Barrage à Marine Le Pen, accords aux législatives, bilan de la présidentielle des Verts... Le "8h30 franceinfo" de Julien Bayou
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Sur France Inforadio et le canal 27 de la TNT avec Jean-Jérôme Bertoluz. Bonjour Jean-Jérôme. Bonjour Hacine. Notre invité ce matin est le secrétaire national d'Europe Ecologie Les Verts. Bonjour Julien Bayot. Bonjour. Emmanuel Macron en meeting à Marseille hier a montré de grandes et nouvelles ambitions en matière de climat. On l'écoute ensemble et vous réagissez ensuite.
La politique que je mènerai dans les 5 ans à venir sera donc écologique ou ne sera pas. Mon prochain Premier ministre sera directement chargé de la planification écologique. Le Premier ministre sera pour agir, appuyé par deux ministres forts. Le ministre de la planification énergétique aura pour mission de faire de la France la première grande nation à sortir du gaz, du pétrole et du charbon.
Voilà Emmanuel Macron plus vert que vert dans les jardins du pharaoh à Marseille hier vous êtes convaincu ?
Non écoutez il avait 5 ans pour agir et il ne l'a pas fait. Il a été condamné pour une action climatique donc il n'y a aucune raison de croire véritablement en ses promesses. Et pour autant j'utiliserai le bulletin Macron pour battre l'extrême droite. Je n'attends rien d'Emmanuel Macron, je ne lui demande rien. Mon vote et le vote des écologistes ne vaut pas qu'Itus, ne vaut pas soutien. C'est le seul bulletin et je ne le fais pas pour lui, je le fais pour mon pays, pour la sauvegarde des libertés, pour protéger notre démocratie.
Parce que l'extrême droite est un danger que quand on donne les clés, en particulier la 5ème république qui donne extrêmement de pouvoir au président ou à la présidente, quand on donne les clés du pouvoir à l'extrême droite, c'est difficile de le récupérer. On le voit avec Orban, on le voit avec Bolsonaro. Donc l'enjeu du 24 avril c'est pas est-ce qu'Emmanuel Macron est crédible sur l'écologie ? Bien sûr que non. Julien Bayou, bien sûr que non. Mais l'enjeu c'est de battre l'extrême droite. Je le redis dimanche, on ne peut pas s'abstenir face à l'extrême droite. Est-ce qu'Emmanuel Macron est crédible ou pas ?
Est-ce que en tout cas les propositions qu'il fait sont une bonne réponse au rapport du GIEC qui disait qu'on n'a plus que 3 ans pour avoir une planète viable en matière de climat ? Est-ce que la planification écologique qu'il met en avant c'est une bonne réponse ? Mais malheureusement il n'en a rien fait. Il n'en a rien fait. C'est-à-dire que le Haut Conseil pour le Climat, qu'il a lui-même mis en place, qui est une instance indépendante, considère que la politique menée ne nous met pas du tout sur le droit fil des accords de Paris, pourtant signé à Paris, en France.
Sur la rénovation thermique, un enjeu majeur qui permet de créer des emplois, qui permet de se chauffer correctement, qui permet d'économiser sur le porte-monnaie, qui permet aussi d'être indépendant du gaz russe. On a un retard incroyable, alors que c'est quasiment la panacée, c'est les grands travaux des années 30 de Roosevelt. C'est vraiment permettre et de soulager le porte-monnaie et de soulager la facture énergétique à l'international et d'agir pour le climat. On a pris un retard incroyable sur tous ces sujets, sur l'agriculture bio, sur la protection de la biodiversité. On sait qu'Emmanuel Macron veut à nouveau revenir en soutien à la chasse, y compris sur les chasses traditionnelles.
Donc moi je ne vais pas vous faire l'article d'un Emmanuel Macron écolo, je n'y crois pas. Mais la seule manière qu'il y a pour le prochain quinquennat, si ça n'est pas l'extrême droite, et d'abord et en priorité l'enjeu, c'est de faire battre l'extrême droite. Si c'est un nouveau quinquennat Macron, l'enjeu et la seule solution pour que ça ne soit pas un quinquennat d'inaction climatique comme celui-ci que nous finissons, c'est qu'il y ait enfin des députés écologistes à l'Assemblée. En fait il a manqué dans ce quinquennat un groupe écologiste, des députés écologistes, pour à chaque fois remettre en amendement, en proposition de loi, les propositions de la Convention citoyenne.
Et donc d'un mot, peu importe qu'Emmanuel Macron tente de convaincre les électeurs de gauche, les électeurs écologistes de voter pour lui, il faut que ce soit un réflexe pour faire barrage à Marine Le Pen. C'est ce que vous dites ce matin. C'est un réflexe de démocrate. Pas une voix ne doit manquer contre Marine Le Pen. Vraiment je le redis, quand l'extrême droite est à ce point aux portes du pouvoir, il ne faut pas s'abstenir. Je comprends que ça puisse être douloureux pour l'autre électeur écologiste et de gauche. Elle peut gagner.
Et je rejoins l'analyse de Laurent Berger et de Martinez, de la CFDT et de la CGT, qui ne sont pas tout le temps d'accord, mais là qui disent qu'il y a un danger démocratique pour le pays. Ça veut dire un danger pour les droits des femmes, ça veut dire un danger pour les travailleurs, pour les syndicalistes, ça veut dire un danger pour les minorités, ça veut dire un danger pour la presse, ça veut dire un danger pour la justice. C'est nos institutions qui peuvent vaciller. Et quand on donne les clés de la Ve République à l'extrême droite, c'est très compliqué de les retrouver dans les urnes de manière démocratique.
On sent une vraie inquiétude chez vous sur ce sujet, Julien Bayou, qui fait que les sujets de fond deviennent quasiment secondaires, là, à l'heure où nous sommes.
Parce que ce qui se joue, c'est qu'on peut peser face à un démocrate. On peut s'opposer à un démocrate, dans les urnes bien sûr, dans la rue, et ce sera nécessaire tant le quinquennat passé d'Emmanuel Macron, c'est l'inaction climatique et la casse sociale. Et ces promesses ne sont pas enchanteuses, évidemment. Mais je le redis, quand nous discutons avec des écologistes en Pologne, en Hongrie, brésiliens, qui nous disent, voilà la réalité de la brutalité de l'extrême droite, on la voit aussi, à une toute autre échelle, là où ils sont aux manettes, c'est le mépris complet de l'opposition, des minorités, des droits, en fait. Et donc, il y a danger, il y a péril.
Et donc, vraiment, je comprends la lassitude, la fatigue, l'énervement, la colère de devoir, à nouveau, être contraint à ce choix. Mais malheureusement, dimanche, le seul outil dont nous disposons pour protéger notre démocratie, c'est le bulletin Emmanuel Macron. Et ça ne vaut ni quicus, ni soutien. Et donc, moi, je ne vais pas vous faire semblant de dire que je crois à une quelconque des paroles d'Emmanuel Macron. On a bien ses livres. Ça n'est pas l'enjeu. Mais pour pouvoir combattre son inaction ou la casse sociale, il faudra ensuite, un troisième tour, c'est les législatives. Jean-Jérôme.
Julien Bayou, donc vous dites, par exemple, aux étudiants qui ont occupé différents sites universitaires ou aux militants d'extinction-rébellion qui occupent une partie des grands boulevards à Paris, attention à dire, ni Emmanuel Macron, ni Marine Le Pen, vous vous trompez de combat ? Moi, dans cette situation, vous voyez, je parle d'où je parle. Je suis chef d'un parti politique. Je mesure à quel point la parole peut être discréditée. Donc, c'est pas pour ça que je vais me taire. Mais je sais que quand je parle, on le perçoit comme tel.
Et donc, moi, si je devais dire quelque chose à ces personnes, c'est renseignez-vous, étudiez, regardez ce qui se passe quand l'extrême droite est au pouvoir au Brésil, pour les femmes, pour les syndicalistes, pour les minorités. Regardez ce qui se passe en Hongrie, à quel point la justice est parfaitement entravée et les dernières élections confisquées. C'est ça l'enjeu, c'est regarder ce que ça veut dire quand l'extrême droite est au pouvoir et imaginer la Vème République avec tous les pouvoirs, trop de pouvoirs pour le Président de la République, imaginer ce que ça veut dire et décider en conscience.
Julien Bayot, on va reprendre sa discussion juste après le fil info puisqu'il est 9h20. Viens de faire shit.
Les résultats de la consultation menée auprès des militants de la France Insoumise seront connus à 10h. Ce matin, environ 315 000 personnes à qui Jean-Luc Mélenchon a demandé leurs intentions pour le second tour. Trois choix possibles entre un vote pour Emmanuel Macron, un vote blanc ou l'abstention. Emmanuel Macron qui était en meeting à Marseille hier, il a longuement parlé d'écologie, disant avoir entendu le message des électeurs du premier tour. Ma politique dans les 5 ans à venir sera écologique ou ne sera pas, a-t-il déclaré, promettant de nommer un premier ministre directement chargé de la planification écologique de la France.
Objectif, selon lui, aller deux fois plus vite pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. En Ukraine, les forces russes demandent aux soldats ukrainiens encore présents à Mariupol de se rendre. Leurs vies seront épargnées s'ils déposent les armes sur Moscou. Le Président Volodymyr Zelensky a prévenu qu'il arrêterait les négociations si ses militaires étaient éliminés. Une fois de plus, il appelle les Occidentaux à fournir immédiatement les armes lourdes qu'il réclame depuis plusieurs semaines. Le Paris-Roubaix masculin, 119ème édition ce dimanche, 257 kilomètres au programme des coureurs cyclistes. Ils partiront de Compiègne à 11h.
Hier, les femmes participaient pour la deuxième fois à cette mythique course, victoire de l'italienne Elisa Longo-Borghini.
France Info, l'info juste. C'est le secrétaire national d'Europe Ecologie Les Verts, Julien Bayou qui est l'invité des matins présidentiels de France Info avec Jean-Jérôme Bertolus. Vous disiez, Julien Bayou, on ne peut pas s'abstenir face à l'extrême droite. La France insoumise est dans l'erreur ?
Non, je comprends encore une fois la colère, la déception, le désespoir même qui peut nous prendre, nous saisir, quand on est à nouveau confronté à ce choix difficile. Donc moi, je pense que dans ces deux semaines d'entre-deux-tours, chaque personne, chaque corps collectif évolue à son rythme. Nous, les écologistes, nous avons fait le choix très tôt, dès dimanche soir, et ça n'est pas de gaieté de cœur, de dire que la seule arme dont nous disposons face à l'extrême droite, c'est le bulletin Macron. Donc nous l'avons fait sans état d'âme, ça ne vaut ni quittus ni de soutien. Je crois que ces deux semaines sont utiles pour chaque personne et encore une fois chaque corps collectif pour évoluer.
J'ai noté que Jean-Luc Mélenchon avait, et c'est bien normal, expliqué que les deux ne se valaient pas, que ce n'était pas équivalent. Et effectivement, il y a une personne que nous pourrons, j'espère demain, combattre, un démocrate, Emmanuel Macron, dans les institutions, à l'Assemblée et dans la rue, et puis l'extrême droite, et c'est une toute autre paire de manches, parce que quand l'extrême droite prend le pouvoir dans la Ve République, je le redis, elle a des pouvoirs parfaitement exorbitants. Julien Bayou, les appels à faire barrage contre Marine Le Pen se multiplient. Aujourd'hui, ce sont des soignants dans le JDD. Cette semaine, c'était aussi des sportifs.
Vendredi, 500 personnalités de la culture ont appelé à voter Emmanuel Macron, sans illusion, mais sans hésitation. Écoutez la réaction de Laurent Jacobelli, le porte-parole de Marine Le Pen. Il était à votre place, hier. Quand un système est au bord de l'agonie, il se révulse, il essaye de donner ses dernières forces, alors ça donne de la brutalité, de la paranoïa. Il y a un déchaînement de haine, pratiquement antidémocratique d'ailleurs. Vous savez, je pense qu'il y a un écart profond entre cette révolte des plateaux de télévision et de quelques journaux, qui sont tout sauf Le Pen, on va le dire, et ce que l'on peut voir dans la réalité.
Et je dis à ceux qui nous écoutent, ne croyez pas à ces intoxications. Au contraire, voyez-y un signe positif. C'est efficace, ces tribunes, alors que le Front Républicain semble un petit peu fatigué aujourd'hui. Est-ce que finalement, selon votre objectif de faire battre Marine Le Pen, ça n'est pas un peu contre-productif, toutes ces injonctions ? Non, non, c'est pas contre-productif. Dire que ça suffit, je ne sais pas, mais ça n'est pas contre-productif. Moi, je disais moi-même, à l'instant, que je mesure le fait que ma parole puisse avoir un impact limité. C'est pour ça que nous, les écologistes, nous lançons cette campagne « Le Pen ne doit pas passer ».
Soyons très clairs, « Le Pen ne doit pas passer ». Et nous comptons plutôt sur le père à père. Nous allons produire des témoignages de ces personnes écologistes qui vivent dans des pays où l'extrême droite est déjà au pouvoir. Qu'est-ce que ça veut dire ? Et dans les communes en France ? Voilà, qu'est-ce que ça veut dire quand vous êtes une femme polonaise et que l'extrême droite vous retire le droit à l'IVG ? C'est très concret. Qu'est-ce que ça veut dire quand vous êtes en Hongrie ?
Ça, à priori, ce n'est pas dans les projets de Marine Le Pen.
Oui, c'est ce qu'elle dit. En effet. Et l'extrême droite est aussi au pouvoir dans certaines villes. Et je pense à Marine Tondelier, qui est élue d'opposition à Hénin-Beaumont. Il n'y a pas de place pour l'opposition. C'est des intimidations, c'est des menaces, c'est des humiliations. Il n'y a pas de démocratie possible quand l'extrême droite parvient au pouvoir. Nous produirons également des témoignages de Thierry Antoine, qui est à Béziers. Et donc, je crois beaucoup à cette force du père à père. C'est-à-dire que moi, évidemment, je parle d'où je parle, et je peux convaincre peut-être les personnes qui s'intéressent à ma parole, et je sais qu'elles ne sont pas aussi nombreuses que ça.
Mais par contre, entendre une personne lui dire, voilà moi ce que je vis vraiment quand l'extrême droite me retire mes droits, je pense que ça a un impact beaucoup plus fort. Alors, je n'ai pas envie de dire tout autre sujet, parce que c'est quand même, bien sûr, des questions connectées, mais parlons des législatives maintenant. Vous avez indiqué que vous souhaitiez un pacte de non-agression avec la France insoumise. Jean-Luc Mélenchon qui est arrivé troisième avec 22% des voix, alors que vous-même, derrière Yannick Jadot, vous n'êtes arrivé qu'à moins de 5%, à 4,7%. Donc, vous proposez un pacte de non-agression pour les législatives.
C'est vraiment le service minimum que vous proposez à la France insoumise ? C'est un minimum. C'est-à-dire que sur la question des législatives, on est un peu comme en 2017. La France insoumise est arrivée devant, nous sommes derrière. Le fait de ne pas discuter en 2017, on a vu ce que ça produisait. Très peu de députés insoumis, ils étaient 17, 2,5% à l'Assemblée, contre 20% des voix au premier tour. Ce n'est pas suffisant. Et nous, les écologistes, nous avons eu zéro député. Et donc, finalement, la France insoumise a un choix. C'est le même qu'en 2017. Asseoir une domination seule, mais ne pas pouvoir peser pour améliorer le quotidien, la vie des gens.
Ou, avec d'autres, construire un axe de résistance, et voire d'alternance dans l'Assemblée. Mais précisément, est-ce que vous êtes prêt à aller plus loin que ce pacte de non-agression ? Est-ce que vous êtes prêt à discuter d'un programme commun pour les législatives ? Écoutez, figurez-vous que nos courriers se sont croisés. Et donc, moi, j'ouvrais sur une proposition à minima, parce que je pense qu'à minima, il faut ce pacte de non-concurrence, que nous rentrions ensemble, plus nombreux et nombreuses, à l'Assemblée pour nous opposer à l'inaction climatique et à la casse sociale d'Emmanuel Macron s'il est réélu.
Mais, je vais vous dire très clairement, bien sûr qu'il y a des points de convergence. Nous avions des points de désaccord, en particulier sur les affaires étrangères. Il ne faut pas faire semblant. Mais, pour ce qui concerne les domaines de l'Assemblée, nous avons des points de convergence très forts. Yannick Jadot proposait un revenu minimum citoyen. La France Insoumise l'appelle garantie d'autonomie. Le principe est le même, garantir à chaque personne dans ce pays les moyens de sa subsistance, de pouvoir vivre dignement, y compris la jeunesse. Donc, oui, à une discussion sur un programme commun partagé. Je pense qu'on peut se retrouver sur nombre de points.
Je sais que la France Insoumise met en avant le 100% d'énergie renouvelable et la rénovation thermique. C'est évidemment un des reproches majeurs que je fais au quinquennat. Oui, et quand vous les voyez bientôt, vos amis de la France Insoumise ? Nous, on est ouverts à la discussion. Je sais qu'eux aussi. J'espère que ça va pouvoir se faire. Dès la semaine prochaine ? Avant le deuxième tour ? Je pense qu'il faut que cette discussion ait lieu avant le second tour. Et je vais vous dire, je pense qu'il faut pouvoir aussi se dire que dans la compétition présidentielle, il y a eu des mots, de part et d'autre, qui ont exacerbé.
C'est-à-dire que je pense qu'on peut avoir acté des désaccords, et nous en avons... Mathilde Panot, qui est la patronne du groupe de la France Insoumise à l'Assemblée, vous demande très clairement des excuses ce matin dans le JDD, notamment pour tous les reproches que vous avez faits avec Jean-Luc Mélenchon sur son soi-disant alignement vis-à-vis de Vladimir Poutine. Je pense qu'à la limite, il faudrait des excuses de part et d'autre. C'est-à-dire qu'il y a deux choses. Il y a d'une part des désaccords, et d'autre part, la compétition électorale qui a exacerbé. Nous, on a aussi notre lot de mots urtiquants qu'on a reçus.
Je pense qu'il y a eu des échanges d'amabilité, entre guillemets, qui ne font pas honneur à la politique, c'est certain. Je pense qu'on peut acter des désaccords dans le respect. Sur l'Ukraine, ce n'est pas nouveau. J'étais moi-même observateur électoral en 2014 en Ukraine, à Tchérkassie. Nous ne découvrons pas la situation aujourd'hui. Et par exemple, nos différents groupes au Parlement européen, le Parlement européen a à connaître de la situation internationale. Et donc, ils sont en désaccord. C'est transparent, c'est acté, c'est constant. L'Assemblée nationale ne conduit pas la politique européenne ou étrangère. Et donc, on peut dire, ces désaccords sont là. Actons-les.
Finalement, on ne fait des accords qu'avec des forces avec lesquelles on est en désaccord. Sinon, on est dans le même mouvement. Donc, actons ces désaccords dans le respect. Ne nous envoyons pas des noms d'oiseaux. Et peut-être, étudions les conditions d'une convergence sur les services publics, sur la fiscalité de l'impôt, évidemment. Avec un sigle commun pour les législatives, il faut que tous les candidats de gauche aient un sigle, un parapluie commun ? Je vais vous dire, vraiment, tout est sur la table. Moi, mon rôle à moi, ce n'est pas de faire la comptabilité des mots échangés pendant le premier tour de la présidentielle. C'est de construire, de tirer les leçons de 2017.
Nous avons envoyé peu de députés de gauche et zéro écolo, alors qu'il est possible, je crois, de construire un axe de résistance et d'alternance. Qui sait où ça peut nous mener, cet acte de non-concurrence ou de convergence, dans un troisième tour, le troisième tour de la présidentielle ou de la législative ?
Julien Bayou, invité des matins présidentiels de France Info. On va se reparler juste après le fil Info. 9h moins 10, Diane Ferschit.
La Russie affirme contrôler la quasi-totalité de la ville de Mariupol. Elle a lancé un nouvel appel à déposer les armes aux derniers soldats ukrainiens encore présents. Pour le président Volodymyr Zelensky, la situation à Mariupol est aussi grave qu'il est possible de l'être, tout simplement inhumaine. Il ne reste, dit-il, que deux options pour suivre une négociation difficile ou que les Occidentaux fournissent à l'Ukraine des armes lourdes et des avions. Les autorités tunisiennes estiment pouvoir éviter une pollution majeure après le naufrage d'un pétrolier au sud-est du pays. Dans ses cuves 750 tonnes de gasoil, le navire venait d'Egypte. Il se dirigeait vers Malte.
Les sept membres de l'équipage ont pu être évacués. En France, un Premier ministre chargé de la planification écologique, la promesse d'Emmanuel Macron hier à Marseille, promesse à l'adresse des électeurs de la gauche au premier tour, notamment ceux de Jean-Luc Mélenchon, la France insoumise, qui publiera à 10h les résultats de sa consultation en vue du second tour de la présidentielle, consultation auprès de ses militants. La 32e journée de Ligue 1 de football, marquée hier par une nouvelle victoire de Lens sur Lille, les Lens soient l'emportent 3 à 2 ce soir en clôture. Marseille se déplace sur le terrain du PSG en cas de succès.
Paris est quasiment certain de décrocher le titre de champion de France. Coup d'envoi à 20h45. La France insoumise est prête à discuter avec vous, avec les communistes, avec le NPA, mais pas avec le Parti Socialiste. Est-ce que vous estimez que la gauche peut être refondée, qu'il est possible de partir à la bataille législative sans les socialistes ? Nous, on est prêts à discuter avec tout le monde. L'enjeu, je crois vraiment, c'est de tirer les leçons de ce qui s'est passé en 2017. Aujourd'hui, c'est la France insoumise. Assumons le... Mais je le disais déjà en 2007. C'est la France insoumise qui a les clés du rassemblement, du pacte de non-concurrence.
C'est la France insoumise qui a les clés. Elle est arrivée en tête et ça lui donne un grand pouvoir et une grande responsabilité. Donc, si je vous entends bien, Olivier Faure, que vous deviez rencontrer et vous avez reporté le rendez-vous avec le premier secrétaire du Parti Socialiste, il peut encore attendre que vous ayez un peu de place dans votre agenda ? Non, écoutez, nous, nous avons dit, respectons le résultat du 24 avril. Le 24 avril, pour ce qui est du camp de la gauche et des écologistes, il place la France insoumise en tête. Et donc, il nous semblait normal, logique, respectueux de dire, c'est avec la France insoumise que nous devons discuter en premier.
J'ai dit ça à Olivier Faure, je l'ai eu encore récemment pour lui dire, si la France insoumise assume sa responsabilité, eh bien, dans ce cas-là, il est possible de construire, je pense... C'est avec eux qu'il faut discuter en premier, donc c'est eux que vous allez voir en premier, avant Olivier Faure, qu'on comprenne bien. Oui, je le redis, c'est une responsabilité. Vous savez, en 2017, ils avaient fait un choix tout autre, de dire, on ne discute avec personne et c'est la France insoumise seule. Moi, je le redis, dans ce quinquennat, il manquait de députés de gauche pour pouvoir peser sur le quinquennat.
Et il manquait cruellement de députés écologistes pour pouvoir peser sur le quinquennat. Justement, vous en voulez combien ? Quel est votre objectif sur ces législatives ? Combien de circo ? Vous savez que c'est les électeurs et les électrices qui choisissent. Oui, mais vous pouvez vous fixer des objectifs. Je pense qu'il faut un groupe. 15 députés. Pour peser sur l'action écologiste, il faut la prise de conscience individuelle, la prise de conscience, l'action collective, y compris la désobéissance civile, et puis l'action dans les institutions. Avoir des mairies écologistes, ça change la donne.
Ça permet d'agir très concrètement et c'est ceux et celles qui traduisent en actes la Convention citoyenne pour le climat. Et bien, dans ce quinquennat, il a manqué cruellement d'un groupe écologiste pour infléchir, pour s'opposer, pour construire l'action climatique.
Julien Bayou, la campagne présidentielle, c'est de l'argent aussi. Elle vous a coûté en l'occurrence 6 millions d'euros. Vous avez reçu 1 200 000 euros de dons depuis l'élection. Comment allez-vous faire pour rembourser le solde ?
Je remercie déjà les personnes qui ont donné sur soutenir l'écologie.fr. On a eu plus de 20 000 dons, donc c'est plus que le nombre d'adhérents et d'adhérentes. Vous voyez que c'est un effort de solidarité incroyable. Je crois que c'est la plus grande collecte de l'histoire de l'écologie politique. En une semaine, plus d'un million d'euros. Et oui, effectivement, on n'a pas fait 5% et donc on n'est pas remboursé. C'est une ardoise, un déficit très lourd de plus de 5 millions d'euros que nous devons rembourser. Et donc, c'est pour ça que nous avons lancé cette collecte immédiatement. J'avais en fait pris les devants en préparant au cas où, malheureusement, nous décrochions en dessous des 5%.
Et vous savez comment vous ferez pour le reste ? Eh bien, on continue sur soutenir l'écologie.fr. On va faire appel à nos élus. Vous savez qu'ils cotisent chaque mois. Eh bien, on va leur demander un effort supplémentaire. Les régions écologistes vont être mises à contribution pour soutenir, pour délayer des investissements, pour retarder.
Tout sera remboursé comme ça ? Vous n'avez pas d'autres ressources ?
Eh bien, contrairement à l'extrême droite, évidemment que nous n'avons pas le soutien des oligarques russes pour avoir des prêts bonifiés sur lesquels vous ne remboursez rien. Parce que c'est ça aussi la réalité de l'extrême droite dans ce pays. Désolé de faire le détour, mais le seul parti aujourd'hui qui ne rembourse pas ses dettes, c'est l'extrême droite. Parce qu'ils ont eu un prêt sur 8 ou 9 ans auprès d'un oligarque russe de plusieurs millions d'euros qu'ils ne remboursent pas. C'est la dépendance très directe aux amis du Kremlin. Donc nous, nous devons rembourser. Nous avons une banque qui s'appelle le Crédit Coopératif qui n'a pas de filière dans les paradis fiscaux.
C'est pour ça que nous l'avons choisi. Ce n'est pas pour autant évidemment qu'elle va effacer l'ardoise. Nous devrons rembourser. Et pour que l'écologie survive, progresse, fleurisse à nouveau, nous faisons appel à la solidarité sur soutenir l'écologie.fr. Et cette présidentielle pour vous, c'est un petit peu la double peine. D'une part, un score très décevant pour vous, en dessous des 5%. est maintenant une dette qui en fait empêche Europe Écologie, les Verts, de devenir, on va dire, un grand parti, un parti mature qui fait de cette structure un petit mouvement comme par le passé. Parce que vous ne pouvez pas, vous n'avez pas d'argent finalement. Oui, on a peu de moyens.
Ça, ce n'est pas nouveau. On avait décidé de mettre les moyens pour le coup de se donner de l'ambition pour cette campagne présidentielle sur les financements, sur les 500 signatures, sur l'organisation d'une primaire. Le résultat est décevant, c'est un échec. Je pense qu'on doit vraiment l'assumer collectivement et se poser les questions, tirer les leçons. Quand est-ce que vous allez en tirer ces leçons ? Quand est-ce que tout va être mis sur la table de cette campagne qui n'a vraiment pas marché ? Vraiment pas marché. Moi, nous, on l'assume pleinement. On a eu un conseil fédéral hier qui a été en partie consacré à cela. Des questions de stratégie, des questions d'organisation aussi.
J'ai demandé à la campagne de produire un questionnaire, une sorte de cahier de doléances pour que les militants, les militantes puissent faire remonter leurs ressentis. D'emblée, bien sûr, la campagne des législatives va prendre, occuper beaucoup de nos esprits. Il faut qu'Yannick Jadot s'exprime. Il faut qu'il avance un petit peu ce sur quoi il a failli, en quelque sorte. On a eu un premier échange. Je pense que ça, ça le regarde. Ce qui est certain, c'est qu'on nous dit que la présidentielle, ce n'est pas pour les écologistes. Eh bien, moi, je veux que ça le devienne.
Et donc, pour ça, il faut tirer les leçons, assumer les raisons de cet échec pour pouvoir transformer en profondeur notre organisation et prétendre ensuite revenir en meilleure situation.
Merci beaucoup. Julien Bayou, invité de France Info ce matin. Merci beaucoup.
Yannick Jadot