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Discours / meetingyoutube.com· 26 juillet 2018 14 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsJusticeSécurité

Appel solennel aux parlementaires d'opposition pour destituer Macron

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:51Fait
    « ces actes, ce n'est pas de la gnognotte, il s'agit d'actes illégaux, d'actes qui tombent sous le coup de la loi, d'actes délictueux ou criminels »
  • 0:51Fait
    « usurper une identité policière dont il ne dispose pas »
  • 0:51Fait
    « profiter de largesses de l’État, notamment, d’un appartement de fonction de 200 m² »
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    « il a simplement conseillé que les parlementaires ou les représentants du peuple ou que les Français et les journalistes viennent le chercher »
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    « le président de la République n'est pas responsable des actes accomplis en cette qualité sous réserve des dispositions de l'article 53-2 et 68 »
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    « qui n'a jamais été nommé officiellement puisque son nom n'apparaît nulle part sur le journal officiel »
  • 5:59Fait
    « Le Président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat »
  • 8:50Fait
    « le président de la République française avait décidé de son propre chef d'aller bombarder la Syrie »
  • 8:50Fait
    « cette décision violait ouvertement le droit international, puisqu'il n'y avait eu aucune résolution du Conseil de sécurité »
  • 9:28Fait
    « cette décision était contraire à la Constitution française, puisque théoriquement, c'est le Parlement qui doit autoriser la déclaration de guerre »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:07
François Asselineau

Mes chers compatriotes. Nous sommes aujourd'hui le 25 juillet 2018. Hier au soir, Emmanuel Macron, président de la République, a profité d'une réunion de députés de son mouvement politique En marche pour faire une révélation sensationnelle aux Français. Il a expliqué, prenant d’ailleurs à rebrousse-poil tous les efforts pénibles qu’avaient essayé d’accomplir son ministre de l’Intérieur, son Premier ministre et le préfet de police, il a expliqué que c'était lui le seul responsable des actes qui avaient été commis par, notamment, Alexandre Benalla.

Tout en regrettant, bien sûr, que ces actes eussent été accomplis, tout en signalant qu'il avait été trahi par Alexandre Benalla, il a quand même revendiqué la responsabilité de ces actes. Or, ces actes, ce n'est pas de la gnognotte, il s'agit d'actes illégaux, d'actes qui tombent sous le coup de la loi, d'actes délictueux ou criminels comme par exemple les voies de fait sur des manifestants, usurper une identité policière dont il ne dispose pas, profiter de largesses de l’État, notamment, d’un appartement de fonction de 200 m² — attribué, d’ailleurs, au début juillet, c’est-à-dire deux mois après les faits avérés, s'apparentant ainsi à de l'abus de biens sociaux.

Ces faits révulsent le peuple français. Mais M. Macron ne s'est pas arrêté là. Il a également précisé, d'une façon narquoise, qu'en gros il n'y aurait pas de suite puisqu'il a simplement conseillé que les parlementaires ou les représentants du peuple ou que les Français et les journalistes viennent le chercher. C'est une façon insupportable de se moquer de la démocratie et de se moquer du peuple français. Parce que M.

Macron sait bien qu’il est protégé par la Constitution française, notamment l’article 67, qui précise que le président de la République n'est pas responsable des actes accomplis en cette qualité sous réserve des dispositions de l'article 53-2 et 68 sur lesquels je vais revenir dans un instant. Cet article 67 poursuit en disant que le président de la République ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner, non plus que faire l'objet d'une action, d'un acte d'information, d'instruction ou de poursuite. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que M.

Macron pense qu'il est dans un climat d'impunité totale, qu'il peut faire absolument ce qu'il veut et que l'article 67 le protège définitivement. Seulement voilà, M. Macron n'a pas bien lu l'article 67, puisque je le disais à l'instant, il est question d'article 53, alinéa 2, qui prévoit que le président de la République peut être éventuellement entendu par la Cour pénale internationale – ce n'est évidemment pas le cas ici –, mais cet article 67 prévoit une procédure dérogatoire, qui est celle de l'article 68. L’article 68 précise que : « Le Président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat.

» C'est la seule façon pour la représentation nationale d'écouter M. Macron.

Alors, moi je dis ceci : je dis que nous ne pouvons pas tolérer, nous le peuple français, que le chef de l’État fasse un bras d'honneur, entretienne ainsi un favoritisme éhonté, dispose des deniers publics du contribuable pour favoriser tel ou tel de ses proches, se permette de court-circuiter toutes les hiérarchies fasse attribuer un titre de lieutenant-colonel, une habilitation secret défense, passe un coup de fil pour aller dans toutes les assemblées à un homme qui a 26 ans, dont on ne sait pas d'où il sort, dont on sait en tout cas qu'il avait été renvoyé par un ministre du gouvernement précédent pour délit de fuite, dont on sait que toute la hiérarchie policière ne le supportait plus parce que c'était un petit marquis donnant ses instructions et cerise sur le gâteau, qui n'a jamais été nommé officiellement puisque son nom n'apparaît nulle part sur le journal officiel.

C'est la raison pour laquelle, puisque M. Macron ne veut pas s'exprimer et se réfugie derrière article 67, l'Union populaire républicaine demande aux parlementaires de mettre en œuvre l'article 68, c’est-à-dire de déclencher la procédure de destitution. Cette destitution est prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour. C’est une procédure, il faut faire attention, qui ne consiste pas à demander, comme ça aux députés : « Est-ce que vous voulez destituer le président de la République ? » C'est un petit peu plus compliqué que ça. Il faut d'abord qu'il y ait une proposition de réunion de la Haute Cour.

Elle doit être adoptée par l’une des deux assemblées : l’Assemblée nationale ou le Sénat et si c’est adopté au deux tiers du nombre de parlementaires, c’est ensuite déféré à l’autre assemblée : le Sénat si c'est l'Assemblée nationale, ou l'inverse qui s'est prononcé en premier et cette autre assemblée doit également voter, également à la majorité des deux tiers, dans les quinze jours. Si ces deux obstacles sont franchis, ensuite la Haute Cour se réunit. Elle a un mois pour présider des débats, elle est présidée par l’Assemblée nationale et elle statue dans un délai d'un mois, à bulletin secret, sur la destitution.

Il faut avoir les deux tiers des parlementaires faisant partie de la Haute Cour qui en décident ainsi. Alors bien entendu, je vois d'ici les critiques qui vont être faites. Beaucoup de gens disent : « oui, mais vous comprenez, il y a une majorité des députés En marche à l’Assemblée nationale donc cette proposition n’aura jamais lieu, n’aura jamais de suite. » Je ne comprends pas ! Parce que si on part du principe que les députés d'opposition et les sénateurs d'opposition n'ont pas le pouvoir parce qu'ils sont minoritaires, à ce moment-là il faut qu'ils restent chez eux tout au long de l'année, parce que ce raisonnement peut se tenir également pour tous les projets de loi.

On sait très bien que tous les députés, les sénateurs, de En marche notamment, les députés d'En marche votent comme un seul homme les moindres lois qui sont décidées par l'exécutif. Est-ce que pour autant les parlementaires d'opposition ne font rien ? Bien sûr que non ! Ils doivent être présents, critiquer, profiter de toutes les ressources, des règlements des assemblées, notamment par exemple, les rappels au règlement. Essayer de faire prévaloir une autre voie que la dictature macronienne que Macron veut imposer aux Français.

C'est la raison pour laquelle notre mouvement politique se tourne vers les opposants à Macron qui bénéficient de parlementaires – hélas, l’UPR n’a pas encore de parlementaires. Nous demandons donc aux Républicains, les Républicains ont dénoncé le scandale d’État et l'atmosphère d'impunité, nous demandons donc au Front national devenu Rassemblement national, qui avait dénoncé lui aussi un scandale d’État, nous demandons à France insoumise qui a été en première ligne pour dénoncer un Watergate à la française, nous demandons donc au Parti communiste français qui a joint ses critiques aux autres opposants, nous demandons donc à M.

Dupont-Aignan, qui est le seul député DLF, mais qui a claqué la porte, aujourd'hui même, de la commission qui étudiait ces dossiers, en disant que c'était une mascarade, nous demandons donc à tous les députés et sénateurs appartenant à ces mouvements politiques de prendre leurs responsabilités et d'engager l'article 68 de la Constitution en proposant qu'il y ait un vote à l'Assemblée nationale et au Sénat, un vote pour mettre en œuvre la procédure de la Haute Cour. Bien sûr, je n'ignore pas que la probabilité que cette proposition ne soit pas votée par les deux tiers est importante. Ça ne m'échappe pas. Mais au moins aura-t-elle eu lieu. Parce que nom d'une pipe !

Quand est-ce qu'on va mettre en œuvre cette disposition de la Constitution ! Je rappelle que le 14 avril dernier – j'étais à l'époque en Polynésie française –, le président de la République française avait décidé de son propre chef d'aller bombarder la Syrie. J'avais expliqué à l'époque, et tous les lecteurs de notre site pourront aller le vérifier, j'avais expliqué à l'époque que cette décision violait ouvertement le droit international, puisqu'il n'y avait eu aucune résolution du Conseil de sécurité qui permettait à la France d'attaquer un État souverain.

J'avais également expliqué que cette décision était contraire à la Constitution française, puisque théoriquement, c'est le Parlement qui doit autoriser la déclaration de guerre. En réalité, M. Macron avait profité d'une mauvaise formulation de cet article, qui a été réécrit ultérieurement, pour prendre des décisions d'attaques qui auraient pu entraîner la France dans un conflit dont on ne sait pas jusqu'où ça aurait pu aller. Notamment si Vladimir Poutine n'avait pas fait preuve de la plus grande des pondérations. A l'époque j'avais demandé que les parlementaires lancent la procédure de l'article 68. Évidemment, aucun n'avait bougé. Mais maintenant, où M.

Macron revendique lui-même être responsable d'actes délictueux et illégaux, est ce que ces parlementaires d'opposition, encore une fois, ne vont pas bouger ? Parce que s'ils ne bougent jamais : ni quand le président de la République viole le droit international et la Constitution ni lorsqu'il affirme ouvertement qu'il est responsable d'actes délictueux et illégaux, alors ça veut dire que cet article 68 ne sera jamais mis en œuvre. Ça veut dire que cet article est tombé en désuétude et ça veut dire beaucoup plus grave que M. Macron, et éventuellement ses successeurs, se sentiront définitivement prémunis, avec un sentiment de totale impunité.

C'est la raison pour laquelle il faut maintenant arrêter la dérive de la France vers un univers de plus en plus mafieux et corrompu. Je demande donc à M. Wauquiez, qui n'est pas député, mais qui est à la tête des Républicains, à M. Jacob qui est le président du groupe parlementaire des Républicains à l'Assemblée nationale, je demande à Mme Le Pen qui est député et qui est à la tête des députés du Front national à l'Assemblée nationale, je demande à M. Mélenchon, qui est à la tête du groupe de la France insoumise, je demande également à M. Laurent avec les députés du Parti communiste français, je demande à M.

Dupont-Aignan, je demande également aux parlementaires, aux sénateurs relevant de ces différents partis politiques, je leur demande, au nom des 31 560 adhérents de l'UPR, au nom de toutes les personnes qui ont voté pour moi, au nom de tous les Français qui n’ont pas voté pour moi, mais qui ont voté pour eux, et qui attendent qu’ils fassent preuve enfin d’une opposition résolue, je leur demande de prendre les choses en main et de déposer au plus vite un projet de déclenchement de l'article 68 de la Constitution. Seule cette procédure, même si elle n'est pas menée à bien, commencera à faire résonner aux oreilles de M.

Macron le vent du boulet de la révolte du peuple français devant un comportement complètement attentatoire à toutes les grandes valeurs de la République. M. Macron est en poste depuis à peine un peu plus d'un an : on a une atmosphère de fin de règne épouvantable. Du reste, si cette Haute Cour se réunissait, elle pourrait enfin écouter M. Macron. Peut-être que M. Macron pourrait à ce moment-là se justifier ? Il ne s’agit pas, je l’ai dit tout à l’heure, d’un vote immédiat pour la destitution.

Il s'agit d'un vote qui oblige le président de la République française à venir répondre dans une cour qui s'appelle la Haute Cour aux questions légitimes que se posent les parlementaires français, représentant le peuple et la souveraineté nationale. Croyez-moi, c'est la seule et unique façon, non seulement d'entendre M.

Macron sur cette piteuse et déplorable affaire Benalla, mais plus généralement sur toutes les dérives, dans tous les domaines, y compris attentatoires aux libertés publiques, attentatoires à l'unité nationale, attentatoires aux libertés du parlement, attentatoires à la dignité des hauts fonctionnaires, attentatoires à la dignité du président de la République française sur la scène internationale. Cette procédure, c'est la seule façon de mettre un coup d'arrêt à ces dérives. Vive la République, et vive la France.

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