Violences urbaines: Bruno Retailleau propose une "majorité pénale à 15 ans"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:27RelanceÉludée
Est-ce que ces mesures de couvre-feu sont de nature à répondre à la gravité de la situation ?
- 1:27OuverteRéponse partielle
Pourquoi cette gradation ? Pourquoi attendre alors qu'on a connu une journée de chaos ?
- 1:49RelanceÉludée
Le Premier ministre a dit que ça pouvait être envisagé. Pourquoi alors qu'on a connu une journée de chaos ?
- 2:59FerméeRéponse directe
Vous avez été ministre de l'Intérieur. Est-ce que vous avez demandé la fermeté et la retenue en même temps à nos forces de l'ordre ?
- 3:58OuverteRéponse directe
À quel prix, M. Rotaillot ? Est-ce que vous, au pouvoir, vous prenez ce risque s'il y a une telle situation ?
- 4:19FerméeRéponse directe
Donc est-ce qu'aujourd'hui, l'État préfère un policier à terre qu'un casseur à terre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:13Invité politiqueFait
« Nous savons, et vous le demandez depuis longtemps, l'état d'urgence. »
- 1:42Invité politiqueFait
« Le Premier ministre a dit aujourd'hui que ça pouvait être envisagé. »
- 4:52PrésentateurChiffre
« Non seulement on n'avait pas 60 000, mais à l'époque, 89 000 policiers et gendarmes mobilisés. »
- 5:02PrésentateurFait
« Je n'avais pas caché les blindés de la gendarmerie, je les avais montrés. »
- 10:29PrésentateurPromesse
« Moi, je propose que la majorité pénale soit abaissée à 15 ans. »
- 12:01PrésentateurChiffre
« Avant le 17, il y a eu 10 000 interpellations. »
- 12:05PrésentateurChiffre
« 8 000 gardes à vue. »
- 12:10PrésentateurChiffre
« 2 700 poursuites. »
- 12:16PrésentateurChiffre
« il n'y a eu que 26 individus qui ont fait de la prison de la détention provisoire. »
- 17:12PrésentateurFait
« Extrême-gauche. »
- 17:39PrésentateurFait
« Moi, je dis l'extrême-gauche. »
- 22:16PrésentateurFait
« Jeune Garde que j'ai dissous. »
Temps de parole
- Présentateur68 %
- Bruno Retailleau24 %
- ?8 %
≈ 51,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir Bruno Rotaillot.
Bonsoir Sonny Mabrouk.
Merci d'être avec nous ce soir, candidat à l'élection présidentielle, ancien ministre de l'Intérieur, président des Républicains. Votre toute première réaction, c'est couvre-feu partiel localisé. Nous savons, et vous le demandez depuis longtemps, l'état d'urgence. Je vous poserai la question sur le fait qu
'il
n'ait pas été décrété encore. Mais c'est couvre-feu partiel, monsieur le candidat. Est-ce qu'ils sont de nature
à
répondre un temps soit peu à la gravité de la situation ?
Non, c'est trop faible, c'est trop faible. Le problème, quand la situation commence à échapper à l'autorité publique, c'est que si on ne tape pas fort tout de suite,
on
est en retard. Et quand on est en retard, on devra sans doute taper encore plus fort pour rattraper le retard. Donc j'ai proposé depuis hier l'état d'urgence. Pourquoi ? Parce que j'ai vu que dès hier après-midi, les troubles, les pillages continuaient.
Nous
savons qu'il y aura un acte 2 samedi prochain. Et nous savons qu'il y a aussi, le samedi 5, à l'initiative des syndicats, c'est leur droit le plus strict, une nouvelle manifestation. Donc on sait que l'état d'urgence ne peut pas servir ponctuellement. Non, mais en réalité, quand vous avez une situation dangereuse qui vous échappe, ils donnent des outils au préfet et au gouvernement, mais surtout au préfet, de reprendre les choses en main en matière de perquisition administrative, en matière d'assignation pour des individus qui peuvent représenter une menace à l'ordre public, en matière de restriction de la circulation, etc. D
'ores et déjà, vous dites que ces premières mesures de couvre-feu ne sont pas... On va voir sur le terrain,
on
voit bien déjà à Place de la République que ça se passe. Il y a quelques personnes et on va voir que c'est des difficultés pour le force de l'ordre. Ce n'est pas à l'auteur. Mais pourquoi alors Bruno Retailleau ? Pourquoi cette gradation ? Pourquoi attendre ? Le Premier ministre a dit aujourd'hui que ça pouvait être envisagé. Pourquoi alors qu'on a connu quand même une journée de chaos ? Attendre
?
Vous avez dans votre question, je pense, l'explication de ce qui s'est passé ces dernières heures. Je pense qu'en France, notamment avec le Président de la République, il n'assume pas l'ordre public.
Je
vais être très précis.
Quand
vous avez un Président de la République qui indique qu'il faut faire preuve d'empathie, c'était avec le mouvement des lycéens, mais on savait parfaitement qu'il y avait déjà des casseurs, des délinquants. Je suis désolé, un jeune qui est un délinquant, pour moi ce n
'est
pas un lycéen,
ce
n
'est
pas un jeune, c'est d'abord un délinquant. Mais quand vous envoyez ce message à la police,
à
la gendarmerie, vous les désarmez. Et idem sur la décision du ministre de l'Intérieur de suspendre l'usage des grenades assourdissantes et quelques jours après de la rétablir.
Vous
ne pouvez pas piloter
l
'ordre public par l'émotion.
Une
main coupée, c'est vrai, c'est grave.
Et
ensuite, la panique vous fait que vous revenez sur la décision. Donc d'un côté, vous interdisez, vous suspendez, et ensuite, tout de suite, vous rétablissez.
On ne
peut
pas demander la fermeté et la retenue en même
temps à nos forces de l'ordre
? C
'est impossible. C'est
impossible.
Vous
ne
l
'avez jamais demandé ainsi
en tant que
ministre de l'Intérieur ?
Je ne l'ai jamais fait. Et je vais vous dire une chose. J'entends est-ce que les consignes de maintien de l'ordre, là on était d'ailleurs au-delà du maintien de l'ordre. Là, c'était plutôt de l'émeute urbaine. Et on a un schéma que j'avais d'ailleurs préparé quand j'étais ministre de l'Intérieur. On est beaucoup plus sur l'hypothèse, non pas l'hypothèse, la certitude d'ailleurs, d'une question d'émeute urbaine plutôt que d'un simple maintien de l'ordre où on essaie de faire en sorte qu'une manifestation se passe bien. Ce que je veux dire, c'est que quand vous êtes ministre de l'Intérieur, président de la République, ce n
'est
pas seulement une directive ponctuellement à 48 heures ou à 24 heures avant une manifestation qui est importante.
Pour
que les policiers, les forts de l'ordre, qui risquent gros, parce qu'on a eu des centaines et même plus de mille blessés, c'est énorme, ils ont été frappés avec des marteaux, etc. Mais eux, vous écoutent tout au long de l'année, voyez
?
Et si en permanence, lorsque vous vous exprimez,
si
votre parole est flottante, si vous n'avez pas le courage de l'autorité, le courage de l'ordre public, l'ordre public, Sonia Mabrouk, pardon, c'est un rapport de force.
À quel prix, M. Rotaillot ? Ici même, il y a quelques instants avec Thibaut de Montbréal, on a évoqué le fameux syndrome, et ce fut un drame évidemment, Malik Ousikine. Soyons clairs, c'est-à-dire un drame, et tout dérape vraiment, même si beaucoup de
Français sentent
que ça a dérapé samedi. Est-ce que vous, au pouvoir, vous prenez ce risque s'il y a
une telle
situation ?
J'ai été ministre de l'Intérieur,
j
'ai connu des situations difficiles. Bloquant tout,
j
'avais donné
une
consigne très stricte, j'avais donné une consigne
d
'agilité, de mobilité, d'aller au contact. Et il savait que,
comme
ministre de l'Intérieur, je prenais mes responsabilités,
et
que je n'irais pas chercher la responsabilité des forces de l'ordre, des policiers ou des gendarmes,
mais
que ce serait ma responsabilité politique. Il le savait.
Il
savait quel ministre de l'Intérieur j'étais. Voilà. Et de ce côté-là, croyez-moi, ça a été efficace. Non seulement on n'avait pas 60 000, mais à l'époque, 89 000 policiers et gendarmes mobilisés. Je n'avais pas caché les blindés de la gendarmerie, je les avais montrés. Je voulais qu'ils soient visibles. Visibles pour dire à la voyoucratie, à ces casseurs, on vous attend de pied ferme. Voilà. Ben oui, c'est le rapport de force. Aujourd'hui, on est
malheureux... Pourquoi l'État ne l
'assume pas ? Parce
qu'il y a une trouille. Parce qu'il y a une trouille. Donc au
plus haut
sommet de l'État.
Il y a une trouille au plus haut sommet de l'État.
Donc est-ce qu'on préfère, et je pose la question,
je
l'ai posée tout à l'heure,
au
risque de... Mais c'est important de savoir.
C
'est-à
-dire,
est-ce qu'aujourd'hui, l'État préfère, dans une situation extrêmement tendue à laquelle personne ne veut qu'on arrive, un policier à terre qu'un casseur à terre
? Aujourd
'hui, concrètement, c'est le cas, souvent. Regardez la balance entre le nombre de policiers, de gendarmes blessés, et de l'autre côté, les pilleurs, etc. Très peu, en réalité. Quand on a vu les images, tous les Français le savent maintenant. Ils ont vu les boules de pétanque qui volaient à la tête des policiers. Ils ont vu les pavés. Ils ont vu les barres de fer. Donc, pardon, quand j'entends, pas seulement les filles d'ailleurs, des gens de gauche, y compris de gauche, des écologistes, dire «
Ah
oui, mais quand même, cette violence, etc.
»
Madame Rousseau, j'appelle au calme la police. Mais de quoi se moque-t-on ? On devrait la mettre en première ligne. Elle verrait ce qui se passe en première ligne.
Ce
sont des barbares. Ce sont des barbares, bien sûr. Ils sont totalement décivilisés. Et pour eux, une vie ne compte pas, voyez. Je voyais, vous avez vu cette image d'un de ces casseurs, de ces pilleurs, un commerçant
tentait
de protéger lui-même sa boutique parce que sans doute qu
'il
lui avait investi toute sa vie, toutes ses économies. Et il se retourne et le type lui donne un énorme coup de pied dans la colonne vertébrale.
Mais
ces gens-là, il faut la force. C'est le rapport de force.
Le
rapport de force, dites-vous. On va parler aussi de la réponse pénale puisque les premières sanctions sont en train de tomber. Mais il y a une question majeure, Bruno Rotailleau. On a vu des mairies attaquées.
On
a vu les symboles du cœur battant, de la démocratie à terre.
Est
-ce que vous imaginez aujourd'hui, vous qui avez été au cœur de cette machine,
qu
'on ait pu laisser faire ?
Non,
mais qu'on ait pu laisser faire, on n'a pas laissé faire. Pardon, autant je peux émettre un certain nombre de critiques sur tel propos, sur telle attitude, mais personne n'a voulu laisser faire les dégâts.
Donc ça a failli ou à quel niveau ? Quand
le ministre de la Justice dit
les renseignements, vous imaginez que nos renseignements n'ont pas suffisamment averti sur une
telle
situation ?
Prenons les renseignements.
Tant
que vous n'autoriserez pas
les
renseignements
à
aller chercher ces voyous, notamment sur les messageries cryptées, personne aujourd'hui ne s'étonne qu'on puisse faire des écoutes téléphoniques, y compris sur le téléphone satellitaire.
Mais
je me souviens, pour le narcotrafic, pardon, sur des narcotrafiquants, j'avais tenté, moi, de faire passer une disposition à l'Assemblée nationale qui avait été rejetée, y compris par le Rassemblement national, d'ailleurs.
Mais
tant qu'on ne fournira pas les moyens d'aller chercher l'information, où est la formation ? On aura un vrai problème.
Mais vous entendez ce qui est dit par une partie de la classe politique, c'est liberticide, M. Rotaillot ? On ne serait plus en démocratie, ça ne serait plus la France.
Ben voilà, vous touchez là le problème majeur.
On
est dans une société du chacun pour soi, des droits individuels poussés à l'extrême.
Et
il s'est produit progressivement, d'année en année, un glissement.
Un
glissement auquel les Français n'ont pas consenti, d'ailleurs. Ils n
'ont
jamais voté pour ce
glissement.
Le glissement, c'est qu'on veut protéger beaucoup plus les droits individuels, y compris délinquants, plutôt que des droits collectifs de la société, pour se protéger. On en est là.
C
'est la raison pour laquelle, dans les propositions que je fais, je veux une loi anti-casseur qui permettent de condamner solidairement, collectivement, pénalement aussi, et aux civils, des individus qui se trouvent dans un attroutement.
Collectivement, qui va contre le principe de l'individualisation des peines. Vous dites aujourd'hui qu'il faut dépasser ce cas ?
Mais bien sûr, ça a existé en France, d'ailleurs. Ça a existé dans notre état de droit, puisque ça a existé avant que la gauche ne prenne le pouvoir en 81. Et aujourd'hui, pardon, on en est là. Donc je préfère quand même les gens qui se trouvent
dans
un attroutement et qui ne peuvent pas apporter la preuve qu'ils s'en sont désolidarisés, ça veut bien dire qu'ils étaient
solidaires.
Vous savez très bien qu
'il
y
a
des avocats spécialisés et très spécialisés et qui font très bien leur travail et qui protègent aujourd'hui parfois certains des individus qui se retrouvent dans des groupes et qui ensuite sortent et ressortent tout simplement parce qu'on n'arrivera jamais à prouver avec évidemment le visage masqué que c'était
bien eux et qu'ils ont
participé.
Je suis le seul à mettre une proposition de rupture sur la table
par
la révision de la Constitution en annexant, vous savez qu'il y
a
une charte de l'environnement dans la Constitution. Eh bien moi, je propose d'annexer une charte de l'ordre républicain
où
il y aura par exemple ce genre de mesures. Il y aura par exemple une mesure pour des peines minimales. Regardez le jeune bulgare, 15 ans.
À
Belfort. Il
tabasse à Belfort avec des coups
de
pied sur la tête d'un policier qui est à terre
et
il va faire quelques jours de détention provisoire et il va ressortir libre. Libre parce que mineur. Moi, je propose que la majorité pénale soit abaissée à 15 ans parce que, pardon, à 15 ans, on peut comprendre, on doit comprendre que lorsqu'on cherche à tuer quelqu'un, lorsqu'on va piller
ou
pire,
on
doit le comprendre. En tout cas, on a l'esprit suffisamment formé et on est suffisamment mature pour pouvoir le comprendre. Donc,
on
est responsable.
Bruno Rotaio, je vais vous interroger sur la réponse pénale. On commence à avoir des informations par le ministère de la Justice mais je vous entends depuis tout à l'heure fermeté, sanctions, parfois peut-être même force, répression, je ne sais pas si vous utilisez
le mot. Assumer la force
légitime.
Aujourd'hui, le problème de l'État régalien c'est que l
'État régalien a peur
d'assumer la force légitime. c'est la
France apaisée ? Marine Le Pen met en avant la fiche d'une France apaisée. Est-ce qu'avec vous, avec la force, la répression, l'autorité, l'ordre, c
'est
la France apaisée malgré tout
? Mais bien sûr, parce que,
je vais vous dire, l'ordre républicain, c'est ce qui permet la liberté. Quand il n'y a pas d'ordre, le désordre, c'est l'asservissement.
Vous
ne pouvez pas circuler librement.
Il
ne peut pas y avoir d'égalité non plus, parce que ce sera la loi de la jungle. On l'a vu, les rues de Paris étaient livrées au plus fort et il
n
'y a pas non plus de fraternité. La fraternité, justement, c'est l'apaisement, c'est la concorde civile. Donc, la devise républicaine, liberté,
égalité et
fraternité, n'est possible
qu
'à travers l'ordre républicain.
Et
la réponse pénale, le gouvernement espère une réponse à la hauteur. Le ministre de la Justice, ça vous fait sourire
?
Oui, ça me fait sourire.
Vous n'y
croyez absolument pas ?
Non, non, voyez, avant le 17, il y a eu 10 000 interpellations. 10 000. 8 000 gardes à vue, ça veut dire que pour garder à vue, il faut déjà commencer à constituer un dossier. 2 700 poursuites et sur les 2 700 poursuites, il n'y a eu que 26 individus qui ont fait de la prison de la détention provisoire. Donc, on va nous endormir encore en disant, voilà, on a
poursuivi. Gérald Darmanin
dit à l
'instant avec
des peines de prison fermes qui sont effectives et annoncées.
On fera le compte. Moi, je demande, je demande à ce que le Parlement, je demande à ce que le Garder des Sceaux renseigne les Français très précisément avec une comptabilité très, très précise, pas seulement vague sur les poursuites. Vous pouvez avoir des poursuites.
Voici ce qu'a
annoncé M. Darmanin. Il y a eu jusqu'à 50 prisons prononcées en mandat de dépôt.
Oui,
je pensais que vous vous
alliez déclencher une
interview. Qu'est-ce que ça veut dire
? Je
vous ai donné des chiffres.
J
'ai donné un cas. Ce bulgare, 15 ans,
qui
tabasse un policier, il
n'y
a rien.
Donc,
c'est de l'affichage, c'est
de la communication,
de manière de se protéger aujourd
'hui
?
Pour la première fois depuis des années et des années, un syndicat de police, Alliance,
a
déposé une plainte contre l'État.
Vous la soutenez, cette plainte
?
Écoutez, je soutiens les policiers, je soutiens les forts de l'ordre et je les connais bien,
je
les connais bien, je les ai pratiqués
et
croyez-moi, souvent, je leur disais qu'au milieu du pire, ils étaient pour moi le meilleur.
Mais M.
Ruppé, c'est
inédit quand même une plainte contre l'État.
Oui, mais c'est que...
Et
sans doute
que des commerçants pourraient même porter
plainte
si
on ne protège pas. Oui.
Pour
défaut de
protection.
Absolument, c'est vrai. Mais si on ne protège pas ceux qui nous protègent, s'ils ont été poussés à cela, ça veut dire qu'ils étaient démunis.
Quand
vous n'assumez pas le courage de l'ordre public, vous désarmez. Je pense que le propos, les propos du président de
la
République ont désarmé nos forces de l'ordre.
Il est le premier ingénieur du chaos à vous entendre.
Je
ne dirais pas jusque-là.
J
'essaie d'être nuancé. En tout cas, il a une responsabilité. Malheureusement, ce n
'est
pas l'allocution, la courte allocution d'hier soir qui a porté aux Français des preuves de rassérennement, d'apaisement.
Laurent Nunes, le ministre de l'Intérieur, c'est une information BFM TV en ce moment en déplacement à Marseille. Nous avons eu hier en direct le maire de Marseille, Benoît Payan. Lui, il demande, M. Rotaillot, des comptes. Il veut savoir. Il veut savoir pourquoi il y avait si peu d'effectifs à Marseille. Il veut savoir pourquoi des casseurs, des pilleurs, des émettis sont rentrés dans sa mairie. Et ces images, elles font mal au cœur. Tous les Français, d'ailleurs tous les Français étaient, si je puis dire, marseillais quand ils ont vu ce bis de Marianne et quand ils ont vu ces mairies, comme à Limoges.
Vous
avez raison, ce sont des symboles, les symboles de la France, les symboles de la République. Une mairie, des mairies, une résidence préfectorale,
Margane. Qu'est-ce qu'on
répond au maire de Marseille ? Est-ce que vous avez compris ? Est-ce que vous comprenez son interrogation et derrière même
? Moi,
je
la comprends. Le sous
-entendu qu'il dit. Je
la comprends, cette
interrogation. Je pense qu'à l'avenir, malheureusement, on devra, Dieu sait si je pense, qu'il faudra faire des économies, mais là où il ne faut surtout pas en faire, sans doute dans la santé en matière, comment dirais-je, de personnel de soins à l'hôpital, mais aussi pour les forces de l'ordre. Bien sûr que là, du coup, on les envoie vraiment au front. Simplement, j'observe quand même que tous ces gens de gauche que j'entends aujourd'hui,
je
les ai parfois aussi entendus.
Il
y
a
eu des Jean-Pierre Chevènement,
il
y a eu des Bernard Cazeneuve qui avaient ce courage, je le dis, et pourtant, ils sont de gauche, d'assumer, voyez, cet ordre républicain. Mais bien souvent, bien souvent, notre tradition, dans notre pays, la gauche n'a pas souvent soutenu un certain nombre d'initiatives que nous voulions prendre, précisément.
Moi, j'ai posé la question à M. Payan, il m'a dit, moi, jamais, j'ai toujours dit que je voulais des forces de l'ordre, mais il y
a
une discussion sur l'armement ensuite. Mais ces images...
Écoutez l'armement, quand vous...
Ces images,
comment elles sont
possibles ? Vous avez été ministre de l'Intérieur. Comment des symboles, des mairies, comment on peut rentrer dans une mairie comme on rentre dans un espace ouvert ?
Ce
qui est terrible aujourd'hui, ce qui a choqué les Français, c'est pour ça qu
'ils
sont en colère.
Ils
ont vu que l'État était défaillant, qu
'il
ne les protégeait pas. Et ils sont d'autant plus en colère qu'ils n'ont jamais payé autant d'impôts. Et ils se disent, mais le premier boulot de l'État, là où on attend l'État, c'est au moins qu'il nous protège. Et ce que je crains, moi, et c'est la raison pour laquelle j'ai demandé, par exemple, l'État d'urgence, pourquoi est-ce que je veux être très ferme ? Pourquoi est-ce que cette autorité, on doit l'imposer ? Parce que si on ne l'impose pas, demain, il y aura des milices. Demain, vous allez voir, vous aurez des commerçants, on les a vus à main nue, essayer de protéger leurs boutiques. Ils n
'y
sont pas parvenus.
Qui
vous dit que demain, si des individus rentraient dans des maisons, dans des logements, dans des immeubles, certains ne seraient pas tentés, devant la défaillance de l'État,
de
prendre des armes ? C'est ça que je crains. Il ne faut pas en arriver là. Surtout pas. Surtout pas. Et pour cela, justement, force doit rester à l'État et l'État doit l'employer.
Qui sont les casseurs ? Qui sont les émeutiers ? Qui sont ces destructeurs et ces fauteurs de troubles ? Ultra-gauche, c'est ce que vous dites
?
Extrême-gauche.
Je dis extrême-gauche. Vous ne dites pas comme le gouvernement parce que vous estimez ?
Oui,
oui,
je sais. Je connais la nuance de la
sémantique. Pourquoi M.
Lecornu utilise cette nuance ?
Parce
que ultra-gauche, c'est pour faire en sorte qu
'on
dédouane un petit peu l'extrême-gauche. Vous voyez ?
L
'extrême-gauche, le Conseil d'État,
il y
a quelques mois, personne ne s'en souvient, a classé les insoumis avec cette qualification d'extrême-gauche. Moi, je dis l'extrême-gauche. Donc vous
pensez que le gouvernement
veut épargner la France insoumise
? Je ne vais pas jusque
-là, mais il y a des précautions de vocabulaire. Moi, je n'en suis plus là. J'essaie d'appeler un chat un chat. D'ailleurs, entre nous, c'est quand on dit la vérité sur ce que l'on voit qu'on est crédible. Et l'ordre public, ça commence aussi par ne pas biaiser. Il y a tellement d'hommes et de femmes politiques qui trichent avec la réalité, qui essaient de la masquer, de l'euphémiser, de la minimiser.
Quand
il s'agit de parler de quoi ? Parce que certains ont évoqué et les informations sont confirmées de certains individus venant des quartiers, des banlieues. Est-ce que vous dites la faillite de décennies de la politique migratoire ?
Bien sûr. Mais bien sûr.
Les droits et les gauches comprises, alors.
Le cœur des... Pardon. Pardon. J'ai été le premier, parfois, à pointer les insuffisances de la droite.
Quand
j'entends encore les cris d'orfraie sur la politique de Nicolas Sarkozy qui avait créé un ministère d'identité, de l'immigration, j'entends, je connais les déclarations qui avaient été faites.
Il
faut être très clair.
Ce
mouvement, ça a été la convergence, la rencontre, à la fois de ces mouvements d'extrême-gauche, très organisés, très organisés,
qui
veulent détruire la République, qui ont, en réalité, un agenda révolutionnaire, insurrectionnel.
Et,
d'un autre côté, la racaille, les barbares des quartiers.
Voilà.
Et ça n'est pas, je veux dire, comment dirais
-je,
un amalgame de dire que, malheureusement, la machine à intégrer, la machine à assimiler, elle est en panne. Et vous voyez, je connais beaucoup d'immigrés d'ailleurs, il y avait, il y avait un reportage, il y avait, qui
tenait un magasin,
un Français, sans doute issu de l'immigration, mais il était écœuré. Mais il faut se battre pour cela. Mais on
en est là,
aujourd'hui,
M. Rottel, à
dire qu'il
y
a des Français issus de l'immigration qui n'étaient pas avec ses payeurs et ses casseurs.
Mais heureusement, mais franchement,
majoritairement, Éric Zemmour n
'a pas fait cette discussion.
Non, mais je
sais, mais c'est un idéologue. Moi, je ne
suis
pas un idéologue. J'essaie d'être juste, mais de dire les choses. Et dire les choses aujourd'hui, c'est que vous avez, malheureusement, une partie... J'étais dans une famille franco-algérienne il y a quelques jours et je voyais, j'entendais la grand-mère qui s'exprimait, mais il n
'y a
pas plus Française qu'elle.
C'est
savoureux que vous, vous étiez
dans une famille franco-algérienne quand on
sait tout ce que vous avez dit sur
l'Algérie. Ce serait intéressant
de savoir dans quelles
conditions vous êtes allé.
Vous verrez les conditions dans lesquelles j'ai...
Vous ne pouvez pas nous en
dire un peu
plus ce soir ? Non,
non, non.
C
'est un cadre, je suppose, politique.
C
'était un cadre politique et médiatique. Mais chapeau, elle n
'a
pas mes idées.
Vous avez dû remettre une
décoration
? Elle trouve
sans doute que je suis trop dur avec le régime algérien. Peu importe. Mais croyez-moi, elle aime la France. Le problème, c'est que vous avez des générations qui ne sont pas les premières générations d'immigration. Donc ça n
'a
rien à voir avec la couleur de peau. Ça n
'a
rien à voir avec la religion. C'est simplement que vous avez ce qu'on appelle une désaffiliation. C'est-à-dire qu'il y a une coupure. On n'aime pas la France. On veut brûler le drapeau français. On va prendre un drapeau étranger, etc. Vous vous souvenez, c'était Thierry Henry qui était le capitaine de l'équipe de France au moment de l'équipe du match France-Algérie
où
la Marseillaise avait été sifflée. Souvenez-vous, vous étiez très jeune à l'époque.
Le verre était déjà dans le fruit à
cette époque-là. Il avait dit
ce soir, c'était en France, en Ile-de-France, dans le stade. Il avait dit ce soir, on a joué à l'extérieur.
Vous
voyez
?
Mais alors, vous dites...
Donc ce
sont des décennies de l'acheter, oui.
Des
décennies de l'acheter et auxquelles vous dites « moi, je n'ai pas participé ». Au contraire, dites-vous. Mais alors là, s'il fallait rétablir l'ordre, on va conclure Bruno Rotaille. On a compris état d'urgence, plus largement certaines politiques, donc autorité, politique migratoire et... Pardonnez-moi ?
Pour bien faire comprendre l'état d'urgence et l'immédiat. Ensuite, pour pérenniser, il faut une loi anticasseur qui soit beaucoup plus robuste. Mais l'écosystème
politique,
expliquez-nous cette décision d'interdiction,
cette
décision, cette volonté, cette proposition d'interdiction de la France insoumise. Personne
ne la comprend.
Non, personne ne la comprend. C'est dommage.
Vous
avez un parti qui propage l'antisémitisme. M. Mélenchon a fait des jeunes mots douteux sur des noms à consonance juive, comme M. Le Pen avait fait en 89. Vous avez M. Raphaël Arnaud, député France insoumise, qui a fondé la Jeune Garde, Jeune Garde que j'ai dissous, voilà, et Jeune Garde qui est impliquée notamment dans le meurtre
de Quentin de Ranck. Et là, on parle d'un parti politique
avec des millions quoiqu
'on souhaitiez
de
militants, de
sympathisants et dont un leader pourrait être au second tour de l'élection présidentielle. Vous
vous rendez compte ?
Ils sont en train d'encourager la violence. Ils sont en train de brumiser la violence partout, partout. Ils sont en train de vouloir, là c'est la répétition générale de ce qui se passera au troisième tour de l'élection présidentielle. Ah,
c'est un galop d'essai
si Marine Le Pen pas
?
Bien sûr, bien sûr que
c
'est un galop d'essai. Il y a cela aussi, le mouvement avec les étudiants. Mais vous avez un parti politique qui revendique la brutalisation, la conflictualisation et même la violence. Quand j'ai dissous la Jeune Garde, je me souviens les propos de M. Mélenchon. Allez-y, bravo, continuez, continuez les jeunes. Voilà, c'est lui.
Mais M. Théo, dissoudre la Jeune Garde est une chose, la France insoumise. Non,
mais je dis aux médias, je dis à la
classe
politique, réveillez-vous, regardez ce qu'ils sont en train de faire. Bien sûr, M.
Mélenchon,
M. Mélenchon, mais le microcosme, jamais on ne tire... Écoutez, si un autre parti, de l'autre côté de
l
'échiquier politique, faisait 1% de déclarations ou des actes de ce que les insoumis font aujourd'hui, et ce serait dans les rues, mais des millions à juste titre. Vous dites quoi
? Qu'il
y a
une
complaisance
politique, médiatique d'un écosystème pour la
France ?
Il y
a
un privilège rouge.
Quand
vous êtes à gauche ou à l'extrême gauche, vous êtes excusé d'avance. Voilà. Vous êtes excusé dans le milieu politique, vous êtes excusé, vous bénéficiez de circonstances atténuantes.
C
'est ce que je dis. Et remarquez bien que j'avais indiqué les montants sens que je mettais cette question sur la table. Je connaissais parfaitement les difficultés, mais il faut réveiller le pays là-dessus. Croyez-moi, les Français, ils savent ce que c'est. Bien sûr, M. Mélenchon,
c
'est un peu un docteur Jekyll.
Vous
avez une face un peu patelin, un peu sympathique, souriant à souhait. Et puis de l'autre côté, vous avez ces déclarations. Vous avez un parti... Mais regardez, même M. Ruffin, qui l'a approché de très près, François Ruffin. Il a fait un livre. Oui. Eh bien, il a indiqué que dans son livre, il y avait un comportement qui éthnait, par exemple, qui géographiquement avait une approche qui était ethnique.
Voilà.
J
'entends, M. Rotaillot,
mais
le combat politique restera quand même, c'est la
primauté dans une démocratie. D
'ailleurs,
en parlant
de démocratie, est-ce qu'il y
a
un risque sur l'élection ? Il y a eu ces propos du Premier ministre Sébastien Lecornu qui parlent d'une sécurisation des candidats et des meetings. de
quoi parle
-t-il de menaces particulières
sur vous tous ? Je vais lui
renvoyer la politesse.
On
a été convoqués il y a quelques semaines, c'est mon directeur de campagne qui est allé,
pour
savoir quelles étaient les dates de l'élection présidentielle, notamment pour le second tour. Et
la
très grande majorité disait surtout pas le 2 mai, on ne
va
pas faire le 1er mai, on va prendre le risque de manifestations et de troubles à l'ordre public et le lendemain aller aux urnes. Comme par hasard,
le
gouvernement,
le
président de
la
République, ont choisi d'organiser le 2 mai, c'est-à-dire après le 1er mai, le second tour de l'élection présidentielle.
Mais
si on voulait bordéliser le second tour, on ne
s
'y prendrait pas différemment.
Avec
ce qu'on a vécu,
ça
peut remettre en cause les dates
? Je
l'ai remis en cause et j'aimerais que le président de la République et le Premier ministre... À
six mois de...
On est à... Mais
bien sûr, et alors ? Et alors, Sonia Mabrouk ? Non, non, je pose
la question. Est-ce que
tous les Français, les Françaises qui ont vu ce triste spectacle honteux d'une France humiliée,
d
'une France pillée, saccagée, voient bien le risque qu'il y a
à
faire une organisation du second tour alors qu'on va être sur une élection présidentielle qui va déterminer
du
destin de la France ? Vraiment. Pour moi, c'est une élection de la dernière chance. Je pense qu'on peut encore, c'est pour ça que
je
me présente.
Donc la date choisie est une date de bordélisation ?
C'est une date qui est une mauvaise date pour l'expression de la démocratie.
Il serait encore
temps de la changer. L'expression de la
démocratie mérite du calme, mérite de la sérénité. Vous pensez bien que si la veille, vous avez, et jusque tôt le matin, vous avez des exactions, ce que l'on a connu, vous vous rendez compte ?
Mais
c'est totalement contraire à l'idée qu'on se fait dans les démocraties des organisations des votations, notamment des scrutins. Franchement, vous imaginez des mairies qui sont des bureaux de vote par ailleurs ? Pourquoi ? Je pose la question ce soir. Je suis encore stupéfait. Pourquoi a-t-on choisi sciemment alors que la majorité des partis politiques à cette réunion avaient déconseillé cette date-là ? Pourquoi ?
C
'est curieusement cette date-là
qui
a été choisie.
En
un mot et pour conclure, Bruno Rotaio, si vous deviez qualifier la fin de règne d'Emmanuel Macron,
que
diriez-vous
? C
'est triste.
C
'est triste.
C'est triste. Sous-titrage Société Radio-Canada
Bruno Retailleau