et a bombardé la bande de Gaza, vous dites, hélas ! Pourquoi, selon vous ?
Réponse partielleOn ne peut pas s'empêcher de voir que c'est un peu cousu de fil blanc. Vous savez qu'aujourd'hui, Benjamin Netanyahou était convoqué pour des auditions dans le cadre des trois procès en corruption sur lesquels il est poursuivi. Dans le même temps, il a engagé ce week-end, je crois, le limogé du chef du Shin Bet, les services de sécurité, les services secrets intérieurs israéliens, ce qui avait déclenché un mouvement populaire, dans l'opinion, et même parmi les militaires israéliens, d'opposition. Il est sous le chantage de son extrême droite israélienne. Est-ce qu'il sacrifie les otages ? Benkvir, qui demandait la reprise du conflit. Et donc, oui, il y a un cynisme de Benjamin Netanyahou au…
« On ne peut pas s'empêcher de voir que c'est un peu cousu de fil blanc. Vous savez qu'aujourd'hui, Benjamin Netanyahou était convoqué pour des auditions dans le cadre des trois procès en corruption sur lesquels il est poursuivi. Dans le même temps, il a engagé ce week-end, je crois, le limogé du chef du Shin Bet, les services de sécurité, les services secrets intérieurs israéliens, ce qui avait déclenché un mouvement populaire, dans l'opinion, et même parmi les militaires israéliens, d'opposition. Il est sous le chantage de son extrême droite israélienne. Est-ce qu'il sacrifie les otages ? Benkvir, qui demandait la reprise du conflit. Et donc, oui, il y a un cynisme de Benjamin Netanyahou au mépris des attentes de la population israélienne. Moi, je pense à cet instant aux familles, j'en ai encore rencontré certaines la semaine dernière, du forum des otages, qui demandaient à ce que la deuxième étape de l'accord de cesser le feu et de libération. Il reste 59 otages israéliens, dont il ne faut jamais oublier qu'ils sont là parce qu'ils ont été enlevés à l'occasion du 7 octobre et de l'attaque terroriste du Hamas. Mais un dirigeant d'un pays, il ne peut pas regarder les décisions qu'il prend au prisme uniquement de sa propre survie politique. Et oui, ce n'est pas normal qu'il n'y ait pas eu encore d'enquête à la hauteur. Vous savez, il y a quelques jours, j'auditionnais avec d'autres l'ambassadeur d'Israël en France à l'Assemblée nationale et je lui ai rappelé ce fait. C'est qu'après le 6 octobre 1973, quand il y a la guerre du Kippour et l'échec, en tous les cas, l'échec de la prévention de cette guerre, Golda Meir, la première ministre israélienne à l'époque, elle accepte l'installation d'une commission d'enquête de très haut niveau. Et six mois après, elle quitte le pouvoir. Et elle prend ses responsabilités en assumant, alors même que la guerre après a été gagnée, mais qu'il y a eu une menace existentielle sur Israël à ce moment-là, et elle en tire les conséquences. Elle était une femme d'État. Je ne crois pas que Benjamin Netanyahou ait cette vision. Après, évidemment, je n'ai vécu rien de la responsabilité historique du Hamas, mais à ce moment-là, il ne peut pas y avoir une gestion à la petite semaine, il ne peut pas y avoir l'espèce de folie, je pèse mes mots, de ce que Donald Trump a mis sur la table. Il faut un accord de cessez-le-feu, il faut la libération des otages, il faut une pression internationale pour une transition qui devrait être démocratique d'une manière ou d'une autre parmi les Palestiniens, parce que l'impossibilité à aller vers la solution à deux États que nous continuons à appeler de nos voeux, c'est aussi le fait que, d'un côté malheureusement, enfin des deux côtés, il y en a certains pour lesquels la poursuite de la guerre est la condition de la poursuite de leur exercice du pouvoir. C'est le cas du Hamas, évidemment, qui prend en otage, mauvais jeu de mots, si j'ose dire mauvaise expression, d'abord et avant tout la population palestinienne, et elle souffre, et je pense à elle aussi, avec les bombardements qu'on repris aujourd'hui. »
