Est-ce que la décision, à ce moment-là, elle est vraiment totalement libre de dire, allez, c'est terminé, je veux qu'on m'injecte ce fameux sérum, je veux en finir ?
Réponse partielle– Oui, c'est important, parce qu'en fait, c'est un conflit de valeurs, l'éthique. Et là, on a un conflit de valeurs entre la liberté de celui qui dit « c'est mon choix, c'est ma vie », et celui qui dit « je te protège malgré toi ». Et donc, c'est au fond, l'individu contre le collectif, ou plutôt le collectif qui dit « je vais te protéger, et je vais t'aider, même si tu te trouves dans une situation dans laquelle tu me réclames la mort ». Et effectivement, pourquoi on est dans cette situation ? Parce que la liberté, c'est compliqué à définir. Est-ce que celui qui dit « je veux mourir », est-ce qu'il veut vraiment mourir, ou est-ce qu'il passe un message « je ne veux plus souffrir comme je s…
« – Oui, c'est important, parce qu'en fait, c'est un conflit de valeurs, l'éthique. Et là, on a un conflit de valeurs entre la liberté de celui qui dit « c'est mon choix, c'est ma vie », et celui qui dit « je te protège malgré toi ». Et donc, c'est au fond, l'individu contre le collectif, ou plutôt le collectif qui dit « je vais te protéger, et je vais t'aider, même si tu te trouves dans une situation dans laquelle tu me réclames la mort ». Et effectivement, pourquoi on est dans cette situation ? Parce que la liberté, c'est compliqué à définir. Est-ce que celui qui dit « je veux mourir », est-ce qu'il veut vraiment mourir, ou est-ce qu'il passe un message « je ne veux plus souffrir comme je souffre à l'heure actuelle, je ne veux pas être abandonné ». Et donc, effectivement, le discernement, il est altéré dans la souffrance. Quand vous avez une douleur atroce, vous êtes prêt à prendre n'importe quoi, et même à demander la mort pour que cette douleur cesse. Et puis, il y a ce que vous avez évoqué, et qui est terrible dans une société, c'est le fait de se sentir de trop. La deuxième raison qui arrive dans la demande de mort, la première, c'est la souffrance, la deuxième, c'est « je suis un poids pour la société et pour ma famille ». Eh bien, une société qui dit « il y a des hommes et des femmes qui sont de trop dans la société », eh bien, c'est une société qui se perd. Il faut qu'on dise à chacun, au plus vulnérable, à celui qui est en fin de vie, à celui qui a perdu ses facultés cognitives, « tu vaux encore pour nous » et que dans le regard de l'autre, il y ait cette capacité à dire « tu es encore humain, tu es encore une personne humaine et je te respecte en tant que tel ». »
