Laurent Panifous : « Ceux qui négocient avec nous ne sont pas des soutiens du gouvernement »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:46OuverteRéponse directe
Comment abordez-vous l'arrivée du RN et de LFI au Sénat ?
- 1:30RelanceÉludée
Parlez-vous d'anomalie démocratique avec la création de ce gouvernement ?
- 1:55RelanceRéponse partielle
Comprenez-vous la gauche qui demande un cordon sanitaire contre le RN ?
- 2:17OuverteRéponse directe
La session ne dure que jusqu'en février, est-ce que ça va handicaper le calendrier législatif ?
- 3:27OuverteRéponse directe
Le budget est-il réversible après la présidentielle ?
- 3:45RelanceRéponse directe
Comment comptez-vous faire adopter le budget sans négocier avec le RN ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:28Invité politiqueFait
« J'échange avec l'ensemble des parlementaires, quels qu'ils soient, je ne trie pas les électeurs, chacun est légitime. »
- 1:41Invité politiqueFait
« Je ne parlerai pas d'anomalie démocratique. »
- 4:15Invité politiqueFait
« Nous discutons avec tout le monde, mais nous ne négocions pas avec tout le monde, pas avec le Rassemblement national, par exemple. »
- 7:49Invité politiqueChiffre
« La cible que nous avons fixée, c'est une cible de déficit à 5%. »
- 7:53Invité politiqueChiffre
« On parle beaucoup de ce chiffre de 54 milliards d'euros. »
- 12:23Invité politiqueChiffre
« Le Premier ministre a déjà inscrit 1,5 milliard d'euros dans la copie de 2027. »
- 13:46Invité politiqueFait
« Après 12 ans d'existence, suite à la fameuse affaire Cahuzac que nous connaissons tous. »
- 17:31Invité politiqueFait
« Les échos que j'ai me laissent à penser que ça va être difficile. »
- 18:56Invité politiqueFait
« Faire travailler des parlementaires sur un texte et ne pas aller au bout, c'est décevant. »
- 20:30Invité politiqueFait
« J'ai cette crainte-là, j'ai peur que ça ne prenne pas. »
Temps de parole
- Laurent Panifous66 %
- Invité17 %
- Présentateur14 %
- ?4 %
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. –
Merci
M. Ilson,
jour J
pour le Parlement qui fait sa rentrée, début de la session ordinaire à l'Assemblée nationale et au Sénat, le Sénat nouvellement composé après les sénatoriales. Et pour en parler, on reçoit Laurent Panifousse. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous.
–
Bonjour à tous.
–
Délégué chargé des Relations avec le Parlement, interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Julien Lécué de La Voix du Nord. Bonjour Julien. –
Bonjour Auriane, bonjour M. le ministre.
–
Reprise donc aujourd'hui des travaux du Parlement, c'est un peu votre entrée aussi du coup M. le ministre, avec un nouveau Sénat qui compte un groupe RN, qui compte deux élus LFI. Comment vous l'abordez ? Est-ce que ça va changer votre manière, vous, de travailler avec le Sénat ? Et est-ce que ça va changer selon vous la manière de travailler du Sénat
?
– D'abord, féliciter toutes les sénatrices et sénateurs qui ont été élus et leur envoyer mes salutations républicaines à tous. Est-ce que ça va changer ma manière de travailler ? Non, c'est la confirmation d'une tendance de notre société de voir le Rassemblement national, cette sensibilité politique, monter petit à petit à chaque échéance électorale. Et donc, ce que je dois dire en tant que personnalité politique, ça doit pouvoir nous inquiéter. En revanche, dans ma fonction de mise et chargée des relations avec le Parlement, j'échange avec l'ensemble des parlementaires, quels qu'ils soient, je ne trie pas les électeurs, chacun est légitime. – Et vous
dites que, comme Marine Le Pen et
Jordan Bardella, il y
a
une anomalie démocratique qui est réparée avec la création de
ce gouvernement ? – Non,
je ne parlerai pas d'anomalie démocratique. Je réponds à votre question en vous disant que ça ne changera pas ma manière de travailler. Je vois bien qu'au Sénat, les équilibres ne sont pas modifiés. La droite et le centre restent largement majoritaires. Donc, est-ce que ça va changer des choses dans la vie du Sénat, dans la vie du Parlement ? Non, en tout cas, c'est une confirmation et c'est un message politique. – Vous
comprenez la gauche qui dit qu'il faut un cordon
sanitaire, ici au Sénat, le groupe Rassemblement National, ce n
'est
pas un groupe comme un autre
? –
Moi,
je
dis qu'on combat le Rassemblement National, et c'est mon cas, sur des idées, avec des propositions, pas des affirmations de cette nature.
–
Donc, pas de cordon sanitaire
? –
Ce ne
sont
pas des mots que j'utilise.
Le
combat politique est réel. – Il y
a
une autre spécificité, mais très rapidement, c'est que cette session ne va durer que jusqu'en février, du fait de la présidentielle. Est-ce que ça va handicaper le calendrier législatif
? –
Alors, ça veut dire que ça nous oblige à être très vigilants sur la manière dont le débat budgétaire va se dérouler, parce qu'il peut prendre une place plus ou moins importante de cet espace de cinq mois qui est, vous l'avez dit, court, pour cette session. Et le ministre des Relations et des Parlements, chargé de l'agent du Parlement, ça rend la tâche assez difficile pour inscrire d'autres textes que le texte budgétaire, donc de bien les choisir, et en fonction de
leur travail, de faire
des arbitrages. Bien sûr,
il
y a entre les textes portés par les ministres eux-mêmes, les textes portés parlementaires, les textes déjà en navette au sein du Parlement, effectivement, les cinq mois qui nous restent ne permettront pas de tous les étudier, de tous en tout cas les terminer. Donc, il faudra arbitrer, mais des arbitrages qui ne pourront avoir lieu parfois qu'au fil de l'eau, en fonction de la manière dont se déroule le débat budgétaire, puisque ce débat budgétaire peut prendre plus ou moins de temps. – Donc là, je n
'ai
pas la visibilité nécessaire pour être affirmatif sur le texte, je l
'ai
pour le début de ce mois d'octobre.
– Mais la
date d'arrêt de cession, c'est fin février, quoi qu'il
y
ait, ça, ça ne bougera
pas
?
– Oui,
ça,
c
'est la règle.
– Fin février. On va commencer
par parler
du gros travail
du Parlement sur le
budget. – Exactement, on rentre dans ce long marathon de débats budgétaires. Sébastien Lecornu assure qu'il n'y aura pas de négociations avec le Rassemblement national, mais en même temps, on voit que le gouvernement ne dispose pas vraiment de cadeaux à offrir aux partis socialistes, comme l'an dernier avec la suspension de la réforme des retraites. Concrètement, comment vous comptez y arriver
? –
Écoutez, comme l'année dernière, c'est extrêmement difficile. Mais comme l'année dernière, je crois que nous allons y arriver. Le gouvernement a une démarche, cette année, assez simple, avec un contexte très différent. L'année dernière, une crise politique, institutionnelle. Cette année, pré-présidentielle, donc un contexte différent. Crise économique, il
y
a une crise de l'énergie, crise internationale, instabilité géopolitique. Donc le contexte est très différent, mais finalement, nous avons les mêmes interlocuteurs, les mêmes personnes, vous l'avez dit, avec qui nous allons pouvoir négocier. Nous discutons avec tout le monde, mais nous ne négocions pas avec tout le monde, pas avec le Rassemblement national, par exemple.
Et donc, avec ces mêmes partenaires, alors qu'aujourd'hui, nous allons présenter dans quelques heures maintenant le budget de l'État et de la Sécurité sociale en Conseil des ministres, nous présentons, nous, gouvernement, une copie initiale qui a vocation à faire l'objet d'échanges, de travail au sein du Parlement, avec les députés, avec les sénateurs, pour trouver des compromis avec les mêmes acteurs que la
dernière
fois. – Compromis, vous avez raison de vous en parler, vous le répétez. Est-ce que ce n
'est
pas un vœu pieux quand on se retrouve à quelques mois de la présidentielle avec des partis et des candidats qui veulent prouver qu'ils sont en réelle opposition avec le gouvernement
? – Oui,
c'est toute la difficulté de celles et ceux qui vont accepter de rentrer dans cette discussion de compromis. C'est ne pas se montrer, se dévoiler comme étant soutien d'une manière ou d'une autre du gouvernement. Eh bien, moi, je veux les soulager et les saluer. Je sais absolument que toutes celles et ceux qui négocient avec nous, qui vont négocier demain, et ça va commencer aujourd'hui, quand le budget sera plus précisément sur la table avec nous, ne seront en rien des soutiens du gouvernement. Ce sont des gens qui soutiennent notre République et qui ont le même objectif que le gouvernement, c'est faire en sorte que dans quelques mois, avant la fin de
l
'année, la France ait un budget pour 2027, un budget qui sera le budget de compromis, qui sera probablement imparfait, mais qui permettra à celle ou celui qui sera en responsabilité de gouverner immédiatement, rapidement. Et c'est d'ailleurs pour ça que nous mettons par voie réglementaire, c'est une proposition, ce seront les parlementaires qui trancheront, beaucoup de dispositifs qui pourront être modifiés immédiatement. Donc très vite,
réversible. – Ça, vous avez décrit ça, et hier, j'ai vu devant nos amis des journalistes parlementaires, un budget réversible, des mesures qui pourraient être modifiées par voie réglementaire après la présidentielle. Mais dans ces cas-là, on a envie de se dire, mais à quoi sert le Parlement si, en fait, c'est pour voir la copie qu'ils ont votée être balancée à la poubelle après la présidentielle
?
–
Vous
avez raison de cibler cela, il ne s'agit pas de dessaisir les parlementaires de leur cœur de métier,
si
je puis dire, c'est-à-dire de donner un budget à la France, mais ce sont bien les parlementaires dans le cadre du débat. C'est une proposition du gouvernement d'inscrire des dispositifs qui pourraient être modifiés par voie réglementaire, mais ce budget va être voté par les parlementaires
eux-mêmes. – Mais vous les
avez alertés, pardon, cet été, Sébastien Lecornu a écrit une lettre aux parlementaires sur ce budget en disant, attention, une loi spéciale, c
'est
un coût de 15 milliards. Est-ce que vous pensez que ça a été entendu ou est-ce que vous vous préparez aussi à passer ce budget par 49-3, par ordonnance
? –
Alors aujourd'hui, le moyen par lequel le budget sera adopté d'ici la fin d'année, tous les chemins sont possibles. Vraiment, nous sommes dans une perspective de préparation de travail d'un budget qui va prendre plusieurs semaines à l'Assemblée nationale, ici au Sénat, sur la base d'une copie initiale et nous verrons, en fonction de la qualité des débats, en fonction des positions et des autres qui ne sont pas encore totalement connues, oui, pour répondre à votre question tout à
l
'heure, oui, je crois que nous avons devant nous des gens qui veulent essayer, les mêmes partenaires que la dernière fois, essayer de faire en sorte… – Y
compris du côté du Parti socialiste… – L'Élire,
L
'Élire, L'Élire,
L'Élire, L
'Élire à
l'Assemblée nationale qui ont
envie d'essayer. – Je reviens sur le Parti socialiste qui avait permis au gouvernement de finaliser sa copie l'an dernier. Là, vous n'avez plus la suspension des retraites, il réclame une hausse des taxes sur les hauts patrimoines, le retour de la taxe Zuckmann. Est-ce que le gouvernement est prêt à faire des pas vers cette taxation nouvelle ?
–
Oui, le gouvernement est prêt à faire des pas sur l'ensemble des points avec une condition, si je puis dire, globale. Nous n'avançons pas avec des lignes rouges. Le gouvernement, sa volonté, c'est de maîtriser les déficits, de donner un budget sérieux, un budget raisonnable. La cible que nous avons fixée, c'est une cible de déficit à 5%. On parle beaucoup de ce chiffre de 54 milliards d'euros. C'est un chiffre qui peut paraître vertigineux. Si nous proposons de baisser les dépenses et de ne pas augmenter globalement les impôts pour atteindre cette baisse de dépenses de 54 milliards d'euros, il nous amènerait à un déficit de 5%.
C
'est la cible que nous proposons, la méthode que nous proposons, la baisse des dépenses essentiellement sur les dépenses de l'État. Pas que, mais essentiellement. Mais ceci est une coupe initiale de départ. Les socialistes, les républicains, le Bloc central, Elliot, et ici au Sénat, les groupes parlementaires avec qui nous discutons, avec qui nous négocions, vont pouvoir proposer
des médicaments.
Et c'est le Parlement qui va trancher.
L'année dernière, l'Europe de Fous,
vous avez beaucoup discuté avec les socialistes. C
'est avec eux
que vous avez cherché à établir un accord. Là, ils sont plutôt du côté de la censure alors que le RN sont plus ouverts à la discussion. Est-ce que vous allez aller discuter avec le Rassemblement
national ? Non, nous ne négocierons pas
avec le Rassemblement national. Oui, nous continuons à négocier avec les socialistes, mais je ne
suis
pas d'accord avec vous. Vous savez que l'année dernière, les socialistes ont obtenu effectivement cette mesure totémique et la suspension de la réforme des retraites. Et je vais vous dire, c'est aussi pour ça que j'ai accepté de rejoindre ce gouvernement. Donc vous voyez, les choses sont assez cohérentes. L'année dernière, aujourd'hui, est-ce qu'il y
a
une mesure totémique ? Non, il n'y en a pas. Mais le contexte, je l
'ai
dit tout à l'heure, est très différent. Est-ce que les socialistes ont des propositions à faire ? Est-ce qu'ils défendront les mêmes que l'année dernière ? C'est plutôt rassurant parce que c'est cohérent de la part du groupe socialiste. Mais l'année dernière, le compromis ne s'est pas fait qu'avec les socialistes. Il s'est fait des LR aux socialistes. Et croyez-moi que ce que parfois a obtenu le Parti socialiste, c'est grâce à des concessions fortes faites par les députés du Bloc central ou les députés LR qui ont été difficiles pour eux. Donc le compromis, il se fait à plusieurs. Il se
fait
au moins deux. En vérité, il se fait à beaucoup de personnes. Mais vous restez avec les mêmes interlocuteurs.
Vous n'irez pas
négocier avec le Rassemblement national. Et vous dites que tous les chemins sont ouverts. Parce que l'année dernière, Sébastien Lecornu, il avait dit avant même début de l'examen, il n'y aura pas de 49.3. Là, vous ne dites pas qu'il n
'y
aura pas de 49.3. Non,
non.
Tout le monde connaît maintenant. On va tous devenir experts de la procédure parlementaire. Il n'y
aura
plus que le ministre des Relations avec le Parlement. Il existe plusieurs chemins pour que le texte soit adopté. Le chemin idéal et le vote sont lucides. Ça sera compliqué. L'année dernière, nous avions réussi sur le budget de la sécurité sociale et un accord ensuite de non-censure sur le budget de l'État. Cette année, nous verrons ce que nous pourrons faire. Mais a priori, au départ, aujourd'hui, au 1er octobre, là où nous présentons le budget, je ne
peux
pas vous dire quel sera le chemin. Ce que je peux vous dire, c'est qu'on se laisse toutes les portes ouvertes
pour l
'adopter. On n'exclue rien.
Ce qu'on veut éviter absolument, c'est la loi spéciale parce que ça coûte au pays. C'est inutile et c'est même assez dangereux, à vrai dire. Mais tous les autres chemins et le chemin choisi dépendra de la qualité des débats au Parlement.
Julien, le premier texte examiné au Parlement, c'est la loi intégrale.
Oui, la loi intégrale sur les violences sexuelles et sexistes. C'est un symbole plutôt puissant puisque c'est celui qui va ouvrir la session ordinaire. Mais déjà, on voit les associations qui s'interrogent face aux ambitieux objectifs du gouvernement et de l'Assemblée nationale. Ils pointent le manque de moyens mis en face de tous les articles de ce texte. Est-ce qu'il ne risque pas d'y avoir une frustration
? Alors,
je ne crois pas déjà dire que l'engagement du gouvernement était justement de commencer et de dédier. On a dit tout à l'heure que le gouvernement avait peu de temps pour faire passer beaucoup de textes. Et là, l'engagement du gouvernement et du Premier ministre était justement que ce texte, loi intégrale, qui est un texte transpartisan, d'initiative parlementaire, soit étudié en premier et sur le temps gouvernemental. Donc, parole tenue. Donc ça, c'est une première chose. La deuxième chose, ce texte commence aujourd'hui d'être étudié à l'Assemblée nationale.
Il comporte beaucoup d'articles et il va être extrêmement compliqué de vous dire de manière définitive de quelle manière il sera rédigé in fine, il doit passer à l'Assemblée nationale, il doit venir ici au Sénat, une commission mixte paritaire, etc. Vous connaissez ce chemin long d'un texte législatif. Long et
compliqué, vous sentez que ça va prendre du temps et voire même, est-ce que vous avez des craintes qui n'aboutissent pas à l'issue de cette session ordinaire ?
Mon objectif, ma mission, celle qui m'est donnée par le Premier ministre, c
'est
de faire en sorte de tracer un chemin pour ce texte. Ensuite, moi je ne
peux
pas préempter les travaux des parlementaires eux-mêmes. Moi je suis au gouvernement, ministre des relations avec
le
Parlement, donc mon job, si je puis dire, sous l'autorité du Premier ministre, c'est de trouver des chemins au texte, des textes budgétaires, des textes législatifs d'origine parlementaire de mes collègues ministres et de voir de quelle manière on peut y arriver. Le Premier ministre, le gouvernement souhaite que ce texte soit adopté et soit promulgué. C'est notre volonté. Après, ce sont les parlementaires qui transformeront ou pas ce texte et ça nous allons, je vais le découvrir comme vous, au fil des débats.
Sur ce qui est du financement, le Premier ministre a déjà inscrit 1,5 milliard d'euros dans la copie de 2027, charge sur plusieurs années aux équipes qui suivront, aux responsables politiques qui
suivront. – Sur
les moyens, le ministre de l'Éducation nationale l
'a
d'ores et déjà dit, il y avait certaines dispositions qui étaient envisagées, par exemple un entretien individuel des élèves
par
an, ce ne sera pas possible du fait des effectifs. Donc on sait d'ores et déjà qu'il y a certains articles du texte qui étaient espérés et
qui
n'aboutiront pas.
–
Ah ben ça, écoutez,
si le Parlement adopte un texte, ce sera la loi. Donc pour l'instant, moi je vous dis, je ne sais pas ce qu'il y aura dans le texte in fine. Ce que je sais, c'est que le Premier ministre
va
demander de tracer le chemin et de faire en sorte qu'on puisse adopter définitivement. En tout cas, si ce texte n'était pas adopté définitivement, ça ne serait pas du fait du gouvernement. Ça, soyons clairs.
– Autre réforme, une mission pour vous, Laurent Benifouzi
?
–
Oui, sur la Haute Autorité de la Transparence pour la Vie Publique, vous avez été choisi par Sébastien Lecornu pour réformer cette institution. De ce que j'ai lu, un projet de loi sera dévoilé en novembre.
–
C'est ça. – Quelles sont les urgences pour réformer cette Haute Autorité ?
– Alors je ne sais pas si on peut parler d'urgence, mais
nous avons créé… –
Visiblement, d'après ce que dit sa direction en mai dernier, en juin dernier, il me semble qu'il pointait quand même des urgences.
–
Ce projet de loi est la traduction d'un rapport qui a été commis par la Haute Autorité elle-même après 12 ans d'existence, suite à la fameuse affaire Cahuzac que nous connaissons tous. Et après 12 ans d'existence, il y a des choses à corriger pour faire en sorte que cette organisation qui a vocation à garantir l'intégrité publique des responsables publics, des responsables politiques, des ajustements à faire pour être plus efficaces, pour être plus efficientes.
Et ces propositions, le Premier ministre a souhaité les traduire dans un projet de loi parce qu'il faut une loi pour pouvoir modifier et faire en sorte notamment qu'on soit plus efficace sur les lobbyistes étrangers ou pouvoir donner, notre exemple, une capacité de sanction, une capacité d'astreinte de la part de la Haute Autorité elle-même pour qu
'elle
soit plus rapide et qu'on ne soit pas obligé de rentrer dans un long processus judiciaire pour arrêter ce
sujet. – Mais là
aussi, un moyen constant parce que la Haute Autorité se plaignait du fait qu'on est parti pour lui donner de nouvelles missions et notamment sur les ingérences étrangères, en tout cas plus de travail, mais sans demande personnel supplémentaire.
– La question des moyens, le budget démarra le 13 octobre à l'Assemblée nationale. C'est pendant l'étude du budget qu'on va pouvoir parler des moyens de toutes les organisations de l'État et des collectivités. Je vous répondrai sur la question des moyens de la Haute Autorité à la fin de la procédure budgétaire. Ce que je crois qu'on peut dire aujourd'hui, c'est qu'il
y
a une volonté, après 12 ans d'existence de cette Haute Autorité, d'ajuster son organisation pour qu'elle soit plus efficace et faire en sorte que la confiance qu'on doit avoir entre les Françaises et les Français et leurs dirigeants publics et notamment politiques soit garantie. L'intégrité publique
–
Intégrité,
c
'est le nouveau nom d'ailleurs.
– Qui est proposé par la Haute Autorité elle
-même et nous les suivons.
– On l'a dit, la session ordinaire va être très courte au menu du Sénat notamment, gérance étrangère, protection de l'enfance, code noire, autonomie de la Corse. Est-ce que compte tenu de la durée de la session, il y aura des renoncements, des frustrations de votre part ou vous pensez que vous êtes encore capable de faire passer des lois, des réformes
? –
Écoutez, si on a vraiment le terrain qui est dégagé jusqu'à la fin du mois de février, je pense qu'on va pouvoir faire passer pas mal de choses encore et on va pouvoir éviter de grosses frustrations pour répondre à votre question. Je pense notamment au texte police municipale qui est très attendu, notamment au Sénat, mais pas que.
– Pas que, il est aussi très
attendu par les élus locaux.
– Tout simplement, voilà.
– Est-ce que vous allez le remettre à l'ordre du
jour avant la fin février ?
alors oui, clairement c'est l'objectif et il faut qu'il soit inscrit au Sénat, j'espère au mois de janvier, mais comme je vous
dis
tout à l'heure, je veux être prudent, très prudent dans mes mots, dans mes affirmations sur les inscriptions, ça va dépendre totalement de la manière dont le budget se déroule. Comme je vous dis, si le terrain reste dégagé jusqu'à fin février, on va pouvoir passer beaucoup de textes qui sont encore dans l'atmosphère, vous en avez cité quelques importants. Ceux-là, je peux être affirmatif puisque je vais les annoncer notamment en conférence des présidents la semaine prochaine ici au Sénat de manière formelle. Donc les textes au mois d'octobre, je peux être affirmatif, au-delà c'est beaucoup plus difficile,
mais je peux vous dire les intentions. Si
le budget passe au 31 décembre, est adopté au 31 décembre, le texte sur les polices municipales pourrait être au Parlement
changé ? C'est l'objectif,
clairement, c'est l'objectif.
Mais pourquoi vous l'avez fait sauter ce texte ? Parce qu'il a été travaillé avec l'Association des maires de France, il fait consensus, droite-gauche, ce n'était pas le plus compliqué à faire passer
?
Alors, je ne l'ai pas fait sauter pour la bonne raison qu'il n'était pas encore inscrit.
Pourquoi vous ne l
'avez
pas inscrit
? Parce
que nous avons privilégié le texte loi intégrale qui a été un engagement suite à l'affaire Liana que le monde a pu vivre dramatiquement d'ailleurs. Et donc, l'engagement qui a été le nôtre, c'est d'inscrire en priorité ce texte. Et forcément, ça fait bouger d'autres textes. Mais je vous
le
redis, le texte police municipale, je ne l'ai pas désinscrit. Il n'était pas encore
inscrit.
Il n'a pas été inscrit. Un mot sur le texte sur l'autonomie de la Corse qui là est inscrit alors du jour du Sénat,
le
26 octobre, adopté déjà à l'Assemblée. Vous pensez qu'il va passer l'étape sénatoriale
? Écoutez,
les échos que j'ai me laissent à penser que ça va être difficile. Mais là aussi, l'engagement du gouvernement vis-à-vis des élus corse et celles et ceux qui portent ce texte, avec ardeur, c'est que ce texte soit étudié. Là aussi, le gouvernement ne va pas préempter ce que le Parlement va décider. Nous, nous sommes dans notre rôle. C'est la mission que m'avait donnée le Premier ministre de faire en sorte que ce texte soit bien étudié au Parlement, dans les deux chambres et que le
chemin soit tracé. L'engagement initial,
c'était même qu'il
y a
un congrès. Est-ce que là,
il y a encore un
congrès d
'ici la
fin du quinquennat ? Si le congrès n'était
pas envisagé, le texte serait immédiatement retiré. Mais pour qu'il y ait congrès, il faut qu'il y ait un vote conforme entre l'Assemblée nationale et le Sénat sur ce texte. Et là, ça ne dépend pas du gouvernement. Nous, ce que nous souhaitons, ce que le Premier ministre m'a demandé, c'est que la parole soit tenue et que ce texte soit bien étudié à l'Assemblée et au Sénat, comme nous y sommes engagés auprès de ces élus. C'est chose faite. Maintenant, ce que vont en faire les parlementaires, c'est à eux d'en décider. Et vous pensez que
ce
sera difficile au Sénat ? Ça semble difficile.
Un mot sur un autre texte qui tamponne l'actualité. Il
y
a une amende qui a été requise hier contre le maire de Bézir, Robert Ménard, pour avoir refusé de marier un OQTF. Le Sénat avait adopté il y
a
un peu moins de deux ans une proposition de loi qui visait à interdire le mariage d'un étranger en situation irrégulière, suite déjà à cette affaire Ménard. Est-ce que vous souhaitez qu
'il
poursuive son parcours législatif ? Parce que là aussi, il est un peu perdu dans les larmes parlementaires.
démarrer au Parlement, que ce soit à l'Assemblée nationale ou au Sénat, puisse être terminé. Faire travailler des parlementaires sur un texte et ne pas aller au bout, c'est décevant. C'est déceptif, notamment pour le ministre que je suis, puisque mon objectif, c'est que quand un texte démarre, quand le Parlement a souhaité qu
'il
démarre, quand le gouvernement a souhaité qu'il démarre, c'est de lui tracer un chemin jusqu'au bout. Maintenant, je suis lucide. Le temps qui me reste
est
compté, on l'a déjà dit. Et est-ce qu'il fera partie de ces textes qui pourront aller au bout ? Je ne peux pas être affirmatif aujourd'hui.
– Une dernière question, je viens. –
Sur la présidentielle ?
–
Allez. – Allez, comment l'ancien socialiste que vous êtes regarde la bataille à gauche, notamment celle de la primaire, les questions subsidiaires, est-ce que vous y voyez encore un espace pour Bernard Cazeneuve que vous soutenez ?
–
Écoutez, je regarde forcément, mais je suis un observateur politique qui regarde l'ensemble des mouvements…
– Il vous enthousiasme ?
Concrètement, il vous enthousiasme les candidats
à la primaire ?
– Je ne vais pas porter de jugement, vous avez dit. Moi, je suis d'une grande proximité avec Bernard Cazeneuve, je suis membre de la convention, donc ça n
'a
échappé à personne. En tout cas, c'est les ceux qui suivent un peu la politique. Aujourd'hui, Bernard Cazeneuve n'a pas déclaré candidature. Moi, comme ministre, je me tiens à distance de
l
'élection présidentielle, ce que je souhaite, je ne
vais
pas perdre de langue de bois, mais je me tiens à distance.
Je
ne
vais
pas soutenir un candidat et je vais rester dans ma position de membre du gouvernement qui sait de faire en sorte que nous ayons un budget. C'est déjà une mission assez grande, plus quelques textes sur lesquels je dois tracer un chemin, pour lesquels je dois tracer un chemin. Mais sur la présidentielle, j'espère qu'il y
aura
un candidat social-démocrate. J'espère que la social-démocratie, ces idées-là seront défendues dans le cadre de l'élection présidentielle. Après le moment venu,
je prendrai mes
responsabilités.
Vous avez des craintes
d'une disqualification de la gauche modérée ? À l'heure actuelle ?
Oui,
j'ai
cette crainte-là. J'ai peur que ça ne prenne pas, mais je n'ai aucune certitude. Mais encore une fois, je reste à distance. J'espère que ces idées-là seront défendues notamment au premier tour et pourquoi pas au second tour. Mais ce n
'est
pas encore le moment. Mon idéal politique, je le dirai dans une démarche de compromis, une démarche de recherche de stabilité. C'est pour ça que j'ai rejoint ce gouvernement. Donc je vais continuer ce travail jusqu'au bout, aux côtés du Premier ministre. Et pour la présidentielle, le moment venu, ce n
'est
pas encore, je dirai mon idéal et je soutiendrai la personne qui se rapproche le plus de mes idées. Je crois que la démocratie devrait marcher comme ça et c'est un vrai sujet.
On
va devant les électeurs en disant ce qu'on est. Et une fois qu'on est élu, on prend ce que les électeurs ont choisi et on fait des compromis.
Merci beaucoup. Merci monsieur le ministre d'avoir été notre invité la une de la Voix du Nord, Julien de Lourdes-Pennes pour les passeurs.
Oui, jugement des passeurs qui avaient à l'origine du naufrage qui avaient tué 31 personnes.
C
'est-à-dire dans la Voix du Nord. Merci Julien. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. Sous
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Laurent Panifous