Meeting aux Abymes avec Manon Aubry et Mathilde Panot
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d'être avec vous. J'espère que vous l'êtes aussi, de nous y voir une fois de plus en Guadeloupe. On va faire des présentations. On ne présente plus sur l'île des Insoumis nos députés Mathilde Panot, présidente du groupe de l'Assemblée France Insoumise, et également notre tête de liste européenne, Manon Aubry, députée européenne et présidente de son groupe également. Alors pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis Philippe Juravert, je suis conseiller régional Île-de-France, je suis le Guadeloupéen du conseil d'administration Île-de-France. Croyez bien que Valérie Pécresse le sait très bien.
Je suis également responsable national de l'espace des luttes, aussi bien dans l'Hexagone que l'Outre-mer, quand je peux m'y rendre. Alors même si nous sommes très heureux de vous rencontrer, évidemment nous allons discuter et avoir des échanges sur des choses très tragiques. Nous venons souvent à Gosier, et on a déjà commencé par ce drame qui a frappé les habitants de Gosier, notamment, et certainement une partie de la Guadeloupe. Je veux parler du maire de Gosier, Cédric Cornet, et nous adressons évidemment toutes nos condoléances à la famille, et surtout nous avons une pensée pour les habitants. Il y a quelque chose qui moi me choque, je tiens à vous le dire.
Si les chiffres tels qu'on les fait paraître aujourd'hui dans la tête des gens, des chiffres qui concernent l'aspect social et économique de notre pays. Quand on parle des jeunes, c'est quand même quelque chose qui nous frappe. Cette jeunesse, quand on parle du chômage, il frappe près de 20% dans l'Hexagone des jeunes, des moins de 26 ans. Quand on parle de la Guadeloupe, on est à plus de 60%. Quand on parle du seuil de pauvreté, qui est grandissant dans l'Hexagone, avec toutes les politiques austères qui sont pratiquées, on parle de 600 euros minimum par mois, soit moins de 18 euros par jour. Quand on parle de la Guadeloupe, on parle de 200 euros, moins de 6 euros par jour.
Voilà des chiffres qu'on devrait se rappeler et comprendre que quand on vient en Guadeloupe, on y vient aussi pour constater qu'il y a un département qui a été complètement oublié de notre politique. Et quand on parle de République, une indivisible, il faudrait que, par nos témoignages, nos responsables d'Etat puissent en prendre note. Et pas comme c'est le cas en ce moment avec des ministres qui se contentent de donner que des informations. Ce mois de mars, il est particulier. On a fêté nos 15 ans de l'accord Yves-Jégaud. Un accord qui a été signé. Un accord qui a été signé. Or, aujourd'hui, on voit que cet accord n'a pas été respecté. Il n'a pas été respecté.
Ce qui fait qu'évidemment, très logiquement, les colères commencent à s'étendre. Qu'est-ce qu'il y a eu comme réaction par rapport à ce non-respect ? Il y a eu un ministre de l'Intérieur, M. Darmanin, qui est arrivé et qui a fait respecter la loi telle qu'il l'entend, lui, par la force. Sauf que les gens, aujourd'hui, ne veulent plus se taire. On voit ce qui s'est passé en Martinique avec l'affaire Pinto. L'aspect foncier, l'accaparement des terres, c'est quelque chose qui est très vieux. Et aujourd'hui, les gens ne se taissent plus. Les gens veulent se révolter et dire stop, c'est fini. La réponse est toujours la même. La justice. Pas de dialogue social.
Évidemment, ça, c'est pour la Martinique. Cet après-midi, on a été voir les planteurs, les coupeurs de cannes. Eux aussi, leur demande, leur revendication était simple. Pour autant, être reconnaissant par rapport à leur emploi et ne pas travailler à perte, même ça, ça n'aurait pas permis. On l'a vu encore cet après-midi. La réponse qu'il leur est donnée, c'est encore de se taire et la répression. J'ai eu la chance, ces jours-ci, de monter sur Bastère, d'y retrouver un petit peu ma famille, de me recueillir sur la tombe de mon père à Saint-Claude. Et je suis passé devant une plaque dans le Matouba de Louis d'Algrès, où il est écrit « Vivre ou mourir ».
C'était son cri avec les 500 soldats pour qu'ils ne se résignent pas. Et il a préféré en effet mourir que de ne plus être libre. Seulement, voilà, je pense que vous serez d'accord avec moi si je vous dis que ce que nous voulons tous, c'est vivre et ne pas répondre à un chef de guerre, notre président, qui, lui, voudrait bien nous poser cette question, vivre ou mourir. C'est la question qui nous est posée. Par rapport à ça, je vais vous dire, par rapport à toutes les défiances qu'il y a sur les politiques, il faut pouvoir répondre avec des personnalités qui soient très fortes, très fortes et brillantes.
On a cette chance d'avoir deux femmes qui sont présidentes de leur groupe, ce n'est pas un hasard. Et sur ce, je vais vous laisser la parole, je vais laisser la parole tout de suite à Mathilde Pannot.
Merci à tous. Un immense merci pour votre accueil chaleureux. Et je dois dire que je suis très heureuse d'être ici avec Manon Aubry et Philippe Juravert en Guadeloupe, terre de résistance, terre de lutte, use de courber les Chines et surtout peuple guadeloupéen qui montre la voie au pays tout entier. Et j'aimerais commencer par vous dire un immense merci à vous, le peuple guadeloupéen, pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon et le programme de l'avenir en commun de notre futur. Et comme nous sommes le 22 mars, journée mondiale du droit à l'eau, je voudrais qu'on est ici pour le droit à l'eau, est importante là aussi pour le pays en Guadeloupe et à Mayotte que notre pays.
Mais vous aurez remarqué qu'en Hexagone, de plus en plus, chaque été, il y a des villages entiers, des milliers de personnes qui se retrouvent sans eau et des communes qui, de plus en plus, se retrouvent absolument privées de toutes ressources en eau, au point que nous sommes obligés d'envoyer, l'Etat cette fois-ci le fait, contrairement à la Guadeloupe, d'envoyer des bouteilles d'eau ou des citernes directement auprès des habitants, des camions citernes. Alors, c'est pour ça que je vous dis que la Guadeloupe est à la pointe du futur.
Parce que, ici, régler la question de l'eau, garantir le droit de l'eau est non seulement un moyen de récupérer sa dignité et même de récupérer un droit fondamental humain, puisque depuis 2010, l'ONU, sous l'impulsion de la Bolivie, a reconnu le droit à l'eau et à l'assainissement comme un droit fondamental humain. Eh bien, ce n'est pas seulement récupérer la dignité des Guadeloupéens et des Guadeloupéennes, mais c'est aussi apprendre au pays tout entier comment nous allons devoir faire face au dérèglement climatique, face à la voracité des capitalistes.
Et je sais qu'en ce moment, en plus des défaillances structurelles qui existent depuis plusieurs années sur la question de l'eau, il y a en plus des grèves des salariés du SMEAG. Et je veux vous alerter sur cette question, parce que je sais que plusieurs, je ne sais pas exactement combien, n'ont plus d'eau chez eux depuis trois jours, plusieurs habitants, par exemple. Alors, j'ai vu des gens qui portaient des bidons, j'ai vu des gens qui portaient des pâques d'eau. J'ai vu les immenses difficultés quotidiennes.
Et lorsque j'étais présidente de la commission d'enquête sur la question de l'eau, celle que la France Insoumise avait lancée, justement pour faire en sorte que l'eau n'appartienne plus aux multinationales, je me rappelle de Betty qui n'avait plus d'eau depuis six ans chez elle. Je me rappelle des gens qui m'expliquaient qu'en ouvrant leur robinet, ils avaient directement de l'eau de merde, comme ils disaient, c'est-à-dire avec des matières fécales à l'intérieur. Je me rappelle d'enfants qui ratent en moyenne un mois et demi de cours par an parce qu'il n'y a pas d'eau à l'école.
Je me rappelle de la fatigue, de la fatigue immense de porter des pâques d'eau, de porter des bidons, de se réveiller à n'importe quelle heure de la nuit en espérant qu'il y ait un filet d'eau qui puisse justement remplir ces mêmes bidons. Mais je tiens à vous alerter parce que j'entends une petite musique depuis que je suis arrivée. Non, ce n'est pas la faute des grévistes. Avec une semaine de grève, ce n'est pas la faute des grévistes qui expliquent que le droit à l'eau est bafoué en Guadeloupe. Et je vais vous dire, les responsables ont un nom et le premier des noms qu'il faut donner, c'est Veolia qui est responsable de cette situation.
Veolia qui est venue 70 ans, qui a non seulement pillé la ressource en eau mais surtout volé l'argent de l'eau, au point qu'ils ont sous-investi dans l'ensemble des réseaux, et qu'aujourd'hui, 60% de l'eau prélevée en Guadeloupe est perdue en fuite, gaspillée en fuite dans la nature, et n'arrive pas à au robinet des habitants. La première chose que nous apprenons du peuple guadeloupéen, c'est que nous ne devons jamais laisser les multinationales gérer l'eau, jamais laisser le marché décider pour nous. Et si vous pensez un jour que les capitalistes seront raisonnables, je tiens à vous rappeler quelque chose d'important.
Peut-être vous rappelez-vous des méga-feux qu'il y avait eu en Australie en 2019-2020. Méga-feux qui avaient causé la mort de 26 personnes. 3 milliards d'animaux avaient été tués et des millions d'hectares avaient été détruits par ces méga-feux. Et bien au moment où ils étaient en train de lutter contre les flammes et où l'eau était absolument vitale à la fois pour tenter d'éteindre les incendies mais aussi pour faire en sorte que les personnes puissent survivre. Ils ont été jusqu'à un point où ils ont utilisé des hélicoptères avec des snipers pour tuer 10 000 dromadaires qui étaient tellement assoiffés qu'ils se dirigeaient vers les points d'eau où étaient des villages.
Et bien à ce moment-là, l'Australie est le premier pays au monde à avoir mis en place des marchés de l'eau. Et à ce moment-là, tout le monde soutenait ça en disant c'est incroyable, vous savez comme l'eau sera financiarisée, comme elle aura une valeur financière, on va faire attention à l'eau. Et bien au moment où il y avait un danger mortel pour tout le monde, grâce à ce marché de l'eau, ils ont vendu, c'était une entreprise singapourienne qui a vendu 89 milliards de litres d'eau à un fonds de pension canadien pour, tenez-vous bien, arroser des orchidées qui étaient destinées à l'export.
Voilà ce que fait le marché lorsqu'on lui laisse gérer la ressource la plus essentielle aux êtres humains, celle sans laquelle, qui que vous soyez dans la société, trois jours sans eau et vous êtes morts. Et bien je le dis avec nous, les multinationales n'auront pas le droit de gérer l'eau. Que ça soit Veolia, Suez ou Lassor, nous voulons des régies publiques avec des décisions des habitants et des collectifs d'usagers. Que ça soit Nestlé ou Danone, qui pompent dans les nappes phréatiques au point d'assécher des territoires, et bien là aussi nous ne les laisserons plus faire. L'eau est à nous, pas aux multinationales. Ne vous trompez pas de colère.
Parce que je disais, les responsables ont un nom, évidemment, c'est Veolia. Les responsables ont un nom aussi, certains des élus qui, pour certains, ont pris aussi de l'argent, mais surtout ont signé un document, lorsque Veolia est parti comme un voleur, la générale des eaux, la filiale de Veolia. Ils ont signé un document sur lequel il y avait noté noir sur blanc qu'ils s'engageaient à ne pas poursuivre Veolia en justice et que Veolia s'engageait à ne pas poursuivre les élus en justice. C'est-à-dire une impunité totale. De même que, en plus de cela, les responsables ont un autre nom. Et ça s'appelle l'État et les gouvernements successifs.
À chaque fois que nous avons interpellé dans l'Assemblée, quand nous avons rendu le rapport, quand nous avons fait des questions au gouvernement, quand nous avons interpellé, réinterpellé, réinterpellé, à chaque fois la réponse est la même. C'est la compétence des collectivités, ce n'est pas la compétence de l'État. Mais si, c'est la compétence de l'État, quand je vous dis des enfants qui ratent jusqu'à un mois et demi de cours par an, l'éducation, c'est la compétence de l'État.
Quand je vous dis des gens qui, en plein Covid par exemple, dont le premier geste était normalement de se laver les mains, ne peuvent plus se laver les mains, ou non plus les bases de l'hygiène qui puissent être sans eau. Et bien là aussi, la santé, c'est la compétence de l'État. Quand vous avez à l'hôpital, là aussi, des robinets, de la matière fécale qui sort avec une eau absolument marronnâtre, là aussi c'est la compétence de l'État. Ou même quand il y a de l'eau croupie à des endroits parce que tous les réseaux ont débordé et qu'on retrouve des moustiques un peu partout, qui sont là aussi responsables de maladies, ça aussi c'est la compétence de l'État.
Et puisque nous parlons de santé, je veux alerter sur un point sur lequel il faut être particulièrement vigilant. L'ONU a dit en 2010 que le droit à l'eau était un droit fondamental humain, mais aussi le droit à l'assainissement. Et pourquoi est-ce que je parle du droit à l'assainissement ? Parce que nous sommes face à une bombe à retardement. C'est le Conseil économique, environnemental et social qui l'a pointé le premier et l'Agence régionale de santé nous l'avait dit aussi. Il disait si dans 10 ans, c'était en 2021, si dans 10 ans rien n'est fait pour la Guadeloupe sur la question des canalisations, alors il n'y aura plus aucune eau d'excellente qualité en Guadeloupe.
Vous imaginez ce que ça veut dire en termes de risques sanitaires, de risques économiques pour la Guadeloupe ? Et c'est inacceptable. Et bien je veux dire ici que rien de ce qui est vécu qui est une maltraitance insupportable, une violation des droits humains insupportable, rien de tout cela n'est une fatalité. Et nous mettrons les 2 à 3 milliards d'euros qu'il faut pour rénover l'ensemble des canalisations.
Et on sait déjà dans quelle poche les prendre puisque, je vous le dis juste, mais la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune qui a été la première mesure d'Emmanuel Macron, la suppression de l'ISF, ça rapportait à l'époque 3 milliards, or depuis les riches se sont enrichis, donc on sait exactement où aller prendre cet argent et le récupérer, ne vous inquiétez pas pour ça. De même que nous, nous annulerons les factures indues qui ont été faites aux habitants. Parce que quand vous voyez des gens qui se retrouvent avec des milliers et des milliers d'euros de factures pour de l'eau qu'ils n'ont pas parce qu'elle est partie en gaspillage, nous n'acceptons pas cela.
Et je veux féliciter les associations d'usagers qui se sont battus et qui ont obtenu des premières annulations dans le Sud sur justement ces factures d'eau indues. De même, en urgence, puisque la rénovation des canalisations, nous le ferons avec un plan d'urgence, mais en urgence, nous commencerons par déclencher le plan hors sec qui est déclenché partout dans le pays, sauf en Guadeloupe, c'est-à-dire celui qui permet de distribuer des bouteilles d'eau aux gens lorsqu'il n'y a pas d'eau. Et surtout, nous ferons en sorte de baisser les prix de force des bouteilles d'eau parce que l'eau est la plus chère de France en Guadeloupe et c'est insupportable !
Et nous redisons à tous les puissants et notamment à Emmanuel Macron que le droit à l'eau, comme la dignité, ne se négocie pas et qu'il ne s'agit pas de nous dire que ça coûterait trop cher ou je ne sais quoi. Si nous sommes ici, ce n'est pas seulement parce qu'il y a une échéance électorale le 8 juin pour l'élection européenne. C'est aussi un signal que nous avons voulu donner en venant aujourd'hui pour la Journée mondiale du droit à l'eau.
C'est aussi un signal que nous voulons envoyer en disant que nous avons fait de l'eau le fil rouge de notre campagne présidentielle et que jamais nous ne lâcherons cette question parce que cette question est l'enjeu numéro 1 du 21e siècle et que jamais nous n'accepterons l'indignité d'un droit à l'eau bafoué dans la 7e puissance économique au monde. Nous ne sommes pas seulement venus convaincre, puisque c'est ça après tout, alors généralement ils nous traitent d'électoralisme et nous nous sommes fiers. Nous nous parlons à l'intelligence des gens, ce n'est pas être électoraliste, c'est juste dire les gens doivent décider dans ce pays, c'est le peuple qui est souverain.
Et nous nous croyons à l'intelligence des gens, contrairement à tous les autres qui se cachent, qui essayent de ne pas faire de débat. Donc oui, nous nous parlons aux gens, nous n'avons absolument pas honte de cela. Mais nous ne sommes pas seulement là pour vous demander le 8 juin d'élire des eurodéputés de combat, même si nous en sommes immensément fiers.
Vous avez derrière moi Manon Aubry, présidente du groupe de la gauche européenne, qui a par exemple, parmi ses nombreuses victoires, gagné celui sur le devoir de vigilance, c'est-à-dire le fait de mettre fin à l'impunité des multinationales qui partout dans le monde violent les droits humains et mettent fin et là aussi pourrissent les écosystèmes et notamment le seul écosystème compatible avec la vie humaine. C'est une des victoires qu'elle a gagnées. Vous avez Younous Omarji, là aussi notre eurodéputée, qui a gagné en premier la reconnaissance de l'esclavage comme crime contre l'humanité au Parlement européen avec un vote que nous avons gagné.
Vous avez Laila Shebi qui elle a gagné quelque chose d'incroyable, c'est-à-dire la présomption de salariat. Vous savez, l'ubérisation dans la société a fait en sorte que les travailleurs n'aient plus les mêmes droits entre eux. Eh bien, grâce à Laila Shebi notamment, maintenant, tous les travailleurs ubérisés seront présumés salariés, c'est-à-dire avec les mêmes droits que les autres travailleurs.
De même que Marina Mesur, elle s'est opposée fermement et nous sommes fiers d'être le seul groupe à l'avoir fait entièrement, s'est opposée au marché européen de l'énergie qui est responsable de l'augmentation des factures parce que là aussi ce n'est pas une fatalité et nous au pouvoir nous ferons tout à fait autrement. Donc, nous sommes fiers de nos heureux députés et j'espère que nous en aurons beaucoup d'autres. Mais nous ne sommes pas seulement là pour cela. Nous sommes là pour vous dire que le 8 juin a une signification particulière. Quelle est-elle ?
Rendez-vous compte que depuis la réélection d'Emmanuel Macron et les élections législatives, que la NUPES avait gagnées au premier tour, je le rappelle pour que ça rentre dans nos têtes. Depuis la réélection de Macron et l'élection législative et jusqu'en 2027, la prochaine élection présidentielle, c'est la seule élection nationale que nous ayons. Et donc, se joue en 2024 déjà quelque chose de 2027. Et si nous ne voulons pas revivre une nouvelle fois, un second tour avec une Macronie et une Le Penie, alors ça se joue aussi dans l'élection européenne où nous devons faire en sorte que dès le 8 juin, l'après-Macron commence.
Mais les sondages, alors nous n'y croyons pas trop, mais c'est vrai que si personne ne va voter, les sondages auront raison. Puisque pour l'instant, ils annoncent une abstention très forte. Les sondages annoncent l'extrême droite en tête. L'extrême droite qui est l'assurance vie de Monsieur Macron. Macron avait besoin de Le Pen au second tour pour pouvoir gagner. Si c'était Mélenchon, ça aurait peut-être été autre chose. Et vous, vous en savez quelque chose ici. De même, à l'Assemblée nationale, ils votent toujours ensemble. Par exemple, ils votent contre l'augmentation du salaire minimum. Contre le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune dont je parlais.
Et à chaque fois qu'on veut taxer des riches, de toute façon, ils votent contre. Ils votent ensemble pour augmenter les loyers. Et ils ont même été jusqu'à voter cette infâme loi immigration où, pour la première fois depuis 1945 dans notre pays, s'est trouvée dans notre loi. Des lignes du programme directement copié-collé du programme de Jean-Marie Le Pen. Et pour la première fois depuis 1945, ça n'était même pas arrivé avec Maurice Papon. Pour la première fois depuis 1945, ils n'ont pas seulement mis les idées de l'extrême-droite dans cette loi immigration. Mais ils ont eu besoin des voix de l'extrême-droite pour faire passer cette loi immigration.
Jamais l'extrême-droite n'avait voté favorablement à une loi immigration avant celle-ci. Voilà ce que fait l'extrême-droite et la Macronie, les deux côtés d'une même pièce, qui, tous les deux, veulent continuer ce monde de malheur, l'un étant encore pire par son racisme, mais sur le programme économique. Continuons à vouloir détruire les droits des uns et des autres. Continuons à vouloir continuer cette politique de maltraitance sociale, écologique et démocratique. Nous ne les laissons pas faire. Voilà l'enjeu du 8 juin. J'en profite pour apporter tout mon soutien à la journaliste Barbara-Olivier Zandronis, qui a été écartée de son média juste pour poser des questions à M.
Bardella, comme quoi vous voyez que l'extrême-droite, en plus, déteste la liberté de la presse. Vous l'avez vu, Macron nous fait la guerre. Les services publics s'effondrent de partout. Et ils continuent, vaille que vaille, avec, en plus, des plans d'austérité terrifiants qui vous sont annoncés. Manon Aubry en parlera. Mais pour continuer une politique contre le peuple, ils sont obligés d'utiliser la violence. Et ici, vous en savez quelque chose.
Vous en savez quelque chose parce que nous nous rappelons que, alors qu'il a fallu plusieurs mois pour envoyer de l'oxygène qui manquait cruellement pendant la crise sanitaire, il n'a fallu que 48 heures pour envoyer le GIGN et le RAID face aux Guadeloupéennes et aux Guadeloupéens qui demandaient juste le droit à l'eau et le droit d'être soignés dignement. Nous nous souvenons et nous continuerons le combat, quoi qu'il en coûte, pour obtenir justice pour Claude Jean-Pierre, mort dans un contrôle de gendarmerie. Personne ne devrait jamais mourir d'un contrôle. Nous le disons en France hexagonale sur les 16 morts pour refus d'obtempérer en un an et demi.
Rendez-vous compte, l'Allemagne n'a qu'un mort pour refus d'obtempérer en 10 ans, quand nous en avons 16 en un an et demi. Et encore récemment, un jeune est mort. Et bien de même, Claude Jean-Pierre est mort à 67 ans. Nous savons que lorsqu'il a été extrait du véhicule, il avait déjà les deux cervicales brisées et que probablement il était tétraplégique. Il est mort 12 jours après, à l'hôpital. Et le procureur avait demandé un non-lieu sur l'affaire Claude Jean-Pierre. Et c'est par le combat, notamment de sa fille et de son gendre, que je veux aussi saluer, de la Guadeloupe.
C'est grâce à ce combat que la suite d'instructions a été demandée par la juge et que j'espère que justice leur sera rendue alors que les deux gendarmes, pour l'instant, n'ont pas été mis en examen et qu'un gendarme a même été promu. Voilà. Et bien, je le dis, avec nous, les cow-boys et les violents, c'est fini ! Et nous sanctionnerons tous ceux et toutes celles qui ne respectent pas ni la police ni la gendarmerie républicaine.
Mon soutien, Philippe Juravert en parlait juste avant, aux planteurs qui sont actuellement en grève, que nous avons vus cet après-midi, qui demandent, juste comme tout le monde, le fait de pouvoir vivre dignement de leur travail, et qui se retrouvent à être cinq camarades à être traînés devant le tribunal, qui, là aussi, est une méthode pour essayer de faire taire la colère, de faire taire les revendications qui sont portées. Et bien, je le dis à Macron, ici en Guadeloupe, il est mal barré, parce que la Guadeloupe ne baisse pas la tête ! Macron nous fait la guerre, notre bulletin est celui de la paix.
Et, je le dis avec une certaine émotion, mais je suis fière que, sur notre liste aux élections européennes, il y ait Rima Hassan. Rima Hassan est née dans un camp de réfugiés palestiniens en Syrie. Ses grands-parents avaient dû fuir la Palestine suite à la Nakba. Elle est aujourd'hui juriste en droit international, et elle est en septième position sur notre liste, pour justement continuer à porter la voie de la paix.
Et, je le dis avec d'autant plus d'émotion, que nous voyons tous les images de la Palestine et de Gaza, que nous voyons tous le cimetière qui est devenu Gaza, et cette obstination de Netanyahou qui a encore redit aujourd'hui que, même sans les États-Unis, il continuerait l'offensive sur Rafah. Le 26 janvier, la Cour internationale de justice a rendu une première décision qui était historique, celle de dire que, effectivement, grâce à l'Afrique du Sud, grâce à la saisine de l'Afrique du Sud, que nous remercions encore ce soir de l'avoir fait, qui a reconnu qu'il y avait un risque génocidaire à Gaza.
Depuis le 26 janvier, alors qu'ils avaient demandé à l'ensemble de la population d'aller vers le Sud, Netanyahou, le gouvernement d'extrême droite israélien, dit maintenant qu'il veut attaquer les 1,5 millions d'habitants qui sont coincés à cet endroit, à la frontière, sans eau, sans électricité, sans nourriture, sans médicaments. De même, depuis, ils ont utilisé la famine comme arme de guerre. Et peut-être avez-vous vu ce chiffre absolument effrayant de l'ONU, qui dit qu'en 4 mois de conflits, il y a eu plus d'enfants palestiniens morts à Gaza qu'en 4 ans d'enfants morts dans l'ensemble des conflits du monde.
Nous parlons face à un génocide qui est en cours, et ils peuvent nous salir de toutes les manières qu'ils veulent. Nous ne nous tairons pas, et nous ne laisserons pas la Palestine disparaître. Et je dois dire que je suis fière d'être présidente du groupe parlementaire, du seul groupe parlementaire, qui ait refusé d'applaudir au soutien conditionnel à Netanyahou, à l'Assemblée nationale. De même que je suis fière que les Insoumis aient à tout moment parlé la langue de la paix, parlé la langue du droit international, et à tout moment pris des initiatives pour la paix.
Jean-Luc Mélenchon s'est rendu au Liban pour attirer l'attention sur le risque d'escalade, qui serait une catastrophe dans la catastrophe dans le conflit en cours. Jean-Luc Mélenchon s'est rendu à La Haye, justement pour écouter la plaidoirie de l'Afrique du Sud. De même, une délégation de parlementaires emmenée par Éric Coquerel, c'est-à-dire initiée par la France Insoumise, s'est rendue à Rafa pour exiger un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel. Oui, à chaque instant, nous avons parlé la langue de la paix.
Et nous continuerons de le faire parce qu'il est insupportable que la France n'ait pas encore déposé une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU pour justement exiger ce cessez-le-feu immédiat et inconditionnel. Parce qu'il est insupportable que la France refuse de déclarer un embargo sur les armes à l'extrême-droite israélienne. Parce que la France a joué un tout autre rôle dans le passé, justement dans le monde et pour la Palestine. De même, il est insupportable que la France refuse de reconnaître la Palestine alors que 138 pays dans le monde l'ont d'ores et déjà fait. Oui, nous continuerons à porter la voie de la paix.
Et le 8 juin, si vous voulez faire partir tous les vattes en guerre, que ce soit ceux qui veulent aller envoyer des troupes en Ukraine, que ce soit ceux qui laissent l'extrême-droite israélienne continuer un génocide, et bien le bulletin s'appelle le bulletin de l'Union Populaire avec la liste menée par Manon Aubry. Puisque nous sommes dans l'ère caribéenne, je veux dire à quel point nous sommes attachés au fait que la France soit une France non alignée au service de la paix. Et je veux dire toute notre solidarité au peuple haïtien dans un cycle de violence absolument terrible au point que 5 000 personnes sont mortes l'année dernière. La France a une dette historique et morale envers Haïti.
Et je le dis, dans le respect de la souveraineté haïtienne, la France et toutes les instances internationales doivent aider à ce que les Haïtiens puissent récupérer leur destin. Le 4 février 1794 avait lieu la première abolition de l'esclavage. Cette abolition est en quelque sorte unique, puisque c'était une des seules dans l'histoire qui se faisait sans indemnisation des colons. Nous l'avons célébré récemment et nous avons, nous, le groupe Insoumis, demandé à ce que le portrait de Jean-Baptiste Bellet arrive à l'Assemblée nationale. Jean-Baptiste Bellet est le premier député noir de la République française.
Il est celui qui, même avant le 4 février 1794, c'est-à-dire la première abolition de l'esclavage, a obtenu l'abolition de l'esclavage de fée en août 1793, puisque c'est par la lutte des esclaves, et d'abord par la lutte des esclaves eux-mêmes, que l'esclavage a pu être aboli. Gloire à Jean-Baptiste Bellet. Gloire à Delgrès. Gloire à Solitude. Gloire à toutes ces femmes et ces hommes qui nous rappellent que la liberté n'existe pas sans ses défenseurs. Alors, nous continuons un combat long. Et l'enjeu pour nous, ce 8 juin, est que le peuple récupère son pouvoir de décider de son avenir.
Et que le peuple ne soit pas tellement éloigné, tellement dégoûté de la politique qui est menée contre lui, que finalement, il reste les plus riches décidés à sa place. Nous avons un enjeu important autour de la mobilisation du 8 juin. Nous y arriverons, les amis. Même si l'histoire est parfois longue, nous y arriverons. Et je veux terminer par les mots d'Ernest Pépin, qui est poète et écrivain guadeloupéen. Il dit, un oiseau passe, éclair de plume dans le courrier du crépuscule. Va, vole et dis-leur. Dis-leur que nos mots sont de créole en créole sur les épaules de la mer, mais qu'il n'y aura jamais assez de sel pour brûler notre langue. Va, vole et dis-leur.
Dis-leur qu'à force d'aimer les hommes, nous avons appris à aimer l'arc-en-ciel. Et surtout, dis-leur qu'il nous suffit d'avoir un pays à aimer, qu'il nous suffit d'avoir des contes à raconter pour ne pas avoir peur de la nuit, qu'il nous suffit d'avoir un champ d'oiseaux pour ouvrir nos ailes d'hommes libres. Va, vole et dis-leur. Oui, dites-leur. À partir du 8 juin, on commence à déchouquer Macron. Merci beaucoup. Je mène la liste pour déchouquer Macron. Je vous demande d'accueillir Manon Aubry.
Le problème de passer après des grandes dames, au sens propre comme figuré, c'est que je suis plus petite. Bonjour à toutes et à tous d'abord. Et merci d'être si nombreuses et nombreux ce soir en Guadeloupe. On voit qu'il y en a qui viennent en Guadeloupe mépriser les Guadeloupéens et les Guadeloupéennes. Je pense à un certain Jordan, même pas besoin de donner son nom de famille. Et moi, je suis fière. Notre premier déplacement, ce soir, premier et singulièrement en Martinique et en Guadeloupe. Vous savez, au niveau ultra-périphérique, c'est comme ça qu'ils les appellent. Eh bien, pour notre campagne, je propose déjà une première chose, que c'est ces territoires.
Et je suis fière de venir aussi devant vous porter ces questions au centre de notre campagne. Fière d'avoir la liste aux élections européennes qui a placé au plus haut niveau une personnalité des Outre-mer, à savoir mon collègue Younous Omarji, député de La Réunion, qui est numéro 2 sur la liste, président de la commission du développement régional et qui n'a eu de cesse à nos côtés, depuis le début de notre mandat, de se battre pour défendre des fonds spécifiques pour les Outre-mer. Parce que oui, on ne peut pas faire la politique depuis Bruxelles et penser qu'elle va s'appliquer comme si de rien n'était en Martinique ou en Guadeloupe. Oui, à prendre en compte.
Et c'est précisément ces spécificités des Outre-mer que nous sommes venus défendre ici aujourd'hui en Guadeloupe et que nous défendrons demain au Parlement européen, je le souhaite, avec encore plus de députés. Et finalement, les Outre-mer sont en première ligne des crises sociales, j'y reviendrai, économiques, environnementales, souvent aussi en première ligne des solutions. Peut-être qu'on devrait s'inspirer un peu plus de ce qui est fait dans les Outre-mer. Et face à ça, on a un pouvoir qui nous fait honte. Honte du mépris souvent affiché, ne serait-ce que par la ritournelle et la succession des ministres d'Outre-mer.
Les ministres d'Outre-mer, des Outre-mer, en général, ils découvrent où sont les territoires des Outre-mer au moment où ils sont nommés ministres. Si tant est qu'ils ne le découvrent pas sur la carte ou font des erreurs en la matière. Et tout leur mépris qui pointe. Alors c'est vrai que les Outre-mer ne sont pas les seules victimes du mépris, mais il y a quelque chose de très spécifique. Et moi, j'ai envie de dire qu'on en a assez. Assez des Antilles et des Outre-mer méprisés par un hexagone et ses ministres successifs.
Assez, assez d'un pouvoir qui envoie en général plus vite l'armée que des médecins quand le système de santé s'effondre et qui n'a toujours pas tiré les leçons de la crise du Covid, qui laisse un CHU à l'abandon, qui laisse, s'y reviendraient, des médecins sans moyens et qui laisse des citoyens sans accès à un droit aussi fondamental que le droit à la santé. D'une politique qui fait des ultramarins, des sous-citoyens, assez des maltraitances que subissent l'ensemble des citoyens des Guadeloupéens et des Guadeloupéennes.
Et le vote du 8 juin prochain, ce sera notre appel à nous du 8 juin, le vote du 8 juin est un appel à toutes seules et tous ceux qui en ont marre d'être méprisées, qui en ont marre de se battre pour leur dignité. Oui, ce vote du 8 juin, certification Emmanuel Macron. L'espoir que le 8 juin prochain, n'a plus d'anticipation que lors des précédentes élections européennes, où 15% des Guadeloupéens et des Guadeloupéennes s'étaient déplacés. Son espoir, Mathilde l'a dit, c'est que l'élection se fasse sans le peuple. Leur espoir, c'est de continuer à nous diviser.
Nous diviser en fonction de notre couleur de peau, nous diviser en fonction de notre religion, nous diviser en fonction de notre âge, de notre profession. Bref, nous diviser. C'est leur projet de société. Nous diviser. Quand nous, nous voulons faire l'union, l'union populaire, l'union de toutes celles et tous ceux qui ne veulent pas baisser la tête, l'union de qui ne veulent pas faire Emmanuel Macron, qui n'a qu'un rêve, c'est que le peuple ne se déplace pas, en sorte qu'enfin, nous avons souvent été oubliés. Parce que oui, cette élection européenne, bien entendu qu'on va envoyer des députés de combat, mais c'est d'abord l'après-Macron qui se dessine.
La question qui nous est posée, voulons-nous donner les clés du pays au rassemblement national raciste, xénophobe, qui ne défend jamais les travailleurs, qui s'opposent systématiquement à la redistribution des richesses ? Ou voulons-nous faire Emmanuel Macron ? C'est ça, la question qui nous est posée. Et Mathilde l'a rappelé aux dernières élections législatives, la NUPES est arrivée en tête du premier tour. Et bien, c'est précisément avec ce même programme de la NUPES, cette même stratégie, que nous allons commencer à construire l'après-Macron dès le mois de juin, parce que nous sommes déjà face à nous.
Et notre objectif, c'est oui, nous l'assumons, de poursuivre sur la dynamique de la précédente élection présidentielle. Et oui, Jean-Luc Mélenchon, ici en Guadeloupe, on a de quoi espérer pour 8 juin prochain. Ils le font. Il ne faut pas dire que le chlordécone n'est pas cancérigène. Et ça, il ne l'a pas dit dans les années 60. Il n'était même pas né d'ailleurs maintenant que je réalise dans les années 60. Je ne sais plus en quelle année est né Emmanuel Macron exactement. Mais il ne l'a pas dit quand il pouvait y avoir un doute. Non, il l'a dit, soit quand même quelques années après l'interdiction du chlordécone.
C'est que lui, comme tous les dirigeants qui l'ont précédé, c'est qu'il préfère masquer la culpabilité de ceux qui ont empoisonné les gens pendant des décennies entières. Ils préfèrent masquer la culpabilité de ceux qui ont menti sciemment aux Guadeloupéens, alors que l'on sait depuis les années 1970 que le chlordécone est dangereux, qu'on agonne ce qu'ils font, ce qui est là et de Guadeloupéennes, quand on sait que 90% de la population anti-aise est contaminée.
Nous avons obtenu, grâce au travail de nos collègues à l'Assemblée nationale, et je veux saluer le rôle joué aussi par Mathilde Panot en la matière, nous avons déjà obtenu une première victoire, la reconnaissance de la responsabilité de l'Etat français dans cet empoisonnement généralisé. Et maintenant, nous nous battons au niveau européen pour la reconnaissance de ce qui devrait être considéré comme un écocide. Vous avez certainement vu une série d'associations qui ont déposé hier un cas devant le Comité européen des droits sociaux. Je veux leur dire ici, depuis la Guadeloupe, tout notre soutien pour demander justice, pour tirer les leçons de cet empoisonnement, pour les conséquences.
C'est pourquoi nous nous battrons au niveau européen pour obtenir des fonds spécifiques pour dépolluer le Martiniquais. Mais il ne faudra pas s'arrêter là. La réalité qui s'est passée avec le chlordécone. Aucune leçon de multinationales qui s'enrichissent pour empoisonner la vie. Et cette erreur avec le chlordécone, ils sont en train de répéter exactement la même avec l'ensemble des pesticides, et notamment singulièrement avec le glyphosate. Et puis quoi ? Dans 10 ans, 20 ans, 50 ans, il va se passer depuis les années 70. Plus jamais, ça pose un problème quand on sait que l'eau ici est contaminée. Ce sujet qui nous est si cher.
Et je veux en dire un mot juste très rapide ici, en cette journée internationale de l'eau. En faisant peut-être un petit sondage ici dans cette salle. Qui, dans cette salle, a déjà été privé d'eau un ou plusieurs jours au cours de cette année ? Levez la main. Voilà. Voilà Emmanuel Macron, la 7ème puissance économique mondiale. Que dès tous les gens ici, dans cette salle, aient levé la main quand on leur demande s'ils ont été privés d'eau. Je refuse que notre pays soit en voie de tiers mondisation. Je refuse qu'on continue à prier. L'armée, quand il fallait ici en Guadeloupe, aller voir des planteurs de cannes à sucre. Des planteurs de cannes à sucre qui demandent une chose très simple.
Vendre une tonne de cannes à sucre. Tout le monde se rend compte de ce que c'est une tonne de cannes à sucre. C'est un, énormément de travail. Deux, ça prend quand même pas mal de place, une tonne de cannes à sucre. Ils en demandent 120 euros la tonne. Alors je ne sais pas si on se rend bien compte, 120 euros la tonne. Si vous prenez en compte le coût de leurs intrants, le coût du transport, 120 euros la tonne, ça ne leur permet même pas de se sortir le SMIC, c'est-à-dire le salaire minimum dans notre pays. Nous avons des agriculteurs, des planteurs, qui se battent pour même pas vivre de leur travail, mais pour survivre. Et quel est le réflexe ? Toujours le même, celui de la répression.
Quel est le réflexe ? Celui de la pression, notamment de l'entreprise Gardel, qui profite de sa situation d'oligopole pour mentir, y compris vis-à-vis les agriculteurs, et les faire poursuivre en justice, qui profite de sa situation. Les planteurs nous ont dit qu'ils ont fait des petits calculs. Augmenter à 120 euros la tonne de cannes à sucre, ça coûterait quelques millions d'euros en tout, et que ces quelques millions d'euros n'entameraient pas le gros pactole de bénéfices faits par ces entreprises. Je veux dire ici, pour qu'ils l'entendent haut et fort, à tous les planteurs de cannes à sucre en Guadeloupe, je veux leur dire notre soutien.
Je veux leur dire qu'il provient de fonds européens. Mais ils savent aussi trop bien le temps qu'ils mettent à toucher ces fonds européens, la paperette pour toucher ces fonds européens, mais surtout l'inégalité dans la distribution. Je pense à des agriculteurs, par exemple, à des producteurs d'ananas, et qui, la plupart du temps, ne touchent pas, vont les toucher. Les accords de libre-échange. Vous avez peut-être fait un supermarché, sans doute, ou en tout cas à un prix moins cher en Costa Rica que des ananas guadeloupéens. Quel sens ? Quel sens y a-t-il à faire venir des ananas du Costa Rica alors qu'on en produit ici ? Puis en plus, il n'est pas mauvais. J'aime bien l'ananas.
J'aime bien la Guayave aussi. Bref, tous les fruits ici sont extraordinaires. Mais quel sens a-t-il à faire venir de Costa Rica alors qu'on en a ici, qu'ils n'arrivent pas forcément à bien vendre leurs stocks, et qu'en plus de cela, au Costa Rica, sont autorisés des pesticides qui sont interdits ici, à raison sur le sol européen. Voilà la raison, une des nombreuses raisons pour lesquelles nous continuerons de nous battre contre les accords de libre-échange. Et je veux dire ici que je suis fière, fière de présider au Parlement européen le ensemble des professions ici présentes dans cette salle. C'est parce que la vie est chère.
La vie est chère et la maltraitance sociale atteint son comble quand on est des Guadeloupéennes de pauvreté, presque dans l'Hexagone. Nous avons fait des courses dans l'Hexagone, ou plutôt demandé à faire des courses dans l'Hexagone, sur une liste de produits. Et nous sommes allés acheter ces exacts mêmes produits dans un carrefour en France, métropole, dans l'Hexagone, et dans un carrefour aux Abîmes, ici en Guadeloupe. Nous avons acheté en tout et pour tout 16 produits. Ce n'est pas énorme. Quand on poussait notre caddie, je peux vous dire qu'il n'était pas plein. Mais nous avons acheté des produits de base, de consommation, de tous les jours. Nous avons acheté de quoi boire.
Nous avons acheté des couches. Nous avons acheté des yaourts. Bref, ce que chacune et chacun ici, quand il va faire ses courses, le fait. Et nous avons fait le calcul à l'arrivée. Ces 16 produits, notre caddie à moitié plein, nous a coûté la modique somme de 170 euros. 170 euros, soit pour exactement les mêmes produits que dans l'Hexagone, 56% de plus. Voilà la réalité de la vie chère ici, en Guadeloupe. Voilà la réalité d'un racket institutionnalisé qui est organisé et auquel nous devons mettre fin.
Et puis, pour ceux qui nous écoutent, parce que je sais qu'il y en a qui nous écoutent même à une heure tardive, mais on veut les saluer depuis l'Hexagone, pour qu'on se rende bien compte à quel point la vie est chère ici. Nous avons payé des paquets liquides, 18,45 euros. Nous avons payé de 12 paquets de 12,69. Et de couches, 1,65 euros. Mais qui a les moyens de vivre dans ces conditions ? Et cerise sur le gâteau, nous avons payé notre paque d'eau, pour ne pas la nommer, 11,39 euros.
Quand on sait à quel point les Guadeloupéens, non seulement n'ont pas d'eau quand elle sort du robinet, que quand elle sort, elle est polluée et qu'ils n'ont d'autre choix que d'avoir recours à des bouteilles d'eau en plastique, et que ce paque d'eau en plastique va jusqu'à coûter plus de 12 euros. On a résumé toute la maltraitance sociale, toutes les inégalités, toutes les injustices qui pèsent aujourd'hui sur la Guadeloupe. C'est qu'on a un peu l'impression qu'on se fait voler à tous les étages. On paye notre facture d'eau, on se fait voler. On va faire nos courses, on se fait voler. On entre dans un supermarché, on se fait voler.
Bref, on se fait voler et je vous le disais, c'est un racket en bande organisée. Et donc, il faut s'intéresser à qui se trouve dans cette bande. Dans cette bande, il y a d'abord et avant tout des industries, des entreprises agroalimentaires et des distributeurs comme Carrefour. Au passage, vous n'allez pas forcément faire vos courses chez Carrefour quand on sait qu'eux revendent et profitent de produits israéliens. Donc ça me permet de donner un peu d'écho à la campagne de boycott vis-à-vis de Carrefour si vous voulez mettre un terme au génocide à Gaza. Et je sais aussi qu'on n'a pas forcément le choix et c'est la raison pour laquelle nous avons fait ce petit travail comparatif.
Mais je vous parlais de ce racket en bande organisée. Dans ce racket en bande organisée, il y a des entreprises, des agro-industries et des distributeurs comme Carrefour qui s'enrichissent et qui déjà refusent de faire la transparence sur leurs marges, refusent de dire combien d'argent ils font. D'autre côté de notre bande organisée, on a l'État qui refuse d'agir, qui se bouchent les yeux comme ça et qui se disent « Non, non, non, il n'y a pas de problème de vie chère dans les Outre-mer, je ne vois pas du tout de quoi vous parlez !
» Et qui en réalité, en général, c'est le moment où Bruno Le Maire, on n'a pas eu d'épisode spécial sur les Outre-mer de Bruno Le Maire, mais c'est le moment où Bruno Le Maire, il vient demander, implorer, bref, ouvrir le discussionnaire des synonymes, mais absolument pas agir, dire qu'il faudrait faire un petit effort pour baisser les prix des produits de première nécessité. Vous avez remarqué, efficacité incroyable, parce que non seulement on a plus 56% entre les prix ici en Guadeloupe et dans l'Hexagone, mais Mathilde avait fait cet exercice aussi il y a deux ans, et entre-temps, on a pris plus, 20 ou 30%, je crois, sur seulement l'espace de deux ans.
Donc, on voit aujourd'hui qu'ils s'en mettent plein les poches et que l'État et l'Union européenne refusent d'agir. Eh bien, nous, nous assumerons de dire qu'il ne faut pas supplier, mais qu'il faut assumer de prendre des mesures très fortes, et qu'on cache des marges des entreprises agro-industrielles. Cité, ça suffit, la main libre du marché. Et quand on parle de cette campagne pour la dignité, vivre dignement, c'est aussi vivre avec les mêmes droits et les mêmes possibilités pour tout le monde, que l'on soit en Guadeloupe, aux Abîmes ou à Paris, que l'on soit à Pointe-à-Pitre ou à Marseille, et que l'on soit, peu importe notre position sur le territoire.
Mais l'égalité, c'est finalement devenu un peu un mot galvaudé dans notre République. Je pense qu'ils peuvent l'enlever du fronton des mairies quand on voit l'état de la situation de l'égalité dans notre pays. Et c'est que ça va être encore plus mis à mal dans les mois qui viennent. On est déjà dans une situation de service public à l'abandon et en pleine destruction ici dans les Outre-mer. Et qu'en moyenne, l'investissement moyen de l'État par habitant est inférieur d'un tiers en Outre-mer que dans l'Hexagone. Comme si, voilà, on allait vous amputer d'un tiers. Vous comptez que pour les deux tiers, donc on va vous amputer là, le bras droit, comme ça.
Voilà la manière dont ils voient les citoyens ici en Guadeloupe. Évidemment, ça a des conséquences. Ça a des conséquences sur nos écoles. Ça a des conséquences sur le taux d'illettrisme qui est trois fois plus élevé ici en Guadeloupe. Ça a des conséquences sur l'insalubrité. Je sais qu'un certain nombre d'enseignants ont été mobilisés à cause de rats, notamment, qui sont présents de manière très nombreuse dans un certain nombre d'écoles. Ça a des conséquences évidemment sur notre santé. Allez, j'aime bien les petits tests. Je vais faire relever la main. Qui, ici, a attendu au moins six mois pour un rendez-vous chez un spécialiste ? Neurologue, ophtalmo, gynécologue. Voilà.
Quasiment tout le monde lève la main de nouveau. Six mois. Et j'ai volontairement placé la barre très haute. Quand je parle de six mois, vous avez le temps de crever trois fois, la bouche ouverte. Et la réalité, c'est que si jamais vous avez les moyens, vous allez vous payer un billet d'avion, puisqu'on entend l'avion juste au-dessus de nous. Vous allez vous payer un billet d'avion pour l'hexagone, pour des choses aussi simples que se faire opérer de la cataracte, ce qui prend une demi-heure, montre en main, top chrono. Et pour ceux qui n'ont pas les moyens, c'est la santé et la priorité. Et la réalité, c'est que les investissements, ils sont bloqués depuis un moment.
Et quand on les interpelle, à chaque fois, ils nous disent, on fait du mieux qu'on peut, on applique la loi, qu'ils commencent par appliquer la loi pour gagner plus élevé que dans l'hexagone. Voilà ce que ça veut dire, appliquer la loi. Et tout ça, ils reprennent leur petit snif d'austérité. Parce que comme s'il n'y en avait pas assez, ils se disaient, ils sont dans un état absolument formidable de service public, donc, et si on faisait quelques économies de plus ?
Et donc, là, c'est le moment où Bruno Le Maire, cette fois-ci, il ne demande pas, il agit, notre cher ministre de l'Economie et des Finances, et il annonce 10 milliards d'euros d'économies dès cette année, 20 milliards l'an prochain, au cas où vous n'en aviez pas assez, dont déjà 79 millions rien que pour les Outre-mer cette année. Et évidemment, pour vous donner une idée, parce que des milliards d'euros, c'est abstrait, 20 milliards d'euros, c'est l'équivalent de 600 000 postes d'enseignants ou d'infirmiers. Ce sera évidemment des lits d'hôpitaux qui vont fermer, des routes qui ne seront pas réparées, des logements qui ne seront pas isolés.
Et puis là, leur dernière trouvaille, s'attaquer aux aides pour le logement. Oui, parce qu'ils n'ont pas exclu de raboter dans les aides pour le logement. Déjà que la dernière fois, ils avaient raboté 5 euros, on leur avait fait traîner ça comme un boulet, et là, ils veulent s'attaquer de manière beaucoup plus large encore aux aides pour le logement. Vous verrez, tout y passera. Nos services publics, nos hôpitaux, nos écoles, notre protection sociale, notre assurance chômage, ils veulent tout détruire. Eh bien, c'est ça que nous devons faire aussi avec le vote du 8 juin.
Arrêter leur cure d'austérité, faire du scrutin du 8 juin un référendum contre la casse de nos services publics qui sont déjà en sale état, ici en Guadeloupe. Et puis, bon, s'ils veulent de l'argent, j'ai bien quelques idées pour aller en chercher. Mathilde, elle parlait de l'impôt de solidarité sur la fortune. On pourrait aussi leur suggérer d'aller chercher dans la poche des actionnaires du 440 qui ont reçu un montant historique de dividendes à près de 100 milliards d'euros. On pourrait bien leur dire aussi d'aller chercher dans la poche des évadés fiscaux.
On pourrait, je crois que Bernard Arnault nous disait les planteurs aujourd'hui, ils étaient en train de reprendre une des distilleries bien connues de Guadeloupe, comme quoi ils s'intéressent à vraiment tout ce qui est profitable. On pourrait leur dire aussi d'aller chercher l'argent du SNU, tiens. Est-ce que c'est vraiment utile d'envoyer nos gamins, alors je sais bien qu'ils veulent faire la guerre, mais d'envoyer nos gamins dans un service national universel ? Bref, on va leur dire une chose assez simple, claire et nette. Rendez l'argent ! Rendez l'argent ! Rendez l'argent ! Voilà les amis, c'est pour ça qu'on a besoin de votre mobilisation le 8 juin prochain.
Parce qu'on a un peu comme un rouleau compresseur ce duo entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen ou Jordan Bardella. Je ne sais pas si vous avez remarqué, il y avait un premier débat des têtes de liste la semaine dernière. Jordan Bardella c'était le seul qui n'était pas là. Normal, le débat avait lieu au Parlement européen, donc il n'avait pas encore trouvé le chemin. Il faut l'excuser, attendez. Au bout de 5 ans, trouver le chemin de son bureau, il ne faut pas déconner quand même. Et puis, il faut dire qu'il n'était pas beaucoup plus actif dans les manifestations contre la réforme des retraites. On ne l'a pas vu non plus.
Pas beaucoup plus actif de manière générale au Parlement européen, qui a réussi à déposer en tout et pour tout, en 5 ans de mandat, 21 amendements. Ça fait 1 tous les 4-5 mois. Pour des gens qui défendent la valeur travail, on repassera. Type de comparaison. Par exemple, j'en ai déposé 3500. Voilà à quoi servent des députés qui servent, qui travaillent. Et puis, puisqu'il n'était pas très fier de le dire et que c'est pour cela que la journaliste de RCI a été mise à pied, je veux rappeler ici que Jordan Bardella a voté contre la reconnaissance de l'esclavage comme un crime contre l'humanité, qui est la victoire insoumise qu'on a obtenue au Parlement européen.
Incarné l'extrême droite, incarné par Jordan Bardella. Et c'est là, les amis, où vous allez devoir entrer en scène. Parce que oui, c'est vrai, les élections européennes, ça peut paraître loin. L'Hexagone, c'est loin, alors Bruxelles, c'est encore plus loin. Parce que oui, rien n'est fait pour qu'on s'empare des décisions européennes dans l'opacité la plus totale. Mais Mathilde a rappelé que quand même, quelques députés insoumis, c'était utile pour gagner des victoires. Et que si on était encore plus nombreux la prochaine fois, peut-être qu'on pourrait encore avoir plus de victoires. Et qu'on serait surtout la garde avancée de la Résistance, là où l'extrême droite progresse partout en Europe.
Que cette élection du 8 juin prochain, l'après Macron qui va se dessiner. Et va se poser la question de savoir, est-ce qu'on continue finalement les cadeaux aux plus riches ? Ou est-ce qu'on va tenter la pièce ? Vous avez la face des cadeaux aux plus riches ou la face raciste. Mais bon, à la fin c'est la même pièce. Bah nous, on vous propose une autre pièce. Celle qui permet de vivre mieux. Celle qui permet de retrouver sa dignité. Celle qui permet de défendre ses services publics. Celle qui permet surtout et avant tout de tracer un chemin, un horizon, un espoir. Oui, c'est avec cet espoir que nous allons faire campagne.
Mais vous toutes et vous tous ici dans cette salle, vous allez nous aider. Vous allez vous aussi empoisonner, pas au chlordécone, mais vous allez, j'en suis sûre, empoisonner la vie. Marie Skondé, qui elle aussi se demandait bien comment conclure un meeting avec une telle effervescence. Alors je lui emprunte ces mots. Alors que conclure précisément ? Faut-il conclure ? Ne concluons pas. Rêvons plutôt. Imaginons. L'histoire du monde n'est pas finie. Déjà des esprits éclairés prédisent la mort de l'Occident. Un jour viendra où la terre sera ronde et où les hommes se rappelleront qu'ils sont des frères et seront plus tolérants.
Ils n'auront plus peur les uns des autres, de celui-ci à cause de sa religion ou de celui-ci à cause de la couleur de sa peau, de cet autre à cause de son parler. Ce temps viendra. Ce temps viendra, il faut le croire. Alors, tous ensemble, nous ferons en sorte que ce temps vienne. Et c'est pour cela que nous allons conclure et combattre les amis dans les mois qui viennent et jusqu'au 8 juin prochain. Merci à vous.
Mathilde Panot