Ouverture par Naïma Moutchou, Ministre des Outre mer
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:21OuverteRéponse directe
Comment construire des politiques de long terme pour les Outre-mer avec une succession de ministres depuis 2022 ?
- 5:09OuverteRéponse directe
Quels changements concrets pour la Nouvelle-Calédonie avec le projet de réforme constitutionnelle ?
- 10:39OuverteRéponse directe
Un an après le cyclone Shidop, Mayotte va-t-elle mieux ? La réponse de l'État a-t-elle été à la hauteur ?
- 13:24OuverteRéponse directe
Le projet de loi sur la vie chère est-il suffisamment ambitieux ? Où souhaitez-vous aller plus loin ?
- 16:08OuverteRéponse directe
Comment lutter contre le narcotrafic dans les Outre-mer face à des réseaux internationaux puissants ?
- 18:55OuverteRéponse directe
Comment protéger la souveraineté des Outre-mer dans un monde instable ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:54Naïma MoutchouFait
« Bougival permet demain de manière progressive de transférer de la souveraineté à l'État de Calédonie, c'est-à-dire du régalien, la défense, la justice, sécurité. »
- 14:07Naïma MoutchouChiffre
« En Guadeloupe, les prix alimentaires ont augmenté de 35 % en 10 ans. »
- 19:37Naïma MoutchouFait
« La souveraineté de nos territoires est non négociable. »
- 21:44Naïma MoutchouFait
« Il y a une forme de consensus des élus pour dire : nous voulons davantage de responsabilité pour nos populations. »
Temps de parole
- ?100 %
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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Merci d'être avec nous pour cette 5e édition des Outremes aux avant-postes. Un événement imaginé par les équipes du magazine Le Point. Nous vous recevons aujourd'hui à la Maison de l'océan et son splendide écrin qui est l'amphithéâtre dans lequel vous avez pris place. Alors la maison de l'océan a été fondée au tournant du 20e siècle par le prince Albert Ier de Monaco. Un homme passionné de sciences et grand explorateur des mers. C'est un établissement de l'Institut Oanographique, une fondation reconnue d'utilité publique. L'Institut entretient d'ailleurs des liens étroits avec les outresemères via leur grand concours annuel Oéano pour tous qui accompagnent plus de 1000 élèves et leurs enseignants dans la concrétisation d'un projet collectif en faveur de
l'océan avec cette année 14 classes de la Réunion à la Martinique en passant par Mayotte. Alors tout au long de cette journée, on va accueillir des personnalités politiques, des chercheuses, des décideurs, des journalistes et des citoyens. pour interroger la place des outremères dans le pacte national et explorer des voies d'avenir de la santé publique aux droits fondamentaux de la justice sociale au lien avec l'Afrique. Les outresemères aux avant-postes dessinent les contours d'une France plurielle en quête de cohésion pour placer enfin les autres mèes où ils doivent être aux avant-postes de la réflexion républicaine. Nous aurons tout au long de notre événement le plaisir de découvrir en direct et au fil des débats le regard de notre dessinateur. C'est Xavier Gorce
qui nous accompagnera avec son trait précis sa vision qui fait mouche et les punchline asserrées qui ont fait sa réputation. Merci d'être avec nous pour cette belle journée les autres mè aux avantpostes. C'est parti. Nous ouvrons l'événement par une première table ronde de prestige puisque nous recevons la ministre des outremères madame Naima Moutchu. Il sera bien sûr question de la situation en Nouvelle-Calédonie de Mayotte de sécurité de vie chè. Elle va répondre dans quelques instants aux questions d'Adrien Brachet, journaliste politique au point. Mesdames, messieurs, merci de les applaudir. C'est parti.
Madame la ministre, bonjour. Bonjour. On est très heureux de vous recevoir dans ce lieu magnifique comme l'a dit Boris. Euh première question en préparant cette table ronde, j'ai euh cette conférence, j'ai sorti ma calculette, je crois qu'il y a eu sep ministres des outresemes depuis 2022. Euh vous, ça fait un peu plus de 100 jours que vous êtes arrivé. Comment on fait pour construire des politiques de long terme pour les outres mères quand il y a cette succession de de ministre aux responsabilités ? D'abord, merci beaucoup de votre invitation. Je suis très heureuse d'être parmi vous. Euh merci de la journée que vous consacrez euh aux outresemes avec un titre qui est très intéressant et qui
voit juste les outremèes aux avant-postes. C'est euh une question récurrente, on moi je la pose tous les jours. La question de des outresemes en première ligne qui de ce fait ne doivent pas être euh traité comme un sujet périphérique. C'est vraiment le cœur le cœur du réacteur. Merci beaucoup par ailleurs d'être d'être nombreux. Évidemment les outremères, ils n'ont pas le luxe de l'instabilité. On a besoin de s'inscrire dans la durée, dans la pérennité pour construire des politiques publiques territoire par territoire parce qu'il y a des spécificités. Et donc la question évidemment des visage au sein de ce ministère, elle n'est pas anodine. Je crois même que je suis la 11e ministre depuis 2017. Moi, je plaide pour la stabilité depuis toujours et donc ce que je réponds en général, c'est
je propose de ne pas me changer d'ici au moins la fin de ce mandat, d'ici 2000 2017. Bon, je suis aux responsabilités. Je suis très heureuse d'être au sein de ce ministère que j'ai choisi. Euh, ce n'est pas un choix par défaut. C'est une conversation que j'ai eu avec et le Premier ministre et le président de la République parce que je sais ce que représentent ces territoires ultramarins. On parle beaucoup de ministère social quand on parle outreemaire. Euh je pense qu'il faut changer de regard. On est au sein du ministère des Outresem Mèes dans un ministère de souveraineté. Et ce mot, il a une résonance particulière compte tenue de ce qui se passe dans le monde. Bien sûr on va parler comme ça qu'il faut le voir. C'est comme ça qu'il faut le voir. Et à partir du
moment où on a le bon regard, où on porte le bon regard sur les choses, on peut construire une stratégie pérenne et durable. Après, on essaie de le faire soi-même. J'espère pouvoir dans les mois qui arrivent dérouler les feuilles de route que j'ai imaginé pour les territoires ultramarins. En tout cas, ce que je peux dire, c'est que j'ai une vision, j'ai une trajectoire et que si le temps permet, bien je pourrais apporter des résultats. Alors, au sommet des dossiers qui vous attendent, vous avez placé bien sûr la Nouvelle-Calédonie comme une priorité. Il y a quelques jours, mi-janvier, a été conclu l'accord d'Élyséino qui vous a valu quelques nuits blanches aussi de de négociation et de préparation. C'était
un accord qui est complémentaire à celui de Bougival signé cet été. Il y a un projet de réforme constitutionnelle qui va être soumis au Sénat, je crois que ce sera le 24 février qui va commencer à être examiné. Euh pour que notre public et ceux qui nous suivent en ligne comprennent bien si euh ce projet va à son terme, qu'est-ce quel changement concret ça va engendrer pour la Nouvelle-Calédonie ? Est-ce que vous êtes optimiste sur le fait que ce projet aille à son terme étant donné qu'il y a l'opposition en Nouvelle-Calédonie des indépendantistes du FNLKS notamment et qu'il y a une une certaine partie des forces politiques à l'Assemblée nationale et au Sénat qui sont opposés ? Alors oui, la Nouvelle-Calédonie c'est
un sujet central he c'est le premier dossier dont je me suis saisie. On parlait tout à l'heure de de la place des outremères dans la République. C'est aussi ça le sujet calédonien et donc il est toujours traité à haut niveau en lien avec le premier ministre d'ailleurs le président de la République. Quand je suis arrivé rue Houdino il y a il y a 3 mois de cela, il y avait l'accord de Bougival mais qui était suspendu. Il y avait des forces politiques qui ne se parlaient plus et il y avait surtout un territoire épuisé. Après les émeutes du mois euh du de l'année 2024, du mois de mai euh 2024. Euh on le sait, c'est près de 15 % de PIB euh perdu par euh la Nouvelle-Calédonie. C'est des
entreprises qui ont fermé, ce sont des Calédoniens aussi qui sont partis. Donc il y avait cette situation économique et sociale désastreuse. Territoire était vraiment rentré dans une spirale de récession. et ce volet politique institutionnel comme ça qui qui avait été mis en pause. Donc la première chose que j'ai faite, je me suis rendue sur le territoire, j'ai consulté toutes les forces politiques, j'ai essayé de renouer ce lien de confiance, ce qui m'a permis effectivement et bien d'échanger en toute transparence avec tout le monde. Tout le monde, le FLNKS compris. Même s'il y avait des désaccords, on a au moins réussi à se reparler. Je suis reparti avec un accord que le président de la République a
souhaité conforter. Il a invité les forces politiques à Paris et effectivement on s'est revu. Alors pas tout le monde, cinq forces politiques sur 6 qui ont souhaité s'inscrire dans cette démarche d'essayer d'aller vers la voie du compromis parce que c'est ça la Nouvelle Calédonie. C'est le dialogue qui permet de tracer un chemin institutionnel. Alors évidemment c'est pas un accord parfait. Il n'y a jamais eu d'accord parfait en Nouvelle-Calédonie. Jamais. Les accords de Numéa, Matignon ou Lino ont été des accords imparfaits mais il permettaient tracer une trajectoire pour le territoire. C'est la définition du compromis. C'est ce à quoi nous avons abouti après 3 jours 4 jours de travail, quelques nuits effectivement ensemble. Ça a été rugueux parce que les indépendantistes par définition ne
pensent pas la même chose que le non indépendantiste. Les centristes et les progressistes eux-mêmes portent un autre projet. Mais le compromis c'est ça, c'est aussi des concessions pour essayer d'avancer. Ça a donné Éséino qui est un accord qui permet d'éclairer l'accord de Bougival sur la question de l'identité Canac, sur la question de l'exercice du droit à l'autodétermination qu'organise l'accord de Bougival. C'est pas rien ce que fait Bougival. Bougival permet demain de manière progressive de transférer de la souveraineté à l'État de Calédonie, c'est-à-dire du régalien, la défense, la justice, sécurité. Et on a essayé de préciser pour qu'il n'y ait plus d'ambiguïté et on y a adjoint un protocole financier puisque
je vous ai parlé d'économie et que il faut que la Calédonie puisse marcher sur ces deux jambes volet politique institutionnel et puis de la perspective économique. Donc on a détaillé le grand pacte de refondation qu'a souhaité le premier ministre. C'est ce qu'a donné cette séquence parisienne. Je salue moi le courage de ceux qui étaient autour de la table parce que je peux vous dire que ce n'est pas facile. Ils ont pris un risque aussi en venant à Paris. Ils ont des cibles dans le dos, ils ont été menacés mais ils sont allés au bout dans l'intérêt encore une fois du territoire. Le FNKS n'était pas présent. Je le regrette. J'ai été transparente avec ceux avec qui j'ai discuté. Leur place était à la table, y compris pour dire qu'il n'était pas d'accord.
Mais c'est difficile de parler pour eux. Moi, je les ai invité à venir dire des choses et voir si nous pouvions avancer ensemble. Ils ont fait un autre choix. Le fait est que on ne peut pas se contenter de dire le FLNKS n'est pas là et donc nous ne ferons rien pour les Calédoniens. Ce n'est pas entendable. Compte tenu de la situation économique difficile et même plus que ça dramatique du territoire aujourd'hui l'année 2026 étant une année charnière pour le territoire nous ne nous ne pouvons pas ne rien faire. C'est ce que j'ai dit. La politique de la chaside, elle ne mène à rien. À partir du moment où toutes les conditions étaient remplies pour nous réunir et pour nous parler, y compris pour exprimer des désaccords, alors l'absence ne se justifiait pas. Et
d'ailleurs à l'intérieur du FLNKS, il y a eu des discussions pour venir. Cit pas tout à fait, c'était pas au tout blanc ou tout noir hein. Certains voulaient venir à Paris et dire des choses. C'est finalement, je dirais la ligne la plus radicale qu'il emporté. Malheureusement, je continue de dire que la porte est ouverte au FNNKS. il souhaite revenir dans le processus pour essayer de construire quelque chose. Nous sommes dans une étape maintenant parlementaire qui va s'ouvrir. Ce sont les députés et les sénateur avec le projet de loi constitutionnelle du processus Bougival Élysée Ouino qui est aujourd'hui en marche et le Sénat examinera d'ailleurs ce texte la semaine du 24 février. Donc vous voyez les choses les choses arrivent.
Alors autre dossier important c'est celui de Mayotte. Vous vous y êtes rendu également. On est un peu plus d'un an après le le cyclone Chido. qui qui avait eu des conséquences terribles à la fois sur le plan humain, sur le plan économique, sur le plan social. Euh un plus d'un an après ce ce cyclone, comment va Mayotte ? Et est-ce que vous considérez que la réponse de l'État a été à la hauteur ? Alors Mayot a subi une épreuve terrible he le cyclone Shidop suivi du cyclone Dickeledi. Quand je m'y suis rendu, j'ai vu les cicatrices, c'est visible, c'est encore visible sur le territoire.
J'ai vu aussi des choses sortir de terre, j'ai envie de dire. Je ne nie pas les difficultés. C'est pas moi qui dirais que tout va bien, l'État est au rendez-vous, tout ça fonctionne très bien. Ce n'est pas vrai. Euh il y a encore beaucoup de difficultés, il y a des blessures bien évidemment. Mais ce que je veux dire, c'est que nous nous serons au rendez-vous, l'État sera au rendez-vous de la reconstruction. D'abord évidemment sur le plan financier bien sûr il faut des moyens des moyens pour que les projets voient le jour pour reconstruire ce qu'il y a reconstruire d'écoles de logement de réseaux d'infrastructure. 4 milliards d'euros aujourd'hui programmé dans le cadre de la loi Mayotte sur la refondation et la reconstruction 4 milliards d'euros entre
2025 et 2030 avec pour l'année 2026 une trajectoire qui a été sanctuarisée. Ce sont 700 millions d'euros que nous avons réussi à mettre dans un programme spécifique. Je me suis battu pour ça. Ce qu'on appelle un PIT. C'est un peu technique mais quand même, je veux le dire, ça change la donne parce que c'est un programme qui permet de flécher l'argent pour Mayotte directement pour Mayotte qui sera piloté par le préfet et donc on sera directement dans l'exécution. C'est ça qui est important de dire. Et maintenant, il faut qu'on soit au plus près de cette exécution. Il y aura un comité de suivi euh composé notamment de parlementaires, d'élus. Moi, je serai évidemment au rendez-vous. Je compte aussi me rendre le plus
régulièrement possible sur place pour vérifier ce qui s'y passe. L'État veut accompagner en terme d'ingénierie, de compétences, de capacité à faire. Il a on a mis en place un établissement public pour ça, pour venir en soutien des élus. Et puis a il y a tout le reste, j'ai envie de dire. Il y a la question économique, il y a la question sociale, il y a la question de la jeunesse, il y a la question sécuritaire, il y a un sujet d'immigration aussi très fort. Il y a une pression démographique sur le territoire. Je m' je m'entretiendrai très bientôt avec le ministre de l'intérieur aussi pour envisager les moyens à déployer. Et donc sur tous ces volets, je l'ai dit, je n'abandonnerai je n'abandonnerai pas les Maoré. Alors, il y a un sujet qui concerne Mayotte, mais l'ensemble des territoires
ultramarins qui est celui de la vie chère. Je crois que le premier ministre en a parlé comme l'urgence des urgences. Il y a un projet de loi qui a été examiné au Sénat, mais le le l'examen à l'Assemblée nationale a été reporté, je crois, printemps. Vous nous vous direz. Euh certaines forces politiques considéraient qu'il était pas suffisamment ambitieux et vous-même vous avez dit "On peut aller beaucoup plus loin dans ce dans ce texte." Alors, tout n'est pas encore abouti, mais est-ce que vous pouvez déjà nous donner une direction de vers où vous voulez aller plus loin ? Ben, le sujet de la vie chère, ça c'est un fléau structurel, hein. C'est pas quelque chose de conjoncturel. On connait ça depuis des décennies. Bon, le problème, je crois pour pour donner un exemple, en
Guadeloupe, les prix alimentaires ont augmenté de 35 % en 10 ans. Voilà. Absolument. Absolument. Et ça veut tout dire. Vous avez même des écarts de prix sur les paniers, parfois jusqu'à 40 %. 40 % c'est c'est c'est colossal. Ce n'est donc pas acceptable. Quand on parle de de pouvoir d'achat, ça concerne évidemment tous les Français, en particulier nos compatriotes ultramarins qui sont sur des territoires éloignés et donc il y a des frais qui s'imputent, notamment des frais d'acheminement, des frais d'approche qui pèsent sur les prix pour les produits de base, pour les produits alimentaires, pour les produits d'hygiène. Et c'est à ça qu'on veut s'attaquer. Il y a ce texte effectivement, ce projet de loi que j'ai que j'ai défendu à mon arrivée au ministère euh au Sénat et je l'ai dit,
je l'ai assumé. Ce n'est pas un texte que j'ai préparé mais c'était mon prédécesseur, c'était Manuel Vals. Il a bien fait, il a bien fait de le déposer. Moi, je l'ai soutenu mais j'ai dit qu'on pouvait aller beaucoup plus loin que ce qui était écrit parce que sur ce sujet là aussi, il ne faut pas décevoir il ne faut pas décevoir sur la question du pouvoir d'achat. C'est quelque chose de très concret s'appelle sur le quotidien compatriote. Donc il a été adopté au Sénat, on a fait un travail avec les sénateur. Moi, j'ai j'ai pris beaucoup des amendements qui avaient été déposés par les parlementaires. Mais j'ai dit que nous allions faire une forme de pause pour le muscler. J'ai envie de dire le texte. J'ai demandé aux délégations Outreem, à
l'Assemblée nationale et au Sénat de travailler à des propositions complémentaires. Je leur ai donné rendez-vous après les municipales pour récupérer ces propositions, pour nous-mêm les faire expertiser, diagnostiquer et pour voir si nous pouvions les intégrer à ce texte. Toujours pour mieux lutter contre les phénomènes de marge, de rente, euh sur la formation des prix, il faut qu'on soit rendez-vous sur la concurrence. Donc il y a encore matière à faire des choses sur les billets d'avion sur le prix des billets d'avion par exemple qui était pas un élément incorporé mais qui est essentiel pour nos compatriotes. Je mettrai en place des groupes de travail assez rapidement et pour que effectivement à partir du mois d'avril on puisse venir avec encore d'autres
propositions pour être à la hauteur de ce défi que constitue la lutte contre la vie chère. Vous parliez du Sénat, vous étiez auditionné il y a quelques jours par le par la par la commission par la délégation aux autres MAES. Euh vous vous y avez listé vos différentes priorités. Vous avez parlé de la situation sécuritaire très dégradée, je cite, que vous avez trouvé en en arrivant euh à votre ministère. Euh notamment vous vous avez évoqué la question du narcotrafic. Comment on fait aujourd'hui pour lutter dans les outresemers contre des réseaux qui ont une structuration internationale qui sont extrêmement puissant ? Comment on fait pour ne pas être impuissant face à eux ?
Ah bah il faut être dans l'action. Je crois que il y a pas d'autre recette que d'être dans l'action. Quand je dis que euh les autres sont un ministère de souveraineté, c'est aussi la souveraineté régalienne. On est aux avant-postes de ce qui se passe dans le monde. Donc la question sécuritaire, elle est essentielle. La lutte contre le narcotrafic, elle démarre dans les outresem. parce que les les réseaux les routes par lesquelles les stupéfiants arrivent ensuite sur le continent européen, ce sont les outre mè et donc il y a la nécessité de prendre conscience de ce phénomène pour apporter les bonnes réponses. Quand je suis arrivé encore une fois il y a 3 mois, le président de la République avait dit "Je veux une grande feuille de route de lutte contre le narcotrafic." Et il a
raison parce que le phénomène, il est exponentiel. On voit ce qui se passe en Hexagone, mais c'est partout dans le monde. Sauf que les outresemères n'y étaient pas intégrés, ce qui était un peu surprenant. Donc j'ai dit au président de la République, les soutremèes doivent être intégrés à la feuille de route, sinon les solutions qui seront apportées, elles seront parcellaires. Et ces choses faites, les autres mères sont intégrées. J'ai une réunion cet après-midi euh avec les ministres régaliens en présence du président de la République pour continuer euh nos échanges, pour apporter des solutions. On y parle de port, on y parle d'aéroport, de filières, de mules de la manière dont on peut stopper l'arrivée de ces de ces trafics puisque les outresemes sont à la
fois des marchés mais vous le savez des lieux de passage. Donc voilà, a une vraie prise de conscience de la nécessité que les outresemères soient intégrés à cette réflexion et la nécessité effectivement d'être dans l'action et donc de proposer des moyens supplémentaires de contrôle, de prévention et puis d'intégrer effectivement cette réflexion à celle qu'on mène dans l'hexagone. Vous vous parlez de de souveraineté justement dans un monde qui est de plus en plus instable et sur l'ensemble des continents. Comment on fait pour protéger notre territoire ultramarin, assurer en toute circonstan leur souveraineté ? J'imagine que vous travaillez avec la ministre de la défense là-dessus. Concrètement, voilà, qu'est-ce que la situation géopolitique actuelle change dans la
façon de penser la façon don dont on protège les autres mères ? Mais ça change tout. Ça change tout à partir du moment où on a la conscience que d'abord on est dans un monde où les rapports de force reviennent. On parle beaucoup de domination. On voit ce que on voit notamment ce qui se passe avec le les véléités du président américain. Il faut d'abord dire que la souveraineté de nos territoires est non négociable. C'est important en terme de message politique. Regardez ce qui s'est passé à Saint-Pierre Émilcon il y a encore très peu de temps avec le Canada qui est pourtant un partenaire et un ami de longue date. Mais c'est important aussi de rassurer. Il y a des sujets de
contrôle aérien qui pourraient être confiés au Canada. D'abord, c'est un problème purement technique et organisationnel. Ce n'est pas un sujet de souveraineté, mais c'est important quand même de pouvoir l'expliquer. On voit bien les tensions qui nous traversent et donc redire que notre souveraineté territoriale, notre souveraineté stratégique, notre souveraineté économique, notre souveraineté sur tous les plans n'est pas négociable et que les autres mères sont aux avant-postes de cela, c'est la première chose. La deuxième, va pas se contenter de dire ça, il faut l'organiser cette souveraineté dans les outresem. Ça veut dire investir dans les réseaux, dans les infrastructures, dans la sécurité, dans l'intelligence artificielle par exemple. investir sur tous ces plans pour
organiser concrètement cette souveraineté dans le cas où parce que gouverner s prévoir et que compte tenu de ce qui se passe aujourd'hui, on ne peut pas savoir ce qui se passera tout à fait demain. Alors dans dans les choses que vous voulez prévoir sur le plan institutionnel, vous avez lancé en décembre les travaux sur l'avenir institutionnel de de la Martinique. Est-ce que alors voilà encore une fois c'est des travaux qui sont au début de leur qui sont en début de phase, mais est-ce que vous pouvez un petit peu donner les contours de ce qui va être discuté et qu'il d'ailleurs le sera aussi pour d'autres territoires mais voilà mais c'est plus avancé si j'ai bien compris sur la Martinique que sur les autres. Oui, ça c'est très important.
D'abord, nous sommes à l'écoute des territoires. Il y a des territoires qui souhaitent avancer, qui veulent davantage de transfert de compétences, qui veulent plus de pouvoirs normatifs, qui considèrent que ils sont les mieux placés finalement pour apporter des solutions locales, territoriales. Il faut l'entendre. Il faut l'entendre et peut-être qu'il faut dépasser le modèle que nous avons connu de la relation entre l'Hxagone et les outresemes et partager ça avec eux parce que le changement il est dans l'air et moi j'ai toujours pour habitude de dire qu'il vaut mieux prendre le changement par la main avant qu'il vous prenne par le coup. Le président de la République m'a confié ses groupes de travail. Il a constaté,
il a fait le constat et je le fais avec lui que notamment en Martinique, en Guadeloupe et en Cuyane, il y a des modèles avancés. Sur ces sujets, il y a une forme de consensus des élus pour dire nous voulons davantage de responsabilité pour nos populations. J'ai donc lancé ces groupes de travail avec la Martinique et la Guadeloupe. J'espère le faire avec la Guyane. En tout cas, ma porte est ouverte pour organiser ces changements. Alors, c'est assez puissant quand même hein. D'abord, c'est inédit et c'est très puissant. Ce sont des changements institutionnels, politiques. Donc ça se fera dans le temps. J'organise des réunion. Nous allons
discuter thématique par thématique sur ce que ça signifie parce que effectivement prendre des responsabilités, c'est aussi prendre des charges. Il faut que les élus en soient conscients. Et puis à la fin, ce sont les populations qui trancheront puisqu'elles seront consultées sur le fait de savoir si elles veulent aller vers ces changements profonds ou pas. Voilà, tout est organisé de de manière à ce que le processus démocratique soit respecté. Dernière question madame la ministre. Au cours de votre audition au Sénat, vous avez aussi insisté sur le fait que vous souhaitiez que les autres maires soient au cœur de la prochaine élection présidentielle. Je dirais même aux avant-postes pour reprendre le thème de
cette journée. Concrètement pour vous, quelles sont les grandes réformes structurelles pour les outresemères qu'il faudra aborder au cours de cette de cette campagne présidentielle ? Oui, oui, oui. Merci de merci d'évoquer euh ce point qui me tient à cœur. Euh dans la position qui est la mienne aujourd'hui, moi je suis la porte-parole des territoires ultramarins. Je sais ce qu'il le représente pour la France euh en terme de souveraineté, en terme d'identité, en terme d'histoire, en terme de richesse, de potentiel. C'est comme ça que je veux qu'on en parle. Donc je travaille à la fois en amont et en aval, si je peux le dire comme ça, en amont sur le réflexe que nous devons avoir collectivement, le réflexe
ultramarin, c'est-à-dire vraiment la la nécessité que les outresemes rentrent dans la conscience commune. Je dire, on peut pas dire la France est une puissance deuxème puissance maritime au monde sans parler des outresem par exemple parce que s'il y a pas les autres mères, on est un pays continental comme un autre. Voyez ? Donc il faut travailler sur ce réflexe ultra marin et en aval. Ça veut dire aussi parce que moi je suis conscient de la situation politique aujourd'hui. Je suis consciente qu'il y a pas de majorité. Je suis consciente aussi que tout ça est très instable. Je suis parlementaire depuis quelques années donc je connais bien le mode de fonctionnement du système politique aujourd'hui. Donc je fais avec. Donc je dis il y aura pas de grand soir dans les
outresem. C'est pas vrai. Par contre, je crois à la succession de petit matin, ce qui est pas tout à fait la même chose. Je dis que les grandes réformes structurelles, compte tenu du fait que tout ça est un stable et qu'il n'y a pas de majorité, ces grandes réformes structurelles, elles verront probablement le jour après 2027. Mais ma responsabilité, c'est de préparer ça. Donc, je veux que ces grandes réformes, elles soient d'ors et déjà discutées et elles auront leur place dans le débat présidentiel. Je le souhaite. J'imagine pouvoir faire émerger dans les territoires, dans chacun des territoires, des modèles, des modèles économiques, des modèles de transition écologique, des modèles pour la jeunesse et de les soumettre au débat présidentiel, de dire à chacun des
candidats voilà les modèles, qu'est-ce que vous en pensez ? Il faut que dans ce débat présidentiel, on parle absolument des outres maires peut pas faire l'impasse de ça. On peut pas dire ils sont aux avant-postes, ils constituent une puissance pour nous. Et je veux dire escamoter le sujet, ça n'est pas entendable. Donc j'y travaille. Je veux que les candidats puissent se prononcer en 27 sur ce qu'est pour eux la place des outresemes au sein de la République parce que une fois qu'on sera clair sur cette question, la stratégie, elle sera très simple à décliner. La vraie la vraie difficulté, c'est toujours de répondre à la question quelle place voulons-nous pour les outres maires ? Moi, je sais, mais les candidats à la présidentielle, ils devront aussi se prononcer. Merci, madame la ministre.
Merci beaucoup. Merci à vous. Merci infiniment. On vous laisse repartir sous les applaudissements. On se retrouve dans quelques instants pour se poser une question à grande portée citoyenne. Les outres sont-ils encore dans la République ? à tout de suite.
Naïma Moutchou