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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 23 novembre 2017 7 minComplaisantFond programmatiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprisesLogementInstitutions & élections

Amélie de Montchalin : "Les impôts des Français doivent servir à quelque chose"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Certains disent que vous n'avez même plus le temps de réfléchir.

  • 2:12OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a un risque sur la qualité même des lois produites en France ?

  • 3:48OuverteRéponse directe

    Dans votre rapport d'étonnement, est-ce que vous mettez en avant des échos sur le déficit ?

  • 4:32RelanceRéponse directe

    Vous demandez un examen a posteriori. Bruxelles le fait d'abord. Vous dites quoi ?

  • 5:26OuverteRéponse directe

    La Commission fait de la politique. Quand vous dites, on a reçu Pierre Moscovici, reparti à Bruxelles, il critique.

  • 6:42FerméeÉludée

    Vous entrez au gouvernement ou pas, Amélie de Montchalin ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:23Invité politiqueFait
    « Ce qui est certain c'est que le marathon budgétaire quand on est dedans c'est un vrai marathon. »
  • 0:27Invité politiqueFait
    « Ça commence le 27 septembre et ça finira le 22 décembre. »
  • 0:50Invité politiquePromesse
    « On propose avec un certain nombre de députés une réforme du temps parlementaire pour qu'on ait au printemps du temps pour évaluer la performance de la dépense publique. »
  • 1:30Invité politiqueFait
    « Pourquoi on dépense de l'argent public ? Pourquoi on fait payer des impôts aux Français ? À quoi ça sert ? »
  • 4:12Invité politiqueFait
    « Ça fait depuis 2009 que la France est en processus de déficit excessif. »
  • 4:56Invité politiqueChiffre
    « Le logement, c'est une politique où la France dépense deux fois plus que ses voisins européens et pas avec des résultats deux fois meilleurs. »
  • 6:20Invité politiqueFait
    « Pourquoi on veut que la dépense publique baisse ? Parce qu'on veut que les impôts des Français, d'abord, soient moins élevés. »

Temps de parole

  • Amélie de Montchalin80 %
  • Présentateur20 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

L'invité de France Inter jusqu'à 9h est député La République En Marche de l'Essonne, membre de la Commission des Finances, figure du macronisme qu'on dit promise un grand avenir. Amélie de Montchalin, bonjour. Bonjour. Ça va vous et vos collègues députés La République En Marche, vous tenez le rythme à l'Assemblée. Certains disent, j'ai lu ça, Pierre Persson, La République En Marche, député de Paris, que vous n'avez même plus le temps de réfléchir.

0:23
Amélie de Montchalin

Ce qui est certain c'est que le marathon budgétaire quand on est dedans c'est un vrai marathon. C'est-à-dire que ça commence le 27 septembre et ça finira le 22 décembre. Et je peux vous dire qu'entre temps il n'y a aucune journée où on ne travaille pas sur un amendement, sur un échange avec un cabinet ministériel sous telle ou telle mesure. Le projet de loi de finances couvre tous les sujets, toutes les dépenses. Donc c'est effectivement très très volumineux.

C'est d'ailleurs pour ça qu'on propose avec un certain nombre de députés une réforme du temps parlementaire pour qu'on ait au printemps du temps pour évaluer la performance de la dépense publique et puis à l'automne du temps pour budgéter mais qu'on n'y passe pas 70 jours et 70 nuits à l'automne et un après-midi au printemps pour contrôler ce qu'on a fait.

1:03
Présentateur

C'est ça le contrôle, c'est ça la durée assignée au contrôle en aval.

1:06
Amélie de Montchalin

Aujourd'hui on voit bien qu'il y a un décalage énorme. On passe donc tout notre automne à savoir combien on va mettre d'euros, de milliards d'euros ou de centaines de milliards d'euros en face d'une politique et on passe un après-midi pour vérifier que ça a été bien dépensé. Ce qu'on propose, et c'est dans la ligne totale de ce qu'avait proposé déjà Emmanuel Macron dans sa campagne, c'est qu'on ait beaucoup plus de temps pour regarder la performance de la dépense publique. Pourquoi on dépense de l'argent public ? Pourquoi on fait payer des impôts aux Français ? À quoi ça sert ?

Dans le logement, vous savez c'est un sujet sur lequel on travaille beaucoup, on est en train de demander une réforme, on voit que les lignes bougent, on est en train d'avoir un certain nombre d'acteurs du logement social qui commencent à comprendre que notre réforme ce n'est pas contre les locataires mais c'est vraiment pour que le modèle change. Il faut que cette réforme, on la suive.

Vous voyez que sur l'investissement, sur la réforme fiscale, on a fait aussi énormément d'efforts pour qu'en janvier, on prenne la réforme fiscale et qu'on aille voir tous les intermédiaires financiers, nous députés, pour dire voilà, comment vous vous prenez le relais de ce qu'on a fait et comment vous nous présentez maintenant votre plan d'action. On a envie d'être des députés qui suivont l'application des réformes. Si on ne se contente de lever le bras dans l'hémicycle et considérer que notre boulot est fait, les choses ne changeront pas sur le terrain comme elles devront.

2:12
Présentateur

Est-ce qu'il y a un risque, considérant ce que vous venez de décrire, l'emploi du temps, le temps pour fabriquer une loi, est-ce qu'il y a un risque sur la qualité même des lois produites en France ? C'est un vieux débat.

2:23
Amélie de Montchalin

Alors, nous ce qu'on a fait là, c'est qu'en fait on a travaillé, co-construit en amont. C'est que moi on m'a demandé au mois de juillet d'animer le travail de La République En Marche sur le budget et dès le mois de juillet, donc ça fait trois mois de travail, en amont avec le gouvernement, de comprendre qu'est-ce qu'ils mettaient dans le texte, comment ils allaient le présenter, et on a fait un énorme travail d'angle mort sur les plus-values professionnelles, sur énormément de sujets qui ont l'air techniques, mais qui permettent qu'à la fin, on ait aujourd'hui un texte qui est équilibré, il n'y a pas de trou, on essaye, on espère, il y a le moins de trou dans la raquette possible.

Mais ce n'est possible effectivement que parce qu'on a travaillé trois mois avec Gérald Darmanin, avec Bruno Le Maire, en amont du texte, pour que quand on arrive au Parlement, ça ne soit pas la surprise. Moi, mon rapport d'étonnement, c'est que vous aviez une culture où le parlementaire, il était en bout de chaîne. C'est-à-dire qu'il attendait, entre guillemets, à l'Assemblée que l'exécutif travaille, lui livrait un texte de loi qui pouvait être parfois extrêmement complexe, extrêmement volumineux, et il fallait qu'en 48 heures ou en une semaine, il propose des amendements. Si vous faites ça, vous avez un résultat, c'est que vous ne touchez qu'à la surface des choses.

C'est que vous êtes dans l'amendement, vous avez la cerise sur le gâteau. Le député, il existait parce qu'il posait sa cerise sur le gâteau. Ce qu'on veut, nous, c'est que le gâteau, il ait la bonne recette. C'est qu'il soit digeste et surtout qu'il corresponde aux besoins des Français. Pour ça, vous voyez que sur le droit à l'erreur, vous voyez que sur le logement, vous voyez que sur un certain nombre de réformes, les parlementaires, par petits groupes, souvent une dizaine, travaillent avec les ministres en amont pour que le texte y soit riche et surtout qu'il corresponde aux besoins et à la réalité de la situation.

3:48
Présentateur

Dans votre rapport d'étonnement, Amélie de Montchalin, est-ce que vous mettez cette une des échos sur le déficit ? La France reste dans le viseur de Bruxelles. Bruxelles, si le critère des 3% devrait être respecté, le déficit structurel demeure hors des clous. Bruxelles calcule que ce déficit va grimper de 0,4.

4:09
Amélie de Montchalin

Alors, deux choses. Ça fait depuis 2009 que la France est en processus de déficit excessif. Il n'y a pas de baguette magique de sortir de quasiment une décennie de dérive budgétaire. Ce que nous, on fait, c'est qu'on sait bien que les réformes qu'on essaie de faire vont porter leurs fruits budgétairement. Mais on ne les fait pas uniquement parce qu'elles sont budgétaires. On les fait parce qu'on pense qu'on va gagner de l'efficacité.

4:32
Présentateur

Mais là, il y a un examen a priori de ce que vous faites. Vous demandez un examen a posteriori. Là, Bruxelles le fait d'abord. Vous dites quoi ?

4:39
Amélie de Montchalin

Ce qui me gêne un peu, c'est que Pierre Moscovici est venu à l'Assemblée. On l'a audité. Auditionné, plutôt. Il y a quelques semaines, sur la base du projet qu'on présentait pour comprendre quelle était la vision de la Commission européenne. Pas pour se soumettre, mais pour comprendre. Et il nous dit, voilà, on voit bien que ça va dans le bon sens. Vous engagez dans des réformes qui sont structurelles. Le logement, c'est une politique où la France dépense deux fois plus que ses voisins européens et pas avec des résultats deux fois meilleurs. Donc, on avait plutôt un satisfait site en disant, on voit qu'il y a une vraie volonté.

Et surtout, ce qui nous avait beaucoup intéressé, c'est qu'il disait, ce qui est intéressant, c'est que vous avez une vision pluriannuelle. Vous avez une vision sur le quinquennat.

5:11
Présentateur

Donc, c'était plutôt positif.

5:13
Amélie de Montchalin

C'était très positif. Aujourd'hui, quand vous voyez l'avis de la Commission, ce qu'ils nous disent, c'est qu'effectivement, en 2018, tout ne va pas se résoudre d'un coup de baguette magique. Et qu'effectivement, il va falloir qu'on ait du sérieux, année après année. C'est la position et c'est, moi, le travail que je mène avec nos collègues.

5:26
Présentateur

La Commission fait de la politique. Quand vous dites, on a reçu Pierre Moscovici, reparti à Bruxelles, il critique.

5:29
Amélie de Montchalin

Ce qui est sûr, c'est qu'il va falloir qu'on y va revenir à la Commission des finances parce qu'on veut le recevoir de manière régulière pour comprendre exactement dans ce dialogue qu'est-ce qu'il y a de la pure, j'allais dire, arithmétique et qu'est-ce qu'il y a de la politique ? Notre méthode sur le budget, c'est de faire des choix. C'est de dire, voilà, quand on relance l'investissement, quand on fait que le travail paye, quand on réforme le logement, quand on regarde comment on traite la façon de créer des emplois de manière structurelle, pas avec un traitement social du chômage. On aurait pu faire quelque chose pour plaire à la Commission européenne.

On aurait pu dire, comme on a fait pendant des années, un coup de rabot. On baisse, vous voyez, de 2% la dépense dans 5 ministères. On aurait trouvé les milliards que cherche la Commission européenne. Ça a été fait à plusieurs reprises, ça a été fait de nombreuses fois. Ce qui est intéressant, c'est que vous voyez que dans le temps, ça ne tient pas. Ça ne permet pas durablement d'inverser les choses. Pourquoi on veut que la dépense publique baisse ? Parce qu'on veut que les impôts des Français, d'abord, soient moins élevés. Et ensuite, on veut surtout que ces impôts, ils servent à quelque chose.

Donc, quand la Commission européenne nous dit, bah oui, il faut que vous restiez des gens sérieux et il faut que vous travaillez dans le temps long parce qu'il faut que vous documentiez vos baisses de dépenses, j'ai envie de dire, bah oui, c'est ce qu'on fait. Et c'est moi, mon engagement, avec tous les députés en marge de la Commission des Finances, ce qu'on fait dans notre travail au quotidien.

6:39
Présentateur

Il est 8h29 dans quelques secondes, la revue de presse. Vous entrez au gouvernement ou pas, Amélie de Montchalin ?

6:45
Amélie de Montchalin

Je n'ai rien à dire sur le sujet. Je pense que Joystar a fait une remarque que je trouve très pertinente pour ce matin. Il nous a dit que les politiques parlent trop souvent de leur carrière et ne parlent pas assez de la politique. Moi, ce que je viens de faire pendant 10 minutes avec vous, c'est que je vous ai parlé de la politique qu'on mène, des changements qu'on veut avoir, de la vision qu'on a de la France. Et je pense que c'est beaucoup plus intéressant pour les Français ce matin.

7:01
Présentateur

Ça, c'est compatible avec ce que pourrait dire un ministre ?

7:04
Amélie de Montchalin

Écoutez, je n'ai rien à vous dire. Vous appelez le président de la République ou le Premier ministre, eux, ils auront peut-être des choses à vous dire.

7:08
Présentateur

Je n'ai pas les numéros de portable. La revue de presse, donc, dans quelques instants.