L'interview : Manuel Bompard - 20/05
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC.
RMC, l'interview
à Pauline de Valherbe. 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Manuel Bompard. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous avez été le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon pour les présidentielles. Aujourd'hui vous êtes député européen mais vous n'espérez plus pour très longtemps puisque vous êtes aussi candidat à la députation tout court avec l'étiquette NUPES. Je crois qu'on peut se mettre d'accord sur cette appellation si ça vous va. Nouvelle Union Populaire Écologique et sociale dont vous avez justement été l'un des artisans et vous êtes candidat à Marseille. On y reviendra.
Il y a un nouveau gouvernement, 26 jours après l'élection d'Emmanuel Macron, la réélection d'Emmanuel Macron qui devrait être présentée cet après-midi avec un premier conseil des ministres lundi. Vous en espérez quoi ?
Pas grand-chose puisque déjà on a eu la décision de la désignation de la première ministre Madame Borne et je pense que cette désignation elle disait qu'elle va être le cap de la politique que va mettre en place ce gouvernement. bien éloignée en fait, y compris des promesses qui avaient été celles d'Emmanuel Macron. Je vous rappelle entre les deux tours de l'élection présidentielle, il avait dit que ce sera un mandat totalement différent. En réalité c'est un choix de continuité, c'est un choix de maltraitance sociale. Madame Borne est celle par exemple qui a mis en place la réforme de l'assurance chômage.
Je rappelle plus d'un million de personnes qui ont perdu à peu près 20% de leur indemnité au chômage et je crains que maintenant le casting qui soit présenté et qui va être présenté cet après-midi aille dans la même direction. Manifestement, il y a des difficultés. J'ai l'impression qu'il n'y a pas grand monde qui a envie de monter sur le radeau.
26 jours, il aura fallu attendre 26 jours pour avoir un gouvernement. Mais Manuel Bompard, quand vous dites finalement que c'est même éloigné de ce qu'Emmanuel Macron lui-même promettait, vous invitez presque Emmanuel Macron au moins à tenir ses promesses.
C'est-à-dire que j'observe qu'entre les deux tours de la présidentielle, on avait un discours qui était un petit peu différent, qui disait vous allez voir, tout va changer, je ne vais pas faire la même chose que ce que j'ai fait précédemment. Et y compris à l'égard de nos électrices et de nos électeurs, je me rappelle que finalement on n'était pas si méchant que ça. Et puis qu'une fois que le deuxième tour de l'élection présidentielle est passé, maintenant on est revenu d'affreux communautaristes, comme a dit M. Macron cette semaine. Et donc je trouve que ce changement de discours en dit long sur la sincérité du discours du président de la République.
Alors on ne va pas rentrer dans les détails tout de suite de l'affreux communautariste. Enfin, il y a des questions quand même qu'il faudra se poser et peut-être y répondre aujourd'hui. Mais d'abord sur le programme, parce que vous avez présenté hier, enfin Jean-Luc Mélenchon a présenté hier votre programme. Il y a 650 mesures. Dedans, il y a notamment les blocages des prix, blocage des prix de l'alimentaire, blocage des prix des loyers, le SMIC à 1 500 euros net, les retraites à 60 ans. Si vous deviez choisir une mesure, si Jean-Luc Mélenchon est élu et ensuite choisi et nommé Premier ministre, quelle sera sa première mesure dans les 650 ?
La première mesure, c'est toujours difficile à dire, mais je pense que le sujet urgent aujourd'hui, tout le monde en est conscient. C'est la problématique de l'explosion des prix, prix de l'électricité, prix des produits alimentaires et donc la mesure immédiate, urgente, rapide, qui nécessite juste la signature d'un décret, c'est le blocage des prix. Ça, c'est une mesure extrêmement forte et qui permet juste... De tous les prix ? Pas de tous les prix, mais d'avoir des prix de l'électricité, les prix du gaz, les prix du carburant et puis les prix d'un panier de produits alimentaires qui sont des produits de première nécessité.
Ça existe, par exemple, vous connaissez peut-être le dispositif à La Réunion où... Jean-Luc Mélenchon l'a présenté ici même. Il l'a présenté ici, il y a un panier de produits qui est déterminé en lien avec les autorités, les associations de consommateurs, etc.
Donc c'est faisable, nous dites-vous. Et si vous les bloquez, vous les bloquez combien de temps ?
On les bloque autant que nécessaire, j'ai envie de dire. C'est forcément une mesure qui est une mesure transitoire et qui vise à faire face à une situation actuelle qui est une situation d'explosion de ces prix. À partir du moment où les prix reviennent à des niveaux qui sont des niveaux acceptables, on peut lever une mesure comme cette mesure de blocage des prix. Mais honnêtement, elle est indispensable aujourd'hui. Ça veut dire que vous sortez
de la logique d'offre et de demande ?
En quelque sorte, oui.
On sort de l'offre et de la demande ?
Mais tout simplement parce que...
C'est un changement majeur.
Oui, mais tout simplement parce qu'on ne peut pas s'en sortir là. Enfin, je veux dire, il y a des milliers de gens dans ce pays qui n'arrivent plus à manger à leur faim, qui n'arrivent plus à aller travailler parce qu'il faut prendre sa voiture et que le carburant est trop cher, qui n'arrivent plus à se chauffer, qui sont dans des situations de précarité énergétique. On ne peut pas dire « Ah bah oui, mais c'est le marché, donc on va laisser faire comme ça. Ça, ce n'est pas possible. » Donc, il faut une mesure forte. Et ça, c'est une mesure forte et immédiate.
Et donc, comme il y a des élections législatives, parce que oui, on va présenter un nouveau gouvernement, mais la partie, elle n'est pas terminée. La question, ce gouvernement, il est peut-être là par intérim. La question est de savoir si dans un mois, ce gouvernement, vous voulez qu'il soit encore là ou vous voulez qu'il y ait un autre gouvernement avec Jean-Luc Mélenchon à Matignon qui met en place une politique différente. Et cette politique, c'est celle qui est contenue effectivement dans ce programme. C'est bloquer les prix, c'est augmenter le SMIC, c'est ramener la retraite à 60 ans. C'est des mesures sociales immédiates, fortes, qui sont à mon avis indispensables.
Il y a un petit jeu de dupe, parce que vous nous dites si vous voulez Jean-Luc Mélenchon à Matignon, vous n'avez qu'à voter pour la NUPES. Mais vous savez bien que le rapport n'est pas automatique. Pourquoi ? Ce n'est pas parce que la NUPES aura une majorité. D'abord, il faudra avoir une majorité. Mais si vous avez une majorité, Jean-Luc Mélenchon, il faudra qu'il soit choisi quand même.
Forcément, mais vous connaissez très bien la tradition historique.
Vous le savez bien, on n'élit pas le Premier ministre.
Bien sûr, c'est un raccourci. Mais la vérité, c'est que si nous avons une majorité de députés à l'Assemblée nationale issues de la Nouvelle Union Populaire, le président de la République n'a pas d'autre choix que de désigner...
Vous n'avez pas peur de créer une déception du coup chez ceux qui se sont dit « Allez, ça y est, c'est bon, il va être Premier ministre. »
Mais il sera Premier ministre. Bien sûr, mais attendez, Emmanuel Macron sera contraint cette nouvelle majorité à l'Assemblée nationale. Et nous nous sommes tous mis d'accord dans la Nouvelle Union Populaire que nous avons constituée pour dire que dans ce cas-là, c'est Jean-Luc Mélenchon qui serait proposé pour être Premier ministre à la tête d'un gouvernement qui, lui, sera nécessairement un gouvernement de coalition.
Il n'y a pas l'air fan de cette stratégie. Non, Fabien Roussel,
il dit que la formule elle-même est un résumé. Et il a raison, c'est un résumé, cette formule. Mais c'est la vérité. Dans l'accord que nous avons signé, nous avons tous dit que le Premier ministre serait issu de la formation politique C'est un résumé ou c'est quand même
un petit peu un petit mensonge quand même quand vous mettez ça sur vos affiches ? Mais non, ce n'est pas un mensonge.
Je ne comprends pas pourquoi vous pouvez dire que c'est un mensonge. S'il y a une majorité de députés à l'Assemblée nationale de la Nouvelle Union Populaire, le Premier ministre est issu de Noron. Le Premier ministre
serait sans doute issu de Noron mais il peut même aller chercher quelqu'un d'autre qui ne soit pas complètement issu de Noron. Ce n'est pas vous qui allez imposer si jamais...
Très intéressant, on va faire un petit cours de constitution pour celles et ceux qui nous écoutent. En vérité, qu'est-ce qui doit se produire ? Il doit y avoir un Premier ministre, un gouvernement, ensuite ce gouvernement...
On l'a déjà eu, on a déjà eu des cohabitations. En gros, ce serait une cohabitation.
Voilà, et donc il faut un gouvernement qui ensuite a la confiance de l'Assemblée nationale. Donc un vote de confiance de la majorité des députés de l'Assemblée nationale. À partir du moment où nous avons la majorité des députés de l'Assemblée nationale, nous pouvons imposer le Premier ministre de notre choix. C'est la règle, c'est la constitution.
C'est là-dessus que Fabien Roussel n'a pas l'air complètement d'accord. Et d'ailleurs, il n'était pas là hier. Il y avait Olivier Faure du Parti Socialiste, il y avait Julien Bayou d'Europe Écologie Les Verts, mais il n'y avait pas Fabien Roussel.
Mais il y avait Yann Brossat qui est le porte-parole du Parti communiste.
Donc il ne faut pas y voir malice.
Je ne crois pas. En tout cas, moi je crois à ce que dit Yann Brossat qui a dit en ouverture que Fabien Roussel était retenu sur sa circonscription parce qu'il y a une lutte importante, Valourec, avec des emplois, des pertes d'emploi très importantes à la clé pour une entreprise qui a touché un milliard d'euros d'aides publiques. Et je crois qu'il était aux côtés des salariés de cette entreprise.
Il y a un certain nombre de points sur lesquels vos partenaires ont quelques doutes, notamment par exemple la question de nationaliser les banques. Vous vouliez initialement nationaliser toutes les banques ?
Alors nous, dans notre programme, y compris dans le programme de la France Insoumise L'Avenir en Commun, il ne s'agit pas de dire qu'on va nationaliser l'ensemble du secteur bancaire. Pas du tout. Il s'agit de dire par contre qu'on va constituer un pôle public bancaire qui va permettre, par exemple, d'aider les petites et les moyennes entreprises à avoir accès au crédit qui va permettre de faciliter le financement des projets qui sont des projets utiles d'un point de vue social et écologique. Et ça, je crois que ça fait partie des points d'accord. Mais je ne vais pas esquiver votre question. Vous avez dit il y a 650 mesures.
Dans ces 650 mesures, il y a 95% de ces mesures qui font accord entre tous. C'est très important. En 650 mesures, il y en a 95% qui font accord entre tous. Et il y a 5% où on a dit les choses de manière transparente. On a dit sur ces 5%-là, on n'a pas exactement la même vision. Et donc, on va reparlementariser la vie politique. C'est-à-dire que ça se tranchera à l'Assemblée nationale dans le débat. Et je trouve que c'est bien pour la démocratie.
Et en effet, ils n'ont pas l'air d'avoir refusé. En tout cas, pour l'instant, ça ne craque pas votre fameuse NUP. Il y a un point dans vos 650. Enfin, il y en a plein de points qui seraient passionnants d'ailleurs à analyser. Mais je vois par exemple le passage à une agriculture écologique et paysanne. Concrètement, ça veut dire quoi ? Quand on voit qu'aujourd'hui, par exemple, on s'oriente peut-être vers une pénurie de lait parce qu'il y a un certain nombre d'exploitations agricoles qui ont dû fermer parce que c'est trop difficile aujourd'hui pour s'en sortir. Et que donc, ce sont des agriculteurs qui ont renoncé à élever des vaches laitières parce que ça ne rapporte pas suffisamment.
Comment est-ce que vous, vous allez réussir à dire en fait, on va faire telle exploitation, elle va devenir bio, telle exploitation, elle va devenir paysanne. Et les autres, vous allez leur dire quoi ? Est-ce que vous ne redoutez pas l'équilibre avec un moment où la famine, les pénuries deviennent à nouveau des craintes ?
Je ne crois pas au contraire mais je vais vous donner quelques éléments de réponse. Premièrement, vous avez raison sur un sujet, c'est qu'aujourd'hui quand on est agricultrice ou agriculteur dans ce pays, tout simplement, on n'arrive pas à vivre de son travail, de ses productions. Et y compris, on vit en quelque sorte des subventions européennes mais ce n'est pas ce qu'on vend qui nous permet de vivre.
Au passage là-dessus.
Ça, on en parlera parce qu'on en donne beaucoup aussi de l'argent qui ensuite revient par l'éthique agricole commune. Les agriculteurs,
ils peuvent dire merci à l'Europe.
Je ne crois pas mais ça serait un débat. Je pense que le premier sujet, c'est comment on garantit des prix qui sont rémunérateurs pour les agricultrices et les agriculteurs, quelle que soit la nature de leur exploitation par ailleurs. Donc ça, c'est tout le sujet sur l'encadrement des marges de la grande distribution et comment se répartit la valeur sur la chaîne de la valeur entre le producteur, l'intermédiaire, le consommateur. Il faut bien sûr bloquer les prix en haut mais il faut aussi qu'il y ait des prix qui soient des prix rémunérateurs en bas pour que les agricultrices et les agriculteurs puissent vivre de leur travail.
Et ça, ça fait partie des propositions qui sont dans notre programme. qui autorisent la transition de ces exploitations vers un modèle qui soit davantage respectueux des agriculteurs eux-mêmes, de la planète, de l'environnement, du bien-être animal, etc. Et bien ça, on le fait par du fléchage financier. Vous parliez des aides européennes. En fait, vous revenez à une forme
de planification.
Exactement. Mais j'ai observé que le mot planification qu'il y a dix ans faisait peur à tout le monde. Vous avez inspiré peut-être Emmanuel Macron, ça vous allait nous dire. Y compris le président de la République. Maintenant, on reprend à son compte cette idée de planification. Mais la planification, vous voyez, ce n'est pas une idée révolutionnaire. Le général de Gaulle lui-même parlait de planification. Et oui, face aux défis qui sont devant nous et notamment ce défi de la transition écologique, c'est indispensable de planifier nos efforts. C'est vrai en matière agricole, c'est vrai en matière énergétique. Il faut aller vers le 100% d'énergie renouvelable.
Ça nécessite d'avoir des objectifs, un cap, et ensuite de faire en sorte que toute la machine économique se met autour de ses objectifs.
Pour revenir sur l'anticipation, la question du long terme, on voit le problème aujourd'hui avec les hôpitaux, le problème du nombre de médecins. Une question quand même assez technique. C'est un cours tout à l'heure de constitution. Est-ce qu'il y aura le mot NUPES sur les petits bulletins des législatives ? Est-ce que vous allez obtenir d'avoir l'appellation NUPES ?
Derrière votre question, il y a un sujet, ce qui est une polémique qu'il y a eu cette semaine sur l'action des nuances du ministère de l'Intérieur. Je vais y revenir. Mais ça ne concerne pas le logo sur le bulletin. Dans tous les cas, il y aura sur le bulletin, ça me permet de m'adresser aux gens. C'est important,
parce que moi-même, j'ai regardé et je n'ai pas très bien compris.
Je vais essayer rapidement de l'expliquer. Sur le bulletin, il y aura le logo NUPES et il y aura ce signe, le V. C'est le V de la victoire. Et votre logo. Voilà. Et si vous voulez voter pour que Jean-Luc Mélenchon soit au gouvernement, si vous voulez voter pour que ce programme s'applique, votez pour les candidats qui ont ce V sur le bulletin. Ça, c'est la question du bulletin de vote. Il n'y a pas de difficulté de ce point de vue-là. Par contre, il y a une difficulté avec le ministère de l'Intérieur qui, dans les nuances qu'elle attribue aux différents candidats, ces nuances, elles servent à quoi ? Elles servent ensuite la nuance du...
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que concrètement, ils veulent vous comptabiliser suivant le... En gros, il y aura... La France insoumise, la France insoumise, au lieu de faire un total global. Exactement. Au lieu de vous additionner.
Exactement. Pourquoi ? Et je l'accuse, et je le dis, je n'ai pas de problème à le dire ici, j'accuse le ministère de l'Intérieur de faire volontairement cette chose pour faire apparaître de manière artificielle les candidats de la majorité présidentielle en tête du premier tour des élections législatives alors qu'ils ne le seront pas, je le crois, par la réalité des suffrages.
Attendez, c'est très important ce que vous nous dites. Vous nous dites au fond que c'est un tour de passe-passe visuel pour que... Exactement. Alors, on va vraiment se dire les choses, le lendemain des élections, voire même le soir même, il y a des bâtons, comme dans tout sondage ou comme dans tout résultat et en fait, ils veulent faire apparaître le bâton de renaissance, c'est-à-dire la majorité présidentielle plus haut que le vôtre en divisant vos bâtons.
Exactement. Je le pense, je crois que c'est ça. D'ailleurs, tous les sondages aujourd'hui qui sortent sur les élections législatives, ils disent que notre alliance je pense que la volonté est effectivement de faire en sorte que ce soit la majorité présidentielle qui apparaisse au-dessus. Pourquoi je fais cette accusation ? Parce que j'ai observé les arguments et c'est des arguments qui ne tiennent pas la route. On nous dit que la nuance ne peut pas être reconnue parce que c'est chaque parti qui a désigné ses candidats. Mais c'est le cas aussi dans l'alliance de la majorité présidentielle. On nous dit oui, mais vous n'avez pas la même association de financement.
Tout ça est un peu technique, mais quand vous allez déclarer votre candidature, vous déposez une association de financement. C'est vrai, on n'a pas la même association de financement, mais il y a une nuance d'hiver gauche ou une nuance régionaliste qui regroupe des candidats qui n'ont pas la même association de financement.
Vous avez saisi le Conseil d'État ?
Pas encore. On travaille sur effectivement une saisine du Conseil d'État. Je pense qu'elle sera prête en fin de semaine ou en début de semaine.
Je le disais, vous vous êtes candidat. Vous étiez déjà candidat en 2017 mais vous étiez en Haute-Garonne. Vous aviez perdu. Et aujourd'hui, vous êtes donc dans la circonscription de Jean-Luc Mélenchon à Marseille. C'est plus confortable ?
En tout cas, c'est une circonscription, ça c'est vrai. Jean-Luc Mélenchon a fait 54% des voix au premier tour de l'élection présidentielle. J'espère que celles et ceux qui ont voté pour sa candidature à l'élection présidentielle reproduiront leur vote. Et ça, c'est vrai sur l'ensemble du territoire national. L'enjeu pour nous...
Mais vous connaissez un peu Marseille ?
Bien sûr, je connais Marseille. J'y suis allé beaucoup avec Jean-Luc Mélenchon. Et surtout, c'est les militantes, les militants sur cette circonscription qui m'ont dit que ça serait bien que tu viennes présenter ta candidature ici. Et je le fais en humilité, en respect pour le travail qui a été réalisé là-bas. Mais avec l'objectif de faire en sorte qu'on gagne cette circonscription, bien sûr, mais qu'on en gagne d'autres aussi à Marseille, dans les bouches du Rennes et qu'on gagne une majorité de députés à l'Assemblée nationale.
Un mot sur ce qui se passe à Marseille. Vous avez suivi, j'imagine, puisque vous êtes candidat sur place. Il y a ce qui se passe dans la cité Calisté avec une situation dramatique pour les familles qui sont sur place, qui sont prises entre les coups de machette d'un certain nombre de squatteurs de leurs immeubles de la cité. Vous, vous feriez quoi ?
Au niveau national, dans le programme d'utilité publique, de sécurité et sur lequel je veux dire d'abord qu'il faudrait sans doute un peu plus d'actes sérieux, concrets et un peu moins de communication sur ces sujets. Parce qu'on parle beaucoup, il y a beaucoup de shérifs, mais après, quand il faut mettre en place les mesures concrètes, il n'y a plus grand nombre.
Je vais vous dire
quelles sont ces mesures. Ces mesures, c'est bien sûr rétablir une forme de police de proximité, c'est indispensable. C'est lutter, parce que dans l'exemple que vous venez d'évoquer, le fléau, c'est le trafic d'armes, c'est le trafic de drogue. Et donc, c'est lutter et investir davantage dans des effectifs de la police judiciaire qui font du travail d'enquête, pas uniquement du travail de flagrant délit, parce que quand on fait du flagrant délit, on prend le bout de la chaîne, mais on ne remonte pas la chaîne pour la démanteler. Et donc, je trouve qu'il faudrait un peu moins de communication sur ces questions de sécurité et un peu plus de travail sérieux.
Et ce programme de sécurité, de tranquillité publique, il est porté lui aussi par la Nouvelle Union Populaire.
La sécurité s'est portée aussi par les policiers, puisque vous venez de le dire. Vous avez donné l'investiture à une femme qui s'appelle Farid Hachik. Elle est suppléante de Mathilde Panot à Ivry-sur-Seine. Farid Hachik, c'est cette soignante qu'on avait vue dans les images. Elle s'était montrée extrêmement agressive, hargneuse, contre les forces de l'ordre lors de manifestations qui avaient dégénéré aux Invalides. Sur ces images, on la voyait jeter des pavés sur les policiers et les injurier avec des doigts d'honneur. Elle a été condamnée. Elle a été condamnée à une amende pour violence. Et vous, vous lui donnez l'investiture ?
Si vous voulez bien qu'on rétablisse le contexte dans sa globalité, vous avez retenu la fin des images mais peut-être pas le début. Le début des images, c'est que c'était la première manifestation des soignantes et des soignants après la première crise du Covid avec beaucoup de colère, avec beaucoup d'émotions. Et c'est une manifestation qui a été réprimée d'une manière extrêmement brutale par les forces de l'ordre à Paris. Et effectivement, elle a été traînée au sol. Tout le monde se rappelle de cette image où elle était traînée au sol. Et effectivement, dans un excès de colère, elle a répondu en jetant un pavé. On va quand même faire les choses dans l'autre sens.
Elle a d'abord jeté les pavés puis été traînée au sol.
Non, non, non. La répression de cette manifestation, tout ça est documenté, vous irez le voir.
Farid Hachik, on a les images et on a le déroulé. Elle a d'abord jeté les pavés puis été interpellée.
Elle a d'abord jeté les pavés puis été interpellée mais avant de jeter les pavés.
Elle n'a pas jeté les pavés après avoir été tirée au sol.
C'est pas ce que j'ai dit. Sinon, ça aurait été difficile de le faire d'ailleurs puisqu'elle était interpellée. Vous l'avez dit vous-même. Sauf que néanmoins, cette manifestation, il me semble qu'elle a été réprimée avant qu'il y ait des jets de objectifs. Mais si elle a jeté des pavés aux policiers, elle s'est justifiée qu'elle soit arrêtée, non ? Je vais vous dire les choses, franchement. Il y a eu une situation de gestion du maintien de l'ordre dans le cadre de ces manifestations et en particulier de cette manifestation des soignantes qui a généré effectivement une montée des tensions. Mais ce n'est pas une manière de justifier la violence
de lui donner l'investiture ?
Non, pas du tout. D'ailleurs, vous l'avez dit, elle a été condamnée pour ça. Très bien. Je pense que c'est d'abord une femme, une soignante, une syndicaliste, une femme qui se bat pour les conditions de travail dans le secteur de la santé. On en parlera peut-être qui sont encore aujourd'hui extrêmement difficiles. Elle a eu un excès de colère, c'est une évidence. Elle a eu un excès de colère, c'est une évidence. Moi, je vais vous dire, je suis fier que les gens qui se battent comme ça pour faire en sorte que dans ce pays, quand on est soignant, quand on travaille à l'hôpital et qu'on se bat pour avoir des conditions de travail... Vous comprenez bien
aujourd'hui, une des questions qui traverse le pays, c'est justement la question de l'expression de la colère. Et en donnant l'investiture à une femme qui a exprimé sa colère par la violence, ça vous paraît pas poser problème ? C'est précisément l'inverse.
Si vous voulez que cette colère s'exprime d'une manière qui soit d'une manière canalisée dans des canaux démocratiques, il faut que celles et ceux qui se battent pour leurs conditions de travail, ils se présentent aux élections et en fassent en sorte qu'ils gagnent ces élections qui puissent être élus, qui puissent changer les choses pour que dans le secteur de la santé, par exemple, on embauche enfin les soignants dont on a besoin pour faire... On en parle ici tous les matins de cette question. La situation de l'hôpital,
j'en suis parfaitement... On en est tous parfaitement conscient. Et donc, chacun le vit d'ailleurs dans sa chair. Elle est bien placée
pour porter ses sujets dans la compagnie de législation.
Plusieurs points dans l'actualité. Le joueur du PSG, Idriss Aghaï, qui a refusé de porter le maillot aux couleurs de la lutte contre l'homophobie. Est-ce que vous considérez que c'est une faute ?
Clairement. Je crois que quand on est une personnalité publique, en particulier
il y a encore sa place d'ailleurs dans un club parisien. Je ne suis pas président
ni de la Fédération de la France.
Vous êtes à l'OM,
vous n'allez pas dire qui doit jouer au PSG. Ni du PSG, voilà. Donc ça, c'est aux autorités.
Mais il faudrait que ce soit sanctionné ?
En tout cas, si j'étais moi-même président de ce club de football, ce que je ne suis pas, je pense que c'est ce que je ferais.
Manuel Bompard, il y a eu aussi cette nouvelle hier. Le chauffeur de bus qui avait été tabassé à mort à Bayonne. Finalement, les deux suspects ne passeront pas devant les assises. ils s'étaient acharnés sur leurs victimes mais il a été considéré qu'il n'y avait pas de volonté d'entraîner la mort. La veuve et les filles de ce chauffeur de bus de Bayonne qui avait ému toute la France disent que la justice n'est pas à la hauteur. Qu'est-ce que vous en pensez ?
C'est une décision de justice. Moi, je ne connais pas tous les tenants et les aboutissants de cette affaire et je n'ai pas l'habitude de le remettre en cause. On avait parlé à l'époque,
le ministre de l'Intérieur qui était tout juste nommé Gérald de Darmanin avait parlé à l'époque de ce fait divers qui avait ému la France d'en sauvagement. Est-ce que vous reprendriez cette expression ?
Non, je ne crois pas parce que je pense que ça ne sert à rien d'utiliser des grands mots comme ça. La question, c'est comment on améliore concrètement les choses. J'ai parlé tout à l'heure de qu'est-ce qu'on peut faire en matière de sécurité pour prendre le problème à bras-le-corps mais de manière intelligente et sérieuse et faire avancer les choses et c'est pareil en matière judiciaire. Je ne peux pas être d'accord avec le fait qu'on pointe du doigt l'autorité judiciaire, qu'on essaye d'opposer les pouvoirs. Vous vous rappelez de cette manifestation la police, la justice, le problème de la police et la justice ?
Non, le problème de la justice c'est sans doute que les délais de traitement des affaires sont trop longs donc il faut davantage de moyens, que les tribunaux sont dans des états délabrés donc il faut améliorer ça et si on peut faire un peu moins de communication sur ces sujets et un peu plus d'actes sérieux pour faire concrètement avancer les choses...
C'est-à-dire que quand la veuve, les chauffeurs... Je ne parlais pas de ça,
je parlais de la manifestation que j'ai évoquée dans mon intervention. Bien évidemment, je comprends l'émotion de cette personne et je comprends très bien que de son point de vue à elle, elle considère que la justice a mal agi. Mais quand vous dites
communication, est-ce que vous voulez dire qu'il y a un sentiment d'injustice ou d'un sentiment d'insécurité qui est exacerbé ?
Non, c'est...
Ou est-ce qu'il y a une réalité ?
Mais écoutez, si les gens se sentent... Ça ne sert à rien de commenter le sentiment d'insécurité. Si c'est un sentiment, il existe ce sentiment. Donc la question, c'est comment on y répond. Ce que je veux dire, c'est que sur ces sujets de sécurité, de justice, j'observe que dans chaque campagne électorale, on fait des grandes phrases, des grands mots. Il y a des gens qui arrivent et qui disent avec moi tout va changer. Et puis après, c'est les mêmes politiques qui sont mis en place. Ça fait 20 ans qu'on accumule les lois sur la sécurité, les lois sur la protection. Il y en a à peu près une par an. Et est-ce que la situation s'est améliorée ? Non.
Et après, on vient pointer du doigt les opposants comme nous en disant vous vous en fichez de ces questions. On ne s'en fiche pas. On dit juste prenons-les un petit peu plus sérieusement
650 les propositions. Manuel Bonpart, merci d'être venu notamment les détaillés ce matin à mon micro sur RMC et BFM TV. Il est 8h53.
Manuel Bompard