Mais là aussi, si vous parliez de cette jeunesse et de son rapport aux écrans, si vous menez une guerre commerciale sur la question des écrans, si vous bannissez les écrans, les microprocesseurs venus de Chine, il n'y aura plus d'écrans parce que tous, presque, sont fabriqués en Chine. Que faire dans ces conditions, Raphaël Bluchel ?
Réponse à côtéC'est la même chose, regardez, sur la transition écologique. Aujourd'hui, les panneaux solaires, qui sont ultra nécessaires, ont besoin du silicium produit en Chine. Et en France, on pouvait en produire. Et simplement, on a sacrifié notre outil industriel. Et donc, ce que moi, j'explique, c'est que si un jour, on veut avoir une politique forte, ce qu'il faut, c'est avoir une industrie forte. C'est être capable de produire sur notre sol, dans les secteurs stratégiques. Je prends juste un exemple. Et c'est pour ça que la relation avec la Chine, ce n'est pas une question de politique internationale, c'est une question de choix intérieur à l'Europe. Un exemple, à Luxfer, à Gersa, près de Clermo…
« C'est la même chose, regardez, sur la transition écologique. Aujourd'hui, les panneaux solaires, qui sont ultra nécessaires, ont besoin du silicium produit en Chine. Et en France, on pouvait en produire. Et simplement, on a sacrifié notre outil industriel. Et donc, ce que moi, j'explique, c'est que si un jour, on veut avoir une politique forte, ce qu'il faut, c'est avoir une industrie forte. C'est être capable de produire sur notre sol, dans les secteurs stratégiques. Je prends juste un exemple. Et c'est pour ça que la relation avec la Chine, ce n'est pas une question de politique internationale, c'est une question de choix intérieur à l'Europe. Un exemple, à Luxfer, à Gersa, près de Clermont-Ferrand, j'y suis allé plusieurs fois et j'en reviens, j'y étais encore samedi dernier, eh bien, il y avait une usine qui était la dernière usine en Europe à produire des bouteilles d'oxygène en aluminium dernière génération pour nos pompiers et nos hôpitaux. Il n'y a pas plus stratégique que ça, en particulier en période de pandémie, mais en règle générale, il n'y a pas plus stratégique que ça. Eh bien, un actionnaire anglo-saxon a décidé de fermer, par logique actionnariale court-termiste, cette usine et de délocaliser l'ensemble de la production en Turquie. Donc aujourd'hui, on se retrouve totalement dépendant de la Turquie dans un secteur stratégique, par pur choix. Face à ça, l'État français n'a rien fait. L'Europe n'a rien fait. Impossibilité de réquisitionner, impossibilité de nationaliser même temporairement alors qu'il y avait des repreneurs locaux. Et finalement, qu'est-ce que ça veut dire ? C'est qu'en fait, on accepte d'être dépossédé de notre propre avenir, de se retrouver dans une position de dépendance et de vassalité. Et là, on retrouve ce que disait Hegel dans la dialectique du maître et de l'esclave. Nous, on est dans la position du maître. On a cru qu'on contrôlait le monde et on sait finalement, on a délégué tout l'aspect productif à d'autres pays qui aujourd'hui peuvent nous faire chanter et dont nous nous retrouvons dépendants. Le maître, à force d'être oisif et spectateur du monde, devient l'esclave de son esclave. »
