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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 19 juillet 2017 10 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & famille

Florian Philippot : "Sophie Montel a fait le travail que le Parlement européen n'a fait que pour le FN"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Florian Philippot, bonjour. Vice-président du Front National.

  • 0:29OuverteRéponse directe

    Nos libertés sont-elles menacées ?

  • 1:30OuverteRéponse directe

    Le parquet de Paris a élargi ses investigations à Jean-Luc Mélenchon dans l'enquête sur des soupçons d'emploi fictifs d'assistants parlementaires d'eurodéputés.

  • 1:47OuverteRéponse directe

    Savez-vous quels sont les éléments qu'apporte Sophie Montel ?

  • 2:29OuverteRéponse directe

    Et qu'avez-vous trouvé alors sur Google, concernant Jean-Luc Mélenchon ?

  • 3:10RelanceRéponse partielle

    Quel type de preuves avez-vous, Sophie Montel ? Elle a trouvé quoi ? Dites-moi.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:38Invité politiqueFait
    « nous avons le sentiment avec ce projet de loi que nous avons moins de liberté, mais pas plus de sécurité. »
  • 0:56Invité politiqueFait
    « On parle du rétablissement, évidemment, des frontières nationales, on parle de l'expulsion des fichiers à ces étrangers, on parle de la fermeture des mosquées radicales, identifiées déjà par le ministère de l'Intérieur. »
  • 1:50Invité politiqueFait
    « Sophie Montel a, une nouvelle fois, fait le travail que le Parlement européen n'a fait que pour le Front National »
  • 2:02Invité politiqueFait
    « Et qu'il a oublié de faire le même travail pour ses amis. »
  • 2:14Invité politiqueFait
    « Ce qui a été reproché à certains de nos eurodéputés, c'est que certains de leurs assistants parlementaires avaient en même temps des fonctions partisanes ou politiques qu'au sein du parti. »
  • 2:32Invité politiqueFait
    « Je crois que ça concerne quatre assistants, bon, c'est tout cela, la justice verra ce qu'il en est exactement. »
  • 2:43Invité politiqueFait
    « Ce que vise Sophie, clairement, c'est de mettre fin aux deux poids, deux mesures. »
  • 2:55Invité politiqueFait
    « Demander à ses assistants d'être en même temps militants, bon, ben voilà, je ne vois pas très bien ce que ça a de choquant ou d'illégal. »
  • 5:16Invité politiqueFait
    « Marine Le Pen l'a reconnue elle-même très courageusement, il n'a pas été optimal, on a sûrement perdu quelques points cette occasion »
  • 5:31Invité politiqueFait
    « Est-ce qu'il y avait une histoire de débat d'entre deux tours ? Non. »
  • 5:50Invité politiqueFait
    « il faut continuer de s'ouvrir sur l'emploi, sur l'écologie, sur la santé, sur l'Europe, sur les services publics, sur toute la laïcité »
  • 7:34Invité politiqueFait
    « heureusement qu'on ne fait pas de la politique et des convictions selon le sondage du moment »
  • 7:51Invité politiqueFait
    « la Constitution européenne était absolument adoptée par une grande majorité de Français trois mois avant le référendum, et qu'après la campagne, finalement, les Français ont dit non, vous vous en souvenez, en 2005 à 55% »
  • 8:16Invité politiqueFait
    « Nicolas Hulot, le ministre, qu'il allait obéir à Bruxelles pour permettre la privatisation des barrages hydroélectriques et mettre fin aux tarifs réglementés de l'électricité et du gaz. »

Temps de parole

  • Florian Philippot78 %
  • Présentateur22 %

2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Florian Philippot

France Inter.fr. France Inter. Kerveille. Le 6-9 de l'été.

0:12
Présentateur

Florian Philippot, bonjour. Vice-président du Front National. Le Sénat, où la droite est majoritaire, a adopté avec une large majorité, cette nuit, le controversé projet de loi antiterroriste qui fait entrer dans le droit commun des mesures de l'état d'urgence. Nos libertés sont-elles menacées ? C'est ce que certains disent.

0:29
Florian Philippot

Oui, nos sénateurs se sont abstenus, pour le coup, parce qu'effectivement, nous avons le sentiment avec ce projet de loi que nous avons moins de liberté, mais pas plus de sécurité. Vous savez, ce vieux dilemme entre est-ce qu'il faut accepter d'avoir moins de liberté pour avoir plus de sécurité, en réalité, n'est pas résolu du tout par le gouvernement, parce qu'il ne prend pas les mesures nécessaires qui s'imposeraient enfin face à la menace terroriste, face à la menace islamiste.

On parle du rétablissement, évidemment, des frontières nationales, on parle de l'expulsion des fichiers à ces étrangers, on parle de la fermeture des mosquées radicales, identifiées déjà par le ministère de l'Intérieur. Tout cela, ça n'est pas prévu, ça n'est pas fait, ou au compte-gouttes. Par contre, on va effectivement faire entrer dans le droit commun des dispositions qui sont dangereuses. Alors, j'ai vu que le Sénat avait prévu d'arrêter en 2021 certaines de ces mesures, mais cela peut être reconduit, cela peut être changé ensuite par l'Assemblée nationale, et franchement, on ne peut pas tout accepter dans un état de droit, dans une démocratie comme la démocratie française.

1:30
Présentateur

Florian Philippot, le parquet de Paris a élargi ses investigations à Jean-Luc Mélenchon dans l'enquête sur des soupçons d'emploi fictifs d'assistants parlementaires d'eurodéputés, suite à un nouveau signalement déposé par l'eurodéputé du Front National, Sophie Montel. Vous la connaissez bien, c'est une amie. Savez-vous quels sont les éléments qu'apporte Sophie Montel ?

1:50
Florian Philippot

Oui, Sophie Montel a, une nouvelle fois, fait le travail que le Parlement européen n'a fait que pour le Front National, on le comprend, puisqu'il ne cible que les eurosceptiques.

2:00
Présentateur

Marine Le Pen est mise en examen dans cette affaire.

2:02
Florian Philippot

Et qu'il a oublié de faire le même travail pour ses amis. Elle a des éléments précis, Sophie Montel, pour accuser Jean-Luc Mélenchon ? C'est assez simple, ce sont des informations qui sont sur Google. Voilà, c'est simple. Lesquelles ? Ce qui a été reproché à certains de nos eurodéputés, c'est que certains de leurs assistants parlementaires avaient en même temps des fonctions partisanes ou politiques qu'au sein du parti. Bon, c'est le cas de beaucoup, beaucoup, beaucoup d'eurodéputés, et c'est tout à fait normal, dans beaucoup de partis politiques, y compris donc M. Jean-Luc Mélenchon.

2:29
Présentateur

Et qu'avez-vous trouvé alors sur Google, concernant Jean-Luc Mélenchon ?

2:32
Florian Philippot

Je crois que ça concerne quatre assistants, bon, c'est tout cela, la justice verra ce qu'il en est exactement. Peut-être même sur deux mandats, pas simplement le mandat en cours, mais déjà le mandat précédent. Qui ont travaillé pour le parti de gauche. Ce que vise Sophie, clairement, c'est de mettre fin aux deux poids, deux mesures. C'est-à-dire que la justice doit se prononcer sur cette pratique-là, dont nous, nous estimons, en ce qui concerne les eurodéputés du Front National, qu'elle n'a rien d'illégal. Demander à ses assistants d'être en même temps militants, bon, ben voilà, je ne vois pas très bien ce que ça a de choquant ou d'illégal.

Mais si on le fait pour un parti ou pour certains, il faut le faire pour tout le monde. Donc, y compris pour d'autres formations, le modem entre-temps, grâce à Sophie Montel, et on a maintenant Mélenchon. Quel type de preuves avez-vous, Sophie Montel ? Elle a trouvé quoi ? Dites-moi. Non, elle a trouvé des cas d'assistants parlementaires qui travaillaient en même temps, qui avaient en même temps des fonctions partisanes. C'est-à-dire exactement des cas similaires à ce qui a été reproché à certains de nos élus à nous, ou à d'autres maintenant, un modem, ou d'autres partis, il y en a partout, socialistes, républicains, etc.

Et Sophie a dit, on peut faire le même travail, on peut continuer maintenant chez les députés, chez les sénateurs. On va aussi s'intéresser aux exécutifs des collectivités locales, dans les cabinets, des intercos, etc. À mon avis, on peut trouver beaucoup de choses extrêmement intéressantes. En tout cas, chapeau Sophie Montel, qui a eu un courage incroyable, qui a fait un travail formidable, et qui démontre là vraiment sa capacité d'élu et de dirigeante, enfin de cadre dirigeant de notre moment. C'est élégant comme façon de procéder, les dénonciations ? Non, ce n'est pas une dénonciation, c'est mettre fin à un deux poids deux mesures.

C'est le travail qu'aurait dû faire, si elle avait commencé de le faire, et il faut le faire jusqu'au bout, l'administration du Parlement européen, ou l'OLAF, ou peut-être même des journalistes. Mais voilà, si on veut que la justice soit respectée, il faut qu'elle soit équitable. Sinon, il y a un problème, et vous savez bien que s'il y a un problème de confiance avec la justice, alors c'est toute la démocratie qui est là aussi soupçonnée.

4:21
Présentateur

Florian Philippot, les partis grands perdants des élections récentes font leur examen de conscience actuellement, les socialistes, les républicains, et aussi le Front National, qui se réunit les 21 et 22 juillet pour un séminaire consacré à la refondation du parti. Vous avez rédigé une contribution avant cette réunion, les 21 et 22 juillet. Alors vous dites par exemple que le débat raté de Marine Le Pen entre les deux tours de la présidentielle, il faut arrêter. Pourtant, on n'a pas le sentiment qu'elle a montré ce soir-là, qu'elle ne maîtrisait pas ces dossiers et que ça peut créer une forte inquiétude chez les Français.

4:55
Florian Philippot

J'ai rédigé une contribution qui avait vocation à rester un document interne, mais aujourd'hui plus rien, il y a toujours des gens qui s'amusent à sortir les documents. C'est Google, c'est sur la place publique maintenant, donc je l'ai mis d'ailleurs sur mon site association-lespatriotes.fr si on veut le lire dans son intégralité. Oui, je dis, on ne peut pas limiter le débat de la refondation au simple débat d'entre deux tours.

On sait ce qu'il en est, Marine Le Pen l'a reconnue elle-même très courageusement, il n'a pas été optimal, on a sûrement perdu quelques points cette occasion, mais est-ce qu'au moment des régionales en 2015, quand nous avons échoué tous collectivement au second tour, est-ce qu'il y avait une histoire de débat d'entre deux tours ? Non. Même au premier tour de la présidentielle, les résultats à 21,3% sont bons, mais ne sont peut-être pas au niveau qu'on pouvait attendre. Est-ce qu'il y a un effet débat ? Non, puisqu'il n'avait pas encore eu lieu. Donc il faut bien chercher ailleurs. Et moi, j'ai avancé quelques pistes qui ne surprendront pas.

Moi je dis, continuons, plutôt que de se refermer sur quelques sujets, immigration, qui sont très importants, immigration, islamisme, insécurité, dont il faut parler parce que ce sont des préoccupations majeures, il faut continuer de s'ouvrir sur l'emploi, sur l'écologie, sur la santé, sur l'Europe, sur les services publics, sur toute la laïcité, sur toutes les questions absolument essentielles. Voilà, j'ai avancé quelques pistes, mais moi je ne veux pas que, si vous voulez, on restreigne le débat à un ou deux points. Alors soit le débat d'entre deux tours, soit l'euro, c'est un peu facile ça. Et je pense qu'on passera à côté de la question si on n'ouvrait pas le champ de discussion.

6:20
Présentateur

Mais vous dites, le Front National, ce n'est pas seulement l'obsession de l'immigration, l'insécurité, l'islamisme, mais dans les interviews que vous donnez, ici ou là, vous ne parlez que de cela. Ce n'est pas vrai, non ? Vous venez d'en parler lorsque l'on a évoqué le texte de loi adopté au Sénat cette nuit.

6:36
Florian Philippot

Enfin, soyez un tout petit peu... Alors là, honnêtement, soyez honnête, si vous me parlez de la lutte contre le terrorisme, je suis bien obligé de vous parler de l'islamisme. Enfin, moi je veux bien qu'on parle dans le vide du terrorisme. Et il se trouve qu'il y a une idéologie à la base, qui est le fondamentalisme islamiste, et il vaut mieux le dire et le reconnaître et le savoir que pas, parce que sinon on n'est pas efficace. Mais il y a plein d'autres sujets, et nous avons fait des dizaines déjà de colloques sur les énergies de demain, sur la santé, sur tous les sujets. Je ne dis pas que les sujets régaliens ne doivent pas être abordés, ils sont absolument cruciaux.

Mais je dis qu'on doit parler de tout ce qui a toujours été en ambition de Marine Le Pen, et qu'on doit continuer. Parce que je sais qu'il y a des voix ici et là qui disent qu'on devrait se restreindre sur quelques sujets. Je pense que ce serait une erreur.

7:13
Présentateur

Vous maintenez votre volonté d'une monnaie nationale, alors que tous les sondages montrent que cette volonté de quitter l'euro et de revenir aux francs, ça effraie les Français qui ont des économies, qui ont de l'épargne. Et pourquoi cette volonté farouche, de votre côté, de quitter l'euro alors que vous savez bien que cette mesure inquiète ?

7:34
Florian Philippot

Mais vous savez, heureusement qu'on ne fait pas de la politique et des convictions selon le sondage du moment, qui peut d'ailleurs varier, puisque la Constitution européenne était absolument adoptée par une grande majorité de Français trois mois avant le référendum, et qu'après la campagne, finalement, les Français ont dit non, vous vous en souvenez, en 2005 à 55%, même si leur nom, malheureusement, n'a pas été respecté quelques années plus tard.

Mais il se trouve que l'intérêt d'une nouvelle monnaie nationale, ce n'est pas un retour en arrière, c'est de reconstruire une monnaie nationale, c'est de créer de l'emploi, c'est de pouvoir nous réindustrialiser, c'est de pouvoir enfin retrouver de la compétitivité sans être obligé de baisser les salaires, de baisser les retraites, de baisser le niveau de service public, de tout privatiser comme veut continuer de le faire le gouvernement. Vous avez même vu hier M.

Hulot, qui a annoncé en commission à l'Assemblée, je crois, Nicolas Hulot, le ministre, qu'il allait obéir à Bruxelles pour permettre la privatisation des barrages hydroélectriques et mettre fin aux tarifs réglementés de l'électricité et du gaz. C'est passé un peu inaperçu. Mais ça, ce sont des injonctions quotidiennes de l'Union Européenne. Alors ça, c'est une des contreparties de l'euro. Donc soit on le dit aux Français avec courage, c'est vrai, parce que l'opinion publique ne suit pas encore totalement. Quitte à perdre. C'est comme ça. Mais vous savez, si on perd aussi, par exemple, au régional, quand on a perdu au second tour, il n'y avait pas de débat sur l'euro.

Personne ne parlait de l'euro. On a perdu pour d'autres raisons. Et c'est ça aussi que je dis dans le débat de la refondation. Soit on a le courage d'être honnête, on explique d'où vient l'austérité, quelle est la contrepartie de cette monnaie unique qui ne fonctionne pas, et comment on fait pour s'en sortir surtout. Moi, je veux qu'on développe une vision positive des choses, et notamment la vision positive de la souveraineté nationale.

9:03
Présentateur

Si on ne retient pas vos propositions au Front National, par exemple, si le FN dit la sortie de l'euro, on va y réfléchir, on peut le faire progressivement, ou alors on organise un référendum avant toute décision.

9:16
Florian Philippot

Qu'est-ce que vous faites ? Non mais moi, je ne remets pas en cause cela. Je ne dis pas qu'il faut sortir du jour au lendemain. Ça n'a d'ailleurs pas et jamais été dans le programme. Je suis tout à fait favorable d'ailleurs à ce qu'on réfléchisse à la manière de présenter et d'expliquer tout cela. Un référendum sur notre appartenance à l'Union Européenne, sur le Frexit, je pense que c'est une très bonne chose. Il faut que ça passe par le référendum. Il faudrait d'ailleurs qu'en France, il y ait beaucoup plus de référendums. Ce serait très sain pour notre démocratie et qu'on crée d'ailleurs un référendum d'initiative populaire. Ce serait aussi très sain pour la démocratie.

Voilà, moi, ce que je dis. Mais vous savez, il faut aller chercher sur d'autres sujets. Notre manière de parler des sujets qui touchent à l'humain, sujets sociétaux, sujets d'immigration, on doit peut-être y re-réfléchir. Encore ! L'immigration, ça revient. Non mais justement, je vous dis justement qu'il faut y re-réfléchir. Comment on en parle ? Comment on donne du sens à tout cela ? Voilà, ça fait partie de nos débats internes. Enfin, on en parlera vendredi et samedi.

10:03
Présentateur

Florian Philippot est notre invité ce matin. Vous pourrez l'interroger vers 9h-20 au 01-45-24-7000. Mais là, il est 8h33.