Le gouvernement Barnier s’expose à une censure certaine ! - Edwige Diaz (Sud Radio)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:17OuverteRéponse directe
Que va dire Marine Le Pen à Michel Barnier ?
- 2:05FerméeRéponse directe
Aujourd'hui, en l'état, vous ne censurez pas le gouvernement ?
- 2:29RelanceRéponse partielle
Si Michel Barnier vous propose la proportionnelle aux prochaines législatives et de ne pas augmenter les taxes sur l'électricité, que ferez-vous ?
- 4:07RelanceRéponse partielle
Si M. Barnier vous propose la proportionnelle législative et vous promet de ne pas augmenter les taxes sur l'électricité dans le budget, que ferez-vous ?
- 5:41RelanceRéponse directe
La censure, s'il y a censure après 49-3, la motion de censure sera déposée par LFI ou par la gauche, le NFP. Pourriez-vous mêler vos voix à celle d'un parti qui veut sortir du code pénal le délit d'apologie du terrorisme ?
- 7:16RelanceRéponse directe
Est-ce que vos électeurs comprendraient que vous votiez avec LFI, avec ce parti qui propose que l'apologie et le terrorisme ne sont plus un délit ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34Invité politiqueFait
« nous ne censurerions pas ce gouvernement »
- 0:53Invité politiquePromesse
« La première, c'était qu'ils n'augmentent pas les impôts. »
- 0:57Invité politiquePromesse
« La deuxième, c'était qu'ils rétablissent l'ordre sécuritaire migratoire dans notre pays. »
- 1:04Invité politiquePromesse
« Et la troisième demande, c'était qu'ils instaurent une dose de proportionnelle. »
- 1:28Invité politiqueFait
« Le premier, c'était un texte visant à faciliter l'expulsion des délinquants étrangers. »
- 1:32Invité politiqueFait
« Et le deuxième visait à rétablir les peines planchées, notamment en cas de trafic de stupéfiants. »
- 1:43Invité politiqueFait
« Pour l'instant, le budget ne nous convient pas parce qu'il comporte trop d'augmentation d'impôts. »
- 3:15Invité politiqueFait
« Mme Borne nous promettait un débat sur l'aide médicale d'État pour le premier trimestre 2024. »
- 5:03Invité politiqueFait
« Si nous sommes dans une situation migratoire, sécuritaire, budgétaire et économique, à ce point dramatique, c'est la faute d'une seule décision politique. »
- 6:42Invité politiqueFait
« nous ne partageons pas les orientations d'un autre groupe politique, mais ça veut dire qu'il faut que ce gouvernement soit censuré. »
- 6:49Invité politiqueFait
« que les deux députés LFI de la Gironde aient co-signé cette proposition de loi. »
Temps de parole
- Edwige Diaz67 %
- Présentateur33 %
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Nous recevons Edwige Diaz qui est députée Rassemblement National de Gironde. Bonjour.
Bonjour, merci pour votre invitation.
Merci d'être avec nous. L'une des porte-parole du Rassemblement National, Edwige Diaz. Marine Le Pen sera reçue par Michel Barnier ce matin, je crois.
Oui, c'est ça.
Ce matin. Bien. Que va dire Marine Le Pen à Michel Barnier ?
Eh bien, je pense que Marine va lui rappeler les propos qu'elle a tenus le 1er octobre dernier. Le 1er octobre dernier, c'était le jour de politique générale, le discours de politique générale de Michel Barnier. Et à cette occasion, tous les présidents de groupe ont eu l'occasion de s'exprimer. Marine a indiqué qu'à priori, nous ne censurerions pas ce gouvernement. C'est-à-dire, nous allions d'abord attendre de le voir à l'œuvre, de voir les actions qu'il allait mener. À cette occasion, elle lui a rappelé que nous avions trois lignes rouges, en quelque sorte. Trois demandes. Trois demandes. La première, c'était qu'ils n'augmentent pas les impôts.
La deuxième, c'était qu'ils rétablissent l'ordre sécuritaire migratoire dans notre pays. Et la troisième demande, c'était qu'ils instaurent une dose de proportionnelle. Force est de constater que, depuis le 1er octobre, M. Barnier n'a pas répondu à notre appel. Je vais même vous dire pire que ça. Le gouvernement a manqué un rendez-vous, notamment à l'occasion de notre niche parlementaire, qui s'est déroulée le 31 octobre, où le gouvernement aurait dû voter en faveur de deux de nos textes. Le premier, c'était un texte visant à faciliter l'expulsion des délinquants étrangers. Et le deuxième visait à rétablir les peines planchées, notamment en cas de trafic de stupéfiants.
Donc là, il manque un dernier rendez-vous à ce gouvernement. C'est le rendez-vous budgétaire. Pour l'instant, le budget ne nous convient pas parce qu'il comporte trop d'augmentation d'impôts. Nous verrons si M. Barnier met en place le 49-3. Si jamais il met en place le 49-3, nous attendons de lui qu'il récupère un certain nombre de nos propositions. Puisque vous le savez, nous avons déposé un contre-budget qui est construit sérieux. Et nous attendons de M. Barnier qu'il s'en inspire.
Bien. Donc soyons clairs. Parce que là, vous étiez très clairs, Edwige Diaz. Aujourd'hui, en l'État, vous ne censurez pas le gouvernement. Vous attendez les réponses de M. Barnier.
Oui. Nous attendons les réponses de M. Barnier tout en l'alertant sur le fait que son gouvernement prend une très mauvaise direction. Oui. Puisque je l'ai dit, il n'a pas entendu nos propos du 1er octobre. Il n'a pas voté en faveur de nos textes le 31 octobre. Et donc on va voir ce qu'il y aura sur le budget.
Imaginons. Michel Barnier vous propose la proportionnelle aux prochaines législatives. Michel Barnier vous propose de ne pas augmenter les taxes sur l'électricité.
Oui. C'est très important, les taxes sur l'électricité.
Je sais parce que j'en ai beaucoup parlé avec des élus RN. Oui. Bien. Si ces propositions sont là, parce qu'il va y avoir un texte sur l'immigration défendu par Bruno Retailleau dans quelques semaines. Si ces propositions sont mises sur la table par Michel Barnier, est-ce que vous vous engagez à ne pas voter la censure ?
Ça dépendra du calendrier. Parce que le problème, c'est que les engagements avec ce gouvernement, on ne peut pas tellement les prendre pour acquis. Moi, je me souviens, l'année dernière, il y a un an pile, Mme Borne nous promettait un débat sur l'aide médicale d'État pour le premier trimestre 2024. Nous attendons toujours ce débat sur l'aide médicale d'État.
Mais elle n'est plus là.
Oui, d'accord, mais elle est restée un certain nombre de temps. Et puis le successeur aurait aussi pu se saisir de cette opportunité. Donc, en fait, M. Barnier doit faire preuve du plus grand des sérieux. Parce que si M. Barnier ne tient pas ses engagements et ne prend pas en considération les demandes du Rassemblement National Premier Parti de France, eh bien oui, son gouvernement s'expose à une censure certaine. En tout cas, nous, notre main ne tremblera pas. Nous ne sommes pas ici pour servir de marche-pied à M. Barnier.
Vous êtes ennuyé, Edwige Diaz, parce que d'un côté, vous avez votre base qui pousse à la censure. De l'autre, vous avez beaucoup d'élus qui disent « Attention, si nous censurons, nous provoquons un chaos et peut-être une crise politique et une crise financière et nous ne devons pas porter la responsabilité de cette crise ». Alors, si M. Barnier, tout à l'heure, je repose ma question parce que je suis assez têtu, si M. Barnier, tout à l'heure, vous propose la proportionnelle législative et vous promet de ne pas augmenter les taxes sur l'électricité dans le budget, que ferez-vous ?
Mais ça dépendra de son calendrier. Je ne peux pas vous dire encore parce qu'on n'a pas entendu ces propositions. Peut-être qu'il va partir sur autre chose. Mais en tout cas, c'est sûr que nous reverdrons ça avec attention.
Avec attention. Et avec bienveillance, quoi, si j'ai bien compris. Avec attention, ça veut dire bienveillance.
Mais en fait, nous, nous sommes des élus responsables. Et censurer un gouvernement, ce n'est pas une décision que l'on prend à la légère. Je voulais vous dire que, oui, nous sommes très attentifs aux revendications de notre base. Parce que nous, nous sommes un parti politique, contrairement aux autres, qui n'a pas l'habitude de trahir ses électeurs et de trahir sa base. Quant au chaos que vous évoquez, pardon de le dire, ça n'est pas au Rassemblement National de porter le chapeau de la responsabilité du chaos. Si nous sommes dans une situation migratoire, sécuritaire, budgétaire et économique, à ce point dramatique, c'est la faute d'une seule décision politique.
Ce sont les décisions politiques menées par les macronistes depuis 7 ans.
Bon, si j'ai bien compris en vous écoutant attentivement, Edwige Diaz, la censure n'est pas automatique. Aujourd'hui, ce matin, vous ne dites pas « nous allons censurer le gouvernement ».
Tout à fait. Je ne vous dis pas qu'on va le censurer, je dis que le gouvernement prend la mauvaise direction s'il souhaite conserver...
– Les directions risquent la censure. – Exactement. – Le gouvernement dit « risque la censure ». C'est ce que vous dites. – Oui, tout à fait. – Bien, mais moi j'ai une autre question. La censure, s'il y a censure après 49-3, la motion de censure sera déposée par LFI ou par la gauche, le NFP. Pourriez-vous mêler vos voix à celle d'un parti qui veut sortir du code pénal le délit d'apologie du terrorisme ? Je vous pose franchement la question.
– Oui, alors, déjà, il est tout à fait possible que nous-mêmes nous déposions notre propre motion de censure.
– Ça veut dire que vous ne voteriez pas la censure de LFI ?
– Ça veut dire que nous, on peut déposer une motion de censure, on l'a déjà fait. Malheureusement, avec le sectarisme qui les caractérise, la gauche ne vote jamais en faveur de nos textes. Mais nous, nous ne sommes pas dans cette situation-là. Nous votons les motions de censure dès lors que nous souhaitons qu'elles soient votées. C'est ça. Et donc, s'il faut voter avec un autre groupe politique, ça ne nous pose pas de problème.
– Ça ne vous pose pas de problème de voter avec un parti qui veut sortir du code pénal le délit d'apologie du terrorisme ?
– Ça veut dire que nous ne partageons pas les orientations d'un autre groupe politique, mais ça veut dire qu'il faut que ce gouvernement soit censuré. Alors, sur la proposition de loi particulièrement indigne de la France insoumise que vous évoquez, nous, comme beaucoup de Français, nous avons été très choqués. Et moi, en tant que député de la Gironde, je suis aussi particulièrement indignée que les deux députés LFI de la Gironde aient co-signé cette proposition de loi. Et j'espère que ce texte ne sera jamais présenté à l'Assemblée nationale. En tout cas, il a très peu de chances d'être voté.
Et c'est heureux pour la France parce que ce texte est vraiment une insulte à toutes les victimes du terrorisme dans un contexte où l'augmentation de l'optisémitisme fait froid dans le dos.
– Oui, justement, Edwige Diaz, est-ce que vos électeurs comprendraient que vous votiez avec LFI, avec ce parti qui propose que l'apologie et le terrorisme ne sont plus un délit ?
– Mais c'est ce que je dis, en fait. Moi, je fais bien la dissociation. Et d'ailleurs, les macronistes, en fait, essayent…
– Ça ne vous gènerait pas, vous, à titre personnel ?
– Non, mais en fait, ce qu'il faut, c'est que si jamais M. Barnier ne se comporte pas bien et ne respecte pas les électeurs du Rassemblement national, il faut qu'ils soient censurés. – Et donc, voter avec un autre parti politique en faveur d'une motion de censure, ça ne signifie pas épouser ses orientations politiques. Une fois que vous avez voté la motion de censure, que le gouvernement est renversé, ça ne signifie pas que nous allons gouverner ensemble. Ça, c'est ce que les macronistes essayent de faire croire. Mais ça n'est pas le fond… – Merci où voter ensemble. – Ça n'est pas la portée constitutionnelle d'une motion de censure.
– Bien. Merci Edwige Diaz d'être venu nous voir ce matin sur Antenne de Sud Radio. – Merci.
– Merci. – Merci.
Edwige Diaz