Yannick Jadot : "Je prends ma part de responsabilité dans cet échec"
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France Inter, 8h22.
France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9.
Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin celui qui fut le candidat écologiste à l'élection présidentielle, éliminé au premier tour avec 4,63% des voix. Vos questions, amis auditeurs, 01-45-24-7000, ou alors l'application de France Inter. Yannick Jadot, bonjour. Bonjour. C'est votre première interview depuis le premier tour de l'élection. Avant de revenir longuement sur votre score, sur le bilan personnel que vous faites de cette campagne, venons-en d'abord aux résultats de la présidentielle en elle-même. Saluez-vous ce matin la nette réélection d'Emmanuel Macron avec 58% des voix.
Il a été réélu, il est légitime. Vous savez combien nous nous sommes battus pour que Marine Le Pen soit battue. Et donc il est maintenant le président de la République pour les 5 ans qui viennent. Jamais dans une élection, je crois, on a eu l'extrême droite aussi haute, l'abstention, les votes nuls, les votes blancs aussi hauts. Donc notre pays reste au bord du gouffre, il s'en est peut-être un peu plus approché. Il est profondément abîmé, profondément divisé. Et aucun des grands problèmes auxquels nous sommes confrontés n'est réglé.
65% de vos électeurs ont voté pour Emmanuel Macron second tour. Est-ce à dire que le Front républicain existe toujours en France face à l'extrême droite ? Hier à ce micro, Richard Ferrand a analysé par ailleurs les 42% de Marine Le Pen en disant qu'il n'y avait pas 42% de Français d'extrême droite. Vous êtes d'accord avec lui ?
Heureusement, heureusement qu'il n'y a pas 42% de Français d'extrême droite. Moi j'ai toujours distingué les dirigeants du Rassemblement National, la candidate, le logiciel, qui est un logiciel d'extrême droite, des Françaises et des Français qui, pour beaucoup, sont désespérés. Désespérés par les promesses non tenues, désespérés par cette démocratie qui s'affaisse, dont ils ne pensent plus être des actrices et des acteurs, désespérés par le fait que ce soit sur le climat, les inégalités sociales, l'aménagement du territoire. Trop d'années de gouvernements technocratiques et libéraux ont abandonné beaucoup de Françaises et de Français, ont abandonné trop de territoires.
Emmanuel Macron a déclaré que son deuxième quinquennat ne serait pas dans la continuité du premier, qu'il proposerait un nouveau projet, une nouvelle méthode. Qu'attendez-vous de lui, Yannick Jadot ? Quel pourrait être le geste fort qui lui permettrait de rassembler ?
Je crois qu'aujourd'hui on est dans une telle crise de la démocratie que le premier geste que j'attendrai du président de la République, c'est de mettre le chantier de la réforme de nos institutions et de notre démocratie en œuvre. Moi j'ai proposé dans la campagne par exemple que le président de la République mette en place une convention citoyenne pour le renouveau démocratique, qu'on installe 150 citoyennes, citoyens, qui pensent la réforme de nos institutions, qui pensent l'exemplarité des élus, qui pensent la place des lobbies, évidemment, des cabinets de consultants, qui pensent la proportionnelle et la démocratie à l'échelle locale.
Je crois qu'il y a une telle défiance aujourd'hui vis-à-vis de la politique qu'il nous faut réformer les institutions, il nous faut réformer, pas simplement la façon dont Emmanuel Macron gouverne, parce que ça c'est laisser au président de la République, au fond, le choix de la démocratie ou de la concentration des pouvoirs, mais comment nos institutions fonctionnent pour que les Françaises et les Français se sentent représentés par leurs élus et qu'ils se sentent actrices et acteurs de la démocratie au quotidien.
Emmanuel Macron a par ailleurs déclaré que ce deuxième quinquennat serait écologique ou ne serait pas, et il s'est engagé à nommer un Premier ministre directement chargé de la planification écologique. Est-ce que ça va dans le bon sens à vos yeux ? Et quel profil devrait avoir ce Premier ministre ?
Écoutez, ça c'est la prérogative du Président de la République. Écoutez, ce n'est pas la première fois que le Président de la République dit que l'écologie, la lutte contre le dérèglement climatique ou contre l'effondrement de la biodiversité sont des enjeux absolument vitaux, et ils le sont, ô combien ! C'est dans la pratique qu'on verra. Vous savez, les Premiers Ministres agissent comme les ministres, ils agissent sous injonction du Président de la République. Donc ce sera le projet, vous savez, les écologistes ont toujours été responsables.
Si ce Président de la République décide enfin d'agir pour le climat, évidemment, nous soutiendrons les réformes, nous soutiendrons les mesures, nous soutiendrons les nouvelles politiques. Quand le GIEC dit, on a trois ans pour inverser la tendance, ça veut dire que ce quinquennat ne peut pas être un nouveau quinquennat inutile, un nouveau quinquennat de l'inaction.
Ça voudrait dire aussi, Yannick Jadot, que s'il vous tendait la main, vous iriez ?
Mais non, parce que ce n'est pas comme ça que ça se passe. Vous avez vu, dans tous ces quinquennats qui se sont succédés, avec ce système démocratique, les débauchages, ça ne sert à rien. Ça n'a jamais fait une politique. Ce que je crois, Madame Salamé...
Vous pourriez vous dire, ce que vous dites sur les trois ans du GIEC, il y a une urgence absolue, vous pourriez dire, maintenant il faudrait tous travailler ensemble.
Ce que je crois, ce à quoi je crois en politique, sont les rapports de force. Il nous faut un groupe écologiste puissant à l'Assemblée nationale. Si nous voulons que la voie écologique soit portée, ce que dit la réalité du terrain, c'est qu'il n'y a pas d'écologie sans écologiste. C'est clair au niveau des villes, c'est clair au niveau des villages, c'est clair au niveau de l'Europe, c'est clair au niveau des régions, ça doit être clair au niveau de l'Assemblée nationale. S'il n'y a pas d'écologiste à l'Assemblée nationale, il n'y aura malheureusement pas d'écologie dans ce quinquennat.
Alors avant d'en venir aux législatives, le bilan tout de même de la campagne présidentielle, d'abord, comment ça va tout simplement, Yannick Jadot, après cette défaite, ça a été un coup de bâton sur la tête, j'imagine ?
Oui, on ne va pas se le cacher, c'est une sale gueule de bois. Voilà, j'ai fait ce que j'avais à faire pendant les 15 jours qui ont succédé le premier tour, c'est-à-dire de me mobiliser pour que Marine Le Pen perde. Mais je ne vais pas vous cacher que c'est une déception, évidemment. Vous n'êtes pas dit que j'arrête ? Non, parce que vous savez, ça fait 30 ans que je mène ce combat et quand on est écologiste, on a l'habitude de prendre des coups sur la tête, on a l'habitude d'être confronté à l'adversité. Après, vous avez invité suffisamment d'experts, de politologues, de commentateurs, d'observateurs avertis de la vie politique.
On sait ce qu'a été cette campagne, mais je prends ma part de responsabilité dans cet échec. Quelle est ma part de responsabilité ? Ce à quoi je crois depuis 30 ans, c'est que les défis écologiques que nous avons devant nous sont tellement immenses, imposent de telles transformations que j'ai engagé cette campagne en disant il faut apaiser la société pour mener cette grande transformation. Il faut l'apaiser et on a vu que dans cette campagne, au fond, les colères ont gagné dans la campagne. La brutalité du débat, quand il y a eu débat, elle a été très forte. La radicalité des postures, des objectifs affigés...
Donc vous avez eu tort de dire il faut apaiser la société ?
Non, ce que je constate, c'est que ça n'a pas été le bon pari électoral. Pour faire des voix, probablement, il fallait plus, j'allais dire, amplifier les colères, les instrumentaliser, trouver des moucs émissaires, que de dire attention, les transformations sont telles que un, je veux lever les doutes sur la capacité de l'écologie à gouverner, donc je veux crédibiliser le chemin. Je pense qu'on n'a jamais eu une telle campagne où la question de la crédibilité a été aussi mise de côté. J'ai dit, si on veut gagner la bataille du climat, il faut rassembler les Français, donc il faut les apaiser. Il ne faut pas que ce soit une angoisse supplémentaire, il faut que ce soit une persécédie.
Et vous auriez dû dire quoi ? Il faut renverser la table ? Il faut renverser la table, et que franchement, montrer du doigt les coupables, dire à quel point le diagnostic, le diagnostic nous impose à ce point des transformations radicales. Et peut-être je me suis trop engagé sur... Il y a un chemin. On va se rassembler. Et puis un dernier point. Vous avez été quoi ? Il y a un dernier point, si vous permettez.
Trop sage ?
Un peu ennuyeux ?
On me dit parfois, j'ai été trop sérieux. Mais quand on voit le rapport du GIEC, quand on voit la catastrophe climatique qui nous pend au nez, quand on voit les inégalités, quand on voit la guerre en Ukraine, comment on peut reprocher à un responsable politique d'être trop sérieux ? De vouloir apporter des solutions ? Et puis un dernier point. Moi, je considère qu'effectivement, pour transformer la société, il faut les forces vives du pays. Bien sûr, j'ai fixé un cap dans mon projet. Il y avait beaucoup de mesures fortes de l'État. Mais ça a été une campagne des dirigismes d'État.
Ça a été une campagne qui a fait totalement l'impasse sur les syndicats, sur les Français, sur les acteurs, sur les collectivités locales. Et moi, je crois que le dirigisme d'État peut à la fois être une partie de la réponse à l'impuissance des politiques publiques. Mais c'est aussi une impasse si ça n'est que du dirigisme d'État. Et oui, je crois aux forces vives du pays. Et c'est peut-être une faute.
Je ne sais pas si vous avez lu la tribune de Bernard Guetta qui appelle Emmanuel Macron à nommer Laurent Berger comme Premier ministre.
Ce serait incontestablement un beau Premier ministre. Mais la question, c'est toujours, encore une fois, Laurent Berger qui met en place une réforme de la retraite sur 65 ans, qui valide la réforme de l'assurance chômage, qui, bon, vous voyez, ce n'est pas son projet. Donc Laurent Berger est quelqu'un de qualité, mais il faudrait un autre projet présidentiel.
Encore une dernière.
Mais vous savez, le Premier ministre, il dépend de l'Assemblée nationale. Rappelons qu'il va être nommé par le Président de la République, mais il dépend de la majorité de l'Assemblée nationale. Donc ça peut rester une bonne idée, Laurent Berger. Mais avec une autre majorité à son âge.
Dans le bilan de la présidentielle, comment expliquez-vous, 15 jours après le premier tour, la percée de Jean-Luc Mélenchon, ses 22% de voix, qu'est-ce qu'il a réussi à transmettre, à créer, à susciter, pour aspirer les voix de gauche, y compris chez des gens qui ne se reconnaissaient pas nécessairement dans toutes ces positions ?
Une envie de gagner. Je pense qu'il a capté, à un moment donné, le ras-le-bol des électrices et des électeurs écologistes de gauche qu'on a marre de perdre.
Vous n'aviez pas la même envie de gagner, vous ?
Si, bien sûr. Mais incontestablement, il l'a capté. Je veux dire, dans cette campagne, qui est souvent une campagne tronquée, il a fait des démonstrations de force à travers ses meetings. Incontestablement, vous savez, ça fait 12 ans que Jean-Luc Mélenchon est en campagne présidentielle. Donc, ils ont des outils, y compris pour s'adresser à la jeunesse, qui, parfois, n'écoutent pas France Inter, mais va sur certains réseaux sociaux, et ils sont puissants sur ces réseaux-là. Donc, ils ont... Et puis, il y a eu, à un moment donné, un vote utile.
Et c'est vrai que quand vous faites campagne, à la fin, vous avez l'impression que vous avez du sable entre les mains, et vos électrices et vos électeurs qui s'échappent sur une perspective qui n'est pas forcément la vôtre. Et puis, l'envie d'union. Vous savez, j'en prends plein la figure sur les réseaux sociaux, comme d'autres responsables politiques, pour avoir empêché un second tour qui était perdant, mais un second tour sans Marine Le Pen. Mais qui, il y a un an, se battait pour qu'il y ait l'union ? Je suis le seul. Je suis le seul à avoir voulu mettre autour de la table Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo, et tous les autres. Et ils n'ont pas voulu, cette union.
Donc, si vous voulez, il y a un chemin où on doit travailler à rassembler. Mais je crois, je crois toujours à la force de l'écologie politique. Cette écologie politique qui doit apaiser la société parce que les transformations sont profondes, de la radicalité des transformations, et non pas de la radicalité des postures.
Allez, on y vient. Les législatives, les négociations ont commencé entre votre parti, Europe Écologie Les Verts et la France Insoumise. Dans cette perspective électorale, nous voulons nous donner les moyens d'une coalition pour une majorité alternative. Voilà les mots du patron d'Europe Écologie Les Verts, Julien Bayou. Est-ce que vous approuvez, est-ce que vous soutenez la démarche, est-ce que vous êtes favorable à un accord avec la France Insoumise ?
Je suis favorable à une coalition, bien sûr, dans cette campagne législative. Je l'ai dit, on a une telle responsabilité sur le climat, sur le vivant, sur les inégalités sociales, pour remettre de la vie dans nos institutions et de la vie démocratique dans notre pays, qu'il nous faut avoir un bloc social, écolo, républicain, puissant à l'Assemblée nationale. Donc l'alliance
que vous n'avez pas été capable de faire, vous allez réussir pour les législatives, pour les présidentielles. Peut-être, peut-être.
Moi, je souhaite, je soutiens cette perspective de coalition qui doit être une coalition très ouverte. Moi, je suis pour qu'évidemment, il y ait la France insoumise. Le résultat du 10 avril les oblige de ce point de vue-là qu'il y ait aussi toutes les forces politiques de gauche qui peuvent se réunir autour d'un projet qui dit le climat, qui dit le social, qui dit l'augmentation des salaires, qui dit la réforme des institutions. Et donc, il faut que cette perspective soit large pour qu'on envoie le plus de députés possibles à l'Assemblée nationale, peut-être dans une perspective de coalition.
Vous entendez la France insoumise. Ils disent, on est ouvert, on tend la main, mais derrière nous, derrière Jean-Luc Mélenchon.
Ça ne marchera pas. Ça ne marchera pas. Je vais vous dire.
C'est lui le chef, là, non ?
Non. Ce n'est pas lui le chef de la Cour avec lui. Moi, je suis assez surpris par le détournement permanent des institutions. Alors, j'entends l'expression communément utilisée du troisième tour. Vous vous rendez compte que dans notre pays, les élections législatives qui envoient les élus du peuple à l'Assemblée deviennent simplement un troisième tour d'une élection présidentielle. Comme on entend souvent les élections locales ou les élections européennes être des élections intermédiaires. Il faut qu'on sorte. On ne peut pas se battre pour la sixième république et considérer que les élections législatives, c'est simplement un troisième tour d'élections présidentielles.
Donc, moi, ce que je dis, c'est que si on veut gagner ces élections législatives, si au moins on veut avoir beaucoup, beaucoup de députés, il faut respecter les identités de tous les membres de cette coalition. Parce qu'il va falloir ajouter les électorats les uns aux autres. Et donc, c'est dans le respect de la diversité, dans le respect des identités qu'on gagnera à l'Assemblée nationale, en tout cas, qu'on enverra un gros bloc écolo-social-républicain.
Quand le maire de Lyon, Grégory Doucet, un de vos proches, tweet hier, Mélenchon est le leader du rassemblement à gauche. Quand votre ancienne porte-parole, Marine Tondelier, déclare, « Notre destin est entre les mains de la France insoumise. » Ça veut dire quoi ? Que vous devenez un satellite, une filiale, un courant de LFI ? Que vous allez vous diluer dans la France insoumise ?
Ah, ce sera... Vous savez, si à un moment donné, cette coalition ne respecte pas la diversité et l'identité de ses partenaires, si effectivement, à un moment, l'objectif, c'est celui que vous évoquez, ce sera sans moi. Je me suis assez battu pour mettre l'écologie au cœur du paysage politique. On a des spécificités. vous parlez tous les matins d'Europe. C'est un sujet pour moi absolument essentiel.
Sur quoi vous allez vous entendre ? Puisque à la fois vous, à la fois Jean-Luc Mélenchon, quand on l'a interrogé, disait qu'il y a des points de fond sur lesquels on n'est absolument pas d'accord. Et notamment sur l'Europe, notamment sur les relations internationales. La retraite à 60 ans, vous signez, vous ?
C'est justement ce que doit être le travail d'une coalition. Vous savez, ce qui est terrible dans notre système politique, comme on n'a pas la proportionnelle, on est obligé d'esquisser ce que peut être un accord de coalition avant l'élection et non pas sur la base des résultats. C'est pour ça qu'il faut absolument la proportionnelle et j'espère qu'Emmanuel Macron cette fois tiendra sa promesse. Et donc, moi sur l'Europe, évidemment, moi je ne suis pas pour un système de l'Europe à la carte.
Quand on voit la nécessité absolue d'une politique de défense, quand on voit, et c'était dans vos journaux ce matin, l'Europe qui vient de bannir, qui va bannir tout un nombre de molécules chimiques qui imposent à l'industrie de la chimie de transformer pour protéger la santé et l'environnement. Il n'y a que l'Europe pour ça. Donc moi, je ne suis pas pour une Europe à la carte. C'est le débat.
Yannick Jadot, hier, à votre place, Manuel Bompard nous expliquait que les verts, donc vous, les écologistes, étaient prêts à se mettre d'accord sur l'idée d'une désobéissance aux règles européennes.
Ce ne sera pas mon point de vue. Ce ne sera pas mon point de vue. Moi, je ne veux pas. Vous vous rendez compte quand on a autant besoin de l'Europe face aux dictatures, quand on a autant besoin de l'Europe face aux dérèglements climatiques, à l'effondrement du vivant, pour garder un modèle social fort et le porter à l'échelle internationale. Moi, je ne suis pas prêt à mettre un pied dans une logique qui voudrait dire que chaque pays va choisir les thèmes sur lesquels il est prêt à avoir de la souveraineté partagée. Parce que si la France dit tel sujet, tel sujet, on ne fait pas. Vous imaginez bien que la Pologne demain va dire nous sur l'état de droit, le climat, on ne veut pas.
Les paradis fiscaux vont dire nous sur la fiscalité et la finance, on ne veut pas. Donc, c'est la fin de l'Union européenne. Donc, moi, je ne serai jamais sur cette position-là. Mais il y a des débats, il y a des discussions.
Vous vous sentez encore bien dans votre parti ou votre parti a déjà tourné la page Jadot ? Mais dans mon parti,
on défend l'Union européenne. On a des discussions sur le suivi des négociations. Je ne sais pas, c'est le parti qui négocie.
Votre parti serait prêt à dire OK sur le point de la désobéissance européenne ?
Mon parti ne dira pas OK sur le point de la désobéissance civile au traité de l'Union européenne tel que conçu par Jean-Luc Mélenchon. C'est comme ça. Et puis, s'il le fait, je ne serai pas d'accord avec cet accord-là.
Vous partirez s'il le fait ? S'il le fait, vous partirez ?
J'ai toujours pris mes responsabilités. J'ai une conception de l'écologie politique qui est très forte depuis longtemps. On peut la critiquer, mais on ne peut pas me prendre à défaut sur mon engagement pro-européen, sur la volonté d'avoir une écologie qui transforme notre pays.
Vincent est au standard d'Inter. Bonjour et bienvenue. Vous êtes là, Vincent ?
Non, je m'appelle Catherine.
Alors Catherine, vous avez la parole. Bienvenue.
Voilà, j'ai voté vert au premier tour et j'ai envoyé de l'argent pour M. Jadot.
Merci, madame.
Pour les verts, je suis plutôt socialiste moi et écolo et ça me désolait qu'il n'y ait pas de verts à l'élection législative. Moi, j'ai des valeurs. Je suis pour l'Europe. J'ai plein d'amis qui ont voté utile, mais pas moi parce que l'Europe, c'est important. Moi, je suis malade à cause du lévothyrox. Et il y a la guerre aussi, c'est important. Donc, il faut garder ses valeurs, des valeurs humaines. Mais, enfin, qu'est-ce qu'ils vont faire ? C'est important d'avoir une force, mais pas à n'importe quel prix.
Vous ne voulez pas la voir se diluer comme nous le disions à l'instant.
Il faut s'abaisser à appliquer les choses. Mélenchon, il était socialiste au départ, mais il a une grande gueule. Mais tout le monde, enfin, il y a des valeurs à respecter. On ne doit pas s'abaisser.
Merci Catherine pour cette intervention. On entend l'émotion. Yannick Jadot vous répond.
Merci Catherine. Merci pour votre geste. On a toujours besoin de dons parce qu'effectivement, la facture est lourde sur Jadot 2022 et soutenir l'écologie.
Vous en êtes à combien ? Vous vouliez 2 millions d'ici la fin du mois de mai ?
On s'en approche. Il y a beaucoup de solidarité et c'est une bonne nouvelle. On a des dizaines de milliers de dons et c'est une bonne nouvelle et c'est important que l'écologie politique puisse vivre pleinement dans les années qui viennent au regard des enjeux auxquels nous faisons face. Écoutez, moi, je rejoins l'émotion de Catherine sur l'Europe. L'Europe, c'est à la fois un extraordinaire outil. Il est imparfait. Il faut toujours le retravailler pour construire cette souveraineté partagée, pour construire cette indépendance alimentaire, énergétique, numérique. Mais pour moi, c'est aussi un idéal. C'est aussi un idéal, l'Europe.
Je suis profondément internationaliste quand on regarde ce qui se passe en Ukraine, mais ô combien les Ukrainiens sont pro-européens, ô combien ils aimeraient rentrer dans l'Union Européenne. Ce n'est pas le chemin qui va se faire dans les années qui viennent, mais tout ça pour dire à quel point l'Europe est un idéal, un idéal des libertés fondamentales, un idéal de l'État de droit et puis c'est un outil extraordinaire que nous devons mobiliser pour résoudre les problèmes du monde.
Sonia, sur l'application France Inter, se dit au contraire très en colère après vous. Si vous aviez rallié la France insoumise au premier tour, peut-être que M. Macron ne serait pas réélu aujourd'hui. « J'espère sincèrement votre aliment à l'Union Populaire pour les législatives. De toute façon, vous n'avez pas le choix. » Réponse Yannick Jadot.
On a toujours choix en politique. On a toujours choix de ses valeurs. J'ai rappelé qu'en fait, moi je veux bien qu'on nous accuse de tous les maux, y compris Jean-Luc Mélenchon qui a toujours revendiqué de ne pas vouloir l'Union avec les autres forces politiques. Enfin, il faut à un moment donné, il faut assumer ce qu'ont été les lignes stratégiques, les lignes politiques des uns et des autres. Quand il y a un an... Lui, il disait
« Je veux l'Union, mais derrière moi. » Il a toujours dit ça. Oui, c'est ça. « Je veux l'Union derrière moi. »
Quand il y a un an, j'ai rassemblé tout le monde. On a discuté longuement avec Jean-Luc Mélenchon. Il disait « Moi, je ne veux pas rentrer dans un processus commun d'élaboration d'un projet commun et d'une candidature commune. » Donc, les choix des uns et des autres sont clairs. Après, il faut les assumer et ne pas réécrire l'histoire.
Question de Catherine. Europe Écologie Les Verts ira-t-il dans une alliance avec la France insoumise sans le PS ?
Moi, je souhaite qu'il y ait le Parti Socialiste comme toutes les forces politiques. Vous savez, si l'objectif, c'est d'avoir le plus de députés possible à l'Assemblée nationale, y compris la perspective d'une cohabitation qui serait une magnifique nouvelle pour notre pays et pour le climat et la justice sociale. Il faut additionner les électorats. Il ne faut pas penser qu'il y a un électorat qui rassemble tous les autres. Il faut les additionner. Donc, il faut
toutes les forces politiques soit... Il y a un électorat qui est aujourd'hui plus fort que les autres. Oui, mais si vous considérez qu'en fait... Plus important.
Non, mais je prends acte du premier tour, bien sûr. On sait, ça a été dit, il y a eu du vote utile. Bon, mais je prends acte du premier tour. Donc, il faut évidemment que la France insoumise soit dedans. Mais si on veut, si l'objectif sérieux, ça n'est pas simplement l'absorption, si l'objectif sérieux, c'est d'avoir le plus de députés possible, eh bien, il faut additionner tous les électorats, tous les électorats qui se retrouvent sur un même projet ou sur les mêmes fondamentaux. Et si le Parti Socialiste se retrouve sur ces fondamentaux-là, eh bienvenue. Raphaël, bonjour.
Oui, bonjour.
On vous écoute.
Oui, tout d'abord, j'ai voté pour M. Jadot au premier tour. Je me suis fait bien engueuler par mes amis de gauche. Mais ce n'est pas très grave. Et j'étais très déçu qu'ils ne franchissent pas les 5%. La question est la suivante. Vous partagez avec Emmanuel Macron, à la République en marche, les vraies valeurs européennes, humanistes. Et moi, je vous remercie de ne pas être dans l'invective. Ne peut-on vraiment pas envisager que vous collaboriez davantage sur les thèmes écologiques si, effectivement, Emmanuel Macron fait un pas en ce sens ?
Merci, Raphaël, pour cette question. Et merci de la reposer à Yannick Jadot. Mais j'y ai répondu, Nicolas Demeurant.
Non, j'ai toujours dit... Vous avez dit non. Non, non. Vous avez dit si vous appelez pour rentrer au gouvernement, vous dites non. Non, non, non. Ce que propose votre auditeur, c'est de travailler. Il ne propose pas de rejoindre un gouvernement. On connaît l'histoire des personnalités débauchées. Ça ne sert à rien. Ce que dit votre auditeur, ce qu'il souhaite, c'est qu'évidemment, à partir du moment où il y aurait des réformes qui iraient dans le bon sens, qu'on y travaille, qu'on y contribue. Mais ça a toujours été la perspective des écologistes. Vous savez, j'ai fait le grenelle de l'environnement.
J'étais à l'époque Greenpeace, mais j'ai fait le grenelle de l'environnement avec Nicolas Sarkozy. Et on a essayé, à l'époque où il voulait mettre en place la taxe carbone, les Verts ont rencontré Nicolas Sarkozy. Donc, on est prêt à travailler si ça va dans le bon sens. Mais pour aller dans le bon sens, il faut un rapport de force, il faut des élus écologistes à l'Assemblée nationale.
Serez-vous candidat aux législatives ?
Non.
Vous ne vous dites pas parfois ?
Non, je vais vous dire pourquoi. Je vais vous dire pourquoi parce que, je l'ai dit, je prendrai ma part. Si l'accord qui est trouvé, et j'espère qu'il y aura un accord de coalition, est trouvé, je soutiendrai évidemment cet accord. Mais le travail européen, aujourd'hui, reste un travail majeur. Je suis député européen et les enjeux, les débats qui s'y trouvent sont des enjeux d'importance auxquels je crois.
Vous ne dites pas parfois que vous étiez plus influent en militant à Greenpeace qu'en faisant de la politique ?
Je ne crois pas. Je ne crois pas. Vous savez, j'ai fait les élections européennes avec le succès qu'on connaît. Je pense que ça a permis aussi les résultats aux élections municipales. J'ai porté la voix des écologistes et je suis fier de l'avoir fait. Je suis déçu du résultat, évidemment. C'est pour partie ma responsabilité. Je l'ai dit, je l'assume. Mais je suis bien là où je suis.
Le mot de la fin à Bruno, auditeur. Merci pour votre discours franc, honnête et droit dans vos bottes. Voilà, je transmets le message. Yannick Jadot. Merci de votre invitation. Merci à vous d'avoir été à notre micro ce matin.
Yannick Jadot