Des défis, vous êtes prêts à les relever, vous, ces défis ?
Réponse directeIl est évident que je me prépare, et avec d'autres, qu'on se prépare à être...
« Il est évident que je me prépare, et avec d'autres, qu'on se prépare à être... »

Ce registre relie les questions posées aux éléments effectivement observés dans les réponses. Il présente le corpus, ses limites et les passages sources, sans note globale ni comparaison entre personnes.
Cette page est la piste d’audit de la fiche de synthèse. Elle permet de retrouver la question, la réponse retenue et la preuve utilisée.
Les questions multiples sont séparées pour ne pas confondre plusieurs demandes dans une même mesure.
La catégorie indique ce qui est observable dans la réponse, sans juger la personne ni la position défendue.
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Répartition sur 1850 questions évaluables
Une réponse à côté signifie que la demande centrale n’est pas traitée, même si le passage est long ou argumenté.
Il est évident que je me prépare, et avec d'autres, qu'on se prépare à être...
« Il est évident que je me prépare, et avec d'autres, qu'on se prépare à être... »
Mécanismes, contraintes, arbitrages, objections et références explicitement présents dans les réponses, classés par domaine et reliés aux passages d’origine.
Passages où cet élément est explicitement observable.
« pas normal qu'on soit 36 par classe. C'est-à-dire qu'on ne veut plus de parcours sup. Et sur ces demandes de base, cinq semaines plus tard, il n'y a toujours pas de décision du gouvernement. Non, le temps approche. Donc, »
'abord, quand un proviseur démissionne les menaces et avec des craintes pour sa sécurité et pour celles de ses collègues, c'est évidemment la République qui recule.
« 'abord, quand un proviseur démissionne »
« les menaces et avec des craintes pour sa sécurité et pour celles de ses collègues, c'est évidemment la République qui recule. »
Je suis François Ruffin, je suis député de la première circonscription de la Somme. Je me définis comme député reporter, puisque ça fait 24 ans maintenant que j'ai fondé un journal dans ma ville à Amiens. J'en suis plus le rédacteur en chef, j'en suis plus le directeur, j'en suis plus rien du tout. Mais voilà, dans la durée, je me suis construit comme reporter pour la presse papier, puis pour la radio avec France Inter à la basse, si j'y suis. Et enfin, j'ai réalisé des documentaires, notamment Merci Patron.
« Je suis François Ruffin, je suis député de la première circonscription de la Somme. Je me définis comme député reporter, puisque ça fait 24 ans maintenant que j'ai fondé un journal dans ma ville à Amiens. J'en suis plus le rédacteur en chef, j'en suis plus le directeur, j'en suis plus rien du tout. Mais voilà, dans la durée, je me suis construit comme reporter pour la presse papier, puis pour la radio avec France Inter à la basse, si j'y suis. Et enfin, j'ai réalisé des documentaires, notamment Merci Patron. »
Pour être juste, les salariés les plus précaires, ils ont voté à gauche. C'est les salariés qui sont dans une espèce d'entre-deux qui peuvent davantage se tourner vers le Rassemblement National. Voilà. Bon, mais c'est pas de l'ordre du détail, mais c'est la réalité des choses d'aujourd'hui. Le problème de la gauche, c'est que pendant 40 ans, elle n'a pas été de gauche. À partir du milieu des années 80, il y a eu un choix d'abandon des ouvriers, en particulier. Quand on met en place des politiques de libre-échange, quand on élargit l'Union européenne à l'Est, que dans un coin comme le mien, qui était un coin industriel, qu'il demeure quand même en partie, mais qu'on a des délocalisations en…
« Pour être juste, les salariés les plus précaires, ils ont voté à gauche. »
« C'est les salariés qui sont dans une espèce d'entre-deux qui peuvent davantage se tourner vers le Rassemblement National. Voilà. Bon, mais c'est pas de l'ordre du détail, mais c'est la réalité des choses d'aujourd'hui. Le problème de la gauche, c'est que pendant 40 ans, elle n'a pas été de gauche. À partir du milieu des années 80, il y a eu un choix d'abandon des ouvriers, en particulier. Quand on met en place des politiques de libre-échange, quand on élargit l'Union européenne à l'Est, que dans un coin comme le mien, qui était un coin industriel, qu'il demeure quand même en partie, mais qu'on a des délocalisations en série, alors je te fais la liste un peu, mais Magneti-Marelli, Whirlpool, Onewell, Goodyear, Whirlpool, il y avait eu le lave-linge, il y a eu le sèche-linge, Paris-Yosèche de France, Abélia, et que dans cette masse-là, ça part vers la Slovaquie, la Pologne et la Roumanie. Ça veut dire que la gauche, quand elle fait ça, elle détruit la branche sur laquelle elle est assise, elle détruit la classe ouvrière qui, fatalement, va aller chercher d'autres options, d'autres solutions qui vont lui parler de protection. Donc, on a un souci aujourd'hui, c'est qu'on porte un héritage de 40 ans d'une gauche qui n'a pas été de gauche, 40 ans d'une gauche qui a renoncé pour les gens qui votaient pour elle, qui a détruit sa propre base. Donc, c'est un souci d'incarner ça auprès de gens qui ont pu en être dégoûtés. Donc, il y a un enjeu à ce niveau-là de retrouver un lien avec les classes populaires qui a une confiance qui se renoue et ça ne se fait pas comme ça en claquant des doigts. Et je ne dis pas que tout ça soit simple. Donc, je pense que la gauche, elle doit se réancrer dans les classes populaires, elle doit se réancrer dans le monde du travail sans que ça soit exclusif. Les quartiers populaires, elle doit leur parler, je dis la France des bourgs et la France des Tours, elle doit parler au mouvement féministe. Enfin, il y a une conjonction de causes aujourd'hui qu'il s'agit de porter. Mais ne pas oublier, moi, c'est vrai que j'ai fondé mon journal en 99 parce qu'on est dans un temps où, comme le reprochait Pierre Moroy à Lionel Jospin dans sa campagne de 2002, on n'ose plus prononcer le mot ouvrier. Ce n'est pas un gros mot. Pourquoi ? Parce qu'à l'époque, c'était has-been. C'était du passé, c'était dépassé. Les usines, ça puait, ça polluait. Ce n'est pas dépassé aujourd'hui ? Non, aujourd'hui, je pense qu'il y a des grands changements. Il y a un grand retour. Il y a un retour de la question du travail, il y a un retour de la question ouvrière, il y a un retour des classes populaires. On ne vit plus le même temps. L'industrie, je veux dire, le premier, le plus grand des retourneurs de veste, c'est Emmanuel Macron qui en 2017 était élu sur le mode Start-up Nation. Le truc schumpeterien, de la destruction créatrice, s'il y a des vieilles usines qui ferment, tant mieux, parce qu'au fond, ça va se recréer en mieux ailleurs et c'est ça qui sera la création de valeurs. Voilà, tout ce baratin qu'on a entendu pendant 40 ans et c'est l'homme qui vient te dire maintenant, il faudrait industrialiser le pays. Il faut retrouver la souveraineté des mots qui lui étaient auparavant interdits. Ce ne sont pour l'instant que des mots. Mais enfin, dans le discours, ça change. Dans l'idéologie, ça change. »
Tous les salariés, je pense que c'est vaste en tout cas, c'est très très vaste. Donc, il y a évidemment des gens qui le sont plus que d'autres. Il y a des secteurs qui le sont plus que d'autres. Aujourd'hui, ce qui craque, c'est le médico-social. On voit que dans le bâtiment, dans la construction, il y a eu des progrès qui ont été faits. Il y a moins d'accidents du travail, je ne dis pas que ce soit parfait, c'est là où il reste beaucoup de morts au travail, mais ça va mieux. En revanche, on a tout le médico-social qui par exemple craque et je dirais de l'aide-soignante, jusqu'au cadre, ça craque partout. Et c'est très large le sentiment d'avoir un travail empêché, de ne pas pouvoir bien fa…
« Tous les salariés, je pense que c'est vaste en tout cas, c'est très très vaste. Donc, il y a évidemment des gens qui le sont plus que d'autres. Il y a des secteurs qui le sont plus que d'autres. Aujourd'hui, ce qui craque, c'est le médico-social. On voit que dans le bâtiment, dans la construction, il y a eu des progrès qui ont été faits. Il y a moins d'accidents du travail, je ne dis pas que ce soit parfait, c'est là où il reste beaucoup de morts au travail, mais ça va mieux. En revanche, on a tout le médico-social qui par exemple craque et je dirais de l'aide-soignante, jusqu'au cadre, ça craque partout. »
« Et c'est très large le sentiment d'avoir un travail empêché, de ne pas pouvoir bien faire son travail. Mais je donne des stats là et pour montrer comment le travail, ce n'est pas allégé. On pourrait croire, maintenant qu'il y a du numérique, de l'informatique, de l'électronique, on pourrait croire que le travail est devenu plus léger, qu'il ne s'agit plus que d'envoyer des mails à distance et que tout ça est cool. Non, la réalité du travail, ce n'est pas ça. La réalité du travail, quand on regarde les stats, c'est en 1914, on avait 12% des salariés qui disaient avoir une triple contrainte physique. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire porter des charges lourdes, se baisser régulièrement. Bon, c'était 12%. On est passé à 36%. Donc, le travail s'est alourdi. Et en fait, 36% en général, mais c'est 63% chez les ouvriers. Donc, on voit très bien que ça pèse plus quand même sur les uns que sur les autres. Mais si on prend les trois contraintes psychiques maintenant, non plus physiques, mais psychiques, c'est-à-dire devoir remplir plusieurs tâches en même temps, devoir terminer son travail dans l'heure, ce genre de choses, on est passé de 6% à 36%. Donc, et là encore, ça pèse plus sur les ouvriers employés que sur les cadres, mais ça pèse aussi sur les cadres. Donc, en tout cas, on peut dire qu'il y a comme un continent aujourd'hui du mal-travail, que dans l'enseignement, quand on est soignant, on a évidemment le sentiment d'un mal-travail, mais quand on est enseignant, il y a le sentiment d'un mal-travail aussi. Par exemple, des enseignants en lycée professionnel qui disent, ben voilà, avant, on avait, je ne sais pas, 6 heures de français, on pouvait lire avec les personnes. Maintenant, on a des élèves en face de nous qui ont du mal à lire et à écrire et tout ce qu'on nous donne, c'est des demi-heures par-ci, des demi-heures par-là. On n'a plus le temps de vraiment progresser avec eux. Et du coup, ça fait perdre du sens à notre travail. On se demande quel est le sens de notre travail si on ne parvient plus à progresser avec nos élèves. »
Je pense qu'il y a un changement d'époque pour moi qui se produit, mais qui date, qui se produit en fait au milieu des années 70. Qui est quoi ? Qui est que jusqu'à maintenant, jusqu'alors, je ne sais pas que tout était parfait, loin de là, le travail des enfants, enfin la mine, mais il y avait le sentiment que le plus amenait à du mieux. On produisait plus et on vivait mieux. Pourquoi ? Parce que quand on s'est mis à produire plus, ça se voit sur l'espérance de vie, ça se voit sur le taux de mortalité infantile, la productivité, l'augmentation du PIB était corrélée à des indices de bien-être. Et en fait, il y a une décorrélation qui se passe à partir du milieu des années 70 qui fait que la…
« Je pense qu'il y a un changement d'époque pour moi qui se produit, mais qui date, qui se produit en fait au milieu des années 70. Qui est quoi ? Qui est que jusqu'à maintenant, jusqu'alors, je ne sais pas que tout était parfait, loin de là, le travail des enfants, enfin la mine, mais il y avait le sentiment que le plus amenait à du mieux. On produisait plus et on vivait mieux. Pourquoi ? Parce que quand on s'est mis à produire plus, ça se voit sur l'espérance de vie, ça se voit sur le taux de mortalité infantile, la productivité, l'augmentation du PIB était corrélée à des indices de bien-être. Et en fait, il y a une décorrélation qui se passe à partir du milieu des années 70 qui fait que la production, le PIB continue à augmenter mais que les indices de bien-être n'augmentent plus. Pourquoi ? Parce qu'à partir du moment où tu as bien mangé, bien mangé deux fois, ça ne sert à rien. À partir du moment où tu as un frigo, avoir un deuxième frigo, c'est un progrès limité. Maintenant, qu'est-ce qu'on nous propose comme progrès ? C'est le passage à la 4G, 5G, 6G qui nous permettra juste de pouvoir regarder des vidéos de Lorraine dans le métro. C'est un progrès qui est quand même limité par rapport à pouvoir se chauffer, par exemple. Donc, je pense qu'à partir du milieu des années 70, se mettent en place des interrogations qui n'avaient plus cours auparavant. Bon, et après, des interrogations qui sont tues, qui sont écrasées, par quoi ? Par le chômage. Parce qu'il y a des gens qui vont avoir le choix, on parle des diplômés du supérieur, de quel métier ils vont faire, comment ils vont s'organiser, est-ce qu'ils vont avoir le télétravail, la semaine de 4 jours. Tant mieux pour eux. Mais moi, je vise l'unité de la nation. Je veux que ce qui se passe, le progrès qui peut être apporté à Mickaël, à Lorraine, bon, ils vaillent pour le chariste, ils vaillent pour l'auxiliaire de vie, tu vois, et qu'il y ait, quelque part, un progrès humain pour tous dans notre pays. Donc, à partir de ce moment-là, c'est des règles qu'on se fixe et qu'on respecte. Et donc, le chômage, il y avait ce soulèvement, quelque part, ce désir d'autre chose qui émergeait après 68 et ainsi de suite, qui avait des interrogations sur le travail, les gens qui se sont établis, qui sont allés travailler à l'usine et bien qu'ils étaient des intellectuels. Enfin, il y avait une espèce de fourmillement comme ça que je reviens sur le libre-échange, je reviens sur restaurer de l'apathie politique, je reviens sur, voilà, qui fait que les délocalisations, que la peur s'est installée dans les cœurs. Tu sais, on ne vit plus les jours heureux, aujourd'hui, on vit des jours peureux. Et voilà, si on ne comprend pas la peur qui habite les classes populaires, en particulier, la peur pour soi de perdre son travail, mais la peur pour ses enfants qui ne trouvent pas leur place dans la société, si on ne place pas ce mot peur au cœur, on ne comprend rien. Et donc, voilà, il s'agit de chasser la peur et les interrogations sur le travail reviennent, peut-être parce qu'il y a un peu plus d'emplois, mais elles reviennent aussi peut-être parmi des gens qui ont davantage de choix. »
changement de la sécurité sociale mais je ne pense pas que je ne dis pas à aucun endroit dans le livre que les médecins sont les complices de ça, volontaires de ça. Je dis qu'il y a une volonté de nos dirigeants politiques et économiques, j'y reviendrai. Mais enfin, la sécurité sociale avait été pensée en 1945 avec comme premier objectif de prévenir et ensuite de réparer et on voit très bien que la réparation est venue par-dessus la prévention. Mais c'est aussi un psychiatre, par exemple, à l'hôpital Psy Damien-Philippe Pinel qui me dit avant quand les gens n'allaient pas bien au travail, ils contactaient leurs collègues syndicalistes, ils se mettaient d'accord au sein de leur bureau, ils p…
« changement de la sécurité sociale mais je ne pense pas que je ne dis pas à aucun endroit dans le livre que les médecins sont les complices de ça, volontaires de ça. Je dis qu'il y a une volonté de nos dirigeants politiques et économiques, j'y reviendrai. Mais enfin, la sécurité sociale avait été pensée en 1945 avec comme premier objectif de prévenir et ensuite de réparer et on voit très bien que la réparation est venue par-dessus la prévention. Mais c'est aussi un psychiatre, par exemple, à l'hôpital Psy Damien-Philippe Pinel qui me dit avant quand les gens n'allaient pas bien au travail, ils contactaient leurs collègues syndicalistes, ils se mettaient d'accord au sein de leur bureau, ils protestaient ensemble, maintenant ils viennent me voir et je leur donne des cachets. Donc, quelque part, on peut dire qu'ils participent de ça mais ce n'est pas du tout. C'est une conséquence. C'est une conséquence. Ils gèrent les dégâts du mal-travail, il faut les évoquer mais qui sont puissants dans les esprits, le burn-out, les risques psychosociaux. C'est devenu une véritable épidémie chez les cadres. On parle d'amiante contemporain à propos des risques psychosociaux. Mais en revanche, je ne dis pas qu'il y a eu un complot et qu'il y a une mécanique qui s'est mise en place en sachant que à telle date on allait développer les contrats d'auto-entrepreneurs. Je dis que jour après jour, il y a un pacte non pas pour le travail mais il y a un pacte contre le travail. Je te donne l'exemple le plus récent. Hier, je suis à l'Assemblée nationale, il y a une directive européenne. Ma collègue Leïla Chebi au Parlement européen a pesé pour que les travailleurs des plateformes Uber, Deliveroo et compagnie il y ait une présomption de salariat et qu'ils aient des droits au chômage, à la retraite, à la sécurité sociale, à un salaire minimum. Ça a été accepté par le Parlement européen, voté par le Parlement européen, ça a été accepté par la Commission européenne et on a les macronistes et Emmanuel Macron en personne qui entravent ça, qui refusent qu'il y ait cette présomption de salariat. Hier, on avait un débat en Commission des Affaires européennes pour ou contre ce texte-là. Ils s'y sont opposés. C'est-à-dire que l'Europe propose un progrès et on a les macronistes qui s'y opposent. L'air de rien, c'est un acte contre le travail. Quand on fait le choix de développer comme ça se produit aujourd'hui, c'est 2,4 millions d'auto-entrepreneurs. La grande transformation du marché de l'emploi sur Macron, c'est pour la première fois dans notre histoire le recul des CDI. Ça a reculé de 5 points. C'est énorme. Depuis l'après-guerre, tout le temps, le nombre de personnes salariées en CDI, ça a progressé et là, pour la première fois, ça recule. Ça recule au bénéfice des auto-entrepreneurs et on est le deuxième pays dans l'Union européenne derrière la Hongrie pour le développement des auto-entrepreneurs. C'est un pacte contre le travail. Et c'est une volonté politique ? Ça ne vient pas des citoyens ? Non. Là, en l'occurrence, il y a une volonté politique de dire c'est ça qu'on va développer. C'est Emmanuel Macron qui dit je ne vais pas réglementer Uber et Deliveroo sinon il ne va plus rester aux jeunes de banlieue qu'à devenir dealer. Bon, dealer ou Uber, c'est quand même une alternative qui n'est pas très joyeuse plutôt que de dire vous allez avoir un métier qui va vous garantir un statut en revenu, une stabilité qui va vous permettre de vous procher dans la vie, de fonder une famille, d'avoir une maison. Enfin, vous voyez, c'est un choix. Et alors, depuis 40 ans, il y a quand même un projet. Je cite souvent un économiste ultra-libéral américain qui s'appelle Gary Baker qui a reçu le prix de la Banque de Suède d'économie, c'est-à-dire le prix Nobel. En 1993, et c'est un moment clé de notre histoire parce que 1993, c'est le moment où aux États-Unis, il y a l'accord de libre-échange nord-américain entre le Canada, le Mexique et les États-Unis. En Europe, c'est le traité de Maastricht et au niveau mondial, c'est les accords du GATT qui font faire notamment entrer l'agriculture dans la grande lessiveuse de la mondialisation. Bon, donc c'est un grand temps de libre-échange. Gary Baker dit qu'il nous faut le libre-échange avec les pays en voie de développement. Pourquoi ? Parce que la protection de l'environnement et les droits du salarié sont devenus trop élevés dans un certain nombre de pays comme le nôtre et la concurrence, le libre-échange va permettre de diminuer tout ça. Donc c'est-à-dire une très grande conscience chez les élites là de ce qu'allait entraîner la concurrence généralisée au niveau de la planète, des travailleurs entre eux avec un lien très présent dans leur esprit entre à la fois l'environnement et le social. Il faut voir que eux ont lié les deux. Ils se sont dit si on met en place le libre-échange, on va permettre de diminuer les deux. Donc il y a une pensée manifeste du côté de nos dirigeants politiques et économiques que face au progrès social, face au progrès environnemental, si on veut endiguer ça, voilà la stratégie. »
Je vais reposer la question. Pour moi, la clé, c'est la démocratie. Je le dis, aujourd'hui, le travail va mal dans notre pays, mais on sait quelle est la clé pour que ça aille mieux. Les salariés qui subissent des changements sans être informés ou en étant informés, mais sans être consultés ou en étant consultés mais sans avoir d'influence sur leur travail, on voit le taux de burn-out, le découragement au travail, de ne plus avoir le cœur à l'ouvrage qui gagne. D'accord ? En revanche, dès qu'on les informe, qu'on les consulte et qu'ils peuvent avoir une influence sur leur travail, ce n'est pas seulement qu'ils acceptent les changements, mais c'est que comme ils y participent, ils se sentent…
« Je vais reposer la question. Pour moi, la clé, c'est la démocratie. Je le dis, aujourd'hui, le travail va mal dans notre pays, mais on sait quelle est la clé pour que ça aille mieux. Les salariés qui subissent des changements sans être informés ou en étant informés, mais sans être consultés ou en étant consultés mais sans avoir d'influence sur leur travail, on voit le taux de burn-out, le découragement au travail, de ne plus avoir le cœur à l'ouvrage qui gagne. D'accord ? En revanche, dès qu'on les informe, qu'on les consulte et qu'ils peuvent avoir une influence sur leur travail, ce n'est pas seulement qu'ils acceptent les changements, mais c'est que comme ils y participent, ils se sentent mieux dans leur travail. Et ça, c'est documenté par tous les économistes, les sociologues du travail, mais c'est documenté par les syndicalistes, les assises nationales du travail voulues par Emmanuel Macron l'an dernier, elles demandaient ça, que les salariés soient écoutés et qu'ils aient de l'influence sur leur travail. Donc, on sait le chemin pour que les gens se sentent mieux, c'est cette question-là. Et donc, ce qui vaut l'entrée de la démocratie dans l'entreprise, je dis par le haut, par un tiers de salariés au conseil d'administration pour pouvoir peser sur les grandes orientations, mais à la base, avec des conseils d'atelier, les gens qui peuvent se réunir, je dis une fois par mois, une demi-journée par mois sans leur direction pour se demander qu'est-ce qui va, qu'est-ce qui ne va pas dans notre boulot et faire remonter ça. Bon, cette démocratie, ça vaut sur la technologie aussi. Quand on fait entrer le casque, commande vocale dans les ateliers de logistique, le souci, c'est que ça se fait seulement à l'initiative du patron qui balance ça aux salariés sans leur demander qu'est-ce qu'ils veulent comme contrepartie, dans quelles conditions ça doit se mettre en œuvre, et ainsi de suite. Et que, si ça se trouve, ce qui est vécu comme une violence et une dégradation du travail pourrait être vécu positivement si jamais il y avait davantage de temps de poste, enfin, voilà, tu prends les caisses automatiques chez les caissières, on leur impose, on ne leur donne pas le choix, c'est le capital qui décide avec une seule fin qui est le profit. Et ça, il y a eu des textes qui ont été rédigés dès les années 68 chez Docker de San Francisco, enfin, des très beaux textes qui disent, voilà, le progrès technologique, il peut être un progrès humain, mais il peut être le contraire aussi. Et c'est à nous, travailleurs, de décider que de comment on l'accepte ou pas dans notre entreprise. Il n'y a pas l'innovation technologique, elle n'est pas bien ou mal en soi, elle dépend de ce qu'on en fait. Mais ça, ça ne doit pas être seulement aux patrons, aux actionnaires d'en décider avec une seule fin qui est les chiffres, le profit, mais ça doit être traduit par les salariés qui se demandent qu'est-ce qu'ils en font eux aussi. »
« La crise technologique, tu veux dire ? Non, la crise de manière en plus. D'abord, rappelez que ce mal-travail a un coût gigantesque dans notre pays, c'est un coût humain, c'est 100 000 personnes qui, tous les ans, sortent du travail broyées psychiquement, physiquement. C'est le plus grand des plans sociaux. C'est l'équivalent de ma ville d'Amiens qui serait licenciée tous les ans et qui ne retrouverait pas de boulot derrière parce qu'ils iraient tellement mal. C'est toute l'industrie automobile qui disparaît très chaque année. Donc, c'est gigantesque. Ça a un coût pour la sécurité sociale, ce sont des dizaines de milliards d'euros. Ça a un coût pour les entreprises parce qu'il y a du turnover, de l'absentéisme et ça a un coût pour la société puisqu'en fait, il y a des secteurs qui sont quasiment paralysés. L'aide à domicile aujourd'hui va très mal à cause de ces conditions de travail. Les crèches, on a du mal à recruter à cause des conditions de travail. Donc, ça a un coût gigantesque et évidemment, ce qui apparaît comme une clé, c'est que les salariés soient associés, qu'ils puissent discuter, qu'en fait, il y ait quasiment une reprise de parole et que la reprise de parole contribue à une reprise de pouvoir. »
Je pense qu'il y a un changement d'époque pour moi qui se produit, mais qui date, qui se produit en fait au milieu des années 70. Qui est quoi ? Qui est que jusqu'à maintenant, jusqu'alors, je ne sais pas que tout était parfait, loin de là, le travail des enfants, enfin la mine, mais il y avait le sentiment que le plus amenait à du mieux. On produisait plus et on vivait mieux. Pourquoi ? Parce que quand on s'est mis à produire plus, ça se voit sur l'espérance de vie, ça se voit sur le taux de mortalité infantile, la productivité, l'augmentation du PIB était corrélée à des indices de bien-être. Et en fait, il y a une décorrélation qui se passe à partir du milieu des années 70 qui fait que la…
« Je pense qu'il y a un changement d'époque pour moi qui se produit, mais qui date, qui se produit en fait au milieu des années 70. Qui est quoi ? Qui est que jusqu'à maintenant, jusqu'alors, je ne sais pas que tout était parfait, loin de là, le travail des enfants, enfin la mine, mais il y avait le sentiment que le plus amenait à du mieux. On produisait plus et on vivait mieux. Pourquoi ? Parce que quand on s'est mis à produire plus, ça se voit sur l'espérance de vie, ça se voit sur le taux de mortalité infantile, la productivité, l'augmentation du PIB était corrélée à des indices de bien-être. Et en fait, il y a une décorrélation qui se passe à partir du milieu des années 70 qui fait que la production, le PIB continue à augmenter mais que les indices de bien-être n'augmentent plus. Pourquoi ? Parce qu'à partir du moment où tu as bien mangé, bien mangé deux fois, ça ne sert à rien. À partir du moment où tu as un frigo, avoir un deuxième frigo, c'est un progrès limité. Maintenant, qu'est-ce qu'on nous propose comme progrès ? C'est le passage à la 4G, 5G, 6G qui nous permettra juste de pouvoir regarder des vidéos de Lorraine dans le métro. C'est un progrès qui est quand même limité par rapport à pouvoir se chauffer, par exemple. Donc, je pense qu'à partir du milieu des années 70, se mettent en place des interrogations qui n'avaient plus cours auparavant. Bon, et après, des interrogations qui sont tues, qui sont écrasées, par quoi ? Par le chômage. Parce qu'il y a des gens qui vont avoir le choix, on parle des diplômés du supérieur, de quel métier ils vont faire, comment ils vont s'organiser, est-ce qu'ils vont avoir le télétravail, la semaine de 4 jours. Tant mieux pour eux. Mais moi, je vise l'unité de la nation. Je veux que ce qui se passe, le progrès qui peut être apporté à Mickaël, à Lorraine, bon, ils vaillent pour le chariste, ils vaillent pour l'auxiliaire de vie, tu vois, et qu'il y ait, quelque part, un progrès humain pour tous dans notre pays. Donc, à partir de ce moment-là, c'est des règles qu'on se fixe et qu'on respecte. Et donc, le chômage, il y avait ce soulèvement, quelque part, ce désir d'autre chose qui émergeait après 68 et ainsi de suite, qui avait des interrogations sur le travail, les gens qui se sont établis, qui sont allés travailler à l'usine et bien qu'ils étaient des intellectuels. Enfin, il y avait une espèce de fourmillement comme ça que je reviens sur le libre-échange, je reviens sur restaurer de l'apathie politique, je reviens sur, voilà, qui fait que les délocalisations, que la peur s'est installée dans les cœurs. Tu sais, on ne vit plus les jours heureux, aujourd'hui, on vit des jours peureux. Et voilà, si on ne comprend pas la peur qui habite les classes populaires, en particulier, la peur pour soi de perdre son travail, mais la peur pour ses enfants qui ne trouvent pas leur place dans la société, si on ne place pas ce mot peur au cœur, on ne comprend rien. Et donc, voilà, il s'agit de chasser la peur et les interrogations sur le travail reviennent, peut-être parce qu'il y a un peu plus d'emplois, mais elles reviennent aussi peut-être parmi des gens qui ont davantage de choix. »
Il y a une volonté de nos dirigeants politiques et économiques. Évidemment, il faut voir dans quel temps se situe cette histoire-là. Je m'excuse, je me situe dans un temps qui est un temps long. Le temps long, après mai 68, on a de la Picardie jusqu'aux États-Unis. On a une classe ouvrière qui est en conquête. Moi, y compris dans des coins où il n'y avait jamais eu de grève, il y a des grèves, les salaires montent, on obtient des jours de congés supplémentaires. Voilà, il y a une émulation. Là, il y a un rapport qui est rendu à ce moment-là à la Commission Trilatérale qui réunit les élites américaines, européennes et japonaises. C'est Huntington qui va écrire plus tard le choc des civilisat…
« Il y a une volonté de nos dirigeants politiques et économiques. Évidemment, il faut voir dans quel temps se situe cette histoire-là. Je m'excuse, je me situe dans un temps qui est un temps long. Le temps long, après mai 68, on a de la Picardie jusqu'aux États-Unis. On a une classe ouvrière qui est en conquête. Moi, y compris dans des coins où il n'y avait jamais eu de grève, il y a des grèves, les salaires montent, on obtient des jours de congés supplémentaires. Voilà, il y a une émulation. Là, il y a un rapport qui est rendu à ce moment-là à la Commission Trilatérale qui réunit les élites américaines, européennes et japonaises. C'est Huntington qui va écrire plus tard le choc des civilisations, donc un intellectuel ultra-libéral à nouveau et qui dit dans ce rapport qui s'appelle Crisis of Democracy, crise de démocratie, il dit en fait qu'il y a trop de démocratie. On a un problème, c'est que les salariés, les ouvriers, ils prennent la démocratie au sérieux. Ils participent, ils s'organisent, ils votent. Comment vous voulez que les dirigeants dirigent tranquillement ? Comment vous voulez que les gouvernants gouvernent tranquillement ? Ce n'est pas possible. La démocratie, c'est bien, mais quand les noirs ne votent pas, quand les femmes ne votent pas, quand les pauvres ne votent pas, s'ils se mettent à participer à tout ça, c'est le bazar. Et il écrit texto dans son rapport, il nous faut restaurer de l'apathie politique. Et donc, comprendre qu'il y a un projet et la reconquête. Aujourd'hui, »
« Je pense qu'aujourd'hui, quand le dimanche soir, au soir d'une élection, les dirigeants politiques passent à la télévision en disant regardez l'abstention, c'est navrant, cette abstention les arrange. Ce sont des larmes de crocodile. Et donc, il y a évidemment un intérêt des dirigeants économiques à ce que les salariés ne se mêlent pas de ces affaires-là, ne se mêlent pas des affaires de l'entreprise. Bon, c'est sûr que ce que je préconise contre le mal-travail, on en revient vite aux solutions, mais ce que je préconise contre le mal-travail, c'est l'entrée de la démocratie dans l'entreprise. Mais Jaurès disait la révolution a fait des Français des rois dans la cité, mais il les a laissé serre dans l'entreprise. Bon, je ne pense pas qu'on soit des rois dans la cité. Et ça reste à conquérir. Vous pensez vraiment qu'aujourd'hui, nos dirigeants, ils souhaitent qu'on se mêle de nos affaires, qu'on choisisse quelle retraite on veut ? On l'a bien vu l'an dernier. Même s'il y a 80% des salariés, même s'il y a des millions de Français qui disent non, on ne veut pas des 64 ans, ils y vont quand même. »
En fait, le point de départ du livre, c'est pendant la crise des retraites où me rendant dans les manifestations ou sur les ronds-points, j'entends des gens qui me parlent de leur mal de dos, mais aussi de leur mal de tête au travail, qui me parlent de leur malaise, de leur mal-être au travail. Et ça vient presque plus que les deux ans de plus que les 64 ans, qui sont un souci évidemment à l'époque. Mais donc, je ressens ce mal-travail, c'est-à-dire comment les Français aiment leur travail, peuvent être fiers de leur travail, mais n'aiment pas comment on leur fait faire leur travail. Donc, c'est le point de départ. Et en fait, c'est une dégradation. Ce n'est pas comme si c'était né d'aujour…
« En fait, le point de départ du livre, c'est pendant la crise des retraites où me rendant dans les manifestations ou sur les ronds-points, j'entends des gens qui me parlent de leur mal de dos, mais aussi de leur mal de tête au travail, qui me parlent de leur malaise, de leur mal-être au travail. Et ça vient presque plus que les deux ans de plus que les 64 ans, qui sont un souci évidemment à l'époque. Mais donc, je ressens ce mal-travail, c'est-à-dire comment les Français aiment leur travail, peuvent être fiers de leur travail, mais n'aiment pas comment on leur fait faire leur travail. Donc, c'est le point de départ. Et en fait, c'est une dégradation. Ce n'est pas comme si c'était né d'aujourd'hui. Ce n'était pas comme si c'était la première fois que je l'entendais. Même si là, ça surgissait. Et dans une parole collective, où tout le monde venait, presque de concert, dire la même chose. Et d'ailleurs, c'est venu jusqu'aux oreilles du président de la République, puisqu'il avait promis à l'époque un nouveau pacte de la vie au travail, dont on ne voit pas l'ombre. Mais ce n'est pas comme si c'était né d'hier. Ce n'est pas comme si non plus c'était une fatalité. Ça a été une volonté. Ça a été une volonté des dirigeants économiques et des dirigeants politiques d'installer le mal-travail dans notre pays. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu le choix de considérer le travail, non pas comme étant un atout, mais comme étant un coût. À partir du moment où c'est un coût, ce coût, il faut le diminuer. Et donc, il faut écraser le coût. Mais en écrasant le coût, on écrase aussi le travail et les travailleurs. Et c'est ce qui se produit en vérité depuis 40 années. Alors, par des biais différents, le premier biais, ça va être évidemment sur les salaires. Parce qu'il faut répéter ça, même si ce n'est pas là-dessus que porte mon livre, c'est que les Français doivent pouvoir vivre de leur travail, bien en vivre et pas en survivre. Or, on a eu un écrasement des salaires à partir du milieu des années 80. Bon. Mais c'est les délocalisations qui fait qu'en fait, on va chercher du mal-travail avec des horaires impossibles, avec parfois du travail des enfants, au loin, parce que c'est une manière d'écraser les coûts. Et je dirais que ce mal-travail au loin, il revient comme un boomerang en France par d'autres biais. La sous-traitance, qui est bien souvent de la maltraitance. On le voit dans le ménage, on le voit chez les vigiles, enfin, on le voit dans un tas de secteurs où les conditions de travail des sous-traitants ne sont pas du tout celles des donneurs d'ordre. Bon. Ça vient aussi avec la question de la précarité, avec la montée, la multiplication par 3 du nombre de personnes en CDD ou en intérim, avec aujourd'hui, et c'est la nouveauté sous Emmanuel Macron, les auto-entrepreneurs, qui se comptent maintenant par millions, et c'est-à-dire des métiers avec statut et revenus qui se transforment en des bouts de boulot et qui n'assurent plus stabilité et sécurité pour les personnes. Et enfin, le dernier point, c'est les cadences. Et c'est cette phrase qui revient constamment quand on interroge les gens sur leur travail, c'est « on ne respire plus ». Que ça soit à l'hôpital, avec l'infirmière qui n'a plus le temps de s'asseoir sur le lit pour discuter 5 minutes avec une mamie, mais sort de la chambre à reculons en essayant de ne pas nouer contact, ça lui fait du mal à cette infirmière parce qu'elle sait qu'elle est là pour faire des actes, des piqûres, des prélèvements, prendre des températures, ok, mais elle est là aussi pour nouer du lien parce que le soin, c'est de l'humain. Mais de la même manière, dans la logistique, où les charistes peuvent expliquer comment depuis qu'il y a le casque avec la commande vocale, on est passé de 100 colis dans la journée à 350 colis, comment on n'arrête plus, comment on ne respire plus. C'est-à-dire que pour moi, le travail doit être finalement une espèce de brasse coulée où on fait une tâche, on respire, la respiration, c'est quoi ? C'est le café qu'on a pris avant, avant, c'est l'échange sur le match de foot de la veille, tu as vu comment l'OM a perdu, bon, enfin voilà, c'est ce type de petites choses-là qui font de la respiration à l'intérieur du travail. Et aujourd'hui, on est passé de la brasse coulée, on fait une tâche, on respire, on fait une tâche, on respire, à de l'apnée. On fait une tâche, on fait une tâche, on fait une tâche, on fait une tâche, et en fait, ça finit par peser à la fois sur les cœurs et sur les corps des gens qui craquent. »
C'est le problème de classe sociale ? Disons qu'on a, je décris, j'ai découvert en fait, parce que je découvre des choses en menant une enquête, et notamment dans un bouquin qui s'appelle Que sait-on du travail ? Le concept des planeurs. Vous savez, ce sont en vérité des cadres, mais qui n'appartiennent plus à l'entreprise, qui en sont détachés, soit au siège social, soit dans des cabinets conseils, mais qui, depuis leur tour d'ivoire, un peu éloigné, viennent prescrire au travail réel, à l'ouvrier, à l'infirmière, à tous les métiers, comment ils doivent faire leur travail. Par des processus, par des évaluations, par des objectifs chiffrés, et en vérité, l'ouvrier, l'infirmière, tous les tr…
« C'est le problème de classe sociale ? Disons qu'on a, je décris, j'ai découvert en fait, parce que je découvre des choses en menant une enquête, et notamment dans un bouquin qui s'appelle Que sait-on du travail ? Le concept des planeurs. Vous savez, ce sont en vérité des cadres, mais qui n'appartiennent plus à l'entreprise, qui en sont détachés, soit au siège social, soit dans des cabinets conseils, mais qui, depuis leur tour d'ivoire, un peu éloigné, viennent prescrire au travail réel, à l'ouvrier, à l'infirmière, à tous les métiers, comment ils doivent faire leur travail. Par des processus, par des évaluations, par des objectifs chiffrés, et en vérité, l'ouvrier, l'infirmière, tous les travailleurs se retrouvent en permanence à se heurter à ça. Par exemple, ce sont des logiciels où les agents d'accueil disent, il n'y a pas la case pour ça, je suis désolé, ça ne rentre pas dans la case, le logiciel qu'on m'a fait, parce que ça n'a pas été fait avec les salariés eux-mêmes. Et en fait, je pense qu'on a maintenant des planeurs gouvernementaux, c'est-à-dire des gens qui sont complètement détachés du travail réel, qui le méconnaissent, Bruno Le Maire, Gabriel Attal, Aurore Berger, qui ignorent ce qui est aujourd'hui la réalité du monde du travail, ce que je vous ai dit sur l'alourdissement du travail, l'intensification du travail, et qui pourtant viennent donner leurs ordres au travail réel depuis leur tour d'ivoire. »
Je pense qu'aujourd'hui, reposer la question du travail, c'est se demander de qu'est-ce qu'on a besoin, qu'est-ce qu'on n'a plus besoin, comment on veut le produire ou on veut le produire. C'est de se reposer ces questions-là. Mais donc, en revanche, on n'affrontera pas les défis climatiques sans travail. Transformer les logements en 5 millions de passoires thermiques, ça réclame du travail. Si on veut remettre les marchandises et les voyageurs davantage sur le rail, changer nos déplacements, c'est du travail. Si on veut, et moi je le souhaite, un atelier de réparation par quartier, par canton, c'est du travail. Si on veut une agriculture avec moins d'intrants chimiques, c'est du travail. E…
« Je pense qu'aujourd'hui, reposer la question du travail, c'est se demander de qu'est-ce qu'on a besoin, qu'est-ce qu'on n'a plus besoin, comment on veut le produire ou on veut le produire. C'est de se reposer ces questions-là. Mais donc, en revanche, on n'affrontera pas les défis climatiques sans travail. Transformer les logements en 5 millions de passoires thermiques, ça réclame du travail. Si on veut remettre les marchandises et les voyageurs davantage sur le rail, changer nos déplacements, c'est du travail. Si on veut, et moi je le souhaite, un atelier de réparation par quartier, par canton, c'est du travail. Si on veut une agriculture avec moins d'intrants chimiques, c'est du travail. Enfin, vous voyez, donc, il y a transformer la société, c'est du travail. Et bon, après, moi j'ai un point de vue un peu moral là-dessus aussi sur la question du travail. C'est-à-dire qu'au fond, je considère que la société, c'est du travail mis en commun. que quand je bois un verre, il y a une quantité de travail phénoménale. Il y a le verre lui-même, il y a l'eau qui a été filtrée, donc il y a une masse de travail derrière. Et je considère que chacun doit prendre sa part à ce travail commun. Donc voilà. Après, c'est qu'est-ce qui fait sens ou qu'est-ce qui ne fait pas sens ? Qu'est-ce qui... Alors voilà, après, je ne sais pas quel est le boulot de Lorraine, j'aimerais bien le savoir. Vous le savez, vous ou pas ? »
« en soi, disons que non seulement, pour bien souvent, ce n'est pas un travail qui est bon pour la planète, qui peut même être nuisible. S'il s'agit de vendre davantage de trucs qui ne servent à rien et qui polluent, c'est maintenant, peut-être qu'il y a... Pour moi, il y a à inventer des publicités qui peut-être feraient sens pour Lorraine. Ce qui n'est pas l'orientation de la société aujourd'hui. Mais par exemple, j'ai parlé du bâtiment. Je pense que de la même manière qu'on a des publicités qui disent on a besoin de vous pour entrer dans notre armée de terre et ainsi de suite, je pense qu'on devrait avoir des publicités devenez couvreurs, devenez zingueurs, entrez dans le bâtiment parce que vous pouvez participer à changer votre pays et la planète. Vous voyez ? Et donc peut-être que si elle participait à ce genre de publicité-là ou pour recruter des gens dans l'agriculture, peut-être que son travail aurait un sens. Donc le problème, »
Je suis François Ruffin, je suis député de la première circonscription de la Somme. Je me définis comme député reporter, puisque ça fait 24 ans maintenant que j'ai fondé un journal dans ma ville à Amiens. J'en suis plus le rédacteur en chef, j'en suis plus le directeur, j'en suis plus rien du tout. Mais voilà, dans la durée, je me suis construit comme reporter pour la presse papier, puis pour la radio avec France Inter à la basse, si j'y suis. Et enfin, j'ai réalisé des documentaires, notamment Merci Patron.
« Je suis François Ruffin, je suis député de la première circonscription de la Somme. Je me définis comme député reporter, puisque ça fait 24 ans maintenant que j'ai fondé un journal dans ma ville à Amiens. J'en suis plus le rédacteur en chef, j'en suis plus le directeur, j'en suis plus rien du tout. Mais voilà, dans la durée, je me suis construit comme reporter pour la presse papier, puis pour la radio avec France Inter à la basse, si j'y suis. Et enfin, j'ai réalisé des documentaires, notamment Merci Patron. »
Le problème, c'est que la jeunesse, elle subit une série d'écrasements dont l'écrasement au travail. C'est-à-dire qu'elle en rentre compte tenu de l'état du marché du travail par le plus mauvais bout bien souvent, de discuter avec Lorraine. C'est est-ce qu'elle trouve du sens à son travail? Est-ce qu'elle a le sentiment d'être une équipe là où elle travaille? Est-ce qu'elle éprouve de la joie dans son travail? C'est comme si le travail était détaché de sa vie quand elle le raconte. Je ne sais pas. Vous, est-ce que vous avez plaisir à venir ici et à Loire, c'est la galère et vous traînez des pieds tous les matins? Et à ce moment-là, si c'est cinq jours par semaine, ça fait beaucoup.
« Le problème, c'est que la jeunesse, elle subit une série d'écrasements dont l'écrasement au travail. C'est-à-dire qu'elle en rentre compte tenu de l'état du marché du travail par le plus mauvais bout bien souvent, »
« de discuter avec Lorraine. C'est est-ce qu'elle trouve du sens à son travail? Est-ce qu'elle a le sentiment d'être une équipe là où elle travaille? Est-ce qu'elle éprouve de la joie dans son travail? C'est comme si le travail était détaché de sa vie quand elle le raconte. Je ne sais pas. Vous, est-ce que vous avez plaisir à venir ici et à Loire, c'est la galère et vous traînez des pieds tous les matins? Et à ce moment-là, si c'est cinq jours par semaine, ça fait beaucoup. »
Pour être juste, les salariés les plus précaires, ils ont voté à gauche. C'est les salariés qui sont dans une espèce d'entre-deux qui peuvent davantage se tourner vers le Rassemblement National. Voilà. Bon, mais c'est pas de l'ordre du détail, mais c'est la réalité des choses d'aujourd'hui. Le problème de la gauche, c'est que pendant 40 ans, elle n'a pas été de gauche. À partir du milieu des années 80, il y a eu un choix d'abandon des ouvriers, en particulier. Quand on met en place des politiques de libre-échange, quand on élargit l'Union européenne à l'Est, que dans un coin comme le mien, qui était un coin industriel, qu'il demeure quand même en partie, mais qu'on a des délocalisations en…
« Pour être juste, les salariés les plus précaires, ils ont voté à gauche. »
« C'est les salariés qui sont dans une espèce d'entre-deux qui peuvent davantage se tourner vers le Rassemblement National. Voilà. Bon, mais c'est pas de l'ordre du détail, mais c'est la réalité des choses d'aujourd'hui. Le problème de la gauche, c'est que pendant 40 ans, elle n'a pas été de gauche. À partir du milieu des années 80, il y a eu un choix d'abandon des ouvriers, en particulier. Quand on met en place des politiques de libre-échange, quand on élargit l'Union européenne à l'Est, que dans un coin comme le mien, qui était un coin industriel, qu'il demeure quand même en partie, mais qu'on a des délocalisations en série, alors je te fais la liste un peu, mais Magneti-Marelli, Whirlpool, Onewell, Goodyear, Whirlpool, il y avait eu le lave-linge, il y a eu le sèche-linge, Paris-Yosèche de France, Abélia, et que dans cette masse-là, ça part vers la Slovaquie, la Pologne et la Roumanie. Ça veut dire que la gauche, quand elle fait ça, elle détruit la branche sur laquelle elle est assise, elle détruit la classe ouvrière qui, fatalement, va aller chercher d'autres options, d'autres solutions qui vont lui parler de protection. Donc, on a un souci aujourd'hui, c'est qu'on porte un héritage de 40 ans d'une gauche qui n'a pas été de gauche, 40 ans d'une gauche qui a renoncé pour les gens qui votaient pour elle, qui a détruit sa propre base. Donc, c'est un souci d'incarner ça auprès de gens qui ont pu en être dégoûtés. Donc, il y a un enjeu à ce niveau-là de retrouver un lien avec les classes populaires qui a une confiance qui se renoue et ça ne se fait pas comme ça en claquant des doigts. Et je ne dis pas que tout ça soit simple. Donc, je pense que la gauche, elle doit se réancrer dans les classes populaires, elle doit se réancrer dans le monde du travail sans que ça soit exclusif. Les quartiers populaires, elle doit leur parler, je dis la France des bourgs et la France des Tours, elle doit parler au mouvement féministe. Enfin, il y a une conjonction de causes aujourd'hui qu'il s'agit de porter. Mais ne pas oublier, moi, c'est vrai que j'ai fondé mon journal en 99 parce qu'on est dans un temps où, comme le reprochait Pierre Moroy à Lionel Jospin dans sa campagne de 2002, on n'ose plus prononcer le mot ouvrier. Ce n'est pas un gros mot. Pourquoi ? Parce qu'à l'époque, c'était has-been. C'était du passé, c'était dépassé. Les usines, ça puait, ça polluait. Ce n'est pas dépassé aujourd'hui ? Non, aujourd'hui, je pense qu'il y a des grands changements. Il y a un grand retour. Il y a un retour de la question du travail, il y a un retour de la question ouvrière, il y a un retour des classes populaires. On ne vit plus le même temps. L'industrie, je veux dire, le premier, le plus grand des retourneurs de veste, c'est Emmanuel Macron qui en 2017 était élu sur le mode Start-up Nation. Le truc schumpeterien, de la destruction créatrice, s'il y a des vieilles usines qui ferment, tant mieux, parce qu'au fond, ça va se recréer en mieux ailleurs et c'est ça qui sera la création de valeurs. Voilà, tout ce baratin qu'on a entendu pendant 40 ans et c'est l'homme qui vient te dire maintenant, il faudrait industrialiser le pays. Il faut retrouver la souveraineté des mots qui lui étaient auparavant interdits. Ce ne sont pour l'instant que des mots. Mais enfin, dans le discours, ça change. Dans l'idéologie, ça change. »
changement de la sécurité sociale mais je ne pense pas que je ne dis pas à aucun endroit dans le livre que les médecins sont les complices de ça, volontaires de ça. Je dis qu'il y a une volonté de nos dirigeants politiques et économiques, j'y reviendrai. Mais enfin, la sécurité sociale avait été pensée en 1945 avec comme premier objectif de prévenir et ensuite de réparer et on voit très bien que la réparation est venue par-dessus la prévention. Mais c'est aussi un psychiatre, par exemple, à l'hôpital Psy Damien-Philippe Pinel qui me dit avant quand les gens n'allaient pas bien au travail, ils contactaient leurs collègues syndicalistes, ils se mettaient d'accord au sein de leur bureau, ils p…
« changement de la sécurité sociale mais je ne pense pas que je ne dis pas à aucun endroit dans le livre que les médecins sont les complices de ça, volontaires de ça. Je dis qu'il y a une volonté de nos dirigeants politiques et économiques, j'y reviendrai. Mais enfin, la sécurité sociale avait été pensée en 1945 avec comme premier objectif de prévenir et ensuite de réparer et on voit très bien que la réparation est venue par-dessus la prévention. Mais c'est aussi un psychiatre, par exemple, à l'hôpital Psy Damien-Philippe Pinel qui me dit avant quand les gens n'allaient pas bien au travail, ils contactaient leurs collègues syndicalistes, ils se mettaient d'accord au sein de leur bureau, ils protestaient ensemble, maintenant ils viennent me voir et je leur donne des cachets. Donc, quelque part, on peut dire qu'ils participent de ça mais ce n'est pas du tout. C'est une conséquence. C'est une conséquence. Ils gèrent les dégâts du mal-travail, il faut les évoquer mais qui sont puissants dans les esprits, le burn-out, les risques psychosociaux. C'est devenu une véritable épidémie chez les cadres. On parle d'amiante contemporain à propos des risques psychosociaux. Mais en revanche, je ne dis pas qu'il y a eu un complot et qu'il y a une mécanique qui s'est mise en place en sachant que à telle date on allait développer les contrats d'auto-entrepreneurs. Je dis que jour après jour, il y a un pacte non pas pour le travail mais il y a un pacte contre le travail. Je te donne l'exemple le plus récent. Hier, je suis à l'Assemblée nationale, il y a une directive européenne. Ma collègue Leïla Chebi au Parlement européen a pesé pour que les travailleurs des plateformes Uber, Deliveroo et compagnie il y ait une présomption de salariat et qu'ils aient des droits au chômage, à la retraite, à la sécurité sociale, à un salaire minimum. Ça a été accepté par le Parlement européen, voté par le Parlement européen, ça a été accepté par la Commission européenne et on a les macronistes et Emmanuel Macron en personne qui entravent ça, qui refusent qu'il y ait cette présomption de salariat. Hier, on avait un débat en Commission des Affaires européennes pour ou contre ce texte-là. Ils s'y sont opposés. C'est-à-dire que l'Europe propose un progrès et on a les macronistes qui s'y opposent. L'air de rien, c'est un acte contre le travail. Quand on fait le choix de développer comme ça se produit aujourd'hui, c'est 2,4 millions d'auto-entrepreneurs. La grande transformation du marché de l'emploi sur Macron, c'est pour la première fois dans notre histoire le recul des CDI. Ça a reculé de 5 points. C'est énorme. Depuis l'après-guerre, tout le temps, le nombre de personnes salariées en CDI, ça a progressé et là, pour la première fois, ça recule. Ça recule au bénéfice des auto-entrepreneurs et on est le deuxième pays dans l'Union européenne derrière la Hongrie pour le développement des auto-entrepreneurs. C'est un pacte contre le travail. Et c'est une volonté politique ? Ça ne vient pas des citoyens ? Non. Là, en l'occurrence, il y a une volonté politique de dire c'est ça qu'on va développer. C'est Emmanuel Macron qui dit je ne vais pas réglementer Uber et Deliveroo sinon il ne va plus rester aux jeunes de banlieue qu'à devenir dealer. Bon, dealer ou Uber, c'est quand même une alternative qui n'est pas très joyeuse plutôt que de dire vous allez avoir un métier qui va vous garantir un statut en revenu, une stabilité qui va vous permettre de vous procher dans la vie, de fonder une famille, d'avoir une maison. Enfin, vous voyez, c'est un choix. Et alors, depuis 40 ans, il y a quand même un projet. Je cite souvent un économiste ultra-libéral américain qui s'appelle Gary Baker qui a reçu le prix de la Banque de Suède d'économie, c'est-à-dire le prix Nobel. En 1993, et c'est un moment clé de notre histoire parce que 1993, c'est le moment où aux États-Unis, il y a l'accord de libre-échange nord-américain entre le Canada, le Mexique et les États-Unis. En Europe, c'est le traité de Maastricht et au niveau mondial, c'est les accords du GATT qui font faire notamment entrer l'agriculture dans la grande lessiveuse de la mondialisation. Bon, donc c'est un grand temps de libre-échange. Gary Baker dit qu'il nous faut le libre-échange avec les pays en voie de développement. Pourquoi ? Parce que la protection de l'environnement et les droits du salarié sont devenus trop élevés dans un certain nombre de pays comme le nôtre et la concurrence, le libre-échange va permettre de diminuer tout ça. Donc c'est-à-dire une très grande conscience chez les élites là de ce qu'allait entraîner la concurrence généralisée au niveau de la planète, des travailleurs entre eux avec un lien très présent dans leur esprit entre à la fois l'environnement et le social. Il faut voir que eux ont lié les deux. Ils se sont dit si on met en place le libre-échange, on va permettre de diminuer les deux. Donc il y a une pensée manifeste du côté de nos dirigeants politiques et économiques que face au progrès social, face au progrès environnemental, si on veut endiguer ça, voilà la stratégie. »
Je suis François Ruffin, je suis député de la première circonscription de la Somme. Je me définis comme député reporter, puisque ça fait 24 ans maintenant que j'ai fondé un journal dans ma ville à Amiens. J'en suis plus le rédacteur en chef, j'en suis plus le directeur, j'en suis plus rien du tout. Mais voilà, dans la durée, je me suis construit comme reporter pour la presse papier, puis pour la radio avec France Inter à la basse, si j'y suis. Et enfin, j'ai réalisé des documentaires, notamment Merci Patron.
« Je suis François Ruffin, je suis député de la première circonscription de la Somme. Je me définis comme député reporter, puisque ça fait 24 ans maintenant que j'ai fondé un journal dans ma ville à Amiens. J'en suis plus le rédacteur en chef, j'en suis plus le directeur, j'en suis plus rien du tout. Mais voilà, dans la durée, je me suis construit comme reporter pour la presse papier, puis pour la radio avec France Inter à la basse, si j'y suis. Et enfin, j'ai réalisé des documentaires, notamment Merci Patron. »
Pour être juste, les salariés les plus précaires, ils ont voté à gauche. C'est les salariés qui sont dans une espèce d'entre-deux qui peuvent davantage se tourner vers le Rassemblement National. Voilà. Bon, mais c'est pas de l'ordre du détail, mais c'est la réalité des choses d'aujourd'hui. Le problème de la gauche, c'est que pendant 40 ans, elle n'a pas été de gauche. À partir du milieu des années 80, il y a eu un choix d'abandon des ouvriers, en particulier. Quand on met en place des politiques de libre-échange, quand on élargit l'Union européenne à l'Est, que dans un coin comme le mien, qui était un coin industriel, qu'il demeure quand même en partie, mais qu'on a des délocalisations en…
« Pour être juste, les salariés les plus précaires, ils ont voté à gauche. »
« C'est les salariés qui sont dans une espèce d'entre-deux qui peuvent davantage se tourner vers le Rassemblement National. Voilà. Bon, mais c'est pas de l'ordre du détail, mais c'est la réalité des choses d'aujourd'hui. Le problème de la gauche, c'est que pendant 40 ans, elle n'a pas été de gauche. À partir du milieu des années 80, il y a eu un choix d'abandon des ouvriers, en particulier. Quand on met en place des politiques de libre-échange, quand on élargit l'Union européenne à l'Est, que dans un coin comme le mien, qui était un coin industriel, qu'il demeure quand même en partie, mais qu'on a des délocalisations en série, alors je te fais la liste un peu, mais Magneti-Marelli, Whirlpool, Onewell, Goodyear, Whirlpool, il y avait eu le lave-linge, il y a eu le sèche-linge, Paris-Yosèche de France, Abélia, et que dans cette masse-là, ça part vers la Slovaquie, la Pologne et la Roumanie. Ça veut dire que la gauche, quand elle fait ça, elle détruit la branche sur laquelle elle est assise, elle détruit la classe ouvrière qui, fatalement, va aller chercher d'autres options, d'autres solutions qui vont lui parler de protection. Donc, on a un souci aujourd'hui, c'est qu'on porte un héritage de 40 ans d'une gauche qui n'a pas été de gauche, 40 ans d'une gauche qui a renoncé pour les gens qui votaient pour elle, qui a détruit sa propre base. Donc, c'est un souci d'incarner ça auprès de gens qui ont pu en être dégoûtés. Donc, il y a un enjeu à ce niveau-là de retrouver un lien avec les classes populaires qui a une confiance qui se renoue et ça ne se fait pas comme ça en claquant des doigts. Et je ne dis pas que tout ça soit simple. Donc, je pense que la gauche, elle doit se réancrer dans les classes populaires, elle doit se réancrer dans le monde du travail sans que ça soit exclusif. Les quartiers populaires, elle doit leur parler, je dis la France des bourgs et la France des Tours, elle doit parler au mouvement féministe. Enfin, il y a une conjonction de causes aujourd'hui qu'il s'agit de porter. Mais ne pas oublier, moi, c'est vrai que j'ai fondé mon journal en 99 parce qu'on est dans un temps où, comme le reprochait Pierre Moroy à Lionel Jospin dans sa campagne de 2002, on n'ose plus prononcer le mot ouvrier. Ce n'est pas un gros mot. Pourquoi ? Parce qu'à l'époque, c'était has-been. C'était du passé, c'était dépassé. Les usines, ça puait, ça polluait. Ce n'est pas dépassé aujourd'hui ? Non, aujourd'hui, je pense qu'il y a des grands changements. Il y a un grand retour. Il y a un retour de la question du travail, il y a un retour de la question ouvrière, il y a un retour des classes populaires. On ne vit plus le même temps. L'industrie, je veux dire, le premier, le plus grand des retourneurs de veste, c'est Emmanuel Macron qui en 2017 était élu sur le mode Start-up Nation. Le truc schumpeterien, de la destruction créatrice, s'il y a des vieilles usines qui ferment, tant mieux, parce qu'au fond, ça va se recréer en mieux ailleurs et c'est ça qui sera la création de valeurs. Voilà, tout ce baratin qu'on a entendu pendant 40 ans et c'est l'homme qui vient te dire maintenant, il faudrait industrialiser le pays. Il faut retrouver la souveraineté des mots qui lui étaient auparavant interdits. Ce ne sont pour l'instant que des mots. Mais enfin, dans le discours, ça change. Dans l'idéologie, ça change. »
Il y a un choix des dirigeants économiques et politiques depuis 40 ans de considérer le travail comme un coût. C'est ça. À partir du moment où vous considérez le travail comme un coût, il est à diminuer, il est à écraser. Mais en fait, en écrasant le coût du travail, on écrase le travail lui-même et les travailleurs, avec des conséquences. Parce que, du coup, ça rapporte beaucoup, d'un côté, en dividendes et ainsi de suite, ça fait du profit. Mais ça rapporte beaucoup à quelques-uns, mais ça coûte beaucoup à l'ensemble de la société. Je me permets de dire que... Je vais vous dire, c'est que... Je ne vais pas faire de contrôle des lectures. Non, non, non, mais j'ai lu. Mais ce que vous dites…
« Il y a un choix des dirigeants économiques et politiques depuis 40 ans de considérer le travail comme un coût. C'est ça. À partir du moment où vous considérez le travail comme un coût, il est à diminuer, il est à écraser. Mais en fait, en écrasant le coût du travail, on écrase le travail lui-même et les travailleurs, avec des conséquences. Parce que, du coup, ça rapporte beaucoup, d'un côté, en dividendes et ainsi de suite, ça fait du profit. Mais ça rapporte beaucoup à quelques-uns, mais ça coûte beaucoup à l'ensemble de la société. »
Lequel ? Je suis une forme d'auto-entrepreneur, personnellement j'ai lancé mon journal. Bon, voilà. Donc, par rapport à la France insoumise. Que il y ait des gens qui puissent se réaliser de cette manière-là, pourquoi pas ? Mais là, aujourd'hui, on n'est plus là-dedans. On est en millions. Ce qui s'est passé, la grande transformation de l'emploi sur Macron, c'est le recul pour la première fois dans notre histoire, pour la première fois depuis l'après-guerre. La part des CDI a diminué dans notre pays. Elle a diminué de 5 points. Et en revanche, ce qui explose, et on est le deuxième pays après la Hongrie, qui n'est quand même pas une référence en Europe, c'est la hausse des auto-entrepreneurs…
« Lequel ? Je suis une forme d'auto-entrepreneur, personnellement j'ai lancé mon journal. Bon, voilà. Donc, par rapport à la France insoumise. Que il y ait des gens qui puissent se réaliser de cette manière-là, pourquoi pas ? Mais là, aujourd'hui, on n'est plus là-dedans. On est en millions. Ce qui s'est passé, la grande transformation de l'emploi sur Macron, c'est le recul pour la première fois dans notre histoire, pour la première fois depuis l'après-guerre. La part des CDI a diminué dans notre pays. Elle a diminué de 5 points. Et en revanche, ce qui explose, et on est le deuxième pays après la Hongrie, qui n'est quand même pas une référence en Europe, c'est la hausse des auto-entrepreneurs. Alors, je vous le dis, il peut y avoir un auto-entrepreneuriat choisi. Et puis, il y en a d'autres, il n'y a pas le choix. Si on est livreur, on est auto-entrepreneur. Mais même, dans l'industrie, j'ai des boîtes où on va voir les salariés, on leur demande de passer de salarié à auto-entrepreneur. Alors, sur les chantiers navals de Saint-Nazaire, la même démarche est faite. Donc là, il y a un moment où il y a même, par exemple, des habits chez Zara qui sont mis en rayon, non plus, même plus par des intérimaires, mais désormais par des auto-entrepreneurs. Donc, on voit qu'on est dans un dévoiement parce que ce sont des sous-salariés dont le nombre d'accidents du travail est bien plus élevé parce qu'il n'y a pas des garanties du salariat, c'est-à-dire sécurité sociale, droit à la retraite, droit au chômage, tout ça n'existe plus. Et surtout, il y a un rapport au temps. C'est-à-dire que là, par ce biais-là, que peut faire le donneur d'ordre ? Le donneur d'ordre, il peut faire ne payer que le temps le plus productif. Et ne plus payer, c'est ça la chasse aujourd'hui, c'est la chasse à tous les temps improductifs. Je pense qu'un travail qui respire, c'est un travail où il y a aussi des temps qui sont moins productifs. »
Merci à vous, d'abord. D'abord, tous mes remerciements au vent se lève pour l'invitation. À la maison de Métallos, qui nous accueille, un grand, grand merci. Un grand merci aux équipes bénévoles qui nous entourent. Vous savez, je dis toujours, s'il y a des chaises qui sont mises en place, c'est pas par la grâce de la préovidence, c'est parce qu'il y a eu du travail, et bien souvent du travail de bénévoles derrière. Donc un grand merci à toutes celles et tous ceux qui ont fournu ce travail. Et je remercie aussi Sophie Binet et Isabelle Mercier. Je sais que c'est pas forcément évident pour des syndicalistes de discuter avec du politique. Maintenant, pour moi, c'est une fierté. Si je réponds à…
« Et je remercie aussi Sophie Binet et Isabelle Mercier. Je sais que c'est pas forcément évident pour des syndicalistes de discuter avec du politique. Maintenant, pour moi, c'est une fierté. Si je réponds à ta question, c'est d'abord le mouvement des retraites de l'année dernière, qui est pour moi une alerte. C'est pas comme si j'avais rien entendu auparavant, mais quand je vais sur les ronds-points à Amiens, sur la zone industrielle, dans les manifestations pendant l'hiver dernier, j'entends du mal au travail, c'est-à-dire concrètement du mal de dos, mais des gens qui partent pour burn-out, j'entends du malaise, j'entends du mal-être au travail, et j'entends cette phrase qui revient constamment, on ne respire plus. On ne respire plus. C'est l'infirmière, la première personne que je vois pendant le mouvement des retraites, il fait nuit à l'entrée de l'autoroute, elle porte un chasuble, elle est de la CFDT Hôpital d'Amiens, elle est sous morphine, parce qu'elle ne va pas bien, mais ce n'est pas pour ça qu'elle sort, elle sort parce que l'hôpital ne va pas bien. Elle sort parce que, quand elle soigne les gens, elle sort de la chambre à reculons, pour ne pas prendre de temps de s'asseoir sur le lit, à discuter deux minutes avec une mamie. Et en fait, ça lui fait mal. Ça lui fait mal à son travail, et elle rentre en ayant mal à son corps, mais aussi mal à son esprit, parce qu'elle fait mal à son travail. Et ça, c'est quelque chose qu'on peut retrouver, même dans les travailleurs de la logistique, ils aiment bien faire leur travail. Quand on a un casque sur les oreilles, et qu'on passe, à cause de ce casque, de 100 colis par jour, à 350 colis, ça change quoi ? Ça change qu'il n'y a plus de temps de respiration entre deux actes, et, je dis, le travail, il passe de la brasse coulée, pour moi, le travail, ça doit être de la brasse coulée, c'est-à-dire, on fait une tâche, on respire un coup, on fait une tâche, on respire un coup. La respiration, c'est un échange avec un collègue, alors, t'as vu, l'OM a perdu hier, enfin, c'est un truc comme ça, quoi. Mais qui met du liant, qui met de l'humain, c'est un échange, évidemment, avec un patient, quand on est à l'hôpital. Et là, maintenant, on réduit le travail à un squelette, Lean Management, ça veut dire, le travail maigre, c'est amégrir le travail, Lean, hein, vous savez, on utilise des mots anglais, parfois, qui sont des formes d'euphémisme, ça veut dire amégrir le travail, il n'en reste plus que l'os, c'est-à-dire l'attache, on passe de la brasse coulée à l'apnée, on fait un acte, on fait un acte, on fait un acte, on est en apnée, on respire plus, et, comme il n'en reste plus que le squelette, finalement, ça finit par peser, écraser le travail, et peser sur les os, très concrètement. Donc, j'en sors de là, avec la conviction renforcée que les Français aiment leur travail, parce que, ce qu'on me dit, c'est, on ne vient plus au travail que pour le salaire. Quand on dit ça, ça veut dire que, avant, on venait pour autre chose que pour le salaire. Et ce qui a disparu entre-temps, c'est le supplément d'âme, c'est le cœur à l'ouvrage, c'est la fierté du travail bien fait, qui disparaît quand on écrase le travail et qu'on n'en garde plus que le squelette. Et, donc, j'en sors avec la conviction renforcée que les Français aiment leur travail, mais qui n'aiment pas comment on leur fait faire leur travail. Je ne suis pas le seul à entendre ça, puisque ça remonte jusqu'aux oreilles du président de la République. Vous imaginez, comme ça, qui est évidemment une forme de déviation en disant, voilà, le problème, ce n'est pas les deux ans de plus, le problème, ce n'est pas les 64 ans, c'est que les gens ne se sentent pas bien au travail, ce qui est une manœuvre politique, mais qui comporte sa part de vérité. Et d'ailleurs, à l'époque, il promet un nouveau pacte de la vie au travail. »
« contre le travail. Et ce qui me frappe, enfin, dans le mouvement sur les retraites, ce que j'entends, c'est dans les boîtes Procter & Gamble, Goodyear, où je vais, dans le vert, c'est la multiplication des gens qui se disent on part pour inaptitude. Et en fait, c'est là-dessus que je vais vouloir enquêter. Et mon enquête, puisque quand on est député, ça sert aussi à, quelque part, enquêter, je demande des comptes au ministère du Travail, puisqu'il n'y a pas de chiffres publics sur les inaptitudes, et le ministère du Travail me dit 101 492, je ne sais plus exactement, mais enfin, j'ai retenu 100 000 dans ma tête. C'est énorme. 100 000 personnes qui s'inscrivent à Pôle emploi tous les ans parce qu'ils sont broyés physiquement ou psychiquement. Les deux premières causes, c'est risques psychosociaux et troubles musculosquelétiques. Et 100 000 qui sortent. Et alors, il y a des secteurs, tout le médico-social est en craquage complet. »
Merci à vous, d'abord. D'abord, tous mes remerciements au vent se lève pour l'invitation. À la maison de Métallos, qui nous accueille, un grand, grand merci. Un grand merci aux équipes bénévoles qui nous entourent. Vous savez, je dis toujours, s'il y a des chaises qui sont mises en place, c'est pas par la grâce de la préovidence, c'est parce qu'il y a eu du travail, et bien souvent du travail de bénévoles derrière. Donc un grand merci à toutes celles et tous ceux qui ont fournu ce travail. Et je remercie aussi Sophie Binet et Isabelle Mercier. Je sais que c'est pas forcément évident pour des syndicalistes de discuter avec du politique. Maintenant, pour moi, c'est une fierté. Si je réponds à…
« Et je remercie aussi Sophie Binet et Isabelle Mercier. Je sais que c'est pas forcément évident pour des syndicalistes de discuter avec du politique. Maintenant, pour moi, c'est une fierté. Si je réponds à ta question, c'est d'abord le mouvement des retraites de l'année dernière, qui est pour moi une alerte. C'est pas comme si j'avais rien entendu auparavant, mais quand je vais sur les ronds-points à Amiens, sur la zone industrielle, dans les manifestations pendant l'hiver dernier, j'entends du mal au travail, c'est-à-dire concrètement du mal de dos, mais des gens qui partent pour burn-out, j'entends du malaise, j'entends du mal-être au travail, et j'entends cette phrase qui revient constamment, on ne respire plus. On ne respire plus. C'est l'infirmière, la première personne que je vois pendant le mouvement des retraites, il fait nuit à l'entrée de l'autoroute, elle porte un chasuble, elle est de la CFDT Hôpital d'Amiens, elle est sous morphine, parce qu'elle ne va pas bien, mais ce n'est pas pour ça qu'elle sort, elle sort parce que l'hôpital ne va pas bien. Elle sort parce que, quand elle soigne les gens, elle sort de la chambre à reculons, pour ne pas prendre de temps de s'asseoir sur le lit, à discuter deux minutes avec une mamie. Et en fait, ça lui fait mal. Ça lui fait mal à son travail, et elle rentre en ayant mal à son corps, mais aussi mal à son esprit, parce qu'elle fait mal à son travail. Et ça, c'est quelque chose qu'on peut retrouver, même dans les travailleurs de la logistique, ils aiment bien faire leur travail. Quand on a un casque sur les oreilles, et qu'on passe, à cause de ce casque, de 100 colis par jour, à 350 colis, ça change quoi ? Ça change qu'il n'y a plus de temps de respiration entre deux actes, et, je dis, le travail, il passe de la brasse coulée, pour moi, le travail, ça doit être de la brasse coulée, c'est-à-dire, on fait une tâche, on respire un coup, on fait une tâche, on respire un coup. La respiration, c'est un échange avec un collègue, alors, t'as vu, l'OM a perdu hier, enfin, c'est un truc comme ça, quoi. Mais qui met du liant, qui met de l'humain, c'est un échange, évidemment, avec un patient, quand on est à l'hôpital. Et là, maintenant, on réduit le travail à un squelette, Lean Management, ça veut dire, le travail maigre, c'est amégrir le travail, Lean, hein, vous savez, on utilise des mots anglais, parfois, qui sont des formes d'euphémisme, ça veut dire amégrir le travail, il n'en reste plus que l'os, c'est-à-dire l'attache, on passe de la brasse coulée à l'apnée, on fait un acte, on fait un acte, on fait un acte, on est en apnée, on respire plus, et, comme il n'en reste plus que le squelette, finalement, ça finit par peser, écraser le travail, et peser sur les os, très concrètement. Donc, j'en sors de là, avec la conviction renforcée que les Français aiment leur travail, parce que, ce qu'on me dit, c'est, on ne vient plus au travail que pour le salaire. Quand on dit ça, ça veut dire que, avant, on venait pour autre chose que pour le salaire. Et ce qui a disparu entre-temps, c'est le supplément d'âme, c'est le cœur à l'ouvrage, c'est la fierté du travail bien fait, qui disparaît quand on écrase le travail et qu'on n'en garde plus que le squelette. Et, donc, j'en sors avec la conviction renforcée que les Français aiment leur travail, mais qui n'aiment pas comment on leur fait faire leur travail. Je ne suis pas le seul à entendre ça, puisque ça remonte jusqu'aux oreilles du président de la République. Vous imaginez, comme ça, qui est évidemment une forme de déviation en disant, voilà, le problème, ce n'est pas les deux ans de plus, le problème, ce n'est pas les 64 ans, c'est que les gens ne se sentent pas bien au travail, ce qui est une manœuvre politique, mais qui comporte sa part de vérité. Et d'ailleurs, à l'époque, il promet un nouveau pacte de la vie au travail. »
« contre le travail. Et ce qui me frappe, enfin, dans le mouvement sur les retraites, ce que j'entends, c'est dans les boîtes Procter & Gamble, Goodyear, où je vais, dans le vert, c'est la multiplication des gens qui se disent on part pour inaptitude. Et en fait, c'est là-dessus que je vais vouloir enquêter. Et mon enquête, puisque quand on est député, ça sert aussi à, quelque part, enquêter, je demande des comptes au ministère du Travail, puisqu'il n'y a pas de chiffres publics sur les inaptitudes, et le ministère du Travail me dit 101 492, je ne sais plus exactement, mais enfin, j'ai retenu 100 000 dans ma tête. C'est énorme. 100 000 personnes qui s'inscrivent à Pôle emploi tous les ans parce qu'ils sont broyés physiquement ou psychiquement. Les deux premières causes, c'est risques psychosociaux et troubles musculosquelétiques. Et 100 000 qui sortent. Et alors, il y a des secteurs, tout le médico-social est en craquage complet. »
Je pense que ce sont des moments, quand la nation pleure ses morts, où l'on devrait pouvoir se rassembler sans polémique nos politiques. Maintenant, j'entends autre chose. J'entends que des parents qui pleurent à leurs enfants ont tous les droits. Merci à vous.
« Je pense que ce sont des moments, quand la nation pleure ses morts, où l'on devrait pouvoir se rassembler sans polémique nos politiques. Maintenant, j'entends autre chose. J'entends que des parents qui pleurent à leurs enfants ont tous les droits. »
Ce ne sont pas les idiotorialistes qui sont ici, ce ne sont pas les journalistes qui sont payés, ce ne sont pas les députés qui ont payé ça.
« Ce ne sont pas les idiotorialistes qui sont ici, ce ne sont pas les journalistes qui sont payés, ce ne sont pas les députés qui ont payé ça. »
« Elle doit être utilisée avec beaucoup de réserves. Mais là, ce qui ne va pas, c'est que dans le maintien de l'ordre aujourd'hui, vous avez des unités qui ne sont pas spécialistes du tout du maintien de l'ordre. Ce n »
« pas comme si vous aviez des CRS. Moi, j'ai connu des manifestations. Il n'y avait quasiment que des CRS et les renseignements généraux à l'époque. Là, vous avez toutes les unités dont ce n'est pas la spécialité qui viennent se mêler de ça. Ça ne va pas. Ça ne va pas non plus quand on a... Vous savez, j'ai fait un rapport, moi, sur la police. La formation est complètement insuffisante. Non seulement la formation initiale a été raccourcie, on est passé de 12 mois à 9 mois, mais ensuite, derrière, la formation continue est inexistante. Tous les syndicats policiers que j'ai interrogés me disent non, il n »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« se fassent entendre dans un temps où le pouvoir ne veut pas entendre. J'entendais la réaction aujourd'hui d'Edouard Geffray, qui après cinq semaines de mouvement lycéen, dit « Le temps des décisions est proche. »
« pas normal qu'on soit 36 par classe. C'est-à-dire qu'on ne veut plus de parcours sup. Et sur ces demandes de base, cinq semaines plus tard, il n'y a toujours pas de décision du gouvernement. Non, le temps approche. Donc, »
« pendant le mandat d'Emmanuel Macron, où on n'a pas de réponse politique, mais on a une réponse policière. Ça a été la crise des Gilets jaunes. Il a choisi de laisser pourrir, d'attendre, de ne pas offrir de réponse sur le référendum d'initiative citoyenne, par exemple, et de faire le blabla du grand débat. Et il croit gagner comme ça. Mais à la fin, et c'est la même chose sur le mouvement du retraite, mais à la fin, le pouvoir y gagne, ce que la démocratie y perd. »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« aura pas 1 588 postes d'enseignants de supprimés. On ne va pas économiser 600 millions d'euros sur l'éducation nationale. Et on veut aller vers la fin de parcours sup. On met de l'humain en face de l'humain. Vous dites ça. Vous dénouez la situation. Et il n'y a pas de réponse politique. À la place, il n'y a qu'une réponse policière. »
« Elle doit être utilisée avec beaucoup de réserves. Mais là, ce qui ne va pas, c'est que dans le maintien de l'ordre aujourd'hui, vous avez des unités qui ne sont pas spécialistes du tout du maintien de l'ordre. Ce n »
« pas comme si vous aviez des CRS. Moi, j'ai connu des manifestations. Il n'y avait quasiment que des CRS et les renseignements généraux à l'époque. Là, vous avez toutes les unités dont ce n'est pas la spécialité qui viennent se mêler de ça. Ça ne va pas. Ça ne va pas non plus quand on a... Vous savez, j'ai fait un rapport, moi, sur la police. La formation est complètement insuffisante. Non seulement la formation initiale a été raccourcie, on est passé de 12 mois à 9 mois, mais ensuite, derrière, la formation continue est inexistante. Tous les syndicats policiers que j'ai interrogés me disent non, il n »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« 'argent à l'Ukraine, mais pendant ce temps-là, il va falloir se serrer la ceinture dans les hôpitaux, dans les lycées, et que finalement, on vient dire aux Français, il faut choisir. Soit on aide les uns, soit les autres. C'est une manière de rendre ce soutien international complètement impopulaire. Et donc, moi, je dis qu'il ne doit pas y avoir à choisir entre se protéger sur le terrain de la Défense et construire des services publics qui soient solides. En fait, le cœur de ce que je pense, c'est qu'il faut en finir avec un état subvention et il faut revenir à un état action. Un état action qui prend de l'argent, parce que la France a un fort taux de prélèvement obligatoire. Mais simplement, ce taux-là, il ne sert pas pour l'école, »
« Écoutez, moi je suis prêt à y aller. Normalement, il devait y avoir une grande primaire ouverte que je voulais de Poutou à Hollande. Et puis, ils ont eu peur. Ils ont eu peur que les partis socialistes, Passe Publique, Raphaël Glucksmann, ils ont eu peur de perdre ça. Donc ils se sont dit, bon, on va se replier dans notre coin. Moi, je lis leur charte. Je dis, bon, moi j'ai rien contre ça. Pourquoi pas y aller ? Ça me fait marrer. Je suis prêt à aller sur leur terrain, avec leurs règles, avec leurs arbitres. Et qu'est-ce qu'ils font ? Ils ferment la porte à triple tour. Ils la blindent. Ils mettent des mines derrière pour pas qu puisse rentrer. C'est panique à bord. Bon, je le dis. Moi, je pense que ça ferait du bien. Ça ferait du bien à la démocratie, ça ferait du bien au pays que d'avoir un débat avec Raphaël Glucksmann sur comment on remet de l'argent dans le porte-monnaie des Français. Comment on rapatrie de l'industrie dans notre pays. Comment on fait pour que les logements payent moins cher dans les budgets. Je pense qu'avoir un grand débat public plutôt que de se replier. Vous savez, si aujourd'hui chacun avance dans son couloir, les communistes avec les communistes, les socialistes avec les socialistes, les écologistes avec les écologistes, les insoumis avec les insoumis, »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« le rapport à la cistana est l'une des principales prédispositions au vote Rassemblement National. Donc voilà, je mets les pieds dans le plat. Moi, vous savez, je dis, le radiologue, on ne lui en veut pas de montrer la fracture. »
« veux dire, Marine Le Pen a tout de suite capté la question de la cistana, elle fait une page dessus, il y aura un ministère de la fraude, d'accord ? De la fraude sociale, jamais de la fraude fiscale. »
« a pas dans le discours du Rassemblement national, il n'y a pas le mot égalité. »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Non, ce n pas la détresse affective. 'est qu'à ce moment-là, il doit y avoir une intervention publique pour se demander comment on fait pour que la femme, comment on fait pour que les enfants ne chutent »
« Peut-être que ça va vite, mais pas pour avoir des enfants, pas pour s'installer, pas pour prévoir un avenir ensemble. Donc, en revanche, dire qu'il y a là un échange sur le diagnostic, sur les points communs qu'il peut y avoir à l'horizon, et sur la nécessité qu'il y de faire dérailler le train de l'histoire, le train de la fatalité. »
« Peut-être que ça va vite, mais pas pour avoir des enfants, pas pour s'installer, pas pour prévoir un avenir ensemble. Donc, en revanche, dire qu'il y a là un échange sur le diagnostic, sur les points communs qu'il peut y avoir à l'horizon, et sur la nécessité qu'il y de faire dérailler le train de l'histoire, le train de la fatalité. »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Vous savez, c'est des discussions. Moi, en tout cas, s s'agissait pour moi de casser le mur de... Vous savez, quand vous faites campagne, vous êtes entouré par des gens qui pensent comme vous. Ben non, je ne voulais pas ça. Je voulais que rencontrer les Français presque au hasard, et qu'est-ce que j'en ai retiré ? Il y a un grand temps de rupture dans la vie des Français, ce sont les ruptures affectives. Le moment où, finalement, il y a un divorce, il y a une séparation, et derrière, c'est un choc sentimental, mais c'est aussi un choc financier. Ça peut être un choc de la pauvreté, c'est un choc sur le logement. Et je pense que c'est un moment où la société doit agir, où il doit y avoir, en gros, la sécurité sociale a prévu, après-guerre, une lutte contre les risques de maladie, de vieillesse. »
« Je suis pour que, dans les entreprises, il n ait pas tout le pouvoir au capital, mais qu'il y du pouvoir pour les salariés, et qu'il y du pouvoir aussi pour les ONG, pour un certain nombre d'élus locaux, et que le seul but des firmes, ça ne soit pas de faire du profit et de le redistribuer en diffident à leurs actionnaires. Mais vous savez, me semble que ça, normalement, c'est partagé par les socialistes. Je veux dire, moi, je me sens un héritier honnête, honorable de Léon Blum ou de Jean Jaurès. Voilà, je suis dans cette tradition. Je suis dans cette tradition qui considère qu'en effet, tout le pouvoir ne doit pas aller à l'argent. »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« Moi je suis un député au SMIC et je suis prêt à devenir un président de la République au SMIC parce que je considère que'est de l'argent de poche. En de compte, il y a tout frais payé. Quand on est à l'Elysée, on ne paye pas ses factures de gaz. On ne paye pas, quand on va à Brégançon, on ne s'arrête pas sur une aire d'autoroute pour faire le plein du péage. Ce n pas nous qui sortons notre carte bancaire. Donc les 16 000 euros dont on parle, c'est de'argent de poche. Donc je suis prêt à très largement diminuer tout ça et dire qu'un président qui avait doublé son salaire, c'était Nicolas Sarkozy. Ça n'a pas donné d'exemple en maillette en matière ni de politique publique, ni en matière de lutte contre la corruption. Puisqu'au contraire, il est maintenant depuis multi-candemnés avec bracelet électronique et compagnie. »
« On lui cède bien sûr une longue vie. Ça nous fera 6 millions d'euros par an pour les anciens présidents. Moi, je considère que quand on abandonne son mandat, quand on quitte l'Élysée, on redevient un citoyen ordinaire. »
« En tout cas, vous pointez le doigt sur ce qui n'est pas de l'ordre de la symbolique, mais qui est la véritable corruption de la nation. C'est ce qu'on appelle de manière gentille les pantouflages et rétro-pantouflages. Et ça a l'air sympa parce que c'est des chanrentaises, ça a l'air pépère. C'est ce qu'on appelle aussi les portes tournantes. Mais il faut bien voir que les gens qui franchissent la porte, ils le franchissent avec un bout de la République. Et c'est devenu industriel. Ce sont en 3 ans, plus de 500 ministres aux fonctionnaires qui sont passés, pas seulement dans le privé, mais qui sont passés dans le privé au poste de lobbyistes, d'affaires publiques, c'est-à-dire pour vendre leur carnet d'adresse. Vous avez cité Christophe Castaner, mais c'est devenu une mode. Tous les ministres se mettent à former leur cabinet conseil à la sortie des ministères pour vendre leur numéro de téléphone. Et finalement, ils n'ont pas le droit de travailler dans les ministères. »
Passages où cet élément est explicitement observable.
« C'est dans la proposition de loi. Quand une menace est avérée, il y a une protection policière. C'est évident. »
« D'abord dire que le Rassemblement National est le seul parti qui fait sa primaire au tribunal. Et pourquoi ? Pourquoi ? Il faut rappeler les faits quand même. C'est une distribution par Marine Le Pen d'emplois fictifs comme des pains au chocolat. à sa sœur, à sa belle-sœur, à son chauffeur, à son garde du corps, jusqu'au majordome de son père pour 4,5 millions d'euros et est allé sur plus de 10 ans. Et le jugement de première instance, il parle non pas de petites erreurs, mais d'un système, d'un système qui a duré pendant une décennie jusqu'à temps que la justice s'en saisisse. Et moi je rappelle quelles étaient les déclarations. Qui disait ? Qui disait quand allons-nous mettre en place l'inigibilité à vie pour les élus condamnés durant leur mandat ? Marine Le Pen. Qui disait je demande l'application stricte et entière de la loi via le principe de tolérance zéro ? Marine Le Pen. Qui disait les Français en ont marre qu'il y ait des affaires, ils en ont marre des élus qui détournent de l'argent ? Marine Le Pen. Qui disait il faudrait rendre inéligibles ceux qui ont été condamnés pour favoritisme, pour détournement de fonds, pour emplois fictifs ? Marine Le Pen. Et la troisième proposition de son programme, en 2022, la troisième, troisième mesure, donc très haut, c'était supprimer toute possibilité de réduction et d'aménagement de peine. Donc ça veut dire qu'elle ne devrait même pas porter le prêt à l'électronique, vraisemblablement cet après-midi, elle devrait aller directement en prison. Ce n'est pas ce qui va se passer. Mais voilà, quels étaient les propos de Marine Le Pen. L'inéligibilité à vie. Donc la justice, là, elle fait son travail. »
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« Qui vient d'être déposée dans la foulée de notre cahier de campagne. »
« Non, mais il s'agit de la portée. En tout cas, vous savez, l'ONG Transparency International, dans son rapport, elle dit quoi ? La France dégringole dans le classement de la lutte contre la corruption. La France risque de perdre le contrôle contre la corruption. Et elle parle d'une léthargie politique. Eh bien, je suis là pour sortir la France de sa léthargie politique face à la corruption. parce qu'il y a de la loi du silence, parce qu'il y a de la coutumance, mais parce qu'il y a aussi des conséquences. Pas que morale. »
« – Je suis co-signataire de la proposition, et depuis des mois et des mois maintenant. Vous dire que quand il y a eu le rapport de la civise, qui venait dire trois enfants par classe, victimes d'inceste ou de violences sexuelles, qui venait dire 160 000 enfants par an, qui venait dire plus de 5 millions de victimes dans notre pays, j'ai cru que ça serait un électrochoc, j'ai cru que la société en serait transformée, parce que moi je l'étais, je n'imaginais pas qu'il y avait ce continent noir de crimes sur des enfants sous nos pieds, et ça n'a pas bougé. J'espérais qu'il y ait un grand plan dans l'éducation nationale, de détection, de prévention, le recrutement de psychologues, qui sonde un peu les enfants ou qui pourraient être victimes de ça. Ça n'a pas eu lieu. »
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« Je l'ai déjà dit à l'occasion de la venue de Vladimir Poutine, je considère qu'un chef d'État reçoit un chef d'État dans son palais, qui est l'Élysée. Et pas au fort de Brégançon, pas au premier étage de la tour Eiffel, comme ça s'était déjà fait avec le couple Trump. Maintenant, je ne vais pas centrer mes reproches sur « alors ça se fait à Versailles en grande pompe pour attirer Donald Trump, pour qu'il reste jusqu'à la fin du G7 cette fois-ci ». Moi ce que je viens de demander, c'est là les États-Unis vont fêter le 250e anniversaire de leur déclaration d'indépendance, à laquelle la France a particulièrement œuvré. C'est comme ça qu'on a creusé notre déficit sous Louis XVI, c'est pour ça qu'il a convoqué les États généraux, c'est pour ça qu'il y a eu la révolution française derrière. Donc quand même, c'est un événement important pour nous aussi. Moi ce que je souhaiterais, c'est que la France, que l'Europe proclame désormais leur propre déclaration d'indépendance. Et qu'ils prennent leur indépendance à l'égard des États-Unis, leur indépendance sur le plan militaire, leur indépendance sur le plan diplomatique, leur indépendance sur le plan numérique. »
« – Il va y avoir un vote du Parti socialiste, vraisemblablement, sur primaire ou pas primaire. Et moi, je viens dire aux camarades socialistes, ce n'est pas seulement un choix de méthode que vous avez à faire. Est-ce que vous choisissez de refermer la parenthèse qui s'est ouverte en 2022, ou vous faisiez corps avec votre gauche, avec les écologistes, avec nous, ou bien est-ce que vous tournez à nouveau vers la suite du macronisme ? Donc il n'y a pas seulement un choix de méthode, mais il y a un choix d'orientation qui sera à faire du côté des militants socialistes. »
« – Il va y avoir un vote du Parti socialiste, vraisemblablement, sur primaire ou pas primaire. Et moi, je viens dire aux camarades socialistes, ce n'est pas seulement un choix de méthode que vous avez à faire. Est-ce que vous choisissez de refermer la parenthèse qui s'est ouverte en 2022, ou vous faisiez corps avec votre gauche, avec les écologistes, avec nous, ou bien est-ce que vous tournez à nouveau vers la suite du macronisme ? Donc il n'y a pas seulement un choix de méthode, mais il y a un choix d'orientation qui sera à faire du côté des militants socialistes. »
« parce que comme je suis un graphomane en série... »
« Tout à fait. Alors, je le dis comme ça par incise, mais c'était déjà le raisonnement quand on a voulu mettre fin au travail des enfants. En 1841, il y a un rapport qui est publié qui montre comment le rapport Villermay remarquable, qui montre comment les enfants vont mal et on a déjà deux réactions à la fois de la droite et des chefs d'entreprise qui est, on ne va pas pouvoir tenir la concurrence avec l'Angleterre d'une part et d'autre part, si l'État met un pied dans l'entreprise, où est-ce que ça va s'arrêter ? Donc, on ne veut pas qu'ils viennent réglementer nos histoires. Bon, dire que de la même manière que ce qui se passe sur l'environnement où on a des coûts qui sont externalisés, donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand il y a des usines ou une agriculture qui pollue les rivières, ça a un coût derrière en termes de dépollution et c'est un coût qui est pour toute la société qui n'est pas payé par l'entreprise. Bon, là, de la même manière, on a un coût gigantesque pour la société que je dis. Alors, tu vois, je cite Xavier Bertrand, ministre du Travail de droite qui dit rien que le stress, c'est 3 à 4 % du PIB, donc plus d'une centaine de milliards d'euros. Donc, c'est un coût gigantesque pour la société mais qui n'est pas payé par l'entreprise mais qui est payé par le contribuable, qui est payé par la sécurité sociale, enfin voilà, qui est payé par tout ça. Donc, déjà, il y a ce coût-là dont il s'agit de tenir compte. Ensuite, ce qui est montré par des analyses, c'est que par exemple les sociétés coopératives qui sont le modèle, je ne dis pas qu'on va réussir à transformer toutes les multinationales en sociétés coopératives, mais enfin, c'est le modèle de la démocratie en entreprise. Elles sont plus productives, elles encaissent mieux les chocs, voilà. Il n'y a pas de lien aujourd'hui, il y aurait plutôt un lien positif entre l'entrée de la démocratie et de l'entreprise, le courage, le cœur à l'ouvrage que retrouvent les salariés, l'envie de mieux faire et les gains de productivité. Ça dépend si on se place sur le court terme ou si on se place sur le très long terme. À court terme, il peut y avoir des gains mais à très long terme, on use la main d'œuvre. On doit avoir deux chocs à affronter et qui doivent nous guider. Le premier choc, je l'ai énoncé, c'est le choc climatique qui réclame un travail respecté parce qu'on n'arrivera pas à transformer notre pays si les Français, ils n'ont pas une fierté de leur travail, s'ils n'ont pas le cœur à l'ouvrage. On ne leur fera pas faire tous ces changements-là malgré eux entraînant des pieds. Mais il y a un deuxième choc qui est le choc démographique. On va avoir de moins en moins de personnes en âge de travailler et on va avoir de plus en plus de personnes âgées dont il faudra s'occuper. Ça réclame. Du coup, on ne considère plus que la main d'œuvre est une matière première qu'on peut jeter parce qu'il y en a mille qui attendent à la porte mais qu'au contraire, on se demande comment on la garde, comment on la soigne pour qu'elle puisse soigner. Il ne faut pas réarmée démographique pour la France. Je veux bien prendre »
« Aujourd'hui, il n'y a pas une véritable volonté de démocratie dans le pays, mais il y a encore moins une volonté de démocratie dans l'entreprise. »
« C'est un gros souci parce qu'évidemment, on a formé des gens qui ont des compétences, qui ont beaucoup apporté pour le pays, qu'on a besoin de recherche. On a besoin de recherche sur les matériaux dans le bâtiment. On a besoin de recherche dans l'agriculture. On a besoin... Mais aujourd'hui, si le but, c'est juste de faire du profit pour des grandes multinationales, les gens qui cherchent un sens sur leur travail, ils quittent ça pour devenir maraîchers. Et donc, la question, c'est comment on fait pour que ces multinationales, pour que ces grandes entreprises, elles ne soient pas seulement au service du profit, mais qu'elles soient au service d'affronter les déflits climatiques demain. Tu vois ? Et là, je pense que Michael, il aurait retrouvé du sens dans son travail si jamais ça avait été pour chercher des plantes qui vont pouvoir résister au réchauffement climatique ou qui vont nécessiter moins d'irrigation. Regarde, tu vois, un défi qu'on a, le maïs. On sait que l'agriculture, c'est à peu près la moitié des litres d'eau consommée dans le pays et le maïs, c'est la moitié des litres de l'agriculture. Ça veut dire que le quart des litres du pays va pour le maïs. Bon, est-ce qu'on a la possibilité de mettre du sorgho à la place qui est moins consommateur d'eau ? Si Michael et ses collègues participaient à cette recherche-là, si jamais ils contribuaient à diffuser du savoir auprès des agriculteurs, des paysans de notre pays, je pense qu'ils trouveraient un sens et ils resteraient dans ces métiers-là. Et c'est tout l'enjeu qu'on a, c'est de pouvoir... Alors, comment on arrive à ça ? Comment on arrive à ça ? »
« Et là, où on voit la complicité, la complicité du ministère du Travail, du ministre lui-même, c'est que dans la même lettre, ils me disent qu'il n'y a pas de hausse. Déjà, il pourrait être stupéfait qu'il y en ait 100 000, le plus grand plan social. C'est comme si l'équivalent de ma ville d'Amiens était licencié tous les ans. C'est l'industrie automobile qui disparaît tous les ans pour des gens qui, derrière, vont avoir bien du mal à retrouver du travail. Bon, donc c'est gigantesque. Ils pourraient dire que ce n'est pas normal et qu'on va lutter contre ça. Il n'y a pas un mot là-dessus dans le courrier qui m'adresse. Mais ils ne me disent pas de hausse, alors qu'entre 2012 et 2022, en 10 ans, ça a doublé. On est passé de 50 000 à 100 000. Et donc, il y a un déni du problème. Comment vous voulez qu'on affronte collectivement le mal-travail qui a d'autres signes ? Pour moi, les inaptitudes, ça en est la pointe la plus élevée. C'est le sommet. Mais la base, c'est l'anxiété, par exemple. En France, l'anxiété des salariés, 57 % des salariés qui se disent en anxiété au travail. Et quand on regarde l'Allemagne, ils sont à 11 %. Là, en revanche, je sais que si je reste sur le terrain, c'est le problème du reporter pour moi. S'il reste sur le terrain, le terrain est désespérant. »
« Et là, où on voit la complicité, la complicité du ministère du Travail, du ministre lui-même, c'est que dans la même lettre, ils me disent qu'il n'y a pas de hausse. Déjà, il pourrait être stupéfait qu'il y en ait 100 000, le plus grand plan social. C'est comme si l'équivalent de ma ville d'Amiens était licencié tous les ans. C'est l'industrie automobile qui disparaît tous les ans pour des gens qui, derrière, vont avoir bien du mal à retrouver du travail. Bon, donc c'est gigantesque. Ils pourraient dire que ce n'est pas normal et qu'on va lutter contre ça. Il n'y a pas un mot là-dessus dans le courrier qui m'adresse. Mais ils ne me disent pas de hausse, alors qu'entre 2012 et 2022, en 10 ans, ça a doublé. On est passé de 50 000 à 100 000. Et donc, il y a un déni du problème. Comment vous voulez qu'on affronte collectivement le mal-travail qui a d'autres signes ? Pour moi, les inaptitudes, ça en est la pointe la plus élevée. C'est le sommet. Mais la base, c'est l'anxiété, par exemple. En France, l'anxiété des salariés, 57 % des salariés qui se disent en anxiété au travail. Et quand on regarde l'Allemagne, ils sont à 11 %. Là, en revanche, je sais que si je reste sur le terrain, c'est le problème du reporter pour moi. S'il reste sur le terrain, le terrain est désespérant. »
« C'est elle qui souhaitait l'inéligibilité à vie. Oui, non mais d'accord. Mais vous, qu'est-ce que vous en pensez, vous ? Elle a une éligibilité qui n'est que très provisoire et qui pour moi, normalement, je veux dire, si jamais on appliquait la peine de manière stricte, elle serait en prison. »
« Écoutez, moi je suis prêt à y aller. Normalement, il devait y avoir une grande primaire ouverte que je voulais de Poutou à Hollande. Et puis, ils ont eu peur. Ils ont eu peur que les partis socialistes, Passe Publique, Raphaël Glucksmann, ils ont eu peur de perdre ça. Donc ils se sont dit, bon, on va se replier dans notre coin. Moi, je lis leur charte. Je dis, bon, moi j'ai rien contre ça. Pourquoi pas y aller ? Ça me fait marrer. Je suis prêt à aller sur leur terrain, avec leurs règles, avec leurs arbitres. Et qu'est-ce qu'ils font ? Ils ferment la porte à triple tour. Ils la blindent. Ils mettent des mines derrière pour pas qu puisse rentrer. C'est panique à bord. Bon, je le dis. Moi, je pense que ça ferait du bien. Ça ferait du bien à la démocratie, ça ferait du bien au pays que d'avoir un débat avec Raphaël Glucksmann sur comment on remet de l'argent dans le porte-monnaie des Français. Comment on rapatrie de l'industrie dans notre pays. Comment on fait pour que les logements payent moins cher dans les budgets. Je pense qu'avoir un grand débat public plutôt que de se replier. Vous savez, si aujourd'hui chacun avance dans son couloir, les communistes avec les communistes, les socialistes avec les socialistes, les écologistes avec les écologistes, les insoumis avec les insoumis, »