Bruno Retailleau accuse LFI d'être "un parti séditieux qui a une fascination pour la violence"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 25 %Attaque 60 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteRéponse partielle
Le budget qui est annoncé aujourd'hui avec des coupes énormes, est suffisant à vos yeux ?
- 0:23OuverteRéponse directe
Vous y étiez hier, vous êtes rentré tard hier soir de Montpellier, vous y étiez et vous avez plaidé en faveur de Robert Ménard.
- 0:56RelanceRéponse directe
Est-ce que ça veut dire que, alors les juges ne seront pas obligés de suivre le requisitoire du parquet ?
- 1:37OuverteRéponse directe
Bruno Retailleau, des lycées bloqués à nouveau ce matin, et ça fait plus d'une semaine désormais que ça dure...
- 3:07FerméeRéponse directe
Est-ce que vous appelez au calme ?
- 4:40RelanceRéponse directe
On a clairement désormais un parti séditieux. On a un parti absolument sédicieux, qui a une fascination pour la violence.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43PrésentateurChiffre
« Le parquet de Montpellier a requis une amende de 7500 euros. »
- 0:48PrésentateurChiffre
« C'est en réalité très peu par rapport à ce qui l'encourt, 75 000 euros d'amende et une peine d'illégibilité. »
- 2:57Invité politiqueChiffre
« Hier, ce sont 119 personnes qui ont été blessées, 34 dans le personnel enseignant. Il y a eu 625 personnes interpellées, 83 policiers blessés. »
- 2:34PrésentateurFait
« que pour se marier, il faut être en situation régulière. »
- 3:28PrésentateurFait
« je pense qu'il faut qu'on en revienne à la loi anti-casseurs. »
- 3:46PrésentateurChiffre
« qui a eu le culot d'envoyer la facture de 100 000 euros à monsieur... »
- 4:46PrésentateurFait
« On a un parti absolument sédicieux, qui a une fascination pour la violence. »
- 5:12PrésentateurFait
« Vous avez M. Mélenchon, qui déclare l'autre jour qu'il faut s'interposer entre les forces de l'ordre pour protéger les lycéens. »
- 5:35PrésentateurFait
« La jeune garde est, de près ou de loin, impliquée dans le meurtre à Lyon du jeune De Ranck. »
- 6:28PrésentateurFait
« Il faut un certain nombre de conditions. Ces conditions sont-elles réunies ? »
- 12:15Invité politiqueChiffre
« 54 milliards d'euros d'économies, 5,5 milliards d'efforts demandés aux retraités. »
- 13:14PrésentateurFait
« On n'a jamais emprunté aussi cher depuis 2000. »
- 13:23PrésentateurChiffre
« C'est 3600% de plus qu'il y a 5 ans. »
- 15:06PrésentateurChiffre
« Il est responsable d'avoir ruiné la France 1 400 milliards d'euros, c'est quand même inédit sous la Ve République. »
Temps de parole
- Présentateur63 %
- Bruno Retailleau32 %
- ?5 %
≈ 27,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Bruno Retailleau,
merci
de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes candidat à
l
'élection présidentielle, vous êtes président les Républicains. On va revenir évidemment dans un instant sur les blocages de nombreux lycées à nouveau ce matin pour un acte de les étudiants d'ailleurs qui sont invités à suivre le mouvement. Le budget qui est annoncé aujourd'hui avec des coupes énormes, est
-ce
suffisant à vos yeux ? Mais je voudrais d'abord vous interroger sur le procès Robert Ménard. Vous y étiez hier, vous êtes rentré tard hier soir de Montpellier, vous y étiez et vous avez plaidé en faveur de Robert Ménard. Vous avez dit peut-on sanctionner un maire sur la base d'un texte qui va être amené à évoluer ? C'était évidemment sur la question de l'obligation de marier versus l'obligation de quitter le territoire. Le parquet de Montpellier a requis une amende de 7500 euros. C'est en réalité très peu par rapport à ce qui l'encourt, 75 000 euros d'amende et une peine d'illégibilité.
Oui,
surtout l'illégibilité, c'était là le risque.
Est-ce
que ça veut dire que, alors les juges ne seront pas obligés de suivre le requisitoire du parquet, mais est-ce que ça veut dire que finalement Robert Ménard a convaincu
?
Écoutez, en tout cas, il n'a pas le marqué, le procureur n'a pas demandé son inégibilité. Et ça, c'est fondamental. Parce qu'on marche sur la tête. On a un système qui est plus dur avec le maire, un maire qui se dévoue au quotidien, qu'avec un clandestin. Et le fait de célébrer le mariage, c'est ce que j'ai expliqué hier devant le tribunal, aurait eu pour conséquence de neutraliser l'obligation de quitter le territoire que l'État avait lui-même pris. Donc on marche sur la tête et les Français du reste ne le comprennent pas.
Pour
vous, les Français ne le comprennent pas, mais le président du tribunal vous a répondu à vous, ici, c'est le droit qui prime. Et le droit, au moment où Robert Ménard était censé célébrer ce mariage, le lui imposait normalement.
Oui, mais le droit, ça n'est certainement pas de faire échec aux décisions du droit de l'État. Voilà, de l'État de droit. Il y avait un individu clandestin, il y avait une obligation de quitter le territoire français, et le fait de célébrer le mariage revenait à ruiner la décision de l'État. Il y avait ce conflit, et c'est ce que j'expliquais, c'est que Robert Ménard s'est trouvé pris dans une injonction contradictoire, dans un conflit de normes juridiques. Voilà, alors le droit, effectivement, à l'État en État actuel des choses, est ce que vous dites qu'il est, mais il va évoluer, et de toute façon...
Il
va évoluer, vous en êtes sûr
? Il
trouvera une majorité pour évoluer ?
Il faut plus qu'une majorité. Il faut une révision de la Constitution. C'est la raison pour laquelle, dans ma révision constitutionnelle, dans le référendum que je soumettrai au peuple français, j'ai inscrit textuellement, noir sur blanc, que pour se marier, il faut être en situation régulière. Attendez, mais c'est le bon sens.
Il
faut remettre la France à l'endroit. Et pour remettre la France à l'endroit, il faut simplement un peu de bon sens. C'est ce que pensent les trois quarts des Françaises et des Françaises.
Bruno Retailleau, des lycées bloqués à nouveau ce matin, et ça fait plus d'une semaine désormais que ça dure, avec de nombreux débordements. Hier, ce sont 119 personnes qui ont été blessées, 34 dans le personnel enseignant. Il y a eu 625 personnes interpellées, 83 policiers blessés. Est-ce que vous appelez au calme
?
Évidemment, j'appelle au calme. D'abord, total soutien aux forces de l'ordre, policiers, gendarmes, mais aussi aux personnels de l'éducation nationale. C'est inédit. Le ministre l'a dit lui-même. Hier, plus d'une trentaine de personnes ont été blessées. Il y
a
une fabrique de la violence. Ce que je veux dire, c'est deux choses. D'abord, je pense qu'il faut qu'on en revienne à la loi anti-casseurs. Lorsque des individus
sont
pris dans un attroupement qui a fait des violences, des dégradations, ils doivent être tenus solidairement comme responsables. Pas question que ce soit le contribuable qui paye. Et je rends hommage à Valérie Pécresse, qui a eu le culot d'envoyer la facture de 100 000 euros à monsieur...
Elle a dit, je vais envoyer la facture, notamment du remplacement du portail du lycée Paul
-Éluard, 100 000 euros
au maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko, ainsi que les frais de gardiennage et de nettoyage.
Voilà, donc ce sont les casseurs qui doivent payer. Il faut, là aussi, faire une modification juridique.
Enfin, Bali Bagayoko n'est pas le casseur.
Non, mais d'un point de vue général, je vous dis, la loi anti-casseurs concerne ces attroupements, parce qu'il est très difficile, ensuite, de voir individuellement qui a commis, justement, le délit. Première chose.
On reprécise d'ailleurs que cette loi, elle existait. Elle avait été... Par
la gauche. ...
abolie sous force
amnitéran. L'idée, c'est effectivement
que vous pouvez participer à un attroupement si vous n'avez pas vous-même physiquement cassé le portail, par exemple. Vous allez quand même participer à le rembourser.
Exactement, si vous êtes solidaire d'un attroupement. Voilà. Deuxième chose. Elle est fille.
On
a clairement désormais un parti sédicieux. Sédicieux. On a un parti absolument sédicieux, qui a une fascination pour la violence. Résumons-nous. Le maire de Saint-Denis, toujours lui, déclare que la violence... Il est maire, officier de police judiciaire, pourtant. On en parlait il y a quelques instants. Il déclare que la violence est légitime. Peut-être légitime. Vous avez... Oui, peut-être, oui. Ça, si vous voulez, ça ne trompe que les nigauds. Voilà. Deuxième chose, vous avez M. Mélenchon, qui déclare l'autre jour qu'il faut s'interposer entre les forces de l'ordre pour protéger les lycéens, bien sûr. Je me souviens que M.
Mélenchon, lorsque j'avais dissous la jeune garde, c'était solidarisé. Il a vu ces mots. Je leur donne raison. Bravo. Continuez. La jeune garde est, de près ou de loin, impliquée dans le meurtre à Lyon du jeune De Ranck. Il s'est aussi solidarisé. Quentin De Ranck. Il s'est aussi solidarisé. On a un parti qui est fasciné par la violence. On a un parti qui appelle à la sédition. Et même, on a un parti qui essaie d'organiser l'insurrection. Ce qui se passe là. Écoutez-moi bien.
Ce
qui se passe aujourd'hui devant les lycées,
c
'est la répétition générale de ce qui pourrait se passer en 2027 si Mme Le Pen gagnait. Ils organiseraient une insurrection dans le pays. Je pense aujourd'hui qu'il
y a
une question qui se pose.
Laquelle
? C
'est la question de l'interdiction
de
LFI. Je sais que c'est un très difficile endroit. Mais je la pose, je la lance dans le débat public, parce qu'on ne peut plus faire comme si rien n'était.
Ça n'est plus possible. La
rédiction du parti LFI au motif d'un appel à la violence ?
Il y a un cadre juridique qui existe dans le code de la sécurité intérieure. Je le connais bien comme ministre de l'Intérieur. Il faut un certain nombre de conditions. Ces conditions sont-elles réunies ? En tout cas, la violence, se solidariser avec la jeune garde, appeler à l'insurrection, remettre en cause nos institutions, mettre une cible dans le dos de nos gendarmes, de nos policiers, ça dessine un parti qui, alors c'est clair, n'est plus du tout républicain. J'appelle la gauche d'ailleurs, dans ce qui est là de plus républicaine. D'ailleurs, des gens comme M. Glucksmann sont des gens courageux. Mais je les appelle vraiment à se désolidariser de la façon la plus nette. –
Est-ce que ça veut dire que vous, au pouvoir, vous interdireriez ou vous lanceriez une procédure pour interdire LFI ?
– En
tout cas, je ferai étudier par mes services ce cas-là. Parce qu'on ne peut plus, on ne peut pas s'habituer. Vous-même, BFM, vous en avez été d'ailleurs les victimes, récemment, il
y
a quelques jours.
–
Il
faut
préciser, effectivement, et nous l'avons tous ensemble condamné, et je remercie d'ailleurs la solidarité d'un certain nombre de journalistes, d'autres médias. Nos équipes ont été violemment éjectées, notamment devant le lycée Paul-Éluard. Et il est vrai qu'il l'a retirée depuis, mais le maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko, a retweeté ces vidéos dans lesquelles on entendait des injures et des insultes
à l
'endroit de nos journalistes sur le terrain qui donnaient la parole
aux étudiants. – C'est le docteur
de la milice d'extrême-gauche, proche de LFI, proche de LFI, c'est M. Mélenchon d'ailleurs qui l'a avoué, qu'ils étaient proches, qu'ils étaient dans la continuité de LFI. La jeune garde, ça n'est autre que Raphaël Arnaud, qui ici, là, aujourd'hui, siège tranquillement sur les
bancs
de l'Assemblée nationale.
– Le
député qui siège sur les bancs de l'Assemblée nationale. Le préfet de la région Île-de-France a décidé de poursuivre, d'ailleurs… –
Le préfet de police. –
Le préfet de police, tout à fait, de poursuivre Bali Bagayoko en vertu de l'article 40. Et le ministre de l'Intérieur, votre successeur Laurent Nunez, a dit « Chaque fois que des élus tiendront des propos qui sont des incitations à la violence, il y aura des poursuites pénales.
»
–
Oui, c
'est
l'article 40. Ils l'ont fait sur un objet très précis, c'est provocation au délit. – Donc tout ça dessine un arrière-plan extrêmement préoccupant. Que si ça n'était pas un parti d'extrême-gauche, je pense qu'on ne passerait à aucun autre parti
fut
-il de droite, ce genre d'exaction. Donc je pense que cette question, en tout cas je la pose, j'en connais les difficultés, j'en connais les difficultés. Mais je pense qu'aujourd'hui, on ne peut plus banaliser. On est en train de banaliser un parti qui est anti-républicain, y compris anti-démocratique.
–
Vous demandez
donc effectivement à ce que l'on suspende l'existence de LFI ou qu'on engage des procédures. Bruno Retailleau, sur la question de la sauvagerie policière. Jean-Luc Mélenchon parle de sauvagerie policière. On a vu effectivement des échanges très violents. La police des polices a d'ailleurs ouvert une enquête, notamment lorsque un jeune frappé de très près par un policier a perdu ses dents et a dû être hospitalisé. Cette sauvagerie policière, est-ce que vous reconnaissez qu'elle existe
? – Qu'il
y
ait des dérives, des dérapages, il ne
peut
toujours y en avoir. Parce que le niveau de la violence a tellement augmenté qu'il y
a
une forme de peur parfois qui peut amener à des dérapages. Il faut les sanctionner. Mais en réalité, la technique de LFI, c'est l'amalgame, c'est la généralisation. C'est de passer d'un cas individuel en disant les policiers, voilà, ce sont tous des fascistes, ce sont tous des violents. Mais ils veulent délégitimer d'ailleurs nos institutions, l'institution des forces de l'ordre. Je rappelle qu'en démocratie, l'État a le monopole de la force de la violence légitime. Ils veulent aussi, là encore, délégitimer les urnes, puisqu'ils nous ont déjà prévenus, ils n'accepteraient pas le verdict démocratique
des urnes
si jamais,
demain, Mme Le Pen était élue. – L'expression
exacte utilisée, c
'est que s'il appelle
à la désobéissance civile si Marine Le Pen était élue.
–
Mais c'est quoi la désobéissance civile
?
C'est quoi la désobéissance
civile ? – Alors si c'est la
désobéissance civile au sens de l'un de Gandhi, c'est une désobéissance tout à fait pacifique.
– Oui,
mais voyez, Gandhi, la grande différence avec Jean-Luc Mélenchon, ça n'est pas la chevelure, voyez, ça n'est pas la toge, l'habillement, c'est le fait que M. Mélenchon a conçu une matrice idéologique qui est fascinée par la violence, voilà.
– Bruno Retailleau, lorsque vous entendez les propos qui sont attribués à Jordan Bardella par le journal Mediapart, comment vous réagissez
? –
Écoutez, d'abord, je hurle jamais avec la meute. Si ces propos étaient exacts, ils sont accablants, affligeants, mais attendons pour en savoir plus.
–
Le fait qu'Emmanuel Macron lui-même, hier, ait condamné ses propos,
vous essayez de faire trop tôt ? – Je ne ferai
pas de commentaires sur les commentaires, j'attends d'en savoir plus, tout simplement.
– Lorsque l'on retrouve des propos échangés à l'époque sur des boucles WhatsApp, pas forcément encore la preuve qu'ils sont attribués à Jordan Bardella, mais une fascination pour quelqu'un comme Soral, pour quelqu'un comme Dieudonné, en êtes-vous surpris ?
– En
tout cas, croyez-moi, je n'ai jamais été moins fasciné par ces individus-là, voilà, qui ont été sanctionnés à juste titre. Vous voyez, la sanction de la violence, pour moi, elle doit être à l'extrême droite comme à l'extrême gauche. Je ne fais pas deux poids,
deux
mesures. Simplement, ce que je veux dire, c'est que ces propos sont tellement
accablants,
sont tellement lamentables, qu'il faut attendre ce que la justice va nous dire.
et
alors on prendra position. Évidemment que
la
position sera très dure si ces propos devaient être justifiés.
– Bruno Retailleau, c'est aujourd'hui que le gouvernement va dévoiler le détail de son budget. 54 milliards d'euros d'économies, 5,5 milliards d'efforts demandés aux retraités. Voilà les grandes lignes. Est-ce que ça vous paraît suffisant ?
– Un, ce n
'est
pas 54 milliards d'économies. Vous le savez très bien. On a documenté pour l'instant à peine la moitié. Donc on va voir. Simplement, ce que je veux dire, pour les retraités, un mot, c'est absolument injuste
que
tout le monde soit appelé à faire des efforts. Très bien. Mais on ne peut appeler les retraités à faire des efforts
qu
'à la condition de remettre sur la table la suspension de la suspension de la réforme des retraites.
– La
suspension de la suspension, en effet,
on en est là.
–
C'est-à-dire
qu'on en est là, bien sûr. C'est-à-dire qu'il faut, à ce moment-là, que pour justifier un tel effort, ça sera plus de 5 milliards, alors il faut que le gouvernement arrête et remette sur la table la réforme qui
a été votée. – Mais est-ce qu'il ne faut
pas quand même qu'à un moment, les retraités actuels fassent des
efforts ?
–
On n'en est même pas là. On est aujourd'hui, ce matin, j'ai regardé les taux, les emprunts, le taux d'intérêt.
– On
n'a jamais emprunté aussi cher
depuis 2000
minutes. – On
est à 4
,85%. – À 10 ans. – C'est 3600% de plus qu'il y a 5 ans.
Le
mécanisme
qui
est enclenché, le mécanisme qui va aboutir possiblement à la crise est déjà là. Moi, ce que je propose,
un,
pour le budget, c'est l'article 47.
Le
budget, c'est-à-dire des ordonnances. Le budget doit être le moins mauvais possible. Article 47. Sinon, aucune autre voie n'est possible. Deuxième chose,
je demande… – Donc on ne tente
même pas de le faire voter ?
On l'applique par ordonnance ? – On travaille, bien sûr, au Parlement, mais la Constitution dit que si Slasenbourg, au-delà de 70 jours, le gouvernement peut prendre des ordonnances. Je lui demande de prendre ces ordonnances. Même s'il
y
a une censure, au moins, on aura un budget et le gouvernement pourra toujours expédier les affaires courantes jusqu'à l'élection. Première chose. Mais je pense que ça ne suffira pas. Si on veut éviter,
avant
l'élection présidentielle,
une
crise financière qui sera absolument terrible et encore une fois, on y va tout droit.
Je
demande au président de la République d'organiser, avant la fin de l'année,
un
référendum.
Il
y
a
des années qui cherchent à organiser un référendum.
– Non, maintenant, un référendum ?
– Sur la règle d'or, puisqu'on a voté, il y a plusieurs années, au Sénat et à l'Assemblée nationale. On a voté une règle d'or. Donc, avec un vote qui est un vote exactement identique. Par conséquent, il suffit simplement que le président de la République dise « Je vais convoquer les électeurs pour un référendum pour que la Constitution soit
réformée ». – Mais vous
pensez vraiment qu'au moment où l'on se parle,
c
'est-à-dire dans cette fin de règne où Emmanuel Macron est au plus bas dans les opinions des Français, les Français répondraient à cette question ?
–
Il est au plus bas dans les
opinions
et notre dette est au plus haut de notre histoire. Il est responsable d'avoir ruiné la France 1 400 milliards d'euros, c'est quand même inédit sous la Ve République. Simplement, ce que je dis, c'est que si on veut calmer les marchés, le seul bouclier, alors qu
'il
n
'y a
pas la majorité à l'Assemblée nationale, le seul bouclier, c'est le référendum, une règle d'or dans la
Constitution. – Et vous
croyez au peuple, vous croyez à la légitimité, dans ce cas-là, du peuple français ? Je vous repose la question parce que lorsque vous disiez en ce début d'entretien qu'il fallait penser à aller jusqu'à interdire LFI parce qu'anti-républicain, dites-vous, est incitant
à la violence, vous vous posez cette
question. Est-ce qu'au fond, vous dites d'un côté, je crois au peuple français et c'est à lui de répondre à cette question du référendum, mais de l'autre côté, est-ce que ce n'est pas une manière de censurer le peuple français que d'empêcher le parti même pour lequel une partie des Français, au moment où l'on se parle,
se
retrouve à 16% dans les sondages ?
–
Oui,
mais je n'ignore pas cette difficulté. Simplement, on a des règles, tous les partis, dans une démocratie, dans une république, on doit se plier aux règles. Et ça n'est pas possible, la violence. Notamment quand on instrumentalise des mineurs. Vous vous rendez compte de cette gravité ? Aucun père, mère de famille ne peut le tolérer. Simplement, ce que je demande, moi, au président de
la
République, c'est de porter devant le peuple français la règle d'or. C'est fondamental et croyez-moi, ce sera important pour aujourd'hui, pour éviter la crise, mais aussi pour demain, pour rétablir enfin, précisément, l'état de nos finances publiques.
– Bruno Rataillot, vous dites, voilà, il faut cette règle d'or. Si elle n'était pas adoptée maintenant, j'imagine que vous l'appliqueriez vous, ou même vous feriez ce référendum également si vous étiez élu. Pourquoi pas la tronçonneuse ? Alors, je dis ça de manière provoquante, mais Ravier Mileï est en France aujourd'hui. Ce n'était pas des petits bouts par-ci, par-là. Il a refait toutes les finances de l'Argentine. Il y a été à la tronçonneuse, littéralement. Est-ce que vous vous posez parfois la question d'une vraie remise en cause de renverser la table
? –
Ah non, mais renverser la table, c'est le sens, justement, de ma candidature. Je veux une rupture. Le système est en train de mourir sous nos yeux, mais il nous entraîne. Vous vous rendez compte que c'est la troisième fois seulement depuis 1960. Les Français, en deux ans, ont perdu 1200 euros de pouvoir d'achat. Ça, c'est concret, vous voyez. Il y a trois Français sur
dix. – 1200 euros
de perte de pouvoir d'achat par foyer, en moyenne.
– Exactement. Trois Français sur dix sont dans le rouge pour leur compte bancaire, le 17 du mois, simplement. Donc, moi, je veux renverser la table. Et bien entendu,
la tronçonneuse…
– Vous couperiez quoi avec la tronçonneuse
?
– Attendez, la tronçonneuse, c'est d'abord les normes. Je pense qu'il y
a
un impôt caché qui est énorme et qui est encore supérieur, d'ailleurs, je le pense, aux impôts au sens habituel du terme. Je pense qu'il faudra retirer de la Constitution, par exemple, le principe de précaution, qui est devenu un principe de blocage, d'interdiction. Je pense qu'il faudra interdire par une loi organique toute transposition, surtransposition des règles européennes parce que l'Europe réglemente beaucoup et nous, on en rajoute une couche. Je pense qu'il faudra aussi, par ordonnance, supprimer des normes, notamment les seuils pour les relevés pour les entreprises.
Là, oui, j'aurai la tronçonneuse en main et par ailleurs, j'aurai su tirer 40 milliards d'euros d'impôts et de charges sociales à
nos entreprises. – Bruno
Retailleau, entre les deux extrêmes, il y a vous, il y a Gabriel Attal, il y a Édouard Philippe, Édouard Philippe qui, hier, propose une retraite d'ailleurs à 65 ans et 45 ans d'annuité. Qu'est-ce qui fait qu'à un moment ou à un autre, il n'y
en
aura plus qu'un
?
– Ce qui fait, c'est que je porte un projet singulier. Vous avez d'un côté
Marine
Le Pen, elle veut prolonger l'assistanat.
Elle
n
'a
pas voté la réforme des retraites, elle n
'a
pas voté, par exemple, les 15 heures de contrepartie d'activité au RSA. Elle veut poursuivre le système d'assistanat. Moi, je veux, par exemple, plafonner à 70% du SMIC la totalité qu'un individu peut recevoir en aide sociale. Je ne veux pas que l'assistanat paye plus que le salaire, le travail. Et de l'autre côté, vous avez les anciens premiers ministres, Démel Macron.
Ils
sont co-responsables des 1 400 milliards de dettes. Ils ne parviendront pas, ils ne parviendront
pas à s'en détacher. – Pour l'instant, ils n'ont pas envie de décrocher. –
Bien sûr, mais le peuple français…
– Comment allez-vous les convaincre ? –
Ce n'est pas moi qui les convaincerez. Le peuple français
ne
voudra pas leur donner sa confiance. Je pense qu'à un moment ou à un autre, ils décrocheront. Parce que le peuple français ne veut pas d'une saison 3 du
Macronisme. – Mais sur
quels critères ? Pardonnez-moi de vous le dire, mais je veux dire, si on regarde les sondages, vous êtes le dernier des trois. Si on regarde les parties, vous, vous avez l'onction de votre partie. Mais chacun dit, je suis légitime à aller jusqu'au bout. –
Mais la légitimité, bien sûr que chacun pense qu'il est légitime. Simplement, j'essaie de raisonner objectivement. Pensez-vous un seul moment
que
le bilan désastreux, on vient d'en parler, d'Emmanuel Macron, absolument désastreux, l'appauvrissement des Français, le déclassement d'un grand pays, d'une grande nation comme la France, c'est lui. Eh bien, ce bilan-là, ils y ont pris part. Les Français le savent. Les Français sont un grand peuple politique. Et au moment où ils commenceront à s'intéresser à
la campagne, ce qui n'est pas le
cas… –
Mais justement,
c'est un grand peuple politique. Et je vous repose quand même la question, parce que vous dites interdiction de LFI, vous posez cette question, vous dites juridiquement, il y a une voie. Vous faites quoi des élus ?
–
Ah ben les élus peuvent se présenter, ils peuvent se présenter, mais ils renoncent à cette violence. Ils renoncent à la stratégie séditieuse, factieuse, une stratégie clairement d'insurrection. Je ne parle même pas d'antisémitisme. Souvenez-vous, ils avaient attaqué M. Raphaël Antoven qui les avait traités de passionnément antisémites, et le tribunal les a déboutés.
–
Le tribunal les a
déboutés,
en effet. Votre annonce
ce matin, en effet, posait la
question
de l'interdiction
de LFI. –
En
tout cas, j'en ai marre de la
routine, de
cette habitude. Ils sont en train de créer dans l'esprit du petit monde politico-médiatique une sorte d'ambiance, vous voyez. Il y a une forme de brumisation de la violence, bien sûr dans les lycées, bien sûr, mais aussi dans toute la société, et c'est inacceptable. Donc je veux une réaction forte. Je ne veux plus qu'on s'habitue justement à cette matrice idéologique qui nous conduit tout droit dans le mur de la violence. –
Sous
-titrage
Société Radio-Canada –
Bruno Retailleau