L'interview : Yannick Jadot - 17/03
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, l'interview Apolline de Valherbe. Bonjour Yannick Jadot, merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le candidat écologiste à l'élection présidentielle, vous êtes aussi député européen écologie Les Verts. On n'a jamais autant parlé d'écologie, on va essayer de comprendre pourquoi est-ce qu'aujourd'hui vous stagnez autour de 5% dans un contexte où en effet l'écologie est omniprésente. Mais je voudrais qu'on rentre dans les détails aussi de ce plan de résilience qui a été annoncé hier par Jean Castex. Trois semaines que la guerre en Ukraine a commencé avec des conséquences évidemment ici en France.
Il a mis des milliards sur la table pour aider notamment les entreprises très consommatrices d'énergie. Vous les colos, est-ce que vous auriez aidé en priorité ces entreprises-là ?
Il faut aider la société française à passer le cap. Il faut aider les entreprises, on est en train de regarder dans le détail parce que souvent on aide les très grosses entreprises, on n'aide pas les boulangers, on n'aide pas les artisans qui eux aussi voient leurs factures d'énergie explosées, des factures de carburant et on aide mal les françaises et les français. Et ce n'est surtout pas un plan de résilience. L'idée de la résilience, c'est l'idée qu'en fait, non seulement on fait face à la conjoncture, mais on change structurellement le système qui fait qu'on se prend des crises les unes après les autres et que c'est de plus en plus dur.
Quand vous dites que ce n'est pas un plan de résilience, vous voulez dire qu'ils nous vendent un plan de résilience, mais dans l'effet ça ne l'est pas ?
Non, c'est comme tout ce quinquennat, comme toutes les situations politiques de ce quinquennat. Ils n'ont rien anticipé, ils n'ont préparé jamais les français à ces crises, des crises du carburant, les crises de l'énergie, les crises de la santé, on l'a vu aussi en Corse. Ils ne règlent rien et d'un seul coup, ils arrivent avec beaucoup d'argent public sans véritablement aider celles et ceux qui en ont le plus besoin. Aujourd'hui, on voit bien que pour les françaises et les français, il y a un énorme problème de pouvoir d'achat.
Alors attendez, il y a beaucoup de choses dans ce que vous dites, moi je voudrais qu'on arrive à détailler. D'abord vous dites, au fond, c'est un plan de court terme.
C'est un plan de court terme.
A court terme, cela dit, vous auriez quand même fait la même chose.
Oui, il faut aider les entreprises, il faut aider les agriculteurs, les pêcheurs à passer cet état-là.
Les aides d'abord aux entreprises qu'on dit énergivores. Ça, malgré tout, vous leur auriez dit, à long terme, il faut que vous passiez un peu plus de l'énergie, mais enfin à court terme, je vais vous aider.
À court terme, je vous aide, mais en vous aidant, je vous aide aussi à évoluer. Parce que là, il n'y a absolument aucun changement structurel qui est engagé. Aujourd'hui, vous avez plein de professions qui dépensent énormément en énergie. À chaque fois qu'il y a une crise énergétique, c'est une catastrophe. Et on ne les aide pas à évoluer dans leur processus. On ne met pas plus de marchandises sur les trains plutôt que sur les routes. On n'aide pas les pêcheurs à avoir des moteurs qui sont moins énergivores pour justement à la fois garantir leur sécurité en mer et qu'ils consomment moins de carburant quand ils sortent pêcher.
Et on voit bien que pour les consommateurs, ce qui est fait, c'est ces fameux 15 centimes, mais qui vont plus profiter à quelqu'un qui a un gros 4x4 qu'à l'infirmière qui fait 100, 150 kilomètres par jour avec sa Clio. Vous voyez bien qu'aujourd'hui...
Vous l'avez fait autrement ?
Ah oui, moi dans ma mesure, je cible. C'est-à-dire que moi je dis, on met 400 euros de chèque énergie sur les 6 millions de familles qui sont les plus en difficulté, 100 euros sur les classes moyennes. Vous savez que dans notre pays, les 20% les moins riches, l'énergie, c'est 15% du budget. Les 20% les plus riches, c'est 5% du budget. Et en fait, l'État est plus les plus riches que les moins riches. Et puis, aujourd'hui, face à l'explosion des prix, il faut des mesures sur le revenu. Moi, je demande au gouvernement d'augmenter immédiatement de 5% le SMIC, d'imposer, vous savez, ces négociations qui n'en finissent plus sur tous les bas salaires. Le gouvernement...
Il y a presque deux entreprises sur trois aujourd'hui qui disent qu'ils vont augmenter les salaires.
En français, que les gens disent qu'il y ait des négociations, qu'il y ait des choses... Vous n'y croyez pas ? Non, mais ce que regardent les Françaises et les Français, c'est où en sont les négociations, qu'est-ce que je vais toucher à la fin du mois. Franchement, là, vous savez, moi, dans mon projet, je veux mettre plus 10% au SMIC dès notre arrivée. Mais là, il faut un coup de pouce sur les bas salaires. Mais là, dans l'urgence, vous auriez fait au moins 5%. Il faut un coup de pouce sur les bas salaires, parce que les Françaises et les Français souffrent, qu'aucune des crises n'a été préparée. Et puis, vous savez, il faut changer structurellement les choses.
Sinon, les crises seront de plus en plus...
Pour changer structurellement les choses, quand vous voyez qu'hier, ils proposent 1 000 euros supplémentaires pour tous ceux qui accepteront de changer leur chaudière. pour avoir une chaudière, justement, qui ne consomme plus du fuel ou autant. Est-ce que ça, c'est une mesure que vous saluez ?
Oui, mais vous voyez bien que c'est toujours de manière conjoncturelle. C'est-à-dire, jamais un gouvernement comme celui-là n'a jamais autant aidé, par exemple, les chaudières gaz. Jamais autant aidé les chaudières gaz dont il faut absolument se passer, par solidarité. Sur la guerre en Ukraine, mais surtout pour le dérèglement climatique. Donc, les pompes à chaleur, ils découvrent les pompes à chaleur. Alors que c'est évidemment un moyen pour se chauffer pas cher.
Mais il y a du concret aussi. Quand Jean Castex demande à tous les bâtiments publics de baisser d'un degré leur chauffage...
C'est toujours, à un moment donné, on n'a rien fait. On n'a rien fait. Non, ça peut être fait. On n'a rien fait et on demande aux Françaises et aux Français de faire des efforts. On peut baisser le chauffage, mais ça fait un quinquennat qu'on n'a pas investi sur l'isolation des bâtiments publics, sur l'isolation des logements. Écoutez, vous avez vu les dernières statistiques. On est dans la politique du chiffre. Ils vantent 800 000, 900 000 prix de rénov' Il y a 2500 rénovations globales. C'est-à-dire des choses sérieuses. Moi, ce que je demande au gouvernement, et c'est le plan que nous portons, nous écologistes, c'est de mettre tous les acteurs du bâtiment autour de la table.
Depuis les plus grands groupes jusqu'aux artisans. Avec et de prioriser tous les travaux dans le bâtiment de rénovation sur les bâtiments qui sont les plus énergivores. Bâtiments publics, évidemment, chauffés au gaz. Sur les logements des Françaises et des Français, où les Françaises et les Français souffrent le plus. On a 12 millions de Français qui sont en précarité énergétique, qui n'arrivent pas à bien se chauffer cet hiver. Eh bien, mettons le paquet, c'est bon pour le pouvoir d'achat, c'est bon pour l'emploi dans notre pays, et on pourra se débarrasser plus vite du gaz russe et lutter contre le dérèglement climatique.
Yannick Jadot, Total, qui va rajouter 10 centimes dans toutes les stations Totales. Alors, il se tourne de 15 centimes proposés par le gouvernement.
Vous voyez, typiquement, le gouvernement demande de faire aucun effort, ne demande aucun effort aux profiteurs de la crise. Ne demande aucun effort.
Fait pas ça, c'est Jean Castex qui avait demandé quand même.
C'est marrant parce que quand on impose des choses aux Français, ça va très très vite. Mais quand il s'agit d'avoir un groupe complice des crimes de guerre en Ukraine, Total est le seul grand groupe pétrolier au monde à être resté en Ukraine, avec le soutien d'Emmanuel Macron, avec le soutien du gouvernement. Nous avons un groupe national qui participe aux atrocités. Complice pour vous, Total est complice de crimes de guerre. Bien sûr, avec le gouvernement, qui participe au financement de la guerre en Ukraine. C'est une honte pour notre pays, mais ça dit bien, au fond, toutes les ambiguïtés d'Emmanuel Macron par rapport à la situation.
Mais aujourd'hui, Total a fait 15 milliards d'euros de bénéfices. C'est historique. Ces bénéfices, ils les font sur qui ? Ils les font sur les consommateurs. Ils les font sur le climat. Et aujourd'hui, ils les font sur la guerre en Ukraine.
Est-ce qu'il faut taxer de manière exceptionnelle pendant cette crise ?
Il faut récupérer tous les surprofits. Tous les surprofits des pétroliers. Les pétroliers. Qui aujourd'hui payent des milliards, des milliards de dividendes aux actionnaires sur le dos des consommateurs. Et le gouvernement n'impose rien. Nous mettrions en place la taxation très lourde de tous les surprofits. De la même façon, dans l'agriculture, vous avez effectivement beaucoup d'agriculteurs qui sont en difficulté aujourd'hui. Beaucoup. Notamment parce qu'encore une fois, on dépend du tourteau de soja brésilien qui détruit l'Amazonie, qui détruit le climat. D'où une vraie souveraineté alimentaire à construire.
Mais vous avez par exemple des producteurs de céréales qui, du fait de l'explosion...
Vont vendre leur blé plus cher.
Sur les marchés internationaux. Vont faire beaucoup d'argent sur les marchés internationaux. Est-ce qu'on ne peut pas prendre à ceux qui font beaucoup, beaucoup d'argent...
Ça veut dire que les grands céréaliers, les grands... Pour aider les éleveurs.
Pour aider les éleveurs en France doivent être mises à contribution. Vous voyez, avec ce gouvernement, c'est toujours la même chose. Il y en a qui, dans le Covid, on l'a vu, ont fait beaucoup d'argent. Les milliardaires se sont enrichis comme personne ne s'est enrichi dans les dernières années dans notre pays. Mais on n'arrive pas. Ils n'arrivent pas parce qu'ils ne veulent pas mieux payer ceux qui sont très mal payés et qui ont tenu la société.
Yannick Jadot, vous dites de Total qu'il est complice de crimes de guerre. Il y a d'autres entreprises qui restent là-bas en Russie, des entreprises françaises, que, effectivement, le gouvernement, aujourd'hui, ne décourage pas de rester en Russie. Il y a Danone, il y a Société Générale, il y a le Roi Merlin, il y a Auchan, des Quatelans mondiaux. Est-ce que vous leur dites aujourd'hui qu'il y a la Russie ?
Bien sûr, bien sûr, comme des dizaines et des dizaines de grands groupes mondiaux. Enfin, on a, on ne sait pas quel est le bilan, mais on a eu le théâtre de Marioupol, qui a été bombardé, là où c'était marqué partout qu'il y avait des enfants. On a des hôpitaux pédiatriques qui sont bombardés, des populations civiles qui sont victimes de crimes de guerre tous les jours. Et vous savez qu'on n'a jamais autant importé de gaz de Russie. On a quand même un problème.
Il y a quand même des contradictions, pardon, là-dessus, Yannick Jadot. Moi, je ne comprends pas. Pourquoi est-ce qu'on continue à acheter du gaz et du pétrole à cause des Allemands ? Et pourquoi ?
Mais non, arrêtez de focaliser uniquement sur les Allemands. Nous aussi, on a du gaz. Les Allemands ont 55%. Non, mais nous, on en a de 7. On pourrait s'en passer. On pourrait s'en passer. Moi, je suis pour qu'on se passe.
Yannick Jadot, il y a un moment où vous devez aussi pouvoir pointer les responsabilités. Il y a aussi une responsabilité, y compris des écolos allemands.
Mais non, attendez. Dans l'extrême dépendance. Je trouve ça extraordinaire. Je trouve ça extraordinaire. Le fait que les Allemands, aujourd'hui, sont obligés de rallumer des centrales à charbon, ça ne vous paraît pas un problème ? Mais en France aussi, on fait tourner les centrales à charbon, madame, parce que notre nucléaire ne fonctionne pas assez. Ce que je veux dire, c'est que les écologistes se battent depuis des années. Ça, pour vous, ce n'est pas un problème. Non, mais attendez. Quand même, vous connaissez. Attendez. Les écologistes se battent depuis des années pour qu'on sorte des dépendances et des énergies fossiles.
On a été les seuls, au niveau européen, à refuser que le gaz soit considéré comme une énergie verte, ce qu'a porté le président Macron avec ses collègues de Pologne ou de Hongrie. Donc, nous, on a la cohérence. Mais notre cohérence, aujourd'hui, c'est justement de dire...
Non, mais là, je ne parle pas de nous, Français. Je parle aussi de vous, écolos.
Mais nous, écolos, on a la cohérence. On sort des énergies fossiles. On veut sortir et on se bat pour sortir des énergies fossiles. Ce n'est quand même pas les écologistes qui, comme Emmanuel Macron, ont été signés des contrats avec Vladimir Poutine pour que Total s'installe en Russie.
En fait, ma question, elle était assez précise, Yannick Jadot. Elle n'était pas sur Total présent là-bas ou pas. Elle était sur la question de l'indépendance énergétique.
Mais c'est nous qui portons l'indépendance énergétique.
Aujourd'hui, même si la France souhaitait arrêter d'importer du gaz et du pétrole russe, elle ne le ferait pas parce qu'elle est solidaire de l'Allemagne qui, à 55% reste dépendante.
Les Allemands sont quand même écolos depuis plus longtemps que nous. Mais parce que la France, depuis des années, soutient l'exploration et l'exploitation du gaz et du pétrole partout dans le monde.
Est-ce que vous, président de la France, vous arriveriez à convaincre les Allemands de renoncer plus rapidement au gaz et au pétrole russe ?
Comment on le fait ? Il faut sortir de cette dépendance, je l'ai dit, ne serait-ce que par soutien aux Ukrainiens et aux Ukrainiens et pour le climat. Comment on fait ? Qu'est-ce qu'on propose, nous ? On propose que dans la circonstance, il y ait évidemment l'embargo, mais qu'il y ait un acheteur unique européen de gaz. Qu'on fasse comme pour les vaccins, on évite la concurrence entre les États membres. On crée cette solidarité européenne, mais on investit massivement à l'échelle de l'Europe pour réduire notre consommation de gaz. Je l'ai dit, c'est investir dans les bâtiments, c'est développer partout les énergies renouvelables.
Vous ne pouvez pas contester aux écologistes qui sont les seuls à s'être battus depuis tant d'années pour qu'on ait des énergies renouvelables et dépendre de l'eau, dépendre de la chaleur du sol avec la géothermie. Je ne fais qu'un constat. Le constat que les Allemands, vous ne pouvez pas dire qu'ils ne sont pas écolos, dépendent du vent,
sont ceux qui nous empêchent aujourd'hui de fermer le robinet.
Arrêtez, bientôt vous allez m'expliquer que c'est à la faute des écolos d'avoir une guerre en Russie. Ce n'est pas les écologistes qui ont des complaisances avec Poutine. Les écologistes se battent toujours pour sortir des énergies fossiles. Toujours. Vous voulez parler d'indépendance énergétique du nucléaire ? La moitié de notre uranium vient de l'ex-URSS. La moitié de notre uranium qu'on utilise vient de l'ex-URSS. Le gouvernement, en ce moment même, en ce moment même, le gouvernement est en train d'autoriser l'entreprise d'État russe du nucléaire qui s'appelle Rosatom à prendre, à investir dans l'entreprise française qui fait les turbines nucléaires. Géaste.
C'est-à-dire qu'en fait, il y a tout le discours comme ça devant les Françaises et les Français sur l'indépendance énergétique. Nous construisons chaque jour avec ce gouvernement les complaisances futures, politiques et énergétiques. Moi, je veux de l'indépendance énergétique. Ça veut dire qu'aujourd'hui, c'est moins consommer et c'est développer les énergies renouvelables. Vous pouvez le prendre dans n'importe quel sens. Ce sont les seules énergies qui ne sont pas dangereuses. Ce sont les seules énergies qui ne font pas dépendre de Poutine ou des pétromonarchies du Golfe.
Yannick Jadot, la campagne ici avec un certain nombre de propositions que vous faites les uns et les autres, même si c'est plus difficilement audible, sur l'école et les vacances scolaires. Vous avez fait cette proposition, c'est dans La Croix ce matin. Réduction des vacances d'été et changement du rythme scolaire à l'année. Ça marcherait comment ?
Ce que j'explique dans cette interview, c'est un, il faut absolument réparer l'école, augmenter les salaires des enseignants, augmenter les effectifs, 65 000 recrutements pour qu'on ait des classes où on évite les sur-effectifs, 30, 35 élèves, c'est impossible à gérer pour beaucoup d'enseignants dans des bonnes conditions. Et une fois qu'on a réparé l'école, une fois qu'on a mis le paquet sur la prochaine rentrée scolaire, je veux que, comme ça s'est fait en Finlande, qui aujourd'hui est l'une des écoles considérée comme la meilleure au monde.
Qu'on travaille avec les personnels enseignants, qu'on travaille avec les parents d'élèves et qu'on se dise qu'est-ce qu'on veut pour nos enfants, qu'est-ce qu'on veut pour l'école. Et une des possibilités, c'est effectivement, moi je veux qu'on ait plus de travaux manuels à l'école, plus de sport, plus de culture, évidemment plus de nature et qu'on pense l'évolution de l'école ensemble. Une fois qu'on a mieux payé les enseignants et qu'on a réparé l'institution.
Ça veut dire étaler d'avantage, peut-être dans le temps, plutôt que des journées à rallonge de 8h à 18h.
Les enfants adorent les classes vertes, de découvrir de la nature. C'est essentiel. On pourrait parfaitement imaginer que la première semaine de juillet, ou j'en sais rien, mais qu'il y ait une classe verte qui permette à la fois l'éducation à la nature et de se retrouver au milieu des arbres, de la forêt, ou à la mer, et tout ça. Donc moi, ce que je veux surtout, c'est que, à la fois, je l'ai dit, un, priorité, réparer l'école. Mieux payer les enseignants et en regretter. Mais qu'on ait cette réflexion ensemble. Vous savez combien les enfants, dans la journée, parfois, sont épuisés.
Eh bien, réfléchissons à ces rythmes scolaires, réfléchissons avec les enseignants et trouvons les bonnes solutions.
Ayons cette réflexion ensemble, réfléchissons. Est-ce que vous signeriez ce hashtag, ce mot d'ordre, pas de débat, pas de mandat ? C'est-à-dire cette question, effectivement, qu'il y a finalement assez peu d'espace, aujourd'hui, de réflexion, de discussion. D'abord, pas de débat entre vous. Ça, c'est ce qu'Emmanuel Macron a imposé, en quelque sorte, puisqu'il ne veut pas participer au débat avec les autres candidats. Pas de débat global. Est-ce que vous iriez jusqu'à dire que ça va peut-être hypothéquer un peu le début du mandat suivant ?
Il est évident que si, dans les un peu plus de trois dernières semaines qui restent, il n'y a pas de débat, au sens où les Françaises et les Français n'ont pas les moyens de choisir dans quelle société ils veulent vivre les cinq prochaines années. Et au fond, vous savez, avec le dérèglement climatique, les urgences sociales, la guerre sur notre pays, l'Europe, c'est plus que les cinq ans qu'on va choisir le 10 avril. Et donc, il y a beaucoup d'interrogations dans notre pays. On voit les crises de plus en plus violentes percuter les Français. de la colère, de la frustration et puis beaucoup d'enthousiasme, d'engagement. Eh bien, tout ça doit trouver un débouché politique.
La force de la démocratie, c'est que ce qui se passe dans la société trouve un débouché politique. Est-ce que vous avez le sentiment qu'aujourd'hui,
il n'y a pas de débouché politique ?
Eh bien, écoutez, c'est le risque de cette campagne. Nous, vous savez, nous portons l'idée qu'on peut mieux anticiper ces crises pour les éviter parce qu'au fond, rien n'est fait pour les anticiper et c'est de plus en plus dur pour les Françaises et les Français. C'est la responsabilité
d'Emmanuel Macron ?
Alors, il a une responsabilité évidente. Il est si fébrile sur son bilan qu'il ne veut pas en débattre. Et donc, évidemment, l'inaction climatique a été sanctionnée même par la justice française et on voit les régressions sociales tous les jours. Donc, il nous faut un beau et grand débat démocratique pour tirer toutes les leçons de ces crises, pour savoir comment les uns et les autres veulent y répondre et que ce soit un vrai choix positif de société pour les cinq prochaines années. Parce que si on n'arrive pas à purger par la politique les tensions de la société, eh bien, effectivement, notre démocratie est en danger.
Un mot de la Corse, le ministre de l'Intérieur qui était mon invité hier à ce même micro, partait juste après en Corse. Il ouvre la possibilité de discussions qui pourraient aller jusqu'à l'autonomie. Est-ce que vous, si vous êtes président, vous poursuivrez ces discussions en envisageant également l'autonomie ?
C'est typiquement une situation où rien n'a été fait, rien n'a été anticipé. J'ai l'impression
que c'est la même chose pour tout. Vous me répondez ça sur l'écologie, sur l'accord,
sur l'école ? Nous portons. Oui, parce que c'est la réalité de ce quinquennat. En fait, il n'agisse que le dos au mur. Vous voyez que sur les Gilets jaunes, ils ont commencé à réagir quand il y a eu les violences. Sur la Corse, ils commencent à réagir quand il y a eu les violences. Alors que vous avez la collectivité de Corse avec Gilles Simeoni qui, depuis des mois, demande au gouvernement cette négociation pour qu'on sorte de la défiance, pour construire une relation forte entre la Corse et l'État français.
Mais est-ce qu'il vaut mieux tard que jamais ou est-ce qu'au contraire, parce qu'il y a des violences, il aurait mieux fallu ne rien faire ?
Ah non. Là, il faut surtout commencer à accélérer les choses. Tout a été, au fond, le président de la République a perdu plus d'un an, deux ans vis-à-vis de la Corse, voire un quinquennat. Maintenant, aujourd'hui, effectivement, les Corses sont en responsabilité. Il y a la perspective que je défends depuis longtemps d'une autonomie de plein droit, de plein exercice pour renforcer les compétences des régions sur un certain nombre de domaines. C'est comme ça qu'on va vers l'apaisement et non pas, à chaque fois qu'il y a le feu, se dire on va commencer à bouger. Yannick Jadot,
merci d'avoir répondu à mes questions ce matin, candidat écologiste à l'élection présidentielle.
Yannick Jadot