Yannick Jadot : "On n'a pas appliqué le Grenelle de l'Environnement"
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Bonjour et donc bienvenue dans Question Politique, l'émission politique de France Inter, France Télévisions et Le Monde. On est ensemble jusqu'à 14h et je m'en réjouis. Le menu de ce dimanche à 12h30, l'eurodéputé Yannick Jadot sera notre invité. Il est candidat à la primaire organisée par Europe Écologie, les Verts. A 13h15, vous avez la parole. Toutes vos questions à Yannick Jadot, 0145 24 7000 sur franceinter.fr et via Twitter avec le mot clé Question Paul. Question au pluriel. Mais tout de suite, c'est le mag politique qui démarre. Soyez les bienvenus. France Inter, question politique, Nicolas Demorand. Et un mag qui commence par un grand éclat de rire.
Charline Van Ouenacker dans ses œuvres, il faut imaginer Alain Juppé, heureux, un glaçon de bonheur croqué dans le 7-9 de Patrick Cohen, jeudi dernier.
Ce qui lui prend à mon juju, mais il raconte partout qu'il est un prophète de bonheur.
Il a vu le Dalai Lama en lousdé ou quoi ? Ou alors, c'est comme la laïcité accommodante, c'est encore un concept qu'il aurait ramené du Canada. Il a dit avant-hier, je le cite sinon vous n'allez pas me croire. Dans cette campagne contre vents et marées, je porte une idée, presque un idéal, celui de l'identité heureuse. On dirait du Céline Dion, je ne sais pas ce qu'il se passe. Je crois qu'il s'est radicalisé. Enfin, il a l'air heureux dans ses bottes. Bon ben voilà, le type est parti sur un nouveau concept, la feel-good politique.
Il y a l'identité heureuse, bien sûr, et peut-être bientôt la sécurité heureuse. Et s'il a le courage, un jour, l'euthanasie heureuse. Ah là, Juppé, maintenant, il termine tous ses meetings par « Vive la France heureuse ! » Et c'est vrai que quand on voit Juppé, ça fout de ses patates ! Tous derrière Juju, c'est le nouveau Pharrell Williams. Ouais, Léa, une réunion, je ressors de là, rénovée de l'intérieur. Ouais, Léa, lâche cette vodka deux secondes, je t'explique. Si j'ai bien compris, avec Juppé, tout va changer. Léa, l'identité heureuse, que ça s'appelle, waouh !
Voilà, on rigole, mais attendez, parce qu'en réalité, moi, je suis un peu perdue.
Je reconnais plus mon Alain. Voilà, on a connu un type froid et cassant en 1995, puis il est devenu jeune et swag en une des unrocs. Maintenant, c'est un glaçon de bonheur. Il est cool, détendu, t'as l'impression de voir Bob Marley qui aurait revendu ses dreadlocks pour se payer une paire de mocassins à glands. Voilà, il n'a plus peur de rien. Il ose parler d'identité heureuse dans un pays qui compte 21% de dépressifs. Et comme la stratégie de Juppé, c'est un petit peu celle du verre à moitié plein, ça peut marcher dans un pays qui consomme aussi 12 litres d'alcool par an par habitant. Alors, il ne faut pas croire, Alain est bien plus joyeux que certains de ses collègues.
Parce que j'ai les chiffres sous les yeux. Par exemple, au premier semestre 2016, François Fillon a souri trois fois. Juppé, il en est à 13. Si on compte la fois où il s'est brûlé en faisant des pinquets. Mais alors, où mène ce chemin du bonheur sur lequel veut nous emmener Alain Juppé ? Un chemin où il veut récupérer les déçus du hollandisme. Enfin, plus précisément, ceux qui sont déçus parce que Hollande n'est pas allée assez à droite.
Formidable Charline Vanhoenacker dans le 7-9 de France Inter. Retour maintenant sur la semaine politique.
Un bouquet de sons, de discours et de déclarations choisis par Frédéric Mettezot. Peuplé, vous allez le voir, de spectres, de fantômes et de revenants.
Ça fait une trentaine d'années que la gauche encaisse des défaites politiques et des défaites culturelles. C'est une leçon de gauche donnée à la gauche de gouvernement. Christiane Taubira convoque les grands idéaux que certains de ses camarades auraient abandonnés. Ça fait quelques années déjà que la gauche accompagne ces défaites culturelles au lieu de se battre pour exister en tant que tel. Cette semaine, les revenants de la gauche critique étaient tous là et ils ont exhumé les vieux dossiers. Arnaud Montebourg sur la gestion de la crise d'Alstom par le gouvernement. Je suis désolé de dire qu'il y a un ministre de l'économie qui est chargé de ça.
Il y a un ministre des transports qui veille sur la SNCF. Que s'est-il passé pendant ces trois mois ? Il y a un problème. Et même à droite, on invoque les manes de l'État stratège. Le gaullisme industriel des années 60 ? Non. Plutôt le sarkosisme industriel du début des années 2000 pour le député maire de Belfort, Damien Mélo.
Je vous rappelle qu'en 2004, Nicolas Sarkozy avait sauvé Alstom en demandant à l'État de prendre 21% du capital. Nous demandons à l'État, au gouvernement, de faire la même chose. L'État doit faire pression sur le PDG d'Alstom pour qu'il revienne sur sa décision.
Alstom, ou le fantôme de l'État qui ne peut pas tout, le spectre d'une campagne horribilis il y a presque 15 ans.
Demain, on est viré. Qu'est-ce qu'on attend, le gouvernement, pour faire des choses ? Il ne faut pas imposer comme ça à chaque entreprise de lui imposer sa loi. C'est pas comme ça. Si à chaque fois qu'il y a un plan social, on doit naissance de l'État.
Exorcisé 2002, Valls et Hollande ont retenu la leçon Jospin. Alors tant pis si Florenges et PSA Aulnay ont fermé pendant ce quinquennat. On sert ses petits points et on y croit.
La méthode employée par Alstom est inacceptable. On ne peut pas prendre de telles décisions ainsi.
L'objectif, c'est d'assurer la pérennité du site de Belfort pour les prochaines années. Pas simplement pour les deux ans qui viennent. Non, pour les prochaines années.
Loin des usines, en meeting, Nicolas Sarkozy poursuit sur sa lancée. Et il convoque les fantômes glaçants du passé. Après la peste brune, la peste noire. Le nazisme et le communisme, dans leur vision la plus sanglinaire, ont disparu. Mais on continue à torturer, à mutiler, à tuer des femmes, des enfants, des hommes. La seule guerre possible contre le terrorisme islamiste ne peut être qu'une guerre totale, une guerre implacable. Un Sarkozy devenu publiquement climato-sceptique cette semaine, Nathalie Cossius-Comorizet ne reconnaît plus son président.
Moi, en tout cas, je n'ai pas changé et je crois toujours avec les scientifiques que changement climatique est malheureusement le fait des hommes. Je le crois comme l'a cru d'ailleurs Nicolas Sarkozy, puisque en 2007, au Mans du Grenelle, il disait alors, et je pense qu'à l'époque, il avait raison, qu'aucune politique publique aujourd'hui ne pouvait faire l'économie d'une réflexion et d'une intégration du changement climatique.
NKM préférait le Sarko d'avant, à droite, ce n'est pas le passé qui passe mal, c'est le présent. La semaine politique signée Frédéric Mettezot. Je salue maintenant le trio de chocs, de feux et de flammes avec qui j'ai la joie de passer mes dimanches. Nathalie Saint-Cricq, bonjour. Bonjour Nicolas. Vous êtes la voix de France Télévisions dans cette émission.
Pas la voix de la France, la France Télévisions.
Oui, oui, de la France Télévisions. Arnaud Leparmentier, bonjour. Bonjour Nicolas. Vous avez la rude tâche d'incarner le quotidien Le Monde à ce micro. Laurence Peuron, bonjour. A travers vos mots, c'est le service politique de France Inter qui s'exprime. Alors les amis, quel fait politique vous a marqué cette semaine, en France ou à l'étranger d'ailleurs, Nathalie ? C'est la montée du ton à droite. Nicolas Sarkozy extrêmement offensif. L'un jupé qui, certes, comme le disait Charline, essaie de faire sympa mais qui a l'air absolument exaspéré. Un François Fillon qui cogne.
Et un petit dernier copé qui a décidé de se faire Sarko, pardonnez-moi pour cette expression, en disant je serai le cinquième élément pour chasser la vente des quatre. Et il a bien l'intention à la télé d'y aller très fort contre Nicolas Sarkozy. Arnaud Leparmentier. Moi, ce qui me marque, c'est l'enquête de l'Institut Montaigne faite avec l'IFOP qui étudie qui sont vraiment les musulmans de France. Publié dans le JDD ce matin. Exactement. Et donc, ça montre que globalement, les musulmans sont très bien intégrés. Mais il y a un problème avec 13% des effectifs qui seraient des individus très autoritaires.
Ça fait quand même 500 000 personnes.
Alors c'est sur un échantillon de combien de personnes, dites-vous, Arnaud Leparmentier ? Parce que l'édito du JDD dit plusieurs millions de personnes. Non, non, pas plusieurs millions. Il y a dû y avoir une coquille. Oui, l'IFOP a pris 15 000 personnes. On a extrait 1 000 personnes qui se déclarent de religions musulmanes. Donc, ça fait une étude qui est tout à fait sérieuse. Et vous, Laurence Perron, le fait politique que vous a marqué cette semaine ? Je serais assez frappée par l'hypocrisie des politiques à gauche, notamment quand on parle du dossier Alstom ou de la loi travail.
On avait vu à la fête de l'Humanité, tous les présidentiables de gauche se précipiter et aller s'agenouiller auprès des pieds de Pierre de Laurent pour lui dire « Oui, on sera avec toi à la manif. » Et puis, on les a vus un peu parler d'Alstom. On ne sait pas ce que ça va donner, en tout cas, à la manif. On ne les a pas vus pour la loi El Khomri. Une manif qui servait peut-être aussi à pas grand-chose. Oui, peut-être. On verra. Personnellement, en tout cas, c'est l'abandon par Angela Merkel du slogan « Nous y arriverons ». « Wir schaffen das ». « Wir schaffen das », nous dit Arnaud Leparmentier.
« Nous y arriverons à intégrer les centaines de milliers, le million de réfugiés que nous avons accueillis en Allemagne. » Angela Merkel a déclaré qu'elle comprenait que ce slogan pouvait choquer, qu'en tout état de cause, elle ne l'emploierait plus. On vote aujourd'hui à Berlin et une poussée populiste est attendue une fois encore dans les urnes. On accueille, dans un quart d'heure maintenant, Yannick Jadot, l'eurodéputé Europe Écologie-Les Verts, qui est candidat à la primaire qu'organise son parti. Midi et quart, vous écoutez « Questions politiques » sur Inter.
Et tous les dimanches, nous avons rendez-vous avec le CNRS. Bonjour Isabelle Vérin-Vasson. Nous n'avons rien. Bonjour. La campagne présidentielle va être scrutée par les chercheurs de votre laboratoire. L'approche est pluridisciplinaire et vous viendrez rendre compte de certains aspects de ce travail collectif au micro de France Inter. Cette semaine, Isabelle, vous vous penchez sur la question de l'écologie dans les médias.
Oui, pour évidemment bien accueillir Yannick Jadot, je me suis posée sur un des travaux principaux que nous avons dans la recherche sur les communications politiques. C'est la question de la fonctionnalité de l'agenda, c'est-à-dire le rôle des médias dans la mise en avant des thèmes dans les campagnes électorales, mais dans d'autres domaines. Et là, je me suis demandé quelle était la place de l'écologie, de l'environnement dans les médias.
Et en plus, nous avons déjà fait une recherche dans ce sens-là, puisque la revue que je co-dirige, le temps des médias, de la nature à l'écologie, a essayé de voir d'une manière historique, et aussi près aujourd'hui, la place de la question de l'environnement dans les médias. Et la revue montrait que ce n'était pas une question nouvelle et qu'elle préoccupe les médias, les intellectuels et scientifiques, depuis longtemps, depuis le 18e siècle. Elle préoccupe les élites, donc, Isabelle Véramasson. C'est d'ailleurs souvent vrai, quand on regarde qui s'intéresse aux questions de l'environnement, on voit bien, c'est plutôt les CSP+, les classes favorisées, même si ça s'est démocratisé.
Mais en tous les cas, au 18e et au 19e siècle, c'est une préoccupation, effectivement, des élites, qui voient à la fois leur paysage se dégrader, et surtout un souci de l'hygiène, qui pose la question de l'environnement d'une manière très dramatique, sans compter le fait que le regard a changé, est en train de changer. On découvre, grâce aux travaux d'optique, grâce à la photo, au cinéma, un peu le même genre de choses qu'on va découvrir en 69, avec la possibilité de voir la planète de l'eau. On va voir notre planète autrement, et ça va créer un sentiment très vif.
Alors, vous l'avez dit, c'est un intérêt, dans un premier temps, qui est porté par les élites intellectuelles, scientifiques, journalistiques. Comment et quand la chose se démocratise-t-elle ? La démocratisation de la question environnementale se passe comment ?
Alors, dans un premier temps, évidemment, les années 60, ce sont les années de beaucoup de départs. Les années 60 marquent l'intérêt pour les questions de l'environnement, et les médias suivent. La multiplication des journaux portant sur les questions de l'environnement est extraordinaire. Il y a des centaines de journaux régionaux, et puis les plus connus, La Gueule Ouverte, Le Sauvage, La Radio Suisse, La Radio Ouverte, la radio... Ce sont les médias militants, ça. Ce sont les médias militants. En fait, la question environnementale est portée par des militants qui pensent que c'est par la presse, évidemment, par les médias qu'ils vont pouvoir diffuser leurs messages.
Et puis, ça devient l'objet, ensuite, de l'enquête et du travail des médias généralistes.
Alors, oui, dès 1972, Le Monde accorde une rubrique particulière sur les questions de l'environnement, des journalistes importants. Là, on rend hommage, évidemment, à Ambroise Rendu, qui est un journaliste important, parce que c'est sa fille qui a fait le numéro. Mais nous, qui portent la question de l'environnement avec la difficulté d'être à la fois des journalistes, portés par une éthique du journalisme, de l'objectivité, et en même temps, souvent, les journalistes deviennent des militants parce qu'ils prennent conscience du danger, du caractère incroyablement chaud de ces questions-là, et leur statut se transforme souvent.
Alors, est-ce qu'il n'y a pas, tout de même dans le traitement par ces médias généralistes de la question environnementale, un goût prononcé pour le catastrophisme et les grands événements internationaux ?
Oui, alors...
On retrouve le problème de l'agenda, là. Quand on parlait ? Eh bien, précisément, quand il y a une catastrophe ou un sommet, une COP, une COP 21, une COP 22.
Alors, les travaux ont été faits par l'Inastat, qui mesure les thèmes dans les journaux télévisés, et ils ont mesuré ça à l'occasion de la COP 21, et très clairement, les journaux télévisés en particulier, qui sont, on le voit dans d'autres travaux, la première manière qu'ont les écologistes de s'informer, enfin, écologistes, pardon, les gens qui sont intéressés aux questions environnementales, et la question numéro un, c'est évidemment, enfin, le thème numéro un, c'est les questions qui touchent aux catastrophes, et surtout aux catastrophes climatiques, 62% des 52% d'informations catastrophistes portent sur la question du climat.
Alors, un paradoxe et une tendance, pour finir ?
Alors, le paradoxe, c'est évidemment que les Français, c'est la question de la démocratisation dont vous parliez, s'intéressent de plus en plus à la question de l'environnement, une prise de conscience de l'importance, 80% des Français interrogés...
Dans les 20% que ça n'intéresse pas, il y a Arnaud Leparmentier, on va lui donner la parole tout de suite.
Et pourtant, quand on voit, quand on demande aux Français quels sont les thèmes prioritaires pour eux, eh bien, la question de l'environnement n'arrive qu'en dixième position, à peu près depuis des années, c'est comme ça, il n'y a pas un grand changement, mais si ça monte un peu en fonction des événements... Ça, c'est le paradoxe, et la tendance ? Et la tendance qui me semble intéressante, c'est le retour du nini, ou bien de la dépolitisation de la question environnementale.
On a connu, en grande partie, la question de l'environnement par René Dumont, qui se présente aux élections en 1974, et puis Brice Lalonde, et puis Wacheter, qui sont des gens qui ont des idées politiques, mais qui considèrent que l'écologie n'est pas politique. Et ça, on revient, on voit bien, avec une longue, longue parenthèse, Lever, écologie très politique, très à l'extrême gauche, eh bien, de se poser des questions, on le voit bien, à la fois par Nicolas Hulot, qui fait signer tous ces hommes politiques, et aussi les phrases de Sarkozy.
Arnaud Leparmentier, je vous ai brocardé gentiment, vous avez le droit à la parole. Non, non, je vais avoir une parole de gauche. La question de l'environnement et le problème auquel se heurt souvent, c'est la question du coût. Est-ce que l'environnement, c'est pour les riches ? Est-ce que l'environnement, c'est pas mauvais pour les pauvres ? C'est la question sociale, et donc j'espère que Yannick Jadot pourra nous dire quelque chose. Et le deuxième sujet, c'est comment ce sujet qui est si global, qui intéresse tant les gens, s'est transformé dans un groupuscule qui fait 2% des voix, c'est Europe Écologie et Vert, donc on demandera aussi à Yannick...
Donc on reçoit l'un des membres éminents dans quelques instants.
Voilà, donc on demandera comment il sortira de son groupuscule. Le virage climato-sceptique de Nicolas Sarkozy a surpris, on l'entendait, dans la semaine politique de Frédéric Mettezot. Il avait commencé avant. Oui, il a commencé avant. Ça commence à bien faire. Ça commence à bien faire, Nicolas.
Il a toujours eu un côté sens commun, bon sens, qui est de se dire, finalement tout ça c'est une histoire de bobos, il y a des choses beaucoup plus graves tout de suite,
notamment l'emploi, et il a toujours surfé sur cette espèce de clivage qui est où je m'occupe de l'écologie et finalement on va détruire des emplois, et en considérant finalement que c'était un problème de riches. Laurence Perron ? Oui, on a aussi le sentiment que, mis à part Nicolas Hulot, l'écologie n'intéresse personne, et on peut se poser aussi cette question, pour la poser à Yannick Jadot, est-ce que l'écologie doit être impartie, ou est-ce qu'elle ne doit pas être, comme le dit d'ailleurs aussi Jean-Luc Mélenchon, une partie du programme, d'un programme économique plus vaste ?
Arnaud Le Parmentier, dans la critique que fait Nicolas Sarkozy du consensus scientifique autour du réchauffement climatique,
il développe un autre argument qui est celui de la démographie, auquel vous avez été sensible. Oui, c'est-à-dire qu'il explique en fait les défis du XXIe siècle, ceux sur lesquels on peut peut-être peser, c'est la démographie. Donc il cite l'Afrique qui aura 2 milliards, 3 milliards d'habitants d'ici 70 ans. Donc il veut, non pas agir sur l'environnement, mais comment avoir moins d'hommes sur la planète ? Donc je ne sais pas si Yannick Jadot aussi aura une idée sur ce sujet. Le climato-scepticisme, c'est Nicolas Sarkozy aujourd'hui en France,
et Donald Trump aux Etats-Unis, si je ne m'abuse.
C'était Claude Allègue aussi, quand même. Parce qu'il faut se souvenir que ce n'est pas quelque chose qui est droite-gauche, c'est-à-dire qu'il y a toujours eu des gens, effectivement, qui considéraient qu'ils ont mis en cause, notamment, les travaux de Jean Jouzel, et que Claude Allègue a été le premier, même s'il s'est fait engueuler par tous les socialistes, et Donald Trump. Mais c'est toujours cette idée de, il faut aller de l'avant, il faut faire le gaz de schiste, sur le gaz de schiste, c'est la même chose. Si ça peut apporter des emplois, si ça peut apporter de la modernité, c'est que les écolos empêchent le progrès. Arnaud Hamovit !
Non, le sujet c'est quand même, est-ce qu'on peut réduire le réchauffement, ou est-ce qu'il faut se préparer à vivre avec une planète plus chaude ? Ce n'est pas la même chose. Et c'est une vraie question qu'on posera, dans quelques instants, à Yannick Jadot. Question politique, sur France Inter. Yannick Jadot, dont vous esquissez aujourd'hui le portrait, Laurence Perron. Alors on aura envie de vous dire qu'il ne faut pas se fier à sa tête de chic type, à cet irsutisme capillaire qui ne cède ni à la calvitie, ni au gris hipster, en dépit d'une cinquantaine plus si lointaine. L'œil est toujours bleu mer, avec des poissons dedans, manquerait plus que ça.
Quand on s'est battu au Parlement européen contre le chalutage en eau profonde, et avec succès, c'est l'un des récents faits d'armes de cet eurodéputé assidu. Élu en 2009, au moment du triomphe de la Dream Team, Cone Bendy de Beauvais-Joli, et réélu dans un climat un petit peu moins enchanteur en 2014. Mais qui est Yannick Jadot ? Parce que sans lui manquer de respect, et en plus j'écorche son nom, il souffrirait, et même, on le dit dans son équipe, tout de même, face à Cécile Duflo, d'un petit déficit de notoriété. Yannick Jadot, c'est d'abord un vrai militant de l'environnement.
Avant d'être l'homme en arrière-plan de la photo qui jouait les casques bleus entre Danny Cone Bendy, qui passait sa vie à menacer de tout faire exploser, et Cécile Duflo à pleurer, ça c'était en 2010, au moment de l'OPA de la coopérative Europe Écologie de Danny sur les verts, qu'il n'hésitait pas d'ailleurs à qualifier de moisi, je parle de Yannick.
Avant de devenir le porte-parole de la candidate Eva Jolie 2012, qu'il finira d'ailleurs par quitter en pleine campagne, avant de soutenir Mordicus, l'option Hulot 2017, comme la seule qui tient la route, le chemin escarpé, devrais-je dire, de l'écologie politique, avant de considérer qu'en l'absence d'envie de celui-ci, eh bien, il doit y aller lui-même. Avant donc, les tribulations politiques et les ambitions présidentielles, avant existait un militant, 1986, de Vaquet, si tu savais, Yannick Jadot, étudiant en économie à Paris-Dauphine, et de toutes les manifs contre la réforme de l'université.
Il a sans doute d'ailleurs croisé à ce moment-là les jeunes Manuel Valls, Julien Drey, Jean-Christophe Cambadélis, mais lui, déjà très sosdem, comme on dit en langage de gauche, pour fustiger les sociodémocrates, Jadot, donc déjà très social-démocrate, rallie la balière de Delors, et un syndicat étudiant éphémère qu'on appelle alors la déferlante. Mais c'est à Greenpeace qu'il se fait véritablement un nom, directeur de 2002 à 2008 des campagnes de l'organisation en France, on lui douane notamment l'Odyssée pour intercepter le porte-avions Clémenceau, fourré d'Amiante, en partance pour l'Inde, où il devait être démantelé en violation de toutes les règles de sécurité sanitaire et écologique.
Un chic type, on vous a dit, qui n'a pas abandonné son ADN militant dans les travées de Strasbourg, de la lutte contre les alliances toxiques dans l'agrochimie, entre, je la fais ça en langage militant, l'empoisonneur Monsanto et l'apothicaire Bayer, à celle contre les poulets au chlore et les gras sans foie. Que pourrait nous valoir la signature du taffeta ? À la pêche au chalut en eau profonde, on en a parlé, de la dénonciation aussi du contrat donné d'EDF à Iclempoint, à celle de l'hypocrisie sur l'accueil des migrants. Jadot, le militant, était encore hier sur l'estrade d'un café à Paris, près de la place Clichy, pour en débattre avec les gens.
Alors est-ce que ça en fait un présidentiable ? Pas juste le fauné d'une candidature hollando-compatible, ça il s'en est défendu, mais dans son propre camp, je dis ça un peu pour l'énerver, dans son propre camp, on croit qu'il est aussi peut-être un petit peu trop chic type. Nous recevons donc le fauné Yannick Jadot dans quelques minutes maintenant. Vous le savez, cette émission, amis auditeurs de France Inter et la vôtre, vous avez de nombreux moyens d'y participer, des moyens anciens, ce qu'on appelle le téléphone, avec une ligne fixe 01 45 24 7000. Le standard de France Inter est ouvert, et attend d'ores et déjà vos questions.
Vous pouvez, si vous aimez le courriel, passer par franceinter.fr. Si vous aimez le courriel, mais à travers le téléphone portable, vous pouvez également passer par l'application France Inter, et pour finir, Twitter, avec le mot-clé question Paul, question au pluriel. Le journal de Yves Decauil. Les titres dans quelques instants.
Jacques Chirac hospitalisé ce matin à la salle pétrière, c'est sa famille qui l'annonce. L'ancien président âgé de 83 ans qui séjournait au Maroc a été rapatrié pour le traitement d'une infection pulmonaire. 29 blessés dont un grave hier soir à New York, dans le quartier de Chelsea, à Manhattan. L'engin explosif aurait été déposé dans une baine à ordures. Une autre explosion dans le New Jersey en matinée n'avait fait aucun blessé. Les autorités ne font pour l'instant pas le lien et ne veulent pas parler de terrorisme, mais n'écartent pas l'hypothèse d'une action concertée. En Syrie, les Américains ont reconnu leur erreur.
Ils pensaient viser Daesh, mais leur frappe d'hier à Deresor, à l'est du pays, a tué plusieurs dizaines de soldats de Bachar Al-Assad. Le ton monte avec Moscou, qui accuse Washington de ne pas respecter le cessez-le-feu. Des élections législatives sans suspense. En Russie, le parti Russie-Uni de Vladimir Poutine n'a rien à craindre. C'est une simple étape sur le chemin de la présidentielle en 2018. En Allemagne, en revanche, c'est un scrutin régional à risque pour Angela Merkel aujourd'hui à Berlin. La CDU devrait connaître un nouveau revers. Dans le journal de 13h également tout à l'heure, des nouvelles de la manif pour tous qui bougent encore.
Le mouvement veut peser sur le débat politique des primaires de droite. Un coup d'œil sur les journées du patrimoine avec tout à l'heure une visite rare. L'ex-piscine Molitor à Paris, qui est devenu un hôtel de luxe. Et puis la Coupe Davis, le match coup près de Gasquet contre Silic. C'est à 14h tout à l'heure, l'occasion pour les Français d'égaliser ou de disparaître. Merci à vous Yves Decamp. Nous vous retrouvons bien sûr dès 13h pour un journal complet. Dans quelques instants, la suite de questions politiques, la nouvelle émission de France Inter. en partenariat avec Le Monde France Télévisions est présentée par Nicolas Demorand.
Émission que vous pouvez également suivre en simultané et en direct sur la chaîne de télévision Info en continu du canal 27 de la TNT France Info. Comme ça vous savez tout. Et l'invité de questions politiques aujourd'hui est Yannick Jadot, eurodéputé, candidat à la primaire d'Europe Écologie Les Verts. C'est tout de suite sur France Inter et bien sûr sur la chaîne télévision France Info.
Rebonjour et bienvenue à ceux qui nous rejoignent à la télévision sur la chaîne France Info, canal 27 de la TNT. Auditeurs de France Inter ou téléspectateurs, vous le savez, vous avez la parole dans cette émission. Intervenez au 01 45 24 7000 sur franceinter.fr ou via Twitter avec le mot clé questions politiques, questions au pluriel. J'ai le plaisir d'accueillir cette semaine
l'eurodéputé Yannick Jadot. Il est candidat à la primaire qu'organise son parti Europe Écologie Les Verts
et il est en train de prendre place. Bonjour et bienvenue. Bonjour à toutes et à tous. Merci d'être là. Nous sommes avec Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions, Arnaud Leparmentier du quotidien Le Monde, Laurence Perron de France Inter que je resalue avec un immense plaisir. Yannick Jadot, nous sommes entrés le 28 août dernier dans une nouvelle période géologique
appelée l'anthropocène, période dans laquelle l'homme n'habite plus simplement la planète mais la détruit. C'est une première depuis 4 milliards et demi d'années. C'est un événement majeur qui n'intéresse absolument pas le personnel politique. Et vous, ça vous intéresse l'anthropocène ?
Oui, je crois que c'est le combat des écologistes. Au fond, effectivement, on est dans cette situation dramatique où on voit bien que l'homme n'est plus une espèce parmi les autres. L'homme, au fond, remet en cause les conditions de vie, de survie à la fois de l'ensemble des espèces vivantes et de sa propre survie. C'est le dérèglement climatique, c'est la surexploitation des ressources halieutiques, c'est la déforestation. Tout ça nous conduit, effectivement, à, au fond, obérer largement notre avenir, les conditions de vie. La planète s'en fout à la fin. Mais l'humanité risque potentiellement de disparaître et beaucoup d'espèces vivantes risquent de disparaître.
Que tout le monde parle du burkini et personne de l'anthropocène, ça dit quoi de la vie politique française ? En pleine canicule, quand on voit qu'effectivement, mois après mois, on enregistre des taux de chaleur sur la planète qu'on n'a jamais enregistrés et qu'au fond, on ne parle pas du dérèglement climatique, de tout ce qu'on peut faire de génial pour empêcher le dérèglement climatique, mais qu'on parle du burkini, c'est qu'au fond, une bonne partie de la classe politique, aujourd'hui, s'est écartée des choses essentielles et préfère flatter les bas instincts de l'opinion publique, parler aux tripes, plutôt que de parler à leur intelligence et à leur cœur.
C'est un petit peu malhonnête parce que Jean-Luc Mélenchon, c'est son nouveau combat, dernier combat, ça fait déjà un ou deux ans qu'il s'y est mis, il a découvert, il a été touché par la grâce de l'écologie, vous trouvez que vous renvoyez tout le monde dos à dos ? Écoutez, que Jean-Luc Mélenchon s'intéresse à l'écologie, tant mieux ! A l'anthropocène ! A l'anthropocène ! Il s'intéresse ! C'est le nouveau mot ! Non, c'est pas le nouveau mot, c'est la nouvelle chose ! Qu'il s'intéresse à l'anthropocène, tant mieux qu'un certain nombre de responsables politiques continue à parler d'écologie et de protection de l'environnement, tant mieux !
Mais le projet politique de l'écologie est le seul qui amène la cohérence... Alors vous renvoyez dos à dos tous les autres, Alain Juppé qui s'y intéresse, Cotius Comorisé, une partie de la gauche, Jean-Luc Mélenchon... Je n'entends pas aujourd'hui dans la primaire des Républicains parler d'écologie, de parler de ces choses absolument fondamentales. C'est pas simplement la vie des générations futures, c'est pas simplement les conditions de vie dans 100 ans, dans 200 ans, c'est notre vie qui est impactée. Ce sont nos enfants aujourd'hui dont la santé est mise en danger par les pollutions.
On le voit, on a eu un printemps extrêmement pluvieux, un été chaud et sec, c'est les feux en Californie, c'est les inondations en Louisiane, c'est partout sur la planète. La maison brûle comme disait Jacques Chirac. Arnaud Le Parmentier. Non mais justement, vous dites que la droite n'en parle pas si elle en parle puisque Nicolas Sarkozy a fait un virage climato-sceptique et il dit ne nous intéressons pas au climat, intéressons-nous à la démographie. Finalement, si ça ne va pas bien, c'est parce qu'on est trop. Comment vous réagissez à ça ? Yannick Jadot.
En 2007, j'étais un des négociateurs du Grenelle de l'environnement avec Nicolas Hulot, avec François Véret, Thierry Salomon, avec Yann Arthus Bertrand, avec toutes les associations, les collectivités locales, les entreprises, les syndicats et l'État. Il y avait tout le monde. On a fait le Grenelle de l'environnement sous le sceau de Nicolas Sarkozy qui venait d'arriver à l'Élysée. Ça a apporté des réponses extraordinaires à l'agriculture, sur la transition énergétique, sur le fret ferroviaire qui depuis a explosé dans notre pays. Sur tous ces sujets-là, on a avancé. C'était un formidable moment de démographie. Rendez-vous en Sarkozy.
Et donc, et qu'aujourd'hui, ce même responsable politique renie à ce point tous ses discours, toute sa parole, ça montre à la fois son instabilité psychologique, certainement. Mais ça montre une irresponsabilité politique. Et aujourd'hui... Il a fait plus que François Hollande. C'était le grand bond en avant sous Sarkozy ? Non. Le Grenelle de l'environnement est un grand bond en avant. Tout le problème qu'on a aujourd'hui sur l'agriculture, sur Alstom, c'est qu'on n'a pas appliqué le Grenelle de l'environnement. Le Grenelle de l'environnement autorisait les agriculteurs à polluer. Excusez-moi, il y a eu un sacrifice là-dessus. Excusez-moi, excusez-moi.
Pour avoir négocié, le Grenelle de l'environnement, c'était 50% de réduction parce que ces gouvernements de droite et ces gouvernements de gauche n'ont pas voulu infléchir ces tendances parce qu'ils ne veulent pas remettre en cause des rentes et des intérêts bien compris. Je vais juste prendre un exemple. Et Laurence, François vous vous interrogez après. Quelle était de notre actualité ? Le Grenelle de l'environnement, on dit que le frais de ferroviaire était à 14% dans notre pays sur le transport de marchandises. Au Grenelle de l'environnement, évidemment, on s'est dit qu'il faut le porter à 25%.
C'est un transport efficace de marchandises, c'est un transport écologique et c'est un transport qui donne des conditions de travail aux salariés de bonne qualité. Et résultat ? Aujourd'hui, on est à moins de 10% en France. La même qui était derrière nous est passée à 25%. Et c'est pour ça qu'Alstom est en surcapacité de production. Et c'est pour ça qu'on avait prévu d'augmenter considérablement les énergies renouvelables. Et c'est pour ça qu'Alstom a vendu son secteur énergie renouvelable. Carevas prend son secteur énergie renouvelable parce qu'on est resté enfermés, enlisés dans le nucléaire, qu'on ne regarde pas la réalité et tous les bénéfices extraordinaires de la transition écologique.
Laurence Perron. Comment s'est-il que vous, Europe Écologie Les Verts, vous ayez fait confiance après 2012 à la gauche, à la gauche socialiste et qu'aujourd'hui, vous vous retrouvez par exemple à critiquer l'accord qui vient d'être passé entre EDF à Inclinpoint ? Yannick Jadot. Vous voyez la situation d'EDF. EDF, c'est 37 milliards de dettes. C'est un besoin d'investissement de 100 milliards pour mettre nos centrales nucléaires au niveau normal de sécurité. C'est 50 ? Non, non. La Cour des Comptes a dit que c'est 100 milliards. Ah bon. Donc les chiffres d'EDF sont faux. Les chiffres d'EDF sont faux. La Cour des Comptes a dit que c'est 100 milliards.
Et EDF est en train de s'engager dans un projet d'à peu près 20 milliards d'euros. Un projet, alors qu'on voit que tous les projets d'EDF sur les EPR, le budget est triplé, les délais sont explosés. C'est la survie d'EDF qui est en jeu. Et c'est le directeur, l'ex-directeur financier d'EDF qui est un pro-nucléaire qui a dit que c'est au fond la mort annoncée d'EDF. Et donc, alors, laissez-le finir, alors que dans le monde aujourd'hui, en 2015, 90%, 90% des nouvelles capacités de production électrique installées dans le monde, ce sont des énergies renouvelables. C'est là où les investisseurs... Oui, mais si on est bon en nucléaire, Yannick Jadot, et qu'on soit juste...
Mais on n'est pas bon en nucléaire. Mais on n'est pas... Mais on n'est pas... Bercy s'est réjoui de ce contrat signé. Mais on n'est pas... Pardonnez-moi. Pardonnez-moi. Pardonnez-moi. Pardonnez-moi. On n'est pas bon en nucléaire. Regardez l'EPR de Flamanville. C'est une catastrophe industrielle. Donc on leur a vendu de la camelote aux Britanniques. Mais bien sûr. On leur vend de la camelote. La Cour des comptes britannique a dit que ça allait coûter 35 milliards aux Britanniques. Parce que ce que EDF a obtenu avec le gouvernement Cameron, c'était d'avoir un prix garanti qui est de 40 à 50% au prix de l'électricité des énergies renouvelables. Donc au fond, on s'arrange entre États.
C'est toujours le contribuable qui paye. Et tous ces choix industriels sont en train de nous tuer. Ce n'est pas la mondialisation qui nous tue aujourd'hui sur l'industrie en France. Ce n'est pas... Ce sont de très mauvais choix industriels. Et vous voyez les gouvernements de gauche et de droite se succéder sans amplifier les mêmes mauvais choix industriels. Et on a un débat totalement hallucinant nationalisation pas nationalisation alors qu'au fond... On est en train de mourir. C'est ce que vous venez de dire, Yannick. Si, si, si. Je dis qu'on est en train de tuer une bonne partie de la capacité industrielle de notre pays qui a des ressources en compétence extraordinaire.
Parce qu'on a des mauvais patrons. Parce que la politique publique fait de très mauvais choix industriels. On a préféré le diesel à l'hybride. Regardez les difficultés pour les caractéristiques. C'est qui ? C'est les chefs d'entreprise ou c'est les politiques ? Mais c'est pareil. Mais excusez-moi. Non, vous voyez bien que sur Alstom, vous voyez bien que depuis des années, l'État et Alstom travaillent de concert. EDF et l'État travaillent de concert. La FNSEA et l'État travaillent de concert pour nous faire une agriculture qui est en train de... Qu'est-ce qu'il y a derrière ? Il y a de la stupidité, il y a de la méchanceté, il y a les 4500 emplois en France qui peuvent être maintenus ?
Je crois qu'il y a un déni de réalité. Le monde aujourd'hui, ce sont les énergies renouvelables. L'agriculture qui fonctionne aujourd'hui, c'est l'agriculture paysanne, l'agriculture biologique. Le transport qui va nous permettre de sortir de la pollution des villes, c'est le fret ferroviaire, ce sont les trames. Et qu'au fond, on a des responsables qui sont issus des mêmes corps d'État et qui aujourd'hui ignorent la réalité du monde et qui se mettent dans une situation incroyable d'irresponsabilité. Parce que vous voyez sur Alstom, on ne parle pas des mauvais choix industriels qui ont été passés.
Au fond, Alstom a annoncé sa mesure en sachant parfaitement que dans un contexte électoral, l'État mettrait la main à la poche. Cette brutalité sociale, cette brutalité de l'annonce, c'est pour garantir que l'État mettra la main à la poche. Et tous ceux qui sont issus des gouvernements, que ce soit celui-ci qui en sont sortis ou des gouvernements précédents, ils disent au fond c'est scandaleux Alstom et il faut nationaliser, pas nationaliser. Personne n'assume la responsabilité des choix industriels. Vous avez vu Mme Anne Lauvergeon qui a tué Areva avec la complicité des différents gouvernements.
Vous avez vu une commission d'enquête pour savoir tous ces milliards que donnent les contribuables. Où est-ce qu'ils sont passés ? Comment ils ont été dépensés ? Il y a une sorte d'oligarchie entre l'État, les corps d'État et un certain nombre d'entreprises qui construit de l'irresponsabilité. Gauche et droite confondus ? Oui, bien sûr. C'est ce qu'il vient de dire. Sur ces choix industriels, gauche et droite. Macron, Montebourg, Valls, Sarkozy, ils sont pour le nucléaire, ils sont pour le diesel. Yannick Jadot, la maison brûle comme disait Jacques Chirac et pourtant les écologistes restent un groupuscule, un micro-parti même. Comment expliquez-vous ce paradoxe ? Je vous trouve dur.
Je vous trouve dur parce que regardez aux élections européennes, on a fait quand même 10%. Ce n'était pas notre meilleur score. En 2009, on avait fait 16%. Aux élections régionales, tout ça, on arrive à participer. On a, je crois...
Ce n'est pas l'essentiel de participer. Et puis on va toujours assez disperser. C'est la seule chose qui compte.
Non, attendez. Aux élections régionales, on fait à peu près 10% sur les résultats. Ce n'est pas négligeable dans notre paysage. Vous devriez être en pointe. Je suis d'accord. Vous êtes en queue de peloton. Je crois que en ces dernières années, on a perdu en lisibilité parce qu'au fond, plutôt que de défendre nos propositions, nos solutions, on s'est obsédé par la participation ou la sortie du gouvernement. On a été obsédé par nos alliances politiques. Est-ce qu'il faut faire des alliances avec le PS ? Pas avec le PS, avec le Front de Gauche, pas avec le Front de Gauche. Et je crois que pour une partie des électeurs, ils ont considéré qu'on s'était perdu.
Mais vous savez, quand je pense à Europe Écologie Les Verts aujourd'hui, alors c'est vrai qu'il y a les chamailleries qui apparaissent, y compris dans le contexte médiatique à l'échelle nationale. Mais je pense... Oh, c'est pas la faute des médias. Non, j'ai pas dit ça. Vous adorez ça chez Les Verts, vous déchirez. J'ai dit... J'essaye de ne pas être dans ce jeu-là. J'ai dit que c'était l'image qu'on donnait à l'échelle nationale et c'est notre responsabilité. Et c'est notre responsabilité. Mais quand je pense à Europe Écologie Les Verts, je pense à Damien Carême qui est maire de Grande-Synthe et qui a été formidable sur l'accueil des réfugiés.
Je pense à Éric Piolle qui est maire de Grenoble. Je pense à André Aschieri qui a fait des cantines 100% bio. Vous pensez pas à Cécile Duflo ? Je pense à tous les militants qui sont aujourd'hui en train de manifester contre la 45 à Mornan. Je pense à tous les militants écolos qui défendent l'eau, qui défendent la santé, qui ont gagné sur les OGM, sur les gaz de schiste. La question de Nicolas de Mornan. Merci. Est-ce que vous pensez à Cécile Duflo ? Un mouvement politique, ça n'est pas que ses têtes de pont médiatiques. Un mouvement politique... Elle n'est pas qu'une tête de pont médiatique, Cécile Duflo. dans les collégies politiques depuis 20 ans. Mais bien sûr.
Ce que je veux dire, c'est que quand on... Aujourd'hui, notre image est très desservie par ces dernières années, incontestablement, mais pour ma part, un mouvement politique, ce n'est pas simplement que le brouhaha médiatique qu'on peut créer nous-mêmes, auquel on participe, c'est aussi... Est-ce que vous êtes allé trop à l'extrême gauche ? Est-ce que vous êtes allé trop à l'extrême gauche ? Est-ce que l'écologie est allé trop à l'extrême gauche ? Est-ce que votre parti est allé trop à l'extrême gauche ? Non, je ne crois pas. Je ne crois pas qu'on soit allé à l'extrême gauche. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas un parti d'extrême gauche.
Moi, je combats l'idée de la dilution du projet écologique dans le projet socialiste comme dans le projet du Front de Gauche. L'écologie, c'est un projet différent aujourd'hui. Et vous savez, on est dans un moment où la société est en incroyable défiance. La société française est une des sociétés de défiance les plus graves à l'échelle internationale. On est juste après la Russie. Je veux dire, il y a un niveau de défiance dans notre société. Moi, je veux qu'on repasse à la société de confiance. On a parlé de l'anthropocène. C'est vrai que la crise écologique est absolument dramatique et qu'il n'y a pas assez de monde qui s'en empare.
Là-dessus, vous restez assez hypocrite en fait, Yannick Jadot, parce que ce dont on a besoin à vous entendre, c'est d'une écologie de combat, c'est d'une écologie rigoureuse, rigoriste, une écologie quasiment même punitive pour faire avancer les choses. Bien contraire, c'est pas moi ça. C'est quelque chose d'une écologie souriante. Alors, on ne comprend pas l'écart entre le drame du constat et le côté mignon, bisounours des propositions. Non, c'est pas mignon, bisounours. Face à cette crise écolo, il faut sonner l'alarme.
Oui, non, mais il ne faut pas simplement sonner l'alarme parce qu'au fond, une bonne partie de nos concitoyennes et de nos concitoyens aujourd'hui, ils ont un sentiment d'écrasement par rapport à l'évolution de la société, qu'elle soit économique, sociale, démocratique, évidemment écologique. Un, c'est de rappeler, et Nicolas Hulot et Yannertus Bertrand comme Jean-Paul Jau le font magnifiquement, c'est de rappeler à quel point la planète est belle. On est aujourd'hui dans les journées du patrimoine, le patrimoine naturel de notre pays est extraordinaire. Ce pays est magnifique, la France.
Mais c'est aussi aujourd'hui de dire à quel point lutter contre le dérèglement climatique, c'est par exemple créer des emplois d'artisans, d'ingénieurs, d'architectes, d'ouvriers du bâtiment sur tous nos territoires, sur la rénovation thermique qui permet d'alléger la facture des Françaises et des Français tout simplement. Ce sont des milliers de PME des énergies renouvelables. Et quand vous avez de l'activité économique et des emplois sur nos territoires, vous avez du service public, vous avez de la culture, vous avez de la démocratie, c'est ça le projet écologique. Vous êtes inaudible là-dessus, Arnaud Le Parmentier.
Le projet écologique à court terme, c'est votre candidature à la présidentielle. À court terme, vous allez provoquer un 21 avril. Écoutez Lionel Jospin en 2002. Vous parlez du 21 avril 2002. Lionel Jospin, après le 21 avril, il a dit oui, on a fait une erreur considérable sur la multiplication des candidatures autour du Parti Socialiste. Il a dit il n'y a qu'une candidature qui était légitime. c'est celle des écologistes. Parce que le projet écologiste n'est pas le projet socialiste. En 2012... Non mais là, vous allez avoir à choisir entre la droite et l'extrême droite. Non, non, non. En 2012, la gauche avait tous les pouvoirs dans notre pays.
Les villes, les départements, les régions, le Sénat, l'Assemblée, la présidence et donc le gouvernement. C'est fini. Les écologistes, dans toutes ces élections-là, s'étaient présentés au premier tour. Est-ce que ça empêchait la gauche de gagner ? Vous allez demander aux écologistes sur une élection présidentielle aussi importante du fait de la crise écologique, de la crise des inégalités, de la crise européenne. Vous étiez en référence pour une primaire de toute la gauche. En janvier, dans Libération, vous signez ce texte avec Thomas Piketty, Caroline De Haas.
Vous êtes d'accord avec l'idée qu'il faudrait faire une primaire de tous les gens qui pensent à peu près la même chose que vous en termes d'écologie et qui se latéralisent à peu près de la même manière sur le terrain politique. Mais vous avez raison. Et avec Jadot. Avec Piketty, Cohn-Bendit, Meda, Vieh-Vorca, Desplechin et beaucoup d'autres, on a lancé une primaire. C'était quoi cette primaire de toutes les gauches et des écologistes ? C'était l'idée d'un grand débat citoyen qui amenait justement les différentes sensibilités à se confronter. Ça n'a pas eu lieu. C'était l'idée de construire des solutions pour la France. Oui, mais ça n'a pas eu lieu. C'était l'idée de construire des solutions.
Aujourd'hui, cette primaire, qu'est-ce que c'est la primaire socialiste ? C'est un extraordinaire règlement compte entre les socialistes. Chez vous, ce n'est pas mieux. Regardez la primaire écologiste. Attendez, la primaire écologiste, personne ne se bagarre aujourd'hui. Moi, je ne suis pas là pour participer à un rituel d'exorcisme du hollandisme. Est-ce que vous n'êtes pas là pour participer à un rituel qui est que quoi qu'il arrive, on doit être candidat à la présidentielle parce qu'on passe à la télé, qu'on a du temps d'antenne et qu'on fait valoir ses idées en sachant très bien que ça se termine à 3 ou 4 et que ça risque d'empêcher la gauche d'être au deuxième tour ?
Je ne crois pas que ça se terminera comme ça. Yannick Jadot. Ce qu'avait démontré la non-candidature de Nicolas Hulot, c'est qu'au fond, sincérité, conviction, bienveillance, parler à l'intelligence des citoyens, renouvellement, il était testé à plus de 10%. Personne ne remplacera Nicolas Hulot.
Pourquoi il n'y est pas allé ?
Ça, vous lui posez la question.
Est-ce que c'est parce qu'il a peur de l'affrontement médiatique ?
Est-ce qu'il a peur de diffuser son patrimoine ? Je ne sais pas. Je ne sais pas. Il ne veut pas avoir à vous traîner, vous les verts ? Non, vous savez, il aurait leur cessé la campagne sans en parler Europe Écologie Les Verts et tout le monde l'aurait suivi Europe Écologie Les Verts. On était tous d'accord là-dessus. Ce que je veux dire, c'est que quand on parle, encore une fois, sincérité, conviction, renouvellement, bienveillance, intelligence, il y a un corps électoral pour ça. Ce n'est pas vrai que les Françaises et les Français, ils sont sur leur repli. Ils ont tous envie de se rabougrir. Mais ce n'est pas ça qu'on dit.
On a l'impression que ce corps électoral est archi-minoritaire dans le pays. Mais quand il est testé à plus de 10 avec Nicolas Hulot, moi, mon pari de candidat, c'est au fond de faire une partie du chemin. Je n'ai pas la notoriété de Nicolas Hulot et vous l'avez dit, mais j'ai envie de faire une partie de ce chemin. J'ai envie de convaincre les Françaises et les Français qu'il y a un chemin positif qui nous réconciliait avec notre avenir. Avec qui votre chemin ? Vous n'aimez pas Manuel Valls, vous le trouvez trop dur. Vous n'aimez pas Macron, vous le trouvez trop libéral. Vous n'aimez pas Mélenchon, vous le trouvez autoritaire. L'identité heureuse, c'est vous. C'est François Hollande.
Aujourd'hui, une élection présidentielle à un premier tour, c'est d'abord de défendre ses idées. Pourquoi vous voulez que dans mon premier tour, je m'allie avec Juppé ou avec Valls ? Je ne vous demande pas avec qui vous êtes Jadot. Jadot compatible, ça veut dire quoi ? Est-ce qu'il y a quelqu'un qui a un profil à gauche ou à droite dont vous vous dites finalement qu'il y a quelque chose ? Parce qu'après, il faut travailler quand on est au gouvernement, il faut bosser avec les gens. Oui, il faut travailler.
Une des propositions qu'on porte, c'est évidemment l'instauration de la proportionnelle aux élections parlementaires parce que qu'est-ce que ça permet l'instauration de la proportionnelle ? Un, ça permet de représenter les Français à peu près normalement, légitimement. Mais ça permet aussi de construire des coalitions en construisant des contrats devant les électeurs. C'est possible avec Juppé, l'identité heureuse de Juppé et la bienveillance que vous voulez écrire. Il y a plus qu'un point de tangence là. Écoutez, M. Juppé, c'est très bien. Je pense que si c'est lui qui est désigné et si ça devait être lui qui gouvernait la France, ce serait probablement le dernier quinquennat du XXe siècle.
Vous aviez parlé de Jacques Chirac, ce serait probablement le troisième mandat de Jacques Chirac. Il est plus apaisant, on le voit, que Nicolas Sarkozy. Mais franchement, ça reste quelqu'un de droite. Regardez, est-ce qu'il parle d'écologie ? Quels sont ses projets sur l'Europe ? Quels sont ses projets pour revitaliser, pour donner la chance à chacune et à chacun dans notre société ? On est dans une société où une partie de la population considère qu'elle n'est plus reconnue, qu'elle n'a plus l'envie et le pouvoir d'agir. Moi, je veux redonner un formidable élan d'émancipation. Je veux remettre ce pays en mouvement.
Ce n'est pas possible que la France, avec tous ses talents, aujourd'hui, ne soit pas un grand pays du XXIe siècle. Tous les dimanches, vous le savez, nous rejoint un reporter de la rédaction de France Inter, bientôt un reporter de la rédaction du Monde. Cette semaine, j'ai le plaisir d'accueillir Eric Valmire de France Inter qui va nous rejoindre ici en studio. Eric Valmire qui revient de Lampedusa et qui va, bonjour Eric, nous parler des migrants
qui traversent la Méditerranée. Oui, Lampedusa, c'est au large de la Tunisie, au large de Sfax, c'est au large aussi de la Sicile, c'est la porte de l'Europe. Et Lampedusa, on ne parle pas tellement des migrants parce que les migrants, aujourd'hui, à Lampedusa, on ne les voit pas. Ils sont enfermés dans des centres d'accueil. Souvent, on apprend les débarquements par la télévision d'ailleurs. Les gens de Lampedusa l'apprennent par la télé, ils sont souvent de nuit. Donc finalement, c'est très drôle parce que le débat des migrants que l'on connaît en Europe, partout, n'existe pas à Lampedusa. Pourquoi il n'existe pas ?
Parce que la tragédie se joue ailleurs, elle se joue au large, en haute mer. Et quand vous avez des pêcheurs, des chalutiers qui se retrouvent en première ligne, ils ne pensent même pas aux migrants vivants, il ne faut pas y penser puisque leur premier leur premier souci, c'est de les sauver. C'est de repêcher ces corps africains qui se débattent dans l'eau, les attraper et ils glissent parce qu'ils sont couverts de fioul, parce que les embarcations sont des embarcations pourries, ce sont des rafios avec du fioul au bout. Donc, ils sont couverts de fioul, il y a le sel.
Et au bout d'un moment, les Africains arrêtent de se débattre et ils coulent, les yeux ouverts, les yeux pleins de terreur dans les yeux des pêcheurs. je ne fais pas des faits de style, c'est la réalité. Et cette réalité-là, les gens de Lampedusa, ils n'en peuvent plus, ils en sont traumatisés. Quand ils entendent depuis 20 ans le débat pragmatique, sécuritaire à droite, on ferme ou on renvoie au pays d'origine. L'humanisme de gauche, on accueille droit d'asile pour tous. Tout ça, ce sont des débats électoraux qui n'ont donné aucun résultat probant. Ils ne sont là que pour agiter le chiffon rouge, pour émouvoir des opinions publiques.
Ma question, je n'ai pas de question, Yannick Jadot, c'est la conviction et le sentiment d'une île et d'une population qui se sent totalement, non pas abandonnée parce qu'on ne s'est jamais occupée d'eux, mais oubliée. Une population qui ne se tourne même pas vers l'Europe. D'ailleurs, l'Europe, c'est devenu un spot, Lampedusa, où les gens viennent hurler contre l'Europe, un set de protestations contre l'Europe. Alors, la conviction des gens, c'est que les migrants, c'est un faux problème. Les migrants, c'est pour émouvoir l'opinion publique. Les migrants, c'est pour les budgets de défense.
C'est pour qu'il y ait une plus grande militarisation de la Méditerranée parce que ce sujet serait celui-là. Sur une île de 20 km², il y a six casernes et un centre d'espionnage et de guerre électronique. Donc, on a l'impression, je dis on, parce que quand on va là-bas, après, on a l'impression d'être avec eux, tellement ils souffrent et tellement ils doivent subir. On a l'impression que les migrants, c'est un faux problème et que l'Europe n'a pas la volonté de s'en occuper. essayez de nous convaincre en tant qu'eurodéputé que vous, dans votre peau de parlementaire, c'est un problème que vous voulez prendre à bras-le-corps et que ce n'est pas un alibi pour détourner l'attention.
Yannick Jadot.
Quand effectivement, la frontière européenne est devenue aujourd'hui la frontière la plus meurtrière du monde, c'est un problème européen. C'est un problème européen d'ailleurs sur lequel et le Parlement européen et la Commission européenne ont tenté d'avoir une approche réellement européenne, de coopération européenne. Il y a deux possibilités. Le déni de réalité, au fond, c'est de dire qu'on ne veut pas en accueillir ou c'est l'invasion ou c'est incompatible avec les valeurs européennes. Ce déni de réalité, c'est encore plus de morts en Méditerranée, c'est des voies d'accès à l'Europe encore plus compliquées, encore plus dangereuses.
Et puis, il y a la volonté de regarder la réalité en face. C'est ce qu'a fait Mme Merkel au début, en disant « Moi, je suis chrétienne, donc mes valeurs de chrétienne, c'est évidemment d'accueillir ces réfugiés. C'est un devoir d'humanité. Parce que ces réfugiés, comme vous le dites, ils ne partent pas pour rigoler, ils ne partent pas pour nous embêter. Ils partent parce que leur maison s'effondre, ce sont les bombardements, parce qu'en Érythrée, c'est la Corée du Nord de l'Afrique. Et qui a dit « On va essayer de traiter ce problème. » Vous l'avez dit tout au début de votre émission, on va se donner les moyens d'apporter des réfugiés. « Nous y arriverons » disait-elle à l'époque.
Et ce n'est pas facile. Elle l'a toujours dit. C'est très compliqué. Parce qu'il s'agit d'être en capacité d'accueillir. Il s'agit de le faire de manière probablement beaucoup plus ordonnée qu'en est-ce qu'en fait. Mais ça fait 20 ans.
Je vais vous laisser finir. Mais ce discours-là, on l'entend depuis 20 ans. C'est le même.
Non, mais il n'est pas appliqué. Je suis désolé. Mais il n'est pas appliqué, d'accord. Mais le discours, on l'entend. Je suis désolé, mais ce n'est pas l'Europe qu'il faut-il dans cette affaire. Est-ce que je vais vous expliquer ?
Éric Valmir, allez-y. Non, c'est pour ça que votre réponse, elle ne se mesure pas aujourd'hui. Elle va se mesurer à longue échéance, à l'aune des actes qui vont découler. Et c'est comme ça depuis 20 ans. Les actes ne suivent jamais.
Oui, mais encore une fois, ce sont des choix politiques. Quand l'Allemagne décide de prendre ses responsabilités, qu'ils accueillent 1,4 million de réfugiés, ils prennent leurs responsabilités. Quand la France décide qu'au mieux, elle en accueillera 30 000, elle ne prend pas ses responsabilités. Est-ce que j'ai jugé toutes les polémiques qu'il y a dans les villages en France pour savoir si on accueille ou pas les gens qui vont venir de Calais où on se déchire ? C'est une réponse rapide. Je trouve ça d'une indigence absolue, d'une indécence incroyable. C'est quoi l'enjeu ? M.
Wauquiez, qui est patron d'une région qui comporte un peu plus de 8 millions d'habitants, il est en train de faire un cirque parce qu'on dit qu'il va falloir accueillir 1 000 réfugiés. Ce n'est pas à la hauteur des enjeux. On a la capacité d'accueil. Oui, ce n'est pas toujours facile, mais ce qui frappe l'opinion, moi je suis convaincu, notamment sur les réfugiés politiques, je suis convaincu qu'on peut avoir un consensus social dans notre pays comme dans toute l'Europe parce que les Européens ont des valeurs d'humanité.
Le problème, c'est qu'aujourd'hui, on a l'impression que c'est un tel bazar, c'est une telle désorganisation leur arrivée qu'au fond, ça crée plus de bazar qu'on peut le solutionner. Quand en Ile-de-France, on y revient avec les auditeurs dans quelques instants. Quand en Ile-de-France, il faut 2 à 3 mois pour rentrer en procédure pour faire valoir son statut de réfugié politique. C'est des gens qui dorment sous les ponts, dans les rues et ça crée le bazar. Organisons-nous. On y revient avec vous, amis auditeurs, amis téléspectateurs, 01 45 24 7000 pour interviewer tout à l'heure avec nous Yannick Jadot. Rendez-vous après le journal de 13h.
Retour sur le plateau de questions politiques, l'émission radio diffusée sur France Inter et télé diffusée sur le canal 27 de la TNT sur la chaîne France Info. Notre invité cette semaine est l'eurodéputé Yannick Jadot, candidat à la primaire d'Europe Écologie Les Verts. Nathalie Saint-Cricq, Arnaud Leparmentier, Laurence Peron sont avec moi. Je vais y arriver. Et vous êtes là aussi, amis auditeurs, amis téléspectateurs, 01 45 24 7000 franceinter.fr. Et Twitter avec le mot-clé Question Paul. Vous êtes très nombreux au standard. Je salue Stéphane qui ouvre le bal. Bonjour Stéphane.
Oui, bonjour. Stéphane de Toulouse. Donc, moi j'ai une question très simple à poser à Yannick Jadot. C'est quelles sont ses propositions pour amener les écologistes de gauche vers son élection, vers sa candidature.
Merci Stéphane pour cette question. Vos propositions pour ramener les écologistes de gauche vers vous, Yannick Jadot ? Donc, c'est une question où votre narcissisme va pouvoir s'épanouir. Merci pour ça aussi. Je crois que la France manque terriblement d'un projet et d'un projet collectivement partagé.
Et je crois qu'au fond, les propositions écologistes, on a parlé sur la transition énergétique, on pourrait en parler sur l'agriculture, sur la mobilité, sur l'école, sur le logement, sur la sécurité, y compris face au terrorisme, au fond, sont des propositions qui permettent à la fois de faire ensemble, de retrouver une volonté d'agir, de redonner de la liberté et du pouvoir d'agir à chacune et à chacun. Et je l'ai dit, de se projeter sur un avenir qui est positif, qui est bienveillant. Je pourrais prendre un exemple. On est dans une crise de l'élevage qui est extraordinaire sur nos territoires. Vous avez deux modèles.
Le modèle de l'anthropocène, puisqu'on en parlait au début, c'est qu'on prend l'alimentation du bétail qui vient de la destruction de l'Amazonie, qui participe au dérèglement climatique. On a des fermes-usines où les animaux sont devenus des machines, où les paysans sont devenus des ouvriers sur des cadences infernales. On a une alimentation qui en sort qui est de très mauvaise qualité pour l'exporter en Chine.
Et puis, il y a un autre modèle où, au fond, vous avez des fermes aujourd'hui dont on ne parle pas assez, qui sont souvent sur l'autonomie énergétique, avec des paysans qui sont nombreux, qui aménagent nos territoires, qui font une alimentation de qualité, qui fournissent la restauration collective. Ça, ça ne répond pas à la question des écologistes de gauche. De gauche, c'était ça la question. Les écologistes de gauche, je suppose qu'il y a des écologistes de droite ou du centre. L'auditeur vous qualifiait de trop centriste, en clair. Ah, je ne sais pas. Je n'ai pas entendu. C'est sans doute par rapport à Cécile Dufourne. J'imagine que... Non, je ne crois pas.
Je crois qu'au fond, c'est aussi... Quand je me bagarre contre le traité transatlantique, c'est l'idée d'un projet européen qui est un projet de régulation de la mondialisation, qui est un projet qui arrête le transfert de notre souveraineté démocratique, juridique, vers des firmes multinationales, aujourd'hui, qui jouent la carte du moins-disant réglementaire et qui jouent, au fond, la perte de souveraineté démocratique des États, comme des régions, comme de chacun d'entre nous.
Et donc, au fond, je crois que si on arrive à redonner, encore une fois, l'envie d'agir, l'envie des parties prenantes de la société, et je vois partout des énergies vitales extraordinaires dans notre pays, on aura un projet positif. Et je crois que c'est la grande distinction sur le paysage politique aujourd'hui, c'est que tous les autres partis politiques, c'était mieux avant. Le projet écologiste, mon projet, c'est que ça sera mieux demain, vivement demain. Allez, on retourne au standard. Yves nous appelle de Marseille. Yves, bonjour, soyez le bienvenu. Yannick Jadot vous écoute et va vous répondre dans quelques instants.
Allez-y, Yves. Oui, bonjour Nicolas Demorand, bonjour Yannick Jadot.
Bonjour. Bonjour.
Yves de Marseille, j'ai l'impression que Yannick Jadot, vous avez un peu le même profil que Michel Rivasi, qui est aussi candidat au primaire des écolos. Vous êtes tous les deux militants de l'environnement, arrivés assez tardivement à la politique, députés européens actifs, esprit indépendant. Je veux savoir
qu'est-ce qui vous différencie.
Merci Yves pour cette question. Yannick Jadot. Déjà, Yves, en vous inscrivant sur le site primaire-écologie.fr, parce que c'est une primaire ouverte où chacune et chacun peut participer, il n'y a pas besoin d'être adhérents d'Europe Écologie Les Verts, vous pourrez participer et voter et choisir. J'ai pas... Moi, je critique jamais les autres candidates. J'essaye de raconter pourquoi je pense être le meilleur candidat. Je pense être le meilleur candidat parce qu'au fond, par mon parcours associatif, par mon... J'ai toujours été pour une écologie qui agit, une écologie qui construit.
J'ai cette expérience européenne et je crois être celui qui peut, au fond, à la fois rassembler l'ensemble de la famille écologiste, justement, du fait de ce parcours, rassembler l'ensemble du mouvement écologiste et je suis celui qui est soutenu par toutes les sensibilités du mouvement écologiste et surtout, je crois pouvoir, au fond, réconcilier les électrices et les électeurs avec la politique autour du projet écologique. Et on a terriblement besoin de réconcilier les électrices et les électeurs avec l'écologie politique. J'adore, je brocardais tout à l'heure votre narcissisme. Que dit votre ami Daniel Cohn-Bendit de votre parcours à la primaire d'une élection présidentielle ?
Lui qui a toujours dit que jamais il ne se présenterait à une telle élection, jamais, au grand jamais, parce que c'est justement des bouffées délirantes de narcissisme et que cette élection rend tout le monde fou. Il a souvent dit que Yannick Jadot était le meilleur. Oui, voilà, mais il vous a dit vas-y Yannick, avec toi ça va changer ?
Vous savez toute la réticence de Danny Cohn-Bendit sur l'élection présidentielle et c'est vrai que c'est au fond une élection compliquée pour les écologistes parce qu'à la fois on considère que le régime présidentiel qui consiste à dire une fois tous les 5 ans on a ce fantasme de confier tous les pouvoirs de la République dans les mains d'une femme ou d'un homme providentiel qui va essayer de les gérer à l'échelle nationale alors qu'on sait les interdépendances extraordinaires du monde d'aujourd'hui. Donc il va falloir dans cette élection présidentielle dire à quel point l'enjeu de la démocratie en France c'est de redonner du pouvoir aux citoyennes et aux citoyens.
Les votations citoyennes, les conférences de consensus, les assemblées citoyennes, en Islande ce sont des citoyennes et des citoyens tirés au sort qui ont réécrit la constitution. Ils sont 200 000 monsieur Jadot nous on est 66 millions. Mais pourquoi on n'aurait pas une intelligence collective où on confierait à 300 personnes il n'y aurait pas l'intelligence collective tiré au sort par exemple tiré au sort mais les conférences de consensus ce sont des éléments extraordinaires. C'est-à-dire que les corps intermédiaires la montée sociale les gens spécialisés ça ne vous parlez tout le monde pareil tirage au sort.
Mais on fait du tirage au sort après il y a audition d'experts de responsables qui expliquent pourquoi est-ce que vous considérez que toujours dans notre pays l'État surplombe la société l'État a toujours raison à la place de la société l'État n'a même pas besoin de consulter la société parce que la société serait bête parce que nous sortons des corps d'État on est toujours beaucoup plus intelligents pourquoi vous ne voulez pas moi je fais confiance à l'intelligence de nos concitoyens de nos concitoyens il va falloir les sortir d'une extraordinaire pour une partie d'entre elles d'une extraordinaire précarité mais une fois que vous sortez les gens de la précarité ils sont d'une ouverture d'esprit d'une capacité à être partie prenante de la société qui est très très belle Laurence Perronvi Nathalie Saint-Cric Moi j'ai un problème de concret quand je vous entends parler j'aimerais que vous puissiez me dire vous Président la transition énergétique on la fait comment par exemple et combien ça coûte on arrête le nucléaire on ferme les centrales on passe à une autre énergie mais bien sûr tout de suite non non mais personne il n'y a pas un écologiste aujourd'hui qui défend la fermeture des centrales nucléaires demain matin 75% de notre électricité est d'origine nucléaire donc il y a une phase de transition ce que je vois c'est que la plupart des économies qui fonctionnent bien à l'échelle européenne sont des économies qui ont choisi cette transition énergétique vous dépensez 1 million d'euros vous le dépensez dans le nucléaire vous le dépensez dans les renouvelables ou les économies d'énergie rien que dans les renouvelables et les économies d'énergie c'est 3 fois plus d'emplois que dans le nucléaire et ça met combien de temps avant ?
on fait ça sur 15-20 ans il faut aller vers une France 100% renouvelable à l'horizon 2050 on a les compétences pour le faire mais surtout encore une fois je vais prendre un exemple si vous permettez à Bégane vous avez 1000 dans le Morbihan à côté de Redon vous avez 1000 citoyens qui se sont mis ensemble ils se sont dit ensemble on va faire une coopérative d'énergie renouvelable c'est le premier parc éolien 100% citoyen ça produit l'électricité pour 8000 habitants et ils partagent l'électricité ils n'ont pas besoin d'avoir des géants des maçons ça coûte combien ?
ah mais vous avez aujourd'hui l'électricité éolienne terrestre comme le photovoltaïque c'est moins cher que le nucléaire c'est moins cher que le pétrole c'est moins cher que le gaz il y a encore un problème de compétitivité avec le charbon mais qui est tellement polluant l'avenir vous savez depuis 5 ans le photovoltaïque c'est une réduction des coûts par 5 c'est des centaines de milliers d'emplois dans le monde pourquoi la France délocalise ses emplois Juste pour qu'on suive la question des deux auditeurs précédents il y a plusieurs candidats à cette primaire David Cormand a dit qu'il n'y avait pas la feuille l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette entre tous les candidats Madame Rivasi Karim Adélie ou Cécile Duflo citez-moi deux différences que vous avez avec Cécile Duflo qui ferait qu'on aurait envie de voter pour vous si on était écologiste et qu'on pouvait voter et trois ou deux une majeure quelque chose mais mon problème n'est pas de me différencier de Cécile Duflo écoutez-moi écoutez-moi écoutez-moi écoutez-moi écoutez-moi Cécile Duflo et faites votre point de vue par rapport à ça moi je crois à gauche dans la primaire on a des visions différentes je crois aujourd'hui que voilà mon parcours n'est pas celui de Cécile Duflo Cécile Duflo a d'extraordinaire qualité j'en ai d'autres et je crois qu'aujourd'hui je crois aujourd'hui que dans le paysage politique encore une fois je l'ai dit pour Nicolas Hulot je ne suis pas Nicolas Hulot et personne ne remplacera Nicolas Hulot mais je crois que dans ce moment politique là sincérité conviction bienveillance parler à l'intelligence des citoyens pas politique haïrie comme vous dites régulièrement être dans le renouvellement je crois que c'est un outil extraordinaire c'est mon pari au standard c'est Thomas qui nous appelle de l'Oise bonjour Thomas bienvenue
bonjour monsieur Demorand bonjour monsieur Jadot
bonjour
alors moi je suis d'accord avec vous l'écologie la préservation de l'environnement tout ça c'est très important mais est-ce que vous ne pensez pas que vous êtes un peu à contre-courant des attentes réelles des français et que les questions régaliennes sont traitées par les autres partis politiques moi je vous sens un petit peu je vous sens loin de tout ça surtout à une époque où on a besoin d'entendre un discours rassurant
merci Thomas pour cette question pour les dimensions régaliennes notamment aspect très intéressant de la question Yannick Jadot vous répond absolument alors déjà les préoccupations des français c'est aussi le chômage la santé et donc je crois que l'écologie répond parfaitement et beaucoup mieux que les autres sur ces deux aspects là sur la question par exemple de la politique étrangère moi je suis absolument étonné de l'incohérence de notre politique étrangère quand par exemple au fond notre enjeu aujourd'hui si on fait le lien avec la sécurité c'est évidemment à la fois d'avoir un monde plus apaisé mais d'avoir un monde aussi qui est beaucoup plus net sur les intérêts géopolitiques des différentes nations quand la France a une politique très ambiguë vis-à-vis de l'Arabie Saoudite du Qatar on est forcément dans une politique étrangère qui n'a pas de cohérence avec le traitement du terrorisme mais les écologistes sur le terrorisme si c'est une partie de la question ce sont les écologistes qui portent la vraie coopération européenne en matière de renseignement en matière de justice nous sommes pour un procureur européen qui donne des pouvoirs d'enquête européens sur toutes ces filières là nous sommes pour un FBI européen nous sommes pour une beaucoup plus coopération beaucoup plus franche et directe des services de renseignement mais la sécurité nous sommes pour l'efficacité c'est vrai que on dit toujours les écologistes vous êtes naïfs parce que nous ne sommes pas dans la course à l'échalote sur les mesures qui tentent de répondre au sentiment d'insécurité plutôt que d'être efficace sur les sentiments dont on peut dire qu'il a de quoi être réel et sincèrement éprouvé il y a eu des attentats non ?
ce n'est pas du tout ce que je veux dire ce que je veux dire c'est que tous les candidats font la course à l'échalote pour tenter de répondre pour tenter de rassurer sur un sentiment d'insécurité mais pas en traitant correctement efficacement la sécurité vous vous rendez compte que celui qui se dit aujourd'hui le number one du traitement de l'insécurité c'est Nicolas Sarkozy c'est celui qui a cassé la police de proximité c'est celui qui a cassé les renseignements généraux c'est celui qui a supprimé 15 000 postes de fonctionnaires dans la police et la sécurité c'est celui qui a été faire une guerre effroyable en Libye qui fait qu'on a Daesh aux portes de l'Europe nous veut de la sécurité moi je veux de l'efficacité l'efficacité c'est une police notamment guidée par le renseignement mais moins concentrée à Paris plus sur les territoires c'est aussi traité au fond de la sécurité je l'ai dit à l'échelle européenne c'est aussi que chaque française et chaque français puisse s'emparer de la sécurité la sécurité c'est pas simplement un enjeu d'état quand vous faites des conseils de quartier quand vous faites des conseils d'école vous créez du lien social et vous identifiez potentiellement des dérives
un petit peu d'ordre parce que sur Twitter on nous reproche de tous parler en même temps et donc d'empêcher Yannick Jadot de pouvoir déployer la totalité de sa pensée donc nous allons le faire
maintenant dans un cadre tout à fait policé et je donne la parole à Laurence Perron merci beaucoup par rapport à la politique internationale est-ce qu'on continue la guerre en Syrie vous président mais aujourd'hui moi j'ai regretté je l'ai dit ça va pas forcément plaire à tous mes amis j'ai regretté que la France les Etats-Unis la Grande-Bretagne n'aient pas bombardé l'aviation syrienne quand il y a eu la preuve que Bachar el-Assad bombardait avec des bombes chimiques sa population parce qu'à ce moment là simplement en bombardant l'aviation on imposait à Bachar el-Assad d'aller à la table des négociations et on pouvait créer des corridors humanitaires qui n'auraient pas donné cette terrible cette terrible chose donc au fond oui aujourd'hui il faut combattre Daesh bien sûr il faut combattre Daesh ça n'a aucun sens pour les occidentaux aujourd'hui je crois d'envoyer des troupes au sol il faut armer ce qu'il reste d'une résistance qui est une résistance qui n'est pas islamiste pour faire en sorte et les Kurdes pour faire en sorte qu'ils puissent avoir les moyens de combattre Daesh mais vous ne combattrez pas Daesh aussi au fond en étant ambigu vis-à-vis dans cette question du terrorisme dans cette question d'une vision fascisante de la religion en ayant des relations ambiguës avec l'Arabie Saoudite et le Qatar Arnaud Leparmentier puis on retourne au standard alors justement sur le vivre ensemble il y a une enquête de l'institut Montaigne sur un sondage IFOP qui montre qu'une grande partie des musulmans reconnaissent la laïcité mais il y a un groupe un noyau les ultras 28% je cite qui ont un profil autoritaire qui veulent la burqa qui trouvent que les lois de la religion sont au-dessus de la république ça fait un chiffre qui peut aller de 500 000 personnes donc c'est pas beaucoup mais c'est quand même beaucoup est-ce qu'il y a un problème comment vous faites avec ces gens qui ne veulent pas intégrer leur religion dans la république Yannick Jadot j'ai lu aussi cette enquête quand vous dites qu'il y a 28% des musulmans dans notre pays qui ne veulent pas des lois de la république c'est pas ce que dit l'enquête l'enquête dit au fond il y a une partie de la communauté musulmane qui a une vision rigoriste de la religion je serais curieux de savoir quelle est la partie de la religion chrétienne ou de la religion juive qui dans notre pays on a quelle est la proportion qui ont une approche rigoriste de leur religion mais moi ce que je crois c'est que au fond et ce que dit cette enquête qui est intéressant c'est au fond de dire la partie de la population de religion ou de culture musulmane qui est le plus attirée aujourd'hui par une forme rigoriste ce sont les jeunes et que je crois pas que c'est un enjeu de religion quand des jeunes au fond aujourd'hui trouvent dans la religion une perspective trouvent au fond des règles de vie parce qu'ils sont totalement paumés dans la société je me dis que notre responsabilité il est à l'école il est sur les quartiers il est sur le chômage il est sur la précarité des jeunes il faut absolument redonner des perspectives aux jeunes pour qu'ils ne se tournent pas non pas parce que trop souvent au fond c'est pas de la spiritualité c'est simplement des prescriptions de vie c'est des prescriptions du vivre ensemble et ça c'est terrible vous êtes d'accord avec ça mais quelles sont vos prescriptions à vous qu'est-ce que vous proposez en matière de laïcité il y a plein de débats on va pas remonter au Burkini mais c'est quelque chose de minum mais plus largement quelle est votre vision de la laïcité et de sa pratique en France dans les entreprises dans les hôpitaux à l'école à l'université je suis beaucoup plus proche d'une vision Jean-Louis Bianco d'une laïcité apaisée qui reconnaît l'existence de l'islam comme une religion de France je crois qu'on a un problème dans ce pays depuis la guerre d'Algérie on a toujours considéré qu'il y avait des français musulmans qui étaient au fond des immigrés ou des fils d'immigrés mais que ça n'était jamais des français donc on a à dépasser il faut reconnaître à l'islam et surtout moi je vois partout des musulmans encore une fois de culture ou de religion qui ont envie de s'emparer qui réussissent dans la société et il faut leur donner confiance quand vous mettez quand vous mettez Jean-Pierre Chevènement qui est un laïcard de première comme une figure paternaliste quasiment néocoloniale des musulmans en France on se trompe complètement parce que ça veut dire qu'on ne leur fait pas confiance moi je veux dire aux musulmans de France qu'on a confiance en eux qui oui il y a des problèmes dans la religion musulmane aujourd'hui mais qu'on a confiance et qu'on va tous s'emparer de ce sujet là et par exemple sur l'école moi je suis dans les écoles où il y a dans les quartiers difficiles deux fois plus d'encadrement avec des enseignants qui sont payés deux fois plus cher ça c'est participer au rattrapage culturel et éducatif de l'ensemble de notre jeunesse on retourne au standard 01 45 24 7000 pour vous amis auditeurs d'inter ou amis téléspectateurs de France Info la chaîne de télé Jackie bonjour
oui bonjour Jackie à côté de Nantes j'aurais seulement une question très simple à poser à monsieur Jadot c'est quid de Notre-Dame-des-Landes il a abordé beaucoup de sujets écologiques mais quel est son positionnement par rapport à Notre-Dame-des-Landes est-ce qu'il va le botter en touche comme Ségolène Royal merci monsieur Jadot
merci monsieur Jackie Yannick Jadot Jackie si vous connaissez un peu mes activités sur Notre-Dame-des-Landes vous devez savoir que je suis extrêmement souvent auprès des militants qui luttent contre cet aéroport effectivement Ségolène Royal avait d'ailleurs sorti un très bon rapport qui disait un il faut évaluer l'amélioration de l'aéroport actuel Nantes-Atlantique et puis si vraiment c'était pas possible il faut complètement redimensionner le projet à Notre-Dame-des-Landes je regrette qu'elle affiche son désaccord sur la méthode Valls de ce point de vue là mais qu'au fond elle n'aille pas beaucoup plus loin que ce soit sur Alteo sur les dans les les bourrouges que ce soit sur les sables extraits aujourd'hui à l'Agnon ou que ce soit sur Notre-Dame-des-Landes elle affiche son désaccord mais au fond le gouvernement continue à projeter des infrastructures qui vont à la fois totalement incompatibles avec le référendum il y a de la démocratie locale c'est quand même quelque chose que veulent les verts et puis paf comme le résultat vous plaît pas vous dites c'est pas de la bonne démocratie locale j'ai des problèmes merci Laurence Perron Madame Perron de rappeler Arnaud Le Parmentier que dès le jour 1 du référendum nous avons dit ce référendum il est attendez attendez non mais de le jour 1 on a dit ce référendum dans son périmètre dans la question qui prenait pas du tout en compte les remarques de Madame Royal il est construit pour que les oui à l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes gagnent
c'est les gens du département qui ont voté
ce sont les gens du département mais vous savez qu'il y a deux régions qui payent notamment il y a des citoyens des deux régions Bretagne Pays de la Loire qui payent cette infrastructure qui va coûter extrêmement cher et donc au fond oui la consultation est un des éléments mais moi je suis député européen je me suis battu y compris à l'échelle européenne pour que la commission européenne qui est garante des traités du droit et maintenant Yannick Jadot bon il y a eu un vote maintenant la France est toujours la France est toujours mise en demeure par l'Union Européenne sur ce projet la France est toujours en infraction donc pour vous le sujet est encore ouvert et il y a lieu de continuer le combat bien sûr parce que le bon sens le bon sens c'est de notre côté c'est comme sur le nucléaire c'est comme sur le désert Emmanuel Valls a annoncé qu'il allait commencer l'évacuation est-ce que pour vous c'est un casus belli vis-à-vis de l'ensemble de la gauchée du gouvernement il est fou mais franchement est-ce que l'urgence est-ce que dans la situation actuelle l'urgence c'est d'envoyer 3000 gardes mobiles à Notre-Dame-des-Landes est-ce qu'il a tiré les leçons de Sivins qu'est-ce qu'il veut M.
Valls vous croyez qu'aujourd'hui l'urgence vous savez combien on a de militaires au Mali on a 3500 et l'idée c'est d'envoyer 3000 gardes mobiles à Notre-Dame-des-Landes sur un projet qui fait pas sens et qui est absolument pas urgent de régler je crois que l'urgence un c'est que la France respecte le droit européen respecte la protection de l'environnement c'est ce qu'a rappelé d'ailleurs c'est ce que rappellent les institutions françaises de protection de la biodiversité elles disent c'est pas normal qu'on tue les animaux là-bas qui sont des espèces protégées donc que M.
Valls respecte le droit européen respecte le droit français aujourd'hui il n'y a pas d'autorisation de faire les travaux et que M. Valls s'occupe de la sécurité des français s'occupe de l'accord de Paris qui est un succès de la diplomatie française et qui respecte la promesse de François Hollande qui est de ne pas faire de travaux tant qu'il y a des recours juridiques Daniel bonjour Daniel vous nous appelez je crois de Lozère vous avez la parole Yannick Jadot vous écoute
oui bonjour justement à propos de M. Valls vous avez tout à fait raison monsieur merci voilà maintenant ma question à moi c'est que je suis je ne suis pas mal tu viens mais par contre je m'intéresse vraiment à la démographie je voudrais savoir c'est sur le plan planétaire français aussi bien sûr je voudrais savoir dans quelle mesure on en prend compte en écologie parce qu'il va falloir nourrir tout ce monde qui va arriver qui vont tous acheter des voitures à l'âge adulte ça sera une multiplication incessante de pollution de consommation et pire
donc faire moins faire moins de bébés Daniel
voilà exactement les compter gérer gérer la naissance ça ce serait une preuve d'intelligence
merci Daniel pour cette question Yannick Jadot vous répond sur le contrôle des naissances moi je ne suis pas pour le contrôle des naissances je pense qu'on ne peut pas imposer à des parents de faire le choix du nombre d'enfants je veux dire c'est une rupture sur les choix de vie ça ne veut pas dire qu'il faut nier les problèmes de démographie j'ai vécu deux ans au Burkina Faso j'ai vécu deux ans au Bangladesh et j'ai travaillé je sais à quel point la question de la sécurité alimentaire la question de la démographie la question du développement et la question des ressources naturelles et des conditions naturelles sont extrêmement imbriquées ce que je vois c'est qu'aujourd'hui un Burkinabé ses émissions de gaz à effet de serre c'est 0,2 tonnes par habitant un Américain c'est 25 tonnes alors si on commence à parler de démographie qui on commence à supprimer avec qui on parle je vous donne un chiffre le Niger c'est juste à côté du Burkina Faso c'était 4 millions d'habitants en 1960 c'est une vingtaine aujourd'hui ce sera 72 millions d'habitants en 2050 209 millions en 2100 qu'est-ce qu'on fait pour des pays comme ça ?
c'est une projection de l'ONU mais c'est ignorer ce que sont la réalité des ruptures démographiques dans l'ensemble des pays de la planète ça va beaucoup plus vite on arrive beaucoup plus à des taux de natalité de 2,1 2,2 2,3 extrêmement rapidement on l'a vu en Égypte partout ailleurs là moi ce que je veux dire c'est que quand on regarde ces pays là ils sont sur ces questions par exemple de transition énergétique ils vont beaucoup plus vite aujourd'hui ça va beaucoup plus vite en Afrique que dans nos propres pays c'est comme ils n'ont pas eu le téléphone avec le fil dans les zones rurales ils sont directement passés au mobile ce qui se passe en Afrique dans certains pays sur le numérique sur les énergies renouvelables vous parlez de la nourriture et du nombre l'Afrique arrêtez de penser que l'Afrique n'est qu'une menace l'Afrique n'est pas une menace ça ne sont pas que des dictatures ce ne sont pas que des flux de migrants à venir mais ce qui est vrai puisque nous avons aujourd'hui la responsabilité du dérèglement climatique ce ne sont pas les Africains qui ont la responsabilité du dérèglement climatique c'est nous si on veut éviter les problèmes du futur autour des réfugiés climatiques et bien changeons notre modèle je l'ai dit vous parlez climat alors que la question est démographie et nourriture ce n'est pas exactement la même chose oui mais alors excusez-moi si vous regardez comment le dérèglement climatique va impacter les conditions de vie en Afrique va impacter les rendements agricoles va créer des terres sans eau et donc des déplacements de population
c'est évidemment connecté à la démographie et au mode de vie
c'est évidemment connecté mais donnons arrêtons de nuire à ces pays en prélevant en permanence leurs ressources naturelles comme on le fait aujourd'hui arrêtons d'en faire un terrain de jeu nos multinationales soutenons les démocraties plutôt que de soutenir trop régulièrement les dictatures et ils auront un processus de développement aujourd'hui sur les technologies modernes c'est déjà en train d'arriver regardons aussi tout ce qui se passe de bien en Afrique s'il vous plaît quelques questions numériques un mail de Françoise de Nice Jadot pense-t-il qu'il faut abandonner le TAFTA elle a enlevé le prénom ce n'est pas moi alors Jadot est-ce que vous pensez qu'il faut abandonner le TAFTA c'est la moitié de mon temps au Parlement européen c'est de me battre contre le traité transatlantique qui sera un traité catastrophique encore une fois à la fois pour notre économie selon les experts américains c'est 160 000 emplois détruits en France l'accord avec le Canada mais celui-là l'accord avec les Etats-Unis il est très enlisé là où il y a une incroyable incohérence du gouvernement français c'est qu'on dit le TAFTA c'est moche parce que c'est les méchants Yankees mais l'accord avec le Canada c'est très beau parce que ce sont des Canadiens qu'en plus quand ils parlent français ils ont un accent rigolo c'est pas ça c'est encore une fois il faut arrêter et le Canada et le TAFTA c'est ça bien sûr il ne faut pas signer avec le Canada c'est la remise en cause de nos bassins à l'étang nos normes environnementales et sanitaires et il y a d'autres accords de libre-échange avec l'OCL aussi avec l'Afrique c'est des accords qui sont uniquement construits pour nos multinationales est-ce qu'on pense qu'on va aider le développement de l'Afrique pour faire plaisir à Bolloré et à beaucoup d'autres question Twitter soutenez-vous les recours à venir des syndicats contre la loi travail c'est RDM qui vous pose cette question RDM bonjour bonjour et merci pour cette question merci pour cette question alors moi je suis j'ai combattu la loi travail à la fois parce que je pense qu'elle participe d'un affaissement démocratique extraordinaire et qu'on n'a pas posé correctement la question de l'entreprise moi je souhaite qu'il y ait un grand débat dans notre pays sur l'entreprise il faut réconcilier les français avec l'entreprise mais pour ça il faut aussi que les entreprises se réconcilient avec les salariés et donc moi je suis pour une grande loi sur l'entreprise un qui pose la question à qui appartient l'entreprise dans un monde qui s'est autant financiarisé l'idée que l'entreprise n'appartient qu'à ses actionnaires je pense que c'est une faute je suis pour la co-gestion à l'allemande 50% des salariés dans les conseils d'administration avec des comités entreprises est-ce que vous allez soutenir les recours à venir des syndicats contre la loi travail j'ai pas lu spécifiquement leurs recours mais c'est ce que RDM vous demande oui tout à fait mais je pense que c'est une bonne idée vous avez vu la manifestation
d'ailleurs je crois oui moi j'ai pas
la CFDT vous aimez pas la CFDT vous trouvez que la CFDT a une mauvaise attitude puisqu'elle a soutenu cette loi mais je pense que il y a des aspects qui ont été engagés dans la réforme par exemple sur les comptes personnalisés je trouve que c'est une très bonne chose je pense que je suis comme la CFDT je pense qu'il faut créer de l'autonomie de la responsabilité parce que vous défendez le modèle allemand mais c'est plus des syndicats à la CFDT que à la CGT mais justement j'arrive vous êtes plus CGT vous tombez la tartine à tomber des CGT j'arrive il faut de l'autonomie et de la responsabilité à l'échelle de l'entreprise mais si vous rééquilibrez pas les rapports de force dans l'entreprise ça ne marche pas donc c'est pour ça la co-gestion je suis 100% pour mais quand vous avez une co-gestion vous pouvez donner du pouvoir à l'entreprise parce que les salariés sont impliqués dans la décision aujourd'hui malheureusement c'est pas toujours le cas notamment dans les petites Jean-Claude bonjour vous nous appelez du Rhône vous avez la parole Yannick Jadot vous écoute
Oui bonjour bonjour à tous et merci de prendre ma question voilà moi je suis un peu désolé et désespéré parce que
bon même s'il y a des français qui veulent voter Marine il y en a quand même pas mal aussi même énormément qui n'ont pas envie de retrouver Nicolas il y en a pas mal aussi qui en ont assez de François donc comment ça se fait qu'il n'y a pas une convergence quand même un peu plus importante qui se dessine avec tous les gens qui sont pour la conversion écologique évidemment je pense à Jean-Luc Mélenchon bah écoutez merci Jean-Claude pour cette très très bonne question à laquelle Yannick Jadot va essayer de répondre il ne vous a pas échappé que Jean-Luc Mélenchon est parti tout seul dans cette aventure qu'il a demandé son avis à personne et puis moi si avec Jean-Luc Mélenchon je peux avoir des convergences sur un certain nombre de dossiers environnementaux j'ai pas du tout la même position que Jean-Luc Mélenchon sur l'Europe je ne pense pas que les polonais viennent manger le pain des français je pense que y compris il n'a pas dit ça exactement non mais bon reconnaissez que sur le dossier européen ce qu'il a dit ce qu'il a dit sur les allemands tout ça c'était pas très sympathique et donc c'est pas ma position moi je suis pour la décentralisation je suis pas pour le national étatisme c'est pas mon truc donc il y a des convergences avec plein de personnes sur le paysage politique mais encore une fois quand on avait moi je pense qu'à terme il y aura un pôle de gauche écolo pré-européen solidaire féministe ouvert sur le monde à quel terme Yannick Jadot le verrons-nous de notre vivant vous qui êtes bientôt quinquaginaire peut-être moi qui ai défendu la primaire de toutes les gauches et des écologistes c'était ça l'idée qui n'est pas la position de Hollande qui n'est pas la position de Mélenchon bon cette primaire elle s'est fracassée mais vous n'avez pas l'impression que vous allez en s'y flottant vers un 21 avril qui va être une violence absolument apocalyptique je l'ai dit les écologistes Christiane Taubira dit qu'une candidature unique de la gauche dans les circonstances historiques qui sont celles de la France aujourd'hui semble être le bon sens mais regardez ce qu'est la primaire PS aujourd'hui je l'ai dit tout à l'heure c'est une forme du rituel d'exorcisme sur le hollandisme vous avez tous les anciens ministres qui pensent se refaire une virginité politique en étant candidats y compris contre François Hollande regardez le niveau de haine qu'il y a aujourd'hui au sein du parti socialiste c'est pas ma ça peut pas être le futur ça ça c'est le vieux monde qui règle ces conflits à droite et à gauche et donc une bonne cure d'opposition mais moi je veux porter le projet écologique j'espère convaincre et j'espère qu'il y aura peut-être une majorité qui se dégagera avec les écologistes autour d'un projet positif mais j'ai pas envie de participer au règlement de compte vous vous rendez compte François Hollande il gouverne aujourd'hui et il apparaît terriblement le passé regardez Sarkozy il a gouverné il apparaît terriblement le passé ça peut pas être ça la politique française pour le 21ème siècle des gens qui sont qui sont enfermés dans une vieille histoire donc Emmanuel Macron a eu raison de partir mais Emmanuel Macron il fait ce qu'il veut je veux dire moi je suis pas là pour gérer Emmanuel Macron mais au moins Emmanuel Macron il est libéral et il le dit moi j'aimerais bien qu'Emmanuel Macron ce serait un très bon concurrent de l'écologie il est pas écolo du tout donc là pour le coup on se partagera pas les voix sur la protection de l'environnement mais au moins il renouvelle un peu les pratiques après j'attends de savoir qu'est-ce qu'il va proposer Emmanuel Macron mais renouvelons le paysage politique c'est quand même incroyable que ce soit ceux qui sont là depuis 30 ou 40 ans qui disent place aux jeunes allez place aux jeunes et place à l'heure place aux jeunes qu'ils partent en longues vacances qu'ils prennent de longues vacances je voudrais s'il vous plaît donner la parole à Jacqui qui nous appelle de Paris je crois bonjour Jacqui question rapide je vous en supplie ça fait deux Jacqui bonjour
je vais essayer d'être rapide donc bonjour à tous je voudrais poser simplement une question simple à monsieur Jadot quelle est sa position sur la dépinisation du cannabis moi je suis enseignant à Paris je vois tous les jours les ravages que ce produit peut faire vis-à-vis des élèves donc je sais que c'était dans le programme présidentiel de 2012 donc quelle est sa position personnelle concernant la dépinisation du cannabis
bien compris merci Jacqui Yannick Jadot vous répond très rapidement s'il vous plaît vous avez raison monsieur le problème qu'il y a avec le cannabis comme avec d'autres drogues c'est de plus en plus d'addiction le problème qu'il y a avec le cannabis c'est les gangs dans les cités et les trafics d'armes et donc on a un problème de sécurité on a un problème de santé mon sujet c'est pas la dépénalisation mon sujet c'est la légalisation c'est l'encadrement y compris avec des médecins de la vente de cannabis pour que justement au fond on puisse traiter l'addiction et on puisse traiter le problème de sécurité on ne vend pas de l'alcool aux mineurs on ne va pas vendre de la drogue aux mineurs ni de cigarettes effectivement il est 13h50 à la fois sur France Inter la radio et sur France Info la télé je ne dirais qu'une seule chose Pixel Pixel c'est une équipe formidable du quotidien Le Monde spécialisée dans les enjeux numériques j'ai le plaisir d'accueillir Martin Huntersinger bonjour Martin bonjour Nicolas pardonner ou ne pas pardonner
à Edward Snowden c'est la question cette semaine bonjour Yannick Jadot bonjour alors pour rappel Edward Snowden c'est cet américain qui a fourni à plusieurs journaux internationaux des centaines de documents secrets appartenant à l'agence pour laquelle il travaillait la NSA chargée donc de l'espionnage électronique grâce à lui on a découvert à quel point le terrorisme avait servi d'alibi à la mise en place d'un système tentaculaire de surveillance numérique depuis aux Etats-Unis une réforme de la surveillance timide certes a été adoptée les entreprises du numérique ont musqué leur sécurité les agences de renseignement ont été contraintes à davantage de transparence et surtout il y a eu un débat mondial sur la surveillance à l'ère du numérique Snowden il vit à Moscou depuis 3 ans et l'annulation de son passeport par les Etats-Unis mis en examen pour espionnage s'il rentre dans son pays il risque des dizaines d'années de prison en milieu de semaine les avocats d'Edward Snowden ont officiellement demandé à Barack Obama de lui accorder sa grâce présidentielle il y a 3 ans Snowden avait fait plusieurs demandes d'asile en Europe occidentale notamment en France sans succès ma question elle est très simple 3 ans après faut-il s'il en fait à nouveau la demande que la France accorde l'asile à Edward Snowden Yannick Jadot
absolument absolument d'ailleurs nous avions écrit à François Hollande sur ce sujet pour lui demander d'accorder cette grâce Edward Snowden effectivement c'est lui qui a révélé d'ailleurs au moment où on lançait les négociations sur le traité transatlantique que la NSA surveillait très massivement les citoyens français nos institutions qu'elles soient européennes ou nationales Edward Snowden il ne devrait pas simplement au fond être gracié il devrait être récompensé on avait proposé qu'il reçoive le prix Sakharov du parlement européen parce qu'il a ouvert une incroyable boîte c'est pas un traître c'est pas un traître qui a trahi l'Amérique et qui vend ses infos aux puissances ennemies il a trahi vous pouvez considérer qu'il a trahi la NSA ça je peux l'entendre par rapport à son contrat il a trahi la NSA je pense qu'il n'a jamais trahi les valeurs des Etats-Unis il n'a jamais trahi les valeurs de la démocratie et nous soutenons
à l'échelle européenne pourtant sur la pétition actuellement en ligne il y a 4 eurodéputés qui l'ont signé 4 députés néerlandais où sont les eurodéputés français
je peux vous dire qu'on y travaille tous les jours on a lancé au niveau européen une directive sur les lanceurs d'alerte il faut protéger les lanceurs d'alerte Edward Snowden est un lanceur d'alerte quand le scandale Mediator lanceur d'alerte le scandale Volkswagen lanceur d'alerte Panama Papers lanceur d'alerte LuxLeaks le seul qui a ouvert Antoine Delcourt qui était chez Price Cooper c'est le seul qui soit condamné alors qu'il l'a révélé et qu'enfin la commission européenne par rapport à ça commence à agir sur les paradis fiscaux donc évidemment signer la pétition tout de même bien sûr il faut signer la pétition vous avez votre réponse Martin non mais tout à fait franchement les écologistes vous savez encore une fois on est les seuls à avoir porté il croit ce qu'il voit il a raison il a raison c'est bien de regarder je ne sais pas quelle est cette pétition mais nous avons lancé c'est la pétition officielle c'est la pétition officielle sur les lanceurs d'alerte on a été au procès d'Antoine Delcourt au Luxembourg on soutient Edward Snowden on soutient Assange et tout ça donc là dessus on est vraiment Martin
est-ce qu'aujourd'hui avec les lois européennes et françaises est-ce qu'un Edward Snowden pourrait aujourd'hui en France ou en Europe arriver comme ça et révéler d'éventuels abus est-ce que la législation est suffisante
ce type qui a fait autant pour la démocratie qui vive à Moscou c'est quand même super triste pour lui parce que c'est loin d'être une démocratie et on avait beaucoup de critiquer d'ailleurs François Hollande parce que vous vous souvenez quand au fond il avait sorti ce scandale François Hollande avait interdit le survol d'un avion d'Evo Morales parce qu'il avait peur qu'Evo Morales aille chercher Edward Snowden pour qu'il trouve refuge donc je pense qu'au fond là les états malgré encore une fois la surveillance massive y compris de puissance étrangère des citoyens de nos institutions ils jouent une sorte de complicité malsaine contre les lanceurs d'alerte au fond pour se protéger se protéger eux-mêmes
Mais est-ce que justement accorder l'asile éventuellement s'il le demandait à Edward Snowden est-ce que ça n'exposerait pas la France à une colère des Etats-Unis ou du moins à des mesures de rétorsion qui seraient quand même assez fortes ?
Vous trouvez normal qu'à partir du moment où il a été avéré que la NSA écoutez les citoyens européens sans autorisation écoutez nos institutions écoutez nos dirigeants vous trouvez normal qu'il n'y ait jamais eu de représailles vis-à-vis des Etats-Unis que cette collusion des services de renseignement pour espionner massivement les citoyens soit passée comme ça comme si ce n'était pas un problème on a c'était ça a créé une réaction extrêmement forte en Allemagne
pourquoi il n'y en a pas eu en France ?
parce qu'en Allemagne l'Etat ça a été le nazisme et le communisme en France on autorise des choses à l'Etat parce que justement on est trop souvent infantilisé par l'Etat qu'on considère trop qu'au fond l'Etat c'est toujours l'intérêt général que l'Etat est absolutiste et qu'il peut tout faire y compris contre les citoyens il faut que les Françaises et les Français se disent l'Etat c'est aussi moi l'Etat ne peut pas me surveiller vous savez le cœur de la démocratie l'Etat ne surveille trop
en France
Yannick Jadot bien sûr toujours moi j'ai été espionné par EDF j'ai été espionné tout ça avec la complicité c'était des barbouzes qui étaient en lien avec la décérie à l'époque le climat qui est le nôtre aujourd'hui mais il faut faire attention quand on est la démocratie c'est les citoyens qui contrôlent l'Etat c'est pas l'inverse et qu'aujourd'hui au fond dans ce moment où il y a tellement de on ne sait plus qui est souverain on a tellement donné aux marchés et aux acteurs économiques notre souveraineté qu'au fond les Etats tentent de retrouver de l'autorité vis-à-vis des citoyens moins sur l'économie moins sur la finance moins sur l'économie locale qu'au fond sur la sécurité et sur la surveillance et ça c'est pas une bonne chose c'est pas une bonne évolution de nos sociétés ben voilà c'est terminé pour aujourd'hui c'était la première information que je voulais vous donner Yannick Jadot merci infiniment d'avoir participé à ces questions politiques il est important pour nous aussi de recevoir vous l'avez dit vous-même un certain nombre de jeunes figures primaire-écologie.fr pour participer à la première de l'écologie s'il vous plaît si vous voulez y participer merci amis auditeurs merci amis téléspectateurs pour vos questions et vos interventions la deuxième information que je voulais vous donner c'est que Nicolas Hulot sera mercredi prochain l'invité de Patrick Cohen dans le 7-9 de France Inter passez pour ce qu'il en reste un excellent dimanche on se retrouve dimanche prochain au revoir
au revoir Sous-titrage ST' 501
Yannick Jadot