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interviewPublic Sénat· 13 juin 2024 25 min

"Dans un tel moment de l'histoire, on ne peut plus faire de la politique comme avant"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:08
Présentateur

– Votre invité politique ce matin c'est Yannick Jadot, bonjour. – Bonjour. – Merci beaucoup d'être avec nous, cette sénateur écologiste de Paris. On va évidemment revenir sur tout ce qui se passe à gauche et plus largement puisque la période politique est agitée. On est ensemble pendant 20 minutes pour l'interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Julien Lécuyer de La Voix du Nord. Bonjour Julien.

0:24
Yannick Jadot

– Bonjour Yannick Jadot. – Bonjour.

0:27
Présentateur

– On commence par ce qui se passe dans votre camp Yannick Jadot puisque vous êtes en discussion actuellement avec les autres partenaires de gauche pour des alliances législatives, un nouveau front populaire. Vous êtes vous au cœur de ces négociations ? Est-ce que l'accord va aboutir ?

0:38
Invité

– Je l'espère, je l'espère. On est en négociation, ça avance bien. On est quand même dans une situation politique totalement inédite. Dans toutes les démocraties, quand vous créez une coalition, vous mettez des semaines à négocier et c'est normal puisqu'il s'agit de l'avenir du pays, c'est ce qui se passe chez tous nos voisins. Et là en quelques jours, il faut trouver un accord, un accord programmatique. On met l'accent sur notre volonté absolue d'apporter des réponses aux Françaises et aux Français dans leurs difficultés comme dans leurs aspirations.

Vous savez, moi je dis souvent, on disqualifie trop le Rassemblement national, non pas parce qu'il ne mérite pas d'être disqualifié, mais passant beaucoup de temps à les disqualifier, on ne passe pas du temps à nous requalifier vis-à-vis des Françaises et des Françaises. Au fond, on comprend pourquoi il ne faut pas voter pour le Rassemblement national. Je veux dire l'aberration économique, l'aberration sociale, le racisme, le rejet de l'autre, la haine de soi. Mais on voit en réalité, si on veut gagner cette élection, il faut que nous arrivions à convaincre les Françaises et les Français, pas sur le rejet du RN, mais sur la volonté de porter avec nous un bon projet

2:01
Yannick Jadot

pour la rentrée, pour le pouvoir d'achat, pour la transition écologique. – Est-ce qu'il ne vous a pas rendu service le Président d'une certaine manière en vous obligeant à vous accorder entre des forces de gauche qui étaient si antagonistes il y a encore quelques jours à peine, et là vous forcez à vous accorder en quelques jours seulement ?

2:18
Invité

– Le 7 juillet le dira. Ce qui est certain, c'est que notre pays va mal. Ce qui est certain, c'est que quand l'extrême droite est à 40%, qu'elle n'a jamais été aussi proche du pouvoir, il faut un électrochoc dans le pays. Moi j'ai fortement critiqué la décision du Président de la République, que j'ai trouvée totalement immature et funeste. – La dissolution ? – La dissolution, bien sûr. Maintenant, nous allons déjouer ce pronostic, ce scénario funeste, en créant à la fois un projet qui, je le dis, répondra aux difficultés des Français et aux difficultés du pays dès les premiers jours. C'est ça, c'est ce sur quoi on travaille. – Avec quelle mesure ? – Avec quelle mesure ?

– On va rentrer dans le détail. – Je ne vais pas vous le dire parce que l'accord n'est pas adopté.

3:10
Présentateur

– Ça veut dire qu'il y a des divergences sur le fond.

3:13
Invité

– Il y a des différences sur le fond. Vous savez, quand on a une coalition, c'est qu'on est différents. Ça va être le principe de la coalition. Si on était tous pareils, ça irait plus vite. Mais nous sommes différents. Et une coalition, c'est à chaque fois, au fond, laisser un peu chez soi une partie de son logiciel, de ses propositions, de ses convictions, de ses combats, pour trouver un accord ensemble. – Qu'est-ce que vous laissez ? – Qu'est-ce que vous laissez, Yannick Jadot ? – On va commencer évidemment par le pouvoir d'achat.

– Le pouvoir d'achat sera, nous arriverons, et dans les jours qui suivront notre arrivée au pouvoir, évidemment il y aura des mesures très fortes sur à la fois le revenu des Français, mais évidemment sur toutes leurs dépenses, notamment les dépenses contraintes, la question de l'énergie, la question du logement. Nous aurons des mesures, François Ruffin en a déjà parlé, donc je peux y aller. – Pour la rentrée scolaire. – Sur la rentrée scolaire, pour alléger considérablement le coût de la rentrée scolaire pour les Françaises et les Français, mais aussi leur garantir que l'accueil à l'école, l'enseignement et les moyens seront disponibles. – Là-dessus vous êtes d'accord ?

– Donc on veut, bien sûr, donc on va…

4:23
Présentateur

– Mais c'est quoi, des augmentations de salaire ?

4:25
Invité

– Écoutez, encore une fois, une fois qu'on aura un accord, dans les heures qui viennent, évidemment, vu la rapidité de la campagne, vous aurez l'ensemble du projet. – Mais juste, vous êtes sûre qu'il y aura un accord,

4:40
Présentateur

parce que tout à l'heure vous m'avez répondu, vous m'avez dit « je l'espère ».

4:43
Invité

– Ah mais moi je l'espère, parce que tant qu'il n'est pas signé…

4:44
Présentateur

– Mais je l'espère, ça ne veut pas dire qu'on trouvera un accord.

4:47
Invité

– Nous avons la responsabilité de le faire. Je veux dire, vous savez nos différences. mais on est face à l'arrivée possible de l'extrême droite au pouvoir dans le pays des droits humains. Vous savez que dans le monde entier, vous le savez, la France s'est regardée toujours comme le pays qui porte les valeurs universelles, les valeurs de la démocratie, des libertés publiques, de l'état de droit, du combat contre le racisme et l'antisémitisme, et notamment, je vais dire, j'ai écouté ce matin une chronique sur comment s'est construite la gauche autour du combat pour Dreyfus. C'est ça les valeurs de la gauche. Et d'un seul coup, ça deviendrait l'extrême droite.

On a un président de la République qui commémore le débarquement, qui commémore Manouchian, qui commémore en permanence, au fond, ce qui fait l'histoire de notre pays, qui s'est construite aussi contre l'extrême droite. Et d'un seul coup, il ouvre un boulevard à l'extrême droite, comme si au fond, il passe son temps à commémorer,

5:55
Yannick Jadot

mais il ouvre un boulevard de l'histoire. – Si et seulement si, la gauche n'est pas en capacité de s'accorder. – Eh bien c'est ça le sujet. – Et ça me pose une question. – Non, pas simplement de s'accorder. Il faut que la gauche s'accorde.

6:07
Invité

Et moi je crois que nous aurons un accord.

6:08
Yannick Jadot

– Il n'y a pas de point bloquant, parce que je citais un projet de Raphaël Glucksmann qui parlait de points, je le cite, un point monstrueux qui sont bloquants sur les fondamentaux. Vous ne le suivez pas là-dessus ?

6:17
Invité

– Non, non, non, on est en train de dépasser ça sur toutes les questions essentielles, les questions européennes comme les questions de politique étrangère.

6:26
Présentateur

– Non, mais comment vous pouvez les dépasser alors qu'il y avait des divergences énormes pendant la campagne ?

6:31
Invité

– Eh bien c'est ça, c'est ça la responsabilité politique. Quand vous êtes face à l'histoire, l'histoire avec un grand H, quand il s'agit de l'extrême droite gouvernant un pays comme la France, pays fondateur de l'Union européenne, eh bien vous sortez, y compris vous vous mettez en capacité de trouver un accord.

6:50
Yannick Jadot

– Vous mettez en capacité ou vous mettez la poussière sous le tapis ?

6:51
Invité

– Non, mais quand vous êtes en guerre… – C'est-à-dire là forcément il y en a qui vont devoir mettre… – Quand vous êtes en démocratie, le principe même de la démocratie, c'est d'accepter dans la société des choses qui ne sont pas vous, même parfois des choses qui ne vous plaisent pas. C'est le principe de la démocratie. – Alors qu'est-ce que vous êtes prêt à accepter qui n'est pas vous dans cet accord ? – Je souhaite que les Républicains restent une grande formation politique républicaine. Ce n'est pas mon logiciel, mais on en a besoin démocratiquement. – Ce n'est pas la direction de LR.

7:25
Yannick Jadot

– Ce que je veux dire, sur des points bloquants comme le nucléaire, est-ce que vous êtes prêt à faire des concessions vis-à-vis de vos autres partenaires ?

7:31
Invité

– Mais encore une fois, le projet qu'on va vous présenter, ça va être un projet sur les premières semaines, les 100 jours, les 6 mois. La réalité, c'est que vous savez que si on arrive à construire un prochain réacteur nucléaire, ce sera pour 2040. Ce ne sera pas pour les prochaines années. Mais notre enjeu, c'est les économies d'énergie, la facture d'énergie, accélérer les énergies renouvelables. – Donc il n'y aura rien sur le nucléaire dans le programme. – Ce que j'essaie de dire, c'est que quand on est dans un tel moment de l'histoire, on ne peut plus faire de la politique comme avant. Juste mettre en scène nos petites différences, ou parfois nos grandes différences.

Il faut trouver le chemin pour notre pays, pour sauver la démocratie. – Je t'entends Yannick Jadot, mais je vais jusqu'au bout. – Est-ce que sur le Proche-Orient, par exemple, il y a une qualité où… – Allez, finissez, finissez. – Laissez-moi aller au bout. Ça ne peut pas être qu'un accord des partis politiques. Parce que ça, si c'est juste un accord des partis politiques, eh bien écoutez, chacun à gauche gardera son groupe politique, mais on ne sauvera pas le pays. Ce qu'il nous faut là, dans les jours qui viennent, c'est arriver à mobiliser tout le peuple de gauche, pas simplement la politique.

Quand je vois Greenpeace qui envoie une lettre à son million et demi d'abonnés pour dire, le Rassemblement national, c'est tellement à l'opposé de la question environnementale. Et ce gouvernement a tellement abîmé la question environnementale qu'on vous propose, on vous suggère de voter pour le Fonds populaire.

9:04
Yannick Jadot

– Cet engagement, vous le réclamez des autres organisations syndicales ? – Oui. – De la CFDT par exemple ?

9:08
Invité

– Oui, par exemple, parce que je pense que la CFDT a une telle histoire du combat contre l'extrême droite. Elle est tellement engagée contre l'extrême droite. Mais je voudrais aussi qu'on sorte de nos conforts un peu, des uns et des autres, qui visent à dire, il y a la politique, et puis il y a les syndicats qui ne sont pas apolitiques, mais qui ne sont pas partidaires.

C'est la charte d'Amiens, et bien là, le danger est tellement profond que je souhaite que toutes les forces de la société civile responsable disent qu'il y a une alternative, à la fois à la dissolution, y compris de la Macronie, à laquelle on assiste, à l'extrême droite, c'est le Fonds populaire qui va traiter des questions sociales, écologiques et démocratiques.

9:51
Yannick Jadot

– Je reviens juste sur cette question du Proche-Orient. Elle a été à la source des algarades, comme on dit, entre les forces de gauche. Et là, on se retrouve avec les insoumis et le NPA, NPA qui justifiait les actes de résistance le 7 octobre.

10:09
Invité

– Le NPA, comme d'autres formations politiques, font le choix ou pas de soutenir le Fonds populaire, le NPA n'est pas autour de la table des négociations. – Donc ils ne sont pas dans le Fonds populaire pour vous ? – Ça, c'est leur affaire. – Ça, c'est la vôtre quand même.

10:24
Présentateur

Est-ce que vous acceptez une alliance avec le NPA ?

10:26
Invité

– On ne négocie pas avec le NPA. – Non, mais est-ce que vous acceptez leur présence ? – Non, mais attendez, je peux vous dire que ce soit sur l'Ukraine, que ce soit sur le Proche-Orient, que ce soit sur les valeurs de la République, que ce soit sur tous les engagements. Il n'y aura aucune ambiguïté. Il n'y aura aucune ambiguïté. C'est la force de la gauche. On ne va pas laisser à l'extrême droite. Je l'ai dit tout à l'heure, c'est l'histoire de la gauche. – Mais là, vous parlez de l'extrême droite. Pardon, Yannick Jadot, il n'y a pas de l'extrême droite.

10:54
Présentateur

C'est Jean-Luc Mélenchon qui a dit que l'antisémitisme est des résiduels. Ce n'est pas l'extrême droite.

10:57
Invité

– Encore une fois, il y a Jean-Luc Mélenchon, il y a eu et il y a encore les haines recuites au sein de la gauche, parfois entre les dirigeants. Là, la question, c'est la France. La question, c'est, on l'a vu dans les élections d'ailleurs, il n'y a pas de, dans les électorats, il n'y a pas de gauche irréconciliable. On l'a vu à la présidentielle, on l'a vu aux européennes. Au fond, l'électorat, en fonction des élections,

11:26
Yannick Jadot

comment vous expliquez aux électeurs de gauche qui ont déjà vu l'accord de la NUPES exploser juste après les élections législatives de 2022, comment vous leur expliquez que ça ne compte pas se reproduire cette année ?

11:37
Invité

– Eh bien, c'est notre responsabilité, parce que nous allons avoir un programme.

11:41
Yannick Jadot

– C'est ce que vous disiez déjà en 2022.

11:44
Invité

– Oui, mais là, encore une fois, notre enjeu, c'est de sauver la France de l'extrême droite. Ce n'est pas rien quand même. Et quand je dis, on va avoir tous une responsabilité, ce n'est pas pour vous renvoyer la patate chaude, mais vous aussi, vous allez avoir une responsabilité. Vous avez vu le Rassemblement national qui veut privatiser l'audiovisuel public. – Je veux dire, c'est quoi ? Ça va être la 5 de Berlusconi ? Vous vous souvenez, la 5 de Berlusconi ? C'est ça qu'ils veulent pour l'audiovisuel public.

Ce que je veux dire, c'est qu'au-delà de la confrontation classique des logiciels, des projets politiques, là, il y a une remise en cause profonde des fondements, des fondations de notre République, y compris dans la liberté d'expression, dans la liberté, dans les atteintes à la vie privée, dans notre capacité à faire que dans notre pays, dans notre pays, on reste un pays de bienveillance, de solidarité, on évite la haine de l'autre, on évite de pointer du doigt les Noirs, les Juifs, les Arabes, les musulmans, comme cause de tous nos problèmes.

12:51
Yannick Jadot

– Donc c'est un combat valeur contre valeur, c'est plus ou moins ce que disait aussi le président de la République hier.

12:56
Invité

– Oui, mais enfin, le problème, c'est que le président de la République, c'est le même qui a accepté, dans une loi immigration, vous le savez, la préférence nationale, qui est une idée de l'extrême droite. Enfin, il y a quand même eu, visiblement, chez le président de la République, un énorme malentendu. Moi, j'ai voté deux fois pour lui au second tour de la présidentielle, pour éviter l'extrême droite. Mais on a l'impression que dans son schéma, lui, il s'est dit, en fait, il vote pour éviter Marine Le Pen. Non, je ne vote pas pour éviter Marine Le Pen, je vote pour éviter ses idées.

Et quand le président de la République n'a pas cessé d'aller piocher dans les idées de l'extrême droite pour gouverner le pays, à ce moment-là, on le voit, il a contribué à faire que l'extrême droite a fait 40%. Il n'y a pas que le président de la République, on a notre part. Il n'y a pas que le président de la République qui est à l'origine de la montée de l'extrême droite dans notre pays. Il gouverne, donc il a sa part.

13:45
Yannick Jadot

– Est-ce que les outrants… – Mais vous aussi, est-ce que… – Pourquoi ?

13:48
Invité

– Je l'ai dit tout à l'heure, c'est-à-dire qu'on a passé probablement trop de temps à disqualifier l'extrême droite, à dire pourquoi ils étaient détestables, et ils le sont, mais on n'a pas assez passé de temps à être assez convaincant pour nous requalifier sur le quotidien des Français. Parce qu'en fait, quand… Vous savez, je discutais la dernière fois avec une personne qui a 40 ans. Donc, je ne sais pas si ce n'était pas son premier vote, mais depuis 2002, on dit toujours aux gens, il faut voter contre l'extrême droite, depuis la première accession d'un Le Pen… – Marie Le Pen au second tour. – Au second tour. Et… – C'était Jean-Marie Le Pen. – Oui, Jean-Marie. – Pardon.

Et au fond, on leur dit en permanence, refuser l'extrême droite au nom de l'État de droit, au nom de la démocratie, au nom des libertés publiques, et tout ça est juste. Mais ceux qui ont gouverné n'ont pas réglé leurs problèmes d'insécurité économique, d'insécurité sociale, de défis climatiques. Et donc, il y a une partie de la population qui se dit… On m'a toujours dit que, eux, c'était les pires, mais la démocratie et ceux qui gouvernent n'ont rien à régler de mes problèmes. Eh bien, il est temps de régler les problèmes des Français.

15:01
Yannick Jadot

– Jean-Marie Le Pen, on a parlé programme. Est-ce qu'on parle aussi incarnation au sein de ce nouveau Front populaire ? – Non. – Mais qui sera votre Premier ministre ? – Eh bien, ça, ça sera une fois qu'on sera élu.

15:11
Invité

Vous savez, il y a des règles en démocratie.

15:13
Présentateur

– Ce n'est pas vraiment une campagne dans la clarté, pardon. – Pardon ?

15:16
Invité

– Mais pourquoi ?

15:16
Présentateur

– Qui sera votre Premier ministre en cas de victoire ?

15:19
Invité

– Pardon ? – C'est quand même assez essentiel.

15:22
Présentateur

– Le Rassemblement national, il n'est pas installé, c'est clair.

15:26
Intervenant

– Je sais bien, mais parce que Jean-Luc Mélenchon,

15:30
Présentateur

il dit que le Premier ministre, il sera issu du groupe majoritaire.

15:33
Invité

– Vous êtes public Sénat, vous êtes public Sénat. Est-ce qu'à un moment donné, on peut… – Moi non. – Non mais, est-ce qu'à un moment donné, on peut se dire, c'est une élection législative, le Parlement, on ne va pas en permanence faire des présidentielles. On a eu les européennes. – Non mais là, on ne parle pas de présidentielles. – Non mais attendez, le Premier ministre est le chef de la majorité.

15:52
Yannick Jadot

– Oui, on a eu… – Mais je sais, ce n'est pas la même chose pour les électeurs d'avoir en tête à Jean-Luc Mélenchon Premier ministre.

16:00
Présentateur

– Non mais pardon, vous espérez l'avoir, Yannick Jadot. – Mais bien sûr. – Jean-Luc Mélenchon, il dit le Premier ministre, il sera issu du groupe qui arrive en tête. – Est-ce que Laurent Berger, c'est ce que c'est ? – Attendez, Julien, Julien.

16:12
Intervenant

– C'est bien tout moi qui vais régler les conflits de prise de parole sur ce plateau. Vous savez, les téléspectateurs ne vous comprennent plus. – Là, on est d'accord avec vous.

16:21
Présentateur

Là, on est d'accord avec vous. – Hier, Jean-Luc Mélenchon dit, je vais suivre Olivier Faure, notre Premier ministre, il sera issu du groupe de gauche majoritaire, donc la France Insoumise.

16:28
Invité

– Eh bien, on fera un choix.

16:29
Présentateur

– Mais est-ce que vous êtes d'accord qu'on fera un Premier ministre de la France Insoumise ?

16:32
Invité

– Ruffin, il a eu cette expression, le capitana. Alors, je pense qu'il ne parle pas des capitaines de gendarmerie ou des capitaines… – Non, le capitana de l'équipe de France. – De l'équipe de foot, imagine. – Voilà. Et bien, vous savez, dans l'histoire du football, si vous connaissez un peu l'histoire du football, il y a les Corinthiens, le club de Sao Paulo, qui était… Non mais, je vais vous dire pourquoi. Parce que c'est le club qui s'est levé contre la dictature au Brésil, avec Socrates, pour ceux qui ont un peu quelques années, c'est un des plus grands footballeurs. Et bien, dans cette équipe, c'était la démocratie coratienne. Et bien, le capitaine était élu par les joueurs.

Et bien, nous arriverons à ça, madame. C'est-à-dire que, pour l'instant, on n'a pas encore l'équipe. On n'a pas encore l'équipe, puisqu'on n'a pas abouti sur l'accord. Alors, je pense qu'on va y aboutir. Je n'ai pas trop de doutes, mais on n'a pas encore abouti. Donc, on n'a pas désigné un capitaine quand on n'a pas encore l'équipe, quand on n'a pas encore le plan de jeu avec le projet.

17:27
Présentateur

– Sauf que l'équipe, elle risque d'être en majorité insoumise.

17:28
Invité

– Et ce que je veux dire, c'est qu'on va essayer, on n'a qu'un jour, on va essayer de sortir du fantasme présidentiel, qui est de considérer que, quand on a une élection européenne, ça n'est que la projection d'une campagne présidentielle, et que, quand on a une élection législative, c'est encore pour se résumer, se rétrécir à une personnalité. Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'enjeu d'incarnation, mais ayons un projet, ayons une dynamique, mobilisons le peuple de gauche, et toutes celles et tous ceux qui veulent éviter que l'extrême droite gouverne ce pays, et puis ces problèmes sont résumés.

18:05
Yannick Jadot

– On a parlé du programme, on n'a pas parlé des investitures, c'est d'autant plus urgent qu'il faut les déposer avant dimanche. L'accord vous offrirait 92 candidatures, c'est moins que du temps de la NUPES, il y a un gros rééquilibrage quand même vis-à-vis du Parti Socialiste. Est-ce que vous êtes satisfait de cette répartition ?

18:25
Invité

– Écoutez, vous savez, la vie politique, c'est aussi une affaire de résultats électoraux. – Donc c'est logique, les européennes ont été un échec, incontestablement. Donc on a perdu, je pense, en partie le fil qui nous relie à nos électeurs. Je pense qu'on n'a pas réussi à les convaincre, on s'est un peu détournés d'eux sur la façon de faire campagne ou sur notre projet, on fera le bilan de ça. Vous reconnaissez qu'on a dû parler dimanche soir dernier des européennes à peu près pendant une heure, après c'était terminé. Donc on a parlé dissolution, on a parlé campagne électorale.

Bon, ça sera notre travail aussi de nous renouer avec nos électeurs, mais quand vous avez un mauvais score, et bien dans les accords électoraux, ça ne vous aide pas.

19:15
Présentateur

– Quelle est la faute à qui ce mauvais score ?

19:17
Invité

– Écoutez, c'est… encore une fois, je pense que quand la question, ce n'est pas toujours la faute à qui, c'est qu'est-ce qui fait que dans le contexte, avec des attaques extrêmement lourdes contre les écologistes, avec derrière, au fond, la remise en cause de l'action pour le climat, l'action pour la biodiversité, l'action pour la solidarité. Et puis, encore une fois, probablement, on a fait une campagne qui n'a pas parlé à nos électrices et à nos électeurs.

19:45
Yannick Jadot

– La campagne bienveillante, la campagne boule-thérapie, ça n'a pas fonctionné.

19:50
Invité

– Je pense que peut-être on a trop parlé de la crise écologique, du chaos climatique, c'est vrai, de l'exposition de nos corps aux produits toxiques, c'est vrai, et peut-être pas assez des solutions, et je pense que dans une campagne européenne, notre rédéctorat, particulièrement, attend des solutions aujourd'hui. Je pense que les Françaises et les Français, aujourd'hui, ils n'ont pas de doute sur l'ampleur de cette crise écologique. Simplement, ils ont des doutes sur le fait qu'elle puisse être socialement bénéfique, juste, et qu'on puisse accompagner notre modèle économique, notre modèle industriel dans cette transition. Et donc, c'est ça, notre rôle.

C'est toujours, ça n'est jamais de, vous savez, dans un système politique qui polarise énormément, qui simplifie énormément jusqu'à la caricature. Parfois, on flatte un peu trop nos militants, on ne parle pas assez aux gens qui doutent. Eh bien, notre responsabilité, dans ce moment précis, là, de cette élection législative, c'est de convaincre les Françaises et les Français que le projet du Front populaire écologique et social, c'est un beau projet pour notre pays, qui va résoudre leurs problèmes.

21:00
Yannick Jadot

– Il y avait juste une question sur les investitures, les candidatures, surtout, puisque il y a votre ancien secrétaire national, Julien Bayou, qui a déclaré candidat dans la 10e circonscription de Paris. Alors, Julien Bayou, il a été mis à l'écart, il est parti, puisqu'il est accusé de violences psychologiques. Il a promis de démissionner en cas de condamnation. – Écoutez, moi, je suis sur la négociation du programme.

21:23
Invité

– Non, mais vous trouvez logique… – De toute façon, Julien Bayou ne sera pas investi par les écologistes, d'accord ?

21:29
Auditeur

– Ah, il ne sera pas investi ?

21:30
Invité

– Non, il ne sera pas investi par les écologistes. – Et dans ce cas-là… – Parce qu'il s'est mis à rentrer du mouvement, donc l'affaire pour nous…

21:35
Présentateur

– Donc, il n'aura pas l'investiture du Front populaire ?

21:37
Invité

– Normalement, il n'aura pas l'investiture du Front populaire, oui, c'est bien…

21:41
Yannick Jadot

– Mais dans ce cas-là, est-ce qu'une question doit se poser concernant Adrien Quatennens, qui, lui, a été condamné pour violences conjugales ?

21:46
Invité

– Écoutez, nous, on a… Vous savez que notre avis, il est très clair sur Adrien Quatennens, mais donc ces cas-là seront résolus de toute façon dans les heures qui viennent aussi. après, chacun, dans ses formations politiques, prend ses responsabilités, nous nous prenons les nôtres. Mais encore une fois, on peut faire cette campagne, y compris pour vous, je me permets, en mettant en permanence en avant nos différences, notre passé, nos règlements de compte, les questions personnelles des uns et des autres, et c'est la vie et c'est la politique. – Mais on est, je l'ai dit, il y a des rendez-vous avec l'histoire qu'on ne peut pas manquer.

Et le moment que nous vivons pour notre pays, c'est un rendez-vous avec l'histoire avec un grand H. C'est est-ce que notre pays tombe en un siècle, deux fois, sous la coupe de l'extrême droite ? La dernière fois, c'était Vichy. Là, c'est 2024.

22:44
Yannick Jadot

– Yannick, je voudrais pas qu'on se quitte sans aborder Total Énergie, sur laquelle vous avez mené des travaux, une commission d'enquête sénatoriale. – On a adopté mon rapport hier, j'en suis allé dans cette très noble incision.

23:00
Invité

– Et bien non, c'est comme le projet. Vous savez, il y a des règles. – Donc on a adopté ce rapport. La règle, c'est qu'il sera totalement finalisé la semaine prochaine. – D'accord. – Et que la semaine prochaine, nous allons avoir une très belle conférence de presse.

23:16
Yannick Jadot

– Est-ce que vous pouvez nous dire que, est-ce que c'est un moment que le Sénat n'a pas raté ? C'était ce que vous disiez il y a quelques semaines.

23:23
Invité

– Oui, le Sénat n'a pas raté. Il a été… Alors c'est pas mon rapport, là aussi, c'est un compromis. – Oui, vous savez que les avis sur Total Energy, sur les énergies fossiles, sur le climat, sur…

23:35
Yannick Jadot

– Bien sûr, mais est-ce qu'il va dans votre sens ? C'est-à-dire d'une meilleure protection ?

23:39
Invité

– C'est un rapport dont le Sénat peut être fier. Et c'est un rapport qui dit quand même que Total Energy est très loin, très loin, d'assumer ses responsabilités en matière de lutte contre le dérèglement climatique et en matière aussi, au fond, de compatibilité. – Bon, c'est un teaser pour la semaine prochaine, en fait. C'est sympa, on parlait de l'extrême droite et de la question, au fond, des régimes qui portent des valeurs qui sont totalement opposées aux nôtres. Eh bien, nous souhaitons mieux encadrer Total. Et c'est une très bonne nouvelle.

24:13
Présentateur

– Merci, Yannick Jadot. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Il y a un autre teaser, parce qu'à la une de la Voix-de-Nord, il y a un sujet important.

24:19
Yannick Jadot

– Grosse enquête sur la prostitution des mineurs, ma collègue Sophie-Philippi Paoli, diablement inquiétante. – Bravo, bravo, félicitations d'en parler.

24:29
Présentateur

– Voilà, et je dis teaser parce qu'on va développer ça dans la revue de presse dans une demi-heure à la fin de cette émission. On reviendra évidemment sur ce dossier très important. Merci Yannick Jadot. – Merci. – Et merci Julien Lécuyer. On passe tout de suite au club. – Merci.