Les Assises des départements s'ouvrent à Reims dans un contexte de "dégradation des comptes", alerte Jean-Marc Roze
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Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
On en parle donc avec le président du département de la Marne qui est notre invité ce matin et qui répond à Louison Leroy.
- 0:24OuverteRéponse directe
Les départements, on le sait, se plaignent de devoir faire toujours plus avec moins de moyens.
- 0:27OuverteRéponse directe
C'est clairement le financement des départements qui va dominer vos échanges pendant trois jours à Reims.
- 1:43FerméeRéponse directe
Est-ce que la Marne est concernée ? Et si oui, à quelle hauteur ?
- 2:21RelanceRéponse partielle
Mais vous reconnaissez qu'il y a un effort budgétaire global à faire pour redresser les comptes du pays, Jean-Marc Rose.
- 3:39OuverteRéponse directe
Ça veut dire qu'on ne pourra plus faire face si rien ne change, Jean-Marc Rose.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:46Invité politiqueChiffre
« Sur les trois dernières années, les départements de France ont augmenté leurs dépenses de pratiquement 3,7 milliards »
- 0:53Invité politiqueChiffre
« et ont eu en recette 600 millions. »
- 0:56Invité politiqueChiffre
« Donc une dégradation des comptes des départements de plus de 3 milliards. »
- 1:23Invité politiqueFait
« Souvent d'ailleurs, les augmentations sont dictées par l'État et non compensées. »
- 1:49InvitéChiffre
« Plus de 5 milliards de coupes pour les collectivités dans leur ensemble, donc près de 2 milliards pour les départements »
- 2:11Invité politiqueChiffre
« on serait impacté entre 12 et 14 millions d'euros. »
- 3:49Invité politiqueFait
« nous avons, il y a 100 et une centaine de pompiers de la Marne qui sont allés aider les pompiers qui étaient en service pour des incendies extrêmement importants dans Gironde, par exemple. »
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Rendez-vous encore plus politique que d'habitude à six mois de la présidentielle et dans un contexte budgétaire très compliqué. Les départements de France se réunissent à Reims aujourd'hui, jusqu'à vendredi, pour leur 95e congrès annuel. On en parle donc avec le président du département de la Minde qui est notre invité ce matin et qui répond à Louison Leroy.
Bonjour Jean-Marc Rose. Bonjour Monsieur. Les départements, on le sait, se plaignent de devoir faire toujours plus avec moins de moyens. C'est clairement le financement des départements qui va dominer vos échanges pendant trois jours à Reims
?
Pas que, mais essentiellement oui, parce qu'on a des soucis par exemple avec les pompiers et puis on va dire aussi sur nos compétences en général. Alors sur le financement, c'est très clair, je vais vous résumer deux chiffres. Sur les trois dernières années, les départements de France ont augmenté leurs dépenses de pratiquement 3,7
milliards
et ont eu en recette 600 millions. Donc une dégradation des comptes des départements de plus de 3 milliards.
On
constate depuis ces dernières années que nos dépenses qui sont contraintes, ce sont des dépenses qui sont totalement obligatoires. Ce sont des dépenses sociales, vous le savez, je vous les rappelle d'ailleurs. Il y
a
l'autonomie des personnes âgées, il y a le handicap, il y a l'aide à l'enfance et puis il
y
a l'insertion, le RSA. Toutes ces dépenses sont dictées en fait par la loi et par l'État. Souvent d'ailleurs, les augmentations sont dictées par l'État et non compensées. Ce qui fait que depuis des années maintenant, les départements français dégradent leurs finances de façon assez importante. Cette dégradation se verra bien entendu dans les investissements, puisque si on a moins d'argent,
on
ne pourra plus investir sur nos routes, nos collèges, etc.
D'autant que le gouvernement cherche à faire des économies dans le prochain budget et veut mettre à contribution les collectivités. Plus de 5 milliards de coupes
pour
les collectivités dans leur ensemble, donc près de 2 milliards pour les départements, via une nouvelle contribution progressive à l'effort budgétaire pour certains départements. Est-ce que la Marne est concernée ? Et si oui, à quelle hauteur
?
Si nous sommes concernés, parce que je ne connais pas encore tous les critères que l'État va établir, si nous sommes concernés, nous avons fait nos calculs avec notre service des finances, on serait impacté entre 12 et 14 millions d'euros. Autant dire que là, on sera dans le rouge.
Là, ça
aurait des
conséquences concrètes sur le fonctionnement.
Ah
oui, bien sûr. Mais vous reconnaissez qu'il
y a
un effort budgétaire global à faire pour redresser les comptes du pays, Jean-Marc Rose.
Ah oui, mais moi je vous dis sincèrement que ça ne peut pas être les collectivités qui, eux, n'ont pas augmenté leurs dépenses.
Les
dépenses, en tous les cas,
ont
été raisonnables sur leurs dépenses, sauf celles qui sont contraintes. N'ont pas augmenté la dette, en tous les cas, et la seule dette qui augmente, c'est celle de l'État. Parce que l'État est déficitaire, à partir de septembre, on paye nos fonctionnaires et tout ce qu'on a payé à crédit, ce qui fait qu'effectivement, on vient grossir les dettes. Comment
on
peut continuer dans une telle situation ? Il n
'y
a aucun ménage qui pourrait, pendant 52 ans, puisque ça fait 52 ans qu'on s'endette en France, qui pourrait avoir plus de dépenses que de recettes. Donc il faut impérativement baisser les dépenses en France, parce qu
'on
ne peut plus augmenter les impôts. Il y a des gros efforts à faire. Ce n
'est
pas 40 ou 50 milliards, c'est 135 milliards qu'il faut faire d'efforts. Et ça, il faut les faire sur 4-5 ans, parce
qu
'on ne pourra pas les mener en une seule année. Et comme ça, on arrêtera d'endetter la France, parce qu'on ne peut pas laisser une situation pareille à nos enfants et nos petits-enfants.
Les départements sont aussi, vous l'évoquiez, les premiers financeurs des SDIS, donc les sapeurs-pompiers. On sort d'un été de tous les records sur le front des incendies, notamment dans le sud de la France. Tous les départements sont menacés. Il y a tout un pays à armer. Ça, c'est le nom d'une table ronde qui est prévue lors de ces assises à Reims. Ça veut dire qu'on ne pourra plus faire face si rien ne change, Jean-Marc Rose
?
Alors, effectivement, les pompiers, d'ailleurs, il faudrait simplement, au passage, rappeler à vos auditeurs, M. Leroy, que nous avons, il y a 100 et une centaine de pompiers de la Marne qui sont allés aider les pompiers qui étaient en service pour des incendies extrêmement importants dans Gironde, par exemple. Il est certain que l'état des SDIS est difficile. Nous, dans la Marne, on a toujours essayé d'apporter les investissements nécessaires. Mais vous savez, je vais vous dire une chose qui est quand même incroyable. On peut le noter. C'est que l'état a mené des discussions sur le financement des SDIS. Qui est le principal financeur des SDIS ? Ce sont les départements.
Qui
sont ? Ce sont les départements. Eh bien, nous ne sommes pas à la table des discussions. Moi, je trouve ça quand même assez symptomatique de l'état de la France
et
de l'état
de
nos
gouvernants. Vous plaidez pour un pacte de Reims. C'est un cri d'alerte aux candidats à l'élection présidentielle ?
Alors,
ça n'a échappé à personne que nous sommes à 6 mois ou 7 mois de l'échéance des élections pour la présidence de la République. Évidemment, on va avoir un certain nombre qui vont passer. Nous, ce qu
'on
souhaite, c'est après avoir échangé entre présidents et entre conseillers et vice-présidents, concevoir un pacte qui soit à la fois un pacte qui assoie les compétences des départements de manière cohérente, mais surtout un pacte qui fasse décider que nous ayons des recettes pérennes.
Enfin, d'un mot sur ces assises. Trois jours à Reims, c'est 850 000 euros à peu près l'organisation. Est-ce que vous espérez des retombées
?
Oui, alors d'abord, la lumière sur notre département, sur la ville de Reims, puisqu'on a choisi Reims pour une question de capacité automnière. Je sais qu'il
y a
à peu près 3 000 unités qui ont été réservées, donc ça fait une retombée économique très importante, plus des boutiques et des restaurants pour les accompagnants qui pourront fonctionner également. Ne serait-ce que pour manifester l'ambiance qu
'il
peut y avoir au sein du département, nous avons parmi notre personnel 160 volontaires qui vont venir apporter leurs mains fortes à l'organisation
de ces assises à Reims. Merci beaucoup Jean-Marc Rose et bonnes assises des départements de France qui se tiennent à Reims pendant 3 jours. Vous êtes le président du conseil départemental de la Marne. Très bonne journée à vous.
Merci à vous deux. Restez avec nous, il est 7h52.
Jean-Marc ROZE