Je le pense très sincèrement. Edouard Philippe, je voudrais qu'on parle d'une des premières épreuves auxquelles Michel Barnier va devoir faire face, le budget. Je vous ai lu attentivement vous parler d'un risque d'accident majeur. L'un de vos prédécesseurs, assez lointain désormais, François Fillon, une fois nommé à Matignon, avait dit « je suis à la tête d'un État en faillite ». Est-ce qu'on en est là ?
Réponse directeMais François Fillon n'avait pas complètement tort d'alerter l'attention des Français sur ce sujet. Je crois que le terme qu'il avait choisi de « faillite » était malvenu, je pense, parce que justement on n'était pas en faillite. Ce qui est vrai, c'est que nous vivons à crédit, très largement à crédit. Non seulement nous empruntons pour investir, ce qui peut parfaitement se comprendre, toutes les collectivités territoriales investissent en s'endettant, mais nous empruntons pour nos besoins de fonctionnement, pour notre train de vie. Et nous empruntons de plus en plus. Et nous n'arrivons pas à maîtriser la progression de cet endettement. Et le problème, quand on s'endette beaucoup, c'est que…
« Mais François Fillon n'avait pas complètement tort d'alerter l'attention des Français sur ce sujet. Je crois que le terme qu'il avait choisi de « faillite » était malvenu, je pense, parce que justement on n'était pas en faillite. Ce qui est vrai, c'est que nous vivons à crédit, très largement à crédit. Non seulement nous empruntons pour investir, ce qui peut parfaitement se comprendre, toutes les collectivités territoriales investissent en s'endettant, mais nous empruntons pour nos besoins de fonctionnement, pour notre train de vie. Et nous empruntons de plus en plus. Et nous n'arrivons pas à maîtriser la progression de cet endettement. Et le problème, quand on s'endette beaucoup, c'est que tout ça ne peut durer que lorsque, aussi longtemps que nos prêteurs ont confiance en nous, savent que nous serons capables de rembourser, savent que nous prenons les mesures qui nous permettront de rembourser. Et le problème, je sais bien qu'en France, lorsqu'on dit ça, on vous dit « vous exagérez, la dette ça ne se rembourse pas ». Le problème, c'est que si un jour, nos prêteurs ont un doute sur notre stabilité politique, sur notre capacité à prendre les mesures nécessaires pour aujourd'hui et demain rembourser nos emprunts, alors nous aurons un accident. »
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