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interviewRMC — Face à Face· 18 juillet 2022 17 min

L'interview : Aurore Bergé - 18/07

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC, l'interview Philippe Corbet. Bonjour Orberger, vous êtes la présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée Nationale. On va parler des deux textes pouvoir d'achat qui vont être examinés cette semaine à l'Assemblée. Ça commence aujourd'hui, mais d'abord un mot sur ce qui est l'actualité numéro un en France aujourd'hui, ce dont on va parler partout en France aujourd'hui, cette vague de chaleur extrême. On en voit les conséquences aussi avec ces feux terribles sur lesquels les pompiers sont mobilisés. Est-ce que quand vous voyez ça, comme citoyenne, vous ne dites pas en fait qu'en fait on n'est pas prêt ?

C'est-à-dire qu'on met des moyens pour essayer de limiter le dérèglement climatique, mais en fait il va falloir qu'on investisse beaucoup d'argent pour lutter contre les conséquences du dérèglement climatique sur nos vies. Ça ne donne pas un peu le vertige quand on est comme vous députée ?

0:51
Aurore Bergé

Ça donne le vertige quand on voit en effet que des départements qui n'étaient absolument pas touchés par ces vagues de chaleur, par cette canicule, sont aujourd'hui les premiers qui sont concernés. Ça doit aussi permettre que toutes celles et ceux qui continuent à nier l'ampleur du dérèglement climatique, avec la responsabilité qui est la nôtre dans ce dérèglement climatique. Il n'y a plus grand monde à l'Assemblée aujourd'hui qui le nie. Vous savez, on verra au moment des débats, je crains qu'il y en ait encore certains qui puissent malgré tout tenter de le nier, ou de minimiser, ou de dire qu'on a le temps d'attendre.

C'est pour ça que la Première Ministre dit qu'il y a un moment où on a besoin de mesures radicales. Donc on a à la fois besoin de changer la législation pour accompagner les Français, pour accompagner les entreprises, pour accélérer parce qu'on n'a plus le temps d'attendre, mais aussi, vous avez raison, sur des éléments très concrets de logistique pour pouvoir nous équiper, pour à la fois les collectivités, pour nos sapeurs-pompiers, pour toutes celles et ceux qui vont faire face au quotidien et qui le font aujourd'hui. Je pense notamment à la Gironde qui est dévastée par les incendies avec des conséquences extrêmement graves sur la biodiversité ou sur l'agriculture.

1:51
Présentateur

Vous l'évoquiez, ça a des échos dans ce qui se passe à l'Assemblée. C'est-à-dire qu'au moment où la France va vivre, en fin d'après-midi, peut-être les températures les plus extrêmes jamais enregistrées dans ce pays, il se trouve, le hasard du calendrier fait que vous, députés, vous allez commencer à débattre de ces textes pouvoir d'achat à l'Assemblée. L'un des points clés de ce texte, c'est de savoir combien de milliards d'euros on va mettre pour subventionner l'achat de carburant pour les Français. C'est juste un constat.

C'est-à-dire que le débat qu'on avait eu au moment des Gilets jaunes, le dilemme entre fin du monde et fin du mois, des règlements climatiques et pouvoir d'achat, on est pris collectivement dans cette contradiction.

2:22
Aurore Bergé

Mais on est dans cette contradiction parce qu'on a des Français qui, aujourd'hui, n'ont pas d'autre choix pour aller travailler que d'utiliser leurs véhicules et d'utiliser des véhicules qui sont avec des énergies fossiles. Donc la responsabilité qui est la nôtre, c'est comment on fait face à l'urgence parce qu'on ne peut pas accepter d'avoir des Français qui, à un moment, ne peuvent plus faire face, ne peuvent plus aller travailler, resteraient isolés aussi, je pense, à nos retraités parce qu'ils ne pourraient plus tout simplement avoir accès à un bien qui est un bien essentiel en matière de liberté.

Mais dans le même temps, ça veut dire que ce sont des mesures uniquement d'urgence et qu'elles ne peuvent pas être des mesures de long terme, exactement.

2:56
Présentateur

Alors, pour faire simple, vous, la majorité, vous proposez un chèque carburant pour les plus modestes. LR propose un plafonnement à 1,50€ par litre. LFI, un blocage des prix à 1,40€. Et le RN veut baisser la TVA de 20% à 5,5%. Ça veut dire que concrètement, si RN, LFI et LR votent ensemble à l'amendement pour bloquer les prix, eh bien, cet amendement passera.

3:19
Aurore Bergé

C'est sûr que mathématiquement, quand vous avez toutes les oppositions qui s'allient contre la majorité, comme on est en majorité relative, ça veut dire que, oui, cet amendement peut être adopté.

3:28
Présentateur

C'est une possibilité, qu'il y ait un blocage des prix voté à l'Assemblée contre votre avis.

3:31
Aurore Bergé

C'est une possibilité, comme ça l'est sur d'autres sujets.

3:34
Présentateur

Mais vous le redoutez sur ce point-là, pratiquement ?

3:35
Aurore Bergé

Moi, ce que je redoute, c'est l'impact que ça aurait. Regardez le sujet qu'on vient d'aborder. Est-ce que le message qu'on doit envoyer aux Français, c'est de dire, on doit, par exemple, baisser la TVA. On sait que quand on baisse la TVA, on ne la réaugmente plus jamais. Et un impact, donc, qui est durable aussi sur nos finances. Je sais que personne n'en parle en ce moment, des conséquences que ça peut avoir sur le budget de l'État. Mais le budget de l'État, c'est ensuite de la dette supplémentaire ou de l'impôt supplémentaire. Or, les Français, qu'est-ce qu'ils nous demandent ? Ils demandent de continuer à baisser leurs impôts.

Ce qu'on fait, on supprime définitivement un taxe d'habitation. On va supprimer la redevance audiovisuelle, tout en garantissant, évidemment, les moyens de l'audiovisuel public. On va continuer à baisser les impôts sur les entreprises.

4:13
Présentateur

Mais sur le carburant, comment faire pour trouver un compromis avec les oppositions, pour que, d'une part, votre proposition de chaque carburant passe, et d'autre part, que les oppositions ne s'allient pas entre elles, contre vous, pour faire passer un blocage des prix ?

4:24
Aurore Bergé

Exactement, vous l'avez dit, la même nature de proposition. Puis, il y a l'Assemblée nationale, il y a le Sénat. Moi, ce que je veux, c'est qu'on arrive à aboutir sur une proposition qui permet de faire face à l'urgence, c'est-à-dire qu'elle ne laisse pas sur le carreau celles et ceux qui n'ont pas d'autre choix que d'utiliser leur véhicule. C'est la raison pour laquelle, nous, on pense qu'il y a une attention particulière sur celles et ceux qui travaillent, parce que c'est quand même la première des contraintes, des nécessités.

Et c'est ça, ce sur quoi on veut avancer, sur la question des retraités, parce que là encore, on ne peut pas avoir des personnes qui seraient complètement isolées, je pense notamment dans nos territoires ruraux qui n'ont pas d'autre option que de prendre leur véhicule. Donc, c'est pour ça qu'on préfère des mesures qui sont des mesures ciblées. Si après, on doit pouvoir avancer sur la base d'un compromis, notamment par exemple, faire en sorte que, vous savez, la baisse, la ristourne, comme on l'a appelé, puisse durer plus longtemps, alors pourquoi pas ? On ne peut pas être fermé par principe, on est dans une configuration nouvelle. Ça veut dire que nous aussi, il faut qu'on l'accepte.

5:17
Présentateur

Je voudrais tirer ce fil-là, parce que LR, c'est la clé pour vous pour que ça passe. LR dit, on veut 1,50€. Vous dites non. Mais vous pourriez, c'est ce que vous laissez entendre, avancer sur un compromis, sur une prolongation des 18 centimes, parce que normalement, ça s'arrête en octobre, ça pourrait aller jusqu'à la fin de l'année, c'est ça ? Et peut-être une augmentation aussi de cette ristourne qui irait au-delà de 18 centimes ?

5:36
Aurore Bergé

1,50€, ça n'est pas tenable pour nos finances publiques. Aujourd'hui, 18 centimes de rabais chaque mois, c'est 750 millions d'euros de dépenses supplémentaires. Ce n'est plus 18 centimes. Si on double, si on triple, vous voyez bien l'impact. Les Français voient bien, mesurent bien l'impact.

5:51
Présentateur

Et ça peut quoi, aller à 25 centimes, à 30 centimes ?

5:53
Aurore Bergé

Moi, je ne suis pas là dans une logique de marchandage. Non, mais vous parlez vous-même de compromis. Non, mais ce que je veux, c'est établir un compromis. C'est ça que doit permettre la discussion et le débat parlementaire, qui va s'ouvrir dès cet après-midi. Si le compromis, peut-être, oui, assumons d'avoir une mesure transitoire, qui dure un peu plus longtemps, pour faciliter la vie des Français, alors je pense qu'on devra l'accepter.

6:12
Présentateur

Donc on comprend bien qu'on vous écoute ce matin sur AMC et BFM TV, que ce point-là du montant de la ristourne, de la prolongation ou pas de cette ristourne, c'est un point de compromis avec LR. Donc ça pourrait aller au-delà de 18 centimes, 25 centimes, 30 centimes ?

6:26
Aurore Bergé

Encore une fois, ça, c'est la discussion parlementaire qui doit pouvoir l'établir. Moi, je ne réponds pas oui ou non, a priori.

6:30
Présentateur

Mais vous n'exprimez pas, par exemple, le 30 centimes ?

6:32
Aurore Bergé

Parce que la donne a changé. Parce que les Français ont fait le choix de réélire le président de la République, et les Français ont fait le choix de lui donner une majorité, certes, mais une majorité relative. Donc moi, je dois en tenir compte. Je ne peux pas dire que c'est notre proposition et rien d'autre. De la même manière qu'en face, ils ne peuvent pas dire que c'est notre proposition et rien d'autre. Ça veut dire un compromis dans les deux sens.

6:48
Présentateur

Et on a vu la semaine dernière que quand LR, LFI et RN votent ensemble sur un amendement pour dénaturer ou plutôt vider de sa substance un texte, eh bien ça passe. C'est ce qui s'est passé sur le texte sanitaire ?

6:58
Aurore Bergé

Ça passe, mais à quel prix ? Parce que typiquement, ce qui s'est passé sur le texte sanitaire, ça veut dire que quand on fait tomber, et quand on vote contre un article de loi, typiquement, ça veut dire le risque qu'on ne pourrait plus demain avoir un contrôle aux frontières sur les enjeux sanitaires.

7:11
Présentateur

Donc tout ne peut pas passer. Vous ne pouvez pas vous le permettre sur un texte aussi important de pouvoir d'achat. Mais je crois que les oppositions n'ont plus. Vous avez utilisé cette carte, enfin plutôt, vous l'avez subie la semaine dernière. Vous l'avez subie. Là, vous n'avez pas le droit à l'erreur. Il faut que ça passe.

7:24
Aurore Bergé

Mais personne de là. Est-ce que vous pensez sincèrement que des députés qui soient dans la majorité ou dans l'opposition, les Français feront la différence à la fin du mois ? Est-ce que vraiment, ils vont ensuite faire la différence entre celles et ceux qui auront permis ou bloqué le texte ? Ils vont dire à la fin, si vous n'êtes pas capables de voter un texte qui nous protège face au pic de l'inflation, qui nous permette de continuer à aller travailler, de faire face à l'augmentation des prix du carburant, qui nous permette d'avoir des minimas sociaux qui augmentent, d'avoir des salaires qui augmentent, alors vous êtes irresponsables.

Et je crois que nous, majorité de notre responsabilité, c'est de montrer sincèrement qu'on va chercher du compromis. Mais les oppositions doivent aussi accepter de voter un texte qui est un texte qui permet des progrès pour les Français.

8:02
Présentateur

Mais quand LR dit 1,50, vous-même rejetez cette proposition, mais ce n'est pas juste pour le plaisir de s'opposer, c'est aussi parce qu'il prend en compte les classes moyennes. Quand vous prenez, par exemple, un couple avec deux enfants qui gagne environ 2 000 euros chacun, ce n'est pas un couple famille modeste, mais ce n'est pas non plus des gens très riches. Ils habitent en zone rurale, ils font des dizaines de kilomètres par jour en voiture, ils ont peut-être deux voitures, ils ont même peut-être une chaudière au fioul. À l'automne, cet hiver, ça va être très dur pour eux et ils ne seront pas aidés.

8:28
Aurore Bergé

C'est la raison pour laquelle nous, on proposait justement que pour celles et ceux qui travaillent, il y ait un chèque qui soit bien place pour les accompagnés. Là, ils sont au-dessus des seuls. Encore une fois...

8:35
Présentateur

4 000 euros par foyer, ils sont au-dessus des seuls.

8:37
Aurore Bergé

Mais c'est la raison pour laquelle... Je vous dis, la force du débat parlementaire, c'est ça. On le redécouvre peut-être parce que pour la première fois, il y a un coup de projecteur sans précédent qui est mis sur les débats qui se passent, qui se déroulent réellement à l'Assemblée nationale. Mais c'est comme ça qu'on a toujours travaillé. Alors maintenant, peut-être que ça va plus se voir sur la manière avec laquelle on peut encore une fois établir ces compromis.

Mais je pense qu'aucun groupe, aucun parti politique, aucun député n'a intérêt à dire à la fin de la semaine que ce texte n'est pas adopté parce que s'il n'est pas adopté, ça veut dire que le pouvoir d'achat des Français ne sera pas protégé.

9:07
Présentateur

Il y a un autre point sur lequel vous devez trouver un compromis, ou en tout cas vous allez chercher un compromis, c'est ce qu'on appelle la déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé. Pour faire simple, un adulte handicapé qui va jusqu'à environ 900 euros, mais qui aujourd'hui est limité en fonction des revenus de son conjoint. C'est-à-dire que si son conjoint travaille, l'adulte handicapé touche moins. Tout le monde est d'accord. Enfin, dans les oppositions, tout le monde est d'accord. Vous-même, le président de la République a annoncé que vous allez avancer. Aujourd'hui, ce qui est prévu, c'est que ce soit mis en place en 2024, donc il y a longtemps, dans un an et demi.

Est-ce que vous pourriez avancer cette mise en place de cette mesure ?

9:44
Aurore Bergé

La réponse est oui. On souhaite que ce soit le cas et on a travaillé en lien avec les différents groupes d'opposition pour avoir la même proposition et pour que ce soit au 1er octobre 2023. Donc c'est ça qu'on souhaite. C'est dans un an et trois mois. Donc on va accélérer. C'était 2024. On veut accélérer les choses.

9:59
Présentateur

Oui, mais de quelques mois, vous ne pourriez pas aller jusqu'au 1er janvier 2023 ?

10:01
Aurore Bergé

Moi, je vous explique pourquoi. Aujourd'hui, en France, il y a deux systèmes de solidarité. Il y a une solidarité nationale et il y a une solidarité familiale qui fait qu'à un moment, entre conjoints, on est solidaires. Il apparaît que sur l'allocation adulte handicapé, malheureusement, ça devient défavorable pour un certain nombre de personnes parce que la solidarité familiale fait qu'elles perdent en fait une partie ou tout de leur allocation adulte handicapé. Nous, on considère en effet que ce n'est pas une aide sociale comme une autre quand on bénéficie d'une allocation parce qu'on est dans une situation de handicap.

Donc ça ne doit pas être considéré de la même manière que les autres aides sociales.

10:36
Présentateur

Pourquoi ne pas l'avancer là au 1er janvier ?

10:38
Aurore Bergé

Tout simplement parce qu'il faut regarder les situations personnelles, individu par individu, famille par famille. Parce qu'on a, et c'est l'honneur de notre pays, et il faut absolument qu'on accélère encore sur le sujet, les personnes handicapées qui aujourd'hui travaillent. Il y a 10 ans, il y a 15 ans, il y a 20 ans, quand vous étiez une personne handicapée, en gros, on considérait que vous ne pouviez pas travailler.

10:57
Présentateur

Parce qu'aujourd'hui, du coup, certains risques de handicapés qui travaillent, risquent de perdre de l'argent.

11:00
Aurore Bergé

Mais notre enjeu, c'est quoi ? C'est que les personnes qui sont en capacité de pouvoir travailler, elles souhaitent travailler. Et donc, on ne leur dise pas que vous avez juste droit à une allocation. Donc finalement, la société a fait le travail et vous n'avez pas accès au marché du travail. Mais on retient

11:12
Présentateur

que ça pourrait être avancé au cours de l'année 2023.

11:14
Aurore Bergé

Le 1er octobre 2023, ça c'est la proposition qu'on a, qui est commune aux républicains, aux communistes, aux socialistes. Donc voilà, c'est vraiment une proposition qu'on a travaillée en lien avec les oppositions.

11:23
Présentateur

Aurore Berger, le président Macron était ce dimanche à Pityville à l'occasion du 80e anniversaire de la rave du Veldiv. Lors de l'inauguration d'un nouveau lieu de mémoire à la Shoah, il a dénoncé un antisémitisme plus brûlant et rampant. Et il a eu notamment cette phrase sur laquelle je voudrais vous interroger. L'antisémitisme s'immisce dans les débats sur les plateaux de télévision. Il joue de la complaisance de certaines forces politiques. Il prospère aussi autour d'une nouvelle forme de révisionnisme historique voire de négationnisme. De qui parlait-il directement ? Est-ce qu'il parlait d'Éric Zemmour qui a dit que Philippe Pétain a sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ?

11:58
Aurore Bergé

Je crois qu'il parle à la fois de l'extrême gauche et de l'extrême droite. Parce qu'on voit ressurgir de manière évidente celui qui a fait le plus preuve de révisionnisme historique voire de négationnisme s'appelle Éric Zemmour. Et il l'a fait pendant la campagne présidentielle.

12:13
Présentateur

Donc Éric Zemmour, je note. Est-ce que vous incluez aussi le Rassemblement national ?

12:18
Aurore Bergé

Moi j'inclus toutes celles et ceux qui par leurs propos, qui par leurs attitudes, qui par l'histoire de leur parti politique remettent en cause ce qu'elle était... Marine Le Pen ne l'a jamais fait. Non, mais elle est aussi l'héritière d'un parti politique et elle ne s'est jamais dégagée l'histoire de ce parti politique. Elle n'a jamais nié l'histoire de ce parti. Elle n'en a jamais renié ses dirigeants. Donc quand on fait de la politique, on hérite aussi une histoire politique. On s'inscrit dans une filiation politique. Donc tant mieux qu'évidemment aujourd'hui les mêmes propos ne soient pas tenus par elle ou par les anciens dirigeants du Front National.

Il n'en reste pas moins que ces propos ont existé et que ce sont même celles et ceux qui ont permis à ce parti d'être fondés historiquement. Et ça je crois qu'il faut quand même qu'on l'ait en mémoire. Et puis vous avez de nouvelles formes d'antisémitisme qui existent notamment

13:03
Présentateur

à l'extrême gauche. Est-ce que le président de la République quand il parle de complaisance de certaines forces politiques, est-ce qu'il pense notamment selon vous à la France insoumise ?

13:10
Aurore Bergé

Il y a des faits. Il y a des faits. C'est-à-dire que quand on défile avec des personnes qui portent l'étoile jaune considérant que les personnes qui sont de confession musulmane dans notre pays seraient dans la même situation que l'étaient les juifs français pendant la seconde guerre mondiale, C'était une manifestation

13:28
Présentateur

à laquelle Jean-Luc Mélenchon a participé, une manifestation contre l'islamophobie.

13:32
Aurore Bergé

Mais vous voyez bien qu'il y a une dérive évidente, c'est-à-dire à la fois il y a une négation de ce qu'a été réellement l'horreur de la Shoah, il y a la difficulté à nommer les choses aussi de manière évidente. Et puis il y a le tweet de Mathilde Panot sur le sujet. Il faut quand même avoir en mémoire ce que veut dire la rafle du Valdivre, ces 13 000 hommes, femmes et enfants qui ont été parqués et qui ensuite ont été déportés. Aucun de ces enfants n'est revenu. Quand le président de la République inaugure Pithivier, c'est parce que ce sont des trains où ont transité des enfants, aucun enfant n'est revenu. Et donc il y a un dévoiement de notre histoire.

14:07
Présentateur

Il y a eu un député socialiste,

14:11
Aurore Bergé

Jérôme Gage, qui l'a fait. Un. Il n'y a eu aucun député de la France Insoumise qui l'a dénoncé. Aucun. C'est quand même un silence assourdissant. Et sur ce sujet, on ne peut pas avoir un dévoiement de ce qu'est l'histoire de notre pays. On devrait, dans un jour et chaque jour, la France Insoumise franchit une étape supplémentaire d'indignité par rapport à ces sujets. Est-ce que c'est par opportunisme électoral ? Est-ce que c'est par clientélisme électoral ? Est-ce que c'est par conviction ?

14:38
Présentateur

Vous pensez que des députés de la France Insoumise sont antisémites ? C'est très grave.

14:43
Aurore Bergé

Ce que je dis, c'est que je constate des faits. Je constate ce qui défile avec des étoiles jaunes qui, de fait, limitent l'ampleur de ce qu'a été la Shoah et ce qu'a été cette horreur, y compris dans notre pays. Je constate qu'ils ont fait pour certains venir Jérémy Corbyn pour être soutenu

15:01
Présentateur

mais qui a été exclu

15:03
Aurore Bergé

du Labour pour quelles raisons ? Justement, pour connivence sur des faits d'antisémitisme. C'est eux qui ont décidé délibérément de le faire venir pour essayer de récupérer quelques voix. C'est du racolage électoral qui est quand même sinistre. De facto, ce sont des faits. Moi, je juge sur les faits.

15:21
Présentateur

D'un mot, au revoir, est-ce que Caroline Cailleux peut rester au gouvernement la mise des collectivités territoriales ? Il y a une tribune d'une centaine de personnalités dont quelques parlementaires de votre groupe qui disent à la tenue des propos homophobes.

15:34
Aurore Bergé

Je comprends que les propos aient pu blesser.

15:35
Présentateur

Ils vous ont blessé, vous ?

15:37
Aurore Bergé

Je comprends que les propos aient pu blesser, évidemment, qu'ils aient pu choquer celles et ceux qui sont directement... qui sont directement... De facto, vous êtes blessés quand... Vous savez, quand il y a des propos qui sont tenus, ce n'est pas parce que vous n'êtes pas vous-même directement concerné que vous ne pouvez pas être blessé. Ce n'est pas une question d'être homosexuel ou pas. C'est une question comme citoyen de blesser par ses propos. Je pense qu'on est tous évidemment choqués quand des propos...

15:56
Présentateur

Est-ce qu'elle peut rester au gouvernement ?

15:57
Aurore Bergé

Ce qui compte, c'est deux choses. Un, elle s'est excusée de manière très claire et d'ailleurs... Elle s'est excusée et la tribune avait été rédigée avant que ces excuses ne soient publiées. Donc, je pense que c'est la première chose. Deux, est-ce que nous, nous sommes engagés sur la lutte contre l'homophobie et la progression surtout des droits pour les personnes homosexuelles ? La réponse est oui. Nous sommes le groupe politique qui avons voté notamment la PMA pour toutes les femmes et d'ailleurs, Caroline Caillot soutenait cette proposition.

16:22
Présentateur

Donc, Aurore Berger, vous pensez que Caroline Caillot peut rester au gouvernement ?

16:25
Aurore Bergé

Moi, ce que je sais, c'est qu'en tout cas tous les membres du gouvernement sont engagés dans la lutte contre l'homophobie, Caroline Caillot comprise.

16:30
Présentateur

Aurore Berger, présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale invitée ce matin d'RMC et de BFM TV.