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interviewRTL — L'invité de 7h40· 1 juillet 2026 17 min

Édouard Philippe, candidat à la présidentielle 2027 : "Je promets un peu de sueur"

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Thomas Soto, RTL Matin. Ancien Premier ministre, actuel maire du Havre et candidat déterminé à l'élection présidentielle, Edouard Philippe est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Edouard Philippe. Bonjour. Vous avez des petits yeux ce matin, non ?

0:12
Édouard Philippe

Le match commençait tard et il s'est terminé tard. Il était superbe, il était magnifique. Vous avez regardé jusqu'au bout ?

0:17
Présentateur

Oui, évidemment. L'équipe de France, en fait, c'est quoi ? C'est des personnalités fortes venues d'horizons différents qui pensent pas toujours pareil mais qui arrivent à s'entendre.

0:24
Édouard Philippe

J'ai l'impression qu'il y a un message dans ce cas-là.

0:25
Présentateur

Je ne sais pas, ils sont chefés par un sélectionneur qui sait exactement où il va. Ça ne serait pas Didier Deschamps le meilleur candidat pour la présidentielle ?

0:32
Édouard Philippe

Vous lui poserez la question. En tout cas, c'est un sacré sélectionneur d'une équipe de France qui est impressionnante. Ça ne veut pas dire qu'elle va aller au bout. Mais les personnalités qu'il y a dans cette équipe, la technique et puis maintenant la complémentarité qui manifestement est en train de se créer entre eux. Bon, il y a plein de gens qui n'aiment pas le foot. Mais pour ceux qui aiment le foot, cette équipe de France, c'est extrêmement réjouissante.

0:52
Présentateur

Ça pourrait être un bon ministre, Didier Deschamps ?

0:55
Édouard Philippe

Je ne suis pas sûr du tout que ça l'amuserait. Je ne suis pas sûr du tout d'ailleurs que les qualités éminentes qu'il démontre depuis qu'il est joueur puis ensuite sélectionneur sont celles qu'il faut pour être ministre. En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'il fait partie des gens. Quand il parle, ça vaut le coup de l'écouter.

1:16
Présentateur

Bon, des bleus, on va passer au vert. Une canicule nous quitte et on redoute déjà la prochaine pour le début de semaine prochaine. Les écologistes veulent déposer une motion de censure contre le gouvernement pour dénoncer, disent-ils, son impréparation à la fois de la canicule qu'on a connue mais surtout de la canicule qui arrive. Est-ce que vous comprenez cette interrogation ? Est-ce que vous partagez ces doutes ?

1:33
Édouard Philippe

Je comprends le sujet. Le sujet, il est là, il est important, il est essentiel. Et on est en retard. Après, l'exploitation politicienne par les verts, c'est leur problème. Mais pourquoi on est en retard comme ça ? Parce que c'est dur. Parce que c'est compliqué. Parce que c'est long. Parce qu'on n'a pas attaqué le problème ? Il y a deux grandes choses à faire en matière de... Et c'est facile de les dire, mais c'est compliqué de les faire. Il faut d'abord limiter l'ampleur du phénomène. C'est ce qu'on appelle l'atténuation. Et puis ensuite, il faut s'adapter au phénomène tel qu'il est. A chaque fois, ça demande des transformations qui ne sont pas simplement des décisions, des discours.

Une prise de conscience. Et puis ensuite, des décisions importantes. Quand on a décidé de décarboner, par exemple, les mobilités, c'est-à-dire, grosso modo, de développer le véhicule électrique, de développer le transport en commun électrique, c'est des années d'investissement. Ça coûte très cher. Moi, j'ai fait trois lignes de tramway au Havre. Je suis en train de construire la troisième ligne de tramway. C'est des centaines de millions d'euros d'investissement. Mais ça permet de développer la mobilité électrique. Et ça permet d'atténuer l'ampleur du phénomène. Et puis ensuite, vous avez l'adaptation.

2:30
Présentateur

Mais est-ce que les politiques, dont vous, puisque vous avez été Premier ministre pendant plusieurs années, est-ce qu'ils ont pris la mesure à temps de ce qui était en train de nous tomber sur la figure ?

2:37
Édouard Philippe

Je pense qu'ils l'ont pris à... Je pense que chacun peut dire le moment où il a compris qu'il y avait un sujet. Vous et quand ? Moi, j'ai compris ça il y a une dizaine d'années, qu'il y avait un vrai sujet. Je ne suis pas né écologiste. Non, je ne suis pas né écologiste. Ça, c'est vrai. Mais ce n'est pas parce qu'on n'est pas écologiste qu'on ne peut pas le devenir. Vous diriez que vous l'êtes aujourd'hui ? En tout cas, je sais qu'il y a un sujet. J'ai compris qu'il y avait un sujet de préservation de la planète. J'ai compris qu'il y avait un sujet de transformation climatique. Elle avait un impact sur l'humanité. Et d'ailleurs que c'est l'humanité qui avait un impact sur le climat.

J'ai compris qu'il y avait un enjeu de biodiversité absolument... OK. Donc la question, c'est... Maintenant, ce n'est pas tellement à ce que j'ai compris. La question, c'est comment est-ce qu'on peut faire pour transformer nos infrastructures, adapter nos infrastructures ? Et juste un mot pour dire, on fait des choses. On en fait même beaucoup. Simplement, c'est long. Et on est trop lent. Vous me permettez un exemple ? Parce que c'est l'exemple que j'ai vécu pendant les deux dernières semaines. Au Havre, comme partout en France, on a eu la canicule. Puis manifestement, on va la revoir.

Quand on pense aux transformations du climat au Havre, on est plutôt inquiet sur l'élévation du niveau de la mer. Parce que, évidemment, on est à côté de la mer. La canicule, ce n'est pas quelque chose auquel on est très bien préparé. Au Havre, quand on construit des écoles, depuis des années, notre objectif, c'est de mettre des grandes baies vitrées au sud pour récupérer de la lumière et récupérer de la chaleur pendant l'hiver. Parce que, quand même, on est en Normandie. On n'est pas Aix-en-Provence. A Aix-en-Provence, on sait qu'il faut faire attention à la chaleur. Au Havre, ce n'était quand même pas le réflexe naturel pendant les 70 dernières années.

Bon, n'empêche que là, avec la canicule, la chaleur dans les classes était dingue. Donc, il faut qu'on reprenne notre bâti. Il faut qu'on l'adapte. Il faut qu'on fasse des plans à court terme pour équiper les salles. Et on n'était pas à l'heure. Je le sais. Je ne fais pas du tout le malin. Mais ça demande beaucoup d'investissement. Ça demande beaucoup de prise de conscience. Beaucoup d'investissement. Beaucoup de planification. Et on est parti, mais on est encore en retard. Donc, il faut le faire. Il faut accélérer ça. Il y a quelqu'un qui a dit des choses extrêmement intelligentes sur l'adaptation.

Je le sais, parce que c'est quelqu'un que j'aime beaucoup, c'est Christophe Béchut quand il était ministre. Il a insisté sur le fait que la priorité pour la puissance publique, c'était moins l'atténuation et plus l'adaptation.

4:47
Présentateur

Vous avez utilisé un mot, Edouard Philippe, la biodiversité. Il y a une loi d'urgence agricole en débat au Sénat en ce moment. J'ai regardé le vote de vos sénateurs horizon sur l'article qui réintroduit l'isage de l'acétamipride. C'est un pesticide interdit en France. 12 des 18 sénateurs horizon ont voté pour. Or, l'acétamipride, ça pose des problèmes sur la diversité. C'est dangereux pour notre santé. Est-ce que c'est une erreur de voter le retour de ce néonicotinoïde ? Est-ce que vous l'auriez voté pour cet article ?

5:14
Édouard Philippe

C'est extrêmement discuté. Vous ne pouvez pas réduire le vote entre ceux qui ont voté pour et ceux qui ont voté contre à ceux qui ont voté contre sont préoccupés par la biodiversité et ceux qui ont voté pour ne le sont pas. Ce n'est pas vrai. C'est aussi une question de savoir si des produits qui sont consommés en France sont produits en France ou produits à l'étranger à ces conditions-là pour être consommés en France.

Thomas Soto, est-ce que vous trouvez et je pose une question qui est une question ouverte parce qu'on a le droit d'avoir des avis différents mais est-ce que vous trouvez qu'il est naturel, normal, sain qu'en France on dise on ne va pas utiliser tel produit pour faire des noisettes ? On dit ça parce qu'on veut être et je comprends ça parce qu'il y a un vrai sujet et qu'on achète des noisettes qui sont faites en Italie en utilisant ces produits qu'on a interdits en France parce qu'on n'en produit plus en France et qu'on achète tout en Italie.

Reconnaissez aussi qu'il y a là quelque chose où on donne le sentiment d'avoir un impact sur ce qu'on fait mais où globalement le système n'est pas totalement satisfaisant et je pense que c'est cette contradiction que les parlementaires ont du mal à saisir et je crois Thomas Soto que c'est bien d'expliquer que cette question-là elle n'est pas si simple.

6:18
Présentateur

On voit que tout ce qui touche l'environnement n'est pas si simple parce qu'à chaque fois il y a des contraintes des contraintes économiques et d'ailleurs à propos d'économie le problème pour les années qui viennent c'est qu'il y a beaucoup de priorités l'environnement donc la santé la santé publique et les caisses sont vides alors comment vous allez faire vos arbitrages ?

6:33
Édouard Philippe

Moi je vais faire mes arbitrages en sachant que si on n'équilibre pas nos comptes on s'abandonne on perd notre souveraineté et on s'expose demain à des solutions qui sont encore plus délicates qu'aujourd'hui. Donc mon objectif c'est pas totalement sexy c'est pas totalement populaire peut-être mais mon objectif c'est de dire rétablissons de l'ordre dans nos comptes et recréons les marges de manœuvre dont nous avons et dont nous aurons encore plus besoin demain. C'est la première chose La deuxième chose Vous voulez ramener le déficit à 2% à la fin de votre quinquennat Je me fixe cet objectif qui n'est pas qui n'est pas héroïque mais qui est sérieux

7:11
Présentateur

C'est juste vous nous promettez l'enfer en fait c'est le candidat du pessimisme

7:15
Édouard Philippe

Pas du tout Thomas Soto Je ne suis pas du tout le candidat Il faut écoutez en France dès qu'on explique qu'on va faire un effort les gens vous disent mais vous promettez de l'armée du sang enfin du sang et des larmes pour reprendre Churchill Churchill vous savez à quoi il fait face en 40 ? Il fait face à une invasion allemande il fait face à une guerre il fait face à plusieurs centaines de milliers de jeunes anglais qui vont mourir Ce n'est pas la situation de la France Moi je ne promets pas du sang et des larmes Mais comment vous faites ?

Je promets peut-être un petit peu de sueur C'est-à-dire que je pense qu'on va s'en sortir si globalement on fait des efforts des efforts justes des efforts partagés des efforts dont on pourra partager ensuite le produit mais il va falloir que face à une situation qu'ont connue tous les autres pays européens et auxquelles ils ont tous répondu de la même façon c'est-à-dire en effet avec un petit peu plus de travail on règle le problème C'est quoi des efforts ?

C'est entendable Thomas Soto Je ne suis pas en train de proposer du sang et des larmes Je suis en train de dire aux Françaises et aux Français si on veut rester aussi prospère et aussi libre il va falloir qu'on organise un peu plus de travail et un peu plus d'efforts et on va essayer de le faire intelligemment en prenant en compte la diversité de la relation Est-ce que plus d'efforts c'est plus d'impôts ? Non !

Et voilà solution française il faut faire des efforts on va augmenter les impôts Même Emmanuel Macron qui ne voulait pas les augmenter a fini par les augmenter L'imagination France c'est de créer des nouveaux impôts puis c'est possible une fois que vous avez créé des impôts vous faites des petites niches pour éviter que tout le monde les paye parce qu'évidemment ça pose des problèmes franchement c'est pas sérieux C'est pas sérieux c'est le système politique dans lequel vous êtes vous aussi depuis des années En 2017 on a baissé les impôts sur les sociétés le taux de l'impôt sur les sociétés 2017, 2018, 2019 il a baissé Vous savez ce qu'il s'est passé ?

Il s'est passé que le produit de l'impôt sur les sociétés il a augmenté L'argent que rapportait l'impôt sur les sociétés a augmenté Pourquoi ?

Parce que comme on a créé un environnement favorable à la création de richesses favorable à la production et bien il y a plus d'entreprises qui sont arrivées en France qui ont créé plus et on a eu donc plus de recettes fiscales avec l'impôt sur les sociétés Donc pas de hausse d'impôt C'est pas la solution La solution c'est pas l'impôt La solution c'est le contrôle de la dépense et il faut se le dire et la meilleure dépense la réorganisation de la dépense il y a plein de choses à faire Je vous donne un autre exemple En 2017 avec Gérald Darmanin il était ministre du budget à l'époque On a fait et on a mis en oeuvre une réforme compliquée qui avait d'ailleurs été décidée avant nous le prélèvement à la source Vous vous en souvenez ?

Qui fonctionne très bien Qui fonctionne très bien et qui est unanimement jugé par les français comme une réforme qui a donné plus de simplicité et une meilleure qualité de service Qu'est-ce qui s'est passé une fois qu'on a fait ça ? Pas avant une fois qu'on a fait ça On a supprimé 30 000 emplois à la DG FIP Pourquoi ? Parce que cette réforme elle a permis l'efficacité du service public et son adaptation Et ça vous voyez c'est vertueux Il ne faut jamais rentrer dans le débat Oui moi je vais supprimer X milliers Ce n'est pas le sujet Il y a un autre débat dans lequel

9:56
Présentateur

C'est l'efficacité des services publics Il y a un autre débat dans lequel vous n'avez pas peur de rentrer c'est la réforme des retraites Il y aura une nouvelle réforme des retraites avec Edouard Philippe ? On va aux 67 ans que vous aviez évoqué à un moment ou pas ? Monsieur Soto

10:05
Édouard Philippe

Il y aura quoi qu'il arrive des réformes sur les retraites Donc il faudra travailler plus quoi qu'il arrive ? C'est ce que je pense Il faut qu'on travaille plus nombreux plus jeunes Il faut que le taux d'emploi des seniors augmente On est le pays qui parle Je ne vais même pas vous parler d'âge légal

10:20
Présentateur

Pourquoi ?

10:21
Édouard Philippe

Vous êtes comme Jordan Bardella vous dites l'âge de départ ne veut rien dire On esquive le sujet Je ne crois pas du tout que je sois comme Jordan Bardella sur ce sujet Je ne comprends pas ce qu'il veut faire sur le sujet Je vous dis juste un fait un fait intéressant Oubliez en ce moment l'âge légal de départ à la retraite L'âge effectif l'âge réel auquel les français accèdent à la retraite C'est l'âge l'âge effectif Je ne parle même pas d'obligation C'est le plus bas de tous les pays de l'Union Européenne Donc de fait aujourd'hui c'est comme ça c'est la réalité Les français partent à la retraite beaucoup plus tôt avec la démographie qu'on a Monsieur Soto et qui s'aggrave Il n'y a aucune hypothèse où on s'en sort dans un système par répartition même si on crée un peu de capitalisation et on va le faire et il faut le faire et je suis totalement partisan de le faire où on ne va pas travailler un peu plus Un peu plus quand on est jeune Un peu plus Vous ne savez pas dire combien ?

Quand on vieillit Moi je propose la discussion avec les organisations syndicales sur le principe du on équilibre le système on travaille plus longtemps et ensuite on essaie de regarder qu'est-ce que ça veut dire travailler plus longtemps parce que ce n'est pas la même chose pour le cadre bancaire même s'il y a moins d'agences comme vous le disiez tout à l'heure et pour le déménageur Ce n'est pas la même relation c'est pas la même chose pour quelqu'un qui a un travail posté La dame qui a un travail posté et qui travaille dans une usine où on met des filets de sardines dans des boîtes elle n'a pas exactement la même relation à son travail que le cadre qui a une forme de liberté et pour qui le travail n'est pas autant compliqué et usant On va parler un peu

11:47
Présentateur

de votre campagne C'est la semaine des ralliements C'est une bonne semaine pour vous Dernier en date Maude Bréjon la porte-parole du gouvernement qui va donc faire campagne pour vous Quel sens vous donnez à ce ralliement d'une ministre qui est membre du parti Renaissance de Gabriel Attal et qui vient chez Edouard Philippe

12:00
Édouard Philippe

D'abord je m'en réjouis parce qu'elle a plein de qualités plein de talents et que je l'aime beaucoup donc je suis extrêmement heureux qu'elle m'apporte son soutien dans la perspective du 5 juillet le meeting que j'organise à l'Isra à la Vida Sarena Je crois que c'est ce qu'elle a dit oui Gérald Darmanin Je crois pas que Gérald d'Isra je parle beaucoup avec Gérald Darmanin mais en ce moment il est à je crois totalement concentré Vous pensez qu'il vous soutiendra au final ? Je l'espère je le crois je l'espère Il vous l'a pas dit encore ?

J'en serai heureux et j'en serai heureux parce que j'ai une estime ancienne une amitié ancienne et que je sais qu'il apporte beaucoup dans une équipe bien sûr je l'espère

12:43
Présentateur

Alors ce qu'on comprend pas très bien c'est la différence entre Gabriel Attal et vous vous avez un point commun indélébile vous êtes des enfants politiques du macronisme vous avez tous les deux été premier ministre d'Emmanuel Macron mais qu'est-ce qui vous distingue en fait ? C'est cosmétique ou politique ?

12:55
Édouard Philippe

Vous simplifiez un peu la même il y a des différences politiques il y a des différences personnelles elles sont d'ailleurs très respectables je dis pas que je suis élu local maire du Havre depuis 16 ans élu dans une ville populaire industrielle depuis 25 ans Comprendre vous avez une expérience qu'il n'a pas ? J'ai un âge qu'il n'a pas on n'est pas les mêmes c'est pas dénigrant de dire ça

13:14
Présentateur

Comment ça va se terminer ? Ça va se jouer au duel

13:16
Édouard Philippe

à pile ou face ? Il a du talent mais moi j'ai les miennes et c'est pas les mêmes Comment ça va se terminer ? Je viens de la droite il vient de la gauche C'est une différence assez nette à mon avis Quand et comment allez-vous vous départager ? Je pense que ça va se faire dans le temps dans un processus qui n'est pas écrit C'est quoi ?

13:35
Présentateur

C'est octobre le temps ? C'est sérieux ? On a les dates de la présidentielle ?

13:38
Édouard Philippe

Ce sera quelque part entre octobre et février mais je ne peux pas vous dire que ça se passera le 23 novembre

13:42
Présentateur

Il n'y a aucune hypothèse ? Vous êtes tous les deux candidats vous pensez le 18 avril ?

13:45
Édouard Philippe

Je pense que ce serait dangereux Je pense que la multiplication la multiplication des candidatures au début de l'élection elle est très légitime Si les gens ont quelque chose à dire aux français ils le disent C'est pas moi qui est Moi je suis candidat je ne vais pas les dire aux autres Mais enfin pourquoi vous êtes candidat ?

Donc c'est normal qu'ils le fassent s'ils ont envie de le faire s'ils ont envie de dire des choses Après à partir entre novembre et février il va falloir que chacun mesure bien moi y compris le risque que représenterait un trop grand nombre de candidats dans le même espace politique ou dans un espace politique à peu près compatible et le risque d'élimination qui arriverait à ce qui pour moi est un cauchemar absolu Mais un cauchemar absolu c'est un deuxième tour avec Mme Le Pen ou M. Bardella face à M. Mélenchon Justement Le Pen ou Bardella

14:26
Présentateur

on saura dans moins d'une semaine maintenant qui sera le candidat du Rassemblement National Vous avez une préférence ? Il y a une différence entre les deux ?

14:31
Édouard Philippe

Non je n'ai pas de préférence C'est les mêmes ? Je ne crois pas Quand vous regardez les sondages aujourd'hui ils donnent le sentiment d'être presque interchangeables Je pense qu'ils ne sont pas identiques Je pense même qu'il y a des divergences enfin en tout cas manifestement on voit commencer à apparaître des divergences de fond des divergences sur la ligne politique Ce qui met du flou Lequel vous inquiète le plus ? Je ne sais pas ce que le Rassemblement National veut sur les retraites parce que vous voyez bien que M.

Bardella essaie de dire qu'il va falloir quand même transformer les choses parce qu'il essaie de se crédibiliser et il sait et il voit bien qu'il y a un problème mais en même temps j'entends qu'il n'en tire pas toutes les conséquences et puis que Mme Le Pen elle considère que 60 ans ou 62 ans je ne sais pas ça reste un objectif Vous voyez bien qu'on ne comprend pas très bien ce qu'ils veulent faire en matière de politique étrangère On a bien compris qu'ils étaient anti-OTAN mais on se demande s'ils ne sont pas un peu pro-poutiniens et de fait ils le sont J'entends M.

Bardella dire qu'il est pro-ukrainien qu'il veut soutenir l'Ukraine mais enfin il n'y a jamais été Il n'a jamais été présent à l'Assemblée européenne au Parlement de Strasbourg quand il a fallu prendre une décision pour aider l'Ukraine Donc qu'est-ce qu'ils veulent ? Ce n'est pas clair Ça c'est la campagne

15:35
Présentateur

qui permettra de le dire

15:36
Édouard Philippe

Et peut-être que le 7 juillet on verra la différence entre cet amalgame que l'on fait entre eux et puis le candidat qui finalement pourra y aller

15:43
Présentateur

Dernière question On connaît depuis hier soir la date de la présidentielle premier tour 18 avril second tour le 2 mai et le 2 mai au soir vous entendrez peut-être ça Edouard Philippe 4, 3, 2, 1 Edouard Philippe est élu président de la République Voilà on a une pensée pour Jean-Pierre Cabache et un remerciement pour l'intelligence artificielle C'est le rêve de votre vie ça vraiment ?

16:03
Édouard Philippe

Écoutez moi d'ici le 2 mai j'entends faire une campagne sérieuse en prenant les français au sérieux en leur disant ce que je crois ce que je sais et ce que je ne sais pas et en essayant de leur expliquer qu'on peut être à la fois lucide sur les difficultés qu'on rencontre et elles sont nombreuses et optimistes sur la capacité de notre pays à faire les choses et je termine là-dessus merci Edouard Philippe il faut être optimiste notre pays il a tout pour réussir on va croire en nous on va essayer d'avancer et on ne va pas se laisser dériver avec les déclinistes et les gens qui se disent que la France d'avance était tellement mieux on va essayer de construire merci Edouard Philippe c'était pas du tout merci Edouard Philippe