologique et sociale qui tirera notre pays d'affaires
au
cercle morbide créé par les budgets macronistes et la démolition de l'Etat. Voilà, excusez-moi d'avoir été à peine trop long et mon camarade Eric, maintenant, va vous régaler de tous les détails sans lesquels vous repartiriez mécontent.
Bien,
bonjour à toutes et à tous. Je vais donc reprendre quasiment le même plan en allant un peu plus loin dans les détails. Premièrement, c'est important à dire, Jean-Luc Mélenchon l'a dit dès le départ,
mais
puisque nous sommes dans une situation où nous examinons un budget, j'appelle véritablement le gouvernement à la raison.
La
situation n'est pas bonne,
mais
dès lors que vous faites dans le catastrophisme, dès lors que vous faites
dans
la prophétie autoréalisatrice,
vous
influencez les marchés financiers en négatif.
S
'il y avait un élément pour le prouver, ce serait, souvenez-vous, les déclarations de François Béroud,
toutes
plus stupides les unes que les autres,
en
février 2025.
Que
nous disait François Béroud ? Il expliquait que le FMI était à la porte de la France, que nous pouvions être comparés à la Grèce
et
autres inepties. Son ministre Lombard lui a embrayé le pas. Bilan deux semaines après, alors qu'aucune situation économique ne le justifiait, il n
'y avait
pas eu tout d'un coup une dégradation de la situation économique en France et les taux d'intérêt étaient pas au niveau aujourd'hui. L'agence de notation Fitch nous dégrade. Elle nous dégrade uniquement, en réalité, sur l'atmosphère,
j
'allais dire, propagée par le gouvernement.
Donc
la première chose à dire, c'est qu'on est dans une situation grave, on va le voir,
mais on
n'est pas dans une chute libre irrémédiable.
Et
si on voulait s'en apercevoir, il est faux, par exemple, de dire que la charge de la dette aujourd'hui en France serait absolument historique
si
on compare par rapport aux 40 dernières années. La seule façon de regarder la charge de la dette, c'est de la regarder en comparaison au PIB. C'est en pourcentage en PIB, donc pas en valeur absolue.
Si
vous regardez la charge de la dette
aujourd
'hui, elle est de 2,6%. Elle va monter vraisemblablement à 2,9% l'an prochain. C'est beaucoup. Mais que dire de la charge de la dette entre 1996 et 2004, qui était entre 3 et 4%. Et plus récemment encore, il y a eu
des
chiffres qui étaient tout dessus.
De
la même manière, regardons les taux d'intérêt à 10 ans. Oui, il y a un décrochage avec l'Allemagne. Je vais y revenir. Jean-Luc Mélenchon l
'a
précisé.
Mais
si on regarde les pays d'économie comparable aux nôtres, on est effectivement un peu au-dessus. Mais ça reste comparable. Ça reste à peu près dans la même échelle. Et
on
subit nettement moins des intérêts que, par exemple, les Américains.
La
raison, elle est triple.
Il
y en a une première. C'est effectivement la concurrence de l'intelligence artificielle, c'est-à-dire qui vient vis-à-vis de fonds pour, j'allais dire, présenter et demander leurs emprunts à des taux qui sont incomparablement plus élevés que ce que peuvent proposer les États. Alors quelque part, c'est plus avantageux
pour
les marchés. Mais considérons que c'est beaucoup moins sûr que les États. Ce qui, d'ailleurs, pourrait nous valoir bientôt une bulle spéculative qui explose et qui déclenche une crise financière comme on n'a pas idée.
La
deuxième raison, effectivement, c'est la concurrence avec l'Allemagne. J'insiste là-dessus, mais c'est totalement une nouveauté. Jamais l'Allemagne ne nous a concurrencés sur la dette souveraine. Or, n'importe quel portefeuille d'investissement a besoin d'une dette souveraine.
Tout
simplement parce que, contrairement à ce que disent les personnes stupides,
la
meilleure garantie d'être remboursée, c'est l'État.
Le
patrimoine, par exemple, de l'État en France, c'est six fois et demi
le
niveau de la dette. Donc l'État français ne sera jamais en faillite.
C
'est la raison pour laquelle ces investisseurs ont besoin de cette dette souveraine. Mais à partir du moment où les Allemands viennent avec des bases, on va dire, plus solides
pour
les critères des marchés financiers, il est évident qu'à partir de là, on vient, j'allais dire, en second fois et qu'ils peuvent nous imposer des conditions. Et le troisième, il faut le dire quand même, c'est la politique menée,
la
politique d'offres et de compétitivité,
menée
depuis 2017, accélérée encore depuis deux ans, et qui est particulièrement préjudiciable à un pays comme la France,
qui
a ses mécanismes de solidarité, qui reposent sur du public. C'est beaucoup plus, j'allais dire, ça nous touche beaucoup plus, quelque part, que des pays qui n'ont pas ce type de dispositif. Le bilan, il est très clair. Si on regarde par rapport à l'Allemagne et l'Espagne, l'Espagne,
je
ne
vais
pas y revenir, Jean-Luc Mélenchon l'a fait, ça fait plusieurs années qu
'ils
sont maintenant dans une politique de relance. Le bilan,
c
'est qu'aujourd'hui, c'est clair que c'est un État qui a des croissances qui sont à même de lui permettre de faire face, justement, à des dépenses sociales.
Mais
regardons l'Allemagne, c'est intéressant.
L
'Allemagne, l'an dernier, est en quasi-récession.
Elle
est à 0,2% de croissance. Nous sommes à 0,8% de croissance, tout simplement parce que ce qui fait l'économie française, c'est la consommation intérieure à 50%. Ce qui fait l'économie allemande, c'est le commerce extérieur. Celui-ci faiblit
par
rapport à la situation internationale. Nous, on résiste parce qu'on a quand même un matelas avec la protection sociale.
L
'année dernière, il y a eu des coupes budgétaires sans équivalents, à la fois sur l'État, sur la sécurité sociale, qui ont d'ailleurs été aggravées au cours de l'année par des annulations de crédits, que ce soit sur l'État, la sécurité sociale. Le bilan, c'est que l'Allemagne a réagi. Elle a décidé, je l'ai dit, d'investir massivement, 60 milliards d'investissements,
en
grande partie pour la défense, ce qui pose à mon avis un autre problème. Mais ce n
'est
pas ici que je vais le traiter. Mais en tout cas, elle fait tourner sa machine productive.
Et
donc le bilan, c'est que cette année, elle va être à peu près à 1,3% de croissance.
Nous,
on fait exactement l'inverse. Et le bilan, c'est qu
'on
va être à 0,5% de croissance au mieux.
Donc
on voit bien que cette politique,
c
'est-à-dire une politique
qui
cherche à réduire les déficits, toujours en comprimant les dépenses publiques, est une politique qui nous mène dans le mur.
Je
voudrais citer de ce point de vue-là une anecdote. Gabriel Attal, auditionné dans ma commission des finances en 2024 sur l'imprévisibilité des déficits publics, je ne
sais
pas si vous vous rappelez, qui avait complètement explosé. Et Bercy ne les avait pas vus venir. Je me rappelle de Gabriel Attal, me donnant raison, disant, je suis d'accord avec le président Coquerel, effectivement,
le
problème que nous avons eu, c'est un problème de recette.
Et
Gabriel Attal de continuer en disant, eh bien, matin, midi et soir,
j
'ai réfléchi à comment réduire les dépenses.
Bon,
je trouve que là, il y a toute une contradiction. Vous observez que la question, c'est bien les recettes qui nous manquent, et le bilan, c'est que vous réduisez les dépenses. A partir de là, ça ne peut pas marcher.
Je
rappelle que les recettes ont diminué de 2,1 points
par
rapport à 2017. Les dépenses
ont
diminué, elles aussi,
mais
cette fois-ci dans l'autre sens, de 0,4 points. Et que le bilan, et il faut répéter sans arrêt ce chiffre,
c
'est que si nous revenions tout simplement à 2017, c'est-à-dire si nous récupérerions les recettes perdues depuis 2017, nous serions aujourd'hui à 2,9 points de déficit. Voilà la situation qui est posée, et cela nous indique quelle est la responsabilité
dans
le déficit. C'est évidemment ces pertes d'impôts, et ces pertes d'impôts, j'y reviendrai tout à l'heure, qui ont été ôtées aux plus riches, et notamment aux plus riches détenteurs du capital financier.
A
partir de là, nous, nous décidons, évidemment, de rompre et de tordre le bâton, j'allais dire, dans le bon sens.
Dans
le bon sens, c'est-à-dire qu'à la fois, nous voulons répondre aux besoins sociaux et écologiques des Français, et puisque nous répondrons aux besoins sociaux et écologiques des Français, eh bien, nous allons le financer par des recettes supplémentaires, qui va nous assurer à la fois de répondre à ces besoins, mais vous allez le voir, de faire mieux que le gouvernement en termes de réduction des déficits.
La
première chose, c'est de relancer l'activité par les revenus issus du travail, du moins les revenus sur lesquels le gouvernement a, j'allais dire, la main.
C
'est donc augmenter le point d'indice des fonctionnaires, je rappelle, qui a été gelé sous Macron huit années sur dix, et qui aura un coût de 17 milliards.
La
deuxième chose, c'est d'indexer toutes les pensions,
prestations
sociales, et pour l'APL,
de
l'augmenter de 10%, ce qui aura un coût
de
8 milliards.
La
troisième chose, c'est de garantir un revenu
garanti
pour tous les jeunes en formation.
C
'est une chose qui nous semble absolument essentielle, de faire en sorte que des jeunes en formation puissent étudier, se former avec une tranquillité d'esprit nécessaire, sans besoin d'aller chercher des petits boulots précaires, plus ou moins déclarés, et être dans une situation précaire qui n'est pas bonne pour faire des études. Nous pensons donc que c'est essentiel, et je rajouterai également, que c'est quelque chose qui, évidemment, va doper la consommation intérieure, puisque nous allons donner de l'argent à des gens qui, inévitablement, vont consommer.
Cette garantie d'autonomie de jeunesse, pour atteindre le seuil de pauvreté, nous la comptabilisons à 9,5 milliards d'euros, sachant qu'en réalité, c'est le différentiel, avec toutes les prestations que reçoivent aujourd'hui ces jeunes en formation, et qui viendraient compléter pour atteindre ce seuil de pauvreté.
Nous
prévoyons également une hausse du SMIC à 1 700 euros nets. Là, ça touche très marginalement le budget de l'État, mais c'est quelque chose que nous mettrons en place, là aussi lié, justement, avec un pouvoir d'achat retrouvé. Je rappelle que le pouvoir d'achat des salariés est en baisse depuis maintenant 4 ans, en réalité, même si le pouvoir d'achat global, lui, l'est depuis 2 ans, axé sur des négociations salariales par branche pour augmenter les salaires.
Et enfin, toujours dans le même état d'esprit, un pouvoir d'achat restauré, évidemment, et vous connaissez la mesure que nous proposons par rapport à la question du carburant posé aujourd'hui, non pas d'aller chercher je ne sais quelle solution qui permettrait à Total de faire encore plus d'argent, comme il a annoncé lui-même qu'il le ferait avec la libération de 10 millions de barils de nos stocks stratégiques, mais tout simplement de taxer Total au niveau des raffineries, puisque c'est cette fois la marge des raffineries qui a augmenté depuis le début de l'année.
La
deuxième chose, c'est de répondre aux urgences en renforçant
les
services publics et l'État.
Donc
on va commencer par quoi ? Évidemment, par l'actualité.
Aujourd
'hui, le budget de
l
'éducation nationale baisse.
Je
tiens à le rappeler puisqu'il y a eu polémique là-dessus. On nous annonce des budgets qui sont des budgets faciaux qui ne tiennent pas compte de l'inflation.
Le
budget de
l
'éducation nationale est annoncé à plus de 1,1 milliard d'euros. C'est un mensonge absolu.
Si
on retranche de manière normale les 2,1% d'inflation, en réalité, ce budget baisse soit de 643 millions d'euros, excusez-moi la précision, mais il se trouve que le ministère a fait le tour des rédactions pour dire que je me trompais parce qu'eux avaient calculé sans les pensions. Vous admettrez qu'à certains moments, soit ils prennent les pensions quand ça les arrange, pour dire qu'on dépense beaucoup dans l'éducation nationale comparaison à nos voisins, soit tout d'un coup, quand ça les arrange autrement, ils retranchent les pensions. Mais que ce soit avec les deux, ils baissent. 640 milliards
dans
le cas où on intègre les pensions, 280 millions dans le cas où on ne les tient pas en compte.
Donc
nous, ce qu'ils nous disons, c'est qu'il faut répondre aux revendications des lycéens et des étudiants.
D
'où la création de 10 000 postes. En gros, c'est tous les postes qui ont été annulés par Emmanuel Macron depuis 2017,
ce
qui coûtera 500 millions d'euros. D'où la gratuité de la cantine,
qui
coûtera 3,6 milliards d'euros. D'où aussi, conséquence de l'abolition de Parcoursup que nous proposons, le fait,
évidemment,
de créer des postes d'enseignants de l'université au nom de 250 000, soit à 3,5 milliards d'euros. Parce que pour notre part, s'il y a afflux d'étudiants, nous pensons que c
'est
à l'université de s'adapter pour pouvoir les recueillir, et non pas à l'inverse, c'est-à-dire de faire en sorte de sélectionner les étudiants en fonction des moyens qu'on donne à l'université. Autre plan d'urgence, évidemment, pour l'hôpital.
L
'hôpital est dans une situation, je me rappelle de cette phrase avant le Covid, d'Emmanuel Macron face aux soignants qui revendiquaient des moyens, et à qui Emmanuel Macron avait dit « il n'y
a
pas d'argent magique ».
Il
a fallu quand même en trouver quelques mots après, quand le Covid a montré que les hôpitaux étaient dans un état absolument catastrophique. Gloire aux soignants qui ont quand même exercé leur mission à ce moment-là. Mais il est temps de redonner un souffle aux hôpitaux avec 3 milliards d'euros et 10 000 créations de postes personnels soignants, ce qui fera un coût de 3 milliards d'euros.
Nous
avons également, évidemment, la volonté de faire en sorte que nous ne nous contentions pas d'une loi intégrale qui soit à l'heure.
La
loi intégrale aujourd'hui, elle correspond à une augmentation de 0 euro
dans
les budgets pour les violences faites aux femmes et les violences faites aux enfants.
Je
rappelle que le 1,5 milliard d'euros annoncé par Sébastien Lecornu, là aussi, c'est une tromperie.
C
'est, dit-il, le socle existant aujourd'hui. Alors il a été cherché un peu dans tous les budgets pour essayer de montrer qu'en allant chercher un peu du côté du PLFSS, de la loi de finances, etc., on arriverait à ça. Bon, il faudra déjà le démontrer, mais ce n'est pas une augmentation.
Nous,
nous pensons qu'il faut une augmentation conséquence, d'où un plan pour les deux, c'est-à-dire à la fois les violences faites aux femmes et aux enfants,
de
5 milliards d'euros. Enfin, nous voulons, en termes d'urgence, évidemment, lié à la question sociale, un plan du sans-abrisme. Emmanuel Macron avait dit en 2017
qu
'il garantissait que plus personne ne dormirait à la rue. On sait que c'est exactement l'inverse
de
ce qui s'est fait. Donc nous proposons à la fois des hébergements d'urgence construits, à la fois de pouvoir faire des réquisitions et, à partir de là, de rendre ces réquisitions habitables. Nous avons estimé ce coût de ce plan du sans-abrisme à 3 milliards d'euros, qui n'est pas la même chose que, j'y avais tout à l'heure, les investissements nécessaires pour construire, évidemment, des logements publics qui sont dans notre programme.
Il
y a également d'autres ministères, d'autres missions, qui subissent le coût du macronisme depuis des années. Nous en tenons compte. Et nous avons pris pour principe tout simple, c'est de rétablir
les
budgets qui ont baissé depuis maintenant 2025, sur tous les ministères concernés, ce qui fera une somme globale de près de 7 milliards d'euros. Alors c'est aussi bien le ministère du Travail, je vous rappelle qu'il baisse encore de 2,5 milliards d'euros cette année, alors que le chômage remonte.
C
'est par exemple l'aide publique au développement, où très franchement, les baisses sont-elles depuis 2 ans ? C'est vrai aussi de la diplomatie, qu'on se demande s'ils ont autre chose que des crayons et des gommes pour répondre à leur mission, et qui était quand même un paradoxe, au moment où beaucoup de critiques ont été faites légitimement sur la politique de Trump, sur l'aide de développement, que finalement la France lui emboîte le pas, tellement on a diminué les financements de l'aide publique. C'est la cohésion des territoires qui contient le logement, qui baisse aussi considérablement, c
'est
la culture, c'est l'agriculture, c'est le sport, c'est important, soi-disant après les olympiques,
c
'est la question de l'écologie, la question de la culture. Autrement dit, tous ces ministères-là, nous remettons les budgets tels qu
'ils
n'auraient pas dû baisser depuis 2025. Évidemment, nous, nous les indexons à l'inflation. Urgence climatique aussi, vous savez que c'est un des grands sujets de notre programme, celui d'une bifurcation écologique par la planification écologique qui correspond aux exigences de l'heure. Je rappelle les travaux du rapport Pisani-Ferry-Mafouz qui estime qu'il faut 37 milliards d'investissements d'ici 2030 publics pour simplement respecter les accords de Paris. Très vraisemblablement, ce rapport va être actualisé dans les années à venir parce que comme on n
'a
rien fait depuis, tout ça coûte plus cher. Tout ça fera partie d'un plan d'investissement. J'y reviendrai tout à l'heure que nous allons travailler. Mais dans l'urgence,
il
faut être capable de réagir aux incidences du dérèglement climatique que nous avons subi en 2026
sur
les questions de canicule, sur les questions d'incendie, de méga-feu et sur la question de la cesseresse pour les agriculteurs, un coût que j'ai estimé dans une émission flash, je vous invite à vous y reporter récemment, à 16 milliards d'euros.
Nous
avons donc décidé de mettre tout de suite cet argent nécessaire pour qu'en gros, l'année prochaine, les personnes les plus fragiles,
les
personnes âgées dans les EHPAD, les personnes dans les hôpitaux, nos enfants dans les écoles, mais aussi en termes de moyens pour l'ESDIS et la sécurité civile contre les incendies et en termes de sécheresse, puissent, j'allais dire, faire face de manière un peu plus supportable à ce qui, malheureusement, va revenir très certainement dès l'année prochaine.
Je
vous rappelle que les effets du Néni et Ligno commencent à la fin de l'année,
là,
en France, et que malheureusement, vraisemblablement,
ce
que nous avons vécu en France sera la moyenne des températures, des canicules et des événements extraordinaires en 2050, voire avant. Donc, ce plan nécessaire, c'est un plan de 10 milliards d'euros. Je vous renvoie à, là aussi, la mission Flash que j'ai présidée pour en avoir
le
détail.
Le
sujet, c'est évidemment de mettre aussi en sécurité sociale le pays.
C
'est, vous le savez, dans un premier temps d'abroger la réforme borne, sachant que, dans le reste du quinquennat, nous faisons fort de revenir à la retraite à 60 ans, mais nous commençons
par
la retraite à 62 ans, qui sera mise en application avec, là aussi, un coût qui est estimé à 9 milliards
d
'euros. Enfin, dans la sécurité sociale, nous ne voulons pas oublier tous les chômeurs.
Je
l'ai dit, le chiffre remonte aujourd'hui. Leurs droits ont été diminués considérablement en durée, en montant des indemnités, et nous comptons abroger toutes les réformes sur les droits à l'assurance chômage, c'est-à-dire 3 milliards d'euros. Le bilan de ces dépenses est un bilan de 81,7
milliards
d'euros, qui sera donc,
et
j'aimerais tout à l'heure, impulsé directement, mis directement, dans l'économie productive.
Pour
ça, il faut dégager des ressources nécessaires.
Le
choix que nous avons fait, il est, j'allais dire, de rester raisonnable.
De
rester raisonnable, c'est-à-dire
de
façon à ce que les chiffres que nous avançons soient totalement crédibles.
Nous
avons, par exemple, pour tout ce qui s'avérait
de
manière trop évidente, non constitutionnelle, ou qui ne respecterait pas, vous voyez, on devient vraiment très raisonnable aux directives européennes, nous avons décidé de ne pas les mettre dans notre chiffrage. Et de même,
nous
avons décidé d'aller chercher l'argent improductif,
l
'argent du capital financier. Celui qui, alors que tous les chiffres de l'économie sont rouges cette année, fait en sorte que nous sommes champions d'Europe des dividendes, vice-champions du monde d'Europe des dividendes. C'est donc là l'argent que nous comptons récupérer. Et pour une bonne part, c'est assez simple, c'est de revenir sur toutes les réformes qui ont été prises par Emmanuel Macron depuis 2017.
Je
pense qu'en 2017, avant 2017, on n'était quand même pas dans un pays administré par les soviets. Donc vous voyez bien que là aussi, on est raisonnable. On pourrait faire beaucoup plus, et peut-être d'ailleurs, faudra-t-il réfléchir à ce que nous fassions beaucoup plus au cours du mandat pour financer tous les besoins.
Ça
commence par un ISF renforcé,
c
'est-à-dire un ISF
climatique à
hauteur de 10 milliards d'euros.
Ça
commence par évidemment la suppression de la flag taxe, qui
est
le bouclier social du capital.
C
'est 9 milliards d'euros.
C
'est évidemment la taxe Zuckman sur le patrimoine
des
centimillionnaires, qui est à 15 milliards d'euros, et qui est absolument indispensable.
Parce
qu'une étude du CPO qui vient de sortir montre que les 1% des Français les plus riches sont les seuls à très bien se sortir du macronisme,
mais
que ces 1% des Français cachent,
un
peu comme l'arbre cache la forêt, quelques milliers de personnes qu'on ne voit même pas dans l'impôt sur le revenu, donc ils ne rentrent pas, par exemple, dans le compte de cette étude, qui sont ces milliers de personnes qui payent 0 euro d'impôt sur le revenu,
et
qui, j'allais dire, font migrer
tous
leurs revenus,
tous
leurs patrimoines, vers des patrimoines professionnels, en général des actifs financiers, qui sont imposés, évidemment, beaucoup moins, et qui payent, en gros, deux fois moins d'impôts que la moyenne des Français.
La
taxe Zuckman rapportera 15 milliards d'euros.
C
'est une taxe sur les héritages
que
nous estimons à 20 milliards d'euros.
Je
vous rappelle qu'il y a une trentaine d'années,
la
part de l'héritage dans les fortunes, dans les patrimoines, était environ de 30%, elle est de 60% aujourd'hui,
et
que, c'est peut-être la caractéristique du macronisme, nous sommes tout simplement en train de créer une noblesse d'argent qui gagne de son vivant et qui gagne de ses héritiers. C'est quelque chose d'insupportable, y compris par rapport à la promesse républicaine. 22 milliards qui sont récupérés sur les niches.
Il
s'agit de raboter, j'ai bien dit raboter, les principales niches, Crédit Impôt Recherche, Dutreil, SISAP, Niche Copé, Retraite et Épargne Salariale, Exonérer les cotisations patronales sur les heures supplémentaires, GEL d'exonération à partir de 3 fois le SMIC, enfin, suppression des exonérations des salaires de 3 fois le SMIC à 2 fois le SMIC,
où
à peu près tous les économistes s'accordent pour dire que ça n'a aucun effet, Rabotage de la borne, sortie, assurance-vie, démembrement, etc. Enfin, vous connaissez, il
y a
à peu près 100 milliards de niches, nous comptons en récupérer
22
milliards.
C
'est un taux de 15% adopté en commission des finances sur les GAFAM. Nous sommes obligés de le faire parce que pendant des années, on nous a dit « Ah, mais ne touchons pas aux GAFAM, ne touchons pas, j'allais se dire, à toute la délocalisation des profits, je vais y venir après, parce qu'on s'en charge au niveau international avec le pilier de les GAFAM.
»
Depuis, notamment, c'était déjà qu'il
y a
avant, mais depuis que Donald Trump est là, tout ça ne vaut plus rien, donc il est urgent d'agir dans notre pays sur les GAFAM, tout comme il est urgent d'agir sur la délocalisation des profits grâce à des prix de transfert. C'est les multinationales qui sont visées. C'est aussi un amendement proposé par Gabriel Zuckman qui consiste tout simplement à rectifier, en fonction des chiffres d'affaires réalisés en France, les profits qui sont déclarés. Prenons l'exemple de Total. 40% de son chiffre d'affaires en France, comme vous le savez, quasiment chaque année,
et
cette année, ce ne sera pas le cas, parce qu'ils ont fait des marches sur les raffineries, donc ils auront quand même du mal à le cacher. Enfin, chaque année, ils ont à peu près 0 euro d'impôt sur les sociétés.
Là
aussi, on a été raisonnable. Je sais que Gabriel Zuckman doit sortir une nouvelle estimation. On s'est contenté pour l'instant de la chiffrer à 5 milliards, ce qui est incontestable, en sachant que Gabriel Zuckman estime que ça pourrait être chiffré d'après les chiffres 2022 de manière plus élevée. Si c'est plus élevé, ça sera parfait, on gagnera encore plus d'argent. 2 milliards sur les fraudes, là aussi, nous sommes raisonnables.
On
aura plus les autres années au fur et
à
mesure que nous aurons embauché du personnel au niveau de la DGFIP.
Les
rachats d'actions, 2,5 milliards. Je vous précise bien qu'il s'agit d'une taxe de 10% sur les annulations d'actions. Et c'est une façon d'éviter le risque de contrarieté avec la directive Merphi. Donc c'est solide, et ça vient de passer d
'ailleurs
en commission des finances. Réforme de l'impôt sur les sociétés, 3 milliards, là c'est simple. C'est une progressivité. Jean-Luc Mélenchon vous a donné le chiffre tout à l'heure. Le taux implicite d'imposition des sociétés, il est de 14,7% pour les grandes entreprises, il est de près de 23% pour les PME. C'est absolument anormal, tout simplement parce que les unes peuvent optimiser, les autres ne peuvent pas le faire. Et à partir de là, nous partons d'un impôt progressif qui commence sur le taux actuel
pour
les TPE-PME et qui montera évidemment jusqu'à 33% pour les grandes entreprises.
C
'est une taxe sur les transactions financières, elle est classique, 5 milliards, elle a d'ailleurs été adoptée en commission des finances.
C
'est une taxe sur les crypto-monnaies qui m'a été inspirée, je vais vous le dire, par un amendement très bien fait, on sait regarder ce que font nos collègues, de Nicolas Sansu, qui a effectivement a proposé ça en commission d'exemple, elle est passée également et qui me semble, là aussi, de bonne alloi et qui rapporte 1 milliard d'euros.
C
'est le rétablissement de la CBAE, du moins la part des CBAE qui a été supprimée ces dernières années sur les grandes entreprises, 3 milliards, c'est les super profits, évidemment, particulièrement vrais cette année, c'était une
taxe
totale, 106,4 milliards d'euros.
Le
bilan est très simple, non seulement nous injectons plus de 80 milliards d'euros
dans
les carnets de commandes, dans l'économie, dans le pouvoir d'achat,
mais du
fait que les recettes soient supplémentaires, nous faisons 25 milliards de réduction du déficit. Nous faisons donc mieux que le gouvernement.
On
fait mieux que le gouvernement tout simplement parce que 25 milliards d'euros de sol primaire positif,
c
'est 0,8 point de PIB.
Le
PLF de 2027 dit que la charge de la dette va croître de 12 milliards d'euros en 2027. Si vous faites la soustraction, 25 moins 12, c'est 13 milliards d'euros. C'est donc 0,4 point de PIB, soit faire passer le déficit de 5,4 % en 2026 à 5 % du PIB. Alors là, vous me direz, bon, vous faites juste aussi bien que le gouvernement. Et non, parce que le gouvernement est quand même obligé de concéder que sa politique est récessive. Donc, il a baissé en réalité la croissance de 0,5 point qui va avoir une incidence sur les déficits.
Nous,
ce que nous mettons en place, c'est exactement l'inverse. C'est-à-dire que nous allons alimenter l'activité économique et on peut raisonnablement penser que contrairement au gouvernement qui fait baisser l'activité économique de 0,5 point, nous la ferons monter à peu près d'autant la froid qu'on affine le calcul. Mais vous voyez qu'en tout cas, on fera mieux qu'eux.
Deux
derniers points, mais j'irai rapidement parce que Jean-Luc Mélenchon les a abordés. Bien évidemment, aller chercher les recettes supplémentaires ne nous permet pas de faire face aux murs d'argent nécessaires
à
la fois pour la bifurcation écologique
qu
'on fait au rapport de RAI, c'est un problème européen,
l
'investissement pour une souveraineté en matière numérique qui soit
un
numérique et une intelligence artificielle régulée, mais aussi tous les investissements en termes de transport, en termes de logement, je l'ai dit, en termes de souveraineté industrielle, en termes d'économie maritime, en termes d'économie de l'espace, toutes choses qui seront nécessaires pour faire de la France un grand pays productif et en pointe sur des domaines où nous avons les ingénieurs qui sont capables, parce qu'ils sont les meilleurs au monde, de nous mettre en pointe.
De
ce point de vue-là, cet investissement, ce
n
'est évidemment pas les recettes que nous allons chercher, qu'il suffit à le financer. Donc nous avons prévu pour ça
de
nous tourner vers les encours de l'épargne des Français. C'est 6600 milliards d'euros aujourd'hui. Alors l'idée n'est pas d'arriver à drainer 6600 milliards d'euros, mais si chaque année,
nous
arrivons à drainer 100 milliards d'euros pour qu'au bout de 5 ans, nous ayons déjà eu 500 milliards d'investissements, la chose sera finalement assez, j'allais dire, positive et facile à faire. Première solution, et figurez-vous que ça tombe bien, parce que j'ai fait passer cet amendement en commission des finances il
y
a quelques jours, c'est le fait de relever le plafond du livret A à 30 000 euros. Ça fait, selon le président même de la Caisse des dépôts, environ 30 à 40 milliards qui pourraient être levés de cette manière-là. Et si en plus,
on
augmente la centralisation de ces livrets A au niveau de l'État, puisque vous savez qu'une part est aujourd'hui aux mains des banques, on pourrait en plus avoir un chiffre encore plus important. Ça, par exemple, ça pourrait être tout à fait sur un plan en faveur du logement, de la rénovation thermique, dont vous avez vu tout à l'heure que je disais qu'il coûtait très cher.
De
la même manière,
on
peut créer, d'ailleurs il existe, mais on peut le renforcer, un livret B qui pourrait faire appel aux autres investissements. Comment ? Eh bien, tout simplement, en faisant en sorte de faire en sorte que cet emprunt, cette levée, soit plus intéressant pour les Français que ce qu'ils mettent dans les assurances. et si jamais, pour arriver à les inciter un peu plus, il faut rendre moins intéressants les placements dans l'assurance-vie, on s'en chargera de ce point de vue-là, mais nous pensons que nous avons là aussi de quoi, justement, investir.
Et
enfin, dernier point essentiel, c'est de sortir la dette du monopole des marchés financiers. Pas entièrement, mais du monopole des marchés financiers.
Parce
que la question qui se pose pour tous les pays européens, et la France refuse de le regarder, c'est que le fait qu'elle se pose pour tous ces pays européens est une fenêtre idéale pour nous. Il n'y
a
aucun pays européen, sauf peut-être l'Allemagne et encore, et encore, on va pouvoir le vérifier, qui est capable de payer les investissements nécessaires pour faire face, je le rappelle, rapport de Raï, des milliards, justement, à toutes les questions que je viens de poser. Donc se pose la question, à partir de là, de taux d'intérêt qui sont effectivement trop élevés. Si les taux d'intérêt sont trop élevés, il faut chercher un autre moyen de financement.
Et
donc, la solution, ce serait peut-être déjà, c'est ce que nous proposons, d'annuler la dette que nous possédons.
C
'est-à-dire, cette dette qui était à peu près de 20%
de
la dette totale il y a encore un peu plus d'un an et qui, je le dis, est en train de fondre comme neige au soleil.
C
'est-à-dire, aujourd'hui, à la fin de l'année, elle ne fera plus que de 464 milliards d'euros. Il faudrait peut
-être
déjà arrêter ça.
Ce
n
'est
pas venu de l'opération du Saint-Esprit. C'est une décision politique. La Banque centrale européenne, en 2023, pour les programmes liés à la question des subprimes et fin 2024 seulement pour celles liées au Covid, a décidé de ne pas renouveler cette dette qui, jusqu'alors, était renouvelée automatiquement. Le bilan, c'est qu'elle diminue 80 milliards par an.
C'est
ce que j'ai appris en voyant cette interview du gouvernement de la Banque de France
là
où il se permettait en plus de se mêler de la vie politique du pays. Donc, il faut déjà arrêter ça. Il faut demander à la Banque centrale européenne qu'elle arrête le fait de ne pas renouveler cette dette. Ça, c'est un premier lieu. Deuxièmement, à partir de là, nous proposons effectivement d'annuler cette dette. Moi, j'aimerais bien savoir quelles sont les autres solutions. C'est des choses qui ont déjà été faites par le passé. Il faut s'entendre avec les autres pays européens, mais je pense qu'il
y
a plein de pays européens qui auraient intérêt à ça. Pourraient-ils au moins essayer de le faire, ce que ne fait pas le gouvernement. Et enfin,
c
'est le fait de relancer ce qu'on pourrait presque appeler
un
circuit du trésor européen, en fait.
C
'est-à-dire que la Banque centrale européenne réémette des programmes de rachat de dette souveraine qu'elle laisserait à disposition de toutes les banques centrales nationales pour faire face justement à ces investissements en matière écologique
et
en matière numérique et autres qui seraient une bonne manière de faire. Nous, on pense qu
'on
peut y arriver. On pense que la fenêtre est ouverte si la France, j'allais dire, se prend à nouveau de penser qu'elle a un poids en Europe, ce que je crois, et non pas d'abdiquer à chaque fois qu'on lui dit « Ah non, ça n'en est pas question » et qu'un gouverneur, par exemple, comme récemment de la Bonn-Dice Bank, de dit « Nous, on ne
veut
pas en entendre parler, peut-être qu'il faudrait aller plus loin
».
Voilà la manière dont nous entendons agir et puis,
si
jamais ce n
'est
pas possible, on verra si on ne peut pas le faire avec les pays qui auraient intérêt à le faire, voir une solution nationale, mais ce n
'est
pas ce que nous préconisons. Nous voulons une solution européenne. Je termine en disant que je remercie tous les députés qui ont participé à ce travail.
Ils
sont nombreux. Il
y a
évidemment Clémence Guettet, Adrien Clouet, qui sont coordinateurs du programme. Je pense qu'Adrien sera prochainement devant vous pour parler un peu plus longuement de tout ce qui est loi de finances de la sécurité sociale. Il y
a
Aurélie Trouvé, évidemment. Il y a Manon Brie. Et puis, il y a beaucoup de gens qui, collaborateurs et autres, travaillent sur la pertinence de ce programme. Merci.
Excusez-moi, mais là,
je
suis un peu sorti de mes rails.
Donc,
je réponds aux questions tout seul. Je suis obligé de m'en aller. Désolé. Non, non, mais attends.
Tout
va bien. Tout va bien. Voilà. Merci.
Oui ? Je prends plusieurs questions en même temps, s'il vous plaît.
Ça va être à
réfléchir aux réponses.
Rachel Gara de l'Humanité. Est-ce qu'il
y
a un petit changement de philosophie sur la dette ? Vous avez dit deux fois que vous faisiez mieux que le gouvernement pour diminuer la dette. dans vos cadres financiers précédents, des précédentes présidentielles, vous misiez déjà sur une réduction de la dette, mais comme conséquence de votre politique de la demande. Est-ce que là,
il
y a un changement de philosophie ou pas forcément ? Jean-Élise, par rapport au programme que vous proposez, quelle est la trajectoire de déficit que vous envisagez ? Est-ce que vous envisagez de revenir à 3 % sur 2029
? Bonjour.
Victor Gorilla-Font de Politico. Est-ce que vous pourriez nous en dire un peu plus sur vos plans de réduction de la contribution française à l'Union européenne ? Est-ce que ce serait fait unilatéralement ou en négociation avec d'autres États et dans quelle largeur ? Merci beaucoup.
Bonjour.
Allez-y, allez-y.
Bonjour, Cécile Lohiel pour le Courrier de Guadeloupe. Deux questions. La première, vous avez rappelé la situation de l'Espagne, croissance à 2 %, déficit public autour de 2 %. L'Espagne, où l'âge légal de retraite va passer à 67 ans en 2027. Alors, est-ce que vous voyez un lien entre cette situation économique enviable et cette réforme des retraites ? Deuxième question, il
y
a deux jours, Bruno Rotailleau dénonçait les candidats qui mentent aux Outre-mer en raison de la situation dégradée des finances de la France. En Outre-mer, en particulier, on attend... Il y a la question de l'eau de Troie-mer, mais il y
a
aussi la question de la crise de l'eau et de l'assainissement en Guadeloupe, où les élus locaux ont demandé donc une OEN de plus d'un milliard. Alors, quelle est votre position là-dessus
?
Voilà. Dernière.
Pour le transport France Inter, sur la taxation des héritages, c'est à partir de combien
?
OK.
Donc, pour répondre... Alors, une première chose que je ne vous ai pas précisé, et je voudrais le rappeler, ici, vous avez... C'est un objet
qu
'on vous présente qui serait ce que nous ferions en 2027. On peut dire que, du coup, c'est... Alors, il faudrait ramener les chiffres dans ces cas-là à six mois. Là, les chiffres sont sur un an.
Mais
ce que nous ferions dans un projet de loi de finances rectificative. Autrement dit, ça ne tient pas compte de tout le plan que nous allons mettre en place pour le programme au niveau financier, budgétaire et économique sur cinq ans. Celui-ci sera, effectivement, proposé plus tard dans la campagne. Et ça répond en partie aux questions de trajectoire. On est en train d'y travailler. Mais pour l'instant, moi, je ne termine pas un budget la veille au soir, si vous voulez. Donc,
vous
voyez mal vous donner quelque chose sur lequel nous n'avons pas été suffisamment solides, mais nous allons l'être.
En
général, nous le sommes, j'ai à dire, peut-être au mieux par rapport à tous nos concurrents à chaque élection présidentielle. Et cette fois-ci, ce sera, évidemment, encore le cas. Est-ce qu'on a changé de philosophie ? Non, on n'a pas changé de philosophie. Mais, si vous avez bien compris, enfin, si j'ai été clair, moi,
je
pense qu'on n'avait pas de problème avec la dette jusqu'à il y
a
encore deux ans. C'est-à-dire que
la
dette servait surtout à faire peur
pour
faire baisser les dépenses publiques, pour attaquer les services publics,
pour
privatiser, sans que ce soit un véritable risque. je rappelle, mais je crois que je n
'ai
pas besoin de vous le dire à vous, que quand on dit qu'on est à plus de 3 000 milliards de dettes, ce n
'est
pas la dette sur un an, c'est une dette à rapporter sur 8 ans et demi, c'est-à-dire à peu près la durée de remboursement de la dette. Et puis, je ne vous rappellerai pas non plus qu'en réalité, on ne rembourse jamais le stock de la dette.
C
'est pour ça qu'il faut regarder uniquement en réalité la charge, parce qu'elle se renouvelle chaque année et que les investisseurs viennent, et donc la dette roule. jusqu'à ce que les taux d'intérêt soient faibles, bon, tout ça a été, à mon avis, largement assumable. La raison pour laquelle, effectivement, là, on s'occupe des déficits, c'est que ce n
'est
plus le cas. Ça, c'est vrai.
C
'est-à-dire qu'on peut très vite avoir bientôt des taux d'intérêt, et ça recommence d'ailleurs, mais qui, sur la durée,
sont
à un point, comment dire, incontrôlable, supérieur à la croissance. Donc, le problème de réduire les déficits, de l'ajustement budgétaire devient aussi le nôtre.
Et
c'est pour ça, d'ailleurs, vous n'avez
peut-être
pas fait attention, mais Jean-Luc Mélenchon l'a précisé tout à l'heure.
Moi,
très sincèrement, je fais mien des recommandations des quatre économistes qui ont travaillé pour Versy. Ça a été rappelé récemment par la CAE. Je fais mien, en gros, d'un ajustement budgétaire nécessaire de 125 milliards d'euros d'ici 2032. Ça me semble raisonnable. Ce n
'est
pas énorme, d'ailleurs. Si vous regardez bien ce qu'on propose, ce n
'est
pas énorme, puisque sur une première année, on en réduit déjà un cinquième. Donc voilà, je pense que c'est quelque chose qui est tout à fait assumable et qui permettrait, effectivement, de revenir à un taux d'endettement raisonnable, mais surtout, en plus, lié avec, en plus, sortir du monopole des marchés financiers qui nous permettrait, de ce point de vue-là, d'être moins sous la pression qui, moi, me semble très inquiétante, je le dis notamment, liée à la question de l'IA, la pression des marchés financiers aujourd'hui.
La
deuxième chose sur la trajectoire difficile, je viens un peu de vous répondre,
quelque
part. C'est-à-dire que, vous remarquerez d'ailleurs, dans ce travail des 5 économistes, ils ne parlent pas des 3% de déficit. Je ne
sais
pas si tout le monde voit le travail dont je parle. Sinon, je propose d'y reporter. C'est un travail qui, d'ailleurs, supprime complètement l'objectif porté longtemps par le gouvernement d'atteindre 3% en 2029. Et il ne parle pas de pourcentage. Moi, je dirais simplement qu'il faut réduire la dette et que nous, on pense qu'on peut réduire considérablement mieux que les gouvernements les déficits en 5 ans, au point, pourquoi pas, de faire en sorte qu'il n'y ait plus de déficit, même si ce n
'est
pas forcément souhaitable parce qu'une dette, ce n
'est
pas négatif en soi, à partir du moment où elle est non liée au marché financier. Et elle nous permet non pas d'aller payer les cadeaux fiscaux des plus riches, mais d'aller payer des investissements en matière énergétique, transport, etc.
La
troisième question qui a été posée, c'était sur
la
réduction. Je me lis mal, du coup, excusez-moi.
Il
y avait Outre-mer, il y avait les 12 millions. Il y avait une troisième question.
C'est l'Espagne. Oui, c'était l
'Espagne. Écoutez, moi, non. Je pense que surtout ce qui explique l'Espagne, c'est qu'ils ont fait une politique de relance, clairement,
en
termes de salaire, en termes de salaire minimum. La politique de Sanchez est une politique qui tranche singulièrement de toutes les économies européennes. Moi, je pense que c'est ça, principalement, qui explique pourquoi l'Espagne, aujourd'hui, est dans une meilleure situation. Quant à l'Outre-mer, globalement, ce n
'est
pas le point que... J'ai dit déjà que, évidemment, l'Outre-mer sera concerné
par
le fait de revenir sur les principales coupes budgétaires cumulées depuis 2025. Ça, c'est un premier lieu. Et évidemment, c'est une situation qui, pour nous, se résume à une chose.
Les
Outre-mer doivent avoir les mêmes droits, ils ont le droit à la République.
Donc,
il n
'est
pas normal que les Outre-mer se retrouvent dans une situation soit parce que les prix sont trop élevés. Et de ce point de vue-là, notre politique de blocage des prix qui se passe à La Réunion... La Réunion, vous avez un paquet des produits qui sont bloqués sur décision d'une espèce de comité dans lequel il
y a
à la fois la préfecture, des représentants, des acteurs économiques, des syndicats, etc. Il faut jouer sur les prix qui sont trop élevés. Il faut également jouer sur les services publics qui, comme d'autres régions de France, sont trop absents. Il faut jouer sur la question de conditions qui sont insupportables. Et donc, de ce point de vue-là, évidemment, il faudra une aide massive par rapport aux Outre-mer. là, je ne
veux
pas... Sur le... C'est là quoi ?
Nous,
nous avons...
Alors,
attendez, je vais revenir là-dessus. Là, vous avez compris, c'est un plan sur ce qu'on ferait si, par exemple, nous gouvernions pour 2027.
Vous
allez trouver dans tous nos livrets dans les semaines à venir, et il y aura un livret Outre-mer, vous allez trouver tout ce que nous proposons sur 5 ans. Et la question de l'eau, Mathilde Panot est souvent intervenue à l'Assemblée nationale sur ces questions-là, de l'eau potable, est évidemment une question absolument centrale qui est posée aux Outre-mer et sur laquelle nous comptons si l'estimation...
Vous me pardonnerez de ne pas avoir forcément toutes mes notes, mais si l'estimation, c'est effectivement un milliard nécessaire, c'est quelque chose que nous mettrons sur la table pour le résoudre, parce que ce n'est pas admissible que dans la République, des gens manquent de l'eau, manquent d'eau potable, etc. Je vous renvoie aussi sur la question de l'eau à ce que nous allons développer dans les mois à venir, c'est-à-dire sur les éco-régions. Je ne
vais
pas m'apesantir là-dessus parce que c'est en cours, j'allais dire,
d
'élaboration, mais qui va définir de nouvelles régions. Alors, pour les Outre-mer, c'est un peu plus compliqué, mais qui va définir de nouvelles régions en fonction des versants des fleuves et des rivages, et notamment sur les questions de politique de l'eau qui est absolument centrale. Je pense que c'est une question essentielle, notamment liée au réchauffement climatique.
L
'autre question, c'est simple,
c
'est qu'au-dessus de 12 millions d'euros, nous prenons tout. Voilà la réponse que je peux vous faire. Pourquoi 12 millions d'euros
?
Il se trouve simplement que si vous regardez les chiffres sur l'héritage, vous apercevez que jusqu'à 1,8 million d'euros,
c
'est-à-dire la tranche supérieure dans l'IR, l'héritage est normalement taxé à 45%, 45, 46, 6%.
Les
0,1% ou 0,1,1% les plus riches, en réalité, grâce à des niches d'Utreil et autres, ne payent plus que 10% sur l'héritage. Donc la question, c'est de revenir là-dessus. Et nous, on pense qu'il faut revenir là-dessus de manière drastique, mais c'est aussi une question de principe républicain. Il n'est pas admissible, et nous l'assumons, contrairement à tout ce que nous pouvons entendre, que quelque part, une personne, parce qu'elle est bien née, j'allais dire, soit au-delà de tous les besoins pour toute sa vie entière et puisse à nouveau être un riche en devenir, juste parce qu'elle est née là où elle devenait. C'est ce que j'appelle une noblesse d'argent qui est en train de se constituer.
Et donc, on reviendra drastiquement là-dessus. En même temps, nous ferons en sorte que les 150 000 euros, c'est-à-dire de faire en sorte d'exonérer tout héritage à hauteur de 150 000 euros. Il y a aussi une réflexion éventuellement sur la progressivité ensuite de l'héritage, mais qui n'est pas finalisée.
Est
-ce que vous avez... Je propose encore 5 questions.
Bonjour. On voit dans le PLF pour 2027 qu'il y a un tiers du budget d'éducation nationale qui correspond aux retraites d'anciens professeurs. Comment vous, si vous arrivez au pouvoir, vous pourrez garantir les moyens demandés pour l'école publique sans toucher au niveau des retraites
? Merci.
De la fonction publique
? Allez
-y, allez-y.
Je
pose ma question
?
Oui,
oui.
Oui, il me semble, ou alors j'ai raté, vous n'avez pas répondu sur la contribution européenne.
Ah, c'était
celle-là, la question.
Oui, voilà.
C'était mon troisième
point, mais j'écris très le mot
bien. Alors, juste pour
compléter peut-être la
question de mon collègue,
les...
Il
me semble-t-il, hein
?
Je vais vous répondre.
Voilà,
est-ce que vous
voteriez... Je me pose de ne pas faire
mes réponses, je vais vous répondre.
Voilà, exactement. Est-ce que vous voteriez ces amendements aussi ? Et aussi, j'aurais bien aimé poser la question à M. Mélenchon,
il
est parti, mais je vais quand même vous la poser. Marine Le Pen a parlé dans le Financial Times, a dit que Ursula von der Leyen n'était plus légitime à la tête de la Commission. En gros, qu'est-ce que vous en pensez ? Merci beaucoup.
D'accord.
Bon, sur les retraites de fonction publique, en fait, c
'est
le même problème.
La
question des retraites de fonction publique, je suppose que vous avez vu le rapport de la Cour des comptes qui vient de sortir sur la question, qui est assez intéressant.
C
'est le même problème que la question des retraites en France. Ce n
'est
pas un problème de dépenses,
c
'est un problème de recettes.
C
'est-à-dire que l'État est un très mauvais employeur. Voilà. Non seulement parce qu'on a supprimé, on a diminué le nombre de fonctionnaires, enfin, proportionnellement à la population, il y a eu une réduction. Non seulement parce que vous avez une grande partie des revenus des fonctionnaires qui passent en prime et qui, donc, ne donnent pas lieu à des cotisations. Et puis, tout un ensemble de choses qui sont très bien précisées dans cet excellent rapport qui, d'ailleurs, a été fait à la demande du groupe France Insoumise de la Commission des finances. Donc, il faut faire en sorte de chercher des recettes. Mais j'allais dire,
c
'est vrai pour les deux cas. C'est d'ailleurs comme ça que nous comptons passer ensuite à la retraite à 60 ans. Voilà.
Ça
peut être par les cotisations. Ça peut être... Là aussi,
il
y a... Je pense que prochainement, Adrien Clouet reviendra plus précisément par cette question. Ça peut être par le fait de faire cotiser les dividendes, rachats d'actions. C'était un amendement qui était passé, d'ailleurs, au PLFSS qui rapporte 10 milliards. Ça peut être par le fait de... J'allais dire faire une égalité salariale homme-femme qui rapporterait inévitablement des cotisations. Ça peut être aussi sur ce que nous comptons comme effet de notre politique. J'ai bien compris qu'une politique de relance, c'est une politique qui crée de l'emploi, qui augmente les salaires. Et comme nous,
nous
ne voulons pas augmenter les salaires nets sans nous soucier des cotisations. On veut
additionner
les deux, contrairement à peu près à tous nos rivaux en politique. Eh bien, ça la fera des rentrées de cotisations. Si nous augmentons le point d'indice des fonctionnaires, ça fera des rentrées de cotisations. Donc c'est par les recettes qu'on compte y arriver. Mais je crois vraiment que ce rapport de la Cour des comptes, si vous ne l'avez pas lu, je vous incite à aller le voir parce qu'il conclut à ça de manière évidente. C'est un problème de recettes. Ce n'est pas un problème de dépenses. Je rappelle que c'est exactement la même chose sur les retraites. Les retraites, c'est 14% du PIB. Ça reste exactement la même chose. Il y
a
l'ancien, d'ailleurs, président du comité d'orientation des retraites qui a perdu son poste à cause de ça parce que devant la commission, au moment de la grande mobilisation sur les retraites, il a osé dire ça. Et Mme Borne a pas tellement supporté la chose. Et il a donc été remplacé par Gilles Berset qui n'a pas tout à fait le même discours. Sur la question du prélèvement UE, nous, c'est simple, on a plusieurs amendements qui vont être présentés ce soir.
En
gros, l'amendement le plus important, c'est celui qui fait en sorte qu'on réduise le prélèvement du différentiel positif en fonction, en gros, de ce qu'on reçoit et de ce qu'on paye, c'est-à-dire à peu près 9 milliards d'euros.
Vous
remarquerez que nous ne l'avons pas mis dans notre estimation budgétaire. Pourquoi ?
Parce
que pour nous, ça fait partie, justement, du rapport de force que nous voulons entamer. Alors, on espère d'ailleurs que ce ne sera pas un rapport de force avec tout le monde. On est sûr qu'on aura plein de partenaires européens qui seront d'accord avec les politiques que nous voulons mettre en place pour, en attendant de rompre plus franchement avec les traités actuels pour reconstruire d'autres traités, mais au moins déjà améliorer la situation sur la question, par exemple, de la dette. Donc ça, ça fera partie du rapport de force. Si vous ne faites pas ça,
eh
bien, dans ces cas-là, on pourra regarder. Voilà. C'est un peu comme ça que nous regardons le sujet. Voilà. J'ai eu deux questions, je crois.
Hein ?
En général, je ne
sais pas
si... Comme vous êtes une fine observatrice de notre travail à l'Assemblée nationale, vous remarquez que nous n'avons jamais voté les armements numériels. Attendez, j'ai compris la question.
Bon,
écoutez, légitime ou pas... Enfin, là, ce n
'est
pas tellement la question de ma conférence de presse. Ce que je constate, c'est que
ce
dont on peut se poser comme question, mais elle dépasse le cas de Mme Vendalayan et elle renvoie à la Constitution européenne, c'est que...
Est
-ce que c'est normal que quelqu'un,
j
'allais dire, fasse des déclarations qui ont un impact sur la vie politique, sur la vie tout court, de plusieurs centaines de millions de nos concitoyens qui n'a été ni élu et qui,
j
'allais dire,
à
certains moments, outrepasse très largement son rôle ? Mais ça dépasse le cas de Mme Vendalayan, je trouve. Excusez-moi. Oui, on pourra en tenir compte. Je n
'ai
pas en a... Très sincèrement, il faut qu'on regarde un peu plus avantagement, mais c'est un peu... C'est la même question pour aller vite. C'est la même question qui se pose...
C
'est la même question qui se pose sur l'IFI, d'accord ? C'est-à-dire l'ISF, notamment. Je ne
sais
pas si vous avez vu, mais dans le travail qui a été fait par Bercy qui montre qu'il
y a
14 000 personnes qui ne payent pas leurs impôts, il y en
a
à peu près la moitié qui sont, en gros, vous savez, les propriétaires de l'île de Ré.
C
'est une image, c'est
-à
-dire ceux qui héritent d'un coup de maison. C'est évident que ce n
'est
pas véritablement ceux que nous considérons comme la cible principale. Nous considérons comme la cible principale ceux qui, j'allais dire, et ce sera ma conclusion, ont profité des années Macron pour augmenter leurs profits en la basant sur le travail de tout le monde de manière totalement disproportionnée, inégale. Et c'est bien là-dessus que nous comptons revenir. Je propose d'arrêter là.
Merci.
Merci.
Jean-Luc Mélenchon