François de Rugy au sujet de Nicolas Hulot et la taxe carbone : "Je ne doute pas qu'il assumera"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30FerméeRéponse directe
Que pouvez-vous faire de plus face aux Gilets jaunes ?
- 1:17OuverteRéponse partielle
Voyez-vous une forme de poujadisme contemporain ?
- 2:47OuverteRéponse directe
Quel dispositif pour sortir de la crise des Gilets jaunes ?
- 3:02RelanceRéponse directe
La proposition de Laurent Berger d'un Grenelle de l'environnement est-elle une mauvaise idée ?
- 5:54RelanceRéponse partielle
Le gouvernement a transféré 577 millions d'euros de la taxe écologique sur les carburants au budget général en 2018. Pourquoi ?
- 8:04OuverteRéponse directe
Attendez-vous de Nicolas Hulot qu'il assume la taxe carbone ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:46Invité politiqueFait
« Et depuis, je rappelle, deux morts sur les routes, plus de 500 blessés. »
- 2:11Invité politiqueFait
« C'est la question de la fiscalité en général, c'est la question de tout ce qu'on appelle les dépenses contraintes. »
- 2:23Invité politiquePromesse
« Et nous, nous avions dit cela en 2017 d'ailleurs, que nous voulions que les Français retrouvent de la capacité, de la marge de manœuvre dans leur budget grâce au travail. »
- 5:54InvitéChiffre
« Le gouvernement a pris la décision de transférer 577 millions d'euros de recettes de la taxe écologique sur les carburants pour les réaffecter au budget général en 2018. »
- 6:46Invité politiqueFait
« Parce qu'il y a une bonne nouvelle, c'est que c'est de l'argent qui devait être dépensé pour le soutien aux énergies renouvelables. »
- 8:35Invité politiqueFait
« La trajectoire, comme on dit, c'est-à-dire une hausse prévisible, une hausse qui est annoncée aux Français carte sur table pour que les uns et les autres puissent progressivement s'adapter, de la taxe carbone a été votée à l'automne 2017. »
- 11:56Invité politiqueFait
« Regardez dans l'Aude. Ce n'est pas à l'autre bout du monde. C'est dans notre pays. La facture humaine, d'abord. »
- 12:55InvitéChiffre
« La France n'a pas respecté les engagements de l'accord de Paris l'an dernier puisqu'on est à plus 6,7% de ce qu'on devait faire. »
- 15:50Invité politiquePromesse
« Notre échéance de travail, sans dévoiler tout le contenu de cette stratégie française pour l'énergie, c'est 2035. »
- 16:55InvitéChiffre
« Vous allez fermer six réacteurs plus les deux de Fessenheim d'ici 2028. »
- 24:26Invité politiqueChiffre
« La prime à la conversion 1000 euros pour tous les ménages, 2000 euros pour les ménages non imposables, 4000 euros si on est dans les tranches de revenus les plus basses »
Temps de parole
- François De Rugy66 %
- Présentateur15 %
- Invité10 %
- Auditeur5 %
- Auditeur 24 %
≈ 2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9, le ministre de la Transition écologique et solidaire. Vous êtes depuis le début de la semaine, amis auditeurs, très nombreux à intervenir, que ce soit au Standard ou sur l'application France Inter. Continuez, vous aurez la parole dans une dizaine de minutes. François de Rugy, bonjour. Bonjour. Beaucoup de sujets à aborder avec vous ce matin. Commençons par les Gilets jaunes. La crise n'est pas finie. Il prévoit les Gilets jaunes une nouvelle journée de mobilisation samedi, notamment à Paris, place de la Concorde.
S'il y a nouveau du monde sur les routes et dans les rues, question simple, que pouvez-vous faire de plus ?
Avant de parler du fond, je veux quand même rappeler que chacun doit prendre ses responsabilités au vu de ce qui s'est passé samedi dernier. Et depuis, je rappelle, deux morts sur les routes, plus de 500 blessés. C'est un mode d'action que l'on peut tout à fait comprendre. C'est une nouvelle forme de manifestation. Mais c'est un mode d'action qui présente des dangers et des risques particuliers pour ceux qui y participent, comme pour les autres automobilistes. Et nous, je crois que tout le monde, c'est notre responsabilité partagée. Nous devons tout faire pour éviter des affrontements entre automobilistes, entre Français, sur les routes.
Donc, vous dites déjà samedi, attention.
Attention. Attention à ce mode d'action, encore une fois, qui présente un risque et un danger particuliers.
Et voyez-vous une forme de poujadisme contemporain, comme l'a dit Emmanuel Macron ?
Vous savez, les comparaisons historiques, ça renvoie toujours à des choses qui sont différentes. Le mouvement de Poujade, c'était en 1956, c'était dans les années 50. Non, ce qui est sûr, c'est qu'en France, il y a toujours eu des mouvements de protestation, de rue, des mouvements de protestation que l'on ne voyait pas venir, en quelque sorte. Tous les gouvernements ont connu cela. Et donc, il faut toujours à la fois être clair et ferme sur la sécurité, et moi j'insiste sur cet aspect de sécurité, mais également être à l'écoute, être dans la compréhension par rapport à la colère. C'est une forme de colère qui s'exprime, on l'a bien vu.
Moi, j'ai discuté avec des Gilets jaunes, en direct, sur le bord de la route, non pas samedi, mais lundi, il y a dix jours. J'ai bien vu que la discussion, très vite, elle débordait de la question des carburants. C'est la question de la fiscalité en général, c'est la question de tout ce qu'on appelle les dépenses contraintes. C'est-à-dire que quand vous additionnez dans un budget d'une famille le logement, l'énergie, les différentes factures, il y a un certain nombre de Français qui ont l'impression qu'ils n'ont plus de marge de manœuvre, et qui pourtant travaillent et qui gagnent leur vie avec leur travail.
Et nous, nous avions dit cela en 2017 d'ailleurs, que nous voulions que les Français retrouvent de la capacité, de la marge de manœuvre dans leur budget grâce au travail. Et nous avons pris des mesures d'ailleurs dans ce sens. Après, est-ce qu'elles sont suffisantes ? Est-ce que tout le monde en profite ? C'est aussi ça les sujets que nous devons traiter maintenant.
En tout cas, la question, François de Rugy, pour l'exécutif maintenant, est de trouver un scénario de sortie de crise. Pascal Canfin, à ce micro hier, disait qu'il fallait faire, comme pour les accords sur la Nouvelle-Calédonie, les accords de Matignon à l'époque de Michel Rocard, on donne peu de temps de négociations, et à la fin interdit de sortir de la pièce tant qu'un accord n'est pas trouvé. Est-ce qu'une formule de ce type, ou une autre, quel dispositif avez-vous en tête maintenant pour en sortir ?
Vous voyez bien que le mouvement des Gilets jaunes, ce n'est pas un mouvement organisé avec des porte-parole, avec des représentants désignés par ceux qui participent aux manifestations. Nous ne sommes pas du tout dans ce champ-là, donc ça n'est en rien comparable à d'autres modes de résolution de conflits sociaux, parce que c'était souvent pour des conflits sociaux, même si l'exemple de la Nouvelle-Calédonie me paraît assez, en l'occurrence, incomparable et déplacé. Mais ce qui est vrai, c'est que l'on peut travailler avec les organisations syndicales, j'ai entendu la CFDT, Laurent Berger, qui propose de travailler. Il n'a pas une recette miracle, il n'a pas une réponse toute faite.
Mais c'était une mauvaise idée, la proposition de Laurent Berger, parce que le Premier ministre l'a balayé d'un revers demain dimanche soir. Est-ce que c'était une mauvaise idée, sa proposition d'un Grenelle de l'environnement, en disant « parlez aux corps intermédiaires, sinon vous aurez une révolte qui est brute, brutale, et s'il n'y a pas d'intermédiaire ? »
On ne va pas refaire le Grenelle de l'environnement, c'est évident. Mais en revanche, je crois que c'est intéressant de voir qu'un syndicat comme la CFDT, qui peut être dans ses rangs à des gens qui sont allés manifester samedi dernier, ce syndicat dit être disponible pour travailler sur l'accompagnement économique et social de la transformation écologique. La CFDT, en général, n'a pas contesté le principe même de la transformation écologique, y compris de la fiscalité écologique. Mais il dit qu'il faut travailler sur l'accompagnement économique et social. Peut-être que des organisations patronales sont également disponibles. Donc si c'est le cas, moi je suis prêt à travailler.
Et nous allons en parler évidemment au sein du gouvernement.
Vous allez mettre ce monde-là autour de la table. Il va bien falloir trouver une forme pour en sortir.
Peut-être qu'il faut d'ailleurs trouver des formes nouvelles, décentralisées, parce qu'on voit bien qu'il y a une dimension territoriale forte. La situation des Français n'est évidemment pas la même, selon que vous habitez en ville, en centre-ville, dans une banlieue proche de la ville, où il y a des transports en commun, où vous ne travaillez pas très loin de votre domicile. Et quand vous êtes dans ce qu'on appelle les zones périurbaines, dans ces secteurs urbains, qui ne sont ni vraiment ruraux, ni vraiment urbains, et qui sans doute là sont de là que part cette colère des Gilets jaunes. Et donc il faut trouver des solutions, des réponses qui soient adaptées à la diversité des territoires.
Ça pourrait être une conférence de consensus, parce qu'il existe des formes hybrides qui ne sont pas nécessairement des Grenelles.
Il y a en effet des formes à inventer, y compris qui impliquent les citoyens, parce que les corps intermédiaires, comme on dit parfois pour les syndicats, pour les associations, c'est important. Moi j'ai toujours fait partie de ceux qui disent que c'est quelque chose qui participe à la vie démocratique d'un pays. Mais il y a aussi des gens qui ne se sentent pas représentés. Par les syndicats ou les associations. Et c'est sans doute le cas pour ceux qui sont sur les routes avec des Gilets jaunes.
François de Rugy, on a appris hier que le gouvernement a pris la décision de transférer 577 millions d'euros de recettes de la taxe écologique sur les carburants pour les réaffecter au budget général en 2018. Pardon, mais vous avez conscience que cette décision, c'est-à-dire d'allouer les recettes de la taxe écologique pour renflouer le budget de l'État au lieu que ça aille à la transition écologique, que cette décision peut sembler incompréhensible dans le contexte ?
C'est une présentation qui a été faite par un sénateur, Les Républicains, qui est une présentation complètement biaisée de quelque chose qui se fait tous les ans en fin d'année, c'est-à-dire le réajustement du budget en cours, c'est-à-dire le budget 2018. On ne parle pas du budget pour 2019. Donc on est aussi en train de discuter en même temps, ça c'est la petite difficulté.
Mais pourquoi ce surplus et 600 millions d'euros, pourquoi vous ne les mettez pas à la transition écologique ?
Parce qu'il y a une bonne nouvelle, c'est que c'est de l'argent qui devait être dépensé pour le soutien aux énergies renouvelables. Et comme le coût des énergies renouvelables baisse dans notre pays, eh bien on n'a pas besoin de subventionner autant que ce qu'on avait prévu les énergies renouvelables. Donc c'est une bonne nouvelle. Mais je suis conscient qu'en termes de présentation, évidemment, ça crée un trouble, ça crée une réaction d'incompréhension. Et moi je dis que sur d'ailleurs le budget, la fiscalité, qu'est-ce qu'on collecte comme recette ?
Qu'est-ce que l'on dépense pour la transition écologique notamment, pour la transformation écologique de notre économie, pour les investissements en matière d'écologie ? Il faut que l'on soit meilleur. Nous ne sommes pas bons. Je suis le premier à le reconnaître sur la présentation de nos données budgétaires. Et c'est un des sujets qui a émergé la plus dans le débat politique. Oui, et nous allons y travailler ensemble. Et d'ailleurs, il a également fait un certain nombre d'annonces dans ce sens.
Nous y travaillons ensemble et nous allons y travailler ensemble pour que dans les prochains budgets, ce soit beaucoup plus clair sur à la fois qu'est-ce que la fiscalité écologique, parce que je n'entends jamais deux chiffres comparables. Et qu'est-ce qu'on entend par fiscalité écologique ? Ça ne se résume pas à la fiscalité sur les carburants, par exemple. Et puis aussi, qu'est-ce que l'on dépense pour l'écologie ? Il y a une députée, Bénédicte Perrol, qui a fait déjà un rapport parlementaire. C'est son rôle de contrôler l'exécution du budget du point de vue des députés. Elle dit qu'il y a des dépenses pour l'écologie qui se trouvent dans d'autres lignes budgétaires
que celles du ministère de l'Écologie. François de Rugy, Nicolas Hulot s'exprimera demain soir sur France 2 pour la première fois depuis sa démission. Vous lui avez succédé. Attendez-vous de lui qu'il assume la taxe carbone ?
Mais je ne doute pas qu'il assumera comme il a assumé. C'est d'ailleurs une petite victoire qu'il a remportée au début du mandat d'Emmanuel Macron lorsqu'il était ministre de la Transition écologique et solidaire. que la trajectoire, comme on dit, c'est-à-dire une hausse prévisible, une hausse qui est annoncée aux Français carte sur table pour que les uns et les autres puissent progressivement s'adapter, de la taxe carbone a été votée à l'automne 2017.
Ça vous donne un peu d'oxygène politique s'il disait clairement « Oui, bon, il faut assumer, c'est compliqué, c'est difficile, mais il faut absolument continuer ».
Moi, je n'ai aucun reproche à faire à Nicolas Hulot. Il a démissionné. Ce n'est pas, évidemment, j'imagine, dans ces cas-là, ce n'est pas pour passer son temps à continuer à faire de la politique. Il a pris du recul, il était en retrait, c'est tout à fait normal. Il s'exprime à la télévision. Là, il aura l'occasion de dire sans doute beaucoup de choses.
Certains ont dit, il se planquent, il faut qu'il s'exprime, il faut qu'il assume, la taxe carbone, c'est lui. Est-ce que vous entendez ça ? Parce qu'on l'a entendu dans vos rangs.
Moi, je rencontre beaucoup de députés de La République En Marche, de la majorité en général. Je n'ai pas entendu cela. Ce que j'ai entendu, oui, c'est que nous n'avons pas fait encore assez la pédagogie. Nous ne la faisons jamais assez sur ce que nous faisons en général et sur ce que nous faisons en matière d'écologie en particulier. Et si nous avons quelque chose à améliorer, notamment, y compris dans le dialogue direct avec les Français, nous les ministres, et là, je prends évidemment ma part de responsabilité en tant que ministre, même si ça fait deux mois et demi pour ce qui me concerne, nous devons être davantage au contact des Français pour expliquer ce que nous faisons.
Vous savez, je me suis rendu compte en discutant avec des gens qu'il y a encore plein de gens en France qui croient que la voiture électrique, c'est fait pour la ville, c'est fait pour les centres-villes. C'est l'inverse, c'est plus adapté quand on habite à la campagne. Aujourd'hui, ce n'était pas le cas il y a dix ans. Il y a beaucoup de Français qui croient que pour avoir une voiture électrique, il faut avoir une borne de recharge chez soi. Mais non, il suffit d'une simple prise de courant et vous n'avez qu'à laisser la charge se refaire pendant la nuit. Et ainsi de suite, il y a énormément de choses qui ne sont pas encore assez expliquées.
François de Rugy, à la Une du Monde daté d'aujourd'hui, comment le chaos climatique va affecter nos vies ? Je pense qu'au monde, il ne doit même plus savoir en quel corps de caractère il faut écrire ça à la Une pour que ça ait un impact. Donc, comment le chaos climatique va affecter nos vies ?
Mais on pourrait dire, M. Demorand, comment le dérèglement climatique affecte déjà nos vies. Regardez ce qu'il se passe en Californie. On est d'accord. Des incendies qui font des dizaines de morts et des centaines de disparus.
Il liste 467 façons différentes, santé, alimentation, habitat, eau, pollution, j'en passe. Le constat est absolument terrifiant, mais il faut le lire. On va à grands pas vers la catastrophe climatique en faisant des petits pas pour l'éviter. Est-ce que ce sera suffisant ?
En tout cas, on voit bien la contradiction dans laquelle certains discours se trouvent. Les mêmes parfois nous disent nous n'allons pas assez vite, pas assez fort, pas assez loin dans l'action contre le dérèglement climatique, y compris à l'échelle française, chez nous. Et d'autres nous disent, au contraire, oh là là, il faut tout arrêter. Il faut tout arrêter à la première difficulté. Ce n'est pas devant les manifestations, mais devant les difficultés. Oui, c'est difficile de mener cette transformation écologique en faveur du climat, mais aussi en faveur de la qualité de l'air. Vous savez, j'étais en Chine lundi, la pollution de l'air est trois fois supérieure à celle de la France.
À Pékin, c'est trois fois supérieure à celle de Paris. Et pourtant, à Paris, on trouve que c'est déjà trop. Et on veut agir. Donc voilà ce qui nous guette si nous ne faisions rien. Et par ailleurs, je le dis aussi, la facture serait extrêmement lourde si nous ne faisions rien. Regardez dans l'Aude. Ce n'est pas à l'autre bout du monde. C'est dans notre pays. La facture humaine, d'abord. Le drame humain de perdre des vies à cause des inondations qui sont liées à l'aggravation des pluies dans des secteurs comme l'Aude, comme le Var, comme les Alpes-Maritimes. Mais en plus de ça, les dégâts monumentaux qu'il faut ensuite payer.
Pour la première fois, un maire, le maire Europe Écologie-Les Verts, de Grande-Sainte, attaque l'État. C'est une procédure qui est totalement inédite. On l'a appris ce matin. Il attaque l'État pour inaction climatique. Damien Carême... C'est le comble. C'est le comble. Oui, c'est le comble au moment où nous sommes
en bien débat sur la taxe carbone.
Si vous le permettez. Damien Carême, soutenu par Corinne Lepage, estime que sa commune, qui a été classée en 2010 capitale française de la biodiversité avec 62 espèces d'oiseaux et 250 espèces végétales, est menacée par le réchauffement climatique et que vous, l'État, vous ne faites pas assez pour réduire ce réchauffement climatique. On rappelle que vous n'avez pas respecté les engagements de l'accord de Paris. La France n'a pas respecté les engagements de l'accord de Paris l'an dernier puisqu'on est à plus 6,7% de ce qu'on devait faire. Qu'est-ce que vous lui répondez à ce maire Europe Écologie-Les Verts ? De grande sainte.
Je suis tout à fait prêt à le rencontrer. D'abord pour comprendre sa démarche parce que vous voyez bien que faire des démarches dans les tribunaux, franchement, vous croyez que c'est dans les tribunaux qu'on va régler le problème du dérèglement climatique ? Bon, alors on va dire que c'est symbolique. C'est une façon symbolique de dire qu'on n'en fait pas assez. Mais alors là, justement, on revient au début de notre discussion et discutons-en avec, pas simplement les gilets jaunes, mais enfin, M.
Carême, je ne sais pas s'il en a eu des discussions avec les gilets jaunes, mais là, j'imagine qu'il y a une grande incompréhension quand même entre, et j'emploie un mot très soft, comme on dit maintenant, mais avec les syndicats, avec, il est dans une zone, dans la banlieue de Dunkerque, c'est une zone industrielle qui est en transformation depuis longtemps. C'est la première ville de France où il y a eu des éoliennes.
Vous trouvez ça aberrant ce qu'il fait, là ?
Je ne dis pas que c'est aberrant, mais je dis que... Avec Aurélie Lepage, qui a soutenu Emmanuel Macron. Vous voyez un peu la contradiction dans laquelle nous sommes, et moi, je veux la dépasser. Je ne suis pas là en train de dire « Ah, il y a une contradiction, on ne fait rien. Oh, vous voyez comme c'est compliqué, on ne fait rien. » Moi, je suis là pour agir. Je l'ai dit à votre micro, d'ailleurs, peu de temps après ma nomination, le lendemain de ma nomination, j'ai dit « L'écologie qui agit ». Mais l'écologie qui agit, ce n'est pas facile. Alors, si M.
Carême a des idées pour que ce soit plus facile, pour que ce soit que beaucoup plus de Français encore y participent, des entreprises y participent et disent « On va plus vite, on va plus loin, on va plus fort », moi, je serais le premier à en être, évidemment, satisfait. Vous savez, dans tous les domaines, y compris dans les domaines d'action d'une collectivité locale.
La semaine prochaine est cruciale, François de Rugy. Vous allez avec le gouvernement rendre public la PPE, la programmation pluriannuelle de l'énergie. Le terme est barbare, mais le sujet est très simple. C'est fixer l'avenir énergétique du pays pour les 15-20 ans qui sont devant nous. La promesse du candidat Macron...
C'est même plus précis que ça, c'est la stratégie française pour l'énergie pour les 10 ans qui viennent. Oui. 2018-2020.
Mais les choix sont structurants et devraient, à mon avis, dépasser ses bornes. On va le voir. La promesse du candidat Macron, c'était de réduire la part du nucléaire à 50% en 2025. Elle a été abandonnée. Alors, à quelle date désormais cette promesse sera-t-elle tenue ? 2030-35-40 ? Point d'interrogation ? La promesse,
comme vous dites, du candidat Emmanuel Macron, c'était de se situer dans le cadre donné par la loi de transition énergétique votée en 2015. Alors que d'autres candidats, François Fillon, Mme Le Pen, proposaient d'abroger purement et simplement cette loi. Nous nous situons toujours dans ce cadre, mais il y a eu une opération vérité, en quelque sorte, qui a été faite dès le début, d'ailleurs, du mandat d'Emmanuel Macron, qui a été faite, d'ailleurs, par Nicolas Hulot, et qui était de dire l'objectif de 2025, de réduire la part du nucléaire à 50% d'ici 2025, on n'y arrivera pas. Alors quand ?
Donc ça, et d'ailleurs, il faudra y compris modifier la loi sur ce point pour dire les choses de la façon la bonne ou l'air. Alors quand ? Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin quand ? que nous, notre échéance de travail, sans dévoiler tout le contenu de cette stratégie française pour l'énergie, c'est 2035. En 2035,
la France aura réduit sa part du nucléaire dans la production d'énergie de 50%.
Alors, vous savez, Madame Salamé, ça ne se décrète pas. C'est comme dans le domaine du climat. Ce que nous voulons, c'est nous donner les moyens, c'est fixer des orientations, y compris pour que les Français, et notamment les entreprises, pas simplement les entreprises du secteur de l'énergie, d'ailleurs, mais puissent se dire voilà quelle est la direction que l'on emprunte. Nous, nous sommes volontaristes. Vous savez, on pourrait laisser faire le marché. On pourrait dire, on verra bien qu'est-ce qui est le plus cher, qu'est-ce qui est le moins cher. Est-ce que c'est le nucléaire ? Est-ce que c'est le charbon ? Pendant longtemps, le charbon était le moins cher. Est-ce que c'est le fuel ?
On va fermer des centrales à charbon. Quatre centrales à charbon. Est-ce que c'est l'éolien ? Le solaire ? Le prix de l'éolien et du solaire n'arrête pas de baisser. Tant mieux. Nous,
par l'AFP, par un document que l'AFP s'est procuré, que vous allez fermer six réacteurs plus les deux de Fessenheim d'ici 2028.
L'AFP, l'agence France Presse, a eu, je ne sais comment, pas par moi en tout cas, un certain nombre de documents de travail et notamment le fait qu'il y avait trois scénarios sur la table et il y a un de ces scénarios qui est celui que vous venez de dire. Ce n'est pas vrai. Donc, je confirme qu'il y a trois scénarios sur la table. Ça, oui, je peux vous le confirmer et je vous confirme que nous continuons à y travailler, que nous sommes vraiment aux derniers arbitrages, que tout cela devrait d'ailleurs être présenté la semaine prochaine.
Est-ce que vous nous confirmez que c'est Emmanuel Macron qui le présentera le 27 novembre prochain ?
Je vous confirme qu'Emmanuel Macron a bien l'intention de s'engager et de se positionner en tant que président de la République sur ce sujet ô combien important qui est le défi énergie-climat. Je le rappelle, ce n'est pas simplement la question du nucléaire, c'est la question énergie-climat, baisse des consommations d'énergie.
Vous avez reporté plusieurs fois ces annonces. Est-ce que c'est bien le 27 prochain ?
Oui, c'est vrai que ça a été reporté en gros d'un mois puisqu'on avait dit fin octobre et que maintenant ce sera fin novembre. C'est bien le 27 ? Ce sera très probablement le 27, mais vous savez, ce n'est pas une question de jour ou d'heure ou de lieu, c'est une question de fond. Parce qu'en effet, comme l'a dit Nicolas Demorand, ensuite, c'est pour tracer la voie dans laquelle la France s'engage de le faire de façon la plus transparente possible. Vous savez que la France s'est engagée sur la voie du nucléaire dans les années 70 sans qu'il y ait le moindre débat, sans qu'il y ait la moindre loi.
C'était une fierté nationale. Et aujourd'hui,
nous sommes dans l'idée que ça doit être quelque chose qui est partagé avec tous les Français. Encore un mot, Léa.
Voilà, encore un mot et puis on prend les questions d'auditeurs. Vous ne pouvez pas nous dire combien de réacteurs vont fermer. Est-ce que c'est possible que ce soit plus que ce chiffre de 6 réacteurs ? Puisque Pascal Canfin, hier à votre place, nous disait pour arriver à l'objectif de 50%, il faut en fermer 16 en tout en plus des deux.
Oui, à l'horizon 2035. Mais la question, c'est de savoir, vous savez très bien, c'est toujours la même question. À quel rythme ? Avec quelle trajectoire ? Quelles années ? Quels endroits ? Et vous savez bien, comme dans tous les domaines, il y a toujours beaucoup de gens qui se disent oui, mais ce serait bien que ce soit les autres, que ce soit l'autre endroit, que ce soit l'autre recteur. Et je comprends cette réaction, d'abord de l'entreprise EDF qui se dit quel est le niveau de transformation, y compris de son modèle économique, de son modèle de production. Quel est le niveau de transformation dans lequel cette entreprise doit s'engager ?
Mais il y a aussi d'autres entreprises qui, elles, ont envie de développer les énergies renouvelables, qui ont envie, par exemple, Engie, qui est un spécialiste du gaz, a envie de développer le gaz renouvelable. Mais entre 8 et 16, c'est quand même pas exactement la même chose. Ce ne sera pas la même chose. C'est du simple double. Non, parce qu'il n'y a pas tellement de débat sur le nombre d'ici 2035. Oui, mais d'ici 2028. Il est sur le moment et le rythme.
Mais c'est ça, c'est d'ici 2028 combien vous allez en fermer ? C'est ça la grande question.
Et bien ça, vous aurez la réponse
dans une semaine. On file au standard. Bonjour Corine.
Bonjour.
Bienvenue. Bonjour.
Bonjour. Voilà. Alors moi, je voudrais dire que je suis un soutien des écologistes depuis toujours et qu'à ce titre, évidemment, j'ai toujours été pour qu'il y ait plus d'égalité dans la société, qu'on ait une société plus inclusive. Mais je suis vraiment écoeurée par le mouvement des Gilets jaunes qui est certes un mouvement délaissé pour compte. Je comprends leurs soucis du pouvoir d'achat mais je ne peux pas m'y associer du tout pour des raisons évidentes. Je ne vois pas comment on peut continuer à soutenir l'utilisation du diesel et revenir au monde du tout voiture mais je suis surtout écoeurée par la réaction du gouvernement parce que pour moi il y a vraiment deux poids deux mesures.
Il y a une répression féroce des manifestations de type écologique, les manifestations antinucléaires, Notre-Dame-des-Landes tout à la fin après les négociations a été nettoyée avec encore une fois une violence inouïe par les CRS mais alors là les Gilets jaunes coupent les autoroutes il ne se passe rien sauf quand il y a vraiment des violences très avérées alors que moi j'ai été bloquée moi-même et les gens sont quand même très agressifs.
Merci beaucoup Corinne pour cette question de poids deux mesures François de Rugy.
Écoutez, le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes il a été abandonné. Vous voyez que cela a été beaucoup reproché d'ailleurs à Emmanuel Macron au gouvernement d'Edouard Philippe y compris je suis bien placé pour le savoir à Nantes et dans l'agglomération de Nantes dont je suis l'élu depuis de nombreuses années. Donc je ne crois pas comme dit Corinne qu'il y aurait deux poids deux mesures en matière de sécurité d'ordre public nous sommes attachés à ce qu'il y ait de la sécurité de l'ordre public partout sur le territoire et quel que soit le type de mouvement on l'a connu aussi au moment des mouvements autour de la réforme de la SNCF.
Sur le fond ce que dit Corinne c'est que dans le fond les Français un certain nombre de Français sont pris au piège des résultats d'une politique qui a été menée pendant plusieurs dizaines d'années c'est la politique du tout voiture c'est la politique du tout pétrole c'est la politique du tout diesel et M.
Demorand ou Mme Salamé tout à l'heure nous parlions du nucléaire et souvent quand on parle d'énergie en France on dit la question c'est plus ou moins de nucléaire est-ce que c'est le taux nucléaire ou est-ce qu'on réduit mais vous savez qu'en France la politique de l'énergie en fait elle est sur deux piliers le nucléaire pour l'électricité le pétrole pour les transports aujourd'hui ce qui fait le plus d'émissions de gaz à effet de serre c'est le pétrole utilisé massivement dans les transports parce que le transport est massivement routier que ce soit pour la voiture pour les personnes ou que ce soit pour les camions ou pour les marchandises mais c'est aussi le chauffage et donc c'est là c'est ce sur quoi nous devons travailler et vous savez la stratégie française pour l'énergie pour les 10 ans qui viennent elle parlera aussi de ces consommations-là d'énergie qui sont les principales sources de gaz à effet de serre
André est au standard bienvenue André
oui bonjour à vous toutes
bonjour
voilà je vais vous poser je vais poser une question très très pragmatique en juillet 2018 je me suis rendu dans une concession française dont le président a quelques soucis à l'étranger si vous voyez je ne cite pas la marque pour acheter un véhicule là le vendeur m'a demandé mes besoins donc je lui expliquais un petit peu que je préférais opter pour une essence qu'un diesel sans démarche quelconque et là il m'a dit oui mais monsieur si vous achetez un véhicule essence vous allez payer un malus écologique de 300 euros alors j'ai dit attendez je ne comprends pas vous êtes en train de me dire que à puissance identique à modèle identique à véhicule semblable si je prends un véhicule qui est beaucoup plus cher je n'aurai pas de malus écologique si je prends un véhicule qui est moins cher donc essence j'aurai un malus écologique je me suis entêté j'ai pris un malus j'ai pris un véhicule essence j'ai donc payé 300 euros de malus écologique sur un véhicule essence neuf français alors réaction et je lui ai posé cette question mais j'ai dit je comprends pas parce qu'aujourd'hui tous les diesel actuels dont la voiture là vous allez me vendre est équipé d'un filtre qui piège les particules fines à hauteur de presque 100% c'est à dire qui ne rejette quasiment plus rien alors pourquoi je dois payer un malus écologique sur un véhicule neuf qui est équipé d'un filtre à particules
merci André André André on va donner la parole à François de Rugy qu'il réponde à ce témoignage rapidement s'il vous plaît c'est une illustration
sans doute concrète du fait que en effet pendant des années on a encouragé le diesel sur la base d'un critère qui était celui des émissions justement de CO2 et c'est vrai que parfois à taille équivalente un véhicule équipé d'un moteur diesel consomme un peu moins de carburant qu'un véhicule essence mais aujourd'hui nous avons renversé cela c'est ce que nous sommes en train de transformer et aussi avec cette égalisation des taxes entre le diesel et l'essence à la station service et c'est ça qui fait réagir aussi des gens qui eux contrairement à ce monsieur ont un véhicule diesel c'est une transformation qui est en cours nous l'accompagnons je ne sais pas si ce monsieur en a bénéficié mais la prime à la conversion 1000 euros pour tous les ménages 2000 euros pour les ménages non imposables 4000 euros si on est dans les tranches de revenus les plus basses et bien cela permet d'acheter des voitures moins polluantes et de mettre à la casse des vieux diesels
un dernier mot rapide s'il vous plaît sur le projet montagne d'or en Guyane vous aviez dit ici même qu'en l'état le projet était inacceptable l'entreprise qui veut exploiter cette mine a revu sa copie est-ce que cette nouvelle mouture est satisfaisante et qu'allez-vous décider
le ministère de la transition écologique et solidaire avait commandé avant que je sois nommé d'ailleurs avec le ministère de l'outre-mer un rapport pour évaluer et revoir ce projet montagne d'or dès que nous aurons ce rapport nous serons en mesure de prendre des décisions c'est déjà le signe si cette entreprise ce groupement d'entreprises russes et canadiennes a déjà changé un peu son projet le signe qu'en effet ça n'était pas faisable tel quel mais il y a d'autres critères et d'autres facteurs que ce que dit cette société montagne d'or
monsieur le ministre de la transition écologique et solidaire François de Rugy merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin c'est le signe
c'est le signe
François De Rugy