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interviewLCP (sur YouTube)· 2 juin 2025 58 min

Yannick Neuder, ministre de la Santé et de l'accès aux soins | LCP, Lundi C'est Politique

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Obliger les médecins à s'installer là où il en manque ou seulement les inciter ? Le Gouvernement est pris entre les deux feux. Yannick Neuder n'a pas fini de batailler entre ces questions.

Il a également exprimé ses réticences sur la loi sur l'aide à mourir. Yannick Neuder est l'invité de "LCP-Lundi, c'est politique". Bonsoir et merci de votre fidélité. - Bonsoir. - Je vous présente mes confrères et consoeurs qui vont vous interroger.

A commencer par Stéphanie de LCP, Laurent de "Challenges", et Hugo Couturier sur Twitch. Et vous aurez en direct les remontées de ce qui se passe sur la chaîne Twitch. Avec vous, nous allons parler de la lutte contre la pollution avec les ZFE, du mouvement des taxis, de l'avenir de la Sécurité sociale et enfin, avec notre invité qui viendra échanger avec vous, nous parlerons de la fin de vie.

Nous parlons d'abord de la situation à Mayotte où le chikungunya, cette maladie provoquée par des piqûres de moustiques, qui continue de proliférer. -Il y a une quinzaine de décès à la réunion. C'est un sujet.

On peut décéder du chikungunya, parfaite particulièrement quand on est atteint de comorbidité. A Mayotte, on est dans la même prise en charge qu'à la réunion. Il y a de gros messages de prévention avec la lutte antique anti vectoriel.

Il s'agit de supprimer tous les récipients d'eau qui attire les moustiques. C'est pouvoir porter des vêtements amples, maître désolé à répulsives. Des huiles répulsives.

Il y a la vaccination. - Est-ce qu'il faut s'inquiéter de cette situation ? - Il faut toujours s'inquiéter.

Quand vous avez une infection comme celle-ci transmise par des moustiques et quand on voit le nombre de décès qu'il y a eus en 2006 à la réunion, c'est-à-dire 300 décès, c'est un chiffre important. 15 décès et peut-être plus qui sont en cours d'évaluation à la réunion, c'est toujours 15 décès de trop. Cela veut dire qu'il faut s'inquiéter, même s'il ne faut pas inquiéter la population.

Il faut rappeler les gestes de précaution, la lutte anti vectoriel, utiliser des moustiquaires... - Il y a des inquiétudes autour du vaccin.

Est-ce que ces inquiétudes n'empêchent pas la vaccination et favorise la propagation ? - Forcément. La vaccination est un sujet complexe.

Pour l'instant, c'est un vaccin qui était utilisé pour les voyageurs. La France a été l'un des premiers pays à proposer cette vaccination non pas au voyageur, mais aux populations. Les recommandations de la Haute autorité de santé préconisaient de vacciner les personnes qui présentaient une comorbidité, une maladie chronique, un diabète, une obésité... pour les 18-64 ans.

On a retiré la vaccination pour les plus de 65 ans car nous avons enregistré des cas dans ces familles, dont deux cas qui ont conduit au décès des patients. C'est une mesure de protection. J'encourage les patients de Mayotte assez vacciner entre 18 et 64 ans quand ils ont un facteur de risque important.

Je comprends que ça puisse inquiéter. C'est tout le sujet de la vaccination. Il ne faut pas véhiculer de fausses informations.

La vaccination en France, au pays des lumières, protège contre la rougeole. On a eu beaucoup de cas de rougeole et de méningite. On a eu plus de 60 décès de méningite chez des gens non vaccinés.

Il faut donc être prudent. Les indications priment par rapport aux contre-indications. Chez les plus âgés, les décès que nous avons enregistrés était chez des patients de 84 et 88 ans.

Chez les plus âgés, il est préférable de se vacciner avec ce type de vaccin. - Les services d'urgence sont très sollicités à Mayotte. Est-ce que des renforts sont prévus ? - Il y a en permanence des renforts.

Je connais bien ce secteur. Depuis que je suis ministre santé, je me suis rendu deux fois à la réunion et deux fois à Mayotte. - Il n'y en aura pas en plus ? - Il y a toujours des renforts en plus.

Nous avons activé la réserve citoyenne. Dans le plan Mayotte, il y a un plan d'attractivité pour favoriser que les professionnels de santé et de métropole puisse faire des missions avec des avantages... - Il y a suffisamment de volontaires ? - On ne croule pas sous les volontaires. - C'est suffisant ? -C'est une maladie qui ne donne pas tant que ça d'hospitalisation.

Il y a beaucoup de consultations. Il y a des tests à réaliser. Dans une grande majorité des cas, ce sont essentiellement des douleurs articulaires, de la température et des attaques cutanées.

C'est surtout chez les patients qui ont des facteurs de risque et des comorbidités qu'il y aura des hospitalisations. Je ne dis pas que cela ne va pas mettre le système en tension. Mais la mobilisation faite que nous sommes à leur côté pour favoriser toute l'aide dont ils auront besoin.

On parle beaucoup de la médicalisation. Il faut que les gens se protègent. Je réaffirme...

à Mayotte, il y a plus de 30 naissances par jour. Je préconise de bien utiliser toutes les moustiquaires, surtout pour les femmes enceintes, les personnes âgées et les bébés. - On va parler maintenant du transport de malades.

L'Assurance-maladie vient de mettre en place un forfait. Les taxis partent de parle de perte de chiffre d'affaires. Ce n'est pas réglé. -Monsieur le ministre, avez-vous une marge de manoeuvre, vous qui devez revoir les taxis le 11 juin. ? - J'ai besoin de réexpliquer.

Je suis ministre santé, ministre de l'accès aux soins. Pour avoir de l'accès aux soins, il faut lutter contre les déserts médicaux et mettre des soins le plus possible accessible. Je serai autour de la table.

La semaine dernière, nous avons accueilli au ministère de la santé, avec la ministre compte public... il y a une phase de concertation, une réunion technique et des réunions qui doivent se délocaliser dans chaque département. - Elles vont avoir lieu, c'est réunion départemental ? - Elles sont en cours.

J'avais déjà consulté les chauffeurs de taxi dans toutes mes visites officielles. Les caisses primaires d'assurance maladie, les préfectures... il y a des tarifs qui seront départementaux.

Idée, c'est de lutter contre un certain nombre de... le but est que les patients qui se retrouvent en chimio, en dialyse, puisse se rendre faire leurs soins en taxi.

L'objectif est de simplifier, de pouvoir faire face a une forte augmentation. Le transport sanitaire, c'est 6 milliards et même 6,3 milliards. C'est l'argent collectif, l'argent des Français, c'est le fruit des cotisations sociales, salariales et patronales.

Ces chiffres ont augmenté de plus de 45 % depuis 2019. Face a cette augmentation, si on ne veut pas faire d'économies sur le dos de la santé des Français, quand il y a des moyens de transport, il y a aussi la prescription... ce sont des moyens de transport qui sont prescrits par des médecins. - Vous, vous voulez faire des économies.

Les taxis disent qu'ils ne vont plus réussir à vivre correctement. Sur quoi êtes-vous prêts à bouger ? êtes-vous prêts à bouger sur la tarification qu'ils jugent trop basse ? - Je souhaiterais qu'on puisse avoir ce travail de transposition.

Un chauffeur de taxi, actuellement, quels seront ses revenus avec l'application de la réforme ? dans beaucoup de situations, il y a des difficultés à prendre en charge ces nouveaux tarifs. - Vous avez examiné la situation chauffeur de taxi par chauffeur de taxi ? - Le but est de pouvoir voir sur l'ensemble des trajets, département par département.

On souhaite qu'il n'y ait pas un seul patient par transport. Je crois que la plupart des chauffeurs le font déjà, sauf si l'état du patient ne le permet pas. C'est du moment que ses copains compatibles.

Il faut pouvoir faire du transport quand l'Etat de santé du patient le nécessite. Ce n'est pas le même impact quand je signe un bon de transport, quand le patient a le tramway et qu'il habite dans la ville où j'ai exercé, c'est-à-dire à Grenoble... il faut que tout le monde puisse bien apprécier si ce patient a d'autres moyens de se rendre à son rendez-vous médical où sa prise en charge, si son état le permet, s'il y a des transports... - Cela doit s'appliquer au 1er octobre.

Le calendrier ne bouge pas ? - C'est le souhait du Premier ministre. - Ca peut bouger ? - Les discussions sont en cours.

On doit se revoir. Je crois que ça aura lieu la semaine prochaine. - On va maintenant parler des zones à faible émission.

C'est un enjeu de santé aussi. - Ces dernières semaines, le Parlement a voté la suppression de ces ZFE et le retour de certains pesticides. Ce sont des questions de protection de l'environnement et de santé publique.

En tant que ministre santé, ça ne vous gêne pas ? -Il faut être juste dans les différentes propositions qui sont faites. Concernant les ZFE, de quoi on parle ? on parle des atteintes respiratoires et de la morbidité liée au dioxyde d'azote et aux microparticules fines. - On parle de 40000 décès par an. - Ce sont à peu près les chiffres.

Ce sont des chiffres importants chez les enfants, notamment. 12 à 20 % des pathologies respiratoires sont chez les enfants. Entre 7000 et 40000 enfants peuvent voir leur asthme, notamment, expliquer par ces choses-là.

Il faut lutter pour qu'on utilise moins les véhicules thermiques. Cela peut passer par tout un tas d'accompagnement sur le véhicule électrique. Il faut être vigilant.

Un certain nombre de personnes travail et doivent se rendre dans les métropoles pour des examens médicaux. Je crois que tout le monde prend conscience de l'impact de la pollution sur la santé. -Est-ce que vous êtes pour la suppression des ZFE ? - La position du gouvernement était de trouver un compromis, de garder Paris et Lyon et de faire ensuite en sorte que dans chacune des métropoles... cela dépend de comment est organisé le transport. - Ce compromis a échoué.

Cela fait dire à Agnès Pannier-Runacher que c'est du cynisme et de la démagogie. Elle tape un peu sur les députés en disant que c'est de la lâcheté et du déni. Vous êtes d'accord avec elle ? - L'Assemblée nationale a voté.

Le texte va partir au Sénat. La sagesse du Sénat peut arriver à trouver un compromis. Dans ce pays, tout le monde a raison dans cette situation.

Oui, il y a 40000 décès liés à la pollution. C'est insupportable. Il y a trop d'asthme chez l'enfant.

On ne peut pas non plus empêcher des personnes de pouvoir utiliser... de pouvoir acheter leur véhicule électrique.

La question des pesticides différentes. Les pesticides qui sont interdits, mais sur lesquels il est proposé de revenir, il faut faire attention. Ils sont autorisés dans l'ensemble des pays européens.

Nous sommes incapables d'interdire l'importation de produits traités par ses pesticides. - Mais ils sont dangereux pour la santé. - Ce sont les sociétés savantes et le centre international de recherche pour le cancer qui le dise.

Ce n'est pas moi. - Pour vous, c'est reculs sur l'écologie sont aussi des reculs sur la santé. -Quand il y a une cause et naturellement qu'il faut interdire... - Le fait de réintroduire un insecticide qui peut avoir des conséquences sur la santé, le fait de supprimer les ZFE qui peuvent aussi avoir des conséquences sur la santé, ça doit vous faire mal. -Bien entendu que ce ne sont pas les mesures que je défends. -Ce sont les députés des républicains qui ont fait voter la suppression de des ZFE. -Je ne suis pas forcément d'accord avec tout ce que font les républicains.

Heureusement, je partage une grande partie de leur point de vue. - Cela fait des années que...

Vous avez proposé une obligation que les médecins qui sont dans toutes les zones aillent de temps en temps dans les déserts médicaux, là où il y a le moins de médecins. Est-ce qu'il y a une solution entre deux ? - C'est l'une des mesures.

Mais le pacte sur les déserts médicaux est beaucoup plus complet que ça. -Entre ces deux mesures... -Vous ne me parlez que des sujets qui me mettent en porte-à-faux. -On veut savoir comment ça fonctionne. - Ne pas me laisser répondre sur les déserts médicaux... sur les pesticides, on n'a pas terminé.

Vous avez changé de sujet, mais jamais peut-être encore quelque chose à dire. - Sur les déserts médicaux ? - Je ne suis pas favorable aux pesticides, mais il faut qu'on soit dans des dimensions européennes.

Les pesticides n'ont pas la frontière géographique de la France. Vous m'avez agacé. J'aimerais finir sur les trois point ce point... les pesticides, s'ils sont dangereux, ils sont dangereux pour toute l'Europe.

Donc il faut pouvoir les interdire. Sur les ZFE, il faut arrêter de ne pas vouloir dire qu'il y a une différenciation territoriale. Quand certaines personnes, du fait de leur niveau économique, ne peuvent pas rentrer dans des villes pour aller se soigner ou travailler, on voit qu'il y a un problème.

Ce n'est pas pour autant que je veux que tout le monde décède de crises d'asthme ou d'infarctus. -Est-ce qu'il peut y avoir un entre-deux sur les déserts médicaux ? - Le problème des déserts médicaux et numériques.

On forme les médecins comme en 1970. Nous sommes 50 ans plus tard. Il y a 15 millions de Français en plus et le rapport au travail à changer.

Il faut former plus et mieux. Ce sera la fin fendue numerus clausus. Il faudra récupérer nos médecins juniors qui sont partis finir leurs études de santé en Roumanie. - Ca dépend des sujets.

Sur le pesticide en question, la France interdira les pesticides conformément aux recommandations européennes. Je me lance dans un processus. Je vais lutter contre l'alcoolisation aiguë et contre les accidents de la route.

Je vais me battre pour contacter les aliments riches en sucre. - On va parler de la carte vitale. C'est un sujet sensible. - Le dernier à en avoir parlé, c'est Emmanuel Macron.

Il a proposé de la fusionner avec la carte d'identité. Mais il a parlé d'obstacle. Est-ce que ça peut voir le jour ? est-ce que l'objectif est de faire des économies ? - La carte vitale, c'est l'un des vecteurs contre la fraude.

Si on parle du budget de la Sécurité sociale, la fraude est estimée à 13,5 milliards. On a recouvré un peu moins de 1 milliard. Le compte n'y est pas.

L'idée n'est pas d'aller embêter le professionnel de santé. - Quels sont les obstacles ? - Il y a la numérisation de la carte vitale.

Chacun peut avoir sa carte vitale digitalisée sur son Smartphone. Pour l'instant, c'était seulement 46 départements. A l'automne, ce sera généralisé dans l'ensemble des départements.

Il y a encore des habitants qui avaient d'anciennes cartes vitales. Quand vous avez une ancienne carte d'identité... je voulais parler des anciennes cartes d'identité.

Les nouvelles cartes d'identité permettent aussi de digitaliser votre carte vitale. Si la digitalisation est étendue à tout le monde, cela permettra de lutter contre les fraudes. Ce qui serait efficace, c'est que tout le monde est ouvert son compte Amélie.

Il y a un peu moins de 20 millions de Français qui l'ont fait. -Vous l'avez fait ? - Bien sûr. - Très récemment. -On est représentatifs.

On va parler de la fin de vie car c'est un sujet sensible. Les débats sont toujours en cours. -Vous avez l'occasion de dire que vous n'auriez pas forcément voté... - je n'étais pas sûr. - Le texte qui est sorti de l'Assemblée et qui va être transmis au Sénat.

Ce que je crois avoir compris, c'est que votre attention est portée sur l'accès aux soins palliatifs. Catherine Vautrin, au début de l'examen, en 2024, s'était engagée à ce que tous les départements puissent avoir en 2025, des unités de soins palliatifs. Aujourd'hui on en est où ? -Vous touchez du doigt le fait que mes interrogations ne soient pas levées.

Je partage cette volonté avec Catherine Vautrin, cette volonté d'étendre les soins palliatifs dans tous les départements. Ce n'est pas qu'une question d'argent, c'est une question de formation des professionnels de santé. C'est difficile de pouvoir former plus de gens.

Ca fait partie de mes priorités : former plus, mieux, partout. C'est souvent quelque chose qui ne se décrète pas. Ce sont des soignants qui ont eu un parcours médical, paramédical et qui, dans une deuxième partie de leur vie, voudront aller vers les soins palliatifs.

Pourquoi je suis loin d'être sûr que j'aurais voté cette loi ? C'est parce que je ne suis pas prêt à faire du sociétal... 50 % des patients qui devraient avoir accès aux soins palliatifs ne l'ont pas, il ne faut pas que l'aide à mourir soit plus facile... - Aujourd'hui, il y a combien de départements qui n'ont pas ces unités de soins palliatifs ? -Je crois qu'on est à 34 qui ont ces unités.

Ca progresse lentement. Mais, c'est aussi faute de soignants qui veulent s'engager. Il faut les accompagner, prévoir des parcours de formation.

C'est ce que nous faisons. -Plus de questions là-dessus ? - Si, quelles améliorations souhaitez-vous voir apporter au Sénat ? - Je souhaite qu'il y ait des garde-fous encore plus robustes.

Pour moi ce n'est pas...

C'est après les soins palliatifs et, si le désir de mort reste présent chez le patient, alors, une aide active à mourir peut être proposée. Et puis une prise en charge par les soins palliatifs, je cite souvent cette étude du Conseil national qui avait proposé que sur 100 patients à qui on propose une aide active à mourir, quand ils sont pris en charge par des soins palliatifs, 91 % ne la demandent plus. C'est le Conseil national d'éthique qui avait fait une étude là-dessus.

Je suis pour une loi qui s'occupe des 9 % qui souhaitent maintenir leur désir... - Pourquoi pas un droit opposable ? -C'est pas parce que vous allez rendre un droit opposable que ça va enclencher une quantité de vocation chez les soignants. -Un chiffre: 40 milliards à trouver dans le prochain budget.

Par ailleurs, le déficit de la sécurité sociale continue à se creuser. - Une première question très simple : confirmez-vous que le niveau d'économie sur les dépenses sociales, c'est environ 18 milliards sur ces 40 milliards ? - Non.

Je ne confirme pas. Il y aura une donnée donnée par le Premier ministre. Il y a la réalité et il faut savoir la soutenabilité que notre système de santé est capable d'avoir.

Je veux plus lutter contre la fraude, contre l'inefficience, d'où la nécessité d'avoir des comptes numériques pour pouvoir éviter la redondance des examens. Vous écarter tout ce qui est économies... les remboursements ? - Non mais 18 milliards, je ne valide pas ce chiffre-là.

Je ne sais pas d'où il sort. Il peut y avoir différents tableaux Excel qui font des répartitions. Des hôpitaux, des soignants et des malades, on ne peut pas leur couper ces financements.

Je vais rassurer la population. Il est hors de question de rembourser des médicaments qui sont fondamentaux. Par contre, un certain nombre de médicaments qui sont jugés de confort et qui sont remboursés à 15 %... il faut se poser la question.

Ce ne sont pas des sujets à jeter comme ça sur un plateau TV. Ce sont des sujets à travailler. Les médicaments sont pris en charge sur la longue durée, l'idée n'est pas de supprimer l'insuline à un diabétique. - Mais certains médicaments, ça pourrait être jouable. -Certains médicaments sont actuellement remboursés à 15 % car leur niveau d'efficacité n'est pas si mal. -- pas optimal.

Je préfère rembourser les médicaments qui sont optimaux. -15 % ce ne vaut pas le coup ? -Justement, vous parlez d'insuline.

Je suis concerné. Vous nous confirmez qu'aucune personne qui est concernée par une ALD ne verra de déremboursement de médicaments lors du prochain budget ? - Ce n'est pas ce que je vous ai dit.

Je vous ait que quand un patient est diabétique, il n'y aura aucun déremboursement sur son insuline. C'est l'ordonnance bizone. Vous avez deux zones.

Il y a une grande tendance à mettre tous les médicaments dont -- dans la première zone qui est le remboursement à 100 %, même quand le médicament n'est pas en lien avec la pathologie initiale. Je crois qu'il est nécessaire que sur l'affection de longue durée, ce ne soit que les médicaments qui sont en lien avec cette maladie longue durée soient pris en charge. Pour les autres médicaments, il faut se poser la question de la responsabilité de chacun.

Sur les infections à longue durée, il faut aussi se poser la question. Il y a différents types d'affections. Est-ce que c'est un gros mot de dire qu'il faudrait réévaluer l'affection longue durée quand un patient est considéré en rémission complète et puis, pour lui-même, il souhaite un droit à l'oubli lorsqu'il souhaite faire des prêts bancaires, par exemple.

Je pense que ce serait assez logique, à ce moment-là, d'avoir une suspension de l'affection de longue durée. -C'est un gros sujet, la fin du remboursement. - Je n'ai pas dit que c'était la fin.

Je pense que quand on est très malade et qu'on a une affection longue durée, il faut une prise en charge. - Il y a beaucoup de pathologies chroniques ou le seul mode de sortie est le décès. Ce ne sont pas ces pathologies dont on parle.

Quand vous êtes diabétique de type un ou deux, en fonction de votre prise en charge, si c'est pris en charge à 100 %, c'est normal. Mais si vous êtes diabétiques de type un et de type deux, et que vous avez une voiture, est-ce que vous pouvez l'utiliser pour aller à votre rendez-vous médical ? - Cet arbitrage là, le Premier ministre va le rendre avant le 1er juillet ? - Je ne sais pas. - Ce ne sont pas des arbitrages ? - Je vais repréciser mes propos pour pas qu'on sorte de ce plateau en disant qu'on arrête de rembourser les médicaments.

Il faut mettre des pistes sur la table. C'est un travail collectif pour le département Parlement. Il y a des propositions qui sont sur la table.

Du moment que ça ne rogne pas sur les soins, ça ne me pose pas de problème. - Tout sera présenté au 14 juillet. C'est souvent un moment compliqué aux urgences.

Avez-vous déjà un plan pour 2025 ? -Pour l'été prochain, ce sont toujours les plans existants qui sont en vigueur. - Chaque année, on se pose la question. -C'est toujours extrêmement compliqué.

Je vais tout faire pour que les bonnes conditions soient réunies pour que les soignants puissent être à leur poste et qu'on puisse aborder l'été sereinement. Mais après l'été, il y aura l'automne, ce sera la grippe...

à chaque saison, il y a des sujets qui peuvent mettre en tension le système de santé. Moi, je suis le quatrième ministre de la Santé, des Solidarités et des Familles en 2024. Ce n'est pas avec des délais de quatre ou cinq mois que vous pouvez réformer un système de plus de 30 ans. -Vous Venez des Républicains.

On va parler politique. La droite est importante dans ce Gouvernement. François Bayrou a reçu Bruno Retailleau pour parler des élections.

Il est à la fois chargé des élections et président des Républicains. C'est un peu une schizophrénie politique. - Attention, ne pas faire de stigmatisation sur la santé mentale. -Bruno Retailleau dit qu'il refusera une éventuelle réforme du mode de scrutin.

Est-ce qu'il envisage toutes les options ? Est-ce que vous êtes sur la même ligne que lui ? -C'est vous qui m'apprenez sa réaction car je n'ai pas suivi.

Après, sur la proportionnelle, il dit que s'il y a la proportionnelle, il est prêt à quitter le Gouvernement. -Moi, le propos de la proportionnelle, je n'y suis pas favorable. Je pense qu'un parlementaire devrait pouvoir être maire et garder un mandat local... - Vous seriez d'accord avec François Bayrou.

Maintenant, est-ce que c'est une cause pour quitter le Gouvernement ? Ce n'est pas le sujet de préoccupation des Français. Je n'ai pas dit non plus que ce n'était pas une raison pour quitter le Gouvernement.

Je suis dans une famille politique et je respecterai ma famille politique, donc je serai solidaire des décisions que nous prendrons quant à la présidence. Je dis juste que, pour avoir été dans des visites ce week-end, les gens ne sont pas complètement passionnés par le mode de scrutin. Laissez-moi en parler avec mes collègues. - Laurent Wauquiez, dont vous êtes proche, a mis la pression sur Retailleau pour qu'il refuse de voter sur la proportionnelle. - Nous ne sommes pas favorables à la proportionnelle pour les élections législatives.

Donc je ne vais pas devenir favorable pour garder mon poste de ministre. Il faut regarder si c'est un sujet de priorité par rapport à la situation de la France. J'ai l'impression que dans la configuration actuelle de l'Assemblée nationale, nous avons une représentation qui s'approche de... - Justement, à l'Assemblée nationale, il y a une majorité pour la proportionnelle. - Il faudrait en définir les modalités, c'est dans les détails que se niche le diable.

Est-ce que c'est une proportionnelle départementale, régionale, mais le fait que vous soyez un député qui travaille dans sa circonscription, à la proportionnelle, on y élit une marque et moi, il y a deux marques que je condamne, le RN et LFI. -C'est peut-être au Premier ministre qu'il faudrait le dire. - Nous avons évoqué ce sujet avec lui. - Il faudrait lui dire que s'ils vont trop loin, le LR pourrait quitter le Gouvernement. - Il faut être dans son rôle.

Mon rôle est d'être ministre de la Santé, des Solidarités et des Familles. Je resterai dans ma discipline. - Autre question politique, sur les municipales, êtes-vous favorables avec un accord entre LR et les Macroniste ? -Déjà ce sont les composantes du socle commun, c'est Horizons, LR.

L'accord national, je ne sais pas. Là, il y a une participation des Républicains, dans un souci de responsabilité. Je ne parle pas des ministres LR ou Gouvernement. -- au gouvernement. - On va parler d'un événement qui s'est passé hier, un événement grave.

Il faut avoir une intelligence des territoires. - Un homme a été tué par son voisin parce qu'il était tunisien. Un homme turc a été blessé.

Avez-vous l'impression que la menace d'un terrorisme d'extrême droite est sous-estimée en France ? - Je pense qu'il faut être ferme et avoir une tolérance zéro sur tout acte de racisme. Je n'ai pas vu cette agression, mais si cette agression est au motif de menaces racistes, je le condamne.

Et je condamne toute attaque antisémite. Il ne faut pas opposer les deux. - Le parquet antiterroriste enquête.

Est-ce que vous appelez le riez la classe politique est peut-être en particulier votre famille politique à être plus prudente, notamment lorsqu'il s'agit de tenir des discours contre l'immigration ? -Je crois que tout le monde doit être prudent. Ce sont des sujets extrêmement graves.

Il ne faut stigmatiser personne. L'idée, c'est de lutter contre le racisme. L'immigration est un sujet, l'immigration illégale, sans mélanger ça avec le racisme. - Quand Bruno Retailleau dit " à bat le voile " dans un meeting, est-ce que c'est un message raciste ? - Je ne suis pas sur ces sujets-là.

Je ne m'exprime pas de cette façon. Mais ce que Bruno Retailleau a voulu dire, c'est, je pense, que quand on décide de venir vivre en France, quelque part, on a toute une assimilation qui doit se faire. Cela ne veut pas dire renoncer à sa religion, bien au contraire.

Mais ça veut dire de pouvoir la respecter. C'est toute la laïcité de notre société, de pouvoir faire en sorte qu'on puisse pratiquer sa religion sans gêner la pratique ou la religion de son voisin. Je ne suis pas certain que le voile soit une preuve de liberté.

Dans beaucoup d'autres pays en dehors de l'Europe, beaucoup de femmes se battent pour ne pas avoir le voile. Il faut être extrêmement prudent. Ce que je veux vous dire, c'est que dans la république française, les lois de la république doivent s'appliquer.

La laïcité doit pouvoir se pratiquer. - Quelqu'un demande dans le chat ceci : " Les lignes de certains politiques poussent certains extrémistes... " Vous prenez votre part de cela ? - Je crois que tout propos, s'ils poussent à une incompréhension et à des acteurs racistes, doivent être condamné, chez LR comme chez tout le monde.

Il faut être prudent quand on est politique, quand on est ministre ou député. Il faut être juste dans ses propos. Ce qui est un peu dommage, c'est que quand on est juste dans ses propos et qu'on est modéré, on intéresse beaucoup moins les journalistes parce que cela fait moins vendre.

J'ai souvent pris des positions mais modéré sur des sujets qui nécessitaient gravité et mesure. En fait, tout le monde attend la petite phrase qui va faire baiser. - Vous parliez d'antisémitisme.

Il y a quelques minutes, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher se sont rendus devant le mémorial de la Shoah à Paris. Il a été barbouillé de peinture verte ce week-end : trois ressortissants étrangers ont été arrêtés. On ne sait pas exactement où ils viennent.

Pour vous, c'est un acte antisémite ? - C'est un acte à condamner fermement, avec la tolérance zéro. J'imagine que oui, c'est probablement antisémite. - Le fait que cela arrive comme ça avec des ressortissants étrangers qui sont venus faire cela en France... - Il faut être très prudent quand on commente ce genre d'actes.

Il y a une géopolitique extrêmement mouvante entre la Russie, les Etats-Unis... il faut faire attention à ne pas commenter trop vite pour savoir qui est derrière.

Parfois, on peut avoir des surprises. - On va recevoir l'invité qui va débattre face avoue dans deux minutes. Il est entrepreneur et a choisi de s'investir dans le grand âge.

Il accompagne des personnes âgées en perte d'autonomie ou en situation de handicap. -Face avoue, un entrepreneur social. Venue d'HEC, il quitte un poste confortable pour créer avec deux amis une entreprise d'accompagnement de personnes âgées à domicile.

Il a aussi co-fondé le collectif " Le soin d'abord ". Son idée est de bâtir un contre modèle du grand âge, une société du Caire dans laquelle l'humain est au centre. L'objectif est que les personnes âgées puissent choisir leur vie dans la dignité, notamment.

Une philosophie qu'il détaille dans son ouvrage " Bonjour vieillesse ". Il développe un management humain et autonome. - La pointeuse, que l'on pensait renvoyer à l'imaginaire de l'usine, accompagne les auxiliaires de domicile du matin au soir.

Comment prendre soin consciencieusement avec une telle étroitesse de tâches ? - Le care est selon lui la seule manière de faire face. Face avoue, Thibault de Saint Blancard. - Il fait son entrée.

Je vous laisse salut le ministre. Je vous laisse vous installer. Tout à l'heure, Yannick Neuder, vous parliez de formation des soignants pour les soins palliatifs.

Thibault de Saint Blancard, vous parlez aussi de formation pour l'accompagnement des personnes âgées. - Bonjour, Monsieur le ministre. Avant de parler de formation, j'aimerais parler du livre " Bonjour vieillesse " que l'on a écrit pour faire émerger le sujet du bien vieillir.

On parle peu de ce sujet. Le sujet de la vieillesse est un peu encastré entre la question du régime des retraites que l'on dit insoluble et la question de la fin de vie. Entre les deux il y a la vieillesse qui peut être longue et belle.

D'autre part, on peine à prendre du recul. Ces dernières années, on a beaucoup critiqué l'accompagnement des personnes âgées, notamment en EHPAD. Depuis 50 ans, on a fait des progrès énormes.

On a permis à des centaines de milliers de personnes d'être accompagné et pris en charge dans des conditions matérielles dignes. Le débat s'est déplacé. En plus de pouvoir être pris en charge, ces personnes peuvent veulent continuer à créer du lien autour d'elles.

Le bien vieillir, dans un monde fractionné, ça peut être un très bon...

J'en viens à ma question. Le bien vieillir est un vrai projet de société, mais on ne l'a pas encore identifié collectivement. On a bien identifié la transition écologique et la transition démographique, mais pas encore qui n'est pas encore totalement embrassée.

Selon vous, quels sont les déclics qui peuvent permettre à la société et au grand public de bien embrasser ce sujet ? - C'est beaucoup de questions en une. Je vous dirai que bien vieillir, personne ne peut être contre.

Ce qui est important, c'est de bien vieillir en bonne santé. Les enseignements de la crise COVID, c'est que le recours un peu systématique à l'EHPAD est un sujet qui n'est plus d'actualité. Le bien vieillir, c'est vieillir en bonne forme chez soi.

Il y a un virage domiciliaire qui est en train de se prendre. Les personnes âgées souhaitent pouvoir rester chez elle avec un certain nombre de soins à domicile. Cela nécessite que nous puissions organiser notre société différemment.

Je crois qu'il y a un vrai sujet d'emploi, de formation, de nouveaux services et de nouveaux métiers pour maintenir les aînés à domicile, dans la qualité. Cela passe aussi par des bilans de prévention importants. Il y a beaucoup de sujets.

Quand j'écoute vos propos, ça me fait penser au projet avec la poste, qui mobilise sa flotte de postier pour faire les bilans de prévention à domicile, contre les chutes et tout ce qui peut être impactant, pour permettre aux personnes âgées de rester chez elle. Ce sont aussi des politiques des collectivités locales. J'étais président d'agglomération.

On finançait des travaux pour supprimer une salle de bain à l'étage d'une maison et pour aménager souvent des locaux. -Vous voulez parler de formation. -Oui.

Il y a un vrai enjeu à former en continu les personnes. On dit toujours qu'il faut recruter plein de monde. Le recrutement est très important.

Mais le fait que ces personnes restent dans ces métiers, c'est aussi très important. - Ce sont des enjeux sociétaux. On voit aussi l'évolution.

Beaucoup de jeunes choisissent les métiers du soin. On n'est pas complètement dans le sanitaire mais dans le médico-social. Ce sont des métiers plutôt choisis, mais ils ne restent pas forcément longtemps dans ces métiers.

Probablement parce que c'est dur et aussi parce que c'est difficile de travailler la nuit, le samedi et le dimanche quand une grande partie de la société ne travaille pas. Je comprends que pour beaucoup de soignants, quand le conjoint n'est pas soignant lui-même, ça peut être compliqué de comprendre. Ce sont des niveaux de rémunérations qui ne sont pas très attractifs par rapport à un niveau de contraintes importants.

On voit des gens quitter le soin pour avoir un travail peut-être moins passionnant et moins engageant humainement, mais qui est plus facile pour le conjoint et la vie de famille. -Il y a un vrai changement de regard à opérer. Aujourd'hui, la vieillesse et les métiers du soin, on n'en entend parler souvent dans des termes négatifs.

Si on change de regard sur ces métiers et si on les appréhende moins par la technique et plus par le lien présupposé tissé entre les professionnels, on verra... - L'essence de ces métiers, c'est la quête de sens.

Il faut faire attention que dans les métiers du soin, ce qui engage les gens, c'est rarement pour gagner de l'argent. Vous ne devenez pas aides-soignants ou infirmières... -Ce sont des vocations ? - Cela fait peut-être un peu vocations religieuses.

Mais c'est un vrai engagement. Si on veut qu'il dure dans le temps, il faut veiller aux conditions de travail. Cela fait un peu partie des sujets sur lesquels le Parlement à légiférer, notamment avec les ratios de soignants aux lits des malades.

Je commence à saisir la Haute autorité de santé pour cibler un certain nombre de professionnels. Je vais cibler les aides-soignantes et les infirmières dans un certain nombre de cas. J'ai identifié notamment la périnatalité, un autre extrême de la vie.

Mais je pense que le sujet de la vieillesse est aussi un sujet. On a du mal à mobiliser les gens. - Le changement de regarde aussi être opéré par l'Etat.

Aujourd'hui, quand un établissement, un EHPAD, veut faire quelque chose en faveur du bien vieillir il se heurte à une réglementation assez lourde. Comment l'Etat peut davantage faire avec et permettre à ces initiatives de voir le jour ? - Je crois qu'il y a beaucoup de dispositifs qui sont entre les mains des conseils départementaux.

On laisse plutôt au contraire aller les professionnels des établissements verts de l'innovation. J'ai visité un EHPAD qui a créé une crèche et une halte-garderie pour favoriser l'intergénérations Nell. Je crois qu'il faut laisser... -Et les animaux domestiques ? - Oui, aussi.

Il ne faut pas que le personnel... s'il y a 80 résidents qui ont des chiens, il faut quand même que ça reste compatible.

C'est la bonne intelligence collective. Si quelqu'un est très attaché à son petit chien et qu'il rentre dans l'établissement avec son petit chien et que ça ne pose pas de problème, ce serait inhumain de faire que la personne s'en sépare. -Merci, Thibault de Saint Blancard.

Merci, Yannick Neuder. Bonne soirée sur la chaîne parlementaire. On se retrouve bientôt sur la chaîne numéro huit, cette fois.

Yannick Neuder, ministre de la Santé et de l'accès aux soins | LCP, Lundi C'est Politique — Yannick Neuder · Pourquijevote