Sommet Choose France, réindustrialisation, pénuries de médicaments... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Roland Lescure
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Roland Lescure. Bonjour. C'est demain la sixième édition de Choose France. Emmanuel Macron qui réunit le gotha, on peut dire, des investisseurs étrangers. Ça se passe au château de Versailles. Est-ce que, compte tenu du contexte social, les manifestations contre la réforme des retraites notamment, il fallait maintenir ce rendez-vous au château de Versailles, avec le symbole évidemment que ça implique ?
Bien sûr. D'abord, le château de Versailles, il fait partie de la France. Je reconnais que les manifestations aussi, y compris parfois dans les images qu'on en fait à l'étranger. Et puis surtout, c'est un rendez-vous incontournable qui s'est imposé en six ans comme le rendez-vous en fait des investissements étrangers, non seulement en France et en Europe. Puis sans évidemment vous dévoiler les montants qui ne sont pas encore complètement finalisés, on va avoir des montants record d'investissements. Record. C'était 6,7 milliards d'années l'an dernier. Alors c'était 6,7 milliards en juillet et il y avait en plus une première fournée en janvier.
Donc au total, on était à 10 milliards l'année dernière.
Et ça sera plus cette année.
Ce sera plus et sans doute aussi en nombre d'investissements parce que les gros investissements, c'est important. On a vu ça vendredi à Dunkerque où on a annoncé, où le président a annoncé un investissement record de Prologium qui va installer une méga factory de batteries électriques de troisième génération à Dunkerque. On a aussi un investissement d'Orano, d'XCC qui va fabriquer des composants de batteries électriques. Donc on est en train de décarboner l'industrie. On installe l'industrie de la décarbonation en France et on le fait en attirant des capitaux étrangers. Et oui, on le fait à Versailles.
D'ailleurs, vous évoquez ces investissements qui ont été annoncés ces derniers jours, tous orientés vers les industries vertes. Le journal du dimanche nous annonce ce matin 710 millions d'euros d'investissements à venir demain en Moselle. Est-ce que vous nous confirmez un investissement toujours dans l'industrie verte ?
Alors, je vous confirme un investissement à Sargemin, en Moselle, de 700 millions. C'est pour produire des cellules photovoltaïques ? On est en train de montrer qu'effectivement, si on veut décarboner l'industrie, si on veut faire par exemple de l'énergie décarbonée, il vaut mieux la produire en France, mais aussi produire les produits qui vont permettre de la produire. Donc effectivement, pendant des années, on a subventionné des panneaux photovoltaïques qui étaient faits au bout du monde. Là, on va avoir des panneaux photovoltaïques made in France, comme on aura des batteries made in France, des voitures électriques made in France. En fait, c'est l'écologie du concret.
On va fabriquer les produits qu'on va consommer en France. Ça fait 25 ans qu'on les envoie au bout du monde, donc on décarbone en achetant à l'extérieur. Nous, on va produire en France, on va créer de l'emploi en France.
Ça se traduit, voilà, j'allais vous poser la question en emploi, puisqu'on a beaucoup vu parler ces chiffres. On est les chanteurs d'Europe de l'investissement étranger, mais ça ne se traduit pas forcément par de l'emploi.
Si, c'est-à-dire que ce qu'a montré l'enquête Ernst & Young, effectivement, je dis, c'est qu'on a beaucoup plus d'investissements que nulle part ailleurs, y compris l'Angleterre et l'Allemagne, mais que par investissement, on crée un peu moins d'emplois. Pourquoi ? Parce que les investisseurs étrangers, ils montent beaucoup de centres de recherche et d'innovation. Ils adorent nos ingénieurs, ils adorent nos chercheurs. J'ai envie de leur dire, adorez nos ingénieurs et nos chercheurs, essayez aussi les employés et les ouvriers, vous allez les adorer aussi.
Et là, par exemple, la Sargumine, c'est combien d'emplois ? On sait déjà ou pas ?
1700. Beaucoup d'emplois. Et tout ceci s'ajoute à plus de 3000 emplois à Dunkerque lundi. On va en rajouter plus de 1000 encore avec Orano XTC. Donc c'est des milliers d'emplois. Et surtout, ce qui est très important, c'est que derrière un emploi industriel, il y a 3 ou 4 emplois induits dans les services, dans les services publics. Vous savez, pendant des années, on a dit, les services publics sont en train de quitter les territoires. Mais ils ne quittent pas les territoires. Comme ça, ils quittent les territoires, parce que l'industrie elle-même a quitté les territoires. Donc on réindustrialise la France, y compris dans territoires comme Dunkerque.
Moi, j'étais là vendredi, il y avait un enthousiasme extrêmement enthousiasmant. On était avec le président de la République, chez Aluminium Dunkerque, une aluminerie, la plus grande aluminerie d'Europe, qui consomme en électricité ce que consomme la ville de Marseille, qui fait de l'aluminium, qui va de plus en plus être décarboné. Il y avait des gens de chez Aluminium Dunkerque, de chez ArcelorMittal, de chez EDF, et ils étaient là, heureux d'être là, heureux de créer de l'emploi industriel et au fond, heureux aussi de contribuer à la décarbonation réelle de la France, que ça, c'est l'écologie réelle.
Roland Lescure, pas loin de Dunkerque, qui a cette usine Veldune, qui est lâchée par son actionnaire chinois, le dernier fabricant en France de roues de train, avec des syndicats qui disent bon, en fait, on vient investir en France et puis après, les actionnaires étrangers, ils font quoi ? Ils prennent le savoir et ils repartent. Cet argument-là, c'est aussi celui qui a été développé hier, ici même, par François-Xavier Bellamy, le vice-président exécutif des Républicains. Écoute. Aujourd'hui, cette réindustrialisation, elle dépend beaucoup de capitaux étrangers. C'est quand même un vrai sujet.
Comment se fait-il qu'aujourd'hui, Emmanuel Macron dit nous sommes le territoire le plus attractif pour les investissements étrangers ? Oui, mais qu'est-ce que ça veut dire en réalité ? Ça veut dire que notre économie est progressivement rachetée par des capitaux étrangers. C'est ça la véritable signification de cet indice. Est-ce que c'est ça la véritable signification ?
Franchement, j'en ai un peu marre de ce misérabilisme et du syndrome du verre à moitié vide. On a effectivement des investissements records en France. On crée des emplois industriels pendant toutes les majorités précédentes, y compris celle de M. Bellamy, on a détruit. On a aujourd'hui de l'investissement dans les économies décarbonées. On crée des millions d'emplois. On a aussi des investisseurs français qui investissent en France. Carlyde, une usine qui faisait des poches à perfusion, qui était en train de fermer. Nous avons trouvé un repreneur qui est à Lyon, qui est un industriel de la pharmaceutique. Il faut arrêter d'opposer les investisseurs.
Ce qui est clair, c'est que si un certain nombre arrive au pouvoir, les investisseurs étrangers, on n'en aura plus, et voire même des investisseurs français iront ailleurs. Mais il y a de la conditionnalité.
Quand il y a un investissement, est-ce qu'il y a de la conditionnalité ? Par exemple, c'est aussi ce que disait Sophie Binet qui était, elle, vendredi sur France Info, elle dit, il faut que, quand on crée, par exemple, un crédit d'impôt, comme le crédit d'impôt vert qui a été annoncé par Emmanuel Macron jeudi, il faut qu'en face, on demande des engagements en matière d'emploi, en matière de maintien de l'emploi en France, en matière de salaire aussi.
Mais vous pensez que quand on négocie des investissements du type de celui de Prologium, vendredi, il a 5 milliards d'investissements, 3 000 emplois, on ne discute pas de l'emploi ? Évidemment qu'on discute de l'emploi. Crédit d'impôt vert, vous l'avez dit, évidemment, il est conditionné puisqu'il va être conditionné au verdissement.
Mais on leur dit, vous n'avez pas le droit de repartir dans les 3 ans, 4 ans, 5 ans ?
Alors, ça c'est très important. Quand vous fermez une porte, elle se ferme dans les deux sens. Si vous dites aux investisseurs, alors je vous préviens, vous ne sortirez jamais de France. Quand on vient en France, c'est pour toujours. Vous savez quoi ? Ils ne viendront pas en France. La réalité, c'est qu'il faut convaincre des investisseurs de venir et convaincre des investisseurs de rester sur Val-d'une juste parce que c'est important. Les salariés de Val-d'une, aujourd'hui, c'est en colère, je les comprends, ils sont tristes, ils sont inquiets. Nous, le président l'a rappelé vendredi, on va tout faire pour trouver un repreneur pour ces usines de Val-d'une.
Elle ne fermera pas.
Écoutez, en tout cas, on a une obligation de moyens, on va aussi tout faire pour que Val-d'une trouve un repreneur, malgré le départ que je regrette, de l'investisseur chinois qui est là depuis 10 ans. Donc, il y a 10 ans, on n'était pas là, ce n'est pas nous qui avons mis telle ou telle condition à l'investissement. Mais oui, effectivement, l'économie, ça va, ça vient, il y a des gens qui sortent, il y a des gens qui rentrent. Ça fait 2 ans qu'on crée plus d'usines en France, qu'on en ferme. C'est ça la réalité du succès de notre politique.
Est-ce que vous avez compris les propos du président Emmanuel Macron quand il parle de faire une pause dans la réglementation verte européenne ? Il parle de quoi ?
Il parle du fait que l'Europe aujourd'hui, un Européen, ça émet moins de carbone qu'un Chinois, qu'un Américain, qu'un Moyen-Oriental, qu'un Indien. L'Europe, c'est la seule zone à avoir baissé ses gaz à effet de serre depuis 20 ans. Moins 20%. Les autres, c'est plus 10, plus 300, plus 400%.
Donc, il dit ça suffit.
On a fait le job. Et ensuite, l'Europe s'est dotée d'objectifs les plus ambitieux au monde. C'est ce qu'on appelle
d'ici 2050.
Voilà. En fait, d'ici 2030, on a baissé de 20% depuis 30 ans. On va baisser d'un autre 30% dans les 10 ans qui viennent. Et pour ça, il y a 50 mesures qui ont déjà été adoptées en Europe. Donc, ce n'est pas de ça qu'il s'agit quand il parle de pause. Ce qu'il dit, c'est appliquons déjà les normes qu'on a votées. On sera les mieux disants et les mieux faisants au monde. Parce que c'est bien beau de donner des leçons. Moi, j'en ai un peu marre de ceux qui donnent des leçons mais qui ne font pas grand-chose.
Les Verts disent que finalement vous ne tenez pas l'ambition écologique.
Oui, et puis les Verts, moi j'ai entendu la secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts dire que Fukushima, c'était une victoire. Alors, moi j'en ai marre des slogans, j'en ai marre des leçons. Ce que je vous dis, c'est que depuis 5 ans, on a eu à la fois de la croissance, de l'emploi et une baisse des émissions de gaz à effet de serre. Ce que je peux vous dire, c'est qu'on va accélérer dans les 4 ans qui viennent à la fois sur la réindustrialisation et sur la décarbonation. Ça veut dire quoi ?
Que les Verts font de la mauvaise foi ? Si je comprends bien ce que vous êtes en train de dire. Ils n'ont pas compris les propos du chef de l'État ?
Non, moi je pense qu'effectivement on a tendance à prendre 3 mots et sortir du contexte et essayer d'en faire des montagnes. Moi ce que j'aimerais, c'est que sur le verdissement de l'industrie, on puisse se retrouver. Nous présentons avec Bruno Le Maire un projet de loi mardi en Conseil des ministres. Moi j'espère qu'il va être voté très largement parce qu'au fond, l'industrie aujourd'hui n'a pas de couleur de maillot. On est tous derrière à l'industrie française. Surtout si c'est pour décarboner notre économie. En fait, vous savez, on réconcilie fin du mois et fin du monde. Et fin du monde. Merci. On réconcilie écologie et économie.
Ministre délégué à l'industrie, vous restez avec nous 8h42 déjà. C'est l'heure du Fil Info avec Diane Ferschit. Le mouvement royaliste Action Française peut rendre hommage à Jeanne d'Arc. Ce matin à Paris, le tribunal administratif suspend l'arrêté de la préfecture de la capitale qui interdisait la manifestation. La justice estime qu'il porte une atteinte grave française a pu tenir son colloque qui était aussi concerné par l'interdiction du préfet. Cinq blessés, dont trois en urgence absolue à Villerue, en Lorraine, touchés lors d'une fusillade sur fond de trafic de drogue. Un tireur avec une arme de guerre, précise sur France Info le directeur général de la police nationale.
Il constate la présence de bandes criminelles structurées désormais implantées un peu partout sur le territoire. Le décret vient d'être publié au journal officiel. Les soignants non vaccinés contre le Covid pourront dès demain reprendre le travail. Le texte prévoit leur retour au même poste ou un poste équivalent à celui qu'ils avaient avant la mise en place de l'obligation vaccinale. Et de 11 pour Teddy Riner, 11 titres de champion du monde de judo. Teddy Riner s'est imposé à Doha au Qatar grâce à son mental d'acier à 15 mois des Jeux Olympiques de Paris. France Info
Le 8.30 France Info Néhile à la trousse Laurence Anéchal
Bonjour avec Roland Lescure, ministre délégué à l'Industrie. Je reviens au sommet Chousse France. C'est plus de 200 dirigeants de grands groupes réunis à Versailles demain. Est-ce que ce ne sont que des investissements dans l'industrie verte que vous nous avez évoqués ou est-ce qu'il y a par exemple des investissements dans l'industrie pharmaceutique ? Et vous voyez où je veux en venir dans un contexte de pénurie de plus de 3000 médicaments actuellement en pénurie en France.
Écoutez, on verra si on en a demain. En tout cas, ce que je peux vous dire c'est qu'on en a eu hier. C'est-à-dire que l'année dernière, il y avait déjà un certain nombre de groupes pharmaceutiques, comme Pfizer, qui avaient annoncé des investissements importants en France.
Alors pourquoi il manque des médicaments ?
Il manque des médicaments parce que pendant une vingtaine d'années, on a été malheureusement un peu trop naïf. On pensait que le monde était plat et que si les médicaments étaient produits au bout du monde, dans un seul endroit, tout se passerait bien. Donc on a eu, alors il ne faut pas généraliser ni dramatiser, on a eu un certain nombre de cas particuliers qui nous ont alertés. On les a gérés au cas par cas, mais avec François Braun, on a décidé que le cas par cas, ça allait 5 minutes, qu'il fallait avoir une approche stratégique.
Et donc on est en train d'identifier une quarantaine de médicaments critiques pour traiter des maladies importantes, les cancers, les maladies cardiaques, les antiépileptiques, les antiépileptiques, des enjeux liés aux anesthésistes. Vous vous souvenez que pendant la Covid, à un moment, on a cru qu'on allait manquer de curare, qui est un élément indispensable du réveil. Ça peut paraître paradoxal, mais il faut du curare pour réveiller les patients.
Ça peut prendre combien de temps pour sécuriser, si je vous suis, cette ligne de production pour ces 40 produits ?
Et pour poursuivre, est-ce que ça veut dire qu'il y aura, comme pour les masques ou comme pour d'autres produits, des stocks stratégiques ?
Non, je pense que ce n'est pas le sujet aujourd'hui.
Ce n'est pas les stocks stratégiques ?
Non, sur chaque monécule sur laquelle on fait face à des défis. On sait par exemple sur l'amoxiciline, on a fait face à quels défis. On s'arrange pour gérer la crise. Donc on gère la crise et on s'assure qu'on ait de l'amoxiciline. Donc c'est parfois un peu compliqué, il faut faire 3-4 pharmacies plutôt qu'une, mais on n'a pas manqué de médicaments en France. Vous parlez de l'antiépileptique. Aujourd'hui, ceux qui ont un traitement de fond aux antiépileptiques, évidemment, y ont accès. C'est un peu plus compliqué parce que le principe actif qui est fait au bout du monde, là encore, a commencé à manquer. Donc tout ça est réglé au cas par cas.
Mais de manière stratégique, ce qu'on souhaite faire, c'est de se dire pour les 40 molécules dont on vient de parler, on va avoir pour chacune d'entre elles une stratégie soit de réindustrialisation en France, soit d'accès à des sources diversifiées en Europe. Bref, on va s'assurer qu'effectivement de manière stratégique, on ne peut plus faire face, y compris en période de crise, on n'avait pas prévu la Covid, on n'est pas les seuls, à des manques potentiels de médicaments.
Donc ce n'est pas des stocks, c'est des filières d'approvisionnement
ou de la production française. Le paracétamol, par exemple, on est en train de relocaliser le principe actif. Donc c'est l'usine Séquence, en Isère, qui est en train d'être construite, qui va faire que d'ici 2 à 3 ans, on aura le principe actif qui permet de faire du paracétamol. Du paracétamol, on en fabrique en France.
On peut même en faire en officine, dans le cas...
Oui, on peut même en mélanger en officine, effectivement, notamment pour le paracétamol, pour les enfants. Mais on a eu un risque de manque de principe actif. Donc on rapatrie les principes actifs.
Néla Latrousse.
En collègue est ouverte en Bretagne, Roland Lescure, après le sabotage de la voiture de la mère de Pougrestan s'est tombée il y a quelques heures, les freins de cet élu ont été tout simplement sectionnés. Et vendredi, c'est une autre mère, la mère de Longueville-sur-Mer en Vendée, qui a vu ces bureaux pris pour cible par des tirs de chevrotines. Les agressions contre les élus se multiplient. Et ce matin, Elisabeth Borne, dans le journal du dimanche, dit que si nous avons été insuffisamment réactifs, nous allons davantage nous mobiliser pour protéger les élus. C'est-à-dire que l'État ne protège pas assez les élus. C'est un aveu.
Non mais vous vous rendez compte de quoi on parle ? Juste une seconde, parce que vous l'avez bien décrit. On parle d'élus dont les voitures sont incendiées chez eux, on parle de tirs de chevrotines.
Et je n'ai pas évoqué Saint-Brévin avec le maire qui a démissionné. Exactement, Saint-Brévin avec des voitures
incendiées et la moitié de son domicile, des tirs de chevrotines, des véhicules qui sont trafiqués, sabotés. Donc, effectivement, on est en train de changer de dimension. Alors attention, parce que la violence c'est un continuum. Donc, quand on appelle à de la violence et un certain nombre de groupes, y compris des groupes parlementaires, l'ont fait en traitant des ministres d'Assensin, en posant le pied sur une tête de la ministre,
vous dites qu'eux aussi ont une part de responsabilité dans ces violences ?
Mais bien sûr, on est en train de banaliser la violence en général et la violence par rapport aux élus en particulier. Moi, je respecte... Mais ils n'appellent pas directement à prendre pour ça ? Mais non, évidemment, et heureusement, vous vous rendez compte, mais on a aujourd'hui... Mais c'est quoi ça crée un contexte
qui favorise ensuite ce type de passage à l'acte ?
On a un contexte de dramatisation, parfois d'insultes, qui évidemment crée un contexte général où au fond les barrières tombent. Donc il faut faire très attention à ça. Est-ce que ça veut dire qu'il ne faut rien faire ? Non, évidemment. Est-ce qu'il y a eu... Si la violence monte d'un cran, il faut que la réponse publique monte d'un cran. Est-ce que l'État était insuffisamment réactif ? Ce sont les mots utilisés par Elisabeth Cohen.
Vous le dites, il y a des enquêtes, donc on verra si elle le montre, mais en tout cas, ce que dit la première ministre, et on va commencer dès la semaine prochaine en mettant en place à la fois une cellule de prévention et de lutte qui va coordonner la réponse publique de manière à ce qu'elle soit extrêmement ferme.
Y compris en amont quand il y aura des menaces ?
C'est-à-dire que si vous avez des craintes, il faut que les gens soient protégés, quitte parfois à en faire trop, c'est dommage. Je veux dire, moi je peux vous dire qu'aujourd'hui, en tant que ministre de la République, je suis protégé. Alors, c'est vraiment pas la partie du job que je préfère. Et je préférerais que, comme dans d'autres pays, je puisse aller au bureau en vélo comme je le faisais avant quand j'étais député. Je le regrette. Mais on est effectivement dans une société de violence aujourd'hui qui fait qu'on a monté d'un cran.
Et donc, l'État doit aussi monter d'un cran sa réponse et on va le faire et on sera, mais extrêmement ferme et définitif là-dessus parce que c'est inacceptable. Ensuite, il y a un sujet de désescalade. Est-ce qu'on peut calmer le jeu ? Est-ce que chacun d'entre nous peut imaginer qu'il a une responsabilité personnelle pour que ces violences, elles diminuent ? Et je pense que ça, ça doit concerner toute la classe politique. On doit se retrouver derrière ça. C'est inacceptable.
Roland Esquart, mercredi, le maire de Saint-Brévin-les-Pins, le maire des missionnaires est reçu d'ailleurs par Elisabeth Borne, mais ce n'est pas le seul rendez-vous. Je crois qu'à Bercy, vous recevez aussi les industriels de l'agroalimentaire pour leur demander de baisser les prix. Eux, ils disent qu'on ne peut pas baisser les prix. Est-ce que ça veut dire que ça va forcément mal tourner les rendez-vous ? Qu'est-ce qu'il faut en attendre ?
Non, d'abord, les industriels de l'agroalimentaire, c'est 98% de TPE, de PME qui aujourd'hui souffrent et puis 2% en nombre qui représentent quelques grands groupes industriels. On parle de ces quelques grands groupes industriels. Vous ne mettez pas tous les industriels
dans le même panier ?
Il y a un an, ils sont venus nous voir, ils nous ont dit les prix montent, l'énergie, le blé, etc. Laissez-nous renégocier avec les distributeurs. On a dit banco. Un an plus tard, les prix baissent, énergie, blé, etc. Il faut aussi qu'ils renégocient avec les distributeurs. Quand ça marche à la hausse, ça marche à la baisse.
Et comment faire pour leur forcer la main ? On n'a pas besoin
de leur forcer la main. Vous savez, aujourd'hui, ce qui me gêne un peu d'ailleurs, mais au moins c'est un pacte-là, les négociations commerciales elles se font ici sur les plateaux. On a des grands distributeurs qui viennent régulièrement à ma place vous raconter que les industriels sont des méchants. Des industriels qui viennent à ma place vous raconter que les distributeurs sont des méchants.
Il y a une forme de ce qu'on appelle le name and shame. C'est-à-dire qu'on pointe du doigt ces industriels.
Une filière qui est aujourd'hui incapable de s'organiser de manière à assumer ses responsabilités sociales.
Mais est-ce qu'il faut nommer ces industriels, ces grands groupes ? En tout cas, ce que je peux vous dire,
c'est que nous, on a étudié en détail les marges de l'ensemble de la chaîne. En 2022, il n'y a pas eu de profiteurs de guerre. Il ne faut pas qu'il y ait des profiteurs de baisse des matières premières en 2023 non plus.
Roland Lescure, merci beaucoup. Merci à vous. Ministre délégué, l'industrie, invité du 830.
Roland Lescure