«ÉCOLOGIE: DÉTRUIRE LA PUISSANCE PUBLIQUE EST LE PROJET DU MACRONISME» - Mathilde Panot
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:17Chiffre
« De 2013 à 2019, 13 250 emplois ont été supprimés dans le Ministère et dans ses opérateurs. »
- 2:01Chiffre
« 146 ingénieurs de très haut niveau ont quitté le ministère lors de la seule année 2017. »
- 3:27Fait
« Depuis 10 ans, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux et la politique du gel de l’indice ont été la règle dans la fonction publique. »
Temps de parole
- ?100 %
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
Chers collègues, Emmanuel Macron a affirmé il y a quelques semaines être de ceux qui aiment l’Etat. C’est une drôle de façon d’aimer que de détruire l’objet de sa passion. Et pourtant, cette majorité présidentielle, comme les précédentes d’ailleurs, n’a de cesse de priver la puissance publique de ses moyens d’action. A l’ère du changement climatique et de l’extinction des espèces, l’Etat doit préserver avec une attention extrême ses outils de prévision, d’expertise et de contrôle. Ce ne sont pas des incantations moralisantes et vides devant des banquiers, ce fameux sommet de la finance verte, qui permettront de changer nos modes de production et de consommation. C’est une direction générale posée par la puissance publique sur des bases démocratiques,
en direction des citoyens, des associations, des entreprises. Renouer avec le temps long, voici ce qu’exige de nous l’ampleur des enjeux écologiques. Je souhaite à l’occasion de ce rapport budgétaire lancer un cri d’alarme. L’Etat est en train de se priver des moyens de réaliser la transition écologique. La proclamation sans cesse étalée ici ou là d’un intérêt de la majorité pour la question écologique n’est que de l’esbroufe. Des mots, des mots, toujours des mots. Des moyens, jamais de moyens, toujours moins de moyens : voilà à quoi se résume la politique budgétaire relative au ministère de l’écologie. J’imagine que personne n’est surpris de cette logique, puisqu’elle ne concerne pas que cette politique.
La destruction systématique de la puissance publique sert de projet politique au macronisme. Je veux toutefois vous parler des spécificités propres à cet aveuglement idéologique en ce qui concerne le ministère de la transition écologique. De 2013 à 2019, 13 250 emplois ont été supprimés dans le Ministère et dans ses opérateurs. Pour 2019 ce seront encore 1329 postes en moins. Avec en premier lieu une perte des qualifications. Tout le monde sait le haut niveau de qualifications que suppose la réussite de la transition écologique. En effet, les services de l’Etat, en appui des collectivités territoriales ou pour l’Etat lui-même, doivent être en capacité d’expertiser tout projet qui pourrait avoir un impact environnemental. Mais comment le faire avec toujours moins d’agents de terrains ?
Que peuvent les agents des agences de l’eau pour contrôler qu’une usine respecte les normes d’émission, pour surveiller l’état des cours d’eau et rechercher l’origine des pollutions, vérifier que les dossiers de construction des ponts ou routes respectent la loi sur l’eau, ou que les stations d’épuration rejettent une eau propre alors que depuis 2010, un quart de leur effectif a été supprimé ? 146 ingénieurs de très haut niveau ont quitté le ministère lors de la seule année 2017. 23 d’entre eux sont allés directement vers le secteur privé. A ce rythme-là, si les départs continuent, ce sera à une véritable hémorragie auquel le ministère devra faire face. Cependant, quand viendra le temps d’expertiser des projets que se passera-t-il ? C’est simple et consternant à la fois.
L’Etat devra faire appel à des cabinets d’expertise privés, pour des coûts bien plus importants, et pour produire des résultats plus ambigus. C’est le deuxième problème de cette fuite générale : quelle garantie d’indépendance restera-t-il pour ces résultats suspects de reposer sur des intérêts privés ? Ce phénomène produira donc une aberration totale. L’Etat paiera beaucoup plus pour des résultats moins rigoureux. En effet, ce phénomène est la conséquence de politiques qui, de Sarkozy à Macron en passant par Hollande, n’ont pas varié. La constance dans l’erreur relève à la fois de l’obstination et de la volonté partagée par ces gouvernants obnubilés par différents intérêts privés de saper la puissance publique. Depuis 10 ans, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux
et la politique du gel de l’indice ont été la règle dans la fonction publique. Rendre l’Etat plus efficace en mettant ses services en pièces, telle est la philosophie générale qui s’applique au budget du ministère de la transition écologique. Ce n’est pas tout. Le deuxième point frappant est l’affaiblissement des opérateurs du ministère. Le CEREMA, par exemple, a perdu 300 équivalent temps plein de 2015 à 2018. Or c’est l’un des cœurs de l’expertise publique en matière d’environnement. Météo France maintenant. Alors que le changement climatique va nous frapper et nous frappe, 650 postes ont été supprimés en l’espace dix ans. C’est une politique irresponsable. Les récents événements dans l’Aude ont cependant montré qu’il était important de consolider les moyens de Météo France.
Le porte-parole du ministère de l’intérieur parlait à propos des inondations d’une « fragilité » de Météo France. Cette fragilité est produite par des politiques publiques désastreuses. Trouve-t-on moins absurde, désormais, notre appel bien des fois renouvelé à l’établissement d’un moratoire sur l’artificialisation des sols ? En termes de politiques publiques, l’absence de cohérence entre les discours et les actes se paiera cher. Une politique écologiste qui se donne les moyens de ses ambitions est un horizon et protection nécessaires pour la nation. Nous prônons de doter l'Etat de moyens suffisant, d'investir massivement dans des énergies renouvelables pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre de notre pays et sortir de cette folie qu’est le nucléaire.
750 000 logements à isoler par an, contre la précarité énergétique et le gaspillage d’énergie, voici l’horizon créatif que nous mettons sur la table. Tant d’éléments fondamentaux auxquels ce budget n’apporte, de façon générale, aucune réponse. Le temps des politiques à la petite semaine est terminé. Votre gouvernement appartient à une autre époque. Il a pour seul horizon les intérêts de quelques-uns. Le ministre de la transition écologique avait reçu en 2018 la médaille d’argent pour le nombre de postes supprimés; et la médaille d’or pour le nombre de postes supprimés dans ses opérateurs. Vous qui vous êtes autoproclamés champion de la Terre, vous n’êtes finalement que des petits comptables fossoyeur de la planète.
Mathilde Panot