Réponse directe
35 %Part des questions évaluables classées dans cette catégorie de réponse.
18 observations sur 52 · intervalle 23–48 %

Cette fiche décrit la manière dont les réponses disponibles explicitent mécanismes, contraintes, arbitrages, incertitudes et objections. Elle présente chaque dimension séparément, sans classement des personnes.
Questions et méthodeLa maturité décrit uniquement le volume et la diversité du corpus disponible ; ce n’est ni une note ni un jugement sur la personne.
Chaque ligne a sa propre base. Ces mesures ne sont jamais additionnées en une note de personne.
Part des questions évaluables classées dans cette catégorie de réponse.
18 observations sur 52 · intervalle 23–48 %
Part des questions évaluables classées dans cette catégorie de réponse.
2 observations sur 52 · intervalle 1–13 %
Part des questions évaluables classées dans cette catégorie de réponse.
18 observations sur 52 · intervalle 23–48 %
Les facettes sans dénominateur sont des comptes de présence. Leur barre reste vide et elles ne sont pas comparées comme des taux.
Répartition des tours horodatés par rôle. Les tours sans durée exploitable restent hors calcul.
Répartition des dimensions repérées dans le corpus. Une même réponse peut contribuer à plusieurs dimensions.
Les courbes restent séparées afin de montrer les changements observés sans produire d’indicateur global.
Cette matrice indique la part du corpus, les sources, les passages et la durée disponibles pour chaque thème. Elle ne mesure ni une expertise générale ni une intelligence personnelle.
| Thème | Part du corpus | Sources | Passages | Durée média |
|---|---|---|---|---|
| Education | 30 %base 10 | 3106 passages | 106106 passages | 1 h 14média daté |
| Dimension | Famille de mesure | Observé | Base | Fréquence | Passages | Période |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Réponse directe | Réponse aux questions | 18 | 52 | 35 % | 65 | 24 oct. 2020 au 10 juil. 2025 |
| Refus explicite de répondre | Réponse aux questions | 2 | 52 | 4 % | 65 | 24 oct. 2020 au 10 juil. 2025 |
| Réponse à côté | Réponse aux questions | 18 | 52 | 35 % |
Exemples retenus pour rendre les observations auditables. Ils ne résument pas à eux seuls l’ensemble du corpus.
« En fait, il s'est passé quelque chose de très intéressant en 2022, qui a été l'afflux des Ukrainiens à l'occasion de l'agression russe chez eux. Et donc, pour le coup, l'Europe s'est plutôt bien comportée. Comme vous le savez, 4 millions d'Ukrainiens sont venus dans nos pays. Et pour les Ukrainiens, contrairement à ce qui se passe d'habitude avec les demandeurs d'asile, comme le texte qui a été mobilisé, donc la fameuse directive protection temporaire, était différent, on leur a permis de choisir dans quel état ils voulaient arriver, dans quel pays ils… »
« En fait, il s'est passé quelque chose de très intéressant en 2022, qui a été l'afflux des Ukrainiens à l'occasion de l'agression russe chez eux. Et donc, pour le coup, l'Europe s'est plutôt bien comportée. Comme vous le savez, 4 millions d'Ukrainiens sont venus dans nos pays. Et pour les Ukrainiens, contrairement à ce qui se passe d'habitude avec les demandeurs d'asile, comme le texte qui a été mobilisé, donc la fameuse directive protection temporaire, était différent, on leur a permis de choisir dans quel état ils voulaient arriver, dans quel pays ils voulaient arriver. Ils n'ont pas choisi la France ? C'était une expérience in vivo de à quoi ça ressemble quand on écoute les préférences des gens. Et en fait, la France a accueilli 4 à 5 fois moins d'Ukrainiens qu'elle aurait dû le faire, proportionnellement à sa taille, quand on la compare à des pays comme la Pologne ou l'Allemagne par exemple. Et donc, en fait, c'était vraiment l'illustration que quand vous laissez la préférence aux gens, en fait, qu'est-ce qu'ils choisissent ? Qu'ils choisissent la proximité géographique, qu'ils choisissent les affinités familiales, culturelles, linguistiques. Et tout ça est bien logique en fait. Donc quand on dit « mais non, les gens viennent chez nous parce que la carte vitale », visiblement les Ukrainiens sont allés en Pologne, non pas parce que la Pologne aurait une carte vitale plus intéressante que la nôtre, mais juste parce que c'était plus proche de chez eux. Et si vous écoutiez les Syriens, les Afghans ou les Érythréens, la vérité c'est qu'eux aussi préfèreraient rester près de chez eux, ne serait-ce que pour pouvoir revoir leurs vivants ou pleurer leurs morts, vous voyez. Mais simplement la question c'est dans quelle situation sont les pays limitrophes ? Est-ce que la communauté internationale les aide dans ce genre d'acmé d'arrivée ou est-ce qu'elle les laisse tomber ? »
Ce profil décrit des éléments observables dans le corpus publié; il ne mesure ni la valeur, ni l'intelligence, ni la véracité d'une personne.
Part des questions évaluables classées dans cette catégorie de réponse.
14 observations sur 52 · intervalle 17–40 %
Part des observations classées dans ce niveau de précision explicite.
111 observations sur 168
Part des observations classées dans ce niveau de précision explicite.
22 observations sur 168
Part des observations classées dans ce niveau de précision explicite.
35 observations sur 168
Relie explicitement plusieurs causes, étapes et conséquences.
11 observations · dénominateur en attente · 11 passages
Nomme les limites juridiques, budgétaires, techniques ou institutionnelles.
1 observation · dénominateur en attente · 1 passage
Formule une objection ou répond à un argument contraire.
8 observations · dénominateur en attente · 8 passages
11 observations · dénominateur en attente · 11 passages
23 observations · dénominateur en attente · 25 passages
3 observations · dénominateur en attente · 3 passages
Explique comment une mesure est censée produire ses effets.
16 observations · dénominateur en attente · 17 passages
Mobilise une quantité, un ordre de grandeur ou une comparaison chiffrée.
11 observations · dénominateur en attente · 12 passages
1 observation · dénominateur en attente · 1 passage
Expose ce qui est gagné, perdu ou priorisé entre plusieurs objectifs.
4 observations · dénominateur en attente · 4 passages
Signale ce qui reste incertain, conditionnel ou dépendant d’hypothèses.
8 observations · dénominateur en attente · 8 passages
| Sécurité |
|---|
30 %base 10 |
3279 passages |
279279 passages |
1 h 30média daté |
| Économie | 10 %base 10 | 141 passages | 4141 passages | 11 minmédia daté |
|---|
| Santé | 10 %base 10 | 120 passages | 2020 passages | 27 minmédia daté |
|---|
| Autres thèmes | 10 %base 10 | 132 passages | 3232 passages | 12 minmédia daté |
|---|
| Thème non classé | 10 %base 10 | 132 passages | 3232 passages | 12 minmédia daté |
|---|
| 65 |
| 24 oct. 2020 au 10 juil. 2025 |
| Réponse partielle | Réponse aux questions | 14 | 52 | 27 % | 65 | 24 oct. 2020 au 10 juil. 2025 |
|---|
| Formulation générale | Niveau de précision | 111 | 168 | 66 % | 168 | 24 oct. 2020 au 10 juil. 2025 |
|---|
| Formulation mixte | Niveau de précision | 22 | 168 | 13 % | 168 | 24 oct. 2020 au 10 juil. 2025 |
|---|
| Formulation spécifique | Niveau de précision | 35 | 168 | 21 % | 168 | 24 oct. 2020 au 10 juil. 2025 |
|---|
| Chaînes causales explicitées | Éléments de fond | 11 | — | — | 11 | 24 oct. 2020 au 10 juil. 2025 |
|---|
| Contraintes mentionnées | Éléments de fond | 1 | — | — | 1 | 24 oct. 2020 au 10 juil. 2025 |
|---|
| Contre-arguments traités | Éléments de fond | 8 | — | — | 8 | 24 oct. 2020 au 10 juil. 2025 |
|---|
| Dates citées | Éléments de fond | 11 | — | — | 11 | 24 oct. 2020 au 10 juil. 2025 |
|---|
| Institutions citées | Éléments de fond | 23 | — | — | 25 | 24 oct. 2020 au 10 juil. 2025 |
|---|
| Textes de loi cités | Éléments de fond | 3 | — | — | 3 | 24 oct. 2020 au 10 juil. 2025 |
|---|
| Mécanismes explicités | Éléments de fond | 16 | — | — | 17 | 24 oct. 2020 au 10 juil. 2025 |
|---|
| Chiffres cités | Éléments de fond | 11 | — | — | 12 | 24 oct. 2020 au 10 juil. 2025 |
|---|
| Rapports cités | Éléments de fond | 1 | — | — | 1 | 24 oct. 2020 au 10 juil. 2025 |
|---|
| Arbitrages mentionnés | Éléments de fond | 4 | — | — | 4 | 24 oct. 2020 au 10 juil. 2025 |
|---|
| Limites et incertitudes | Éléments de fond | 8 | — | — | 8 | 24 oct. 2020 au 10 juil. 2025 |
|---|
« Oui, alors ça c'est très important. Pourquoi ? Parce que vous avez compris que depuis quelques années, s'est développé un discours hostile à l'égard des migrants, des nouveaux venus de manière générale. Et en fait ce discours hostile, il a réussi un coup assez exceptionnel, c'est qu'il a réussi à installer une confusion sur ce qu'on entend par migrant. Il arrive à faire croire, à l'opinion publique, que les migrants, ce sont les demandeurs d'asile. Et donc en gros, il présente ces images de gens sur des bateaux de fortune, sur le point de faire… »
« Oui, alors ça c'est très important. Pourquoi ? Parce que vous avez compris que depuis quelques années, s'est développé un discours hostile à l'égard des migrants, des nouveaux venus de manière générale. Et en fait ce discours hostile, il a réussi un coup assez exceptionnel, c'est qu'il a réussi à installer une confusion sur ce qu'on entend par migrant. Il arrive à faire croire, à l'opinion publique, que les migrants, ce sont les demandeurs d'asile. Et donc en gros, il présente ces images de gens sur des bateaux de fortune, sur le point de faire naufrage. Généralement, dont la photo est prise de loin, dont on ne voit pas les visages, qui font un peu masse, qui font un peu peur et qui donnent le sentiment, trois petits points de submersion. sauf que, et donc derrière cette image-là, ils mettent les chiffres de plusieurs centaines de milliers de gens accueillis nouvellement chaque année sur notre territoire. Alors c'est quoi la réalité ? Mais la réalité, elle n'est pas là. C'est que les plusieurs centaines de milliers de gens, c'est d'abord des migrants volontaires, c'est-à-dire des étudiants, 30%, c'est la majorité, ce sont des étudiants, enfin le chiffre le plus important, ce sont des travailleurs qui viennent occuper un emploi. Vous voyez, donc la migration volontaire, celle que je viens d'évoquer, elle est tout à fait régulable par un État qui peut, en fonction de ses intérêts, de ses besoins, dire j'ai besoin de plus, j'ai besoin de moins. Donc en fait, le récit de l'impuissance, c'est une tromperie. Première chose, les demandeurs d'asile, les déplacés forcés, ils ne représentent sur ces cinq dernières années que 12% dans cet ensemble. C'est une toute petite minorité. 130 000 personnes venues demander l'asile chez nous, on ne peut pas dire que ce soit considérable. Surtout quand on sait qu'ensuite, c'est 45% simplement qui sont acceptés et qui deviennent des réfugiés. Donc pour un nombre finalement assez minimal, on en fait tout un plat dans le débat public et on emporte avec soi à la fois la politique du droit d'asile qu'on rogne de plus en plus, mais aussi la politique migratoire qu'on s'empêche de penser avec ambition. »
« Qu'il y a eu clairement une doctrine qui a évolué, parce qu'en réalité, ces images de bateaux lacérés, etc., on les avait déjà relevées l'année dernière, et ça fait plusieurs fois qu'un certain nombre d'associations, dont la nôtre, mais aussi la Défenseur des Droits, dénoncent ce qui se passe à Calais notamment, avec finalement une France qui est devenue une espèce de gardienne de la frontière pour le compte du Royaume-Uni, qui lui sous-traite ce gardiennage de sa frontière qui n'en est pas une. La Manche, en réalité, quoi que vous fassiez, les gens qui… »
« Qu'il y a eu clairement une doctrine qui a évolué, parce qu'en réalité, ces images de bateaux lacérés, etc., on les avait déjà relevées l'année dernière, et ça fait plusieurs fois qu'un certain nombre d'associations, dont la nôtre, mais aussi la Défenseur des Droits, dénoncent ce qui se passe à Calais notamment, avec finalement une France qui est devenue une espèce de gardienne de la frontière pour le compte du Royaume-Uni, qui lui sous-traite ce gardiennage de sa frontière qui n'en est pas une. La Manche, en réalité, quoi que vous fassiez, les gens qui veulent absolument la traverser la traverseront. La question, c'est que cette surmilitarisation de cette frontière-là de ces dernières années, depuis les accords du Touquet en 2003, a conduit simplement à avoir des passages beaucoup plus dangereux, avec des canaux qui emportent beaucoup plus de gens à leur bord, et ça n'est pas un hasard si par exemple l'année dernière, on a atteint le record de 78 morts dans la Manche. C'est aussi parce que ces traversées se font dans des conditions qui sont de plus en plus terribles pour les individus, et qu'il y a un moment où la France, comme le Royaume-Uni, devrait dire stop, tirer le bilan, et se dire que le coût faramineux, car tout ça coûte beaucoup d'argent, rien que pour les trois ans qui viennent, la Grande-Bretagne va y consacrer un demi-milliard d'euros. Donc tout cet argent qui est déployé, toutes ces forces de police et de gendarmerie qui sont mobilisées, toute cette souffrance qui est imposée aussi, parce que c'est des politiques très agressives, donc on voit les canaux lacérés, mais on pourrait dire aussi les démantèlements réguliers de petits camps de fortune à Calais, le fait qu'on empêche les gens d'accéder à l'eau potable, qu'on interdise les distributions de nourriture, toute cette réalité-là, il faut savoir la remettre en question et se dire, est-ce que c'est ça le plus efficace ? Est-ce qu'il n'y a pas à un moment la nécessité de regarder aussi les préférences des individus ? Pourquoi veulent-ils absolument rejoindre le Royaume-Uni ? Est-ce que ça n'est pas légitime de chercher à rejoindre le Royaume-Uni ? Le Royaume-Uni ne doit-il pas faire face à sa responsabilité d'accueillir la demande d'asile, de l'instruire sur son territoire, plutôt que de demander à un autre pays de les retenir ? Et créer des voies légales pour ce faire. »
« Oui, alors ça c'est un des sujets très importants, l'économie, en fait. Est-ce que les nouveaux venus ont un impact sur l'économie ? Ce qu'on démontre dans ce livre, c'est qu'en réalité, même si on ne faisait pas grand-chose, c'est pour les mettre en emploi, etc. Dès lors qu'ils arrivent sur notre territoire et qu'ils deviennent des consommateurs, en fait, ils contribuent à la richesse nationale. Ils payent la TVA par exemple par la consommation. Donc même si vous leur versez, s'agissant des demandeurs d'asile, une allocation de demande d'asile, qui est… »
« Oui, alors ça c'est un des sujets très importants, l'économie, en fait. Est-ce que les nouveaux venus ont un impact sur l'économie ? Ce qu'on démontre dans ce livre, c'est qu'en réalité, même si on ne faisait pas grand-chose, c'est pour les mettre en emploi, etc. Dès lors qu'ils arrivent sur notre territoire et qu'ils deviennent des consommateurs, en fait, ils contribuent à la richesse nationale. Ils payent la TVA par exemple par la consommation. Donc même si vous leur versez, s'agissant des demandeurs d'asile, une allocation de demande d'asile, qui est assez maigre comme vous le savez, eh bien très vite, consommateurs, ils participent à la richesse. Mais en fait, le mieux, c'est évidemment de leur permettre de travailler, ce qui fait qu'évidemment, ils créeront de la richesse et ils paieront des cotisations. Sur la criminalité, on dit aussi qu'ils sont surreprésentés en prison devant les tribunaux. Mais donc, deux choses à bien avoir en tête. La première, c'est qu'ils sont surreprésentés dans les délits liés à la situation administrative. Évidemment, les infractions liées à la situation administrative. Mais comme je le disais hier, c'est un petit peu comme les banquiers sont surreprésentés dans la criminalité en col blanc. Vous voyez, c'est logique. Ou les journalistes, puisque je suis face à des journalistes, font plus souvent l'objet de procès en diffamation. En fait, c'est lié à qui vous êtes et ce que vous faites. Par contre, s'agissant de criminalité, ce qui est vrai, c'est que toutes les études menées à travers le monde montrent que l'arrivée des nouveaux venus ne change pas la physionomie de la criminalité. Ce qui change, c'est le fait que la focale politique et médiatique va se faire sur les auteurs étrangers de criminalité et passer sous les radars les auteurs nationaux de la même criminalité. Et du coup, installer l'idée que les premiers seraient surreprésentés. Mais à un moment donné, il faut aussi réclamer des comptes, y compris au traitement médiatique de tout cela. »
« Qu'il y a eu clairement une doctrine qui a évolué, parce qu'en réalité, ces images de bateaux lacérés, etc., on les avait déjà relevées l'année dernière, et ça fait plusieurs fois qu'un certain nombre d'associations, dont la nôtre, mais aussi la Défenseur des Droits, dénoncent ce qui se passe à Calais notamment, avec finalement une France qui est devenue une espèce de gardienne de la frontière pour le compte du Royaume-Uni, qui lui sous-traite ce gardiennage de sa frontière qui n'en est pas une. La Manche, en réalité, quoi que vous fassiez, les gens qui… »
« Qu'il y a eu clairement une doctrine qui a évolué, parce qu'en réalité, ces images de bateaux lacérés, etc., on les avait déjà relevées l'année dernière, et ça fait plusieurs fois qu'un certain nombre d'associations, dont la nôtre, mais aussi la Défenseur des Droits, dénoncent ce qui se passe à Calais notamment, avec finalement une France qui est devenue une espèce de gardienne de la frontière pour le compte du Royaume-Uni, qui lui sous-traite ce gardiennage de sa frontière qui n'en est pas une. La Manche, en réalité, quoi que vous fassiez, les gens qui veulent absolument la traverser la traverseront. La question, c'est que cette surmilitarisation de cette frontière-là de ces dernières années, depuis les accords du Touquet en 2003, a conduit simplement à avoir des passages beaucoup plus dangereux, avec des canaux qui emportent beaucoup plus de gens à leur bord, et ça n'est pas un hasard si par exemple l'année dernière, on a atteint le record de 78 morts dans la Manche. C'est aussi parce que ces traversées se font dans des conditions qui sont de plus en plus terribles pour les individus, et qu'il y a un moment où la France, comme le Royaume-Uni, devrait dire stop, tirer le bilan, et se dire que le coût faramineux, car tout ça coûte beaucoup d'argent, rien que pour les trois ans qui viennent, la Grande-Bretagne va y consacrer un demi-milliard d'euros. Donc tout cet argent qui est déployé, toutes ces forces de police et de gendarmerie qui sont mobilisées, toute cette souffrance qui est imposée aussi, parce que c'est des politiques très agressives, donc on voit les canaux lacérés, mais on pourrait dire aussi les démantèlements réguliers de petits camps de fortune à Calais, le fait qu'on empêche les gens d'accéder à l'eau potable, qu'on interdise les distributions de nourriture, toute cette réalité-là, il faut savoir la remettre en question et se dire, est-ce que c'est ça le plus efficace ? Est-ce qu'il n'y a pas à un moment la nécessité de regarder aussi les préférences des individus ? Pourquoi veulent-ils absolument rejoindre le Royaume-Uni ? Est-ce que ça n'est pas légitime de chercher à rejoindre le Royaume-Uni ? Le Royaume-Uni ne doit-il pas faire face à sa responsabilité d'accueillir la demande d'asile, de l'instruire sur son territoire, plutôt que de demander à un autre pays de les retenir ? Et créer des voies légales pour ce faire. »
« Oui, alors ça c'est très important. Pourquoi ? Parce que vous avez compris que depuis quelques années, s'est développé un discours hostile à l'égard des migrants, des nouveaux venus de manière générale. Et en fait ce discours hostile, il a réussi un coup assez exceptionnel, c'est qu'il a réussi à installer une confusion sur ce qu'on entend par migrant. Il arrive à faire croire, à l'opinion publique, que les migrants, ce sont les demandeurs d'asile. Et donc en gros, il présente ces images de gens sur des bateaux de fortune, sur le point de faire… »
« Oui, alors ça c'est très important. Pourquoi ? Parce que vous avez compris que depuis quelques années, s'est développé un discours hostile à l'égard des migrants, des nouveaux venus de manière générale. Et en fait ce discours hostile, il a réussi un coup assez exceptionnel, c'est qu'il a réussi à installer une confusion sur ce qu'on entend par migrant. Il arrive à faire croire, à l'opinion publique, que les migrants, ce sont les demandeurs d'asile. Et donc en gros, il présente ces images de gens sur des bateaux de fortune, sur le point de faire naufrage. Généralement, dont la photo est prise de loin, dont on ne voit pas les visages, qui font un peu masse, qui font un peu peur et qui donnent le sentiment, trois petits points de submersion. sauf que, et donc derrière cette image-là, ils mettent les chiffres de plusieurs centaines de milliers de gens accueillis nouvellement chaque année sur notre territoire. Alors c'est quoi la réalité ? Mais la réalité, elle n'est pas là. C'est que les plusieurs centaines de milliers de gens, c'est d'abord des migrants volontaires, c'est-à-dire des étudiants, 30%, c'est la majorité, ce sont des étudiants, enfin le chiffre le plus important, ce sont des travailleurs qui viennent occuper un emploi. Vous voyez, donc la migration volontaire, celle que je viens d'évoquer, elle est tout à fait régulable par un État qui peut, en fonction de ses intérêts, de ses besoins, dire j'ai besoin de plus, j'ai besoin de moins. Donc en fait, le récit de l'impuissance, c'est une tromperie. Première chose, les demandeurs d'asile, les déplacés forcés, ils ne représentent sur ces cinq dernières années que 12% dans cet ensemble. C'est une toute petite minorité. 130 000 personnes venues demander l'asile chez nous, on ne peut pas dire que ce soit considérable. Surtout quand on sait qu'ensuite, c'est 45% simplement qui sont acceptés et qui deviennent des réfugiés. Donc pour un nombre finalement assez minimal, on en fait tout un plat dans le débat public et on emporte avec soi à la fois la politique du droit d'asile qu'on rogne de plus en plus, mais aussi la politique migratoire qu'on s'empêche de penser avec ambition. »