Le président des maires ruraux de France, Michel Fournier
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, le 6-9. Bientôt 6h20 et votre invitée Marion Lourdes est maire des Voivres, présidente des maires ruraux de France.
Organisation qui tient son congrès jusqu'à ce soir à l'Alpe d'Huez en Isère. Bonjour Michel Fournier.
Oui bonjour.
Votre président de région, le LR Laurent Wauquiez, était invité hier de votre congrès. Il a annoncé qu'il se retirait du dispositif zéro artificialisation. Par exemple, c'est difficile à dire, NET, un dispositif qui doit stopper la bétonisation des sols en 2050. Apparemment, il a été très applaudi. Vous confirmez ?
Oui, je confirme. Je confirme qu'il a fait cette annonce. Mais vous savez, c'est assez technique. La loi ZAN, zéro artificialisation NET, vous voyez, Eh bien, cette loi, effectivement, impose une non-artificialisation des terres à l'horizon 2050 avec une étape en 2030.
En gros, on freine la bétonisation, pour faire simple.
Oui, on freine la bétonisation qui est d'ailleurs réclamée par tout ce qui est nécessaire, tout ce qui doit rester nécessaire à la terre agricole. C'est ça, le dispositif. Alors, après, effectivement, dans l'application, il peut y avoir des restrictions qui sont trop importantes dans des régions où il y a un développement économique fort, où il y a peut-être une pression foncière qui est importante. Et ça doit être le cas dans cette région au rare.
Mais ça veut dire que les maires ruraux qui étaient à vos côtés, qui sont à vos côtés jusqu'à ce soir, pensent, eux, que ce frein à la bétonisation, ça va trop loin ?
C'est-à-dire que ce qui a fait réagir, et ce qui fait réagir régulièrement les maires ruraux par rapport à cela, c'est le fait de se retrouver, ou de penser de se retrouver dans une impossibilité de pouvoir développer leur village. Et surtout de ne pas pouvoir construire, même si, effectivement, par exemple, un enfant du pays souhaite réaliser sa propre maison, de ne pas pouvoir le faire. C'est ça, la crainte. Alors que, parce que toute l'économie et toutes les implantations industrielles ne sont pas forcément dans des villages. Donc, c'est plutôt cette crainte-là. Et c'est vrai qu'il y a besoin d'exercer de la souplesse dans cette histoire-là.
Mais il y a quand même aussi une volonté affirmée par les maires ruraux, et ce n'est pas forcément partagé par Laurent Wauquiez, peut-être, je ne sais pas, c'est à lui qu'il faudra poser la question. Mais ce que nous, on dit, c'est que cette Loisanne, elle nous oblige à des contraintes, mais elle nous oblige aussi, et c'est peut-être ça qui est... Il faut regarder aussi les choses d'une façon intéressante. Elle nous oblige aussi à regarder nos centres de villages qui, quelquefois, sont complètement à l'abandon ou en très, très mauvais état.
Et ce que l'on exige, par contre, en ce qui nous concerne, nous, c'est qu'il y ait des moyens financiers et fiscaux pour la réhabilitation de ces centres de villages. Et donc, à ce moment-là, eh bien, on pourra non artificialiser, mais par contre, on pourra apporter, j'allais dire, un autre aspect, et surtout d'autres potentialités de créer de l'habitat dans nos villages.
Et il y a eu, justement, un plan annoncé France Ruralité au mois de juin avec un dispositif Village d'Avenir, recrutement de chefs de projet sous la tutelle des préfets. La ruralité, elle est loin d'être oubliée par le gouvernement ?
Je n'ai pas dit qu'elle était oubliée. Je dis simplement, premièrement, si elle n'est pas oubliée par le gouvernement, c'est parce que des associations comme la nôtre se sont battues. Village d'Avenir, c'est la concrétisation d'une demande sur laquelle nous avons énormément, énormément travaillé. Et je peux même dire que j'ai une forme de paternité de cette notion de Village d'Avenir. Mais ces chefs de projet qui vont être mis à la disposition pour nous donner de l'ingénierie, qui vont être mis à la disposition des préfets, ces chefs de projet, ils n'ont pas comme seule définition de traiter cette zéro non-artificialisation.
Ils ont aussi, comme feuille de route, on va dire, eh bien, ils ont le fait de répondre à tous les besoins que peuvent rencontrer des petites communes rurales, comme la mienne, d'ailleurs, qui n'ont pas cette ingénierie-là pour arriver à ce que leurs projets puissent aboutir. Mais aussi bien dans la pérennité souhaitée et surtout dans l'obtention de financements nécessaires pour pouvoir faire en sorte que ces projets, eh bien, ils aillent au bout. Michel Fournier,
300 personnes rassemblées hier à Grabels près de Montpellier pour soutenir le maire à la fille qui avait été agressée le week-end dernier après une manifestation contre les violences policières. C'est fréquent, ce genre de comportement vis-à-vis des maires ?
C'est... Effectivement, vous avez relevé les médias dans votre ensemble depuis quelque temps maintenant. ces, j'allais dire, ces agressions qui, effectivement, augmentent. Ça, c'est une réalité. Mais qu'est-ce qui augmente, en fait ? C'est la violence, la violence d'une façon générale.
Ça veut dire qu'aujourd'hui, toute forme d'autorité exercée par quelqu'un, et en particulier un maire, mais ça peut être valable pour quelqu'un d'éducation nationale, un pompier, un médecin, enfin, qui que ce soit qui exerce une forme d'autorité, se trouve contestée, et quand elle se trouve contestée, eh bien, la seule réponse, souvent maintenant, depuis le Covid, d'ailleurs, ça s'est accéléré, cette histoire, eh bien, c'est la violence. C'est une violence brutale. Et ça, c'est pas tolérable. Effectivement.
Et c'est aussi pour ça que vous appelez, vous, les maires ruraux, à revoir le statut des maires. Merci, Michel Fournier, président de l'Association des maires ruraux de France. Merci, Michel Fournier,
Michel Fournier