Affaire Quatennens, la crise au sein de LFI... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Danielle Simonnet
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Daniel Simonnet. L'affaire Adrien Quatennens continue de troubler à gauche et au sein de la France insoumise. Vous avez forcément lu cette tribune signée par un millier de militants de gauche et de la France insoumise qui demande son exclusion définitive du groupe LFI à l'Assemblée et tout simplement des sanctions plus fortes qu'il démissionne même de son poste de député. Est-ce que c'est à prendre en considération ?
Alors il y a cet appel, vous avez aussi un appel des jeunes insoumis, donc le débat continue et moi je les remercie pour ces initiatives parce que ce n'est pas un sujet qu'on peut mettre sous le tapis. On est un mouvement, France insoumise, qui porte un projet ambitieux. Quand notre projet, l'aboutissement, c'est une société d'émancipation, ça veut dire qu'on met à terre l'ensemble des rapports de domination. Et la question de la domination patriarcale n'est pas un à côté. La question féministe, elle est forcément au cœur, au centre.
On a eu un débat démocratique dans l'enceinte du groupe parlementaire qui a amené à une prise de décision sur justement l'exclusion du groupe France insoumise, temporaire, pendant quatre mois. Sauf que le même jour, on était face à un plan de communication d'Adrien Quatennens qui aurait, je pense, mieux fait de se taire.
Ça vous a dérangé, clairement ?
Oui, parce que finalement, il s'est mis dans une situation de recherche de défense qui reprend tous les arguments masculinistes. Or, la problématique qui nous est posée, c'est pas de faire une deuxième justice, j'ai entendu parler de certains de deuxième peine, c'est pas cela. Il y a le rôle de la justice, qui a condamné Adrien Quatennens pour violences faites aux femmes à quatre mois de prison avec sursis. Et puis, il y a le mouvement politique qui doit réfléchir à quelles conditions une personne peut garder le rôle, finalement, de défendre le programme en direction de l'ensemble de la société.
Parce que sa parole ne porterait plus sur ces sujets ?
Alors, la question que moi, je me suis toujours posée, c'est quelles peuvent-elles être les conditions qui font qu'un député qui a commis des violences faites aux femmes peut être utile à la lutte contre les violences faites aux femmes ? Cette question doit être posée car vous pouvez très bien avoir commis des violences faites aux femmes et puis finalement reconnaître la faute, faire un stage et être en capacité de déconstruire tout le mécanisme systémique de domination patriarcale qui vous a conduit à cet acte inacceptable qui, dans le violentomètre et dans le rouge, la gifle, est un acte grave à ne surtout pas banaliser.
Le problème, c'est que sa défense montre qu'il n'est pas du tout dans la déconstruction patriarcale de ce qu'il a commis, mais au contraire dans la justification masculiniste. Et donc, c'est là que le problème, finalement, reste entier malgré la décision à laquelle je souhaitais me respecter.
Donc, pour que les choses soient claires, Daniel Simonnet, pour vous, aujourd'hui, l'exclusion d'Adrien Quatennens du groupe parlementaire ne peut pas être seulement temporaire ?
En tous les cas, il y a nécessité que le débat recommence dans l'enceinte du groupe parlementaire pour les responsabilités qui sont les siennes, parce que la situation n'est pas la même avant et après le choix stratégique de défense qu'il a pu avoir. Et moi, si j'ai un message aussi adressé à Adrien Quatennens, c'est qu'il comprenne que s'il est toujours, qu'il prétend toujours être aussi convaincu par le programme de l'avenir en commun, dans lequel il y a non seulement la question féministe qui est centrale et l'ensemble du programme, qu'il se mette en retrait longtemps tant qu'il n'a pas déconstruit ce qu'il a fait.
Parce que là, aujourd'hui, il ne démontre absolument pas qu'il est en capacité d'être utile dans le message qu'il peut porter aux autres hommes pour lutter contre les violences aides aux femmes.
Laurence Rossignol, l'ancienne ministre déléguée aux droits des femmes, était l'invité hier de France Inter. Pour elle, il faut une règle commune. On l'écoute et vous allez nous dire ce que vous en pensez après.
Donc, il faut qu'on pose une règle et on doit en discuter. S'il faut dire que tout élu condamné doit être systématiquement inéligible, il faut qu'on porte ce débat-là. Mais on ne peut pas... Vous seriez d'accord pour ça ? Moi, j'avais déposé des amendements, je crois que c'était en 2017, que la majorité avait refusé d'ailleurs, dans la loi, je peux s'appeler confiance, je crois, pour effectivement créer une peine quasi automatique d'inéligibilité pour les élus condamnés, ne serait-ce que déjà pour des atteintes en personne.
Tout élu condamné doit être inéligible, vous êtes d'accord avec ça ?
Alors, elle ne dit pas tout élu condamné doit être inéligible, parce que tout dépend de l'objet de la condamnation. Il faut la même règle pour... Tout dépend, le sujet et l'objet de la condamnation. Parce que vous pouvez être condamné pour... Pour diffamation. Pour diffamation, par exemple. Moi, j'ai été attaqué pour diffamation non publique, justement parce que, en tant que responsable, au départ, je ne le suis plus, de la cellule de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, eh bien, un camarade qui avait été considéré comme... comme auteur... De faits de violences. Exactement. Eh bien, avait porté plainte pour diffamation non publique à mon rencontre.
Donc, j'ai gagné le procès, mais j'aurais pu perdre le procès. Donc, attention de quoi on parle. Par contre, qu'il y ait une réflexion au sein de la NUPES, sur, justement, la façon de travailler ensemble les bonnes réponses au fonction du communique. Déjà, faisons-le au sein de la NUPES. Parce que moi, excusez-moi, mais travailler ces questions-là avec la Macronie, quand vous voyez les dossiers bien plus graves dans lesquels qu'ils ne souhaitent absolument pas gérer, que ce soit l'affaire Abad et il y en a plein d'autres, non, je pense que c'est au sein de la NUPES qu'on doit travailler ces questions-là.
Mais je pense, y compris qu'au sein du mouvement France Insoumise, ce qui pourrait être fort utile parce que les questions féministes et les questions démocratiques peuvent être liées et qu'il faut savoir aussi s'inspirer de ce qui se passe ailleurs, je pense qu'on aurait gagné de constituer des assemblées des femmes. Des assemblées des femmes dans chaque département, des assemblées des femmes nationales.
Ce n'est pas aussi la question des hommes.
Pour qu'il y ait... Ah, si ! Mais je pense qu'il est important qu'il y ait aussi une auto-organisation des femmes sur ces sujets pour être bien plus en pointe sur ces sujets et entraînées dans l'ensemble des instances évidemment...
Un dernier mot avant de refermer ce dossier, ce que dit aussi Laurence Rossignol, c'est une règle commune pour que tous les partis soient face à la même situation dans ces cas-là. Et qu'entre guillemets, c'est ce qu'elle dit, la gauche ne soit pas seule entre guillemets à se punir de sujets qu'elle porte davantage. Est-ce que vous la suivez sur ce côté-là ou est-ce que vous dites nous on porte ces sujets, on les met en avant, on le revendique, on doit être peut-être plus exemplaire que d'autres ?
Non, je pense que ça peut être très bien aussi d'avoir une réflexion sur comment est-ce qu'on change et la loi et les institutions sur ces questions-là pour que l'ensemble des représentants du peuple soient soumis aux mêmes règles. Mais je pense par ailleurs que c'est déjà aux partis de gauche de pouvoir avoir une réflexion à leur sein pour ne pas se planquer derrière des partis qui eux sont tellement engoncés dans un masculiniste assumé qu'ils ne vous suivront jamais. C'est la petite différence que je dirais mais je pense que Laurence Rossignol sera aussi d'accord pour que les partis qui le souhaitent soient en avance de la loi qu'on obtient et qu'on fait changer.
Vous aurez l'occasion d'en parler. On fait un point sur l'essentiel de l'actualité à retenir ce matin à 8h40. C'est le Fil Info avec Valentin Lottès.
Jusqu'au 15 janvier pas de risque de coupure de courant assure sur France Inter Emmanuelle Bargon. La directrice de la commission de régulation de l'énergie se félicite de la nouvelle baisse de la consommation d'électricité en France. Moins de 9% en décembre par rapport aux années précédentes d'après le gestionnaire du réseau. Une cinquième plainte sera déposée contre l'hôpital de Remirmont dans les Vosges. France Info vous le révèle. Depuis plusieurs années maintenant des morts inexpliquées de patients se multiplient dans cet établissement. Le ministre des Armées Sébastien Lecornu attendu aujourd'hui à Kiev en Ukraine pour témoigner du soutien continu de la France explique son cabinet.
Kylian Mbappé ou Achrafa qui m'y joueront peut-être sous les couleurs du PSG dès ce soir seulement 10 jours après la fin du Mondial de foot. reprise de la Ligue 1 le championnat français aujourd'hui et le Paris Saint-Germain reçoit Strasbourg à 21h. France Info Daniel Simonnet
la question qui se pose aujourd'hui c'est comment mettre cette crise derrière ? Ce que dénoncent aussi dans cette tribune les militants de la NUP ce sont des décisions opaques. On va écouter ce que disait Clémentine Autain une de vos collègues à l'Assemblée elle demande plus de démocratie interne.
Je pense qu'il faut avancer vers davantage de délibération collective il faut donner plus de moyens aux groupes d'action et il faut faire vivre un état d'esprit qui est l'état d'esprit du pluralisme. Ce n'est pas le cas aujourd'hui ? Je pense qu'on peut progresser clairement oui on peut progresser sur ces sujets. Il faut revoir le fonctionnement de ce parti. Ce n'est pas un parti
c'est un mouvement et oui je pense qu'il faut revoir et toute la réflexion qui doit être la nôtre c'est comment ne pas retomber sur la forme parti classique et pour autant comment comprendre que la forme mouvement gazeux où finalement les directions sont plutôt renouvelées par cooptation ça ne peut pas fonctionner non plus.
Et vous savez on peut avoir une formation une organisation qui est valable quand vous êtes en campagne présidentielle où là on est tous derrière le candidat et d'ailleurs les campagnes aux législatives de chaque candidat chaque candidat aux législatives mettait en place sa propre équipe autour de lui de campagne ça c'est compréhensible mais quand vous êtes dans le temps long vous devez avoir une autre forme d'organisation.
Est-ce qu'il n'y a pas une contradiction de toute façon intrinsèque à dire on a un mouvement gazeux et finalement tout est organisé autour d'un chef ?
Exactement donc il y a eu néanmoins des avancées c'est-à-dire que vous avez eu plus de moyens qui ont été accordés notamment à la fois aux groupes d'action à la fois aux coordinations départementales la question aussi financière comment aider les départements à pouvoir avoir des locaux pour mieux pouvoir se développer s'organiser mais il faut aller plus loin pour faire en sorte qu'il puisse y avoir des instances qui puissent être élues démocratiquement Est-ce que ça n'existe pas
ou est-ce que Jean-Luc Mélenchon n'en veut pas aujourd'hui ?
aujourd'hui vous avez une direction politique qui fonctionne en termes de coordination d'espace et c'est les différentes espaces en fonction des tâches militantes qui vont choisir qui les représente mais en fait on se rend compte à l'arrivée que la diversité du mouvement ne s'y est pas exprimée moi à titre personnel je n'étais pas candidate pour les instances je serais candidate quand j'estimerais que je serais à l'aise dans ces instances bon et j'estime que je ne le suis pas mais quand vous avez une diversité dans le mouvement avec des personnalités qui racontent des histoires aussi différentes mais riches et complémentaires entre une Clémentine Autain entre un Alexis Corbière François Ruffin Eric Coquerel Raquel Garrido et qu'à l'arrivée vous ne voyez aucune de ces personnalités dans l'instance de direction vous voyez bien qu'il y a un souci qu'il y a un problème ce souci qui ne veut pas aujourd'hui il faut le mettre sur la table pour faire en sorte que les militants puissent définir quel type d'organisation ils souhaitent pour pouvoir à la fois avoir des espaces d'intelligence collective qui soient enrichissantes et il faut aussi qu'à tous les niveaux le cadre démocratique existe par exemple sur la question Daniel Simonnet
vous le dites à qui ça ? à Jean-Luc Mélenchon ?
je le dis par exemple à l'ensemble de la direction qui est issue pour le dire autrement Daniel Simonnet est-ce qu'aujourd'hui
le problème de la France insoumise c'est Jean-Luc Mélenchon ?
non c'est pas parce que son attitude
a été mise en cause aussi dans la gestion d'affaires Quatennens
tout à fait et comme le dit Annie Arnaud il y avait un souci avec la façon dont il a pu réagir et qui correspond quelque part à une ancienne époque qui ne voyait pas la problématique aussi systémique de la question et puis probablement à ces liens de cooptation
de filiation
autour d'un petit milieu nous prenions nous prenions toutes et tous nos responsabilités nous avons une nouvelle forme organisationnelle à penser on part pas de rien et il n'y a pas eu zéro progression ces six derniers mois il y a eu énormément d'évolution une prise en compte au niveau du fonctionnement de la France insoumise mais vers un moitié point vers un moitié vide le débat doit se poursuivre pour que l'ensemble des militantes et des militants ne se sentent pas simplement des colères d'affiches et des braves loyaux à la tâche militante mais pour qu'ils puissent avoir le sentiment de pouvoir aussi participer au débat à tous les niveaux sur la question d'Adrien Quatennens comme sur tout d'autres des questions
vous allez faire pression comment dans quel cadre en fait
bah écoutez là déjà parce que la direction
ce ne sont pas les gens qui pensent comme vous du coup le parti aujourd'hui est tenu par des gens qui ne sont pas sur cette ligne là
bah je pense qu'on peut avoir d'abord ces débats de manière sereine et j'invite tout le monde à les avoir de manière sereine c'est pas toujours le cas sur la question Adrien Quatennens c'est vraiment j'invite tout le monde quelles que soient ses positions à être plus respectueux puisque c'est des sujets qui parfois génèrent selon moi trop de tension mais sur la question démocratique je pense que nous sommes la seule force politique qui est capable de à chaque fois de s'inspirer des méthodes de l'éducation populaire nous sommes en avance sur beaucoup de mouvements dans ces réflexions là alors il faut continuer à se les poser pour progresser pour se rendre compte que les intelligences collectives elles doivent pouvoir avoir lieu à tous les niveaux et que les instances doivent pouvoir être élues par l'ensemble des militants ce sont des choses assez simples assez basiques et je les dis donc à toutes et tous
la réalité Daniel Simonnet c'est que depuis la rentrée entre l'affaire Adrien Quatennens l'avenir du parti et les questions qui entourent Jean-Luc Mélenchon tout cela rend assez inaudibles vos propositions sur les sujets qui sont les principaux les principaux actes que vous portez normalement les questions sociales notamment
il ne faut pas être dupe non plus je veux dire il y a aussi une logique une logique médiatique de parler énormément de l'ensemble de ces sujets là et beaucoup moins de nous interpeller beaucoup moins sur les questions d'actualité des autres sujets le traitement médiatique de toutes ces affaires là est néanmoins aussi un sujet politique je pense que par exemple ce serait intéressant de comparer le temps d'antenne sur l'affaire Adrien Quatennens et sur l'affaire Abad et pour autant j'estime que nous devons reprendre la discussion sur la question d'Adrien Quatennens car je ne suis pas satisfaite de la situation aujourd'hui
alors ceci dit depuis vendredi dernier c'est pas du tout sur la question sociale qu'on entend Jean-Luc Mélenchon il n'intervient que sur la question la question kurde après la fusillade de la rue d'Anguin à Paris et il abonde dans le sens de la communauté kurde qui voit la main qui voit la main de la Turquie derrière derrière ces assassinats vous êtes d'accord avec lui sur ce point là ?
écoutez moi je suis en colère et extrêmement attristée de ce de ce drame enfin je veux dire on est face à une situation qui relève pour moi d'un attentat vous avez un crime odieux qui est orchestré
mais pas selon l'enquête
selon l'enquête pour l'instant on parle de crime raciste mais excusez-moi du peu il y a quand même des terribles coïncidences les femmes kurdes devaient se réunir donc les femmes et les dirigeantes femmes kurdes devaient se réunir au conseil démocratique kurde de France donc dans la rue d'Anguin au moment même où il y a eu l'attaque finalement la réunion avait été décalée d'une heure pour des problèmes de transport et ça aurait pu être un carnage s'agisse-t-il d'une coïncidence l'homme a été déposé par une voiture quel est donc est-ce qu'on peut retrouver ce chauffeur qui a déposé quelle était donc l'intention ensuite il est allé dans un restaurant kurde et dans un coiffure kurde dans cette rue d'Anguin il n'y a pas que des boutiques kurdes quelle est la justification d'un crime raciste qui ne s'attaquerait qu'aux kurdes on est quand même dix ans dix ans après le triple féminicide de trois dirigeantes kurdes où on sait pertinemment qu'il y avait une responsabilité des services secrets de Turquie et pour lequel la France n'a pas voulu le faire le lever de secrets défense
alors soyons clair Daniel Simonnet le parquet national antiterroriste peut se saisir d'une affaire quand il estime qu'il y a des éléments suffisants pour que l'enquête entre dans le cadre antiterroriste qu'il ne l'a pas fait pour l'instant nous le regrettons est-ce que vous le regrettez parce que vous estimez que c'est une politique d'état française qui justifie qu'il ne soit pas saisi
mais écoutez nous n'avons aucun moyen de pouvoir prouver si c'est un un assassinat commandité par les ce que ce n'est pas le rôle de l'enquête turc ou si c'est un acte raciste pur point barre ce qui est gravissime par ailleurs ce qui vous montre déjà un climat d'extrême droite dans le pays qui pousse à l'acte mais que l'enquête ait lieu que l'enquête aura lieu
pourquoi donner le sentiment que vous doutez du fait que l'enquête aura lieu
mais parce que d'emblée la question terroriste semble avoir été évincée donc nous alertons et nous disons prenez cette chose au sérieux parce que vous avez d'abord une responsabilité vous devez protéger la communauté kurde et de fait vous ne l'avez pas fait premièrement deuxièmement cela fait 10 ans que chaque année en manifestation lorsque nous commémorons aux côtés de nos amis kurdes le triple féminicide et que nous exigeons que justice soit rendue et que le secret défense soit levé il ne l'est toujours pas quand vous dites d'emblée est-ce que vous estimez
que c'est une décision politique de ne pas que le parquet national antiterroriste ne se saisisse pas de l'affaire
nous demandons clairement nous demandons clairement la levée du secret défense pour le triple féminicide et que sur cette enquête et bien la justice soit rendue et qu'ils aillent jusqu'au bout et qu'ils n'évacuent pas la problématique terroriste parce qu'on a quand même eu beaucoup d'épro-crisies ces derniers temps vous savez pertinemment que quand il y a eu l'entrée par exemple de la Finlande et de la Suède dans l'OTAN quel a été le deal géostratégique qui avait été passé à un moment donné la justice antiterroriste est indépendante soit vous faites un lien soit vous ne le faites pas Daniel Simonet sur les ressortissants kurdes donc on sait bien qu'il y a une problématique géopolitique avec des velléités de céder à la politique d'Erdogan à l'encontre des kurdes
donc vous faites un lien entre une décision politique et une décision de justice du parquet national antiterroriste de se saisir ou non
nous interrogeons y a-t-il un lien ou pas et nous demandons que l'enquête permette d'aller jusqu'au bout
le message est passé Daniel Simonet on a d'autres sujets à évoquer on le fera juste après un passage par le fil info à 10 minutes de 9h avec Valentin Lottès
Moscou riposte à partir du 1er février la vente de pétrole russe sera interdite à tous les pays à l'origine du plafonnement de son prix comme ceux de l'Union Européenne et du G7 c'est le principal suspect dans la mort d'Emen à Montpellier ce garçon de 13 ans renversé par un chauffard il y a deux semaines le soir du match France-Maroc un homme de 20 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire hier jamais la SNCF n'a enregistré un bénéfice aussi élevé 2 milliards 200 millions d'euros c'est un record la SNCF a l'obligation d'en reverser 60% pour financer les travaux du réseau ferroviaire qui pour reprendre Scopelec le premier groupe coopératif français en redressement judiciaire le tribunal de commerce de Lyon se prononce ce midi sur le sort du sous-traitant d'Orange et de ses 2300 salariés France Info le 830 France Info Julie Marie Lecomte
Nicolas Péliard et Daniel Simonnet député de Paris qui est notre invité ce matin on a beaucoup parlé de la SNCF pendant ces fêtes de Noël on a découvert hier soir les bénéfices records de la compagnie pour cette année 2022 plus de 2 milliards d'euros qui vont servir essentiellement à l'entretien des lignes des installations ferroviaires qu'est-ce que ça vous inspire ?
Déjà on aimerait bien savoir quel est le salaire du PDG de la SNCF pour qu'il ne se préoccupe pas à ce point là des conditions de rémunération des agents de la SNCF et puis surtout je vais vous dire une chose ça fait quand même des années qu'il y a un problème de maintenance à la SNCF qu'il y a un problème dans l'entretien des lignes et qui a été dénoncé par les organisations syndicales qui est le fruit d'une réduction sans cesse des effectifs et d'une politique libérale de casse de ce service public on sait que la SNCF a été confrontée à une multitude de fermetures de lignes de gares et qu'il faut au contraire face aux enjeux écologiques aux enjeux sociaux redévelopper le fret on avait mené la bataille à l'Assemblée nationale sur le budget et on avait obtenu un amendement pour augmenter de 3 milliards d'euros les investissements justement pour redévelopper le fret Donc c'est très bien
parce que ces bénéfices ils vont permettre justement de participer à l'entretien du réseau
Oui mais alors ce qui serait quand même intéressant c'est qu'on nous dise sur le dos de qui ils ont été faits ces bénéfices et sur quelle dégradation de services publics ont été faits ces bénéfices Demander aux citoyens ou citoyennes de la France entière combien ont été confrontés à la fermeture d'une gare à la réduction du nombre de trains On a le sentiment quand même que ces 30 années de libéralisme ont amené vous prenez les cartes de la SNCF du maillage fonctionnel et les cartes aujourd'hui vous êtes frappés par la réduction des lignes la réduction des services publics l'objectif de la SNCF c'est pas de dégager du profit l'objectif de la SNCF en termes d'entreprise publique c'est de développer le transport des personnes et des marchandises pour répondre à un enjeu social et écologique
Après la grève des contrôleurs le week-end dernier les voyageurs veulent faire la grève du billet ils ont raison ?
Oui quand vous voyez l'augmentation des tarifs et regardez les problématiques franciliennes alors c'est pas que la SNCF c'est aussi la RATP on a quand même le sentiment que les citoyens sont quand même très souvent lésés par des prix extrêmement chers une qualité de service qui n'est pas au rendez-vous et qui n'est pas au rendez-vous je le dis encore parce qu'à chaque fois ce sont des choix libéraux de privatisation de nos services publics qui sont faits au lieu d'être dans des choix d'aménagement du territoire de planification pour améliorer la qualité du service public il y a un véritable enjeu écologique de pouvoir faire en sorte que nos marchandises ne soient plus transportées par camion mais par train qu'on puisse beaucoup plus facilement se déplacer par train pour justement abandonner la voiture et hélas le bilan de ces 30 dernières années ça a été l'inverse et c'est d'abord les salariés qui en payent le coup avec une dégradation de leurs conditions de travail et des rémunérations qui ne suivent pas résultant on a une pénurie aujourd'hui pour retrouver des conducteurs de train puisqu'ils ont démissionné de manière historique et puis les citoyens à l'arrivée qui payent plus cher pour un service
de moindre qualité un mot parce que le temps passe vite ce que vous défendez c'est aussi un modèle social français la réforme des retraites arrivera dès les premières semaines de janvier il y a aussi des discussions sur le deuxième volet de l'assurance chômage et de sa réforme est-ce que vous croyez vous dure comme faire à une mobilisation cet hiver ?
écoutez elle est déterminante c'est vraiment la mer des batailles le gouvernement et Emmanuel Macron veut nous infliger une souffrance inacceptable la retraite à 65 67 ans c'est vraiment monstrueux quand vous savez qu'à 62 ans la moitié des travailleurs pauvres sont déjà morts la retraite à 60 ans est une nécessité à la fois en termes de progrès humain et à la fois de cohérence la réduction du temps de travail pour qu'on puisse travailler tous et qu'on puisse vivre à la retraite ça se passera à l'Assemblée ou dans la rue ça va se passer dans les deux aux deux niveaux je veux dire la bataille à l'Assemblée évidemment nous allons si Elisabeth Borne trouve
une majorité pour faire voter cette réforme des retraites est-ce que ça ne délégitimise pas les manifestations mais vous savez d'ores et déjà
qu'Elisabeth Borne va user du 49-3 comme elle en a abusé pas nécessairement si elle trouve un chemin avec les républicains et d'Ise de l'air dit 49-3 on voit bien que ce gouvernement de toute façon et Emmanuel Macron abuse des outils de la 5ème république totalement antidémocratique héritée vraiment de la monarchie que sont le 49-3 c'est le droit de veto de Macron et à chaque fois qu'il est en désaccord avec la démocratie parlementaire et finalement avec le peuple parce que nous sommes la représentation du peuple et bien il utilise le 49-3 pour tuer tout débat et piétiner le débat démocratique et il en usera sur la question des retraites
et donc rendez-vous à la rentrée
rendez-vous à la rentrée courage à toutes et tous cette bataille est essentielle la retraite pour nous c'est pas 65 ans c'est 60 ans
et d'ici là bonne fête Daniel Simonnet député de Paris invité vous avez évoqué simplement un chauffeur sur l'affaire de la rue d'Anguin d'après nos dernières informations il était question que le tireur soit arrivé à pied sur les lieux je voulais juste le préciser ce matin vous étiez l'invité du 8.30 France Info il est en train de se passer
dans le temps c'est un chauffeur sur l'affaire en train de se passer sur l'affaire dans le temps il est en train de se passer sur l'affaire sur l'affaire
Danielle Simonnet