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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 26 septembre 2023 25 min

Planification écologique, carburants, énergie, Mayotte : Le "8h30 franceinfo" de Christophe Béchu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Christophe Béchu

France Info

0:02
Présentateur

Bonjour Christophe Béchut.

0:05
Christophe Béchu

Bonjour Sarah Braclia.

0:07
Présentateur

Braclia, vous étiez au côté d'Emmanuel Macron hier lors du conseil de planification écologique. On va en parler en détail dans un instant. Mais d'abord la première ministre réunit distributeurs et raffinaires cet après-midi pour leur demander de vendre les carburants à prix coûtant. Ils ont déjà dit non pour la vente à perte. Que se passera-t-il s'ils vous disent non une nouvelle fois pour le prix coûtant ?

0:26
Christophe Béchu

J'ai aucun doute sur le fait qu'ils ne seront pas dans cette posture. Une partie d'entre eux, ces dernières semaines, comme d'ailleurs certains distributeurs, ont expliqué que s'ils ne pouvaient pas baisser les prix, s'ils ne pouvaient pas faire d'efforts, c'était parfois en raison de textes, du fait qu'ils étaient obligés d'avoir des temps de négociation qui étaient longs, qu'il y avait des dates qui étaient impératives, qu'il y avait des textes qui l'écorsetaient. Donc à partir de ce moment-là, je n'ai aucun doute sur le fait qu'ils souhaitent, comme nous, faire en sorte de limiter l'inflation sur les Français.

0:50
Présentateur

Vous leur demandez de vendre à prix coûtant pendant combien de temps ?

0:53
Christophe Béchu

On leur demande de faire un effort qui soit évidemment le plus long et le plus adapté possible. Il faut bien comprendre deux choses. On est à la fois dans une volonté de sortir des énergies fossiles. Et donc l'idée qu'on utiliserait massivement de l'argent public pour aller soutenir le pétrole, elle va à l'encontre de la transition écologique. Mais dans le même temps, c'est une transition. Donc on a aujourd'hui des gens qui dépendent de leur voiture en particulier, ceux qui se retrouvent à faire beaucoup de kilomètres parce qu'ils habitent loin de leur travail, ou ceux qui ont besoin de leur voiture parce qu'il n'y a pas encore les alternatives existantes.

Et donc pour cela, on considère qu'il est juste qu'il y ait aussi un effort qui soit fait par ceux qui ne se sont pas oubliés quand les prix ont augmenté et qui ont aussi profité de cette inflation.

1:37
Présentateur

Vous parlez des raffineurs aussi, puisqu'Emmanuel Macron a dit on va regarder les marges des raffineurs, sauf qu'en fait il n'y a pas besoin de les regarder, on est tous au courant. Elles ont été multipliées par presque 5 ces derniers mois. La marge était autour de 25 euros la tonne, aujourd'hui c'est autour de 122. Est-ce qu'il est question de les taxer ces marges ?

1:53
Christophe Béchu

Il n'y a pas de tabou, il ne vous a pas échappé qu'on a précisément été chercher les surprofits des énergéticiens pour faire en sorte de financer une partie du bouclier tarifaire. Le sujet c'est bien que ce soit toute la chaîne de valeur qui soit mise à contribution pour qu'on puisse avoir des prix qui permettent de conjuguer la nécessité de ne pas utiliser de l'argent public pour soutenir le fossile et dans le même temps de tenir compte de cette fin de...

Ce que nous disons, ce que le Président de la République a exprimé, ce que la Première Ministre va dire à tout le monde, c'est que tout le monde doit faire un effort et vous ne pouvez pas seulement vous contenter d'aller commenter les choses ou d'expliquer que ce serait de la faute du gouvernement. Ce n'est ni vrai et c'est beaucoup trop facile.

2:31
Invité

Et quand vous dites, Christophe Béchut, qu'on ne peut pas subventionner massivement les énergies fossiles, ça aboutit à ce que certains considèrent comme des demi-mesures. 100 euros par véhicule et par an pour les travailleurs les plus modestes, la prime carburant, c'est trop ou trop peu ?

2:45
Christophe Béchu

On aura ce débat à l'infini, M. Chapuis. Et je l'entends parfaitement. Ce que je dis, c'est que de ne pas avoir une ristourne qui profite à tout le monde, y compris à ceux qui n'en ont pas besoin...

2:52
Invité

C'est un plein par an.

2:53
Christophe Béchu

Encore une fois, les choses, elles sont très simples quand on débat ou quand on discute de manière théorique. Il y a derrière des femmes et des hommes qui ont, pour certains, absolument besoin de leur voiture. On ne peut pas utiliser les ressources collectives des Français pour financer, pour entretenir notre dépendance au pétrole. Il faut qu'on investisse cet argent pour développer des alternatives, pour pousser à l'électrification, pour soutenir les pompes à chaleur, pour faire en sorte qu'on ait des alternatives qui nous permettent de lutter contre les règlements climatiques.

Et en même temps, on assume le fait que l'obsession de la fin du monde et de la manière de se mobiliser contre, elle ne doit pas nous conduire à ignorer les fins de mois qui peuvent être compliquées. C'est le chemin d'une transition solidaire. Ce sera toujours trop pour certains, trop peu pour d'autres. Quand vous êtes en responsabilité, vous ne pouvez pas vous réfugier derrière des IACA, des faux cons ou des fausses radicalités.

3:45
Présentateur

Christophe Véchuet-Emmanuel Macron a présenté sa planification hier pour atteindre l'objectif de neutralité carbone en 2050. Sauf que l'Agence internationale de l'énergie dit ce matin qu'il faut que les pays riches avancent leurs objectifs à 2045. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en fait, votre plan, il est déjà as-been, il est déjà dépassé ?

4:02
Christophe Béchu

Notre plan, il est surtout extrêmement précis pour les années qui nous séparent de 2030. Et je veux vous dire, c'est bien parce que ceux qui prennent des engagements pour dire qu'ils seront au top en 2049, mais qui ne vous expliquent pas comment ils vont y arriver, ceux-là, il y a peu de chances qu'on soit capable de les suivre. On est le premier pays au monde qui documente la manière dont, en 2030, on sera à 55% de baisse. Donc, on discutera de 2045 quand déjà on aura atteint nos objectifs de 2030. Il n'y a pas un pays au monde, à la minute où on se parle, qui ait trouvé la martingale complète pour être dans le bon rythme de baisse des émissions.

Ce qu'on essaye, ce qu'on a mis en place, ce que nous sommes le premier pays à faire, c'est une planification systématique qui explique où sont les endroits où nous allons faire collectivement des efforts pour baisser nos émissions.

4:45
Invité

Mais sur cette injonction ou ce conseil de l'AIE ce matin, avancer de 5 ans les objectifs qui étaient prévus pour 2050 à 2045 pour les pays riches, est-ce que la France dit oui ?

4:55
Christophe Béchu

La France, elle va à l'échelle européenne, à la fois regarder la position de l'AIE et arrêter une position commune. C'est ce que nous faisons depuis le début, la fin de la vente des voitures thermiques. C'est en européen qu'on l'a décidé. La mise en place du pacte vert européen qui est cet ensemble de 75 mesures pour accélérer de manière collective, on l'a fait ensemble. L'Europe, elle est aujourd'hui le continent où les émissions ont le plus baissé, 30% depuis 1990. Dans le même temps, les émissions, elles ont baissé de 10% aux Etats-Unis. Donc nous, pays développés et européens, nous ne sommes pas à la traîne par rapport aux autres.

Et pour autant, il faut quand même qu'on accélère pour tenir nos engagements.

5:33
Présentateur

Concret, si vous le voulez bien, monsieur le ministre, on en vient à parler des chaudières à gaz. Pas d'interdiction, dit Emmanuel Macron, mais une volonté de développer les installations de pompes à chaleur made in France pour ceux qui souhaitent y avoir accès. Ils auront le droit à une aide parce que ça coûte cher, en fait, les pompes à chaleur, entre 5 et 30 000 euros.

5:52
Christophe Béchu

Effectivement, en fonction de la taille, du volume de ce que vous avez à chauffer. Le sujet, il est très simple. Faire en sorte de lutter contre les règlements climatiques, c'est d'abord sortir des énergies fossiles. Et donc, on a deux sujets. Il ne faut plus de chaudière fioul et il faut beaucoup moins de chaudière gaz. Mais le problème, c'est qu'effectivement, une pompe à chaleur, ça coûte plus cher. Donc, qu'est-ce qu'on fait ? Un, on dit, avant toute autre chose, il faut qu'on aide nos industriels à construire un maximum de pompes à chaleur pour pas qu'on se retrouve demain à les subventionner des pompes à chaleur polonaises.

Ce sont eux qui sont les plus forts sur les pompes à chaleur, ou chinoises, de manière massive. Donc, on refuse une interdiction qui poserait des difficultés. On préfère un double mouvement, une écologie qui soit bonne pour l'économie. Donc, un soutien à une filière pour qu'on puisse produire jusqu'à 1 million de pompes à chaleur par an. Et en même temps, une augmentation des moyens consacrés à MaPrimeRénov' pour que le reste à charge sur une pompe à chaleur soit comparable à celui d'une chaudière gaz, notamment pour les plus modestes.

6:46
Invité

La question du rythme est très importante. Une spécialiste nous disait ce matin sur France Info, 1 million par an, c'est bien, mais il y a 30 millions de logements à équiper. Il faudrait 30 ans, alors que là, on parle d'un plan sur 7 ans. Ce n'est pas tout à fait exact. Il y a 11 millions de ménages qui se chauffent avec des chaudières gaz.

7:00
Christophe Béchu

Donc, l'objectif, c'est les chaudières gaz, c'est les 11 millions ? Pour être précis, ce sont les un peu moins de 3 millions de chaudières fioul et les 11 millions de chaudières gaz sur lesquelles, là, on a à faire des efforts. Et on considère que si, dans 7 ans, on a la quasi-totalité des chaudières fioul et plus de la moitié des chaudières gaz qui ont déjà été remplacées, on sera au rendez-vous des moins 55%. Et ensuite, on aura jusqu'en 2045 ou 2050 pour être capable de finir le travail.

7:23
Présentateur

Mais est-ce que c'est valable pour les territoires ruraux ? Nombre d'habitants dans les territoires ruraux disent en fait que la pompe à chaleur, ce n'est pas possible chez nous. Nos maisons sont trop grandes et elles sont mal isolées.

7:34
Christophe Béchu

Plusieurs choses.

7:34
Présentateur

Donc, en fait, ce n'est pas la solution ?

7:36
Christophe Béchu

D'abord, il n'y a pas une solution unique. Ce que je veux vous dire, c'est qu'on est aussi en train de regarder comment développer la géothermie qui, dans tous les pays du nord de l'Europe et en particulier en Hollande, je parle d'une géothermie de surface peu profonde, est en train d'équiper massivement la plupart des logements et c'est une source d'énergie qu'on a partout et sur lequel on est en train de faire des progrès.

Et donc, en parallèle, si on dit on n'interdit pas, c'est bien parce qu'il y a une diversité géographique et de situations et qu'une décision d'interdiction, elle est facile à expliquer à Paris ou à prendre à Paris, mais elle ne correspond pas à la réalité des territoires. On assume cette écologie d'incitation et qui se soucie à la fois des conséquences économiques et sociales.

8:11
Invité

Encore beaucoup de questions à vous poser, Christophe Béchut, ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires. On vous retrouve juste après le fil info à 8h41. Maureen Suignard.

8:21
Présentateur

Incité sans contraindre, voici le plan d'Emmanuel Macron pour sa planification écologique. Le chef de l'État veut notamment la production d'un million de pompes à chaleur d'ici 2027, la construction de 13 RER métropolitains. Ce qu'il faut surtout, c'est rénover les bâtiments. Plète sur Pense Info, Yamina Saeb, co-auteur du dernier rapport du GIEC. Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT saisit la justice après des chants homophobes de supporters parisiens dimanche soir au Parc des Princes. Le PSG n'a pas encore annoncé de dépôt de plainte.

Selon une étude de la Ligue contre le cancer révélée aujourd'hui, moins d'une femme sur deux a réalisé sa mammographie l'année dernière. Examen pourtant indispensable pour détecter les cancers du sein. On compte 62 000 nouveaux cas de cancer chaque année en France. La campagne annuelle d'Octobre Rose, qui vise aussi à récolter des fonds, débute ce dimanche. Le gouvernement de transition du Burkina Faso suspend tous les supports de diffusion du média Jeune Afrique. Le journal et le site internet est interdit jusqu'à nouvel ordre. Cela fait suite à la publication d'articles sur des tensions au sein de l'armée burkinabé. Toujours avec Christophe Béchut,

9:40
Invité

ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, au cœur du projet, dit le Président, il y a l'électricité dans cette planification écologique. Il promet de reprendre le contrôle du prix sur notre électricité. Ça mérite explication. On n'a pas très bien compris comment ça allait se passer, Christophe Béchut.

9:55
Christophe Béchu

Il ne vous a pas échappé qu'on a connu des explosions sur les prix d'énergie. À cause de la guerre en Ukraine, à cause du fait qu'on a décidé d'arrêter d'acheter du gaz et du pétrole aux Russes. Et parce que, dans le même temps, on s'est retrouvé avec des quantités de travaux sur nos centrales nucléaires et on s'est retrouvé avec une sécheresse qui a diminué notre production hydroélectrique. On n'est plus aujourd'hui dans cette situation. Le DF a en grande partie repris la main.

Il y aura donc au mois d'octobre un temps entre le gouvernement et cette entreprise qui, je vous le rappelle, a été renationalisée par le gouvernement au cours de ces derniers mois pour qu'on définisse un prix qui permette à l'ensemble des acteurs de se projeter à la fois en termes de business plan et en termes de vision en annonçant ce que doit être le prix de l'électricité. Et c'est une donnée cruciale pour la transition écologique.

10:36
Présentateur

Reprendre le contrôle, ça veut dire baisser les prix pour les consommateurs ?

10:38
Christophe Béchu

Ça veut dire donner de la visibilité à l'ensemble des acteurs, y compris économiques.

10:41
Invité

Mais le prix, aujourd'hui, il dépend d'un marché européen. Ça veut dire qu'on sort du marché européen ?

10:45
Christophe Béchu

Ça veut dire que le président de la République, le gouvernement, ils auront l'occasion de préciser la manière dont on va reprendre ce contrôle.

10:52
Invité

Mais reprendre le contrôle, pardon, ça fait référence au Brexit parce que c'est exactement le slogan des Brexiteurs. Ça veut dire qu'on sort des engagements européens qu'on a sur ce marché de l'électricité ?

11:03
Christophe Béchu

Non, ça veut dire que nous assumons le fait qu'à partir du moment où nous redevenons exportateurs d'énergie, nous avons des moyens de fixer un prix en France, à la fois avec une modification des règles européennes et en utilisant le fait que l'opérateur EDF est un opérateur national.

11:19
Présentateur

Sauf que l'opérateur EDF a 63 milliards de dettes.

11:23
Christophe Béchu

C'est vrai. Alors on fait comment ? C'est vrai, mais cette réalité ne l'empêche pas aujourd'hui ni de produire, ni d'avoir des projets. Il faut regarder la hauteur de la dette par rapport à la fois à la hauteur du chiffre d'affaires et par rapport aux perspectives qui sont devant nous.

11:35
Invité

Le charbon. Le président de la République a annoncé la sortie du charbon, c'est-à-dire la fermeture des deux centrales, des deux dernières centrales électriques qui fonctionnent au charbon d'ici 2027. Le problème, c'est qu'en 2017, déjà, il faisait cette promesse pour 2022. Comment est-ce qu'on est sûr que cette fois-ci, la promesse sera tenue ?

11:49
Christophe Béchu

Il ne vous a pas échappé qu'une des raisons pour lesquelles ces centrales fonctionnent encore aujourd'hui, c'est précisément la guerre en Ukraine. Mais il peut y avoir d'autres allées à d'ici 2027. Oui, sauf que la manière dont on le dit et le temps qu'on se donne font que cette promesse, elle sera tenue. Et c'est un engagement ferme. Et l'engagement du président de la République, c'est même qu'on aille plus vite. 2027, c'est la date ultime. Le sujet, c'est comment sur Corde-Mais et sur Saint-Avold, on transforme ces centrales pour faire en sorte qu'elles soient effectivement éligibles à de la biomasse.

12:16
Présentateur

Donc, ce sera sûr. Emmanuel Macron a aussi annoncé un inventaire des ressources minières sur notre territoire, le cobalt, le lithium et l'hydrogène naturel. Ça veut dire que vous n'excluez pas le cachant d'ouvrir des mines ?

12:26
Christophe Béchu

Ça veut dire qu'on aura besoin, dans un certain nombre de cas, par exemple, de pouvoir bénéficier de lithium. Quel sens ça aurait de construire une transition écologique dans laquelle on se retrouverait à devoir importer de manière massive des produits qui viennent du bout du monde, dans des avions ou dans des bateaux qui sont chargés en kérosène, c'est-à-dire avec une empreinte carbone qui serait particulièrement lourde. Il faut aussi, qu'on pense, rapatrier une partie de notre production et donc à produire ici. C'est tout ça qu'il faut refaire. Réindustrialiser le pays, c'est une façon de s'inscrire dans une écologie concrète, bonne pour les emplois, mais bonne pour la planète aussi.

Ouvrir des mines avec tout ce que ça comporte.

13:01
Invité

Le lithium, vous en parlez, il y en a en lausère. Ça veut dire qu'on ouvre une mine de lithium en lausère, par exemple ?

13:06
Christophe Béchu

Il faut de la cohérence. On ne peut pas à la fois expliquer qu'on a besoin de lithium pour faire tourner des batteries électriques et de l'autre dire, moi je veux bien du lithium à condition qu'ils viennent de Chine, qu'ils viennent d'Afrique et qu'ils ne soient pas près de chez nous. Pour être clair, on a à la fois des normes, des suivis, des process pour faire en sorte qu'on ait un respect de l'environnement comme ça se passe dans quasiment aucun autre pays du monde. Mais n'allons pas faire croire qu'il y a des solutions simplistes. Vous savez, tout ce qu'on est en train de se dire.

13:30
Présentateur

Donc vous dites aux riverains, ceux qui pourraient être proches de mine, ce n'est pas grave, on doit produire en France.

13:36
Christophe Béchu

Ce que je dis, c'est que tout ça, il y a besoin d'explications. Parce qu'on est en train de prendre un cap nouveau. Et cette explication, ça va être le sens du Tour de France que je commence jeudi. Pour aller à la fois à la rencontre des élus et la rencontre des Français. Et pour montrer, pour présenter la complexité qu'il peut y avoir parfois à faire en sorte de tenir compte de l'ensemble de ces impératifs. Et en même temps, pour répondre aux questions, pour être engueulé si ça doit être le cas, pour défendre ce que nous faisons, pour l'expliquer et pour emmener tout le monde. Parce que la transition écologique, ce n'est pas seulement une affaire de spécialistes.

Si on n'embarque pas toute la population, on n'y arrivera pas.

14:11
Présentateur

Alors justement, l'une des clés de la planification écologique, c'est la réussite de la rénovation énergétique des bâtiments, des logements. Et en ce sens, le budget de MaPrimeRénov' que vous avez évoqué tout à l'heure va passer de 2,4 à 4 milliards l'an prochain. Insuffisant, dit l'écologiste Yannick Jadot qui était à votre place hier ?

14:28
Invité

Tous les experts disent que MaPrimeRénov' c'est une catastrophe. Vous savez qu'on a un tiers, 40% des Français qui ont froid l'hiver dans les quartiers populaires.

14:38
Présentateur

Donc 4 milliards c'est insuffisant ?

14:39
Invité

La chaleur l'été, c'est 70% des logements. Il faut mettre, et c'est tout ce que les experts disent, au moins 10 milliards par an sur le logement.

14:47
Présentateur

Il faut mettre 10 milliards d'euros par an. On en est à 4 là, on en est loin.

14:53
Christophe Béchu

On n'en est pas tout à fait à 4. En fait, on en est déjà à 5 parce qu'indépendamment il y a des C2E, mais il n'y a pas que ça. Vous avez à côté l'argent qu'on met sur les logements sociaux et l'argent qu'on met sur les bâtiments publics. C'est tellement facile d'aller dire il n'y a qu'à, il faut que, d'abord il faut des bras, il faut qu'on soit capable de massifier et après j'aimerais juste revenir à la fois sur ce qu'on a fait et sur ce qu'on va faire. 2017, quand les écologistes étaient en responsabilité, 70 000 rénovations de logements. L'année dernière, 700 000. On a multiplié ce chiffre par 10.

15:19
Présentateur

Ce n'est pas des rénovations globales. C'est la critique de la Cour des comptes. Sur les 70 000, on n'en a que 10% qui sont globales.

15:25
Christophe Béchu

Tout l'enjeu. Et ça, c'est l'année prochaine. C'est la réforme de MaPrimeRénov' avec deux piliers. Un pilier performance, un pilier efficacité. Une modification des règles pour qu'on augmente le nombre de rénovations globales. Ce qui explique qu'on augmente le budget dans ses proportions d'une manière qui soit aussi massive. Et ce n'est pas fini. On aura des occasions de reparler très vite.

15:42
Invité

Il y a un rapport parlementaire transpartisan qui va être présenté aujourd'hui. Il préconise une taxation européenne sur le patrimoine des plus fortunés pour financer la transition. Qu'est-ce que vous en pensez ?

15:52
Christophe Béchu

D'abord, je pense que c'est une bonne chose de poser ce sujet à l'échelle européenne. Quand vous prenez des mesures fiscales dans un seul pays, vous avez toujours le risque que ça ait un certain nombre d'impact. Je l'ai dit dès le début de cette émission. L'Europe, c'est l'échelle à laquelle il faut avancer sur ces questions de transition écologique. Sauf qu'à la fin, c'est vous qui faites le budget. C'est en France qu'on le vote. C'est en France qu'on vote une partie du budget.

Mais il y a un Parlement européen qui est amené à se prononcer, qui a mis en place un système de crédit carbone aux frontières pour justement qu'on aille moraliser la mondialisation et éviter qu'on ait du dumping environnemental, qui a pris des règlements contre la déforestation qui vont entrer en vigueur dans les prochaines semaines pour qu'on contrôle par satellite. Le fait qu'on n'achète pas en Europe des produits... Mais taxé, je ne suis pas financé

16:32
Présentateur

la transition écologique. Qu'est-ce que vous en dites ?

16:34
Christophe Béchu

Ce que je souhaite, c'est que ce débat ait lieu à l'échelle européenne, exactement comme les auteurs transpartisans de ce rapport vont le présenter, si j'ai bien compris, cet après-midi en commission des finances.

16:43
Invité

Mais plus largement, on n'a pas compris comment vous financiez de tels investissements, parce que ça se compte en dizaines de milliards, sans à un moment ou à un autre augmenter les impôts. Vous savez,

16:51
Christophe Béchu

si l'écologie, ça devient le prétexte à la fois pour interdire ou renier des libertés ou pour taxer, on est à peu près certain qu'on n'emmènera pas tout le monde. Donc je vais vous répondre. 33 milliards d'euros, c'est la somme que nous avons consacrée cette année globalement à la transition écologique. On passe à 40 milliards. Comment on fait ? D'abord, en assumant, et ce sera présenté demain, un certain nombre de taxes sur des activités brunes. Il ne vous a pas échappé. Oui,

17:16
Présentateur

mais ça ne vous rapporte pas 40 milliards.

17:17
Christophe Béchu

Ensuite, non, mais ce que je veux dire, c'est qu'en parallèle, si vous faites une écologie qui consiste à taxer massivement et qu'à la fin, vous avez moins d'entreprises, vous retrouvez avec moins d'emplois et donc à importer davantage de choses, vous avez perdu. Mais il n'y a pas une illusion à faire croire que l'écologie

17:32
Invité

est sur l'écologique. Et l'énorme effort qu'on nous demande pour les sept prochaines années, ça va se faire sans douleur ? Je ne dis pas ça.

17:39
Christophe Béchu

Ce que je dis, c'est que si vous insistez systématiquement sur la douleur et que vous n'êtes pas capable de tenir un discours qui embarque tout le monde, à la fin, vous êtes sûr de rater. Moi, vous savez, il y a deux choses qui m'inquiètent. Ceux qui vous expliquent qu'on ne fait rien, c'est faux. Notre pays a fait la moitié du chemin et du reste la moitié, il faut accélérer. Et ceux qui vous disaient qu'ils sont de plus en plus nombreux, précisément qu'on est en train d'en faire trop et qui sont dans une forme de climato-scepticisme qui est en train de trouver du regain, pas seulement sur les réseaux sociaux, mais aussi à l'extrême droite.

18:05
Invité

Christophe Béchut, ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires, on vous retrouve juste après le fil info, 8h51, Maureen Suignard.

18:12
Présentateur

La France va renoncer à plusieurs projets d'autoroutes dans les prochaines semaines. C'est le ministre des Transports qui l'annonce ce matin concernant la controversé A69 entre Castres et Toulouse. Pas d'imbordon, mais Clément Beaune promet de réduire l'impact environnemental de ce projet. Cela fait trois jours qu'elle a disparu. Lina, 15 ans, introuvable depuis qu'elle est partie de chez elle pour prendre le train direction Strasbourg. Elle n'est jamais montée à bord. Une nouvelle battue est organisée ce matin dans le Barin à 10h. Il quitte massivement le Haut-Karabakh.

Plus de 13 000 Arméniens qui se trouvaient dans la région séparatiste sont arrivés en Arménie depuis une semaine depuis l'offensive de l'Azerbaïdjan sur ce territoire majoritairement peuplé d'Arméniens. Deuxième match de la Ligue des Nations de football. Ce sera à 18h30 cet après-midi. Les Françaises affrontent les Autrichiennes à Vienne. Côté masculin, dernier match de la sixième journée de Ligue 1 à 21h. Lille reçoit Reims.

France Info Le 8h30 France Info Jérôme Chapuis Salia Brachia Toujours avec le ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires Christophe Béchu Emmanuel Macron disait hier vouloir baisser de 30% la dépendance des agriculteurs au glyphosate dans le pays. Ça veut dire que la France ne s'opposera pas à la prolongation pour 10 ans encore du glyphosate dans l'UE ?

19:31
Christophe Béchu

Ça veut dire que la position qui consisterait à dire on en reprend pour 10 ans sans limitation n'est pas une position qui est acceptable et qu'on doit poursuivre une baisse de notre dépendance aux intrants. 30% c'est d'ores et déjà malgré l'absence d'interdiction la diminution de notre dépendance au glyphosate de ces dernières années. Interdiction dans les parcs dans les jardins publics diminution des usages dans l'agriculture. On a une position aujourd'hui de la Commission européenne qui propose sans restriction 10 ans de plus ça n'est pas la position

19:56
Présentateur

Mais comment on peut avoir votre discours de sauvegarde de la biodiversité quand on va autoriser le glyphosate pour encore 10 ans ?

20:02
Christophe Béchu

Non je n'ai pas dit ça nous ne soutiendrons pas une réautorisation pour 10 ans sans condition toute la difficulté je ne vais pas entrer dans le détail parce que c'est technique c'est que si on n'arrive pas à trouver une position sur laquelle il y a une majorité qualifiée européenne à la fin c'est la Commission européenne qui décide seule et si elle décide seule c'est 10 ans sans condition ça pour nous ce n'est pas acceptable

20:18
Présentateur

On ne peut pas se retirer du processus unilatéralement ?

20:23
Christophe Béchu

Si vous faites ça vous vous retrouvez avec des écarts de compétitivité qui sont problématiques et une forme d'hypocrisie parce que si vous faites entrer dans le pays des produits qui ont été faits avec du glyphosate à l'extérieur de nos frontières vous êtes dans une hypocrisie environnementale donc tout le sujet aujourd'hui c'est de travailler à une majorité des deux tiers pour ne pas être sur la position de la Commission et les pourparlers sont intenses et l'activité diplomatique également

20:44
Invité

Christophe Béchut il faut parler de la situation catastrophique à Mayotte depuis plusieurs mois maintenant le département français fait face à une situation de sécheresse aiguë deux jours sur trois là-bas quand les habitants ouvrent leurs robinets ils n'ont pas d'eau un député des Républicains dit nous sommes à l'orée d'une grave crise humanitaire ça se passe sur le sol français que fait le gouvernement ?

21:04
Christophe Béchu

Plusieurs choses vous avez raison de dire qu'on a une situation qui est dramatique qui a été provoquée également par une sécheresse on est légèrement décalé la saison des pluies à Mayotte on l'espère à partir du mois de novembre mais on est donc là sur des semaines qui sont encore très compliquées à la fois parce que les réserves collinaires sont à sec parce qu'on a globalement des taux de fuite et une gestion globale du réseau d'eau là-bas qui devrait être considérablement améliorée et donc là on part à l'urgence l'urgence ce sont des millions de bouteilles qu'on achemine pour faire en sorte de pouvoir accompagner ce qu'on appelle les tours d'eau ce qui sont des dispositifs spécifiques le ministre Philippe Vigier chargé des Outre-mer aux côtés du ministre de l'Intérieur s'est déjà rendu plusieurs fois sur place en ce moment même une des principales cadres de mon ministère est sur place la directrice de l'eau et de la biodiversité pour être aux côtés des équipes là-bas et aux côtés d'experts pour que passé la crise et les prochaines semaines on soit capable d'aller entreprendre des travaux massifs usines de dessalement pour faire en sorte d'augmenter la capacité c'est pas la solution miracle mais il se trouve que là-bas on a absolument besoin de ça amélioration du mode de gestion réflexion sur d'autres réserves collinaires il y a un chantier considérable nécessitant des dizaines de millions d'euros sur lesquels les ministères à la fois de la transition écologique et des Outre-mer sont en train de travailler

22:19
Présentateur

est-ce que vous agissez assez vite et de manière assez coordonnée puisque les élus locaux sur place demandent le plan hors sec c'est-à-dire une organisation à partir du préfet pour que tout s'arrange le plus vite possible

22:31
Christophe Béchu

je peux vous assurer que c'est très exactement le sens de tout ça on est confronté à deux difficultés d'abord ou plus exactement à trois d'abord une difficulté organisationnelle il faut regarder les choses en face la compétence telle qu'elle a été exercée y compris par les élus locaux sur l'île n'a pas été à la hauteur des besoins deuxièmement la crise migratoire les installations quand elles ont été faites elles n'ont pas été conçues en imaginant qu'on aurait près de la moitié de la population qui serait irrégulière et puis enfin la situation climatique avec une saison des pluies qui n'a pas suffisamment rechargé les nappes qui n'a pas suffisamment rechargé les retenues et qui nous pose aujourd'hui cette difficulté mais d'un mot vous voyez un horizon à quel moment pour un retour à la normale

23:11
Invité

à Mayotte ?

23:12
Christophe Béchu

c'est ce que je vous dis on a évidemment tous les yeux braqués vers le mois de novembre pour le moment on est dans des mesures d'urgence de soutien dans des tours d'eau dans des achats massifs de bouteilles pour pouvoir faire en sorte y compris d'aller accompagner les scolaires et les plus fragiles et dans une situation qui est suivie au jour le jour par une cellule de crise à la fois au ministère des Outre-mer à celui de la transition écologique

23:29
Présentateur

Christophe Béchuy vous êtes le secrétaire général d'Horizon le parti d'Edouard Philippe est-ce que pour vous c'est le meilleur héritier du macronisme ?

23:36
Christophe Béchu

c'est en tout cas quelqu'un qui dans la façon dont il a conduit l'Etat a su montrer aux Français qu'il avait du sang-froid qu'il avait une capacité à prendre les décisions pour le pays mais le sujet aujourd'hui c'est pas la suite du président de la République et c'est pas son héritage c'est l'activité au quotidien que nous devons pour les Français

23:52
Présentateur

c'est pas ce que dit Edouard Philippe il se place clairement pour 2027

23:55
Christophe Béchu

il dit qu'il a une idée claire pour la suite mais l'essentiel du discours qu'il a consacré pour sa rentrée c'était bien sur ce qu'on vient de faire aujourd'hui sur les défis qui nous attendent sur les réformes qu'il faut faire pour le pays parce que penser que la suite et ce qui se passera au de la 2027 quoi qu'il arrive c'est écrit dans le marbre c'est à la fois irrespectueux des électeurs et c'est surtout pas du tout à l'échelle de l'attente de nos concitoyens ce qu'ils veulent c'est de l'action et des résultats sur la question de l'écologie avec cette accélération et le Tour de France que je vais avoir l'occasion d'entreprendre dans quelques jours pour aller à leur rencontre pour parler de biodiversité dont on n'a pas eu le temps de parler de façon importante ce matin

24:26
Invité

pour parler de rénovation

24:28
Christophe Béchu

pour parler de lutte contre l'étalement urbain pour parler de reconstruction de la ville sur elle-même pour parler de tant d'autres sujets ça commence jeudi

24:36
Invité

mais on aura sans doute l'occasion de vous entendre à nouveau sur France Info pour parler de tous ces sujets Christophe Béchou merci beaucoup d'avoir été l'invité de France Info ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires