Podcast ZBand _ La Génération Z interroge Dominique de Villepin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:42OuverteRéponse directe
Face à l'avance de la Chine et des États-Unis en IA, une alliance nord-sud peut-elle changer la donne ?
- 4:20OuverteRéponse partielle
Pourquoi s'arrêter à un nom ? Pourquoi ne pas aller plus loin dans le changement radical ?
- 7:54OuverteRéponse directe
D'où vous viennent vos axiomes moraux pour tracer les frontières éthiques du transhumanisme ?
- 12:11OuverteRéponse directe
Quelle initiative concrète la Tunisie et ses voisins pourraient-ils lancer pour renforcer leur coopération et stimuler l'innovation ?
- 16:34OuverteRéponse directe
Si le Maghreb devait lancer un projet commun dès demain, lequel serait le plus bénéfique pour la région ?
- 20:14OuverteRéponse directe
Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent contribuer au renouveau économique et politique de leur pays ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:24Fait
« Cette souveraineté, il faut comprendre qu'elle n'est pas seulement technologique, elle doit être aussi vrai en matière sécuritaire, en matière financière. »
- 2:53Fait
« Les Américains viennent de signer il y a quelques jours leur stratégie de sécurité nationale et au sommet des objectifs de cette stratégie nationale, il y a la volonté de mettre en œuvre les outils qui sont les leurs sur le plan numérique. »
- 8:36Fait
« Quand nous prenons l'habitude de scroller sur nos portables, de passer d'une image à l'autre, d'une petite histoire à l'autre en 10 secondes, c'est tout notre régime d'attention qui en est modifié. »
- 10:04Fait
« La congruence, c'est la capacité à aligner, tirer un fil entre ce qu'on est aujourd'hui et ce qu'on veut être demain. »
- 12:54Fait
« Nous étions dans une mondialisation libérale où les lois de l'espace dominaient et nous sommes rentrés dans une mondialisation fragmentée en bloc. »
- 27:33Fait
« La responsabilité de la communauté internationale est immense. »
- 34:05Fait
« Nous sommes dans un monde où on voudrait chacun, chacune nous enfermer dans une logique identitaire. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
Bienvenue dans ZPD, l'espace où la génération Z questionne le monde sans filtre et sans détour. Zpind, un format produit par l'ACE, crée une rencontre directe entre des jeunes et un guest speaker. AFL guit cet échange et donne la parole à quatre jeunes âgés de 16 à 20 ans : Eas, Yarya, Ela, Elina. Venu questionner, comprendre et interpeller. Notre invité aujourd'hui est monsieur Dominique de Villepin, ancien premier ministre français, figure incontournable des relations internationales, écrivain et l'une des voies les plus marquantes de la scène diplomatique contemporaine. Pour commencer, place à la technologie et à l'innovation. Bonjour monsieur Dom. Bonjour. Depuis des décennies, les pays du sud ratent les grandes révolutions
technologiques. Mais aujourd'hui, face à l'avance la Chine et les États-Unis en matière d'intelligence artificielle, c'est à peu près tout le reste qui est en retard. Sommes-nous donc condamnés les deux rives de la Méditerranée à devenir de simples vassaux numériques ou bien est-ce qu'une alliance nord-sud peut-elle changer la donne ? Alors, vous posez bien la question. le l'avance des États-Unis, l'avance de la Chine en matière technologique ne cesse de s'affirmer. Et face à ça, on a un choix. Soit chacun d'entre nous avance en ordre dispersé, soit on est capable de comprendre les solidarités qui nous lit, d'abord les liens de l'histoire, les liens de la
géographie et aujourd'hui un défi commun qui est notre indépendance, notre souveraineté. Comme vous l'avez parfaitement dit, cette souveraineté, il faut comprendre qu'elle n'est pas seulement technologique, elle doit être aussi vrai en matière sécuritaire, en matière financière. Nous y reviendrons peut-être. Tout cet ensemble constitue notre capacité à regarder l'avenir ensemble. Mais là où le différentiel de puissance se fait de façon très marquée, c'est bien dans le domaine technologique. On le voit avec les plateformes numériques. Nous n'avons pas en Europe et ici au Maghreb ou en Afrique, ni ailleurs d'ailleurs dans le monde d'équivalent des grandes
plateformes que sont les GFAM ou que sont les Bats. Ils ont des outils que nous n'avons pas et donc nous n'avons pas d'autre choix que d'utiliser aussi ces outils. Par contre, nous avons le choix de pouvoir réglementer l'usage de ces outils, contrôler un certain nombre de ces outil. C'est donc la question de la réglementation et c'est la question de la capacité de modération des algorithmes. Dans ce domaine, nous avons donc à nous organiser, à structurer nos espaces de façon à ce qu'il ne soit pas de simple espace où la règle américaine ou chinoise s'impose, la règle TikTok, la règle Instagram euh s'impose à nous. euh
et que nous puissions préserver euh cette indépendance. Cette indépendance, elle est particulièrement importante sur le plan politique et idéologique. Les Américains viennent de signer il y a quelques jours leur stratégie de sécurité nationale et au sommet des objectifs de cette stratégie nationale, il y a la volonté de mettre en œuvre les outils qui sont les leurs sur le plan numérique. Et on voit les accusations qui sont portées vis-à-vis des Européens d'être un espace en déclin, y compris en déclin civilisationnel des régions où la liberté d'expression ne serait pas conformément à ce que pense aujourd'hui l'administration américaine vraiment satisfaite. Donc
nous avons à défendre aujourd'hui nos pays face à une idéologie qui n'est pas la même que la nôtre. Le partage des idéos démocratiques ne se fait plus entre les deux rives de l'Atlantique. Et c'est en ça qu'avec euh euh l'ensemble des pays euh qui euh euh sont proches euh de l'Europe, nous avons aujourd'hui le devoir d'avancer ensemble. Et il y a un espace privilégié pour l'Europe. Cet espace privilégié, c'est l'espace composé du Maghreb, de l'Afrique, de la zone Moyen-Orient. C'est ce que j'appellerais le voisinage européen. Nous partageons une histoire, je l'ai dit, des valeurs, une géographie et nous avons aujourd'hui à nous doter d'outils qui nous permettront d'avancer et d'avancer ensemble. Hm
hm. Vous avez mentionné la limite euh qu'il faut imposer à l'innovation. Nous nous y reviendrons plus tard, mais juste avant euh dans votre dernier ouvrage, le pouvoir de dire non. Euh vous dénoncez l'impérialisme, l'hypercracie des élites. H en somme vous vous frôlez l'appel à une conscience de classe. Euh mais avec les urgences climatique et géopolitique actuelle et aussi les cartes qui sont rabattues euh par ces nouvelles technologies là. Pourquoi s'arrêter à un nom ? Pourquoi ne pas aller plus loin ? Le le vrai le véritable courage pour nos générations ne réside pas plutôt dans un oui un oui à un changement plus radical bien sûr mais avant de dire oui, il faut être capable de mesurer la menace. Euh nous sommes dans un premier temps où il y a un combat à livrer. Quand il y a un
combat à livrer, c'est vrai face à tous les grands défis de l'histoire. Euh il faut d'abord être capable de résister et et donc avant de pouvoir euh livrer combat, il faut éviter euh de se laisser enfoncer, dominer par euh le pouvoir euh de l'adversaire ou du rival. On le voit bien face aux nouvelles technologies qui dominent aujourd'hui les marchés. Euh la première règle, c'est d'être capable de contrôler euh l'importance de ces technologies chez nous. Euh quand nous voyons par exemple des produits chinois euh comme ceux des plateformes TMU ou Chine, bah la première chose c'est qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on accepte que des produits qui sont fabriqués
sans respecter les règles sociales ou environnementales qui sont les nôtres puissent arriver en toute liberté par le biais de petit colis où est-ce que nous nous dotons d'une réglementation pour faire face. Donc vous avez 100 fois raison, il faut réagir, il faut mettre en œuvre des politiques. Mais la première chose d'abord, c'est d'y faire face. Quand vous avez des véhicules automobiles électriques arrivants de Chine qui sont beaucoup moins chers et souvent de très grande qualité, comment euh pouvoir véritablement limiter l'accès au marché européen de ces produits ? Et c'est pareil en ce qui concerne le numérique pour les États-Unis, la règle qui a été posée par l'administration Trump, c'est on
augmente d'emblé les droits les droits de douane en Europe. Et à partir de là euh c'est les États-Unis qui fixent la règle. Nous avons accepté sans réagir une hausse de 15 % des droits de dou en réagissant très mollement. Et à partir de là, que disent les États-Unis ? Surtout surtout ne cherchez pas à réglementer les plateformes numériques qui veulent travailler en Europe parce que nous augmenterons encore les droits de douane. Donc nous tombons dans ce qui est un chantage économique, commercial, technologique qui est tout à fait inacceptable entre partenaires. Et donc il y a un moment, il faut être capable d'abord de dire non et puis se poser la question comment on
s'organise, comment on organise des filière de substitution, comment on organise des partenariats et c'est là où des deux côtés de la Méditerranée dans un espace dans un marché suffisamment important qui peut être de 300 400 millions de personnes, comment est-ce que ensemble on se dote des outils qui nous permettront de réagir ? Merci. Maintenant, une question un peu plus philosophique, toujours dans le pouvoir de dire non, vous évoquez les seuils éthiques qui sont liés au transhumanisme et aux biotechnologies. D'où vous viennent votre socle, vos axiom moraux qui vous permettent justement de tracer ces frontières là, ces frontières étiques ? Alors le l'Europe a une histoire et cette histoire, elle puise évidemment euh euh dans la profondeur des siècles et en
particulier dans le siècle dit des Lumières, le 18e siècle qui a éclairé par la réflexion philosophique euh ce qu'était euh l'homme européen, l'homme tout court, l'homme nu dans son identité humaine et qui commence par comme première démarche le respect, le respect de soi, le respect des autres, le respect de la nature, du milieu dans dans lequel nous sommes. Et donc ce socle des lumières nous donne une certaine exigence, une certaine exigence qui est essentielle alerte du numérique. Quand nous prenons l'habitude de scroller sur nos portables, de passer d'une image à l'autre, d'une petite histoire à l'autre
en 10 secondes, c'est tout notre régime d'attention qui en est modifié. Moi, j'ai grandi et c'était un délice quand j'avais 7 ans 8 ans en prenant à la bibliothèque de mon école en Amérique latine, je prenais le plus gros livre possible pour pouvoir plonger dans des univers. Alors, c'était Robinçon Crusaué, c'était toutes sortes d'histoires et j'étais capable de lire 3h, 4h, 5h, 6h dans une même journée d'affilé sans m'arrêter. J'étais pris euh par la passion et je dévorais les ouvrages. Aujourd'hui, est-ce qu'un jeune est capable de passer 3h, 4h, 5h à lire plus autant ? Et voilà, le régime d'attention a changé et nous devons faire en sorte que notre
humanité ne soit pas soumise à une nouvelle règle qui est celle du zapping permanent, l'incapacité à se concentrer, à se fixer. Pourquoi je dis ça ? parce qu'il y a un principe très important pour moi qui porte un nom un peu barbare qui est le principe de congruence. C'est quoi la congruence ? La congruence c'est une exigence qui consiste à aligner ses idées, sa vie, la construction de sa vie autour d'un souci d'ordre. faire en sorte que l'enfant qu'on est à 7 ans, le jeune homme qu'on est à 14 ans, l'homme qu'on est à 21 ans, la personne beaucoup plus âgée que je suis à 72 ans, il y ait pas trop
d'écart. Il y a il y a un fil directeur parce que si nous nous laissons guider euh par les nouvelles technologies, par nos désirs, par nos ambitions, nous perdons nos rêves d'enfant, nous perdons euh nos exigences, nos idéaux, nos envies, le respect de nous-mêmes et parfois le respect des autres. Donc il y a, je crois, une exigence de continuité. La congruence, c'est la capacité à aligner, tirer un fil entre ce qu'on est aujourd'hui et ce qu'on veut être demain. Ne pas se laisser bousculer par la vie, par les désirs, par les situations, mais être capable de construire sa vie et d'ordonner les choses petit à petit
de façon à à être celui que l'on veut être. Merci Dominic. Bah, merci à vous. C'était passionnant. Merci beaucoup. Bravo ! Merci monsieur Dominique. Vous avez mentionné un point très important, le fait de tenir à ces principes et de rester de ne pas essayer de d'être tenté par les tentations, que ce soit les nouvelles technologies ou autre chose. Euh ça ne veut pas dire être droit dans ses bottes. Ouais. Parce que être droit dans ses bottes, ça veut dire qu'on refuse de changer. On s'enferme dans ses propres idées et et on ne regarde pas les autres. Ça veut dire être capable en permanence de se questionner soi-même et de questionner les autres et le monde pour essayer de faire mieux. Je crois que rien n'est définitif dans la vie. On peut toujours faire mieux.
Et et ce qui est passionnant chaque jour, c'est d'essayer de tirer les leçons de la veille pour s'améliorer. On n'est pas on n'est pas une fois pour toute ce que l'on est et on a toujours intérêt à se remettre en cause pour essayer d'avancer. C'est un débat permanent. Voilà. Merci Elè. Je viens d'opposer le décor technologique et stratégique de notre époque. Mais l'avenir ne se construit pas uniquement sur les algorithmes, il se joue sur les alliances, les projets communs et la capacité du Maghreb à passer dans un monde en pleine récomposition. C'est exactement le terrain de notre prochain intervenant, Yahya Abraham. À toi le tour. Bonjour monsieur le premier ministre. C'est un plaisir de vous avoir ici en Tunisie. Merci. Et quand on pense à la Tunisie, on pense
au Maghreb. Ainsi, face à l'évolution des blocs régionaux et aux pression des grandes puissances et superpuissances comme les États-Unis et la Chine, quelle initiative concrète la Tunisie et ses voisins pourraient-ils lancer pour renforcer leur coopération et stimuler l'innovation ? Le point de départ de tout de tout ensemble régional, c'est d'être capable d'approfondir son unité. Nous sommes dans un monde qui a profondément changé en quelques années. Nous étions dans une mondialisation libérale où les lois de l'espace dominaient et nous sommes rentrés dans
une mondialisation fragmentée en bloc. Ça veut dire qu'il y a une prime aux régions qui sont capables de se structurer pour construire des solidarités de proximité. Et c'est tout l'enjeu et tout le défi pour le Maghreb. Est-ce que le Maghreb est capable de structurer sa croissance économique autour d'infrastructure, autour de réseau énergétiques, autour de système d'eau, autour de moyens technologiques qui lui permettent de développer l'ensemble de ces espaces. Cette unité économique, sociale, culturelle, technologique, elle
dépend très largement de variables politiques. La clé de l'unité d'une région, c'est la capacité qu'ont les États à s'entendre bien les uns les autres. Or, au Maghreb, il y a un certain nombre de difficultés liées à l'histoire de contestation frontalière, de sujets hérités de la colonisation. C'est la question du Sara occidental. Euh et tout ceci, si l'on veut rentrer dans une nouvelle époque doit être dominé. Le Moyen-Orient pas très loin participe des mêmes défis et des mêmes difficultés. Euh le Moyen-Orient ne pourra trouver son unité régionale que lorsque euh euh le conflit palestinien sera réglé quand les relations entre
Israël, le Liban, la Syrie sera réglée, quand la question du nucléaire iranien sera réglée. Donc le Maghreb a un défi, c'est de renforcer l'ensemble de ces coopérations techniques, économiqu, culturell, mais cela suppose davantage d'unité politique. Il y a un autre facteur qui peut favoriser l'intégration, c'est que le Maghrebéra considérablement de coopération privilégié avec d'autres régions. Et il y a une région voisine, c'est l'Europe. Des deux côtés de la Méditerranée, nous avons une proximité très marquée par l'histoire et par la
géographie. Et la capacité de renforcer les coopérations entre ces deux ensembles qui sont complémentaires à bien des égards passe effectivement par un intérêt commun que nous avons à encourager l'intégration politique, économique et régionale des deux côtés de la Méditerranée. Et de ce point de vue-là, il y a donc en quelque sorte une logique de partenariat, de codéveloppement, de coresponsabilité. Nous ne sommes plus dans la logique nord-sud où il y avait un nord dominant et un sud qui euh euh était limité par un certain nombre d'activités économiques et techniques. Nous sommes aujourd'hui dans un véritable partenariat qui suppose que des deux
côtés à égalité, nous puissions trouver les bases d'un progrès commun. Ça veut dire euh faire de gros efforts dans le domaine de la question des migrations, par exemple, de la question euh de la gestion euh des trafics, de la question des partenariats économiques et technologiques. Mais les synergies sont là, on le voit ici en Tunisie dans euh la réussite d'un certain nombre de groupes économiques et technologiques qui d'ors et déjà on ont ont compris et trouvé les moyens de ce développement en liaison avec les marchés européens. Il faut approfondir cela. L'approfondir et c'est un des enjeux des questions de formation, l'approfondir aussi dans le domaine de la formation euh des jeunes, des talents pour que les compétences
puissent euh s'améliorer, s'élever et donc que le partenariat puisse s'approfondir et devenir encore plus efficace. Merci beaucoup pour votre réponse. Vous l'avez souligné, la coopération régionale apparaît donc comme incontournable et légitime. Cependant, la vraie question est de savoir par où commencer. Ainsi, si le Maghreb devait lancer un projet commun dès demain pour peser dans le nouvel ordre mondial, lequel serait le plus bénéfique pour la région ? Est-ce que un projet environnemental, écologique, politique, économique, social ? Alors, je crois que la logique euh qui a été celle de l'Europe pour prendre l'exemple de ce que l'Europe a fait, c'est de
mettre l'économique. D'abord, nous avons commencé par la coopération économique dans le domaine du charbon et de l'acier dans les années 50 au lendemain de la guerre et nous avons poursuivi par la création de la communauté européenne et aujourd'hui nous avons élargi en développant un marché européen qui touche à l'ensemble des différents secteurs, même s'il y a encore beaucoup à faire notamment dans le domaine des capitaux. Donc un des choix possibles, c'est de suivre l'itinéraire qui a été celui de de l'Union européenne et de commencer par une intégration économique, un partage économique. Et il est évident que aujourd'hui réfléchir à un meilleur meilleur partage dans des coopérations sur l'eau, par exemple, les
interconnexions dans le domaine de l'énergie, dans le domaine des infrastructures de transport, c'est vrai que autant les les infrastructures de transport existent dans une logique nord-sud, autant elles existent peu dans une logique est-ouest, donc désenclaver les régions. Et ça suppose de pouvoir ouvrir les frontières, ça suppose de pouvoir structurer les territoires en optimisant l'intérêt de chacun à travers une logique de développement des ports qui puissent bénéficier par exemple ou des aroports qui puissent bénéficier à l'ensemble de la région. Donc c'est d'abord se doter des infrastructures, se doter d'un partage euh de développement
à travers des interconnexions qui euh augmentent la capacité de la région à euh produire, à consommer, à se développer. Et je pense que cette logique là c'est la bonne. Ma conviction c'est que ce n'est pas complètement séparable des autres dimensions sociale, économique, culturelle. D'une certaine façon, l'ensemble de ces dimensions doivent aller de pair en privilégiant les partenariats qui sont susceptibles d'être mis en place rapidement et qui sont susceptibles de marcher. Il y a pas de démarche sur le plan régional et international qui soit plus efficace que la démarche qui consiste à montrer à
tout un peuple qu'un projet donne des résultats. Une des grandes difficultés du monde d'aujourd'hui et c'est vrai partout dans le monde, c'est vrai en Chine, c'est vrai aux États-Unis, c'est vrai en Europe, c'est vrai en Afrique, c'est la difficulté à recenser des choses qui marchent. Quand quelque chose marche, il y a un enthousiasme, il y a un appel d'air, il y a de la volonté d'aller de l'avant, de multiplier les les les initiatives et donc ce dont on a le plus besoin aujourd'hui, c'est de quelque chose qui marche. Merci pour votre réponse. Et cette dynamique ne se jouera pas uniquement entre État. Nous, les jeunes auront un rôle décisif. Ainsi, monsieur Deilpin, quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent contribuer au renouveau économique et politique de leur pays ?
dans un contexte d'incertitude globale, c'est-à-dire quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent s'engager dans le combat d'une vie ? C'est une une question difficile et et c'est celle que nous avons tous à à régler à tous les âges et de ce point de vue-là, il faut être lucide. votre génération a une tâche particulièrement difficile et je le dis souvent en France et en Europe, mais c'est vrai dans beaucoup de régions du monde, votre génération a un défi encore plus lourd parce que vous avez dans la plupart des cas à faire face à une dette écologique laissée par la génération précédente, à une dette financière laissée par la génération précédente et à un monde qui est encore plus difficile et plus complexe à aborder. Et c'est pour cela
que la première chose à mon sens qu'il faut qu'il faut faire, c'est essayer de d'enrichir, de diversifier son expérience. Une bonne formation, c'est bien, mais être capable d'ouvrir cette formation, d'élargir son horizon, voyager, regarder ce qui se fait ailleurs, au-delà des frontières, ce qui se fait dans les pays voisins, ce qui se fait sur d'autres continents, c'est une chance. C'est une chance de pouvoir se situer, de pouvoir mesurer le le champ des connaissances qui reste à apprécier et c'est la possibilité de transcrire chez soi un certain nombre idées qu'on a pu avoir. Il y a un programme qui a fait une différence pour beaucoup de jeunes en Europe, c'est le programme Erasmus. Le
programme Erasmus, c'est un programme qui permettait à un jeune français d'aller passer quelques mois en Espagne, au Portugal, en Allemagne. Moi, je pense que ce programme, nous devrions être capable dans les prochaines années de le développer entre l'Union européenne et le Maghreb, avoir et et une partie de l'Afrique progressivement. Je pense que plus nous sommes capables de nous ouvrir aux autres réalités de pays voisins, d'ensembles régionaux voisins, plus notre horizon s'agrandit. On a souvent tendance à avoir midi à sa porte. Euh et bien euh aujourd'hui, nous sommes dans un monde qui va très très vite, qui change très très vite, euh où rien n'est figé, où les possibilités sont immenses et donc il ne faut pas s'enfermer mais
bien essayer de de relever euh les défis du monde. Donc s'ouvrir au monde et en même temps questionner sa propre conscience, questionner sa propre intelligence en acceptant et bien de penser différemment. L'une des règles que je me suis fixé dans ma vie, c'est de penser contre moi-même. On a toujours tendance à croire qu'on détient la vérité, que l'on est fort et riche de ces certitudes. Je pense le contraire. Je pense qu'il faut accepter tous les jours de se soumettre à la question. Euh vous voyez quand on se sert de nos petits iPhones et que on va sur chat
GPT, quand vous posez une question à Chap GPT, euh la plupart du temps, les algorithmes font que euh ils vont dans votre sens, ils vous donnent raison, ils suivent la la pente de la question que vous avez posée. Et donc, il faut constamment reprendre chat GPT en disant "Faites-moi maintenant une analyse critique de ce que vous venez de me dire pour avoir l'autre face, la face cachée de la Lune. Si on veut vraiment comprendre un sujet, il faut le regarder sous différents angles. Regardez ici dans cette pièce, il y a une 2 3 4 caméras qui prennent chacune un angle différent. Chacune de ces caméras regarde une partie de la réalité. Et si on avait qu'une de ces caméras, on
aurait une réalité différente de celle des autres. Et bien, c'est pareil en matière intellectuel, en matière culturelle. Notre regard n'est pas le même euh selon que l'on regarde la question palestinienne vue du Chili, vu de Washington, vu de Tokyo ou vu de Paris ou vu de Tunis, c'est un autre regard. Et il faut donc avoir conscience, et c'est en ça que la technologie moderne est utile, quand vous regardez l'ensemble des chaînes auxquelles vous avez accès, et bien passez 10 minutes sur Algzira, passez 10 minutes sur TF1, passez 10 minutes sur une chaîne comme CNN. Ça vous donne des angles différents, des questions différents, des regards sur le monde différents. Il ne faut pas s'enfermer
dans les dans des certitudes, pas plus qu'il ne faut s'enfermer dans des algorithmes qui vous mettent avec des gens qui pensent comme vous et qui vous renforcent dans vos convictions. Il faut être capable en permanence d'adopter un esprit critique. L'esprit des lumières, c'est un esprit critique où vous ne vous contentez pas d'un seul regard sur les choses et sur le monde, mais vous remettez en cause ce regard pour avoir le regard du Huron comme le regard de la personne dite civilisée. Et vous mélangez tout ça et vous avez quelque chose qui vous permet de penser le monde différemment. Merci beaucoup pour vos réponses. Monsieur De Villepin. Merci à vous. Merci monsieur de Villepin. Merci Yahya. On voit que le
Maghreb ne peut pas avancer seul. Les rapports de forces régionaux, les tensions et l'émergence de nouvelles puissances jouent un rôle dans Zirac dans nos trajectoires. C'est et pour décoder ces dynamiques sur un plan plus global, on invite Ella Resgre l'intervention. Bonjour monsieur des Villepins, c'est un honneur de vous avoir aujourd'hui. Après les événements du 7 octobre 2023, la situation en Palestine semble plus que complexe. Comment analysez-vous l'absence de perspective géopolitique claire et le risque que le conflit s'étende dans la région ? C'est un un vrai risque même si l'accord de cesser le feu qui a été
signé a constitué une étape de la même façon la résolution qui a été votée contre toute attente au conseil de sécurité il y a quelques jours a marqué également une étape mais on le voit bien sur le terrain les choses ne sont pas stabilisées et malheureusement il y a encore trop de morts trop de massacres donc nous devons aller plus loin c'est l'objet objectif qui est posé par cette résolution, même si le cadre de cette résolution ne permet pas d'entrevoir encore clairement ce que pourrait être un avenir pour la Palestine, il y a aujourd'hui un certain nombre d'exigences. La première, c'est un véritable c'est le feu, un véritable arrêt des combats qui permettent à la
population de Gaza de retrouver souffle, de retrouver grâce à une une aide alimentaire adaptée, de retrouver une vie à peu près normale. Sachant que Gaza est aujourd'hui divisé par la nouvelle ligne jaune qu'on fixé les autorités israéliennes et qui coupe le territoire en deux. 53 % pour la partie nord et le reste pour la partie sud où la population de Gaza vit dans des conditions effroyables de difficultés, d'accès à la nourriture, d'accès à l'eau et de vie quotidienne. Quand on sait que tout est détruit, il n'y a pas aujourd'hui d'infrastructure de vie qui soit satisfaisante. Donc la responsabilité de la communauté
internationale est immense. la résolution et le plan de Donald Trump, même s'il a pris en compte un certain nombre de remarques et de propositions qu'avaient fait les Européens et et en particulier le plan franco-séoudien a permis d'introduire un peu plus de réalisme dans cette approche, il reste encore très largement insuffisant. Un conseil de paix, une force de stabilisation qui est censée remettre les choses en ordre. Tout cela bute aujourd'hui sur une difficulté qui est la démilitarisation du Hamas qui reste dominant dans la partie sud du territoire et qui refuse cette démilitarisation proposant aujourd'hui
euh simplement de geler en quelque sorte ces armements sous le contrôle d'une force ou d'une autorité palestinienne. Donc il y a encore, on le voit bien, beaucoup d'étapes à franchir, mais à la fois la responsabilité de la région, la responsabilité des grandes puissances, la responsabilité des pays européens et de toute la communauté internationale, c'est d'être capable de sortir de cette situation de blocage parce qu'on voit bien que cette situation participe d'une insécurité qui va bien au-delà de la situation de Gaza. La situation de la SJ Jordanie continue d'être tragique avec toujours de très nombreuses violences qui ont lieu sur ce territoire. La
situation du Liban n'est pas stabilisée euh puisque euh il y a encore des attaques qui ont lieu par l'armée israélienne. De la même façon, la situation en Syrie, même si le nouveau régime euh de monsieur Elchara a réussi à à à franchir une étape, il y a encore une grande difficulté à faire vivre ensemble ces communautés très disparates. Et je ne parle pas de la situation de l'Irak, la situation de l'Iran. Donc c'est un défi majeur pour l'ensemble du Moyen-Orient et pour la communauté internationale de ne pas perdre le fil de la négociation. Une des une des tentations euh dans le nouvel ordre international, c'est de passer d'une crise à l'autre. On croit qu'on a réglé le problème parce qu'on a voté une résolution. On croit qu'on a réglé le
problème parce que la situation s'est un peu améliorée et on laisse les choses en l'état jusqu'au moment où la crise s'ouvre à nouveau. Donc là, il y a un devoir de la communauté internationale, un devoir vis-à-vis de la population de Gaza et de la population palestinienne d'une manière général de pouvoir véritablement apporter une réponse et une réponse dans la durée, une réponse qui ne soit pas un simple pensement sur la plie qui évidemment ne règle rien. Ainsi, avec l'émergence de nouveaux blocs et de nouvelles puissances, quelles conséquences voyez-vous pour les économies émergentes comme cell d'Afrique du Nord ou du Moyen-Orient ? Alors, la concurrence entre les blocs
donne un avantage très net dans la nouvelle mondialisation fragmentée que nous connaissons au blog qui s'organise le mieux. Pourquoi ? une région qui se prend en main, qui se développe, qui est capable de réorganiser les filières de production à l'échelle régionale dans une proximité plus grande. Elle bénéficie d'un avantage comparatif dans la mondialisation important. C'est ce qu'on fait les Chinois avec l'ensemble des pays voisins, avec des pays comme le Vietnam, comme la Malaisie, comme l'Indonésie, comme les Philippines. Ils ont développé des stratégies d'entreprise qui permettent d'optimiser des chaînes de production, des chaînes de valeur bénéficiant d'une main d'œuvre pas chère
dans les pays voisins et de la technologie qu'apporte l'économie chinoise. qui permet à la Chine de vendre des produits à l'ensemble de ses pays voisins tout en bénéficiant du travail moins cher des pays voisins. Ce système-là, il donc donne un avantage comparatif très important aux régions qui se structurent. Et c'est pour cela que je plaide en ce qui me concerne pour que d'abord le Maghreb puisse euh avancer vers davantage d'unité économique, commerciale, culturel, politique et que le Maghreb dans le cadre d'un grand voisinage, Europe, Maghreb, Moyen-Orient, Afrique
puisse mettre en valeur l'ensemble des capacités et des ressources qui sont les nôtres. Le Maghreb constitue un nœud d'interconnexion très important pour l'ensemble de cette région. D'abord parce que on le voit dans le domaine des migrations, on le voit dans le domaine de des marchés. Il y a des intérêts qui sont très connectés entre ces différentes régions. Les ressources énergétiques dont dispose le Moyen-Orient, les ressources humaines dont dispose le Maghreb, le fait que le Maghreb soit confronté à des situations sécuritaires très graves, notamment en ce qui concerne la région saélienne, fait qu'il
y a un intérêt commun. La capacité du Maghreb à participer au règlement de ces difficultés a une contribution immédiate et pour l'Europe et pour le Moyen-Orient. Donc si nous établissons des synergies entre ces différentes sous-régions pour constituer un ensemble qui développe davantage ses relations dans tous les domaines technologiques, économiques, ça se fait à l'avantage de tous. Donc je pense que aujourd'hui, il faut prendre conscience de ces de ces synergies. On voit par exemple en Tunisie des start-ups qui ont fait un chemin formidable, une STAT et d'autres qui arrivent à réaliser dans le domaine technologique, dans le domaine de l'automobile et qui constitue aujourd'hui des
exemples des exemples à suivre. Donc, il faut euh prendre en compte cette nouvelle donnée géographique pour euh penser les relations entre nos États dans un cadre de voisinage et non plus dans le cadre ancien simplement où l'on pensait aide au développement, on pensait euh coopération nord-sud. Nous sommes aujourd'hui véritablement dans une logique de voisinage et de coopération entre pays qui doivent fonctionner à égalité d'intérêt et de respect. Le recul de votre expérience politique et votre connaissance des rapports de force actuels. Quel message aimeriez-vous faire passer à la jeunesse ? Queles devraient être selon vous ses priorités pour s'affirmer dans un monde en pleine recomposition ? Alors, je voudrais bien sûr essayer d'abord de faire passer un message
d'optimisme. Je suis plus que conscient des difficultés qui sont devant nous. des difficultés qui sont liées en particulier à quelque chose dont j'ai beaucoup souffert dans ma vie qui est laassignation. Nous sommes dans un monde où on voudrait chacun, chacune nous enfermer dans une logique identitaire. Pour ce qui concerne les femmes assignées à à des tâches, pour ce qui concerne l'ensemble d'entre nous assigné à une couleur de peau, à une religion et à une culture, à un destin. Je crois qu'il faut être capable de lever ces obstacles, être capable
de dépasser ces différents sans céder à ce qui constitue le déboucher naturel de l'assignation. Le déboucher naturel de la de la signation, c'est le ressentiment, c'est la revanche, c'est le combat contre l'autre. Je crois que si on est capable de passer d'une logique de ressentiment à une logique d'assentiment recherché au-delà de ce qui nous sépare, ce qui nous rassemble avec l'autre pour avec l'esprit de ruse. Vous savez qu'il y a deux esprits dans la Méditerranée dont il faut toujours se souvenir. Quand on lit l'Iliade et l'Odyssée, vous allez passer votre bac de français bientôt. C'est pour moi un livre de référence. Je le relis presque tous les ans. Pourquoi ? Dans l'Inel et l'odysée, il y a deux grandes figures. Il y a la figure du lis, c'est la figure
de la force. C'est la capacité par la colère à régler ses comptes avec l'ennemi et y compris parfois avec des ennemis qui vous veulent du mal. Et puis vous avez une autre figure qui est la figure du lis, pardon. La première figure, c'est Achil. La deuxième figure, c'est Ulis. La figure d'Ulis, c'est la figure de la ruse. C'est la fidélité à soi-même. C'est la capacité à trouver en soi le moyen de contourner les obstacles. Et bien, je pense que ce que je voudrais souhaiter pour tous les jeunes de Tunisie, d'Algérie, du Maroc, c'est la même chose. L'esprit de ruse, déjouer
les obstacles, ne pas choisir de tomber dans les pièges qui nous sont tendus. les pièges qui vont alimenter la ranqueur, qui vont alimenter le ressentiment. Au contraire, chercher à trouver euh la petite fenêtre, le petit passage qui va nous permettre de déjouer l'adversaire. Quand Ulis fait face au cyclope, et bien il se moque du cyclope par la ruse, il va déjouer les les la rage et la fureur du cyclope et il fera pareil avec toutes toutes les tentations qui sur son parcours lui seront proposées. Donc je crois que cet esprit de ruse, cette capacité aussi à faire face quand il faut faire face, elle est essentielle.
Nous devons être fidèles à cet objectif qui est de construire des ponts, construire des passerelles. C'est vrai dans nos vies personnelles, c'est vrai dans nos vies familiales. On a toujours une bonne raison de se brouiller avec notre voisin, avec un cousin, avec une tante. Les raisons de rivalité, les raisons de colère sont nombreuses. Mais il faut toujours privilégier la recherche de solution, la recherche de partage, la recherche de ce qui constitue la clé aujourd'hui pour la jeunesse du Maghreb comme pour la jeunesse européenne, c'est l'humanité. Ce qui est en danger dans un monde technologique, ce qui est un danger dans un monde dominé par de nouveaux empires, les États-Unis, la Russie, la Chine, c'est notre humanité. Nous ne devons pas
être une simple d'algorithme, une simple data qui sera utilisé par euh euh les grandes plateformes euh de la façon qui les arrangera. Nous devons rester des cœurs humains. Nous devons rester des gens sensibles. Nous devons rester des gens euh soucieux de culture pour que notre regard à l'autre, notre attitude vers l'autre, euh vers d'autres peuples, vers d'autres régions soient toujours ouvertes, faite de curiosité, faite de respect et faite d'estime. Je crois que c'est c'est sans doute le meilleur bagage, celui qui nous permettra d'aller le plus loin en restant fidèle à ce que nous sommes.
Merci monsieur Dominique. Alors le petit conseil de monsieur Dominique, c'est de rester toujours garder le côté humain, ne jamais négliger ça et de faire face à tous les obstacles qui pourront nous rencontrer un jour de la vie professionnelle, humaine, peu importe. Il faut toujours étir étirer étirer les leçons de l'expérience. Vous voyez, chaque jour est différent et tous les soirs, il faut être capable de faire le bilan de sa journée. C'est pour ça que partout où je vais, j'ai un petit carnet et ce carnet ne me quitte jamais. Et j'en ai comme ça, je dirais presque des centaines. Et je les remplis et je relis tous les jours ce que j'ai écrit pour en tirer quelques leçons et faire en sorte que la journée de demain soit meilleure, soit
plus utile, soit mieux approché. Donc apprendre de ces erreurs, c'est une leçon de vie. Merci. Merci Ella. Tu tu viens de replacer nos défis dans un grand tableau mondial avec ses tensions et ses lignes de fracture. Alors, au-delà des stratégie et des rapports de force, il reste une dimension cruciale et essentielle : le sens, la culture et l'humanisme. Et cette question simple mais redoutable, comment transformer nos idéaux en action concrète ? Pour conclure ce parcours, Linami, faut le ch pour le bac. Merci beaucoup. ramène le débat au cœur de l'engagement
humain. À toi. Bonjour monsieur Dulpin, j'espère que vous allez très bien. Alors avant d'entrer dans les questions, une évidence s'impose. Votre regard porte à la fois la rigure d'homme d'état et l'élan du poète. Un peu comme chez Victor Hugigo quand la plume éclaire ce que la politique peine parfois à nommer. D'ailleurs, ma première question est juste là où ces deux dimensions se rencontrent. Vous êtes à la fois poète et homme d'état. Dans les moments où la décision politique semble être incertaine, la poésie vous a-t-elle apporter une certaine clarté ou de recul que l'action publique ne permet pas toujours ? La poésie m'a m'a permis de supporter beaucoup de beaucoup de difficultés, beaucoup d'épreuves, mais elle a surtout
permis d'alléger le regard que je portais sur sur la vie parce qu'elle vous ramène à l'essentiel. La poésie vous ramène à des sentiments premiers. euh regarder le lever du matin, l'aube, le crépuscule, jeter un regard sur la nature, jeter un regard sur le geste de celui qui passe dans la rue, de celui qui vous sert le thé le matin. Ce ce sont ce sont autant de raisons de réconfort, de réconciliation. La poésie, c'est l'expression la plus forte de notre humanité commune. C'est le rappel de notre devoir
d'homme, de femme. C'est la cohérence, la mise en cohérence de notre regard, de nos sensations, de nos raisons à travers un chemin. Et et c'est ce que les poètes nous offrent. C'est souvent une vie de poète, une vie de difficulté, une vie d'épreuve. Mais tous les mots qu'ils ont été cherchés, comme on va chercher un peu d'eau dans le puit ou quelques quelques pierres dans la rivière, tous ces mots nous aident au quotidien. J'étais très ami avec le grand poète palestinien Mahmoud Darwich et le lisant, le relisant, je voyais
cette capacité à faire en sorte que les mots, que les émotions à chaque fois renforcent votre identité, renforce votre compréhension de la vie des autres et du monde sans jamais céder à la tentation de l'aigreur. Le combat de la vie, c'est beaucoup un combat contre tout ce qui nous avilie, tout ce qui nous noircit et au contraire de promouvoir ce qui nous élève, promouvoir ce qui est beau, ce qui ce qui est clair et non pas ce qui obscurcit. Donc oui, la poésie a été pour moi et reste pour moi un accompagnement de tous les jours, une exigence de tous les jours, comme si
en fin de journée, les mots qu'on a employé étaient usés, fatigués, noircis par le labeur de chaque jour et comme s'il fallait que la langue retrouve sa fraîcheur, son innocence, retrouve sa capacité à dire le monde. Dire le monde, dire nos pensées aux autres. de façon à pouvoir partager les choses simples de la vie, se retrouver pour le dîner, non pas en consultant, comme on le voit trop souvent dans le monde d'aujourd'hui nos portables. On voit des familles qui sont au restaurant ou même chez elle toutes rivé sur leur portable. Non, le repas est un moment de partage. On laisse les portables en dehors de la table. Et là la langue, une langue qui n'est pas une
langue usée, mais une langue d'émotion, une langue d'affection, une langue de partage retrouve ses droits. Et c'est en ça que la poésie qui est la plus haute tenue, la plus haute exigence de la langue vous aide à redresser la tête, à rafraîchir votre regard et surtout à rafraîchir votre cœur. Merci pour votre réponse. Passons maintenant aux choses sérieuses. En parlant des Ah, les choses qu'on a dit étaient très sérieuses. Mais oui. Bah, en parlant plutôt des actions qui interroge la conscience collective, je pense que ça c'est plus sérieux non ? Alors euh que pensez-vous de la flottie sumouute partie de Tunis pour Cas est un geste fort face à
l'impuissance des diplomatie. C'est un geste qui témoigne de la volonté euh euh de d'un certain nombre euh d'hommes, de femmes euh de ne pas accepter l'inacceptable et donc de réagir. Euh chacun doit réagir en conscience et le fait de participer à une action collective, cela permet de marquer ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas. Donc ça définit un seuil. Euh c'est ce qui s'appelle l'engagement. Euh la question de l'engagement, elle se pose à nous tous. Elle se pose dès un très jeune âge. Quand on est confronté à à des situations que l'on refuse. On a le choix soit de réagir individuellement,
soit de réagir collectivement. Donc je pense que nous sommes dans un monde où nous sommes souvent dépassés, débordés par des douleurs, par des injustices et que euh chacun d'entre nous a le choix euh soit euh de rester passivement dans son salon devant la télévision ou au contraire de s'organiser, de s'unir. Alors, c'est vrai dans le combat social, c'est vrai dans le combat culturel, c'est vrai dans le combat politique ou diplomatique ou dans l'action humanitaire. Je crois que de ce point de vue, l'action collective peut faire la différence et peut permettre de marquer des seuils, de donner euh des exemples qui permettent de changer l'histoire et
parfois même de changer le monde. Évidemment. Et finalement, puisqu'il est aussi question d'avenir et de transmission, avec votre parcours, quel enseignement essentiel aimerez-vous transmettre aux jeunes générations qui rêvent d'aller aider à l'humaniste et engagement concret ? Alors, je reviendrai euh h à ce qui pour moi constitue le cœur de toute vie et le cœur de tout engagement l'humanisme ? Euh l'humanisme, c'est euh non seulement un devoir que nous avons par rapport à nous-mêmes, c'est bien sûr un devoir que nous avons par rapport aux autres. le regard que nous portons sur les autres, le respect que nous devons aux autres, mais le respect que nous devons aussi autour de nous à la nature. Nous sommes dans un monde qui est un monde de rareté
et malheureusement les générations qui ont précédé et notre génération a en grande partie mis à mal la planète, mis à mal la biodiversité, n'a pas prêté suffisamment attention à tous les seuils du réchauffement climatique, n'a pas pris en compte la multiplication des pollutions. Aujourd'hui, nous voyons que ce monde là, par les dégâts causés par ce réchauffement climatique, ce monde-là devient dans certains cas de plus en plus insupportable et cela menace la vie, la survie même d'un certain nombre de populations et on le voit avec les migrations climatiques. Donc nous avons
le devoir d'agir et l'humanisme c'est un engagement. C'est un engagement à préserver notre conscience d'être humain, notre conscience d'être humain engagée dans euh euh dans une société, dans une époque pour essayer d'apporter notre contribution. Vous connaissez euh la fable ou la la référence du colibri. le colibri prend une goutte d'eau et il va la transmettre un peu plus loin. Et bien chacun d'entre nous peut-être ne pourrons nous pas euh transformer de très grandes choses, mais on peut apporter notre contribution qui est alliée à la contribution de ceux qui sont autour de nous vont finir par constituer de très grandes choses. Donc ne pas s'enfermer dans des attitudes
passives, ne pas s'enfermer dans des attitudes qui acceptent ce qui est inacceptable, mais au contraire réagir, penser les alternatives. Je crois que c'est une exigence qui nous permettra de maintenir cette humanité si importante au fond de nous et de la partager. Merci beaucoup pour votre réponse, monsieur Duvulpin. Merci. Merci à monsieur Devinpan euh pour cet échange. Euh un petit geste pourra faire une très grande différence. Il faut juste faire prendre l'initiative de faire le premier pas. Euh merci. Nous arrivons euh malheureusement euh fin d'interview. Je vous laisse le mot de la fin monsieur Bou. Alors le mot de la fin, bah il faut trouver un mot de la fin. Alors je je
prendrai un mot très simple. Vous savez quand quand on on se couche le soir et qu'on fait le bilan de sa journée, comme quand on quitte un ami ou quelqu'un qui n'est pas un ami, euh on ne réfléchit pas suffisamment à euh ce qu'on laisse en partant. Et il y a une règle que m'avait fixé ma mère, donc je la partage bien volontiers, qui est ne te couche jamais sans avoir demander pardon à ceux à qui tu as pu faire de la peine. Alors que on est un geste d'humeur parce queon a été agacé par telle et telle chose. Un journaliste qui a posé une question que l'on considérait comme déplacé. que ce
soit un passant qui a avec sa voiture ou avec sa charrette euh éclaboussé le bas de votre pantalon. Dans tous les cas, demander pardon, c'est se mettre à hauteur d'homme. C'est faire appel à notre humanité. Je crois que ne jamais céder à l'arrogance des chances que la vie vous a donné. Ne jamais céder au sentiments que l'on détient seul la vérité. Accepter de partager et accepter de s'excuser quand on a eu un geste ou un mot déplacé, ça nous ramène en permanence à la vie simple. Nous avons besoin d'une vie simple pour pouvoir mener une vie bonne.
Évidemment, faire appel à l'humanisme, donc le nar de monsieur de Vilpin. Merci encore une fois pour cet échange et pour l'opportunité accordée aux jeunes hommes que je vais vous présenter. Donc vous étiez avec Lina Mohamed et la RGI. Et ben bravo, j'étais très très heureux de pouvoir partager avec vous et de constater euh votre engagement, votre talent et je vous souhaite le meilleur pour la Merci beaucoup. Merci encore une fois. Merci encore une fois. Restez connectés et suivez la Z Band sur la chaîne YouTube et sur les réseaux sociaux de l'ICE pour un nouvel épisode.
Dominique de Villepin