La gauche l'emporte... et maintenant, on fait quoi ? #cdanslair 08.07.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 3:37OuverteRéponse directe
Pourquoi ce front républicain a-t-il été aussi massif ?
- 4:59RelanceRéponse directe
On ne l'avait pas vu venir, cette force du front républicain ?
- 5:44OuverteRéponse directe
Le RN a-t-il commis des erreurs stratégiques ?
- 7:54RelanceRéponse directe
Le RN était-il vraiment en passe de l'emporter ?
- 9:22OuverteRéponse directe
Quelle est la signification de cette mobilisation électorale ?
- 11:32OuverteRéponse partielle
Qui pour gouverner le pays ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42J.-L.MélenchonPromesse
« tout le programme, rien que le programme »
- 3:37J.FourquetFait
« On a vu les choses se mettre en place avec le retrait de centaines de candidats du Nouveau Front populaire et du camp macroniste pour barrer la route au RN. »
- 4:20J.FourquetFait
« Cette crainte d'une victoire tout à fait plausible du RN a réactivé quasiment à son plus haut niveau le front républicain »
- 6:27J.JaffréFait
« Le RN reste un parti à part, profondément différent, pour lequel les électeurs hésitaient à lui confier le pouvoir. »
- 7:10J.JaffréFait
« Il y a eu les faux pas sur les binationaux, qui ont révélé le sentiment qu'il y avait plusieurs catégories de Français. »
- 7:54J.FourquetFait
« Ils avaient déjà beaucoup mobilisé. Ils avaient sans doute encore des réserves, mais pas suffisamment pour faire face à ce phénomène. »
- 9:22H.GattegnoFait
« On a senti ça pendant cette dernière semaine. Elle a été terrible pour le RN. »
- 10:48H.GattegnoFait
« Le RN n'est toujours pas un parti de gouvernement. C'est un parti d'amateurs capable de présenter des gens incapables de débattre au Parlement. »
- 11:32J.FourquetFait
« Une majorité de Français ne veut pas de l'extrême droite au pouvoir. Une majorité de Français ne voulait plus d'E.Macron et de sa majorité au pouvoir. »
- 12:52S.QuéménerFait
« M.Le Pen dit qu'elle respecte les institutions. Elle était dans ce processus. »
- 14:15S.QuéménerFait
« M.Le Pen dit: "C'est reculer pour mieux sauter." Elle est plutôt proche de M.Salvini. »
- 16:45G.AttalPromesse
« Une nouvelle ère commence. Une nouvelle ère pour notre nation. »
- 17:29F.RuffinPromesse
« Les électeurs nous donnent une dernière chance pour la France. A nous de transformer la colère en espérance. »
Temps de parole
- ?100 %
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... - C.Roux: Bonsoir. Bienvenue. La France a dit non face à la montée du Rassemblement national. Le front républicain a mis un coup d'arrêt aux ambitions de J.Bardella, qui reconnaît ce soir avoir commis des erreurs. La surprise est venue de la gauche, avec une victoire du Nouveau Front populaire qui devient le groupe le plus puissant de l'Assemblée. Depuis ce matin, les discussions se déroulent, loin des caméras, pour trouver un accord et peut-être un nom qui ferait consensus pour prendre le poste de Premier ministre. J.-L.Mélenchon a, dès hier soir, fixé ses conditions: "tout le programme, rien que le programme", a dit celui qui reste le patron de La France insoumise. Comment parvenir à mettre d'accord 289 députés sur le projet du Nouveau Front populaire? Avec qui gouverner? G.Attal a présenté sa démission ce matin, mais il restera Premier ministre pour assurer la stabilité du pays, faute pour l'instant de successeur désigné. La gauche l'emporte.
On fait quoi, maintenant? J.Jaffré, vous êtes politologue et chercheur associé au Cevipof. S.Quéméner, vous êtes rédactrice en chef de "La Tribune Dimanche". H.Gattegno, vous êtes directeur de la rédaction de Radio Classique. J.Fourquet, vous êtes directeur du département opinion de l'institut de sondage Ifop. Je rappelle votre dernier livre. Bonsoir. Merci de participer à ce "C dans l'air" en direct. On va revenir en images sur cette soirée électorale pleine de surprises. - On découvre la nouvelle Assemblée. - 20h hier soir. Coup de théâtre.
Le Nouveau Front populaire est en tête. - M.Tondelier: Encore une surprise, ce soir. Ca ne fait que commencer. - J.-L.Mélenchon: La volonté du peuple doit être strictement respectée. - R.Glucksmann: On est dans une Assemblée divisée. Il va falloir se comporter en adultes, parler, discuter. - Au RN, on n'a pas trop envie de parler. - Une réaction? - Ce n'est pas très heureux. - Le verre de la victoire? Ce n'est pas pour ce soir. - C'est une grande déception pour nous. - Deux France, deux ambiances.
Place de la République, la fête continue. En fait, à droite? - On est une soixantaine qui va travailler sur le fond. - Presque une performance, compte tenu de ce que nous sommes devenus. - De quoi sabrer le champagne. Maintenant, qui va gouverner? - M.Bompard: On va prendre les choses étape par étape. - A demain. - C.Roux: On reviendra sur ces questions posées par les téléspectateurs, qui peuvent vous interpeller avec ce QR code. G.Attal a présenté sa démission, mais pour l'instant, pas de successeur. Première question. Il y a eu une surprise, hier soir. - J.Fourquet: Une surprise énorme qui tient à l'intensité du front républicain. On a vu les choses se mettre en place avec le retrait de centaines de candidats du Nouveau Front populaire et du camp macroniste pour barrer la route au RN. Le 2e étage de ce dispositif, c'était les reports de voix. On a eu une première indication à 17h dimanche quand on a constaté que la participation
se maintenait à un très haut niveau alors même que beaucoup de candidats étaient éliminés. Ca voulait dire que les électeurs des candidats éliminés, manifestement, se rendaient quand même aux urnes, sans doute pour faire barrage au RN. Ce qui s'est passé, c'est que cette crainte d'une victoire tout à fait plausible du RN a réactivé quasiment à son plus haut niveau le front républicain, avec des candidats du RN qui, quand on faisait les pointages dans l'entre-deux-tours, étaient largement en tête. Quand vous voyez des scores comme ça,
vous vous dites que l'affaire est entendue. Vous revenez le dimanche soir, et le candidat qui faisait 44 % a été stoppé net par ce front républicain. Tous les autres électeurs ont fait barrage contre le RN. - C.Roux: On ne l'avait pas vu venir? La force de ce front républicain, dont on a dit parfois sur ce plateau que c'était fini, qu'il y avait une banalisation du RN... Ce n'est pas exactement comme ça que ça s'est passé. - J.Jaffré: Absolument. Ces législatives sont vraiment extraordinaires. On a quelque chose qui ne s'est jamais produit.
Avant le premier tour, c'était un front anti-Macron. Les candidats macronistes, les électeurs voulaient les sanctionner. Entre les deux tours, on a un changement d'adversaire principal. C'est le RN. Le second tour est un second tour anti-RN. C'est très net. Le RN... La marche à la banalisation s'est stoppée dans la dernière semaine. J.Bardella a reconnu un certain nombre d'erreurs. Ce sont des erreurs qui ont révélé que le RN reste un parti à part, profondément différent, pour lequel les électeurs hésitaient à lui confier le pouvoir. On a eu toutes ces polémiques sur des candidats et la façon dont ils continuaient à véhiculer un racisme, un extrémisme de droite que le RN essayait de dissimuler... Pourquoi ces candidats choisissaient l'étiquette RN pour venir aux élections et pourquoi le RN leur a accordé l'investiture? Il y a eu les faux pas sur les binationaux,
qui ont révélé le sentiment qu'il y avait plusieurs catégories de Français... C'était un danger pour tout le monde. Inquiétude là-dessus et inquiétude aussi qu'une victoire du RN réveille le racisme dans la société française. Le RN dénonce le racisme dont il estime que les Blancs sont victimes. Finalement, on a eu le sentiment en partie que le RN réveillait ça. Il y a eu une agrégation. Le problème du second tour consiste à agréger des électeurs différents. Le RN a été incapable d'agréger à lui d'autres forces que celles du premier tour. Tout le monde s'est agrégé contre lui. On voyait bien que le RN ne serait pas majoritaire, mais on pensait qu'il serait vers 220-230 sièges. - C.Roux: On imaginait même un regain de mobilisation
de son électorat. On se disait qu'ils pensaient que la victoire était accessible. C'était un scénario envisageable? - J.Fourquet: Ils avaient déjà beaucoup mobilisé. Ils avaient sans doute encore des réserves, mais pas suffisamment pour faire face à ce phénomène. On se rappelle du scénario qu'on a vécu notamment aux élections régionales, en 2015, quand, dans les Hauts-de-France et en région PACA, M.Le Pen et M.Maréchal avaient débouché largement en tête du premier tour à 42 ou 43 %. Toutes les autres listes s'étaient retirées. Le front républicain les avait stoppées net dans leur élan. Il ne faut pas néanmoins tout masquer. Le RN obtient quand même 145 sièges. - C.Roux: C'est une victoire historique.
- J.Fourquet: 2 mouvements se sont heurtés. Ca donne cette chambre totalement introuvable, que personne n'avait... - C.Roux: Ce qui était exprimé au premier et au second tours doit être pris en compte par celui ou celle qui arrivera à Matignon. Dans cet entre-deux-tours, on a vu des personnalités faire de la politique, ce qui était rarement le cas. Quelques réactions de soulagement de S.Marceau, Y.Noah, C.Luciani... C'est comme si la France, d'un coup, hier soir, se disait qu'on n'était pas les Italiens, les Américains... Il y a encore quelque chose d'une forme de respiration de la République qui a fait barrage au RN. - H.Gattegno: On a senti ça pendant cette dernière semaine. Elle a été terrible pour le RN. On a vu ces défilés de bras cassés qui étaient quand même terribles. Ils contredisaient l'impression d'un parti qui s'était professionnalisé. On a vu la société française, les célébrités, les inconnus, dans les micro-trottoirs... On a vu des tas de gens réagir à la perspective de voir ce parti
arriver au pouvoir. De ce point de vue, c'est un démenti qui a été infligé largement aux théoriciens de la politique et à nous-mêmes, parfois. On disait parfois sur les plateaux que le front républicain était une vieille idée, que ça ne marchait plus. On a vu que ça marchait, pour deux raisons: à la fois pour le critère moral, qui existe encore, contrairement à ce qui a été souvent dit... Et puis, le RN n'est toujours pas un parti de gouvernement. C'est un parti d'amateurs capable de présenter des gens incapables de débattre au Parlement.
Ca joue contre ce parti. Très forte mobilisation de cet électorat au premier tour. Encore au 2e tour, 10 millions de voix. Ils avaient fait 3,6 millions de voix en 2022. Ce parti a beaucoup progressé dans l'électorat. Il ne faut pas oublier ça. On a beaucoup dit que le résultat de cette opération de clarification voulue par le président était beaucoup de confusion. Une majorité de Français ne veut pas de l'extrême droite au pouvoir. Une majorité de Français ne voulait plus d'E.Macron et de sa majorité au pouvoir. - C.Roux: On va revenir sur cette clarification qui n'a pas eu lieu. Qui pour gouverner le pays? Je voudrais faire un tour de la presse étrangère, qui surveillait cette élection. On voit qu'ils s'arrêtent tous sur le fait que la France a arrêté l'extrême droite. L'Italie s'amuse un peu, en disant: "Quel bazar!" Le scénario était un peu différent en Italie.
L'Espagne... Ca a joué, d'avoir une France stigmatisée à l'étranger, avec une majorité de voix pour le RN? - S.Quéméner: Je pense que ça a joué indirectement. Il y a un autre moment dans cette campagne, quand M.Le Pen parle du chef de l'Etat et qu'elle explique qu'être chef des armées est un titre honorifique. C'est l'inverse de ce qu'elle fait depuis 2022. M.Le Pen dit qu'elle respecte les institutions. Elle était dans ce processus. Avec cette interview qui arrête tout le monde en se demandant ce qu'elle cherche... Si elle veut une cohabitation, elle veut une cohabitation très dure. Il y a une question sur les institutions. Tout le monde s'arrête et se demande à quoi elle joue. Tout le monde était déjà prêt à parier qu'hier soir, M.Le Pen allait demander la démission d'E.Macron. Elle n'est plus en position de le faire. - C.Roux: Pourquoi? A cause du score? - S.Quéméner: Son score n'est pas conforme à ce qu'elle espérait.
Un résultat se compare par rapport à l'élection précédente, pas par rapport aux sondages. Il y a une progression indéniable du RN, mais, dans cette progression, il y a ce qu'a fait J.Bardella. Il allait sur tous les plateaux en disant qu'il était déjà Premier ministre. - H.Gattegno: Il le conjuguait au futur. - S.Quéméner: Ils étaient déjà en train de se partager les postes. Ils étaient présomptueux. - C.Roux: C'est une claque pour le RN? - S.Quéméner: Oui. C'est une claque relative. Ce n'est pas une claque dans le temps.
M.Le Pen dit: "C'est reculer pour mieux sauter." Elle est plutôt proche de M.Salvini. Elle dit que ce sera comme en Italie. Elle dit qu'il y aura un gouvernement temporaire transitoire et qu'après, ce sera son tour. - C.Roux: Beaucoup de questions sur ce qui pourrait se passer. Les battus, O.Véran, N.Dupont-Aignan, J.Lassalle, M.-C.Le Pen... Ce sont des figures de la politique qui ont été balayées. L.Wauquiez, F.Hollande... G.Attal est largement réélu... G.Darmanin et F.Ruffin... Tous ceux-là vont jouer un rôle dans les jours qui viennent. L'horizon reste bien flou depuis ce matin, avec 3 grandes forces politiques dont aucune n'est en mesure de s'imposer totalement.
G.Attal est venu présenter sa démission au président. Son contrat a été prolongé faute de successeur désigné. - Il l'a promis à l'annonce des résultats. Le voilà en route ce matin pour l'Elysée. Le Premier ministre a remis sa démission au président. Hier soir, G.Attal arrive sur le perron de Matignon le visage grave. - G.Attal: Ce soir, une nouvelle ère commence. Une nouvelle ère pour notre nation. A compter de demain, le centre de gravité du pouvoir sera, par la volonté des Français, plus que jamais entre les mains du Parlement, entre les mains des représentants de la nation. - Un tremblement de terre politique, à 3 semaines seulement des JO. Le président demande à G.Attal de rester encore un peu
pour assurer la stabilité du pays, d'autant que l'Elysée, indique E.Macron, attendra la structuration de la nouvelle Assemblée nationale pour prendre les décisions nécessaires. Une nouvelle Assemblée avec 3 grands blocs et, en tête, le Nouveau Front populaire. - On découvre la nouvelle Assemblée. Applaudissements. - Surprise des militants hier soir et discours immédiat de J.-L.Mélenchon. - J.-L.Mélenchon: La parole donnée sera tenue. Le Nouveau Front populaire appliquera son programme, rien que son programme, mais tout son programme. - A gauche, les tractations démarrent. Certains électeurs s'inquiètent déjà
d'une guerre d'ego. - On a fait tampon ce soir, mais je pense qu'on n'a pas gagné. On a la gauche la plus bête du monde. Ils font des débats entre eux pour savoir s'il faut manger des saucisses avec F.Roussel ou s'il faut être vegan avec S.Rousseau. Ce n'est pas l'attente de la population. C'est "comment je réponds à mes fins de mois", "comment je nourris mes enfants","comment je fais en sorte d'aller bien dans la société..." On n'est pas à la hauteur. - Une inquiétude partagée à des kilomètres, en Picardie, où F.Ruffin est réélu avec bien plus de difficulté qu'en 2022. - F.Ruffin: Mon sentiment est que les électeurs nous donnent
une dernière chance pour la France. A nous de transformer la colère en espérance, de réunir la France des bourgs et la France des tours, de parler à la France entière. Nous devons apaiser et non brutaliser. Merci à vous tous. - F.Ruffin a déjà annoncé quitter le groupe des insoumis à l'Assemblée, comme C.Autain. - C.Autain: Oui pour une force politique qui défend... - La gauche, en proie aux querelles, promet pourtant le nom d'un Premier ministre dans la semaine. Encore faut-il tomber d'accord. - O.Faure: J.-L.Mélenchon n'a pas ce profil. Il est certainement le plus clivant au sein du Front populaire. - Les socialistes aimeraient plutôt... - O.Faure: Quelqu'un qui sache rassembler la majorité relative
et qui puisse rassembler les Français. - Rassembler les Français en vertu du barrage républicain... C'est la demande de F.Bayrou à la cheffe des Verts. - F.Bayrou: Ca a été un effort qu'il n'aurait jamais imaginé consentir. - M.Tondelier: Je pense que le Nouveau Front populaire doit faire preuve de beaucoup de modestie. Nous savons à qui nous devons cette courte avance. Tout le monde a été au rendez-vous du front républicain. - Et si Matignon ne revenait pas à la gauche? - La constitution d'une opposition et de la majorité va se faire par les alliances. Je souhaite qu'il y ait une alliance entre Ensemble et la droite. Ca va répondre aussi à la demande des Français qui sont plutôt à droite. - Cette semaine, les groupes politiques vont s'installer tour à tour à l'Assemblée et peut-être commencer à clarifier une suite encore bien incertaine. - C.Roux: On va revenir sur cette question. "Tout le monde a été au rendez-vous du front républicain", a dit M.Tondelier. - J.Fourquet: Ca a été massif. Il y a 2 indicateurs: le taux de victoire du RN dans ces duels...
Quand il était opposé à des candidats de Renaissance, ils ne l'ont emporté que dans 17 % des cas. Ils ont été écrasés quasiment à chaque fois. L'électorat de gauche a voté massivement pour le candidat en face. Quand le RN était face à la gauche, ils l'ont emporté 2 fois plus. - J.Jaffré: Ils ont été battus 6 fois sur 10. - J.Fourquet: Beaucoup plus qu'en 2022. Ca veut dire que l'électorat de gauche a joué massivement le jeu en votant pour F.Ruffin... Excusez-moi, pour G.Darmanin à Tourcoing et que l'électorat macroniste, dans une circonscription comme celle de F.Ruffin, a fait barrage au RN, mais il y a eu de la perte. Le résultat est sans appel.
Ces 2 blocs bénéficient du front républicain et se propulsent respectivement en 1re et 2e positions. - C.Roux: C'est une victoire de la gauche? On entendait cet après-midi dire G.Darmanin que personne n'avait gagné. - J.Jaffré: La gauche est en tête. Elle déclare que c'est sa victoire. En réalité, elle n'a pas gagné les élections législatives. Elle est en tête. Comme c'est une surprise, car ça compte dans la lecture des résultats... Vous montrez la joie des gens qui voient le RN battu et qui découvrent que le Nouveau Front populaire est en tête... Elle n'a pas gagné parce qu'elle est très loin d'une majorité. Il y a 183 députés Nouveau Front populaire. La majorité absolue est à 289. Le Nouveau Front populaire a fait une course de vitesse, a fait
pression sur E.Macron pour l'obliger à désigner un Premier ministre issu du Nouveau Front populaire très vite ou à dénoncer le fait qu'E.Macron refuse de désigner un Premier ministre du Nouveau Front populaire. Il y a une bagarre politique qui s'engage, très forte. Si E.Macron ne désigne pas un Premier ministre issu du Nouveau Front populaire, Mélenchon dira qu'il ne respecte pas ses devoirs issus de la Constitution et demandera peut-être la démission d'E.Macron. - C.Roux: Il est forcé et contraint de désigner un Premier ministre issu du groupe qui a le plus de députés? Il pourrait choisir un Premier ministre de droite? - J.Jaffré: Non. Il attend la structuration de l'Assemblée nationale. C'est un jargon incompréhensible qui signifie clairement que cette Assemblée nationale n'a pas de majorité possible. Il faut voir si elle arrive à un compromis entre les groupes. Ca suppose, d'une part, que le Nouveau Front populaire abandonne une partie de son programme. Dans le reportage, Mélenchon a dit:
"Rien que le programme, tout le programme..." Les écologistes et les socialistes disent qu'il faut peut-être définir 4 ou 5 points. Si les macronistes acceptent de ne pas voter la censure... - C.Roux: Il y a eu beaucoup de confusion dès hier soir. J.-L.Mélenchon a pris la parole très tôt. Rien que le programme." Question. - S.Quéméner: Je crois qu'il voulait surtout barrer la route des autres. Il voulait s'exprimer le premier. Dans ces soirées électorales, le premier donne le tempo et les autres doivent parler en fonction de ce qui a été dit. Ils se sont coordonnés. L'idée était de faire unité pour arriver à un Premier ministre issu du Nouveau Front populaire. Ils ont eu des réunions aujourd'hui. Ils promettent de donner un nom de Premier ministre d'ici la fin de la semaine. Ils savent très bien que J.-L.Mélenchon ne passerait
pas. Il faudrait un gouvernement minoritaire, un gouvernement qui aurait une neutralité de la part du groupe Ensemble. On voit qu'il y a un autre mouvement. Le président de la République répond qu'il faut une union nationale. Derrière ça, E.Macron veut dire ensemble avec des LR d'un côté et des socialistes de l'autre. Est-ce que le Nouveau Front populaire explose, ou pas, cette semaine? - C.Roux: On a vu qu'à quelques minutes d'intervalle, on a M.Panot de La France insoumise qui dit que J.-L.Mélenchon n'est pas disqualifié dans cette bataille pour Matignon et, de l'autre, O.Faure qui dit que ce ne sera pas lui. - H.Gattegno: On a aussi R.Glucksmann qui dit qu'il faudra faire des compromis, discuter. C'est assez polyphonique, la gauche, aujourd'hui. Je reviens sur l'histoire du fait qu'ils aient gagné ou pas. Leur impact d'aujourd'hui, c'est qu'ils sont quasiment incapables
aujourd'hui de convertir leur victoire dans les urnes en une vraie victoire politique qui serait arrivée à imposer un gouvernement qui ressemblerait à cette alliance électorale. J.-L.Mélenchon parle hier soir à 20h et quelques minutes. Il parle devant un pupitre où il y a écrit Nouveau Front populaire. Pourtant, il n'y a que des LFI derrière. C'est uniquement lui et LFI qui parlent, au nom de ce rassemblement. Les autres sont priés de suivre. Ils sont quand même un peu prisonniers de cet accord électoral qui, pour l'instant,
fait leur succès et leur force. La question est de savoir maintenant si, oui ou non, ces partis politiques réussissent à prolonger ce qu'était cet accord électoral pour en faire un vrai accord politique. Ils sont à 100 députés, et même un peu plus, de la majorité absolue. Ils sont dans l'incapacité de trouver suffisamment d'alliés pour fabriquer cette majorité. Comme F.Hollande n'a pas pu s'empêcher de le montrer, il y a parmi eux beaucoup de gens qui n'ont pas envie que la gauche aille aux affaires aujourd'hui pour gouverner. Ils préfèrent attendre d'autres échéances plus favorables. Dans le paysage politique que nous connaissons,
c'est beaucoup plus confortable d'être dans l'opposition que d'essayer de se coltiner la réalité, la sécurité pendant les JO, le paysage politique en morceaux... - C.Roux: C'est très compliqué. Une partie du PS pourrait imaginer participer à une grande coalition... De l'autre côté, les LR disent que ce sera sans eux. On se retrouve dans une situation qui ressemble à un blocage. Est-ce qu'il y a un message qu'on peut retenir de ce vote? On a entendu depuis hier soir des gens qui disent que les Français veulent plus de gauche et d'autres qui disent qu'il faut prendre en compte le message du RN. Que faut-il retenir comme message?
- J.Fourquet: Les Français ne sont pas coordonnés pour envoyer un message unique. Il y a 3 blocs. Il y a beaucoup d'électeurs de gauche qui ont fondé énormément d'espoir dans le Nouveau Front populaire. On a une France macroniste qui a soutenu. - C.Roux: Question. que beaucoup d'électeurs de droite ont voté pour des candidats de gauche, mais ce n'était pas pour revenir à la retraite à 60 ans, par exemple. Est-ce que cette France est de droite ou de gauche? Si on regarde les enquêtes d'opinion, sur la sécurité
ou les questions régaliennes, le centre de gravité est à droite. Sur la question du pouvoir d'achat, la France est plutôt à gauche. La seule unanimité hier parmi toutes les personnalités qui se sont exprimées, c'était de dire que la priorité, c'est le pouvoir d'achat. Que ce soit le RN, le bloc central ou la gauche... Tout le monde va essayer d'avoir des gestes en direction de cette attente qui s'est exprimée. Il n'y a pas de message unique. Chacun a fait avancer son propre agenda. La mécanique institutionnelle et électorale a été perturbée et faussée. Ca rend le paysage illisible.
- H.Gattegno: La droitisation est une question de géométrie politique. Les suffrages se déplacent vers la droite. Mais quand le bloc d'extrême droite est d'une telle importance, ça provoque le front républicain qui les exclut de la sphère des partis dits de gouvernement. On se retrouve avec le reste du paysage qui n'est pas tant droitisé que ça. La droite elle-même s'est un peu refait la cerise dans cette élection. Elle fait 60 parlementaires en incluant des divers droites. Elle n'est pas si puissante que ça. - J.Jaffré: Il y a un problème grave chez les électeurs du centre. Eux sont allés voter pour des candidats de gauche pour battre le RN et ils se retrouvent avec éventuellement un gouvernement de gauche, du Nouveau Front populaire. Ce n'est pas du tout ce qu'ils voulaient. On leur avait expliqué que la gauche n'avait aucune chance de gagner. "Vous n'allez pas nous mettre un insoumis à Matignon..." Il y a un désarroi d'une partie des électeurs, qui se demandent
où on les emmène. - C.Roux: Ce qui se joue en ce moment, c'est l'unité du Nouveau Front populaire. La priorité est quand même, à gauche, d'arriver à sortir une personnalité qui puisse faire consensus? Personne n'y croit? Les personnalités comme F.Hollande pourraient faire l'objet de participer à cette grande coalition... - S.Quéméner: Je pense que ce n'est pas si clair que ça. C'est le coup de force de J.-L.Mélenchon hier soir. Il installe cette musique et tout le monde ne regarde que la gauche. Il y a des tractations assez importantes entre le camp présidentiel et des sociaux-démocrates qui pourraient être sortis du Nouveau Front populaire avec l'espoir de faire éclater le Nouveau Front populaire... Ils pourraient nommer C.Delga, sans être trop proche d'O.Faure... Il y a cette réflexion et il y a une réflexion sur le pouvoir d'achat depuis la semaine dernière. A.Minc a conseillé à E.Macron de jouer sur les salaires. Il y a une intense réflexion avec 2 façons de voir les choses. G.Darmanin arrive à l'Assemblée.
Les micros viennent dans cette direction. Il dit qu'il faut travailler avec la droite. On voit bien que G.Attal, qui a marqué les esprits hier soir par son intervention, s'est souvenu qu'il était issu du PS et a réussi à parler à la gauche en faisant front républicain à tout prix. Il a participé à enclencher ce réflexe. Il est un peu le gagnant de cette séquence, qui n'est pas une séquence gagnante pour l'ancienne majorité. Ca va travailler à l'intérieur de ce qu'étaient les macronistes. Il y a ceux qui vont vouloir tirer le champ vers la droite, ceux qui vont le tirer vers la gauche en fonction de leurs affinités... - C.Roux: Est-ce qu'il y a un process?
On dit "tractations", "discussions"... On voit J.-L.Mélenchon, M.Tondelier... Ils se sont mis d'accord sur une règle du jeu? Est-ce que celui qui envoie à Matignon un Premier ministre est celui qui a le plus de députés? Quelle est la gauche qui a gagné hier soir? - S.Quéméner: C'était le discours de J.-L.Mélenchon, qui disait que le plus gros groupe allait produire le Premier ministre. Si on écoute ce qu'a dit M.Panot ce matin, elle a dit que J.-L.Mélenchon ne pouvait pas être disqualifié, que c'était le candidat à la présidentielle. Elle ne reprend plus cet argumentaire. Ce qu'on dit au PS, c'est que pour l'instant,
il y a un avantage numérique à LFI, mais les choses ne sont pas figées. On ne sait pas encore précisément où sera C.Autain, si elle va faire un intergroupe avec les communistes... Est-ce qu'ils vont faire un intergroupe à 15? Ils sont en train de discuter de tout ça. Les frontières de ces entités à l'intérieur du Nouveau Front populaire ne sont pas claires. On n'a pas le rapport de force clair. C'est là-dessus qu'ils sont en train de se battre. Ce qu'on m'a expliqué au PS ce matin, c'est qu'il y a
des députés ultramarins dans l'avion. C'est des anciens du groupe Liot, par exemple. Où est-ce qu'ils vont siéger? Il n'y a plus de groupe Liot. Comment les choses vont se faire? Il y a une question sur ces députés. Quand ils vont arriver à Paris, tout le monde va leur sauter dessus. - C.Roux: Pour le rapport de force interne... Il y a 75 LFI, 65 PS, 33 EELV et 9 PC. C'est pour établir le rapport de force, éventuellement proposer un nom. - H.Gattegno: Est-ce qu'E.Macron peut faire autrement que de s'adresser d'abord à la gauche? C'est aussi pour ça qu'ils ont gagné ce scrutin. Dans cette séquence, c'est eux qui ont la main. S'ils arrivent à prolonger leur accord politique et à produire une sorte de mouton à 5 pattes qui serait le formidable Premier ministrable du Nouveau Front populaire qui est capable d'imposer toutes les tensions internes, de cocher toutes les cases sur leur programme...
S'ils sont capables de faire ça, ils ont l'avantage et ils peuvent, d'une certaine façon, s'imposer à E.Macron. Il reste aussi un critère... Si la gauche a gagné ou pas cette élection, on peut en discuter. Celui qui ne l'a pas gagnée, c'est E.Macron. Si, au lendemain de ce scrutin, E.Macron donne aux Français le sentiment qu'il est en train de préparer une savante manoeuvre à l'issue de laquelle il aura réussi à imposer son propre scénario en partant d'un groupe largement plus minoritaire qu'il ne l'était
dans la précédente Assemblée, ça donnera l'impression d'un coup de Trafalgar. Dans l'opinion, ça peut très mal passer. Je ne crois pas que le président de la République ait intérêt à faire ça. Pour autant, il ne fait pas toujours ce qu'il aurait intérêt à faire. - C.Roux: On va poursuivre cette discussion sur les scénarios possibles. Vous parlez du portrait-robot du Premier ministre. M.Tondelier a donné quelques critères. Les voici. Vous n'avez pas trouvé ce Premier ministre pour l'instant. J.Bardella assume avoir commis des erreurs. La poussée du RN se fracasse une nouvelle fois face au front républicain. Le parti gagne quand même 55 députés. Hier soir, les militants, qui voyaient leur champion
aux manettes, ont eu du mal à encaisser le choc. Ils donnent rendez-vous pour la prochaine présidentielle. - Ce devait être une soirée de fête, mais à 20h, les résultats ont un goût amer pour les militants du Rassemblement national, qui voient leur parti arriver 3e et s'afficher en vainqueur sur les écrans l'adversaire, J.-L.Mélenchon. - L'incompréhension totale. Il n'a rien à faire là. C'est... Je suis vraiment déçu. - Ca m'inspire du dégoût, parce que je crois que les Français en ont soupé, de ces manoeuvres politiciennes d'appareil. Là, ils seront tous complètement floués, lésés. - C'est eux qui ont voté, quand même. - Bien sûr, mais c'est beaucoup de manipulation. - Les désistements d'entre-deux-tours qui ont fait barrage au RN, fustigés aussi par le président du parti. - J.Bardella: Ce soir, ces accords électoraux jettent la France dans les bras de l'extrême gauche de J.-L.Mélenchon. Huées. - Passé le choc, les troupes se rassurent comme elles peuvent. - On a gagné des sièges, quand même. - Elles dénoncent aussi le rôle des médias qui ont épinglé
les propos racistes de nombreux candidats pendant l'entre-deux-tours. - Je pense à la caricature du Rassemblement national qui est ressortie dernièrement, qui est malheureusement infondée. - A mesure que les résultats s'affinent, devant les écrans, on relève la tête. "Jamais le parti n'a compté autant de députés", rappelle M.Le Pen à la télévision. - M.Le Pen: La marée monte. Elle n'est pas montée assez haut cette fois-ci, mais elle continue à monter. Par conséquent, notre victoire n'est que différée, en réalité. - Nous ne l'avons pas eue cette fois-ci, mais nous l'aurons la fois d'après. Rien n'est plus fort qu'une idée dans le moment venu. Surtout, les Français vont se rendre compte de ce que propose la gauche, ce qui mettra encore plus
la France dans le chaos. - Le chaos et l'espoir que cette Assemblée divisée en 3 blocs serve de carburant en vue de 2027. - Les choses sont restées bloquées. Je vois bien le président Macron garder Attal en Premier ministre, prendre des gens du Front populaire et gérer les affaires courantes, mais rien n'avancera. - Mais à l'écart de la horde des micros et caméras, certains s'interrogent. Comment briser le plafond de verre? Le Rassemblement national rebute encore les 2/3 des électeurs. - Ils restent encore sur l'image ancienne de J.-M.Le Pen.
M.Le Pen est encore attachée à l'image de son père, malgré elle. J.Bardella apporte du sang neuf. Il est jeune et est issu de banlieue. On a beaucoup de jeunes qui nous ont rejoints grâce à ça. - C'est celui qu'il faut miser pour 2027? - Oui. - On pourra appeler le RN "Bisounours", mettre n'importe qui à la tête du RN, ça ne changera rien, car le RN a toujours été diabolisé et le sera toujours. - Il y a encore cette histoire, comme en 2022, de dire "le bien contre le mal". M.Le Pen est toujours la meilleure opposante au système. - La cheffe de file espère connaître bientôt une vraie soirée de victoire. - C.Roux: On entendait ce militant qui disait que M.Le Pen reste la meilleure opposante au système. C'est ce qu'elle voulait, M.Le Pen, au fond? On a entendu hier soir les commentateurs dire que c'est le scénario idéal pour M.Le Pen. Ils ne sont pas comparables aux résultats à Matignon et M.Le Pen va préparer la présidentielle. - J.Jaffré: C'est un discours qui permet de supporter et d'accepter toutes les défaites de la terre.
Par définition, la défaite est porteuse d'une victoire future. C'est la définition qu'on donne à l'échec. Mais non, ce n'est pas très satisfaisant. Pourquoi? Parce que le niveau est très bas: 143 députés. Bien sûr, c'est une progression par rapport aux élections de 2022... Je calculais qu'à ce rythme de 50 députés de plus à chaque législature, à considérer que la législature dure 5 ans, c'est en 2039 qu'ils auront la majorité absolue. Si nous parlons d'idéal pour M.Le Pen... Aller au pouvoir maintenant, avant la présidentielle, c'était dangereux, compte tenu de l'impopularité des gouvernements au bout
de quelque temps, mais 143 députés, c'est peu. la grande force d'opposition au Parlement et vous disiez: "Encore une poussée et on y était." Là, ils sont en 3e position. - C.Roux: Question. - S.Quéméner: Ils vont former un groupe. Ils sont 17. On peut former un groupe à partir de 15. Mais c'est un ratage complet pour E.Ciotti. Il a trahi ses amis les plus proches. Il n'a pas prévenu ses amis, F.Baroin, C.Jacob... Il s'est vendu au RN pour sauver sa circonscription,
ce qui a bien fonctionné. Il va rester dans ce groupe un peu seul. Il ne sera pas ministre. C'est son rêve qui s'éloigne. On a du mal à le mesurer encore aujourd'hui, mais on se demande ce que ça va donner d'un point de vue local. Dans le rapport de force municipal tel qu'on a tendance à le regarder, ça pourrait lui être favorable d'être étiqueté RN pour les municipales de 2026. Mais pour l'instant, c'est un échec. - C.Roux: G.Attal a pris la parole assez tard,
lors d'une intervention assez longue. Il a commencé cette invention en disant: "Cette dissolution, je ne l'ai pas choisie, mais j'ai refusé de la subir." Question. - H.Gattegno: D'abord, il n'a pas tellement le choix. Il est chef du gouvernement. Il faut que le pays soit gouverné. Il y a des échéances très importantes, principalement les JO. Il y a aussi tout ce qui peut survenir d'imprévu dans la vie d'un pays. Politiquement, c'est très important pour lui. Il a marqué des points dans cette campagne.
Il est probablement le seul macroniste à avoir marqué des points dans cette campagne, notamment auprès des candidats qu'il allait soutenir dont beaucoup s'en sont sortis. Il a montré qu'il était le chef de ce qui était encore à ce moment-là une majorité relative. Ca, c'est très important. Il n'avait pas eu de vote de confiance. Il avait été nommé dans des circonstances abracadabrantesques. Quand on a son âge et qu'on est Premier ministre, on a forcément un avenir devant soi. Là, il pose les briques de ce que peut être un parcours politique futur.
Pour ça, il faut qu'il se conduise bien vis-à-vis du président et des Français. - C.Roux: Combien de temps ça peut durer? Combien de temps il peut rester à Matignon après ce vote? - J.Jaffré: Jusqu'à la rentrée parlementaire, début octobre. Fin septembre, ce n'est pas possible de continuer avec G.Attal. L'Assemblée nationale va se réunir pour élire son président, ses commissions à la mi-juillet. Puis, elle prend congé. C'est les vacances pour tout le monde. - C.Roux: Je peux vous poser une question? L'élection du président de l'Assemblée nationale, ça vaudra déjà structuration de l'Assemblée nationale? Ca va nous permettre d'y voir un peu plus clair? - J.Jaffré: L'élection du président de l'Assemblée nationale se fait en 3 tours de scrutin.
Aux 2 premiers tours, il faut la majorité absolue des députés. Personne ne l'aura. Au 3e tour, c'est la majorité relative qui compte. Le candidat qui a le plus de voix gagne. Y.Braun-Pivet aspire à retrouver son perchoir, semble-t-il. On peut se demander si le Nouveau Front populaire va arriver à trouver un candidat. Expédier les affaires courantes, passé l'été, s'occuper des affaires du pays, c'est très bien. G.Attal peut le faire. Mais vous avez la rentrée de l'Assemblée nationale
début octobre, le 1er mardi d'octobre. Là, s'il y a toujours le gouvernement Attal et qu'une motion de censure est déposée le lendemain ou le jour même pour dire qu'il ne respecte pas les Français... Le gouvernement serait immédiatement renversé. Il faut absolument trouver quelque chose. Si le Nouveau Front populaire trouvait un nom commun, là, les choses s'accélèreront. Si le Nouveau Front populaire fait une proposition à E.Macron, il est très difficile pour E.Macron de dire: "On verra ça fin septembre." Ce n'est pas possible. S'il y a un nom proposé par la coalition en tête, E.Macron est obligé de commencer à discuter pour voir si la solution est possible. - H.Gattegno: Nous découvrons les délices du parlementarisme. Les Allemands viennent de mettre 3 mois pour s'entendre sur un projet de budget, parce qu'ils sont en coalition. En Allemagne, ça paraît relativement normal. - J.Fourquet: Ce que montre la déclaration de G.Attal de sa trajectoire personnelle, c'est que le président a aussi perdu sa main sur son propre groupe. E.Philippe, l'ancien Premier ministre, a dit qu'E.Macron avait dissous ou disloqué sa majorité.
G.Attal a bien rappelé qu'il s'était battu mais qu'il avait subi cette dissolution. On a vu dans l'un de vos reportages F.Bayrou se positionner. Que va faire B.Le Maire? - J.Jaffré: B.Le Maire n'a plus aucun mandat, soit dit en passant. - J.Fourquet: Comment va se structurer l'Assemblée nationale? Ce n'est pas évident qu'E.Macron puisse être à la manoeuvre. Il faut encore que toutes ses troupes obéissent au général en chef. Beaucoup sont déjà en train de s'autonomiser et peut-être de penser à la suite. Les candidats qui viennent plutôt de la gauche au sein de la Macronie regardent vers leur ancienne famille politique. Ceux qui viennent plutôt de la droite, comme Darmanin,
regardent vis-à-vis de ce qu'il reste du côté de LR. - C.Roux: S'il ne se passe rien, l'élection du président avec les conditions que vous avez évoquées... S'il ne se passe rien d'ici là, si le Nouveau Front populaire est incapable d'envoyer une personne de consensus, si on n'arrive pas à s'entendre, c'est quoi, le scénario? On appelle ça un gouvernement technique? On dit aux Français: "Bougez pas. On revient dans un an avec une nouvelle dissolution"? - S.Quéméner: C'est l'une des options mises sur la table. Pourquoi pas un gouvernement technique? E.Macron a usé beaucoup de techniciens.
Il faut trouver quelqu'un qui n'a pas été dans un gouvernement Macron. Il faudrait une sorte de J.Castex bis. - C.Roux: Mais qui ne ferait rien. - S.Quéméner: Si, car il faut voter le budget. Il n'y a pas de shutdown, en France, contrairement aux Etats-Unis. Ce serait un gouvernement qui serait présent s'il y a un problème en Nouvelle-Calédonie, s'il fallait décider de l'état d'urgence, mais il faudrait en permanence en référer au Parlement. Toutes les décisions prennent énormément de temps.
- H.Gattegno: J'en viens à ce que je disais tout à l'heure. Si les Français ont le sentiment qu'en réalité, c'est une solution qu'E.Macron avait en tête depuis le début et qu'il arrive, à la faveur de ces circonstances embrouillées, à imposer son scénario préféré, on n'est pas très loin du déni de démocratie. Il faut tenir compte de ce qui s'est passé dans cette élection. Son camp a perdu. Il ne peut pas donner l'impression qu'il a quand même gagné dans la défaite. C'est l'un des préalables à l'élaboration d'une solution politique maintenant: il faut que le président de la République acte devant les Français qu'il a perdu cette élection et que, sur la base de cette défaite, il faut reconstruire autre chose. Il ne peut pas être celui qui va être le deus ex machina... - C.Roux: Il ne peut pas être le marionnettiste. - H.Gattegno: Il ne faut pas négliger le fait que dans 2 votes successifs... Jérôme avait tout à fait raison de dire tout à l'heure
que les Français ne se coordonnent pas avant de voter. Mais si on tire une conclusion des 2 votes successifs de 2022 et 2024, la conclusion qui s'impose, c'est que les Français veulent que les partis de gouvernement trouvent une façon de travailler ensemble. Ils ne veulent pas des extrêmes et ils veulent que le pays soit gouverné. C'est à l'intérieur de cet espace qu'il faut chercher. Mais pour l'instant, la priorité est à la gauche, car c'est elle qui est en tête. - S.Quéméner: Quand E.Macron dit qu'il attend une structuration de l'Assemblée nationale, il leur renvoie la balle en leur disant de trouver des solutions et de discuter. Il y a des discussions. On est devant des groupes politiques, mais c'est des personnes qui discutent en permanence. Il y a des liens très forts.
Il y a même des liens familiaux entre F.Bayrou et Les Ecologistes. Ils se connaissent tous. Ils vont discuter. - C.Roux: Ca ne vous paraît pas hors de portée? - S.Quéméner: On est tellement dans l'inédit... Je n'aurais jamais pu penser qu'il y aurait une dissolution après les élections européennes. Ils ont une responsabilité, tous ces hommes et femmes politiques. C'est M.Tondelier qui l'incarne... C'est devenu la nouvelle coqueluche des médias. Elle joue l'intérêt du pays avant l'intérêt des partis. C'est pour ça qu'on l'écoute. Elle est en permanence en train de leur dire: "Soyez à la hauteur des événements." - C.Roux: C'est ce que disait R.Glucksmann, quand il disait qu'ils devaient se parler. - S.Quéméner: Les Français ont reculé, pour certains,
leurs vacances, ont fait des procurations, pour 3 millions, sont allés voter 3 fois en 28 jours... - C.Roux: Au bout du compte, l'esprit de responsabilité l'a emporté chez certains pour avancer vers une coalition de bric et de broc? - S.Quéméner: Je l'espère. - C.Roux: On a parlé des ambitions présidentielles des uns et des autres. On a bien compris que certains n'avaient pas totalement intérêt à ce que ça se passe bien. - S.Quéméner: Dans chaque camp, il y aura celui qui pense à 2027 et celui qui pense à 2024, mais ça se verra. Il y a un moment où les choses éclateront. - C.Roux: La majorité s'attendait à une débâcle. Elle aura droit à une défaite cuisante. Le groupe Ensemble perd la majorité. Elle perd 82 députés et arrive en 2e position,
derrière le RN. Chez Horizons, E.Philippe sauve 26 députés. Hier soir, le maire du Havre en appelait aux forces centrales. Nous avons suivi l'un de ces députés en Alsace. V.Thiébaut a sauvé son siège sur le fil. - C'est là où je vais prendre des claques. - Le doute... Voilà comment la soirée de ce député a commencé. - Pour l'instant, il manque beaucoup de choses. On n'a pas Haguenau ni plein d'autres communes. - Le candidat de la coalition présidentielle
affrontait le Rassemblement national, arrivé en tête au 1er tour avec 10 points d'avance. Mais hier soir, les courbes se sont inversées. *-V.Thiébaut: 8567... Applaudissements. - La victoire après une campagne difficile, brutale. Le député sortant a plusieurs fois été menacé ces dernières semaines. - Merci pour tout. C'est une photo qu'on m'a fait parvenir. J'ai eu déjà des tracts, il y a un mois, dans ma boîte aux lettres, qui m'attaquaient moi et mes enfants. - V.Thiébaut récolte plus de 54 % des voix. Son adversaire d'extrême droite n'est pas loin, à plus de 45 %. Au moment de fêter les résultats... - Je voudrais aussi qu'on ait la victoire modeste, ce soir. On a quand même 158 députés du Rassemblement national à l'Assemblée nationale. Jamais l'extrême droite n'a autant poussé en France. Derrière, ce sont des colères, des inquiétudes qui s'expriment. Il faut les entendre et y répondre. - Qui pour y répondre, justement?
V.Thiébaut a rejoint E.Philippe et son parti Horizons depuis 2022. Comme lui, il veut croire en une coalition gouvernementale. - Vous êtes prêt à travailler avec qui? - L'arc républicain, qui, pour moi, va de la droite, pas celle qui a rejoint le RN, la droite traditionnelle, le centre, les ex-socialistes... Je reste convaincu qu'aujourd'hui, sur des sujets aussi majeurs pour les Français et les Françaises, il faut qu'on arrête les guerres de clochers. - Avant de rejoindre Horizons, V.Thiébaut,
profondément convaincu, avait choisi E.Macron et La République en marche. - Ca, c'est la photo de la 1re élection, en juillet 2017. Je suis exactement là, ici. - Aujourd'hui, il se dit déçu, désenchanté, après 7 années d'E.Macron. - C'est une critique de ne pas avoir su assez entendre les parlementaires, qui ont émis beaucoup d'alertes, à chaque période, que ce soit pour les "gilets jaunes", par rapport à la situation d'aujourd'hui... Ca fait un an et demi qu'à l'Assemblée nationale, je dis qu'on a tous les ingrédients du cocktail des années 30. Je reproche au président de ne pas l'avoir entendu, de ne pas l'avoir senti. - A l'issue de ces législatives,
le parti d'E.Philippe est passé de 30 députés en 2022 à 23 dans la nouvelle Assemblée. - C.Roux: Il y a de l'amertume, dans ce reportage. - S.Quéméner: On sent à quel point ça a été dur. Les élus ont été ciblés depuis 2018, la crise des "gilets jaunes". On sent à quel point ça a été compliqué. Finalement, on oublie ces situations particulières. On regarde les blocs, mais ce sont des gens qui ont dû repartir en campagne très vite. 51 candidats ont été agressés dans l'entre-deux-tours. Il faut imaginer l'intensité d'une telle campagne. On comprend que c'est la fin d'un parcours difficile.
- J.Fourquet: Les propos que ce député Horizons tient devant ses militants ressemblent trait pour trait à ce qu'a dit F.Ruffin devant ses propres militants. - C.Roux: "Il faut avoir le triomphe modeste". - J.Fourquet: On se demandait ce qui s'est passé avec le Rassemblement national... 140 députés, 10 millions de voix. On est ici en Alsace. F.Ruffin est dans la Somme. Les électeurs ont rencontré tous ces candidats. Ils savent que si on ne gère pas tout ça, si on n'a pas des réponses fortes à apporter à cela, la suite risque de... - C.Roux: Est-ce que le programme du Nouveau Front populaire, le Smic à 1600 euros, la taxation des plus fortunés,
la CSG progressive... Est-ce que c'est des propositions qui répondent à leurs craintes sur le pouvoir d'achat? - J.Fourquet: Sur le pouvoir d'achat, ce qui met tout le monde d'accord... Il y a une lecture de droite et une lecture de gauche. La lecture de gauche dit qu'il faut prendre aux riches. La lecture de droite est de dire qu'il y a trop d'assistanat dans ce pays. Vous ne répondez pas de la même manière et vous ne suivez pas les mêmes catégories. Tous ces députés, F.Ruffin comme ce député de centre droit, ont été sauvés par le front républicain. Il est 10 points derrière au 1er tour. S'il est déstabilisé comme ça, c'est qu'il sait qu'il doit sa victoire à des électeurs qui n'auraient jamais voté pour lui en des circonstances normales. - C.Roux: Nous revenons à vos questions. Question.
- J.Fourquet: Comme on l'a dit, c'est une force puissante mais qui est solitaire. Quand vous n'avez pas d'alliés, vous n'avez pas de réserves. Si, en 2022, ça s'était plutôt bien passé pour le Rassemblement national dans ses duels, c'est que les électeurs de gauche... Un candidat isolé arrivait à l'emporter dans un certain nombre de cas. Quand vous avez l'ensemble des partis politiques qui s'agrègent contre vous, c'est très dur. Il faut vraiment être dans des circonscriptions très favorables pour transformer l'essai. Rappelons que le RN a fait 39 sièges dès le 1er tour. Ils n'en ont récupéré qu'une centaine au 2d tour alors qu'ils étaient présents dans 400 circonscriptions. Il y a un taux d'échec très important. - J.Jaffré: 75 %. - C.Roux: Question. On en parlait tout à l'heure... Est-ce que ça fait partie des erreurs qu'il a commises? - J.Jaffré: C'est une fine remarque. Le RN a dit qu'ils avaient déjà gagné,
qu'ils avaient le gouvernement... A partir du moment où on tient ce genre de discours aux électeurs, ça les agace assez vite. En plus, il y avait des hésitations sur le programme. On ne savait pas s'ils gardaient telle ou telle mesure, s'ils changeaient... Tout ça a donné l'impression d'un à-peu-près, d'un Rassemblement national qui ne savait pas s'il devait rester fidèle à sa vision de toujours ou rassurer les marchés, les milieux financiers, les électeurs modérés... La campagne est un chemin difficile. Quand vous êtes dans la position de l'opposant, personne ne croit que vous avez gagné. On ne se pose pas de questions sur ce que vous pouvez faire.
Le programme du Nouveau Front populaire n'a d'ailleurs pas été tellement discuté. - H.Gattegno: C'est surtout le décalage entre l'affichage de cette sérénité incarnée par J.Bardella et l'incroyable amateurisme sous nos yeux. Il avait aussi besoin de se crédibiliser en disant aux Français qu'il était prêt à gouverner. Ce qu'on a découvert, c'est qu'il était loin d'être prêt. - C.Roux: Question. - S.Quéméner: Ca, c'est l'une des grosses questions qui vous seront posées dans les jours qui viennent. C'est exactement le miroir de ce qui s'est passé en 2022. Les gens de gauche qui ont voté pour E.Macron pour empêcher M.Le Pen d'arriver au pouvoir ont dit ensuite: "Pourquoi la réforme des retraites?" Là, ça va être exactement la même chose.
Ce qui est intéressant depuis ce matin, c'est que quand on dit ça aux mélenchonistes, ils disent: "C'est notre tour." D'ailleurs, ils n'excluent plus d'utiliser le 49-3. - C.Roux: C'est ce qu'a dit O.Faure: "Ce qui a été fait par 49-3 peut être défait par 49-3." Il parlait de la réforme des retraites. Question. - H.Gattegno: En partie. Il a été le chef de campagne de cette campagne. Au début, c'était un peu confus. On avait l'impression qu'E.Macron voulait aussi l'être. Plus G.Attal a pris les commandes de cette campagne, mieux ça s'est passé à l'intérieur du camp macroniste. A l'arrivée, ils ont un résultat moins désastreux qu'ils ne l'avaient redouté.
- C.Roux: Question. Après tout ce qu'on s'est dit ce soir... - J.Fourquet: Si tous les scénarios qui ont été esquissés n'aboutissent pas, on aura sans doute, du côté du Rassemblement national et de LFI, le sentiment que le responsable de cette crise, c'est E.Macron. Il y a une logique dans les institutions. Il a été défait aux européennes et aux législatives qu'il a lui-même convoquées. La suite logique, c'est qu'il s'en aille. - C.Roux: Question. - J.Jaffré: Tout est envisageable, mais ça ne donne pas une majorité absolue de députés. Vous avez de toute façon
la barrière du nombre de soutiens à l'Assemblée nationale qui est insuffisante si vous n'allez pas jusqu'à LR, avec des demandes politiques complètement différentes pour les politiques publiques. La solution d'un Premier ministre hors des partis peut s'imposer au bout d'un moment, à condition que ça ne paraisse pas sortir du chapeau d'E.Macron... - C.Roux: On avait parlé de L.Berger, à un moment... - J.Jaffré: Qui soit en dehors des partis politiques. Ca n'empêche pas d'avoir des ministres politiques dans le gouvernement, mais au moins que le visage
du Premier ministre... - H.Gattegno: La polarisation du débat politique est telle que chacun des 3 blocs, et même à l'intérieur des blocs, est radicalisé sur ses propres positions et refuse pour l'instant d'en changer, à part quelques voix qui s'élèvent pour prêcher la modération mais qui ne sont guère entendues. - C.Roux: Il est très possible que tout le monde parte en vacances sans Premier ministre, sans majorité. - J.Jaffré: Avec monsieur Attal toujours en place. - C.Roux: Mais sans nouvelle équipe gouvernementale. Question. Cette question est intéressante.
Est-ce qu'il peut dire "c'est votre candidat, mais ce n'est pas le mien"? - H.Gattegno: Ce n'est pas le Nouveau Front populaire qui donne un candidat. C'est le président de la République qui choisit. C'est la Constitution. Libre à lui de choisir qui il veut, mais il y a des moments où une situation politique s'impose à lui. Si la gauche réussit ce prodige de se mettre d'accord sur une personne, on voit mal le président balayer cette personne d'un revers de la main. - J.Jaffré: On revient un peu à la IVe République, où le président de la République nommait un président du Conseil pour le faire échouer devant l'Assemblée, afin de démontrer qu'il fallait trouver un autre nom. - C.Roux: Dernière question.
Je crois que vous avez collectivement répondu: non. Merci à vous tous. On va poursuivre toute la semaine cet accompagnement de ces résultats des législatives. Il est l'heure de retrouver A.-E.Lemoine. Bonsoir. Au programme ce soir? - A.-E.Lemoine: Bonsoir. Une ministre toujours au travail dans le gouvernement de G.Attal, dont la démission a été refusée ce matin par le président de la République.
Jean-Luc Mélenchon