Pas de primaire à gauche pour Yannick Jadot - C à Vous - 17/12/2021
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Yannick Jadot, vous irez déjà, un, déguster la bûche ?
J'ai prévu autre chose pour moi, Réunion. J'ai prévu autre chose.
Donc on peut dire à Sandrine Rousseau que vous ne serez pas là. Non. Ça y est, mais elle ne le savait pas peut-être.
Non, mais je pense que c'est une plaisanterie de la part de Sandrine Rousseau.
Vous êtes sûre, oui ? C'est vrai qu'on peut en douter.
Non, non, mais elle a écouté, regardé ses déclarations. On dit la même chose finalement. Ah bon ? On dit, non, non, mais je vous assure.
Vous vous dites que c'est une bonne idée alors ? Non, je ne dis que le fait.
Non, non, ce que dit Sandrine Rousseau, c'est « Bienvenue, Christiane Taubira, tu as du talent, on a besoin de toi, mais ça doit se faire autour du projet écologiste et derrière la candidature écologiste. » Écoutez, on est quand même dans une situation, il faut le remarquer, un peu baroque. On a effectivement Anne Hidalgo, que j'avais invitée à travailler sur le fond, il y a près d'un an. Travaillons, travaillons, travaillons. Non, non, ça ne nous intéresse pas, ça ne nous intéresse pas. Là, ils ont supprimé la primaire de leur statut, les socialistes, l'été dernier, à la demande d'Anne Hidalgo.
Et puis là, comme ça ne se passe pas très bien, sa candidature, d'un seul coup, on a une idée d'une primaire, d'une primaire à quatre mois de l'élection présidentielle. Et maintenant, au-delà des improvisations côté de la candidature socialiste, on a Christiane Taubira, retiré de la politique depuis cinq ans, qui nous fait une vidéo le 17 décembre.
Alors que vous-même, vous étiez en conférence de presse.
Et ça conclut en disant, on se retrouve dans un mois, joyeux Noël. Enfin, sérieusement...
Ce n'est pas sérieux ?
Non, ce n'est pas sérieux.
Il aurait fallu qu'elle dise quoi ? Si vous lui dites bienvenue, il aurait fallu qu'elle dise quoi ?
Il aurait fallu qu'elle dise, écoutez, moi je suis prêt à mettre mon talent au service d'une candidature, d'un projet. Pour ma part, vous le savez, moi je n'envisage pas d'être candidat à l'élection présidentielle. Je suis candidat à l'élection présidentielle. J'ai été désigné par une primaire, une primaire citoyenne. On a débattu devant les Françaises et les Français. Et j'entends Anne Hidalgo nous dire, écoutez, tout ça est très bien, on va débattre entre nous. Non, là maintenant, il faut débattre devant les Françaises et les Français, avec Emmanuel Macron, avec Valérie Pécresse, Éric Zemmour, Jean-Marie Le Pen. On peut débattre...
Marine Le Pen.
Qu'est-ce que j'ai dit ? Jean-Marie Le Pen. Pardon, Marine Le Pen. Oui, bah, oups. 2021.
C'est l'élection de 2022 à laquelle vous concourez, Anne Hidalgo.
Oui, mais là, justement, c'est pour ça que je suis un peu perturbé, parce que j'ai l'impression que tous ces gens veulent travailler à l'élection de 2027. On va continuer à faire des primaires, on va débattre entre nous. Non. Mais c'est trop tard, qu'est-ce que vous dites ? Bien sûr. Là, notre pays ne va pas bien. On a un président de la République qui, quand il fait un public reportage de deux heures, n'arrive même pas à parler du climat, ni dans son bilan, ni dans la perspective. On a des inégalités sociales et un sentiment d'injustice sociale qui taraude notre pays de manière très dure. Il faut remettre la démocratie.
Alors, franchement, arrêtons d'avoir des candidates et des candidats qui installent une forme de déprime totale, nous expliquant que la gauche, c'est fini, qu'on a forcément perdu, que tout est sombre. Non, on peut gagner cette élection, mais un peu d'enthousiasme.
Vous ne partagez pas une part du constat de Christiane Taubira, que la gauche, là, est dans l'impasse avec sa candidature. Ça fait neuf candidats à gauche.
Oui, mais pour qui ? Qui a multiplié les candidatures ? Vous avez Arnaud Montebourg, issu du Parti Socialiste. Vous avez Anne Hidalgo, issu du Parti Socialiste. C'est de la faute des autres, sauf de la vôtre. Écoutez, moi, j'incarne le projet écologiste. Il y a cinq ans, j'avais fait une primaire. J'ai rejoint le vainqueur, Benoît Hamon, de la primaire socialiste.
Donc vous l'avez fait une fois et ce ne sera pas deux.
Mais pourquoi ? Mais pas parce que...
Elle est la plus convaincante, la plus proche des préoccupations des Français. Elle a fait un sondage, elle a deux.
Est-ce qu'à un moment donné, on parle sérieusement ?
Alors là, ils ne se trompent pas, les sondages.
Non, non, mais attendez. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a eu la primaire socialiste. Aucun, à ce moment-là, des candidats participants à la primaire socialiste n'a soutenu, en 2017, le vainqueur de la primaire socialiste. Et de tous les participants, à ce moment-là, à la primaire socialiste, il n'y en a plus au Parti Socialiste. Alors moi, je n'ai pas envie d'être entraîné par cette fin de cycle du Parti Socialiste. Mais je le dis, il y a plein...
Mais pourtant, vous l'êtes sous pression. Mais non, je ne suis pas sous pression. Déjà, vous l'étiez sous pression avec les appels à l'Union d'Anne Hidalgo.
Et à nouveau, sous double point. Je ne bougerai pas. On a besoin, dans notre pays, d'une candidature écologiste, défi climatique, effondrement du vivant, justice sociale. Et franchement, que le Parti Socialiste, qui ne sait plus bien où il habite... Mais je l'ai dit, les socialistes ont une incroyable histoire dans ce pays.
Il n'y a pas que le Parti Socialiste qui ne sait plus où il habite. Libération rapporte ce matin qu'un porte-parole d'Europe Écologie Les Verts, Alain Coulombelle, a été mis à l'écart...
Vous le connaissez, Alain Coulombelle ?
Moi, non, mais je ne suis pas partie d'Europe Écologie Les Verts, Alain Coulombelle, vous le connaissez.
Mais oui, mais il a été porte-parole.
Mais lui, il n'est pas sur la ligne anti-primaire populaire.
Mais pourquoi ?
Ça veut dire que ça fait débat au sein même de votre parti.
D'ailleurs, il a même perdu son statut de porte-parole parce que la position d'Europe Écologie Les Verts comme, de Génération AS comme, de Génération Écologie, et ce rassemblement, on l'a déjà construit, on va l'amplifier. C'est très clairement, nous avons fait une primaire. Nous avons débattu en responsabilité, et je crois avec une certaine intelligence, de nos propositions.
Ça fait beaucoup de porte-parole qui quittent la campagne. Non, vous mélangez tout, là. Ah non, je ne mélange pas tout, j'additionne les porte-parole qui quittent votre campagne.
Non, c'est là où vous parlez du porte-parole d'Europe Écologie Les Verts.
Et le porte-parole de votre campagne.
Ben oui, mais parce qu'à un moment donné, effectivement, il y a eu l'affaire Hulot. Mais pardonnez-moi l'affaire Hulot. Toutes les violences dont on parle, Hulot, il était à ELV ? Non, je vous pose la question. Toutes les affaires dont on parle. Quand il est accusé d'une femme qui témoignait à la télé, d'un viol, elle avait 16 ans, il sortait de où, Nicolas Hulot ? Il sortait du siège de ELV ou il sortait de la maison de la radio ? Il sortait de la maison de la radio, il était animateur France Inter. Les autres affaires, il était animateur TF1, comme PPDA. Donc nous, à Europe Écologie Les Verts, nous avons aidé à ce que la parole des femmes se libère.
Nous avons mis en place des processus pour sanctionner toutes les violences sexistes et évidemment les violences sexuelles. Mais qu'on ne nous ramène pas Nicolas Hulot à ELV dans tous les témoignages qu'il y a eu. Il était animateur télé à TF1 et à France Inter.
Moi, je parlais de votre décision d'écarter Mathieu Orphela.
Oui, mais à partir du moment où vous avez des femmes qui témoignent avec un courage incroyable à la télévision, face à des journalistes qui ont fait leur travail d'investigation, rien à voir avec l'inquisition médiatique dont parle le président de la République et à ce moment-là, il reprend le langage des prédateurs sexuels qui parlent toujours d'inquisition médiatique quand ils sont accusés. Mathieu Orphelin, à partir du moment où l'entourage de Nicolas Hulot est mis en accusation ou en tout cas soupçonné d'avoir protégé Nicolas Hulot, évidemment pas d'être dans l'agression sexuelle, mais d'avoir protégé.
Moi, je veux que cette personne retrouve toute sa liberté de parole pour répondre aux questions légitimes. Il ne peut plus le faire en tant que porte-parole de Yannick Jadot, c'est tout. Mais franchement, on a aujourd'hui, regardez les inondations dans le Sud-Ouest, on a eu les tornades aux États-Unis, on a le dérèglement climatique partout. Notre pays, notre gouvernement, ce n'est pas le mien, mais c'est le gouvernement de la France, est condamné par la justice pour inaction climatique.
Est-ce qu'à un moment donné, dans cette campagne, on va pouvoir parler du climat, on va pouvoir parler des 12 millions de Français qui, en ce moment, souffrent de précarité énergétique, ils ont froid, des 10% des Français qui ne mangent pas leur faim. C'est quand même ça le sujet de la présidentielle. Ça ne peut pas être de sauver le Parti Socialiste ou de sauver la gauche.
Yannick Jadot