Ce registre relie les questions posées aux éléments effectivement observés dans les réponses. Il présente le corpus, ses limites et les passages sources, sans note globale ni comparaison entre personnes.
Comment lire ce registre
Cette page est la piste d’audit de la fiche de synthèse. Elle permet de retrouver la question, la réponse retenue et la preuve utilisée.
1
Une question isolée
Les questions multiples sont séparées pour ne pas confondre plusieurs demandes dans une même mesure.
2
Un état descriptif
La catégorie indique ce qui est observable dans la réponse, sans juger la personne ni la position défendue.
3
Un passage vérifiable
Chaque résultat affiché renvoie au verbatim et, lorsque la source le permet, au moment exact de l’entretien.
Période observée
8 mai 2016 au 9 déc. 2025
Questions
643
Entretiens
Non renseigné
Sources
Non renseigné
Heures analysées
Non renseigné
Répartition sur 643 questions évaluables
Réponse directe
287
Réponse partielle
119
Réponse à côté
221
Refus explicite
16
Questions et passages vérifiables
Une réponse à côté signifie que la demande centrale n’est pas traitée, même si le passage est long ou argumenté.
Questions 551 à 575 sur 643
Question 551Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"
Invité du grand entretien de France Inter jusqu'à 8h40, le commissaire européen aux affaires économiques et financières. Vous avez la parole, amis auditeurs, dans une dizaine de minutes, intervenez au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et via l'application France Inter. Bonjour Pierre Moscovici. Bonjour Nicolas Demorand. Merci d'être au micro d'Inter. Donald Trump, on l'a appris donc cette nuit, suspend jusqu'au 1er mai prochain les taxes des Etats-Unis sur les importations d'acier et d'aluminium de plusieurs partenaires importants du pays, dont l'Union Européenne. La guerre de l'acier entre les Etats-Unis et l'Europe n'aura donc pas lieu ou ça n'est qu'une trêve ?
Réponse directe
Écoutez, il faut d'abord accueillir ça avec plutôt, c'est plutôt une bonne nouvelle, dans la mesure où Donald Trump avait dit les guerres commerciales sont bonnes et elles sont faciles à gagner, on s'aperçoit qu'elles ne sont pas bonnes, il faut toujours éviter la guerre, quelle qu'elle soit, commerciale aussi, et elles ne font que des perdants. Mais, il faut aussi regarder les choses de près, parce que le diable est dans les détails, cette décision est temporaire. Et donc, il va falloir continuer les échanges, le dialogue avec Washington dans les semaines qui viennent, et simultanément, il faut continuer à se préparer à toutes les hypothèses, quelles qu'elles soient. Je note par ailleurs q…
Dossier de profondeur politique
Mécanismes, contraintes, arbitrages, objections et références explicitement présents dans les réponses, classés par domaine et reliés aux passages d’origine.
Limites et incertitudes23 janv. 2025 au 9 déc. 2025 · 25 observations25 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Vous dites que la France reste un pays solvable, mais jusqu'à quand ? C'est pour quand le crash ? »
LCP — Lundi, c'est politique · Pierre Moscovici | LCP, Lundi C'est Politique - 08/12/2025Vérifier à 22:17
Méthode, périmètre et limitesVersion small-8b7aadfb4e0b
Méthodologie :
question_coverage
Publiée :
4 sept. 2026
Données arrêtées au :
12 sept. 2026
Les catégories décrivent uniquement la séquence observée.
« Écoutez, il faut d'abord accueillir ça avec plutôt, c'est plutôt une bonne nouvelle, dans la mesure où Donald Trump avait dit les guerres commerciales sont bonnes et elles sont faciles à gagner, on s'aperçoit qu'elles ne sont pas bonnes, il faut toujours éviter la guerre, quelle qu'elle soit, commerciale aussi, et elles ne font que des perdants. Mais, il faut aussi regarder les choses de près, parce que le diable est dans les détails, cette décision est temporaire. Et donc, il va falloir continuer les échanges, le dialogue avec Washington dans les semaines qui viennent, et simultanément, il faut continuer à se préparer à toutes les hypothèses, quelles qu'elles soient. Je note par ailleurs qu'il continue d'y avoir un climat autour du commerce international, de la part du président américain, qui reste un climat assez offensif. On va le voir sur la fine, mais on ressent l'Europe là. Je le redis ici, le protectionnisme n'est pas la solution, le protectionnisme ne peut pas être la solution, ça c'est vraiment une conviction de principe que l'Union Européenne va continuer à réaffirmer. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"Vérifier à 0:46
Question 552Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"
Deux questions très rapides sur la France. Pierre Moscovici, mouvement social ici, hier fonctionnaire et cheminot manifesté. Est-ce que vous auriez défilé si vous êtes à jour de cotisation au Parti Socialiste, dans la rue, avec vos camarades du PS ?
Réponse directe
Là, je suis commissaire européen, je n'aurais pas défilé, non. Écoutez, je suis dans une situation, je ne suis pas dans une autre, donc je ne peux pas me mettre dans ce... Mais ce que je veux dire, c'est que je crois que les socialistes ont le droit de manifester. J'ai vu des images... Sont fait huer. Et je trouve ça, vraiment, ça m'a choqué, parce que la politique n'est pas pour bisounours, il y a de la passion, mais il ne doit pas y avoir de violence. Et ça m'a attristé, parce que je pense qu'une formation politique de gauche a sa place dans une manifestation. Il faudra que les socialistes retrouvent la parole et aient un langage, un discours à tenir au mouvement social, mais je trouve qu…
« Là, je suis commissaire européen, je n'aurais pas défilé, non. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"Vérifier à 19:50
Question 553Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"
Entre le protectionnisme et la mondialisation dérégulée, il peut y avoir une vision moins idéalisée. Que répondez-vous à Pierre ?
Réponse directe
Je suis tout à fait d'accord avec ça. Nous avons une vision moins idéalisée. Nous avons appris, moi je suis un défenseur de l'économie ouverte, mais que le libre-échange naïf, quand on a affaire en effet à des partenaires qui ont des armes particulières, peut être une erreur. C'est la raison pour laquelle nous avons proposé, par exemple, un règlement qui permette de légiférer sur les investissements et de nous assurer que certains investissements stratégiques sont effectivement protégés. De nous assurer qu'on ne peut pas prendre le contrôle de secteurs qui seraient appréciés par nous comme étant décisifs pour notre économie, pour notre sécurité.
« Je suis tout à fait d'accord avec ça. Nous avons une vision moins idéalisée. Nous avons appris, moi je suis un défenseur de l'économie ouverte, mais que le libre-échange naïf, quand on a affaire en effet à des partenaires qui ont des armes particulières, peut être une erreur. C'est la raison pour laquelle nous avons proposé, par exemple, un règlement qui permette de légiférer sur les investissements et de nous assurer que certains investissements stratégiques sont effectivement protégés. De nous assurer qu'on ne peut pas prendre le contrôle de secteurs qui seraient appréciés par nous comme étant décisifs pour notre économie, pour notre sécurité. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"Vérifier à 16:24
Question 554Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"
pourquoi 3% et 3% seulement ?
Réponse directe
Alors, d'abord, je vais commencer par le dispositif transitoire parce que je veux y insister. Je sais que ce sont des sujets complexes, mais il faut là-dessus être précis. La vraie réponse, c'est la définition juridique. Quand on saura ce qu'est la présence digitale, quand on saura identifier l'activité d'une entreprise du numérique à travers le nombre de clics, à travers le nombre de contrats, à travers le nombre d'utilisateurs, à ce moment-là, chaque État pourra taxer sur une base commune le digital. Et ça, c'est la réponse de moyen-long terme. Elle doit d'ailleurs être un jour mondial. Et c'est ça, le vrai avenir. Et donc, c'est vers ça qu'il faut aller. Entre-temps, parce que nous savon…
« Alors, d'abord, je vais commencer par le dispositif transitoire parce que je veux y insister. Je sais que ce sont des sujets complexes, mais il faut là-dessus être précis. La vraie réponse, c'est la définition juridique. Quand on saura ce qu'est la présence digitale, quand on saura identifier l'activité d'une entreprise du numérique à travers le nombre de clics, à travers le nombre de contrats, à travers le nombre d'utilisateurs, à ce moment-là, chaque État pourra taxer sur une base commune le digital. Et ça, c'est la réponse de moyen-long terme. Elle doit d'ailleurs être un jour mondial. Et c'est ça, le vrai avenir. Et donc, c'est vers ça qu'il faut aller. Entre-temps, parce que nous savons que ça prendra un peu de temps, il est proposé de créer une taxe temporaire de 3% sur les activités d'à peu près 180 entreprises parce que c'est des entreprises qui font plus de 750 millions de chiffres d'affaires. Il ne s'agit pas de pénaliser, je le dis tout de suite, la start-up ou la scale-up parce que nous voulons développer le numérique. Il s'agit de taxer les géants du numérique. Et ces gens du numérique, c'est les plateformes, c'est les moteurs de recherche, c'est les réseaux sociaux. Ils doivent payer leur juste part d'impôt là où ils créent de la valeur et des profits. 3% pourquoi ? Parce qu'il s'agit quand même du chiffre d'affaires. C'est donc assez conséquent. Et en même temps, nous ne voulons pas freiner cette économie. Ça générerait, pour commencer, 5 milliards d'euros par an, ce qui est à peu près de la moitié de ce que nous perdrions avec le Brexit. C'est quand même pas négligeable. Après, il faut savoir ce qu'on en fait. Et donc, c'est un premier geste parce que l'Europe, là, je veux y insister quand même. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"Vérifier à 8:16
Question 555Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"
La Chine, vous le disiez d'un mot, reste dans le collimateur américain. Est-ce que la guerre commerciale entre les deux premières puissances mondiales n'est pas encore plus dangereuse que ce qui aurait pu se passer avec l'Union européenne ?
Réponse à côté
C'est ce que je voulais dire en parlant du protectionnisme. Je reviens, j'étais en début de semaine au G20. Le G20, c'est la réunion des ministres des Finances des 20 principaux pays de la planète où on a eu un débat assez long et approfondi. Et je pense qu'il y a quand même une conviction que les États-Unis doivent entendre de la part de tous leurs partenaires que le protectionnisme n'est pas la réponse. Vous savez, ce qui a évité que la crise financière de 2008 dégénère en grande dépression, comme dans les années 30, c'est qu'on a refusé le protectionnisme. Je sais que le commerce international doit être régulé. Je ne suis pas pour un libre-échange naïf. Mais le protectionnisme, lui, n'es…
« C'est ce que je voulais dire en parlant du protectionnisme. Je reviens, j'étais en début de semaine au G20. Le G20, c'est la réunion des ministres des Finances des 20 principaux pays de la planète où on a eu un débat assez long et approfondi. Et je pense qu'il y a quand même une conviction que les États-Unis doivent entendre de la part de tous leurs partenaires que le protectionnisme n'est pas la réponse. Vous savez, ce qui a évité que la crise financière de 2008 dégénère en grande dépression, comme dans les années 30, c'est qu'on a refusé le protectionnisme. Je sais que le commerce international doit être régulé. Je ne suis pas pour un libre-échange naïf. Mais le protectionnisme, lui, n'est pas la réponse. Parce qu'il crée d'abord une atmosphère de guerre. Il crée une incertitude sur les agents économiques. Il crée du repli sur soi. Il ferme les marchés. Et au final, ce sont des débouchés que chacun perd. Et c'est une croissance qui finit par être touchée. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"Vérifier à 4:39Voir 1 autre passage
« C'est toujours compliqué d'analyser les ressorts des décisions de Donald Trump, de voir ce qu'il y a effectivement de durable ou aussi de posture, comme vous dites. C'est une façon de faire de la politique qui est un peu nouvelle, dirais-je, pour rester diplomate. Ce que je crois, c'est qu'il faudra, là aussi, qu'il y ait du dialogue. Et Donald Trump a montré aussi qu'il pouvait être capable de tous les revirements, dans un sens comme dans l'autre. Donc, encore une fois, il faut être prêt à tous les scénarios, au meilleur comme au pire. Mais je pense que, et j'espère que la raison l'emportera, le protectionnisme n'est pas la réponse au déséquilibre. Et y compris dans cette matière, c'est-à-dire l'acier et l'aluminium, le dialogue international est la vraie réponse. Et je pense que les Chinois, ça, doivent l'entendre. Parce qu'il y a un problème de surcapacité. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"Vérifier à 5:40
Question 556Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"
David vous demande la chose suivante. Quel est votre argument précisément pour dire que le protectionnisme ne fonctionne pas ?
Réponse directe
Le protectionnisme, nous avons une longue histoire de protectionnisme au 19ème siècle, au début du 20ème siècle, pendant la grande crise. Ce qui fait que notre économie, l'économie française, est une économie développée. Nous sommes quand même un membre du G7, des sept principaux pays industrialistes du monde. Nous sommes le sixième PIB du monde. C'est que nous avons une capacité à exporter, c'est que nous avons un marché mondial, c'est que nos entreprises trouvent des débouchés. Aujourd'hui, nous vivons dans cette mondialisation. 70% de nos échanges se font avec nos partenaires de l'Union Européenne, le reste avec le reste du monde. Si nous fermons les frontières, alors à ce moment-là, nou…
« Le protectionnisme, nous avons une longue histoire de protectionnisme au 19ème siècle, au début du 20ème siècle, pendant la grande crise. Ce qui fait que notre économie, l'économie française, est une économie développée. Nous sommes quand même un membre du G7, des sept principaux pays industrialistes du monde. Nous sommes le sixième PIB du monde. C'est que nous avons une capacité à exporter, c'est que nous avons un marché mondial, c'est que nos entreprises trouvent des débouchés. Aujourd'hui, nous vivons dans cette mondialisation. 70% de nos échanges se font avec nos partenaires de l'Union Européenne, le reste avec le reste du monde. Si nous fermons les frontières, alors à ce moment-là, nous fermons les débouchés. Nous sommes dans des escalades tarifaires. Le résultat, c'est que le commerce international se bloque. C'est que les échanges coûtent de plus en plus cher. C'est qu'on se replie sur des marchés qui sont plus restreints. Et quand on est dans un marché restreint, on a moins de débouchés, donc on a moins d'emplois. Non, le protectionnisme, c'est vraiment perdant, perdant. Je suis persuadé, moi, que la guerre commerciale, c'est une défaite assurée pour chacun de ses partenaires. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"Vérifier à 14:58
Question 557Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"
pourquoi un dispositif transitoire ?
Réponse directe
Alors, d'abord, je vais commencer par le dispositif transitoire parce que je veux y insister. Je sais que ce sont des sujets complexes, mais il faut là-dessus être précis. La vraie réponse, c'est la définition juridique. Quand on saura ce qu'est la présence digitale, quand on saura identifier l'activité d'une entreprise du numérique à travers le nombre de clics, à travers le nombre de contrats, à travers le nombre d'utilisateurs, à ce moment-là, chaque État pourra taxer sur une base commune le digital. Et ça, c'est la réponse de moyen-long terme. Elle doit d'ailleurs être un jour mondial. Et c'est ça, le vrai avenir. Et donc, c'est vers ça qu'il faut aller. Entre-temps, parce que nous savon…
« Alors, d'abord, je vais commencer par le dispositif transitoire parce que je veux y insister. Je sais que ce sont des sujets complexes, mais il faut là-dessus être précis. La vraie réponse, c'est la définition juridique. Quand on saura ce qu'est la présence digitale, quand on saura identifier l'activité d'une entreprise du numérique à travers le nombre de clics, à travers le nombre de contrats, à travers le nombre d'utilisateurs, à ce moment-là, chaque État pourra taxer sur une base commune le digital. Et ça, c'est la réponse de moyen-long terme. Elle doit d'ailleurs être un jour mondial. Et c'est ça, le vrai avenir. Et donc, c'est vers ça qu'il faut aller. Entre-temps, parce que nous savons que ça prendra un peu de temps, il est proposé de créer une taxe temporaire de 3% sur les activités d'à peu près 180 entreprises parce que c'est des entreprises qui font plus de 750 millions de chiffres d'affaires. Il ne s'agit pas de pénaliser, je le dis tout de suite, la start-up ou la scale-up parce que nous voulons développer le numérique. Il s'agit de taxer les géants du numérique. Et ces gens du numérique, c'est les plateformes, c'est les moteurs de recherche, c'est les réseaux sociaux. Ils doivent payer leur juste part d'impôt là où ils créent de la valeur et des profits. 3% pourquoi ? Parce qu'il s'agit quand même du chiffre d'affaires. C'est donc assez conséquent. Et en même temps, nous ne voulons pas freiner cette économie. Ça générerait, pour commencer, 5 milliards d'euros par an, ce qui est à peu près de la moitié de ce que nous perdrions avec le Brexit. C'est quand même pas négligeable. Après, il faut savoir ce qu'on en fait. Et donc, c'est un premier geste parce que l'Europe, là, je veux y insister quand même. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"Vérifier à 8:16
Question 558Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"
La Commission et les institutions européennes ont-elles désormais une vision moins idéalisée du libre-échange ?
Réponse directe
Je suis tout à fait d'accord avec ça. Nous avons une vision moins idéalisée. Nous avons appris, moi je suis un défenseur de l'économie ouverte, mais que le libre-échange naïf, quand on a affaire en effet à des partenaires qui ont des armes particulières, peut être une erreur. C'est la raison pour laquelle nous avons proposé, par exemple, un règlement qui permette de légiférer sur les investissements et de nous assurer que certains investissements stratégiques sont effectivement protégés. De nous assurer qu'on ne peut pas prendre le contrôle de secteurs qui seraient appréciés par nous comme étant décisifs pour notre économie, pour notre sécurité.
« Je suis tout à fait d'accord avec ça. Nous avons une vision moins idéalisée. Nous avons appris, moi je suis un défenseur de l'économie ouverte, mais que le libre-échange naïf, quand on a affaire en effet à des partenaires qui ont des armes particulières, peut être une erreur. C'est la raison pour laquelle nous avons proposé, par exemple, un règlement qui permette de légiférer sur les investissements et de nous assurer que certains investissements stratégiques sont effectivement protégés. De nous assurer qu'on ne peut pas prendre le contrôle de secteurs qui seraient appréciés par nous comme étant décisifs pour notre économie, pour notre sécurité. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"Vérifier à 16:24
Question 559Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"
Donc des protections sans le protectionnisme ?
Réponse directe
Des défenses, des protections, oui. Moi je suis pour qu'on se protège sans pour autant tomber dans le protectionnisme qui le replie sur soi et qui est le retour du nationalisme. Le nationalisme, vous savez, c'est la guerre commerciale, mais c'est au final toujours la guerre. Jean-Louis, bonjour.
« Des défenses, des protections, oui. Moi je suis pour qu'on se protège sans pour autant tomber dans le protectionnisme qui le replie sur soi et qui est le retour du nationalisme. Le nationalisme, vous savez, c'est la guerre commerciale, mais c'est au final toujours la guerre. Jean-Louis, bonjour. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Pierre Moscovici : "Le protectionnisme n'est pas la réponse"Vérifier à 17:02
Question 560Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"
Alors justement, ce que l'Europe ne fait pas, si on reste encore un instant sur la question des élections italiennes, une des motivations du vote pour les partis, disons, anti-européens, c'était la question migratoire, avec ce sentiment manifestement assez largement partagé par les citoyens italiens de dire, on nous a abandonnés, l'Europe nous a abandonnés sur cette question. Est-ce que vous partagez ce constat ?
Réponse directe
Dans le cas italien, vous avez les deux motifs d'insatisfaction par l'Europe qui se sont cumulés. Et d'ailleurs avec des traductions électorales très opposées, antagoniques. Vous avez au Sud, le mouvement 5 étoiles, qui n'est pas un mouvement d'extrême droite, qui est un mouvement, disons pour le coup, post-démocratique ou d'une nouvelle forme de démocratie, qui lui a surfé sur le mécontentement économique. Le Sud de l'Europe s'est senti délaissé, le Sud de l'Italie en particulier, et les inégalités se sont creusées en Italie. Donc là vous avez une motivation économique, ce sont les dégâts de la crise. Et ces dégâts de la crise économique, qui frappent le continent depuis 10 ans, ils ont un…
« Dans le cas italien, vous avez les deux motifs d'insatisfaction par l'Europe qui se sont cumulés. Et d'ailleurs avec des traductions électorales très opposées, antagoniques. Vous avez au Sud, le mouvement 5 étoiles, qui n'est pas un mouvement d'extrême droite, qui est un mouvement, disons pour le coup, post-démocratique ou d'une nouvelle forme de démocratie, qui lui a surfé sur le mécontentement économique. Le Sud de l'Europe s'est senti délaissé, le Sud de l'Italie en particulier, et les inégalités se sont creusées en Italie. Donc là vous avez une motivation économique, ce sont les dégâts de la crise. Et ces dégâts de la crise économique, qui frappent le continent depuis 10 ans, ils ont une autre traduction au Nord, c'est la Lega Nord, au départ, devenue la Lega, qui est un parti pour le coup d'extrême droite, qui est un peu le correspondant du Front National, qui lui, surfe sur un mécontentement identitaire avec la crise migratoire. Et on voit bien, quand je dis ce que l'Europe ne fait pas suffisamment, sur les migrations, nous n'avons pas trouvé de réponse commune. Nous avons une frontière commune, depuis les accords de Schengen. Nous devons avoir une solidarité. Et nos amis italiens se sont sentis abandonnés, ou en tout cas insuffisamment soutenus, par leurs partenaires. Donc c'est un sentiment qui peut être justifié ? Ce que je veux dire par là, il est justifié, mais la réponse n'est pas la fermeture de la frontière. La réponse, elle est au contraire, d'avoir une frontière commune, que nous défendons en commun, et de partager le fardeau de ceux qui arrivent sur notre continent. Et c'est normal, nous sommes des terres d'asile. Mon père était né en Roumanie, il est venu en France comme réfugié. L'Europe n'a pas vocation, comme disait Michel Rocard, à accueillir toute la misère du monde, mais il disait aussi, elle doit en prendre sa juste part. Et quand des peuples sont opprimés, quand des hommes et des femmes voient leur existence menacée, ils doivent pouvoir trouver sur notre continent un accueil. Mais nous devons partager le fardeau. Les Italiens ont eu l'impression qu'ils ont été délaissés, laissés seuls, en quelque sorte, face à cette crise migratoire. Nous avons besoin d'une réponse européenne commune. »
France Culture — Sens politique · Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"Vérifier à 8:05
Question 561Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"
Sachant que vous y êtes pour quelque temps encore, puisque vous avez un mandat qui... Jusqu'en novembre 2019. Voilà, jusqu'en novembre 2019. Alors, je voudrais citer, pour aller sur la question de l'actualité, un extrait de votre livre. Vous dites à un moment donné, l'Europe et le sentiment européen restent fragiles. Donc ça, c'est le constat. Mais je suis plus convaincu que jamais que l'Europe n'est pas un problème, qu'elle est une partie de la solution. Avec les déboires des populistes, avec la reprise économique, un vent d'optimisme raisonnable souffle sur le continent. Ça, c'est au moment où vous l'écrivez. Il n'y a pas encore eu les législatives italiennes. Est-ce que le résultat des élections en Italie n'a pas considérablement, disons, atténué ce vent d'optimisme ?
Réponse directe
Il y a des mouvements qui vont dans un sens et dans l'autre sens. Ce livre a été écrit après la présidentielle française. Et après la présidentielle française, il y a eu ce vent d'optimisme, parce que les Français ont fait un choix, quelle que soit l'opinion politique qu'ils ont par rapport au parti d'Emmanuel Macron. Ils ont fait le choix très massivement d'un jeune président pro-européen qui n'a pas hésité à utiliser l'Europe dans sa campagne comme un élément positif, attractif et pas comme un repoussoir. Et là, le populisme a pris un sérieux coup. La bataille de France, la grande bataille des populistes, a été perdue par Marine Le Pen. Ça, c'est le choix des électeurs français, pas le ch…
« Il y a des mouvements qui vont dans un sens et dans l'autre sens. Ce livre a été écrit après la présidentielle française. Et après la présidentielle française, il y a eu ce vent d'optimisme, parce que les Français ont fait un choix, quelle que soit l'opinion politique qu'ils ont par rapport au parti d'Emmanuel Macron. Ils ont fait le choix très massivement d'un jeune président pro-européen qui n'a pas hésité à utiliser l'Europe dans sa campagne comme un élément positif, attractif et pas comme un repoussoir. Et là, le populisme a pris un sérieux coup. La bataille de France, la grande bataille des populistes, a été perdue par Marine Le Pen. Ça, c'est le choix des électeurs français, pas le choix des électeurs italiens. Mais c'est vrai que les populismes sont présents partout. Alors, ils sont présents à l'est de l'Europe, en Pologne, en Hongrie, avec vraiment des démocraties, comme on dit, illibérales. Ils sont présents au centre de l'Europe, regardez en Autriche, où il y a une alliance que je trouve fâcheuse entre un parti de droite et un parti d'extrême droite qui a été fondé sur une logique post-nazi, même s'il essaye d'expurger cette contre-culture. Vous avez des populismes en Allemagne. Pour la première fois depuis 1949, un parti d'extrême droite est rentré au Bundestag. Vous avez des populismes en France. Tout de même, Marine Le Pen a été battue, mais elle a fait 33%. Et vous avez ces élections italiennes qui, d'une certaine façon, ne sont pas si différentes qu'on le croit des élections françaises. C'est le mode de scrutin qui fait la différence. Mais au premier tour de l'élection présidentielle en France, vous avez aussi 50% de populistes anti-européens, 20% d'euros modérés et tout juste 30% d'euros enthousiastes. Donc, il y a bien cette réticence par rapport à l'Europe et, en même temps, un attachement profond qui fait que nos concitoyens la critiquent, mais ne veulent pas la quitter. »
France Culture — Sens politique · Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"Vérifier à 3:56
Question 562Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"
Alors certes, ces moments sont déjà loin et l'Europe semblait en mesure de repartir du bon pied à la faveur de perspectives économiques encourageantes. Mais les législatives italiennes ont fait l'effet d'une douche froide, ce sont les partis hostiles à l'Union européenne qui ont triomphé. C'est donc d'Europe dont nous allons parler aujourd'hui avec vous, Pierre Moscovici, depuis le salon Livre Paris. Alors on va évoquer au cours de cette émission les raisons de cette défiance à l'égard de l'Europe. Vous en profiterez pour nous expliquer comment ça fonctionne, notamment au sein de la Commission, puis peut-être comment on peut améliorer les choses d'un point de vue de la démocratie. Mais je voudrais d'abord savoir par rapport aux différents postes que vous avez occupés, député européen, ministre des Affaires européennes, ministre de l'Économie et des Finances, commissaire européen, lequel de ces postes faut-il occuper quand on veut être le plus utile à l'Europe ?
Réponse directe
Je pense que c'est celui que j'occupe aujourd'hui, commissaire européen, parce que la Commission européenne n'est pas le gouvernement de l'Europe, mais c'est la fabrique de la proposition européenne. Il n'y a pas de proposition législative européenne qui ne sorte pas de la Commission. Elle a ce qu'on appelle le monopole d'initiative, et donc elle est au cœur de tout. Elle est l'institution qui propose et l'institution qui administre. Elle n'est pas l'institution qui décide. Ceux qui décident, ce sont toujours les ministres, ce sont toujours les États. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je crois qu'il ne faut pas opposer l'Europe et les nations. Nous sommes dans un système institutionn…
« Je pense que c'est celui que j'occupe aujourd'hui, commissaire européen, parce que la Commission européenne n'est pas le gouvernement de l'Europe, mais c'est la fabrique de la proposition européenne. Il n'y a pas de proposition législative européenne qui ne sorte pas de la Commission. Elle a ce qu'on appelle le monopole d'initiative, et donc elle est au cœur de tout. Elle est l'institution qui propose et l'institution qui administre. Elle n'est pas l'institution qui décide. Ceux qui décident, ce sont toujours les ministres, ce sont toujours les États. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je crois qu'il ne faut pas opposer l'Europe et les nations. Nous sommes dans un système institutionnel original qui combine des éléments de supranationalité, c'est-à-dire des institutions qui sont au-dessus des nations. La Commission en est une, mais avec toujours un contrôle des États-nations. C'est ce qu'on appelle la logique intergouvernementale. Et les deux se superposent et se croisent. Mais c'est vrai que je crois, comme Européen, ce que je fais aujourd'hui est ce que j'ai fait de plus passionnant, ayant fait le tiercé dans le désordre, puisque j'ai effectivement appartenu aux trois institutions, que sont le Parlement, le Conseil et la Commission. »
France Culture — Sens politique · Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"Vérifier à 2:13
Question 563Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"
Parce qu'au-delà du diagnostic, il faut aussi essayer de comprendre les raisons de ce vote pour sans doute essayer aussi de les corriger, si tant est qu'il faille les corriger. Et en quoi la Commission européenne à laquelle vous appartenez peut répondre justement à ce sentiment d'abandon ?
Réponse directe
Dans le cas italien, vous avez les deux motifs d'insatisfaction par l'Europe qui se sont cumulés. Et d'ailleurs avec des traductions électorales très opposées, antagoniques. Vous avez au Sud, le mouvement 5 étoiles, qui n'est pas un mouvement d'extrême droite, qui est un mouvement, disons pour le coup, post-démocratique ou d'une nouvelle forme de démocratie, qui lui a surfé sur le mécontentement économique. Le Sud de l'Europe s'est senti délaissé, le Sud de l'Italie en particulier, et les inégalités se sont creusées en Italie. Donc là vous avez une motivation économique, ce sont les dégâts de la crise. Et ces dégâts de la crise économique, qui frappent le continent depuis 10 ans, ils ont un…
« Dans le cas italien, vous avez les deux motifs d'insatisfaction par l'Europe qui se sont cumulés. Et d'ailleurs avec des traductions électorales très opposées, antagoniques. Vous avez au Sud, le mouvement 5 étoiles, qui n'est pas un mouvement d'extrême droite, qui est un mouvement, disons pour le coup, post-démocratique ou d'une nouvelle forme de démocratie, qui lui a surfé sur le mécontentement économique. Le Sud de l'Europe s'est senti délaissé, le Sud de l'Italie en particulier, et les inégalités se sont creusées en Italie. Donc là vous avez une motivation économique, ce sont les dégâts de la crise. Et ces dégâts de la crise économique, qui frappent le continent depuis 10 ans, ils ont une autre traduction au Nord, c'est la Lega Nord, au départ, devenue la Lega, qui est un parti pour le coup d'extrême droite, qui est un peu le correspondant du Front National, qui lui, surfe sur un mécontentement identitaire avec la crise migratoire. Et on voit bien, quand je dis ce que l'Europe ne fait pas suffisamment, sur les migrations, nous n'avons pas trouvé de réponse commune. Nous avons une frontière commune, depuis les accords de Schengen. Nous devons avoir une solidarité. Et nos amis italiens se sont sentis abandonnés, ou en tout cas insuffisamment soutenus, par leurs partenaires. Donc c'est un sentiment qui peut être justifié ? Ce que je veux dire par là, il est justifié, mais la réponse n'est pas la fermeture de la frontière. La réponse, elle est au contraire, d'avoir une frontière commune, que nous défendons en commun, et de partager le fardeau de ceux qui arrivent sur notre continent. Et c'est normal, nous sommes des terres d'asile. Mon père était né en Roumanie, il est venu en France comme réfugié. L'Europe n'a pas vocation, comme disait Michel Rocard, à accueillir toute la misère du monde, mais il disait aussi, elle doit en prendre sa juste part. Et quand des peuples sont opprimés, quand des hommes et des femmes voient leur existence menacée, ils doivent pouvoir trouver sur notre continent un accueil. Mais nous devons partager le fardeau. Les Italiens ont eu l'impression qu'ils ont été délaissés, laissés seuls, en quelque sorte, face à cette crise migratoire. Nous avons besoin d'une réponse européenne commune. »
France Culture — Sens politique · Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"Vérifier à 8:05
Question 564Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"
Il y a peut-être des choses, des transferts de souveraineté qu'il faut revoir. Est-ce qu'il faut repenser l'Europe de fond en comble ?
Réponse partielle
Il y a un paradoxe chez les anti-européens fanatiques dont fait partie Coralie Delôme. Oh, fanatique, vous êtes un peu clair. Je pense qu'il y a chez ces gens-là une espèce d'optimation à détruire une entité qu'ils ont toujours détestée. C'est d'ailleurs là le paradoxe. Parce qu'il y a eu une bonne occasion, somme toute, de faire un saut démocratique, c'était la Constitution européenne de 2005. Et là, tout à coup, il y a eu une espèce de concentration de force pour refuser précisément de créer une démocratie, de créer une entité qui soit non pas un ensemble de règles mais un ensemble qui ait une visée historique plus importante. Ça faisait beaucoup Je ne parle pas des électeurs là, je parle…
« Je ne parle pas des électeurs là, je parle d'un certain nombre de gens qui font profession comme ça de la mort de l'Europe pour l'avoir souhaitée et pour avoir milité avec ardeur pour qu'elle advienne. Eh bien, ils sont déçus parce qu'en réalité l'Europe n'est pas morte. Et là, je vois surtout dans ce charabia, pardonnez-moi, ça me met un peu en colère, une absence totale de conscience historique. Ces gens ont oublié pourquoi nous avons fait l'Europe. Nous avons fait l'Europe pour la paix. Eh bien, c'est peut-être l'occasion de le rappeler justement régulièrement, non ? Nous avons fait l'Europe pour éviter que les guerres reviennent sur le continent. Nous avons fait l'Europe pour réconcilier les Français et les Allemands. Puis nous avons fait l'Europe pour permettre aux pays de l'Est de l'Europe qui avaient été vraiment brutalisés par le totalisme soviétique, de rejoindre une entité démocratique. L'Europe, au contraire, c'est un continent qui se porte mieux que les autres économiquement et c'est aussi un continent qui porte des valeurs dans le monde. C'est le contraire de l'Amérique de Trump. Donc, moi, j'aimerais que ces gens qui sont intelligents, au lieu de consacrer leur énergie à détruire ce qu'ils détestent, essayent de construire une Europe vraiment politique. Là, on pourra avoir un dialogue. »
France Culture — Sens politique · Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"Vérifier à 27:58
Question 565Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"
Est-ce que vous considérez que c'est là aussi un reproche qui est justifié ou bien est-ce qu'il n'y a pas aussi un manque de connaissance peut-être aussi du fonctionnement de l'Europe ?
Réponse à côté
D'abord, je voudrais revenir sur la Grèce parce qu'il se trouve que je suis le négociateur de la Commission Européenne sur le dossier grec et heureusement, nous ne sommes pas à l'été 2018 dans la même situation, c'est bientôt le printemps, que nous étions en février 2012. Moi, j'ai vécu deux moments où on a failli avoir la Grèce qui sortait de la zone euro. C'était l'été 2012, j'étais ministre des Finances et c'était l'été 2015, j'étais déjà commissaire européen. Et les deux fois, et la Commission Européenne et la France se sont trouvés du bon côté de l'histoire, c'est-à-dire aux côtés des Grecs. Et on a mis en place des programmes qui sont certes des programmes qui exigent des réformes, ma…
« D'abord, je voudrais revenir sur la Grèce parce qu'il se trouve que je suis le négociateur de la Commission Européenne sur le dossier grec et heureusement, nous ne sommes pas à l'été 2018 dans la même situation, c'est bientôt le printemps, que nous étions en février 2012. Moi, j'ai vécu deux moments où on a failli avoir la Grèce qui sortait de la zone euro. C'était l'été 2012, j'étais ministre des Finances et c'était l'été 2015, j'étais déjà commissaire européen. Et les deux fois, et la Commission Européenne et la France se sont trouvés du bon côté de l'histoire, c'est-à-dire aux côtés des Grecs. Et on a mis en place des programmes qui sont certes des programmes qui exigent des réformes, mais il faut des réformes en Grèce. La Grèce avait une économie qui ne pouvait pas soutenir le choc de la compétition mondiale ni le choc de l'entrée dans la zone euro. Sauf qu'il y a une façon d'imposer ces programmes. J'allais y venir, mais là, nous sommes dans une phase qui est toute différente où la Grèce va sortir de son programme à l'été 2018. Je m'en réjouis. J'ai consacré peut-être 10 à 15% de mon temps depuis les 5 dernières années et je peux vous assurer que quand je vais à Athènes sur la place Sinitagma, il n'y a pas des voitures en flamme. Vous dites que les gens vous demandent des selfies. Les gens me demandent des selfies. C'est authentique. Je pense être... C'est vrai qu'on a un peu »
France Culture — Sens politique · Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"Vérifier à 14:16Voir 1 autre passage
« mais vous le savez qu'on aura du mal à y croire. Je peux vous assurer, c'est comme ça, je ne dirai pas ça pour la France. Je ne pense pas être une des personnalités les plus populaires en France. Je suis lucide. En Grèce, oui, parce que les gens savent que les Européens ont été aux côtés des Grecs. Ils savent notamment que la Commission européenne a été du beau côté de l'histoire. Venez avec moi, vous verrez. Pour revenir sur le scandale démocratique que j'ai évoqué moi-même, le problème, c'est qu'en effet, ces décisions ont été prises sans que les citoyens aient eu un contrôle suffisant. Moi, j'appartiens à ce qu'on appelle l'Eurogroupe, la réunion des ministres de l'économie et des finances. On décide et on prend des décisions extrêmement lourdes, engageantes pour la Grèce, hors d'un contrôle médiatique, hors d'un contrôle parlementaire, hors d'un contrôle citoyen. Ça n'est plus possible et c'est la raison pour laquelle je plaide pour une réforme démocratique de la zone euro qui crée un ministre des Finances de la zone euro, un visage auquel on peut s'adresser, unique, qu'il soit le commissaire, ce que je suis aujourd'hui, et le président de ce groupe qui s'appelle l'Eurogroupe. Et vous plaidez aussi pour un Parlement de la zone euro. avec un contrôle du Parlement européen parce qu'il faut pouvoir rendre des comptes. Et vous savez, mon expérience, c'est que quand on a un contrôle démocratique, les décisions ne sont pas les mêmes que quand elles sont prises »
France Culture — Sens politique · Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"Vérifier à 15:29
Question 566Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"
Bonjour Pierre Moscovici, vous êtes commissaire européen aux affaires économiques et financières à la fiscalité et à l'union douanière. Vous avez été ministre de l'économie et des finances, c'était sous le quinquennat de François Hollande, ministre des affaires européennes, Jacques Chirac était président, Lionel Jospin, Premier ministre, député au Parlement européen et vous publiez Dans ce clair obscur surgissent les monstres chez Plon, un titre emprunté à Antonio Gramsci, livre dans lequel vous racontez notamment votre passage à Bercy et à Bruxelles. Alors votre CV en témoigne, l'Europe est le fil conducteur de votre carrière politique, vous avez fréquenté, vous fréquentez encore les grands lieux du pouvoir européen, le Parlement, le Conseil des ministres de l'Union et aujourd'hui donc la Commission, c'est-à-dire si vous avez une vraie expertise sur la façon dont l'Europe fonctionne puisque vous en êtes un des acteurs. Et à ce titre, il ne vous aura pas échappé que le projet européen semble susciter désormais autant de rejet que d'adhésion. Est-il besoin de rappeler le résultat des référendums de 2005 sur la Constitution, celui sur le Brexit il y a deux ans ?
Réponse à côté
Je pense que c'est celui que j'occupe aujourd'hui, commissaire européen, parce que la Commission européenne n'est pas le gouvernement de l'Europe, mais c'est la fabrique de la proposition européenne. Il n'y a pas de proposition législative européenne qui ne sorte pas de la Commission. Elle a ce qu'on appelle le monopole d'initiative, et donc elle est au cœur de tout. Elle est l'institution qui propose et l'institution qui administre. Elle n'est pas l'institution qui décide. Ceux qui décident, ce sont toujours les ministres, ce sont toujours les États. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je crois qu'il ne faut pas opposer l'Europe et les nations. Nous sommes dans un système institutionn…
« Je pense que c'est celui que j'occupe aujourd'hui, commissaire européen, parce que la Commission européenne n'est pas le gouvernement de l'Europe, mais c'est la fabrique de la proposition européenne. Il n'y a pas de proposition législative européenne qui ne sorte pas de la Commission. Elle a ce qu'on appelle le monopole d'initiative, et donc elle est au cœur de tout. Elle est l'institution qui propose et l'institution qui administre. Elle n'est pas l'institution qui décide. Ceux qui décident, ce sont toujours les ministres, ce sont toujours les États. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je crois qu'il ne faut pas opposer l'Europe et les nations. Nous sommes dans un système institutionnel original qui combine des éléments de supranationalité, c'est-à-dire des institutions qui sont au-dessus des nations. La Commission en est une, mais avec toujours un contrôle des États-nations. C'est ce qu'on appelle la logique intergouvernementale. Et les deux se superposent et se croisent. Mais c'est vrai que je crois, comme Européen, ce que je fais aujourd'hui est ce que j'ai fait de plus passionnant, ayant fait le tiercé dans le désordre, puisque j'ai effectivement appartenu aux trois institutions, que sont le Parlement, le Conseil et la Commission. »
France Culture — Sens politique · Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"Vérifier à 2:13
Question 567Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"
Alors cette question du débat démocratique, elle est évidemment importante, elle est au cœur des réflexions sur l'avenir de l'Europe. Moi, ce qui m'intéresse aussi, c'est puisque vous êtes commissaire européen, Pierre Moscovici, que vous appartenez à la commission présidée par Jean-Claude Juncker, c'est savoir comment ça fonctionne aussi, parce que c'est quelque chose qu'on sait très mal, la prise de décision au sein de cette commission. Vous en parlez justement dans votre livre dans ce clair-obscur « Surgissent les monstres », vous dites que c'est très différent finalement de la façon dont ça se passe dans un conseil des ministres français où en gros, si j'ai bien compris, c'est le chef de l'État qui décide et puis derrière, les ministres n'ont plus qu'à approuver. Là, c'est un peu plus collégial, peut-être aussi parce qu'il n'y a pas la même légitimité non plus d'ailleurs du président de la commission européenne.
Réponse directe
Non, c'est parce que le président de la commission européenne, le système est comme toujours présidentiel, mais il est au-dessus des autres, mais il n'a pas une légitimité différente au fond. Il n'est pas élu au suffrage universel direct. Ce n'est pas ça que je veux dire. Il est élu, d'abord, il est élu par le Parlement européen, lequel Parlement européen investit la commission européenne. Vous savez, tous les présidents ne sont pas élus au suffrage universel direct. Ça, c'est un modèle très français auquel nous sommes attachés, on peut le discuter, mais il y a d'autres pays qui ne vivent pas du tout comme ça, qui vivent avec des systèmes parlementaires. Là, nous sommes dans un système parl…
« Non, c'est parce que le président de la commission européenne, le système est comme toujours présidentiel, mais il est au-dessus des autres, mais il n'a pas une légitimité différente au fond. Il n'est pas élu au suffrage universel direct. Ce n'est pas ça que je veux dire. Il est élu, d'abord, il est élu par le Parlement européen, lequel Parlement européen investit la commission européenne. Vous savez, tous les présidents ne sont pas élus au suffrage universel direct. Ça, c'est un modèle très français auquel nous sommes attachés, on peut le discuter, mais il y a d'autres pays qui ne vivent pas du tout comme ça, qui vivent avec des systèmes parlementaires. Là, nous sommes dans un système parlementaire, le système parlementaire européen. Mais surtout, le président préside, mais chaque commissaire est peut-être davantage responsable dans son domaine que ne l'est un ministre sous la Ve République. Et je trouve que c'est plutôt une bonne chose. C'est-à-dire en termes d'autonomie ? Il a plus d'autonomie, il a plus de capacité de proposition, il n'a pas le même pilotage minutieux sur chacune de ses actions, il n'a pas à craindre pour sa place, et donc il ne se sent pas vulnérable de ce point de vue-là. Nous sommes là pour 5 ans, avec une indépendance, et donc le mode de décision est différent. Notre conseil des ministres se tient aussi le mercredi matin, mais il s'appelle le collège. Et ce joli nom veut dire que nous décidons en général par consensus, avec une caractéristique, c'est que c'est un gouvernement de coalition. Il y a 14 conservateurs qui viennent d'un parti qu'on appelle le PPE, dont le président, qui est un PPE modéré, disons centriste, mais d'autres sont beaucoup plus à droite. Il y a les socialistes, nous sommes 8, parce que je suis socialiste. Certains sont plus modérés, d'autres sont plus à gauche. Les socialistes français sont traditionnellement un peu plus à gauche que les autres. Et puis il y a 6 centristes, libéraux, et enfin un conservateur britannique. Et imaginez-vous qu'avec ces grandes différences politiques, on se met toujours d'accord. Et moi, comme social-démocrate, ce que j'ai fait depuis 3 ans, je me sens à l'aise avec. J'ai lutté contre la fraude et l'évasion fiscale, je me suis battu pour que la Grèce reste dans la zone euro, et j'ai fait effort pour que nos politiques de surveillance budgétaire soient moins austéritaires. Mais ça, je l'ai décidé avec mes collègues. Ils l'ont accepté. Dans d'autres domaines, j'ai dû moi aussi accepter des choses que spontanément, je n'aurais pas proposées. »
France Culture — Sens politique · Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"Vérifier à 19:09
Question 568Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"
On peut être aussi populiste et être pro-européen, non ?
Réponse directe
Oui, c'est vrai. Mais il y a des populistes pro-européens. Certains, comme Marcel Gauchet ou Gilles Fingleschen, on analyse, d'ailleurs, le mouvement français comme étant ce qu'ils appellent un populisme de velours. Et c'est vrai que vous voyez dans le rapport d'Emmanuel Macron à la démocratie une volonté, non pas de court-circuité, mais de ne pas privilégier tout de même les corps intermédiaires ou les contre-pouvoirs. Mais ce populisme-là est un populisme, d'abord, qui s'inscrit dans le cadre démocratique. Il n'est pas illibéral. Et ensuite, c'est un populisme qui est ouvert. C'est l'économie ouverte, c'est la société ouverte. Et le populisme, celui que je critique, c'est un populisme nat…
« Oui, c'est vrai. Mais il y a des populistes pro-européens. Certains, comme Marcel Gauchet ou Gilles Fingleschen, on analyse, d'ailleurs, le mouvement français comme étant ce qu'ils appellent un populisme de velours. Et c'est vrai que vous voyez dans le rapport d'Emmanuel Macron à la démocratie une volonté, non pas de court-circuité, mais de ne pas privilégier tout de même les corps intermédiaires ou les contre-pouvoirs. Mais ce populisme-là est un populisme, d'abord, qui s'inscrit dans le cadre démocratique. Il n'est pas illibéral. Et ensuite, c'est un populisme qui est ouvert. C'est l'économie ouverte, c'est la société ouverte. Et le populisme, celui que je critique, c'est un populisme nationaliste. Je me souviens, jeune parlementaire européen, d'avoir vu les adieux de François Mitterrand au Parlement européen. Il était presque mourant en 1995. Et il a eu cette phrase qui avait fait se soulever tout le Parlement. Il avait dit « Le nationalisme, c'est la guerre ». Et il avait vécu la guerre. Et n'oublions pas, en effet, que nous vivons aujourd'hui une situation qui, à certains égards, rappelle quand même les années 30. Cette montée des nationalistes, cette montée des populistes, le retour de ces nouveaux monstres dont je parle. Qu'est-ce que c'est ? C'est le racisme, c'est l'antisémitisme, c'est le fanatisme, c'est l'intolérance, c'est la critique de la démocratie, c'est la tentation autoritaire. Tout ça, nous le vivons. Et il faut le combattre. Et donc la question pour l'Europe, et je maintiens quand même ce que j'ai dit, elle est une solution et pas un problème, c'est qu'est-ce qu'on critique ? À mon avis, on critique davantage ce que l'Europe ne fait pas que ce que l'Europe fait. Et donc ça veut dire qu'elle doit faire plus sur certains sujets et mieux sur tous les sujets. »
France Culture — Sens politique · Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"Vérifier à 5:54
Question 569Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"
Alors cette réponse européenne commune, on peut la trouver, en tout cas, sur le site de la Commission européenne, sur laquelle on lit ceci, puisqu'il y a les grands dossiers qui sont évoqués. On peut lire ceci, il est manifeste qu'aucun pays de l'Union européenne ne peut et ne devrait rester seul face à des normes de pression migratoire. Donc on voit que c'est peut-être un peu plus compliqué que le simple fait de l'écrire. Et il y a notamment un projet qui est celui d'harmoniser le droit d'asile européen. Ça, c'est un projet qui est porté par la Commission et par le commissaire chargé des questions migratoires. Pourquoi c'est si compliqué de faire avancer un tel dossier ?
Réponse directe
En fait, il y a deux grands dossiers que la Commission porte sur les migrations. Il y a d'abord un dossier qu'on appelle celui de la relocalisation ou disons du partage du fardeau, c'est-à-dire faire en sorte que chaque État membre prenne sa part. Regardez l'Allemagne qui était, à un moment donné, il y a eu plus d'un million de réfugiés et de migrants qui sont arrivés vers l'Allemagne. La question a été posée de savoir si ça devait, au fond, être partagé entre tous. Et certains pays, la Pologne, la Hongrie, ont refusé, au nom, au fond, d'une conception très identitaire et presque ethniciste de l'Europe, disant, bon, au fond, ce sont souvent des musulmans, nous n'en voulons pas sur notre sol…
« En fait, il y a deux grands dossiers que la Commission porte sur les migrations. Il y a d'abord un dossier qu'on appelle celui de la relocalisation ou disons du partage du fardeau, c'est-à-dire faire en sorte que chaque État membre prenne sa part. Regardez l'Allemagne qui était, à un moment donné, il y a eu plus d'un million de réfugiés et de migrants qui sont arrivés vers l'Allemagne. La question a été posée de savoir si ça devait, au fond, être partagé entre tous. Et certains pays, la Pologne, la Hongrie, ont refusé, au nom, au fond, d'une conception très identitaire et presque ethniciste de l'Europe, disant, bon, au fond, ce sont souvent des musulmans, nous n'en voulons pas sur notre sol. Je continue de penser que le fardeau doit être partagé. Et puis, il y a la définition d'un droit commun de l'asile, mais comme je le disais tout à l'heure, il faut le comprendre, la Commission propose, nous nous sommes pour l'harmonisation, harmonisation du droit d'asile, harmonisation fiscale, et je pense qu'elle est indispensable, harmonisation sociale. Nous avons besoin d'avoir une Europe sociale qui corresponde à des droits qui soient partagés, là encore. Et sur ces sujets-là, on se heurte à la logique des États, à l'égoïsme des États, qui disent, au fond, moi, je défends mon précaré, mais je ne partage pas avec les autres. Le problème, c'est qu'à défendre son précaré, on se trouve un peu assaillis partout, et ça n'est pas une réponse. Imaginons, par exemple, qu'on rétablisse les frontières intérieures, il faudrait trois fois plus de douaniers qu'il y a aujourd'hui. Ça coûterait trois fois plus cher que ça coûte aujourd'hui. Non, l'idée, c'est bien d'avoir une frontière commune, extérieure, défendue en commun. »
France Culture — Sens politique · Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"Vérifier à 10:49
Question 570Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"
Cette pluralité politique, vous la décrivez un petit peu différemment dans votre livre Pierre Moscovici. Vous parlez des faucons, vous parlez des colombes et vous parlez d'un marais. Alors, les socialistes, du coup, famille à laquelle vous appartenez, ils sont quoi ?
Réponse directe
J'en parle comme ça en disant qu'en même temps, ce sont des positions initiales. Il y a des faucons. Il y a des gens qui pensent qu'on aurait dû être beaucoup plus durs avec la Grèce, qu'on l'a été trop laxiste, qu'ils voulaient les faire sortir. Vous êtes quoi, une colombe ? Il y a des colombes, dont je suis, qui pensent que la Grèce est un pays qui avait sa place dans la zone euro et dont on devait respecter l'identité nationale, et le modèle social, même s'il fallait changer ce modèle social. Et il y a un marais de gens qui sont plutôt, au départ, conservateurs, mais qui comprennent, notamment les pays du Sud, qu'on ne peut pas imposer le même modèle à tous et qu'il n'y a pas le modèle a…
« J'en parle comme ça en disant qu'en même temps, ce sont des positions initiales. Il y a des faucons. Il y a des gens qui pensent qu'on aurait dû être beaucoup plus durs avec la Grèce, qu'on l'a été trop laxiste, qu'ils voulaient les faire sortir. Vous êtes quoi, une colombe ? Il y a des colombes, dont je suis, qui pensent que la Grèce est un pays qui avait sa place dans la zone euro et dont on devait respecter l'identité nationale, et le modèle social, même s'il fallait changer ce modèle social. Et il y a un marais de gens qui sont plutôt, au départ, conservateurs, mais qui comprennent, notamment les pays du Sud, qu'on ne peut pas imposer le même modèle à tous et qu'il n'y a pas le modèle allemand pour tout le monde. Mais au final, que se passe-t-il ? Je suis le commissaire en charge, je fais les propositions, et en général, on finit par être d'accord. C'est-à-dire que les faucons ne sont pas des faucons si planants, les colombes ne sont pas des gens qui sont laxistes, et le marais est sage. Et donc, j'ai toujours été suivi sur la Grèce, parce que notre proposition était finalement une proposition »
France Culture — Sens politique · Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"Vérifier à 21:31
Question 571Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"
à huis clos. C'est-à-dire, Pierre Moscovici, imaginons que ce ministre des Finances de la zone euro et ce Parlement de la zone euro ait existé au moment de la crise grecque. Qu'est-ce que ça aurait changé en termes de décisions sur le fond ?
Réponse directe
Et sur le fond... Je pense que la logique essentielle était quand même que la Grèce devait réformer son économie. Vous aviez, pour le coup, un État qui n'existait pas avec une corruption endémique, avec des finances publiques fictives et avec une dette publique énorme. Et ça, il fallait absolument le réformer avec des systèmes de retraite qui coûtaient deux fois plus cher qu'ailleurs. Alors ça, c'est ce qui n'aurait pas changé. Ça, je pense que ça n'aurait pas changé. Ce qui aurait changé, c'est qu'il y aurait eu un débat démocratique. Tenez, au lieu de prendre les décisions dans l'Eurogroupe et d'aller juste faire une petite conférence de presse après, je serais allé chaque fois devant le…
« Et sur le fond... Je pense que la logique essentielle était quand même que la Grèce devait réformer son économie. Vous aviez, pour le coup, un État qui n'existait pas avec une corruption endémique, avec des finances publiques fictives et avec une dette publique énorme. Et ça, il fallait absolument le réformer avec des systèmes de retraite qui coûtaient deux fois plus cher qu'ailleurs. Alors ça, c'est ce qui n'aurait pas changé. Ça, je pense que ça n'aurait pas changé. Ce qui aurait changé, c'est qu'il y aurait eu un débat démocratique. Tenez, au lieu de prendre les décisions dans l'Eurogroupe et d'aller juste faire une petite conférence de presse après, je serais allé chaque fois devant le Parlement européen, devant des journalistes, avec le contrôle de l'opinion et il y aurait eu un débat démocratique et je pense qu'on aurait ajusté. On aurait ajusté sur des mesures sociales, on aurait tempéré telles mesures économiques, on aurait fait un rythme différent, on aurait davantage tenu compte de ce que pensaient les Grecs eux-mêmes. Ça marche beaucoup mieux depuis l'été 2015, mais c'est vrai que pendant des années, ça a été dur, trop dur et je pense que la démocratie aurait permis de mener les réformes nécessaires avec peut-être un rythme différent et surtout avec des procédures de dialogue avec les Grecs qui auraient été plus poussées et je crois que ça aurait rendu les choses mieux comprises, plus tolérables. Mais les Grecs ont été remarquables parce que malgré tout ça, ils ont toujours affirmé leur foi dans l'Europe, ils ont toujours dit qu'à 75% qu'ils voulaient être pour la zone euro, ça voulait dire aussi qu'ils avaient conscience que les choses étaient à changer dans leur propre pays. »
France Culture — Sens politique · Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"Vérifier à 16:57
Question 572Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"
Est-ce que, dans vos propos, il faut comprendre bien, Pierre Moscovici, qu'à partir du moment où on s'oppose à l'Europe, on s'inscrit forcément dans le populisme ?
Réponse directe
Oui, c'est vrai. Mais il y a des populistes pro-européens. Certains, comme Marcel Gauchet ou Gilles Fingleschen, on analyse, d'ailleurs, le mouvement français comme étant ce qu'ils appellent un populisme de velours. Et c'est vrai que vous voyez dans le rapport d'Emmanuel Macron à la démocratie une volonté, non pas de court-circuité, mais de ne pas privilégier tout de même les corps intermédiaires ou les contre-pouvoirs. Mais ce populisme-là est un populisme, d'abord, qui s'inscrit dans le cadre démocratique. Il n'est pas illibéral. Et ensuite, c'est un populisme qui est ouvert. C'est l'économie ouverte, c'est la société ouverte. Et le populisme, celui que je critique, c'est un populisme nat…
« Oui, c'est vrai. Mais il y a des populistes pro-européens. Certains, comme Marcel Gauchet ou Gilles Fingleschen, on analyse, d'ailleurs, le mouvement français comme étant ce qu'ils appellent un populisme de velours. Et c'est vrai que vous voyez dans le rapport d'Emmanuel Macron à la démocratie une volonté, non pas de court-circuité, mais de ne pas privilégier tout de même les corps intermédiaires ou les contre-pouvoirs. Mais ce populisme-là est un populisme, d'abord, qui s'inscrit dans le cadre démocratique. Il n'est pas illibéral. Et ensuite, c'est un populisme qui est ouvert. C'est l'économie ouverte, c'est la société ouverte. Et le populisme, celui que je critique, c'est un populisme nationaliste. Je me souviens, jeune parlementaire européen, d'avoir vu les adieux de François Mitterrand au Parlement européen. Il était presque mourant en 1995. Et il a eu cette phrase qui avait fait se soulever tout le Parlement. Il avait dit « Le nationalisme, c'est la guerre ». Et il avait vécu la guerre. Et n'oublions pas, en effet, que nous vivons aujourd'hui une situation qui, à certains égards, rappelle quand même les années 30. Cette montée des nationalistes, cette montée des populistes, le retour de ces nouveaux monstres dont je parle. Qu'est-ce que c'est ? C'est le racisme, c'est l'antisémitisme, c'est le fanatisme, c'est l'intolérance, c'est la critique de la démocratie, c'est la tentation autoritaire. Tout ça, nous le vivons. Et il faut le combattre. Et donc la question pour l'Europe, et je maintiens quand même ce que j'ai dit, elle est une solution et pas un problème, c'est qu'est-ce qu'on critique ? À mon avis, on critique davantage ce que l'Europe ne fait pas que ce que l'Europe fait. Et donc ça veut dire qu'elle doit faire plus sur certains sujets et mieux sur tous les sujets. »
France Culture — Sens politique · Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"Vérifier à 5:54
Question 573Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"
Voilà. C'était en 2012, donc février 2012, Pierre Moscovici. Il n'y a pas de démocratie. Il n'y a pas de solidarité. L'absence de démocratie, alors ça ne s'adressait pas d'ailleurs qu'aux institutions de l'Union Européenne, mais notamment à celle-ci. Est-ce que ce n'est pas aussi un des gros points noirs aujourd'hui, cette absence ?
Réponse directe
D'abord, je voudrais revenir sur la Grèce parce qu'il se trouve que je suis le négociateur de la Commission Européenne sur le dossier grec et heureusement, nous ne sommes pas à l'été 2018 dans la même situation, c'est bientôt le printemps, que nous étions en février 2012. Moi, j'ai vécu deux moments où on a failli avoir la Grèce qui sortait de la zone euro. C'était l'été 2012, j'étais ministre des Finances et c'était l'été 2015, j'étais déjà commissaire européen. Et les deux fois, et la Commission Européenne et la France se sont trouvés du bon côté de l'histoire, c'est-à-dire aux côtés des Grecs. Et on a mis en place des programmes qui sont certes des programmes qui exigent des réformes, ma…
« mais vous le savez qu'on aura du mal à y croire. Je peux vous assurer, c'est comme ça, je ne dirai pas ça pour la France. Je ne pense pas être une des personnalités les plus populaires en France. Je suis lucide. En Grèce, oui, parce que les gens savent que les Européens ont été aux côtés des Grecs. Ils savent notamment que la Commission européenne a été du beau côté de l'histoire. Venez avec moi, vous verrez. Pour revenir sur le scandale démocratique que j'ai évoqué moi-même, le problème, c'est qu'en effet, ces décisions ont été prises sans que les citoyens aient eu un contrôle suffisant. Moi, j'appartiens à ce qu'on appelle l'Eurogroupe, la réunion des ministres de l'économie et des finances. On décide et on prend des décisions extrêmement lourdes, engageantes pour la Grèce, hors d'un contrôle médiatique, hors d'un contrôle parlementaire, hors d'un contrôle citoyen. Ça n'est plus possible et c'est la raison pour laquelle je plaide pour une réforme démocratique de la zone euro qui crée un ministre des Finances de la zone euro, un visage auquel on peut s'adresser, unique, qu'il soit le commissaire, ce que je suis aujourd'hui, et le président de ce groupe qui s'appelle l'Eurogroupe. Et vous plaidez aussi pour un Parlement de la zone euro. avec un contrôle du Parlement européen parce qu'il faut pouvoir rendre des comptes. Et vous savez, mon expérience, c'est que quand on a un contrôle démocratique, les décisions ne sont pas les mêmes que quand elles sont prises »
France Culture — Sens politique · Pierre Moscovici : "A certains égards, nous vivons une situation similaire à celle des années 30"Vérifier à 15:29
Question 574Quel avenir pour l'Europe?
Quel avenir pour l'Europe ?
Réponse partielle
acier et de notre aluminium, % sur l'acier, 10% pour l'aluminium. 'abord, le président Trump a dit que les guerres commerciales étaient bonnes et qu'elles étaient faciles à gagner. c'est une double erreur. Comme toutes les guerres, elles ne sont pas bonnes. Et comme toutes les guerres, elles ne font que des perdants. Mais, puisqu'il prend des mesures, l'Union européenne va proposer des contre-mesures. Car on ne peut pas, en effet, traiter un problème global par une attitude unilatérale. Et il faut que nous soyons capables de répondre. Ça ? Non. Je pense simplement qu'il faut que notre réponse soit ferme, qu'elle soit proportionnée, qu'elle soit, 'OMC. Donc, mercredi, nous allons discuter à…
« c'est une double erreur. Comme toutes les guerres, elles ne sont pas bonnes. Et comme toutes les guerres, elles ne font que des perdants. Mais, puisqu'il prend des mesures, l'Union européenne va proposer des contre-mesures. Car on ne peut pas, en effet, traiter un problème global par une attitude unilatérale. Et il faut que nous soyons capables de répondre. »
France Inter — Le grand face-à-face · Quel avenir pour l'Europe?Vérifier à 15:58Voir 2 autres passages
« Et puis, troisièmement, on va bien sûr aller devant l'Organisation mondiale de commerce, qui est l'instance multilatérale, pour faire valoir notre cas, parce que le protectionnisme n'est jamais la réponse. Parce que nous sommes devant un problème qui est un problème global, qui est le problème de la surproduction, des surcapacités en acier et en aluminium. »
France Inter — Le grand face-à-face · Quel avenir pour l'Europe?Vérifier à 17:23
« me faites un mauvais procès. Moi, ce que je dis, c'est que d'abord, nous agissons dans un cadre, quel cadre multilatéral, qui est légitime, quel cadre de l'OMC. Si les étudiants ne le respectent pas, nous, nous le respectons et nous y allons pour plaider notre cause. Deuxièmement, quand nous sommes attaqués, nous rétorquons. Donc, il y aura des contre-mesures. Et troisièmement, on voit là l'utilité de l'Europe. Parce que si nous n'avions pas ce cadre commun, si nous n'avions pas cette approche commerciale commune, alors, nous serions chacun amenés à réagir dans notre coin, nous serions en vérité totalement impuissants. Puisque c'est un problème qui est un problème en réalité mondiale et un problème qu'il faut traiter bloc à bloc. Nous le faisons. Et donc, ce n »
Question 575Quel avenir pour l'Europe?
Est-ce que ce sont des experts pour échapper justement à l'impôt et notamment à l'impôt que pourraient leur réclamer les pays européens ?
Réponse directe
Il y a trois dimensions. La première dimension, c'est la dimension mondiale. C'est ce qu fait dans le cadre de l'OCDE et du G20. arrivent très bien à échapper à 'impôt. Nous allons voir, non, le CDE et G20 travaillent sérieusement, mais nous allons attendre de voir s'ils sont capables de produire enfin une définition commune de ce qu'on appelle la présence digitale. Parce que le gros problème pour taxer le digital, c'est qu'on sait, là on a des entreprises qui sont dématérialisées, on ne sait pas où sont leurs établissements, ne pas toujours où sont leurs employés et on ne sait pas où se crée la valeur. Donc ça, c'est la dimension mondiale. Ensuite, il une dimension européenne et structurel…
« arrivent très bien à échapper à »
France Inter — Le grand face-à-face · Quel avenir pour l'Europe?Vérifier à 21:25Voir 1 autre passage
« 'impôt. Nous allons voir, non, le CDE et »
France Inter — Le grand face-à-face · Quel avenir pour l'Europe?Vérifier à 21:26
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« Vous dites que la France reste un pays solvable, mais jusqu'à quand ? C'est pour quand le crash ? »
LCP — Lundi, c'est politique · Pierre Moscovici | LCP, Lundi C'est Politique - 08/12/2025Vérifier à 22:17
« Vous dites qu'il faudra faire attention dans les prochaines années. C'est pour ça que je demandais. »
LCP — Lundi, c'est politique · Pierre Moscovici | LCP, Lundi C'est Politique - 08/12/2025Vérifier à 23:16
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Vous dites qu'il faudra faire attention dans les prochaines années. C'est pour ça que je demandais. »
LCP — Lundi, c'est politique · Pierre Moscovici | LCP, Lundi C'est Politique - 08/12/2025Vérifier à 23:16Voir 2 autres passages
« Je suis un haut fonctionnaire et un responsable politique. J'ai été responsable politique et un fonctionnaire à peu près 20 ans chacun. Donc, je suis un peu blanchi sous le arnois, comme on dit. Je ne crois pas les mots. Je crois les chiffres. Je crois les choses. Et donc, ce que j'attends... Non, mais ce que j'attends, c'est des décisions. Autrement dit, ce que j'attends, c'est qu'il y ait un Premier ministre ce soir. Il y en aura un, tant mieux. Ensuite, ce qui est nécessaire, c'est qu'il y ait un budget. On regardera les chiffres qui sont dedans. Et enfin, on regardera ce que dit le Parlement. Parler, commenter, ça ne sert à rien. »
RMC — Face à Face · Face à Face : Pierre Moscovici - 10/10Vérifier à 9:54
« Adopter un projet de loi de finances d'ici le 31 décembre suppose que le Parlement, et nous sommes dans un moment plus parlementaire que jamais, que le Parlement puisse en débattre pendant 70 jours. Ça, c'est le compte à rebours. Pour que le Parlement puisse en débattre pendant 70 jours, ouvrez, ça veut dire que le budget doit être devant les assemblées le 13 octobre. Le 13 octobre, c'est lundi. Pour qu'il puisse être déposé devant les assemblées, il faut qu'il y ait eu un conseil des ministres, et il faut qu'il y ait un premier ministre qui soit régulièrement nommé. Pas un premier ministre des missionnaires, mais un premier ministre. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Vous dites qu'il faudra faire attention dans les prochaines années. C'est pour ça que je demandais. »
LCP — Lundi, c'est politique · Pierre Moscovici | LCP, Lundi C'est Politique - 08/12/2025Vérifier à 23:16Voir 2 autres passages
« Pierre Moscovici pour faire un bon budget. C'est ce bon budget que vous appelez de vos voeux. Est-ce qu'il faut augmenter les impôts ou faut-il réduire les dépenses ? Vous avez bien une idée là-dessus. »
Radio Classique — L'invité de la matinale · Budget 2026 : "Je crois que le vote des deux assemblées est possible, c'est le scénario que je souhaite", estime Pierre MoscoviciVérifier à 6:26
« Chaque année, on remet ça sur la table mais ça existe déjà. »
Radio Classique — L'invité de la matinale · Budget 2026 : "Je crois que le vote des deux assemblées est possible, c'est le scénario que je souhaite", estime Pierre MoscoviciVérifier à 7:13
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« C'est un homme, pas politique, mais son nom circule. Il a été d'ailleurs, je crois, votre directeur de cabinet quand vous étiez à Bercy. Ce serait Rémi Rioux, une forme de continuité ? »
LCP — Lundi, c'est politique · Pierre Moscovici | LCP, Lundi C'est Politique - 08/12/2025Vérifier à 37:23Voir 2 autres passages
« C'est un homme, pas politique, mais son nom circule. Il a été d'ailleurs, je crois, votre directeur de cabinet quand vous étiez à Bercy. Ce serait Rémi Rioux, une forme de continuité ? »
LCP — Lundi, c'est politique · Pierre Moscovici | LCP, Lundi C'est Politique - 08/12/2025Vérifier à 37:23
« Vous dites qu'il faudra faire attention dans les prochaines années. C'est pour ça que je demandais. »
LCP — Lundi, c'est politique · Pierre Moscovici | LCP, Lundi C'est Politique - 08/12/2025Vérifier à 23:16
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Chaque année, on remet ça sur la table mais ça existe déjà. »
Radio Classique — L'invité de la matinale · Budget 2026 : "Je crois que le vote des deux assemblées est possible, c'est le scénario que je souhaite", estime Pierre MoscoviciVérifier à 7:13Voir 2 autres passages
« n'aura pas en 48 heures la capacité d'inventer un nouveau budget. Si on se dit qu'on veut élaborer un autre budget, ça veut dire qu'on prend du temps. Et donc, en réalité, on ne fait pas comme ça. Là, on ne dépose pas de projet de finance, on dépose ce qu'on appelle la première partie, c'est-à-dire les recettes. C'est possible, ça ? Oui, c'est toujours possible, mais ce n'est pas bien. Parce que du coup, ce n'est pas un budget délibéré, notamment sur la partie dépense par le Parlement. Et puis, on dérape forcément sur l'année suivante. Et donc, on recommence le scénario qui a eu lieu avec Michel Marier et François Bayrou. »
RMC — Face à Face · Face à Face : Pierre Moscovici - 10/10Vérifier à 5:33
« Non, ça ne fait pas semblant. Ce qui peut se passer, c'est qu'on fait de la politique dans un gouvernement. Si on faisait que de la technique, à ce moment-là, il faut donner le pouvoir à l'administration. Je suis contre le gouvernement des juges. Je suis contre le gouvernement des experts. Et pourtant, je suis un juge et un expert. Je pense que les juges et les experts ont leur rôle à jouer, mais à leur place. C'est le politique qui doit présider au destiné du pays. Alors, un gouvernement, c'est politique. Une fois qu'on a dit ça, ce qui compte, c'est le profil de celui qu'il dirige. Et le profil de celui qu'il dirige peut être quelqu'un qui a une expertise particulière ou quelqu'un qui est détaché des partis politiques. Je vais prendre deux exemples. Mario Draghi, le fameux Premier ministre italien. Une technique, non, moi je le connais Mario. C'est quelqu'un qui est très politique. Simplement, il était président de la Banque Centrale Européenne. Marc Carnet, qui est aujourd'hui le Premier ministre du Canada. Je le connais aussi. Il était gouverneur de la Banque d'Angleterre et de la Banque du Canada. Donc, c'est quelqu'un qui a une compétence. C'est quelqu'un qui ne vient pas forcément de la politique, mais c'est quelqu'un qui est détaché de la politique. C'est ça un gouvernement technique. Un gouvernement technique, c'est un gouvernement qui est politique et qui est présidé par quelqu'un qui connaît la politique, mais qui a une expertise technique. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Et si on n'a plus de Premier ministre la semaine prochaine à cause d'une motion de censure ou pour des raisons budgétaires, »
Radio Classique — L'invité de la matinale · Budget 2026 : "Je crois que le vote des deux assemblées est possible, c'est le scénario que je souhaite", estime Pierre MoscoviciVérifier à 13:59Voir 2 autres passages
« Si on veut que le Parlement puisse avoir 70 jours pour délibérer d'un budget adopté dans les formes, il faut en effet partir de ce projet. D'ailleurs, soyons comme assez logiques, nous sommes vendredi soir, c'est lundi. Qui peut imaginer qu'en 48 heures, on peut tout refaire ? »
RMC — Face à Face · Face à Face : Pierre Moscovici - 10/10Vérifier à 5:09
« n'aura pas en 48 heures la capacité d'inventer un nouveau budget. Si on se dit qu'on veut élaborer un autre budget, ça veut dire qu'on prend du temps. Et donc, en réalité, on ne fait pas comme ça. Là, on ne dépose pas de projet de finance, on dépose ce qu'on appelle la première partie, c'est-à-dire les recettes. C'est possible, ça ? Oui, c'est toujours possible, mais ce n'est pas bien. Parce que du coup, ce n'est pas un budget délibéré, notamment sur la partie dépense par le Parlement. Et puis, on dérape forcément sur l'année suivante. Et donc, on recommence le scénario qui a eu lieu avec Michel Marier et François Bayrou. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« C'est vrai que vous avez beaucoup communiqué et c'est vrai que ces rapports n'étaient pas publiés. »
Radio Classique — L'invité de la matinale · Budget 2026 : "Je crois que le vote des deux assemblées est possible, c'est le scénario que je souhaite", estime Pierre MoscoviciVérifier à 11:34Voir 2 autres passages
« C'est vrai que vous avez beaucoup communiqué et c'est vrai que ces rapports n'étaient pas publiés. »
Radio Classique — L'invité de la matinale · Budget 2026 : "Je crois que le vote des deux assemblées est possible, c'est le scénario que je souhaite", estime Pierre MoscoviciVérifier à 11:34
« C'est vrai que vous avez beaucoup communiqué et c'est vrai que ces rapports n'étaient pas publiés. »
Radio Classique — L'invité de la matinale · Budget 2026 : "Je crois que le vote des deux assemblées est possible, c'est le scénario que je souhaite", estime Pierre Moscovici
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Et si on n'a plus de Premier ministre la semaine prochaine à cause d'une motion de censure ou pour des raisons budgétaires, »
Radio Classique — L'invité de la matinale · Budget 2026 : "Je crois que le vote des deux assemblées est possible, c'est le scénario que je souhaite", estime Pierre MoscoviciVérifier à 13:59Voir 2 autres passages
« Si on veut que le Parlement puisse avoir 70 jours pour délibérer d'un budget adopté dans les formes, il faut en effet partir de ce projet. D'ailleurs, soyons comme assez logiques, nous sommes vendredi soir, c'est lundi. Qui peut imaginer qu'en 48 heures, on peut tout refaire ? »
RMC — Face à Face · Face à Face : Pierre Moscovici - 10/10Vérifier à 5:09
« Non, ça ne fait pas semblant. Ce qui peut se passer, c'est qu'on fait de la politique dans un gouvernement. Si on faisait que de la technique, à ce moment-là, il faut donner le pouvoir à l'administration. Je suis contre le gouvernement des juges. Je suis contre le gouvernement des experts. Et pourtant, je suis un juge et un expert. Je pense que les juges et les experts ont leur rôle à jouer, mais à leur place. C'est le politique qui doit présider au destiné du pays. Alors, un gouvernement, c'est politique. Une fois qu'on a dit ça, ce qui compte, c'est le profil de celui qu'il dirige. Et le profil de celui qu'il dirige peut être quelqu'un qui a une expertise particulière ou quelqu'un qui est détaché des partis politiques. Je vais prendre deux exemples. Mario Draghi, le fameux Premier ministre italien. Une technique, non, moi je le connais Mario. C'est quelqu'un qui est très politique. Simplement, il était président de la Banque Centrale Européenne. Marc Carnet, qui est aujourd'hui le Premier ministre du Canada. Je le connais aussi. Il était gouverneur de la Banque d'Angleterre et de la Banque du Canada. Donc, c'est quelqu'un qui a une compétence. C'est quelqu'un qui ne vient pas forcément de la politique, mais c'est quelqu'un qui est détaché de la politique. C'est ça un gouvernement technique. Un gouvernement technique, c'est un gouvernement qui est politique et qui est présidé par quelqu'un qui connaît la politique, mais qui a une expertise technique. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Si on veut que le Parlement puisse avoir 70 jours pour délibérer d'un budget adopté dans les formes, il faut en effet partir de ce projet. D'ailleurs, soyons comme assez logiques, nous sommes vendredi soir, c'est lundi. Qui peut imaginer qu'en 48 heures, on peut tout refaire ? »
RMC — Face à Face · Face à Face : Pierre Moscovici - 10/10Vérifier à 5:09Voir 2 autres passages
« On peut toujours se le permettre techniquement. D'ailleurs, c'est ce qui s'est passé l'an dernier. Vous vous souvenez quand on a voté une loi spéciale qui permet de prélever les impôts. Ensuite, on a tiré ce qu'on appelle les services votés, sans bouger le budget de l'année précédente. Puis, on a fini par voter un budget en février. Ce n'est pas la meilleure des situations. Vous savez pourquoi ? Parce que nous sommes observés, je ne dirais pas surveillés. Nous sommes surveillés et observés par l'Union Européenne. Pas parce que c'est un gendarme, mais parce que nous avons des engagements à l'égard de nos partenaires. Nous partageons la même monnaie. Nous sommes surveillés par les marchés. 53% de la fameuse dette est détenue par des étrangers. Et ça vous inquiète ? Oui. Et puis, nous sommes aussi surveillés par les fameuses agences de notation. Il y a quelques jours, Fitch nous a dégradés. Ce qui n'est pas en soi une catastrophe, parce que ça enterrinait un état de fait qui existait déjà. Mais ça veut dire quand même qu'on ne peut pas faire n'importe quoi. Et qu'est-ce qu'on regarde ? On regarde deux choses. On regarde la qualité de la gestion budgétaire et l'incertitude politique. Et si ça se dégrade, alors effectivement, qu'est-ce qui se passe ? C'est très simple. Le coût de notre dette se renchérit. Nos taux d'intérêt augmentent. Moi, ce qui me frappe, si vous voulez, c'est ce qu'on appelle les spreads, c'est-à-dire différencier le taux d'intérêt. Alors, par rapport à l'Allemagne. Mais pour le commissaire européen que j'ai été, il n'y a pas si longtemps, à la fin 2019, imaginez que nos taux d'intérêt sont plus élevés que ceux de la Belgique, de l'Espagne, du Portugal, de la Grèce. Et à égalité avec ceux de l'Italie, on était à 80 points de base par rapport à eux. Ils étaient en plus. Il y a un an. Et tout ça, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il est temps de reprendre le contrôle de nos finances publiques. Pour, encore une fois, faire de bonnes politiques publiques. Dans la justice. Moi, je comprends tout à fait les préoccupations qui s'expriment. Faire des efforts, oui. Mais des efforts justes. Faire des efforts, mais des efforts équitables. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Textes de loi cités23 janv. 2025 au 10 oct. 2025 · 5 observations5 passages
Passages où cet élément est explicitement observable.
« C'est du projet qui a été déposé devant le Haut Conseil des Finances Publiques, examiné dans les délais prévus d'une semaine. Donc, il nous a été envoyé le 2 octobre. Nous avons envoyé notre avis hier soir. Il faut que ce soit de ce projet de budget dont on parte. C'est ce projet de budget qui peut et doit être examiné par le conseil des ministres. Parce que, si ça n'était pas le cas, j'insiste, peut-être c'est formel, si ce n'est pas le cas, nous n'aurions pas été réputés avoir donné notre avis. Or, c'est un élément de la constitutionnalité d'un budget. »
RMC — Face à Face · Face à Face : Pierre Moscovici - 10/10Vérifier à 3:23Voir 2 autres passages
« On peut toujours se le permettre techniquement. D'ailleurs, c'est ce qui s'est passé l'an dernier. Vous vous souvenez quand on a voté une loi spéciale qui permet de prélever les impôts. Ensuite, on a tiré ce qu'on appelle les services votés, sans bouger le budget de l'année précédente. Puis, on a fini par voter un budget en février. Ce n'est pas la meilleure des situations. Vous savez pourquoi ? Parce que nous sommes observés, je ne dirais pas surveillés. Nous sommes surveillés et observés par l'Union Européenne. Pas parce que c'est un gendarme, mais parce que nous avons des engagements à l'égard de nos partenaires. Nous partageons la même monnaie. Nous sommes surveillés par les marchés. 53% de la fameuse dette est détenue par des étrangers. Et ça vous inquiète ? Oui. Et puis, nous sommes aussi surveillés par les fameuses agences de notation. Il y a quelques jours, Fitch nous a dégradés. Ce qui n'est pas en soi une catastrophe, parce que ça enterrinait un état de fait qui existait déjà. Mais ça veut dire quand même qu'on ne peut pas faire n'importe quoi. Et qu'est-ce qu'on regarde ? On regarde deux choses. On regarde la qualité de la gestion budgétaire et l'incertitude politique. Et si ça se dégrade, alors effectivement, qu'est-ce qui se passe ? C'est très simple. Le coût de notre dette se renchérit. Nos taux d'intérêt augmentent. Moi, ce qui me frappe, si vous voulez, c'est ce qu'on appelle les spreads, c'est-à-dire différencier le taux d'intérêt. Alors, par rapport à l'Allemagne. Mais pour le commissaire européen que j'ai été, il n'y a pas si longtemps, à la fin 2019, imaginez que nos taux d'intérêt sont plus élevés que ceux de la Belgique, de l'Espagne, du Portugal, de la Grèce. Et à égalité avec ceux de l'Italie, on était à 80 points de base par rapport à eux. Ils étaient en plus. Il y a un an. Et tout ça, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il est temps de reprendre le contrôle de nos finances publiques. Pour, encore une fois, faire de bonnes politiques publiques. Dans la justice. Moi, je comprends tout à fait les préoccupations qui s'expriment. Faire des efforts, oui. Mais des efforts justes. Faire des efforts, mais des efforts équitables. »
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« n'aura pas en 48 heures la capacité d'inventer un nouveau budget. Si on se dit qu'on veut élaborer un autre budget, ça veut dire qu'on prend du temps. Et donc, en réalité, on ne fait pas comme ça. Là, on ne dépose pas de projet de finance, on dépose ce qu'on appelle la première partie, c'est-à-dire les recettes. C'est possible, ça ? Oui, c'est toujours possible, mais ce n'est pas bien. Parce que du coup, ce n'est pas un budget délibéré, notamment sur la partie dépense par le Parlement. Et puis, on dérape forcément sur l'année suivante. Et donc, on recommence le scénario qui a eu lieu avec Michel Marier et François Bayrou. »
RMC — Face à Face · Face à Face : Pierre Moscovici - 10/10Vérifier à 5:33Voir 1 autre passage
« Je suis déjà Premier Président. Les Premiers Ministres, il y a trop de candidats à cette fonction. C'est une belle fonction, mais elle exige avant tout une situation politique. Et puis elle exige un choix. Moi je suis à la Cour des comptes, qui est une institution magnifique, qui joue un rôle essentiel pour les Français parce qu'elle les informe. Notre rôle c'est d'informer les citoyens de manière objective sur une situation qu'autrement il ne connaît pas. Vous vous proposerez, vous iriez ? Je refuse totalement de répondre à ces questions-là. Non pas parce que j'ai une arrière-pensée, mais parce qu'il ne faut jamais commenter ce qu'on ne vous propose pas. Si j'ai appris une autre chose en quelques années de vie publique, c'est de ne jamais dire « et si ». »
France Inter · "Il faut trouver une situation plus solide" que celle de Michel Barnier, juge Pierre MoscoviciVérifier à 16:25
Présence observée dans ces passages, sans conclusion sur la véracité ni la personne.
France Inter — Le grand face-à-face · Quel avenir pour l'Europe?Vérifier à 17:56
RMC — Face à Face · Face à Face : Pierre Moscovici - 10/10Vérifier à 2:28
RMC — Face à Face · Face à Face : Pierre Moscovici - 10/10Vérifier à 16:52
RMC — Face à Face · Face à Face : Pierre Moscovici - 10/10Vérifier à 5:33
« On peut toujours se le permettre techniquement. D'ailleurs, c'est ce qui s'est passé l'an dernier. Vous vous souvenez quand on a voté une loi spéciale qui permet de prélever les impôts. Ensuite, on a tiré ce qu'on appelle les services votés, sans bouger le budget de l'année précédente. Puis, on a fini par voter un budget en février. Ce n'est pas la meilleure des situations. Vous savez pourquoi ? Parce que nous sommes observés, je ne dirais pas surveillés. Nous sommes surveillés et observés par l'Union Européenne. Pas parce que c'est un gendarme, mais parce que nous avons des engagements à l'égard de nos partenaires. Nous partageons la même monnaie. Nous sommes surveillés par les marchés. 53% de la fameuse dette est détenue par des étrangers. Et ça vous inquiète ? Oui. Et puis, nous sommes aussi surveillés par les fameuses agences de notation. Il y a quelques jours, Fitch nous a dégradés. Ce qui n'est pas en soi une catastrophe, parce que ça enterrinait un état de fait qui existait déjà. Mais ça veut dire quand même qu'on ne peut pas faire n'importe quoi. Et qu'est-ce qu'on regarde ? On regarde deux choses. On regarde la qualité de la gestion budgétaire et l'incertitude politique. Et si ça se dégrade, alors effectivement, qu'est-ce qui se passe ? C'est très simple. Le coût de notre dette se renchérit. Nos taux d'intérêt augmentent. Moi, ce qui me frappe, si vous voulez, c'est ce qu'on appelle les spreads, c'est-à-dire différencier le taux d'intérêt. Alors, par rapport à l'Allemagne. Mais pour le commissaire européen que j'ai été, il n'y a pas si longtemps, à la fin 2019, imaginez que nos taux d'intérêt sont plus élevés que ceux de la Belgique, de l'Espagne, du Portugal, de la Grèce. Et à égalité avec ceux de l'Italie, on était à 80 points de base par rapport à eux. Ils étaient en plus. Il y a un an. Et tout ça, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il est temps de reprendre le contrôle de nos finances publiques. Pour, encore une fois, faire de bonnes politiques publiques. Dans la justice. Moi, je comprends tout à fait les préoccupations qui s'expriment. Faire des efforts, oui. Mais des efforts justes. Faire des efforts, mais des efforts équitables. »
France Inter — L'invité de 8h20 · Pierre MoscoviciVérifier à 5:01
France Inter — L'invité de 8h20 · Pierre Moscovici
« pas celle de la Cour des Comptes pour le coup c'était sur ma table quand j'étais commissaire européen justement chargé de l'économie et de la fiscalité la difficulté c'est que c'est un sujet qui par définition ne peut se traiter qu'au niveau transnational et donc il faut convaincre convaincre et convaincre beaucoup de progrès ont été faits depuis une quinzaine d'années dans le cadre de ce qu'on appelle l'OCDE l'Organisation de Coopération et de Développement Économique qui se trouve d'ailleurs à Paris dans le cadre aussi du G20 entre les grands pays les 20 pays plus industriels de la planète il reste encore des marges ça je le dis franchement parce qu'autant sur la fraude fiscale je le redis qu'on ne laisse pas dire qu'il ne se fait rien 17 milliards d'euros par an c'est quand même maintenant très significatif et on peut faire toujours mieux mais c'est quand même un très bon départ sur l'évasion fiscale c'est plus compliqué et ça suppose une coopération internationale »
France Inter — Le téléphone sonne · Finances publiques : Pierre Moscovici face aux auditeursVérifier à 33:18