Le RN jugera sur les actes ! - Thomas Ménagé (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 24 %Attaque 52 %Défensif 24 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 4:18OuverteRéponse directe
Est-ce que vous l'avez vu comme une manière de se démarquer de ce qui a été fait jusqu'à présent ?
- 6:12OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous en pensez de ces premiers mots, de ce qui représente peut-être le barbierisme ?
- 18:16OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une manière de dire aussi, avec Bruno Retailleau, mon parcours, ce genre de parcours, ça n'arrivera plus ?
- 19:01OuverteRéponse directe
Qu'a voulu dire, selon vous, Gérald Moussa Darmanin ?
- 28:46OuverteRéponse directe
Plus un message à Bruno Retailleau qu'aux gens des banlieues dont vous parlez ?
- 36:02OuverteRéponse partielle
Est-ce que vraiment la France est dans une aussi mauvaise passe sur les questions de sécurité intérieure ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:48Invité politiqueFait
« Moi, par exemple, je me souviens d'un tweet de Gabriel Attal, ça vous paraît peut-être complètement anecdotique, mais pendant la cérémonie d'ouverture des JO, et pour saluer la prestation de Aya Nakamura, il avait mis en anglais dans le texte « Name a better duo, I'll wait ». »
- 8:25Invité politiqueFait
« Un an après, je n'ai pas plus de policiers supplémentaires, et j'ai une situation qui n'a fait que se dégrader. »
- 13:07Locuteur 8Fait
« Si mon premier prénom avait été Moussa, Moussa Darmanin, je n'aurais pas eu le même destin que celui que j'ai eu, c'est-à-dire ministre de l'Intérieur. »
- 29:46Locuteur 8Chiffre
« On ne parle pas de son bilan, on ne parle pas de l'augmentation de 52% des coups et blessures volontaires. »
- 36:39Locuteur 8Chiffre
« Depuis 2016, ce sont les tentatives d'homicides qui sont reparties à la hausse. »
- 39:00Locuteur 8Chiffre
« En France, aujourd'hui, toutes les 20 minutes, il y a un refus d'obtempérer. Toutes les heures, il y a une attaque avec une arme. »
- 39:20Locuteur 8Fait
« La violence, l'hyperviolence, ce sont des victimes, trop de victimes. Et moi, je veux mettre un terme à cela. »
- 44:05Locuteur 8Fait
« On a créé, je pense, en France, depuis trop longtemps, un droit à l'inexécution des peines. »
Temps de parole
- Locuteur 864 %
- Thomas Ménagé16 %
- Présentateur8 %
- Locuteur 104 %
- Locuteur 63 %
- Locuteur 23 %
≈ 2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
On va donc commencer avec cette journée, avec de nombreux rendez-vous à l'agenda du Premier ministre. Tout d'abord, ce premier Conseil des ministres, au cours duquel Emmanuel Macron s'est exprimé. Ses propos nous ont été rapportés. Regardez, alors il n'y a pas de photo de famille à proprement parler de ce tout nouveau gouvernement. En revanche, nous avons cette image, Eric, qui nous est parvenue avec ce gouvernement, ces 39 ministres. Et on sait donc ce qu'il s'est dit, plus ou moins. On sait que le président de la République a pris la parole en appelant lui aussi à faire preuve d'humilité, c'est le mot d'ordre aujourd'hui, d'esprit de dialogue.
Il attend de vous, il a dit le président, j'attends de vous de l'engagement et du courage. Le pays a besoin d'audace, de projet et d'ambition.
C'est fabuleux cette affaire de style. Vous savez, la politique, tu que dois le tenir, c'est aussi bien que moi, c'est le style. Vous vous souvenez du sociologue canadien des années 70, Malcolm Matlouane, qui disait l'émetteur, c'est le message. L'émetteur, c'est le message. Eh bien, l'émetteur Barnier, il nous envoie un message de type sérieux, solide, qui n'aime pas la frime, qui n'aime pas l'arrogance. Et avec des petits adjectifs comme ça, il est en train de jeter un gros caillou dans la mare. Emmanuel Macron, c'est une façon de nous dire, moi, je ne suis pas un petit frimeur.
C'est d'autant plus important le style quand on n'a pas de majorité pour gouverner. Parce qu'effectivement, ils ne peuvent pas revendiquer de pouvoir faire passer des textes grâce à un groupe parlementaire extrêmement fort. Et pour autant, j'ai toujours trouvé, depuis la nomination de Michel Barnier, que justement, ce style pouvait être quelque chose d'un peu fondamental et un peu structurant pour le débat public. C'est vrai que parmi les problèmes que connaît la France, il y avait peut-être aussi le fait que la crise démocratique est nourrie par des élus qui, parfois, manquent d'expérience, parfois ne sont pas ancrés dans des territoires depuis longtemps.
Il y a eu la fin du cumul de mandats qui a accéléré ce processus. Et avec Michel Barnier et un certain nombre d'autres personnalités qui ont rejoint le gouvernement, on a l'impression que c'est la fin d'une certaine époque. Alors, moi, que je salue plutôt, c'est-à-dire la fin un peu du jeunisme, du règne de la com et du marketing.
Mais non, mais le côté, par exemple, les déplacements moins nombreux, mais plus longs, au côté des Français, ça...
Il a dit que des ministres qui parlent moins et qui agissent plus, bon, il aurait eu... Il a raison ? Est-ce que ça sert à quelque chose ? Écoutez, en tout cas, on a eu des ministres qui parlaient beaucoup et qui agissaient pas tellement. Et on est saturés de communication, de... Moi, par exemple, je me souviens d'un tweet de Gabriel Attal, ça vous paraît peut-être complètement anecdotique, mais pendant la cérémonie d'ouverture des JO, et pour saluer la prestation de Aya Nakamura, il avait mis en anglais dans le texte « Name a better duo, I'll wait ». Donc, prouvez-moi qu'il existe un meilleur duo que Aya Nakamura et la garde républicaine, et je vous attends.
Qu'il y ait une manière, si vous voulez, enfin, c'est... Je parle pas du tout du fond, d'ailleurs, de la présence d'Aya Nakamura, mais... Non, on va pas aller là-dessus. Non, mais ces ministres, y compris le premier d'entre eux, qui tweetent en anglais pour prendre à partie les gens sur des réseaux sociaux, en utilisant des codes qu'utilisent les adolescents, « Je suis pas sûr que ça soit ça qui porte la démocratie vers l'eau ».
Mais on a quand même un peu changé d'époque, donc effectivement, moi je veux bien le retour de l'ancien monde, le sérieux, etc., c'est très bien, mais il faut quand même se mettre un peu au goût du jour. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, les réseaux sociaux, ça fait l'actu, et je pense que la politique, ça doit être... Malheureusement. Le monde doit avoir accès à la politique. Oui, mais ce qu'il faut parler en 146, est-ce que vous nivelez par le bar ? Même si on a caricaturé, et parfois ils ont exagéré, le gouvernement précédent avec TikTok, etc., si vous n'allez pas sur ces supports avec des moyens de communication modernes, vous ne parlez pas aux jeunes.
Aujourd'hui, les jeunes ont accès à l'extrême droite, à l'extrême gauche, et puis à, quand c'était Gabriel Attal. Si c'est pour faire un gouvernement qui fait en conclave que des petites interventions dans des émissions dédiées, on va se couper d'une partie de la population. Donc moi, au contraire, je trouve que je suis... Oui, pour le fond, on verra, parce qu'entre dire et faire, c'est encore autre chose. Il y a une différence entre aller sur TikTok et parler comme un...
Oui, et là, en l'occurrence, il ne parle pas des réseaux sociaux, il ne dit pas de petites phrases, pas de promesses excessives. Est-ce que vous, vous l'avez vu comme une manière, clairement, de se démarquer de ce qui a été fait jusqu'à présent ?
Oui, mais ça reste de la communication, parce que le vrai levier, après, il est budgétaire. Alors, vous pouvez dire de l'ordre, de l'ordre, de l'ordre, et une fois qu'on a dit ça, alors qu'est-ce qu'on met sur la table pour qu'il y ait plus d'ordre ? Combien d'effectifs on recrute dans la police, par exemple, s'il aime la police ? Sur le fonctionnement de la police, ce dont ils ont besoin, le matériel, etc. Quelle enveloppe ça coûte ? Et comment on intègre ça dans l'équation de la baisse du déficit budgétaire qu'ils veulent respecter ? Donc la question budgétaire, ça va être le nerf de la guerre.
Donc après, vous pouvez faire des déplacements, dire que vous allez tout passer au Karcher, on l'a déjà vu à plusieurs reprises, peut-être ce soir, il dira la même chose. S'il n'y a pas derrière le budget qui suit, l'enveloppe budgétaire, c'est de la com. C'est de la com. Donc pour le moment, c'est normal de faire de la com, de la faire différemment de celle de Macron. On le voit bien, mais après, le fond, l'action, elle se fait sur les lignes budgétaires. Je suis désolé d'assister sur ce registre. N'oublions pas, ne mettons pas de côté les aspects de style. Vous savez, parfois les Français, certains vont voter pour une cravate plus élégante qu'une autre.
La politique, ce n'est pas quelque chose forcément de très spéculatif et de très intellectuel. Eh bien, il y a un style. Il y a un style. Il est plus mûr, plus âgé, plus j'ai de l'expérience, plus grand. Il a une certaine majesté, une certaine allure au barbier. Et quand il dit, moi, j'en ai marre de l'esbrouf, c'est fini l'esbrouf, je suis désolé. C'est pour moi une notion politique fondamentale, fondatrice, matricielle, dans la façon dont on doit considérer, préserver ce que nous appellerons peut-être le barbierisme. La politique, ce n'est pas un concours de côté. Ah non ! Mais le style est important !
Oui, le style, mais après l'action, elle se fait dans le choix que vous faites, choix économique, choix budgétaire, etc. Et là, ça va être une autre histoire. Emmanuel Macron, il veut avoir la main dessus, là-dessus.
Thomas Nager, député RN du Loiré, on ne l'a pas précisé tout à l'heure. Alors, qu'est-ce que vous en pensez, vous, de ces premiers mots, de ce qui représente peut-être le barbierisme, comme le disait Eric ?
Est-ce que vous êtes barbieriste ? Non, non, non, je ne vais pas vous surprendre, je ne suis pas barbieriste. On l'a dit, on n'est pas forcément très fan de Michel Barnier. C'est un gouvernement de transition. Après, c'est vrai que le style, ça a son importance, et nous, on l'avait dit, la forme ne peut pas insulter notamment nos électeurs, donc on ne peut pas dire que le style n'a pas son importance. Mais à un moment, il va y avoir les réalités qui vont arriver.
Et le style peut peut-être plaire peut-être à certains Français, mais quand ils ne pourront pas remplir leur frigo, qu'ils ne trouveront pas de médecin, qu'ils auront toujours un risque de voir leurs enfants être agressés, le style, voilà, on n'est pas là pour commenter de la mode, ce n'est pas la fashion week. Thomas Nager, on est d'accord, ce n'est pas la fashion week. Très bien, très bonne réponse. Thomas Nager, soyez honnête, soyez honnête. On a quelqu'un qui installe à Beauvau, Bruno Retailleau, on vous montrera tout à l'heure des extraits de ce qu'il a dit depuis des années sur la question de l'immigration, de l'insécurité.
C'est quelqu'un qui, sur ces deux points essentiels, est très proche des idées que défend le Rassemblement national. Bon, immigration, insécurité, Beauvau, Retailleau. Par ailleurs, on a quelqu'un qui demande qu'on le juge sur les faits, qu'on arrête d'être dans les paillettes. Bon, moi je trouve que vous devriez être, vous, député RN, beaucoup plus indulgent avec cet homme. Oui, je le redis, avec son style, avec ce qu'il montre aux Français, ça me semble plus conforme. Je ne suis pas là pour être votre conseiller politique, mais ça me semble plus conforme à ce que vous êtes, à ce que vous dites, vous, dans votre parti.
Je vous dis, c'est mieux pour le moment, dans les mots, que ce qu'on a pu avoir par le passé avec M. Attal, Mme Borne, qui crachait sur les députés du RN, qui ne voulaient pas nous écouter, qui ne voulaient pas entendre les Français qui votent pour nous. Après, je vais être barnériste, je verrai aux actes. Il nous dit de ne pas être dans la communication, dans le commentaire. Donc de la même manière, nous, en tant que femmes et hommes politiques, on va juger sur les actes, donc sur le discours de politique générale dans quelques jours, et après sur le budget. Ce que les Français attendent, c'est des actes.
Il le dit lui-même, donc pardonnez-moi de ne pas commenter, de ne pas non plus m'émerveiller. Parce que, après, c'est vrai que ça a été dit aussi, l'absence de com' et communiquer sur l'absence de com', ça reste de la communication. Et on l'a vu par le passé, je l'ai vu avec M. Darmanin, il est venu sur mon territoire le 1er janvier, j'étais très heureux pour m'annoncer des policiers supplémentaires. Un an après, je n'ai pas plus de policiers supplémentaires, et j'ai une situation qui n'a fait que se dégrader.
Donc, aujourd'hui, les actes, rien que les actes, et nous, c'est ce que nous avons dit, contrairement au NFP, contrairement à d'autres qui veulent censurer, sans regarder les actes et la réalité, nous, on attendra de voir concrètement ce qui est mis sur la table. On ne peut quand même que se réjouir du fait que ça redonne un peu de dignité à la politique, parce qu'il y a eu des responsables politiques, vous ne pouvez pas dire le contraire, notamment à l'extrême-gauche, qui manquent énormément de dignité, ou effectivement, certains qui ont balancé des petites phrases « c'est terminé », « plus jamais de SDF dans la rue », « plus jamais d'OQTF », etc.
» Et qui, au final, c'est vrai, il y a eu une immense déception. Au niveau de l'éducation nationale, de la même façon, tous ceux qui se sont levés en disant « c'est fini, on va lutter absolument contre le harcèlement », etc. C'est vrai que quand les résultats ne sont pas derrière, et je pense que ce qu'il a voulu dire au moment de la passation de pouvoir avec Gabriel Attal, c'est qu'il en a marre qu'on balance des trucs et que derrière, il n'y ait pas les résultats. Néanmoins, il sera quand même tenu, me semble-t-il, par une obligation de communiquer, et puis il se retrouvera, comme vous le dites, face à des réalités qui seront très difficiles à résoudre.
– Guillaume Fard, dans un instant, on va aller regarder de près ce qui se passe à Beauvau. Je vais vous passer le micro dans un instant. Vous n'avez pas parlé pour l'instant, parce que je vous attends.
– Il est très patient, Guillaume.
– Je vous attends sur Beauvau. On va voir ce qui s'est passé à Beauvau cet après-midi. On va voir ce que va faire dans les prochaines minutes le nouveau ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, qui va se rendre à l'intérieur de la commissariat. Quel est le style Retailleau ? C'est très intéressant. Alors, puis il y a eu cette petite phrase sur son second prénom, Moussa, le second prénom de Gérald Darmanin, et Moussa, et au moment de sa passation de pouvoir, il y a eu cette phrase qui a beaucoup interrogé de Français. Si mon premier prénom avait été Moussa, Moussa Darmanin, je n'aurais pas eu le même destin que celui que j'ai eu, c'est-à-dire ministre de l'Intérieur.
Qu'est-ce qu'il veut dire, là ? Qu'est-ce qu'il veut dire ? Il veut dire que les policiers sont racistes ? Il veut dire que les Français sont racistes ? Je vous pose la question. On y revient dans un instant.
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Éric Brunet et Alice Darfeuil. Mesdames, Messieurs, il y a eu aujourd'hui le grand jeu des passations de pouvoir dans les ministères. On a vu des trucs ubuesques avec des gens totalement à l'opposé les uns des autres. Je ne sais pas si vous avez regardé. Alors, tu que dois le dis. Éric Dupond-Moretti avec sa faconde. Et Didier Migaud qui lui succède au ministère de la Justice avec sa sobriété. C'était le mariage, l'alliance des contraires. C'était l'eau et le feu. C'était assez savoureux. On se demandait d'ailleurs si ces deux hommes se connaissent, s'estiment. Enfin, c'était tout. Bon, et bien évidemment, nous n'avons d'eux que pour ce qui s'est passé à Place Beauvau.
Parce que Place Beauvau, c'était Bruno Retailleau qui succédait à Gérald Darmanin.
C'est vrai que celle-là en particulier a retenu notre attention. Et surtout, ce sous-entendu du ministre de l'Intérieur sortant. Écoutez.
Je m'appelle Gérald Moussa Jean Darmanin. Mon père, à la maternité de Valenciennes, voulait écrire Moussa Darmanin. Du nom de mon grand-père, tirageur algérien, qui avait servi la France. Il est assez évident, si nous sommes honnêtes, que si je m'étais appelé Moussa Darmanin, je n'aurais pas été l'humair et député. Et sans doute n'aurais-je pas été ministre de l'Intérieur du premier coup, comme ma jeunesse m'a porté à ces responsabilités fortes. Ça n'aurait retiré rien de mon éducation, rien de mon mérite, rien de mon amour de la France. Mais il faut regarder les choses en face. — Thomas Ménager, député Rassemblement national du Loiret, qu'a voulu dire, selon vous, Gérald Moussa Darmanin ?
— Il faudra lui demander. Mais vraisemblablement, il a voulu dire qu'il y avait un raciste systémique en France, que ses électeurs n'auraient pas accepté qu'il ait un autre prénom, et notamment le prénom Moussa, que les habitants de Tourcoing, les habitants de sa circonscription seraient racistes. C'est en ça que ça interroge. Et ça inquiète, parce que... Alors, quand on regarde, on voit qu'il a été élu grâce aux voix de LFI. Mais ça nécessite pas qu'il tienne le même discours que la France insoumise, qu'il rentre dans une forme de communautarisme. C'est quoi la prochaine étape ? Il va aussi reprendre et dire que la police tue.
À un moment, Gérald Darmanin faisait pas partie de ses personnalités qu'on attendait sur un discours que celui-ci.
— Vous avez pas l'impression de tout mélanger là, franchement ?
— Mais excusez-moi, mais non. Enfin, on se demande comment Gérald Darmanin, avec qui on avait des désaccords, mais qui est quand même un républicain, qui considère, comme je l'espère, une majorité de Français, qu'on peut, en France, même s'il existe des discriminations, il faut travailler dessus, mais que le projet républicain qu'il y a... — Et c'est à ça qu'il faisait l'affluence. — Oui, mais aujourd'hui, il y a eu des tas de ministres. Vous en aviez... Vous avez Najat Vallaud-Belkacem. Elle a réussi. Elle a réussi parce qu'elle a fait ses preuves. On est en désaccord. Mais en France, on peut, quelle que soit son origine, son sexe, son orientation sexuelle, gravir les échelons.
Alors il faut... Et si jamais ils considèrent que ce n'est pas le cas, à un moment, il faut qu'ils se remettent en cause. Ça fait 7 ans avec Emmanuel Macron qui sont aux manettes. C'est qu'il y a un problème. Et je pense que c'est très dangereux de mettre ça dans la tête d'une partie de la population, qu'ils seraient méprisés, qu'ils seraient parce qu'ils auraient des origines. Il n'y a aucune différence en France. Et il ne faut surtout pas qu'il y en ait entre les personnes en fonction de leur origine. — Est-ce que Gérald Darmanin, Thomas Porchet, d'une certaine façon, ne se victimise pas ? La France, c'est le pays au marci chaque année, le comédien préféré des Français.
Non, alors là, pour moi, c'est de la stratégie politique. C'est-à-dire que M. Rotaillot va tellement faire la même chose que lui, ils sont tellement sur la même ligne qu'il faut bien qu'ils se dissocient du nouveau locataire en utilisant son origine sociale et aussi son origine étrangère. Mais après, il est vrai, on peut faire du testing. Ça a déjà été fait par SOS Racisme. On envoie pour un appartement Moussa Darmanin et Gérald Darmanin. Je suis sûr que les chances ne sont pas les mêmes. C'est ce que montrent les testings. Donc là, c'est un autre débat.
Mais je trouve qu'il est malvenu dans le cas de Gérald Darmanin, qui sort une carte comme ça, comme il sort souvent la carte de sa maman, qui est femme de ménage. Mais pas de manière aussi explicite, là. Oui, bon, là, c'est le départ. On eut des mecs qui la sortent pendant qu'il était ministre. Oui, mais justement, c'est la fin. Il faut qu'il montre un désaccord qu'il y a avec le nouveau gouvernement, qui est très droitier et qui fait un trait d'union quand même entre la droite et le Rassemblement national. Et là, il sort cette carte-là en la jouant. Bon, je trouve qu'elle est malvenue. Guillaume Favre. Il joue la carte qui veut jouer. Mais il y a un fait.
C'est que dans la galerie des portraits, dans l'antichambre du bureau du ministre, vous en avez combien de mise au intérieur qui ont été fils de femmes de ménage ? Et vous en avez combien dans le deuxième prénom, et Moussa, ou même le premier ? Faites les comptes. Faites les comptes depuis le 19e siècle. Combien ? Ben, zéro. Et donc, voilà, tout simplement.
Et donc, en fait, il y a aussi cette réalité-là, c'est que n'importe qui qui sera au ministère de l'Intérieur, j'étais encore samedi pour les journées du patrimoine, vous rentrez, vous avez assez classiquement tous les portraits et photographies de tous les ministres de l'Intérieur qui se sont succédés depuis Joseph Fouché, et vous regardez, vous regardez le poids d'une histoire, le poids des traditions, et qui... Mais attendez, c'est vraiment une réelle et démographique. Vous ne pouvez pas comparer l'histoire du ministère de l'Intérieur au 19e siècle avec l'histoire contemporaine. L'immigration est un fait. L'immigration du Maghreb est un fait postérieur à la Seconde Guerre mondiale.
Depuis Sarkozy, il y a eu beaucoup de Français... Mais on fait le jeu des ministères d'Intérieur depuis 2012, depuis 2007, si vous voulez. Et vous en avez combien, sérieusement, qui est fils de femme de ménage, qui a grandi dans une loge de concierge, qui dit quelque chose aussi d'une capacité, effectivement, à gravir l'ascenseur social républicain par ses mérites, son travail, etc. Mais qu'est-ce qu'il fait au pouvoir pour changer quelque chose à ça ?
Il y a eu plein d'hommes d'État aux origines modestes.
Il faudrait qu'on vienne avec nos dossiers. Mais moi, je pense qu'il y a dans les ministères, dans les hautes fonctions de la République française, beaucoup plus de diversité qu'ailleurs. Mais évidemment ! Je parlais précisément du ministère intérieur.
Luc Duhaldonis, est-ce que c'est une manière de dire aussi, avec Bruno Rotaillot, mon parcours, ce genre de parcours, ça n'arrivera plus ?
J'ai trouvé ça très bizarre, parce que j'ai regardé en intégralité cette passation de pouvoir, et le discours de Gérald Lermanin était tout à fait bien calibré, pas trop long, assez touchant, notamment quand il a parlé de... S'il y avait un visage qu'il avait... Parce qu'il a un moment ému, c'était le visage d'un petit garçon ou une petite fille, je ne sais plus, qui avait perdu son papa policier. Et tout ça était très digne. C'est venu à la fin de la fin, cette sortie, donc ça fait complètement artificiel. C'est effectivement le petit message politique qu'on glisse au dernier moment.
Et effectivement, si on regarde bien, il y a le sourcil gauche de Bruno Rotaillot qui a une inflexion très légère en écoutant ça, parce que ce n'est pas, quoi qu'on en dise, la nature profonde de Gérald Lermanin qui quand même se bat contre la repentance historique, qui se bat contre le confusionnisme identitaire, qui se bat contre le communautarisme, qui se bat, certes, pour ce qu'il appelle l'éclat de droite. Donc là, ça veut dire, ça veut dire, je vous écoute, tu vois, Denis, ça veut dire... Mais il parle à tous les Mohameds de France qui pensent que la France vous empêche de gravir les échelons sociaux.
On aurait donc à vous écouter un ancien ministre de l'Intérieur assez droitier, Gérald Darmanin, d'ailleurs, qui a été beaucoup tensé et attaqué par la gauche sur cela, et qui, au moment où il quitte Bovo, veut se forger un destin national et se dit, je vais mettre un petit coup de barre à gauche et dire que moi, je m'appelle Moussa et que je comprends tous les Moussa de France et que quelque part, je les représente tous les Moussa de France et que si vous êtes un Français issu de l'immigration, regardez-moi, j'ai peut-être été dur sur certains points sécuritaires, etc., mais au fond, je suis quelqu'un de juste et je viens du même milieu que les plus modestes d'entre nous. C'est un peu ça.
Il a un peu essayé de se façonner une enveloppe d'homme politique.
Chez Gérald Darmanin, il y a quand même une souplesse politique parce qu'il est capable d'être le plus premier des macronistes, il est capable d'être le meilleur ami de Nicolas Sarkozy, il est capable d'être un ministre de l'intérieur droitier, ferme, autoritaire, taxé d'extrême droite, d'ailleurs, par une partie de ses opposants politiques.
Mais là, en l'occurrence, en ce moment, effectivement, il n'est pas au gouvernement, il est en train de se rapprocher de Gabriel Attal, il va y avoir tout l'héritage du macronisme à récupérer et donc on voit bien que sa stratégie politique du jour, en tout cas, parce que je ne sais pas si ça sera celle de la semaine ou celle du mois, c'est de se dédroitiser et se dédroitiser un peu.
Peut-être qu'il n'y a pas eu de ministre de l'intérieur avec des prénoms à consonance étrangère jusque-là en deuxième prénom, qui correspond quand même à une réalité démographique aussi, ce n'est pas de notre faute si au 18e siècle ou au 19e siècle, il y avait moins d'immigration ou de personnes issues de l'immigration, mais en 2007, il y a eu une femme qui est devenue ministre de la Justice qui s'appelle Rachida Dati et en 2024, il y avait un monsieur qui était à côté de Jérôme Darmanin qui s'appelle Othman Nasrou et qui intègre le ministère de l'intérieur.
Ils sont quand même rares. Ils sont quand même rares.
Alors déjà, c'est une obligation. Je veux dire, il faut s'excuser. Il faudrait faire des quotas de discrimination positive. Non seulement c'est pas rare
et parfois aussi on nomme des gens parce qu'ils sont issus de la diversité. Et ça, personne n'ose le dire. Parfois aussi, on nomme des gens. Non, mais je vais te le dire de manière générale et c'est bien normal parce qu'on estime qu'effectivement, la France doit avoir des responsables politiques issus de différents milieux et domaines et moi, je trouve ça très responsable.
Depuis Nicolas Sarkozy, il y a beaucoup de ministres et de secrétaires d'État ne voyez pas que les ministères les plus importants – je parlais de Rachida Dati très bien – de secrétaires d'État qui sont issus de la diversité, des diversités, beaucoup plus qu'on ne pense parce que malheureusement, nos secrétaires d'État, on ne les connaît pas. Alors, on les déco, on ne les connaît pas, on ne les retient pas. Mais regardez les choses, prenez le temps de regarder, vous verrez qu'il y a beaucoup. Et la France, c'est le pays où un monsieur comme Manuel Valls peut devenir Premier ministre alors qu'il n'est pas né en France.
Il n'y a pas beaucoup de Français qui sont devenus Premier ministre en Espagne et qui étaient nés à Montpellier ou à Lille. Eh bien, en France, Mme Hidalgo aussi qui est issue de l'immigration espagnole, on peut s'en réjouir, eh bien, est devenue maire de la plus grande capitale du monde, la plus prestigieuse. Elle a même été réélue. Donc la France, ne me vendez pas une France qui serait sectaire et qui serait… – Ce qui est très grave, c'est qu'en fait, et j'ai été très surprise, le reste du discours était parfait, c'est qu'il a mis dans la tête de ceux qui veulent victimiser le fait qu'effectivement, il y aurait en France un blocage pour réussir.
En plus, déjà, c'est très décourageant pour les jeunes et ça permet à ceux qui disent toujours qu'il y a un racisme systémique, ça valide leurs propos. Alors la stratégie politique, c'est bien, tout le monde a le droit d'en faire, mais je pense que sur ces sujets, il faut peser ces mots parce que c'est grave ce qui peut en être déduit. – Ou alors, c'est un coup politique merveilleux. Il dit finalement, moi j'ai été dur, mais j'étais à l'intérieur de la République, voilà. Et ce qui me succède, parce que c'est assez dur à l'endroit de Retailleau.
Finalement, il induit l'idée que Retailleau qui arrive, voilà, c'est un peu le même, il va être dur comme lui, il va avoir le même discours, mais il nous prévient, finalement, Darmanin. Et il nous dit, attention, il aura peut-être le même discours que moi, mais au fond des choses, lui, il n'aime pas ce qui s'appelle Moussa. – C'est une énorme erreur stratégique. – Alors que moi, j'étais dur, mais j'étais républicain. Voilà un petit peu le discours.
– Non, mais c'est une énorme erreur stratégique parce que personne n'attend, si, mais personne n'attend de la bouche de Gérald Darmanin qu'il soit, je ne pense pas que les gens dans les banlieues attendent que Gérald Darmanin soit leur représentant. Ça fait longtemps qu'ils se sont fait une idée sur ce ministre de l'Intérieur. En revanche, personne ne sera surpris que Bruno Retailleau, lui, soit conforme à ses convictions. – Est-ce que ce n'est pas surtout ça
plus un message à Bruno Retailleau qu'aux gens des banlieues dont vous parlez ?
– C'est un message à la Macronie de départ. C'est-à-dire, dans la Macronie de départ, il y avait une partie d'un électorat de ville plutôt social-démocrate de gauche et une partie un peu centre-droit. Mais là, visiblement, avec les derniers ajustements qu'ont fait Macron depuis un certain nombre d'années, aujourd'hui, il est en train de récupérer plutôt les votes de droite. Et on le voit bien sur les cartes. En 2017, les électeurs qui avaient voté Fillon ont majoritairement ensuite voté Macron. Donc quand vous sortez de là, comment vous pouvez faire ? Vous devez reprendre le centre-gauche avec des sorties comme ça.
– Dans un instant, on va voir la sortie assez spectaculaire, d'ailleurs, de Bruno Retailleau lors de la passation de pouvoir au ministère de l'Intérieur cet après-midi. Mais votre avis sur cette petite sortie de Gérald Darmanin, si je m'étais appelé Moussa, ma vie n'aurait pas été la même vous qu'être député RN du Loiret. – Il est très fort, Gérald Darmanin. Parce qu'au final, qu'est-ce qu'on fait ce soir ?
On ne parle pas de son bilan, on ne parle pas de l'augmentation de 52% des coups et blessures volontaires, on ne parle pas des OQTF qui sont à 7% dans les OQTF exécutés, on ne parle pas de la situation sécuritaire et il a réussi à faire que nous tous, collectivement, on parle de cette petite phrase. Et je rejoins Mme Saillet, c'est très, très dangereux. C'est-à-dire, à un moment, quand on était ministre de la République, on ne met pas de l'huile sur le fond. On a déjà un pays qui est fortement divisé.
Moi, j'ai été à Montargis sur un territoire qui a connu des émeutes très, très graves, très violentes avec une partie de jeunes dont les parents sont issus de l'immigration qui ont le sentiment que parfois, la France, du moins certains leur donnent ce sentiment, la France les rejetterait. Alors que non, ils ont les mêmes droits que n'importe quel Français. Ils peuvent réussir, ils peuvent faire de très bonnes écoles, ils peuvent devenir ministres. Et notre rôle de personnalité politique, c'est de faire en sorte qu'ils aient ces mêmes droits et de leur donner les chances de les avoir et de les atteindre. Et pas de mettre de l'huile sur le feu et diviser la société.
Parce que petit à petit, les émeutes que nous avons eues vont continuer. C'est-à-dire qu'il faut bien entendu de la fermeté et éviter ces discours d'extrême-gauche, ces discours communautaires qui ne font que mettre de l'huile sur le feu. Excusez-moi.
Il n'y a jamais de discrimination.
Je vous ai dit tout le contraire tout à l'heure. Je vous ai dit que les discriminations peuvent exister et c'est notre boulot collectivement de lutter quand il y en a. Mais aujourd'hui, et ça a été très bien dit par M. Brunet, je pense qu'on n'a pas à rougir en France de la manière dont on accueille, dans la manière dont on accueille. M. Nassrou, qui était derrière lui, il a été naturalisé. Et c'est tant mieux. Et il est ministre de la République parce qu'il a montré
qu'il aimait la France.
Et c'est ça la France. Si vous aimez la France, vous pouvez devenir ministre. Vous, ORN, vous pourriez, si un jour le Rassemblement National avait le pouvoir, vous pourriez avoir des ministres nés en Algérie. Mais Malika Sorel, qui est députée européenne du Rassemblement National, Anshia Balmana, qui est notre députée de Mayotte, enfin, ce sont des personnes qui n'ont pas un prénom issu du calendrier. On s'en fiche. Peu importe leurs origines, peu importe leur couleur de peau, peu importe leur sexualité.
Il a été question pour votre parti de réserver certains postes stratégiques à la préférence nationale.
Non, il y a deux choses. Il y a la priorité nationale pour les emplois parce que ça, c'est aujourd'hui, c'est une question. Après, sur la binationalité, c'est nul et non avenu. On a été très clair. La personne, notamment, qui avait eu ses propos malheureux a été désavouée directement par Marie-Clappette. Il n'y a aucun problème sur la binationalité. Je vais vous dire que ceux qui s'appellent Moussa ou Mohamed sont dans la préférence nationale. Ils ont des passeports français. Oui, mais c'est pour ça que c'est deux choses différentes. C'est bien ce que je vous dis. On est totalement d'accord. Dès lors que vous êtes français, que vous soyez binational ou non, vous avez les mêmes points.
La préférence nationale et la binationalité. C'est deux choses. Dès que vous êtes français, que vous soyez binational.
Il y a déjà un emploi sur cinq qui est interdit aux étrangers. Par exemple, vous êtes suédois, vous ne parlez pas français, vous avez le droit de tenter le CAPES. Si vous êtes marocain, que vous avez fait toutes vos études en France, que vous parlez français, vous n'avez pas le droit d'être fonctionnaire. Parce que vous êtes extra-européen. Exactement. Donc il y a déjà un emploi sur cinq qui est interdit aux étrangers. Alors je suis heureux que vous le disiez comme ça parce que je n'arrête pas dans les débats de dire mais est-ce que déjà aux yeux de la loi française, cette préférence nationale n'existe pas dans les textes ? Donc vous dites oui. Elle existe, bien sûr.
Elle varie même en fonction des situations et des besoins. D'accord. On va parler de la méthode maintenant. Il est temps de parler maintenant parce que vous avez eu mesdames, messieurs l'appétiseur, l'apéro, l'apéritif, ce qu'a fait, ce qu'a dit Gérald Darmanin était assez intéressant. Maintenant, il va falloir qu'on s'attarde un peu sur le style Bruno Retailleau, celui qui succède à Gérald Darmanin. Vous allez voir dans un instant et n'oubliez pas que dans les prochaines minutes, peut-être un peu plus, on verra, on suivra l'affaire, la régie est sur le coup.
On verra lors d'une visite, a priori, c'est plutôt vers la Seine-Saint-Denis, dans un quartier populaire en tout cas, la première visite du ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, dans un quartier, dans un commissariat de police d'un quartier populaire. C'est intéressant parce que déjà, le ministère de l'Intérieur, peut-être pour éviter qu'il y ait des troubles, ne nous donne pas encore l'information, la destination de l'endroit où il ira dans les prochaines minutes Bruno Retailleau, le nouveau ministre de l'Intérieur. Voilà.
On va l'écouter tout de suite lors de la passation de pouvoir.
La politique de la majorité nationale avec trois priorités, vous les retiendrez facilement. La première, rétablir l'ordre. La deuxième, rétablir l'ordre. La troisième, rétablir l'ordre. Parce que je crois à l'ordre. L'ordre comme condition de la liberté. Quand il n'y a pas d'ordre, c'est la liberté d'abord qui est menacée. Je crois à l'ordre comme la condition de l'égalité. La loi du plus fort s'exerce contre le plus faible. Je crois à l'ordre comme la condition de la fraternité. Alors jusqu'à présent, dans le discours officiel, quand on mettait un truc dur de droite, on disait à côté, oui, mais on mettait un truc de gauche pour que ça passe mieux.
On dirait de l'ordre, de l'ordre, mais dans le cadre des valeurs de la République. Alors lui, il n'hésite pas. Il dit trois choses importantes. L'ordre, l'ordre et l'ordre. Merci, au revoir, à demain. De toute façon, il est bien obligé de partir là-dessus parce que, si vous voulez, même à gauche, on veut de l'ordre. Quand vous regardez les sondages, quand vous avez 80% des Français qui veulent plus de sécurité, c'est bien des Français de gauche aussi qui le disent. Donc l'ordre, ce n'est pas seulement à droite. La difficulté maintenant qu'il va y avoir, c'est les mots et les actes.
Parce que quand vous voulez mettre de l'ordre, mais que vous n'avez pas de majorité à l'Assemblée nationale, que vous avez tout le monde qui a envie de vous flinguer et que vous n'avez pas beaucoup de temps, ça va me sembler quand même assez difficile. C'est important pour lui de marquer les choses, mais après, si vous voulez, les moyens qui seront donnés pour mettre cet ordre, et là où on aura une difficulté, c'est quand il va aller sur le terrain avec des difficultés, des drames, il aura beau dire l'ordre, si rien n'a été résolu entre-temps, on tombera dans l'esbrouf.
Juste, Guillaume Fard, Guillaume Fard, il est en train d'accréditer l'idée, finalement, Bruno Retailleau, que ça n'allait pas avant, que la France est dans une mauvaise situation, ce qui est un peu dur pour Gérald Darmanin, et que lui, il va ramener l'ordre, l'ordre, l'ordre. Et ça a été dit tout à l'heure par notre député RN, Thomas Ménager, qui est là dans le studio, notre premier invité aujourd'hui. La France est dans... Alors, je vous pose la question, vous qui êtes notre spécialiste police-justice ici à BFM TV, est-ce que vraiment, la France est dans une aussi mauvaise passe sur les questions de sécurité intérieure ?
Tout dépend depuis quand vous regardez le phénomène, et après, il y a un certain nombre d'indicateurs qui ont augmenté sous le quinquennat d'Emmanuel Macron, et les indicateurs des violences aux personnes. Alors, violences aux personnes, ça a augmenté. C'est ce qu'il y a de plus grave. qui sont reparties à la hausse depuis quelques années, en gros, depuis 2019, il y a une augmentation. Depuis 2016, ce sont les tentatives d'homicides qui sont reparties à la hausse, et puis après, il y a la question des coups et blessures volontaires et des violences sexuelles, mais ça qui est dans un cadre notamment familial, donc c'est un petit peu plus particulier.
Mais en tout cas, les violences contre les personnes, oui, elles ont augmenté. Après, il y a aussi une part de politique, c'est de dire, je ferai différemment, ce qui était fait avant était mal fait, maintenant ce sera bien fait. ordre, ordre, ordre. Bon, il faut aussi rappeler que le ministère de l'Intérieur, puisque Bruno Rotaillot semble attaché aux traditions au poids de l'histoire, c'est aussi le ministère de la Liberté publique.
Donc, il faut avancer sur deux jambes, pas complètement exclure les libertés publiques, qui sont quand même au fondement de la création du ministère de l'Intérieur, qui d'ailleurs, à certaines époques, pouvait s'appeler le ministère de l'Intérieur et des libertés publiques. Ça dit aussi quelque chose. Puis après, vous pouvez faire de grandes déclarations, vous disiez, en préambule, let's prove. Ce qui va compter, ce sont des sujets très techniques, très austères, mais très concrets et budgétaires. Là, dès demain, regardez le tract d'Alliance des dimanches. Que dit Alliance Police Nationale, syndicat majoritaire chez les gradés et gardiens ?
Il vous dit, mais on vous attend sur le budget dont vous allez nous créditer là, maintenant. Deux exemples très simples. Grand commissariat de Marseille, le projet immobilier est arrêté, gelé, plus de crédit, alors que c'était une grande promesse. Puis, deuxième exemple très concret, le renouvellement des véhicules neufs pour la Gendarmerie Nationale. Vous voulez rétablir l'ordre avec des voitures qui ne roulent pas ? Le budget est à zéro pour cette année 2024. Zéro. On voit beaucoup un peu partout en France, et pas qu'à Paris, des voitures de policiers cette fois-ci, gris métallisées, qui sont nouvelles. Qui ont été acquises au moment du plan de relance.
Mais vous savez qu'il y a un taux d'usure des véhicules qui fait qu'il faut les renouveler chaque année. Et donc, pour les renouvellements de véhicules neufs, il n'y a plus de budget pour la Gendarmerie Nationale. Donc, en fait, les réunions qui vont se tenir là dès les prochains jours, c'est qu'est-ce que vous allez faire de façon très concrète pour maintenir un niveau d'équipement de ce ministère intérieur, puisque tous les crédits ont été consommés cette année pour payer les primes exceptionnelles de 1900 euros par policier et gendarme pour les Jeux Olympiques.
Donc, Bruno Rotary ne pourra pas se satisfaire d'une situation où on lui dit qu'il n'y a plus de budget pour faire quoi que ce soit. S'il est volontariste, on peut le créditer du fait qu'il l'a dit ce matin, il faudra que budgétairement ça suive.
Alors, il donne effectivement quelques... Même s'il l'a dit, Bruno Rotary qu'il ferait des propositions concrètes la semaine prochaine, il donne quand même un peu un avant-goût de ce qu'il veut changer. On va l'écouter dans quelques instants. On va l'écouter tout de suite puisqu'il donnait une interview ce soir.
En France, aujourd'hui, toutes les 20 minutes, il y a un refus d'obtempérer. Toutes les heures, il y a une attaque avec une arme. Et puis, toutes les journées, ça fait à peu près 1000 agressions. Et je ne parle que des agressions qui ont été déclarées. Donc, bien sûr, les Français sentent bien que ça n'est pas un sentiment d'insécurité. La violence, l'hyperviolence, ce sont des victimes, trop de victimes. Et moi, je veux mettre un terme à cela.
Ce n'est pas un sentiment d'insécurité, c'est de l'hyperviolence. Et il ajoute, c'est un fléau de ces derniers mois, le narco, dernières années même, sur le narcotrafic, on a besoin d'un changement complet de cadre. Il nous faut une loi.
Il veut donc changer la loi.
Il y a deux ruptures.
On a ajouté une.
Il y a deux ruptures très visibles par rapport au macronisme, j'allais dire, d'origine, auquel on a cité jusque-là. Il parle du sentiment d'insécurité pour nier, effectivement, cette formule.
Ça, c'est la formule de la... C'était sous la cohabitation. C'était... Je pense.
Le problème, c'est que ça a été repris par Éric Dupond-Moretti, notre ancien garde des Sceaux désormais. Et je pense que c'est en opposition à la formule d'Éric Dupond-Moretti. Et sur la répétition de trois fois l'ordre, l'ordre, l'ordre, Gérard Darmanin, quelques minutes plus tôt lors de la passation de pouvoir, avait dit juste l'ordre, ça ne suffit pas, il faut aussi l'ordre juste. D'ailleurs, qui a été aussi une formule de Ségolène Royal, si on ferme la parenthèse. Mais donc, vous voyez, il y a sur le positionnement, évidemment, quelque chose d'assez orthogonal.
Bruno Rotaillot, depuis le début de son expérience politique, c'est la droite qui ne s'excuse pas, c'est la droite qui utilise le mot « ensauvagement », il ne l'a pas encore fait, là, je ne crois, jusqu'à ce stade, mais il est tout à fait capable d'expliquer et de disserter sur ce concept. C'est effectivement un ministre de l'Intérieur qui va être beaucoup plus ferme que ses prédécesseurs. Vous qui avez travaillé
sur une biographie de François Fillon, c'est un fillonniste, c'était quelqu'un qui était dans les bagages de François Fillon s'il avait été plus loin dans l'expérience présidentielle de 2000...
Je vous remercie beaucoup pour cette question parce que j'ai vraiment toujours pensé que Bruno Rotaillot n'avait pas seulement accompagné François Fillon lors de la primaire 2016 et l'élection présidentielle de 2017, mais d'une certaine manière il avait réinventé le fillonisme. C'est-à-dire qu'il a apporté au fillonisme, qui était avant tout un libéralisme économique, une jambe régalienne très puissante, je dirais même des questionnements civilisationnels sur le sentiment de dépossession de soi des gens.
Il a poussé François Fillon à écrire ce livre après les attentats de Nice qui s'appelle « Vaincre le terrorisme islamique » et il a, entre guillemets, aidé François Fillon à se concentrer sur ces questions d'intégration, d'assimilation, d'immigration, d'insécurité et on devrait retrouver ça effectivement dans son musical. – Mais alors sur l'homme
attendons-nous un instant puisque après tout vous avez travaillé œuvré pour votre bouquin et à valeurs actuelles sur la planète filloniste. Qu'est-ce qu'on peut dire de ce retaillot ? Il est intéressant ce retaillot, vous le décrivez comme une nature qui est inspirante pour François Fillon. Ça veut dire qu'il a cette dimension je dirais intellectuelle en tout cas. Il rayonne parce qu'il n'a pas une personnalité ultra charismatique. c'est plutôt un homme assez discret.
– Effectivement, c'est un danseur de claquettes mais il a été dans l'ombre longtemps de deux personnages. D'abord Philippe de Villiers y compris au Puy du Fou dans le parc à thème de Philippe de Villiers et puis un lieutenant politique très important de Philippe de Villiers et ensuite dans l'ombre de François Fillon. Mais il a été président de région, il a gouverné la région Pays de la Loire et qu'il a gouverné avec le Modem. Il est président du groupe Les Républicains au Sénat qui gouvernait jusque-là avec les centristes.
Donc c'était quelqu'un qui évidemment est d'une droite catholique vendéenne enracinée, conservateur, assumé effectivement contre le mariage pour tous au moment où d'ailleurs quand même 90% de la droite parlementaire était contre le mariage pour tous. Mais c'est aussi quelqu'un, bon pardon Thomas Ménager, mais voilà qui n'a jamais voulu faire d'alliance avec le Front National ou le Rassemblement National et qui a toujours essayé de plutôt pousser à l'intérieur d'une droite conventionnelle de gouvernement presque bontain, un courant plus conservateur.
C'est intéressant, c'est qu'il est à Beauvau, il est au ministère de l'Intérieur, il doit s'occuper de l'Intérieur depuis quelques heures, mais il va beaucoup plus loin que ça, écoutez-le dans cette interview qu'il a donnée tout à l'heure en fin de soirée, il s'occupe d'un autre périmètre qui est celui de la justice et il donne son avis sur la France et la justice. Bien entendu, il y a le volet judiciaire, la justice, parce que ça ne sert à rien d'appréhender des malfaiteurs si ensuite ils sont relâchés. Ça, ça sera le dossier de mon collègue Didier Migaud. Mais vous allez inviter le garde des Sceaux Didier Migaud à être ferme ? Ce n'est pas à moi de l'inviter, mais on va discuter ensemble.
Le Premier ministre nous a confié une feuille de route et je pense que, j'entendais les syndicats, bien sûr, il y a une question de budget, mais aujourd'hui, je pense qu'il y a aussi une question qui concerne l'ensemble de la chaîne pénale avec des réponses. On a créé, je pense, en France, depuis trop longtemps, un droit à l'inexécution des peines. Il faut que les peines, les sanctions tombent.
Vous êtes d'accord avec ça, j'imagine, Thomas Méninger. En même temps, pour le coup, le fait que les peines ne sont pas suffisamment exécutées, tout le monde partage ce constat.
Je vous le dis, je trouve dommage que vous ne le disiez pas avec franchise et honnêteté. Il y a dans ce discours-là, celui de Bruno Rotaillot, quelque chose qui ressemble aux valeurs qui sont celles du Rassemblement National. Non, mais il y a du Marine Le Pen et du Jordan Bardella dans le texte. Ça, on pourra être d'accord. Le vrai sujet, c'est que, vous savez, c'est un ancien BMP qui le dit. Quand j'étais jeune, j'ai attendu le Karcher et puis on a eu un filet d'eau tiède. Et ce qui inquiète, vous le disiez il y a quelques instants, c'est que souvent, dans les gouvernements successifs, il y avait d'un côté de la fermeté et puis on mettait à côté un peu de laxisme.
Il n'y a la personne du laxisme, c'est quand même M. Migaud, qui n'est quand même, je ne pense pas sur la même ligne que M. Retailleau et il y aura un principe de réalité au-delà des discours, c'est le 31 octobre. On aura dans notre niche un texte sur les peines planchées.
Dans les 10e migauds, il s'exprime ce soir lui aussi en parallèle du ministre de l'Intérieur et il dit je dois montrer de l'autorité, de la fermeté, faire en sorte qu'il n'y ait pas d'impunité tout en faisant en sorte que l'état de droit soit respecté.
Ça va dans le même sens. Je vous dis, on va voir les réalités. 31 octobre, texte sur les peines planchées, texte qui avait été en plus déposé un peu ou prou par horizon il y a quelque temps. Est-ce que ça va être la position de Didier Migaud qui a voté contre les peines planchées en 2007, qui sera au banc, ou est-ce que ça sera la position de M. Retailleau ? Donc je pense que le vrai problème qu'on va avoir c'est qu'on a un gouvernement qui va avoir très vite mal aux adducteurs entre d'un côté M. Retailleau et de l'autre côté M. Migaud et un certain nombre de personnalités. Donc on sera face aux réalités et là on verra et on jugera aux actes.
Merci Thomas Ménager, Monsieur député RN du Loiret, vous avez été notre invité ce soir. Je vous invite à rejoindre vos activités personnelles pour lesquelles je n'ai pas le droit de regarder. Et nous accueillons à l'instant Jean-Christophe Kouvy qui est traiteur national du syndicat Unité. Merci d'être avec nous. Je vous en prie. Et dans une seconde, vous nous direz ce que vous pensez de ce nouveau bas. Vous pouvez nous dire maintenant
ce que vous en avez pensé parce qu'il y a quand même pas mal de déclarations qui nous parviennent. Peut-être d'abord sur la lutte contre les narcotrafiquants, la lutte contre le trafic de drogue parce que c'est vrai qu'on enchaîne les plateaux télé en se disant que finalement il est très compliqué de trouver des solutions efficaces. Lui, ce qu'il dit ce soir, le ministre de l'Intérieur, c'est qu'il faut une nouvelle loi. Mais une nouvelle loi pour faire quoi exactement ?
Ça, je pense que c'est dans sa tête à lui. Moi, il ne nous en a pas parlé. Il doit avoir une idée sûrement.
Vous avez échangé avec lui dans ce déjeuner ou pas du tout ?
Ce matin, notre secrétaire général était juste à la passation entre l'ancien ministre et le nouveau ministre. Pour l'instant, on n'a pas été reçu. On espère être reçu très rapidement de choses à expliquer, lui décrire aussi où est-ce qu'il arrive, quelles sont les attentes des collègues. Après, une nouvelle loi, pourquoi pas ? Mais il faut qu'elle ait un sens. Et surtout, ce qu'il faudrait, c'est une coordination, on n'aura pas de le dire, parce que tous les pans de l'État doivent lutter contre le narcotrafic. Ce n'est pas que la police toute seule.
Quand Retailleau parle d'une société hyper violente, quand Retailleau dit cet après-midi « L'ordre, l'ordre, l'ordre, trois choses importantes, rétablir l'ordre, rétablir l'ordre, rétablir l'ordre », ça vous bluffe ? Vous vous dites « chouette » ou vous dites qu'en France, finalement, on se paye deux mots ? C'est un peu toujours la même chose. Et derrière...
Je pense que nous, on juge sur pièce, on ne fait pas des castings en amont, ce n'est pas notre rôle à nous en tant que syndicat. Nous, effectivement, on est très légalistes et on travaille avec tout le monde. C'est plutôt une approche très politique. On voit bien, d'ailleurs, si on dit « L'ordre, l'ordre, l'ordre », ça voudrait dire qu'il y avait un désordre avant. Pas très sympa, peut-être, pour celui qui le succède, parce que nous, on n'a pas l'impression de s'être tournée les pouces pendant les années.
J'étais au propos de celui d'avant, Gérald Darmanin, qui dit « si je m'étais appelé Moussa Darmanin, je n'aurais pas eu le même destin au ministère de l'Intérieur ». Ça veut dire quoi ? Que les policiers sont racistes ? Comment vous l'analysez, vous, ça ? Pas par rapport aux policiers. Je pense que... Enfin, je ne parle pas à sa place. Je parle de la République. C'est plutôt de la République en général. Enfin, avant M. Darmanin, on a eu Rachida Dati, donc comme quoi tout est possible. Pas comme ministre d'Intérieur. J'ai une autre petite question pour vous. Est-ce que le policier que vous êtes est content qu'Éric Dupond-Moretti, le ministre de la Justice, soit parti vers d'autres cieux ?
On est surtout content, c'est d'avoir un nouveau ministre de la Justice qui le remplace, parce que là, depuis quelque temps, effectivement, il avait vraiment démissionné. On ne le retrouvait plus. Donc, on attend maintenant de la cohérence. C'est-à-dire que...
Répondez-moi, est-ce que vous êtes content que ce soit... Bon, je ne suis pas... Bon, content... Beaucoup de policiers se plaignaient de Dupond-Moretti. Oui, effectivement, mais parce qu'en fait, encore une fois, la loi qui a été faite... Enfin, déjà, on lui a déjà dit, le sentiment d'insécurité, ce n'était plus un sentiment. Les Français le vivaient en bas de chez eux. Donc ça, déjà, on était les premiers à le dire sur les plateaux. Après, les lois qu'il prenait, il a fait aussi des bons...
J'allais dire, des bons choix en interne, notamment pour la pénitentiaire où il y a eu des réformes et les collègues sont très contents sur des protocoles qui ont été signés.
Allez, on reparlera de Bruno Retailleau dans un instant. Il y a les déclarations de la soirée,
j'allais dire en moto, non, ma ministre de l'Intérieur se déplace en voiture. Il est probablement dans sa voiture, en train peut-être de regarder BFMTV. Dans quelques minutes, il arrivera dans le commissariat d'un quartier populaire, plutôt du 9-3, de la Seine-Saint-Denis, pour éviter peut-être les problèmes. En tout cas, on ne nous a pas encore donné la destination exacte, mais vous la découvrirez avec nous en restant sur BFMTV. A tout de suite.
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