RCF, il est 8h16, nous sommes avec Jean Léonetti, qui a donné son nom sur l'actuelle loi, à l'actuelle loi qui régit les droits des malades en fin de vie en France. Nous venons avec lui sur ce débat qui s'ouvre à l'initiative du Président de la République pour ouvrir plus largement le droit à l'euthanasie. Jean Léonetti, quand vous aviez fait passer cette loi en 2005, elle avait été largement acceptée, votée, elle avait même fait l'unanimité, ce qui est une chose assez rare. Aujourd'hui, le débat, il paraît extrêmement clivant sur l'euthanasie, ou en tout cas, les arguments avancés par chacun des deux parties sont assez clivants. Comment vous expliquez qu'on soit passé d'une unanimité à un clivage tel en l'espace de 20 ans ?
Réponse partielleD'abord, je pense qu'il y a un problème de méthode. Nous, on a avancé dans un cheminement qui n'était pas d'ailleurs prévu de faire une loi, il était prévu de faire un rapport. Et puis, on s'est rendu compte, des communistes aux socialistes, en passant par les centristes, les gaullistes, les libéraux, on s'est rendu compte qu'on avait des préoccupations communes. Et au fond, le vrai débat citoyen, il faut du temps, d'abord. On a mis plus d'un an pour débattre de ces sujets. Il faut de la pluralité et il faut de la modestie. Voilà. Et à ce moment-là, ça change les certitudes individuelles que nous avons tous vis-à-vis de la mort en un doute collectif. Et le doute collectif est assez fertile…
