L'Événement du Dimanche LCI du dimanche 26 janvier 2025
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Bienvenue dans l'événement du dimanche, ravi de vous retrouver, notre invité en ce dimanche, Manuel Bompard, bonjour. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation, coordinateur de la France Insoumise, député insoumis des Bouches-du-Rhône. Une heure d'interview avec, à mes côtés, pour vous interroger, Arlette Chabot. Bonjour à vous. Bonjour. Bonjour à vous. Parlons de l'actualité tragique de ces dernières 24 heures. Il est mort pour un téléphone portable. Un adolescent a été tué hier, à Paris, dans le 14e arrondissement. Il sortait de son entraînement de foot, il avait 14 ans, poignardé pour avoir refusé, justement, de donner son téléphone.
Deux mineurs sont en garde à vue, âgés de 16 et 17 ans, poursuivis pour extorsion suivie de mort. Un crime faisant courir jusqu'à 30 ans de prison pour un mineur. La réaction du ministre de l'Intérieur ne s'est pas faite attendre. Regardez ces mots sur son compte X, résultat d'une perte de repère de l'effondrement de l'autorité. Cela exigera la mobilisation de tous pour tourner le dos à une culture de l'excuse. Est-ce que vous êtes d'accord avec le diagnostic posé par Bruno Retailleau ces dernières heures ?
D'abord, je veux vous dire que c'est évidemment un événement dramatique. On parle d'un jeune homme qui allait fêter ses 15 ans, je crois, dans quelques jours. Et évidemment qu'en France, on ne peut pas accepter l'idée qu'on meurt à cause d'un téléphone portable à cet âge-là, évidemment. Maintenant, et donc je veux évidemment passer aussi, transmettre mes condoléances à la famille, aux proches de cette personne.
Maintenant, je pense qu'il faut essayer de comprendre ce qui s'est passé, puisque effectivement, il semble que les deux personnes qui aujourd'hui sont mises en cause, et la justice dira s'ils sont effectivement coupables, mais en tout cas qu'ils sont mis en cause dans cette affaire, auraient été précédemment déjà coupables de vol.
Ils étaient connus de la justice, en effet, et avaient interdiction de se retrouver, d'être ensemble.
Voilà, mais moi, je pense qu'on a besoin de savoir exactement ce qui s'est passé. Par exemple, on dit que sur l'un d'entre eux, il y a eu une mesure d'assistance éducative qui a été mise en œuvre. Est-ce qu'elle a effectivement été mise en œuvre ? Vous savez, malheureusement, aujourd'hui, par exemple, puisqu'on parle de justice des mineurs, il y a beaucoup de mesures d'assistance éducative qui, en fait, ne sont pas exécutées, parce que les associations qui sont censées les mettre en œuvre, en fait, n'existent pas. Et donc, il y a des mesures d'assistance éducative qui sont prononcées, mais qui, en fait, à la fin, il n'y a pas de suite qui sont données.
Donc, je pense qu'avant de s'empresser, d'aller utiliser des grands mots sur le sujet, je pense que c'est important de savoir précisément ce qui s'est passé. Ensuite, on nous dit qu'il y a un an, il y avait déjà eu des violences à cet endroit. Ça serait intéressant de savoir pourquoi, alors, cet endroit ne faisait pas l'objet d'une protection particulière, pourquoi il n'y avait pas une police municipale ou nationale qui était sur place pour protéger les jeunes qui allaient à ce stade.
La mère écologiste du 14e disait que l'endroit a été surveillé, qu'il y a eu, en effet, un dispositif mis en place.
Si vous voulez, pour être franc, je ne cherche pas à pointer les responsabilités des uns ou des autres. Je dis qu'on a évidemment un événement dramatique, on ne peut pas accepter que ce type d'événement puisse se produire, et que donc on a besoin de savoir précisément ce qui s'est passé, pour essayer de voir quelles réponses politiques on peut y apporter.
Mais il y a un phénomène d'ultra-violence chez les mineurs, parce qu'on parle de ce qui est arrivé à Paris, mais vous connaissez bien Marseille, et on voit bien l'implication des mineurs de plus en plus jeunes dans le trafic, y compris aussi le recrutement de gamins via les réseaux sociaux pour commettre le pire, c'est-à-dire parfois, effectivement, un assassinat. Est-ce que vous êtes effrayé ou pas ? Et est-ce que vous avez des réponses à apporter à ce phénomène ?
Je pense que, bon, là vous évoquez après le cas de Marseille, et vous avez raison, il y a aujourd'hui dans les réseaux de criminalité organisée de plus en plus le recours à des mineurs, et avec des phénomènes d'ultra-violence. Ça vous inquiète ? Évidemment. À Marseille, je peux vous dire que voir des gamins de 13 ans ou de 14 ans aller exécuter des personnes dans des conflits entre réseaux de criminalité organisée, c'est évidemment très inquiétant. Mais là, la réponse à y apporter n'est sans doute pas la même que la réponse à propos de l'événement dramatique dont on a parlé à Paris.
Sur la question du réseau de criminalité organisée, par exemple, je pense que les moyens doivent être mis dans la police judiciaire, dans le travail d'enquête, dans le travail d'investigation. On va parler du budget tout à l'heure, personne n'en a parlé. Mais par exemple, il semble, dans les dernières versions du budget, que du point de vue du ministère de l'Intérieur, on supprime des postes dans la police judiciaire. Moi, je dis qu'on ne peut pas à la fois dire qu'on est confronté aujourd'hui à un problème de criminalité organisée et mettre à mal les services de police dont la responsabilité est de démanteler des réseaux, de faire du travail de renseignement, d'enquêter.
À Marseille, précisément, par exemple, même s'il y a eu un petit peu des moyens qui ont été consentis ces dernières années, on est en sous-effectif en termes d'inspecteurs de la police judiciaire, on est en sous-effectif d'un point de vue de l'appareil judiciaire, ensuite, pour suivre ces enquêtes et pour les juger. Et c'est à ça qu'il faut y apporter. Et je crains, malheureusement, que plus les réactions utilisent des grands mots, moins elles apportent en vérité des réponses concrètes qui vont vraiment améliorer la situation.
Mais juste un dernier mot sur ce qu'utilise Bruno Retailleau, la culture de l'excuse. Qu'est-ce que vous voyez derrière cette expression ? Que des peines ne sont pas assez exécutées ? Que les parents ne sont pas assez mis en cause ? On parle de mineurs, là, encore une fois.
Je vais vous dire, Bruno Retailleau est un spécialiste de tordre la réalité des faits. Vous savez, les peines de prison en France sont aujourd'hui plus sévères que dans les années 80. Et beaucoup plus sévères. Par exemple, le nombre de mois d'emprisonnement moyen quand on donne une peine aujourd'hui est beaucoup plus important que ce qu'on observait dans les années 80. Donc, cette manière, si vous voulez, de tordre les faits pour essayer de défendre une vision idéologique de la société après un drame, c'est évidemment une manière que je réprouve et dans laquelle je ne me retrouve certainement pas.
Quant à la question, puisque c'est cette question sans doute qui va être posée aussi par le ministre de l'Intérieur, de ce qu'on appelle l'excuse de minorité. Je rappelle qu'en droit, il n'existe pas d'excuse de minorité. Il y a la possibilité d'avoir des atténuations de peine pour des mineurs par rapport aux peines qui sont normalement dispensées pour les majeurs. Mais le fait de ne pas atténuer les peines existe déjà dans le droit français. Les juges peuvent décider qu'au vu de la gravité ou des circonstances particulières d'une affaire, alors il ne faut pas atténuer la peine. Ça existe déjà dans le droit.
Donc moi, si vous voulez, j'attends un peu moins de grands mots, un peu moins de grandes opérations de communication et un peu plus de réponses concrètes, sérieuses, qui permettent effectivement d'améliorer la situation et d'améliorer la vie des gens. Parce que oui, on ne peut pas accepter en France que quand on a 14 ans, on meurt en sortant d'un match de foot.
Malmène Bonpart, parlons de la situation politique. Vous parliez du budget le plus dur, sans doute, commence dans les prochains jours. Députés, sénateurs, tractations battent leur plein pour tenter d'obtenir un compromis sur le projet de loi. On parle de la commission mixte paritaire qui aura lieu à partir de jeudi. C'est technique, mais d'abord une question. Vos pronostics pour faire tomber François Bayrou se sont avérés faux le 16 janvier dernier. Quand, selon vous, vous reconnaissez, vous êtes trompé, de fait. Tiendra, tiendra pas le futur Premier ministre ? Vous parliez toujours sur une censure. Est-ce que vous avez une estimation de date à nous donner à ce jour ?
D'abord, pour vous dire, bon, c'est pas que nous nous soyons trompés. C'est qu'un certain nombre de personnes et de formations politiques ont décidé de ne pas censurer le gouvernement de François Bayrou il y a une dizaine de jours. Et, dans mon point de vue, en rupture avec les engagements qu'ils ont pris devant les électrices et les électeurs.
Vous parlez du Parti Socialiste pour être clair.
Pas seulement, pas seulement. Le Rassemblement National s'est fait élire aux dernières élections législatives autour de l'idée qu'il allait agir pour la rupture avec le macronisme. Et il sert aujourd'hui de béquille à la continuité d'un gouvernement voué aux obsessions néolibérales d'Emmanuel Macron.
Sans paix, la défenseuse du RL, ils avaient dit qu'ils ne censureraient pas après le discours de politique générale. Ils avaient été clairs là-dessus.
Peut-être dit, mais quand, dans leur campagne, vis-à-vis de leurs électrices et leurs électeurs, je ne crois pas qu'ils se soient présentés en disant on va permettre à un gouvernement de M. Bayrou de pouvoir continuer à mettre en place sa mauvaise politique. Donc, après, c'est leur problème, c'est leur responsabilité. Mais je pense que c'est important que ça soit souligné. Maintenant, vous me posez une question sur la suite. Vous avez dit vous-même, il va y avoir une commission mixte paritaire, normalement, jeudi prochain, pour que les gens qui nous écoutent le comprennent.
C'est-à-dire une réunion dans laquelle il y a des représentants de l'Assemblée Nationale et des représentants du Sénat pour se mettre d'accord ou pas sur un projet de budget. Et, normalement, le 3 février, ce budget doit revenir à l'Assemblée Nationale. Évidemment que, si M. Bayrou, comme c'est le plus probable, a recours à l'article 49.3 de la Constitution pour nous imposer ce budget en force, il y aura une motion de censure, et sans doute que cette motion de censure sera examinée autour du 5 ou du 6 février.
Il faut 48 heures.
Et moi, je souhaite que cette motion de censure, évidemment, elle soit votée, puisque le budget qui nous est proposé, peut-être qu'on va rentrer dans le détail, est un budget qui est un budget le plus austéritaire que la France n'est jamais connue depuis 25 ans. Et ce n'est pas moi qui le dis. Même la ministre des Comptes publics, Mme Monchalin, le dit.
Sans ces termes-là ?
Elle dit que c'est la plus forte réduction de la dépense publique depuis 25 ans. Or, très concrètement...
Parce que des efforts sont à faire, ça vous êtes aussi en capacité de l'acter.
Mais il y a plusieurs manières de faire des efforts.
Vu l'état du déficit et de nos publics.
Évidemment qu'il faut lutter pour réduire le déficit. Mais vous savez, quand vous luttez pour réduire le déficit, vous avez plusieurs leviers. Soit vous décidez de baisser les dépenses, soit vous décidez d'augmenter les recettes. Ce gouvernement s'inscrit dans une logique simple. Il refuse toute augmentation significative des recettes. Et il veut baisser les dépenses. Pour que les gens qui nous écoutent le comprennent. Parce qu'ils peuvent se dire, baisser les dépenses, c'est peut-être une bonne idée. Ça se traduit de manière très concrète. C'est moins 700 millions d'euros dans le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche.
C'est moins plus de 100 millions d'euros dans le budget de l'éducation nationale. C'est moins d'un milliard d'euros dans le budget de l'écologie. Notamment, par exemple, dans le budget de ce qu'on appelle la prévention des risques. Je crois que je n'ai pas besoin de vous rappeler ce qui s'est passé à Mayotte et la multiplication des catastrophes climatiques à laquelle on est confrontés depuis plusieurs mois. C'est des conséquences très concrètes pour les gens. On va vous dire, c'est à vous de vous serrer la ceinture. On va vous dire, vous devez travailler cette heure gratuit dans l'année. Ça, c'est ce qu'il y a dans ce budget.
Moi, je ne suis pas d'accord pour que les efforts à faire, puisque vous me posez des questions sur les efforts à faire, reposent sur les Françaises et les Français ou sur nos services publics. Je pense qu'ils doivent reposer sur la mise à contribution des plus riches, des plus grandes fortunes, des plus gros patrimoines et qu'on a tout à fait les moyens pour le faire.
Et on va revenir sur ce...
Voilà, c'est là qu'on arrive à la différence de stratégie avec le Parti Socialiste. Vous avez évoqué, ils n'ont pas voté la censure. Et là, ils continuent à se dire qu'il faut faire pression sur le Premier ministre et obtenir des concessions. Ils trouvent qu'ils ont déjà, c'était l'explication de la non-censure, obtenu des gros bougés, comme l'on dit aujourd'hui, de la part de François Bayrou. Vous souriez déjà, parce que je sens que vous n'y croyez pas. Là, Patrick Caner, qui est le président du groupe...
C'est d'être agréable.
Ah bon, d'accord, c'est pour nous et pour les téléspectateurs. Donc, pas pour les socialistes, mais ça vous fait rire quand même. Patrick Caner dit en l'état, c'est pas acceptable, la copie du gouvernement, mais justement, on va obtenir de nouvelles concessions. Par exemple, l'annulation de l'annulation ou de la réduction des crédits sur le budget du sport, d'amélioration aussi en termes d'emploi pour l'agence France Travail. Il y a toute une liste qu'il met en avant. Ça, vous n'êtes pas convaincu de la possibilité d'arriver à faire bouger le gouvernement ?
Non, évidemment pas.
On vous dit que c'est peanuts, quoi.
Alors, d'abord, je vais vous dire que le Parti Socialiste a reçu un courrier de François Bayrou avant le vote de la dernière motion de censure, dans lequel il y avait, soi-disant, 23 points. 23 points que François Bayrou disait, voilà des concessions que je fais au Parti Socialiste.
Dont les jours de carence pour les fonctionnaires.
On va rentrer, dis quelques secondes dans le détail. Sur ces 23 points, il y en avait 8 qui étaient déjà dans le budget initial de Michel Barnier au mois de septembre et au mois d'octobre. Donc, faire croire que c'est... Ils sont déjà maintenus, c'est déjà quelque chose. Si vous voulez, mais faire croire que c'est... Il faut revenir en arrière. Faire croire que c'est une concession accordée à la négociation, évidemment, ne correspond pas à la réalité. Ensuite, il y en avait 11 qui étaient déjà obtenus, soit dans la discussion parlementaire avant que le gouvernement de Michel Barnier soit censuré, soit par l'intermédiaire de la censure.
Par exemple, quand j'entends certains dire, c'est la négociation qui a permis d'indexer les pensions de retraite sur l'inflation au 1er janvier. Non, pardon, c'est la censure du projet de loi de finances de la Sécurité Sociale de Michel Barnier qui voulait la reporter au 1er janvier.
Donc, c'est grâce à vous, en fait ? C'est grâce à votre censure ?
Évidemment, c'est grâce à la censure du gouvernement de Michel Barnier que les pensions de retraite ont été revalorisées sur la base de l'inflation au 1er janvier. Et ensuite, sur les quatre autres points, parce que moi, je veux bien qu'on me dise qu'il y a des concessions extraordinaires, on apprend depuis le moment où ces points, en soi-disant, étaient accordés. Par exemple, on nous a dit, ah, les socialistes ont obtenu le fait qu'il n'y ait plus les 4 000 suppressions postes dans l'éducation nationale. La semaine dernière au Sénat, les sénateurs macronistes ont voté contre le rétablissement de ces 4 000 postes.
C'est-à-dire que dans le budget du Sénat, aujourd'hui, celui qui a été voté par le Sénat, il y a la suppression des 4 000 postes d'enseignants.
Oui, mais il y aura un retour en arrière, justement. On parle de ce fameux débat de la commission mixte paritaire. Le gouvernement dit, ben non, on va à nouveau rétablir les 4 000 postes.
Peut-être, mais dans le même temps, au Sénat, le gouvernement propose un amendement pour réduire de 100 millions d'euros le budget de l'éducation nationale. Les 4 000 postes budgétés sur cette année, c'est 50 millions d'euros. Donc, à chaque fois, ils font pareil. Ils vous rendent 50 millions, mais ils vous prennent 100 millions sans vous dire à quel endroit on va le faire. On m'a dit, oui, on a obtenu la suppression des 3 jours de carence, vous savez, pour les congés maladie des fonctionnaires. Effectivement, ils ont renoncé aux 3 jours de carence. À la place, ils ont réduit l'indemnisation de 100% à 90%.
Attendez, juste pour pas que ça soit trop technique, mais quand même précis pour les gens qui nous écoutent. C'était à peu près 250 millions d'euros les 3 jours de carence, en fait, qui étaient prélevés sur les fonctionnaires. Donc, finalement, on ne prélève pas ça. Et à la place, on fait l'indemnisation à 90% au lieu de 100%, c'est-à-dire qu'on leur prélève 800 millions d'euros. Alors, si vous considérez que vous redonnez 250 millions d'un côté et vous prendre 800 millions de l'autre, c'est une bonne opération, on n'a pas la même vision des choses.
Ça veut dire que les socialistes sont des naïfs ou des menteurs ?
Non, je pense qu'il y a d'abord une forme de naïveté. On n'a pas abordé la question des retraites, mais essayer de faire croire que le fameux conclave qui a été constitué et pouvait conduire à l'abrogation de la réforme des retraites me paraît d'une naïveté confondante.
Vous n'y croyez pas une seconde ? Vous ne croyez pas au dialogue social avec les partenaires sociaux ? Que ces 3 mois de négociation puissent aboutir à quelque chose ?
Mais on peut croire au dialogue social et considérer que les règles qui ont été imposées à cette discussion entre les partenaires sociaux biaisent dès le début la discussion.
Puisque quand vous dites qu'il va y avoir un conclave pendant 3 mois, et en tout état de cause à la fin, soit tout le monde est d'accord, soit c'est la réforme actuelle qui continue à s'appliquer, en vérité tout le monde comprend bien qu'à partir du moment où vous avez autour de la table des gens qui disent depuis le début, depuis des années et des années, qu'il faut travailler plus longtemps et que donc la retraite à 64 ans c'est indispensable, voire qu'il faut aller plus loin, vous imaginez bien que demain ils ne vont pas se réveiller en disant que finalement ils sont d'accord pour l'abrogation de la réforme des retraites.
Or je vous rappelle que nous on a été élus sur une revendication, et cette revendication elle est majoritaire à l'Assemblée nationale aujourd'hui, c'est l'abrogation de la réforme des retraites. Alors on me dit, vous ne croyez pas au dialogue social ? Peut-être qu'on pourrait demander à M. Bayrou s'il croit au dialogue parlementaire, parce que s'il croyait au dialogue parlementaire, il ferait une chose très simple sur les retraites, il nous laisserait voter.
Oui, mais c'est ce qu'il a aussi entreaperçu après ces 3 mois de conclave. Non, non madame. Non, pas sur l'abrogation. Pas sur l'abrogation, mais sur ce qui aboutirait ou pas après ces 3 mois.
Sous réserve qu'il y a un accord entre tout le monde.
Ou en tout cas qu'il y ait un début d'avancée qui pourrait être soumis au Parlement, ça fait partie des options.
Je ne veux pas en prendre à vous, mais admettez l'idée quand même que dans une démocratie, quand des députés ont été élus et qu'ils sont une majorité aujourd'hui à défendre l'abrogation de la réforme des retraites, la moindre des choses, ça serait quand même qu'ils puissent voter sur ce sujet. Or, quand nous avons mis ce texte à l'Assemblée nationale dans notre niche parlementaire au mois de novembre dernier, c'est les députés amis de M. Bayrou, les députés du Modem, qui ont tellement saturé d'amendements la discussion qu'on n'a pas pu aller au terme de cette discussion.
Donc la moindre des choses, c'est pas que je ne crois pas au dialogue social, j'ai pas de problème avec le fait que les partenaires sociaux débattent, mais à la fin, dans une démocratie, c'est aux représentants du peuple de trancher, et ils doivent pouvoir trancher sur tous les points. Et ce point-là, François Bayrou l'a clairement écarté. Je ne veux pas m'égarer trop de votre discussion, de la question que vous me posiez, pardon, mais donc à la fois sur les questions budgétaires, et à la fois sur les questions des retraites, oui, il y a une naïveté, et parfois, sincèrement, une manière de présenter les choses qui...
J'ai du mal à croire qu'ils soient naïfs quand même, les socialistes, non ? Ils ont, à votre avis, quoi ? Quelle autre explication me proposez-vous ? Je ne sais pas, c'est vous qui avez sûrement une autre explication.
Quand vous entendez François Hollande, l'ancien président, dire, nous avons la clé pour 2027, quand vous entendez Olivier Faure, votre partenaire d'hier, comment le qualifier ? Que vous êtes la gauche du rien, il y a la gauche qui braille, vous, et celle qui travaille, comment vous voyez ces sorties ?
Pour l'instant, je pense avoir fait la démonstration que la gauche de j'ai rien obtenu n'est pas tout à fait de mon côté. Pour le reste, moi, je ne cherche pas à monter en tension avec qui que ce soit. Je vous l'ai dit tout à l'heure, il va y avoir un vote sur la censure sans doute dans une dizaine de jours. Et je dis les choses avec franchise, ça sera en quelque sorte le juge de paix. C'est à ce moment-là qu'on verra...
C'est le moment de vérité.
Bah oui, c'est à ce moment-là qu'on verra si, oui ou non, le Parti Socialiste reste fidèle aux engagements pris devant les électrices et les électeurs. Parce que, vous savez, la première phrase du programme du Nouveau Front Populaire, la première, pas la deuxième, pas la troisième, la première phrase du programme du Nouveau Front Populaire, c'était le Nouveau Front Populaire, à rassembler des hommes et des femmes qui veulent travailler une alternative de rupture avec le macronisme. Bon, la rupture avec le macronisme, ça passe pas par le fait de maintenir au pouvoir un gouvernement de continuité de la politique macroniste.
Ça, c'est pas le programme qu'on a défendu devant les électrices et les électeurs.
Les socialistes qui ne sont pas naïfs ont un autre argument quand même. Ils disent, les Français veulent de la stabilité, la France a besoin d'un budget et ils nous disent, il faut sortir de cette crise. On a beaucoup parlé, vous savez, des partenaires des syndicats ou des patronats qui avaient signé un appel, sauf la CGT, me direz-vous, un appel en disant, la France a besoin d'un budget. Donc, c'est un argument de poids. Les Français disent, il faut sortir de cette crise. Donc, bah oui, on laisse au moins le gouvernement terminer le budget et on verra après. C'est fort comme argument, non ?
Mais, Mme Chabot, moi, je suis d'accord avec vous pour dire que la France a besoin d'un budget. Je suis d'accord avec vous pour dire qu'on a besoin de stabilité, évidemment. Mais qui est responsable de l'instabilité aujourd'hui ? Est-ce que c'est pas le Président de la République en s'entêtant à nommer des premiers ministres minoritaires parce qu'il veut pas abandonner le pouvoir alors qu'il a perdu les élections ? Le responsable de l'instabilité, c'est lui. Quant au budget, évidemment qu'on a besoin d'un budget, mais le fait qu'on ait besoin d'un budget ne peut pas nous conduire à accepter un budget qui est un budget qui va se traduire par un désastre économique et social.
J'ai entendu Mme Vautrin dire que le coût de la censure était de 12 milliards d'euros. Ce chiffre est complètement fantaisiste. D'ailleurs, elle est incapable d'en faire la démonstration. Moi, je vais vous dire quelque chose.
Le chiffre donné aussi par le ministre de l'économie, Eric Lombard.
Il a copié sans doute. Mais je vais vous dire quelque chose. L'OFCE, qui est un observatoire indépendant, avait fait des prévisions de croissance sur la base du budget de Michel Barnier. D'accord ? Et sur la base du budget de Michel Barnier, il avait fait la démonstration que ça se traduirait par une baisse de la croissance par deux. Voilà. La loi spéciale qui a été adoptée à l'Assemblée nationale au mois de décembre, si on en restait à la loi spéciale, c'est-à-dire le renouvellement des crédits du budget précédent, on aurait une croissance plus importante l'année prochaine qu'avec le budget de M. Barnier ou qu'avec le budget de M. Bayrou. Donc non, la censure, elle n'a pas coûté d'argent.
En l'occurrence, c'est le budget de Michel Barnier ou le budget de François Bayrou qui va faire beaucoup de mal à l'économie pour une raison simple que tout le monde peut comprendre, même s'il ne partage pas mes opinions politiques. C'est que, si vous contractez l'activité économique, par exemple, on va réduire les budgets de ce qu'on appelle MaPrimeRénov'.
C'est en point de croissance. Quand Arlette dit l'instabilité, vous avez vu aussi des patrons, des chefs d'entreprise qui gèlent des investissements qui n'ont pas lieu parce que cette instabilité politique... Donc il faut leur donner
de la visibilité.
Oui.
Eh bien, pour leur donner de la visibilité, il ne faut certainement pas s'entêter à mettre en place des gouvernements minoritaires qui vont tomber au bout de deux mois. Donc, si vous voulez ramener de la stabilité, parce que moi, je cherche aussi une solution de stabilité pour mon pays, je pense qu'on est dans une situation de blocage et que le déblocage de cette situation, je l'ai dit, je l'assume, elle passe par une nouvelle élection. Et ça, ça ajoute du désordre et une incertitude pendant des semaines et des mois. Pas pendant des semaines, madame, c'est 35 jours.
Eh bien oui, mais écoutez, les 35 jours d'instabilité, vous les avez sous les yeux aujourd'hui, vous ne savez même pas si vous allez avoir un budget dans 15 jours.
Avant d'en venir à cette élection présidentielle anticipée, juste pour être très clair, vous parlez de moments de vérité, ce sont vos mots quant à la censure. Soyons clairs avec le Parti socialiste. 66 députés socialistes, 8 le 16 janvier, on votait la censure. Que se passera-t-il avec vos partenaires ou anciens partenaires du Parti socialiste si certains d'entre eux ne votaient pas la censure après le budget au mois de février prochain ?
D'abord, je vais répondre à votre question, ne vous inquiétez pas, je n'ai pas l'habitude d'esquiver les questions. Mais d'abord, je vais vous dire que moi, je souhaite qu'ils votent la censure. Ça, on l'a compris. Oui, mais c'est ce que je souhaite. Donc je souhaite d'abord, si vous le permettez, essayer de les convaincre de voter la censure. Et je pense qu'un certain nombre d'éléments que j'ai donnés aujourd'hui sur le budget, sur les retraites, mais je pourrais ajouter par exemple sur le fait que ne pas voter la censure aujourd'hui, c'est laisser au ministère de l'Intérieur, M. Retailleau, qui va multiplier les provocations comme on l'a vu depuis plusieurs jours.
Je pense que ça devrait amener et j'en appelle à quelque sorte à leur responsabilité. Les députés socialistes à rester fidèles aux engagements qu'ils ont pris et à voter la censure. Maintenant, on ne va pas se raconter d'histoire. Si certains députés socialistes ne votent pas à la motion de censure et qu'ensuite il va y avoir par exemple une dissolution de l'Assemblée Nationale et un retour devant les électrices et les électeurs. Il est évident et comprenez-le, ce n'est pas pour des raisons politiciennes, c'est qu'évidemment qu'il y aura dans chaque circonscription du pays un bulletin de vote de l'opposition de gauche. Parce que sinon, ça veut dire...
Plus de candidature commune et des candidats...
Non, je ne suis pas en train de vous dire plus de candidature commune, je vous dis dans chaque circonscription un bulletin de l'opposition de gauche, c'est très clair. C'est-à-dire un bulletin de la part de ceux qui ne sont pas dans le soutien sans participation au gouvernement. Si vous ne votez pas la censure, c'est que vous laissez le gouvernement de François Bayrou dérouler sa politique. Moi, je conteste la politique du gouvernement de François Bayrou et s'il doit y avoir une nouvelle élection, je pense que dans chaque circonscription, il faut que les gens qui, comme moi, contestent la politique de François Bayrou aient un bulletin de vote pour l'exprimer.
Et ce bulletin de vote, il peut être porté par des communistes, par des écologistes. Il peut même être porté par des socialistes qui auraient voté la censure. Mais je pense qu'il faut être clair. S'il doit y avoir une dissolution de l'Assemblée nationale, il doit y avoir un bulletin d'opposition de gauche dans chaque circonscription.
Ça veut dire que, de fait, si le Parti socialiste, parce qu'il y aura sans doute quelques députés qui pourraient avoir un vote différent, et vous faites appel à ceux qui, des nouveaux frandeurs, peut-être socialistes au sein du groupe qui vous suivraient, voteraient la censure. Mais si, officiellement, Olivier Faure dit non, on ne vote pas la censure, c'est-à-dire que, lui-même, de fait, se met en dehors du nouveau front populaire.
De mon point de vue, dans ce cas-là, évidemment, lui-même se met d'abord, avant de parler du nouveau front populaire, il est dans un changement d'alliance. C'est-à-dire qu'il n'est plus dans une alliance qui est celle du nouveau front populaire, qui, comme je l'ai dit tout à l'heure, a été constituée en alternative et en rupture avec le macronisme. Il devient dans le camp de ce que, moi, j'appelle le soutien sans participation au gouvernement de François Bayrou. Et on continue.
Le nouveau front populaire.
Le nouveau front populaire avec ceux qui restent fidèles aux engagements pris devant les électrices et les électeurs. Vous savez, le nouveau front populaire, ça n'appartient pas aux organisations politiques. Ça appartient aux électrices
et aux électeurs. On a un peu l'impression du contraire.
Précisément, j'essaye de vous en faire la démonstration. Il y a un programme. Il y a des électrices et des électeurs qui ont appuyé ce programme. Je pense que toutes celles et ceux qui resteront fidèles à ce programme, en tout état de cause, en toutes circonstances, continueront à faire vivre cet espoir.
Et on continue d'en discuter ensemble. Après une courte pause, on parlera notamment de la présidentielle. Un programme va être envoyé et déjà rédigé. A tout de suite avec notre invité. Un retour sur le plateau de l'événement du dimanche toujours avec Manuel Bompard, notre invité, coordinateur de la France Insoumise. On évoquait évidemment la situation politique, ce budget, cette censure. On aimerait vous interpeller sur, je ne sais pas comment on peut le qualifier, cet hommage du chef de la France Insoumise à un certain, justement, François Béroux, Premier ministre, qui disait la semaine dernière de lui. C'est un homme extrêmement résolu.
Il peut lui avoir d'arrivée d'avoir des faiblesses physiques, dit-il. Sa manière de conduire sa politique est celle d'un guerrier. Et ce qu'il vise, c'est la présidentielle de 2027. Peut-être un combat qui les rejoint. Vous en pensez quoi, d'abord, de ce type de déclaration à l'encontre du Premier ministre ? Et par ailleurs, il est un invité demain de LCI, Darius Rochebin, le Premier ministre. Qu'attendez-vous de sa prise de parole et de cette interview ?
D'abord, vis-à-vis de la caractérisation que fait Jean-Luc Mélenchon de François Bayrou, c'est vrai que depuis que François Bayrou a été nommé Premier ministre, on a tendance parfois à le considérer de manière un peu méprisante comme quelqu'un qui ne serait pas très intelligent, etc. Je ne crois pas du tout à cette lecture. Et de ce point de vue-là, je suis d'accord avec Jean-Luc Mélenchon.
C'est quelqu'un d'extrêmement rusé, qui est très doué pour essayer de faire croire aux gens, à des gens différents, des choses différentes, qui est très rusé pour essayer d'entourlouper un petit peu tout le monde et d'un certain point de vue, l'exercice auquel il s'est livré au moment de son discours de politique générale correspondait assez à cet exercice. Vous savez qu'il est...
Il a vanté les qualités, d'ailleurs, de Jean-Luc Mélenchon, lui reprochant sa trop grande conflictualisation de la vie politique.
Vous avez vu que je vante forcément pour en dire que du bien. Il y a un mais après, c'est ça ? Non, pas du tout. Je veux dire, je trouve qu'il y a une forme de ruse dans sa manière de faire et qui traduit, et qui se traduit par exemple par ce qu'on disait tout à l'heure vis-à-vis du Parti Socialiste, c'est-à-dire faire croire qu'il a accordé des concessions alors qu'en fait, elles ne correspondent pas à la réalité. Et ça, c'est vrai que c'est une caractéristique sans doute de François Bayrou.
Mais à l'homme de gauche que vous êtes, pardonnez-moi, l'homme de gauche que vous êtes, l'idée et la manière de faire qui consiste finalement à ne plus dépendre du Rassemblement National, ça doit quand même un peu vous satisfaire, non ?
Mais madame, moi, mon sujet, c'est est-ce que la politique mise en place par ce gouvernement répond aux aspirations, aux urgences que rencontrent les Françaises et les Français ? Parce qu'on me dit, François Bayrou, il n'y a pas que le budget. Par exemple, le 1er janvier de cette année, François Bayrou, s'il avait voulu faire un geste de gauche, comme vous dites, il aurait pu augmenter le SMIC. Il aurait pu le faire. Il aurait pu faire un coup de pouce sur le SMIC. Il ne l'a pas fait. Il aurait pu décider de suspendre la mise en oeuvre de la réforme de l'assurance chômage.
Vous savez qu'il va se traduire par une baisse d'indemnisation au chômage pour des centaines de millions de personnes dans notre pays. Il ne l'a pas fait. Donc, je veux dire, le problème, moi, je ne cherche pas... Je regarde la politique qui est mise en oeuvre et je vois bien que cette politique-là, en vérité, elle s'inscrit dans la continuité avec la politique d'Emmanuel Macron. Et on s'oppose à la politique d'Emmanuel Macron. Donc, on s'oppose à la politique de François Bayrou.
Candidat ou pas en 2026, ça, c'est une encore interrogation. Mais Jean-Luc Mélenchon, Arlette, y pensent beaucoup et même tout le temps.
Certains se demandent si on ne va pas revivre 2012. François Hollande y songe. Jean-Luc Mélenchon se prépare et François Bayrou, franchement, peut aussi, un jour, se dire que, pourquoi pas ? On va revivre 2012 en 2027 ?
Mais d'abord, je pense que, puisque vous m'interrogez sur Jean-Luc Mélenchon, la préoccupation principale de Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui, c'est de débarrasser le pays de deux ans et demi de politique d'Emmanuel Macron supplémentaire. C'est ça, notre préoccupation. La sienne, la mienne, la nôtre collective. Parce que je dis ça parce que parfois, j'entends ou on essaye de faire croire que si nous sommes dans l'opposition à Emmanuel Macron ou à François Bayrou, ce serait pour des raisons en quelque sorte d'intérêt personnel de Jean-Luc Mélenchon, je ne sais qui.
Ça se dit souvent, c'est pas faux.
Mais c'est évidemment faux. Enfin, je veux dire, évidemment que la question, elle est politique. Que oui, on assume, moi j'assume une obsession, puisque c'est le terme qui est parfois employé, mais cette obsession, c'est de protéger les Français de deux ans et demi de politique macroniste. Ça, c'est mon obsession, je vous le confirme. Et ça, ça passe effectivement par l'organisation d'une élection présidentielle anticipée. Et parce qu'on est des gens sérieux, évidemment que quand on se prépare à une élection d'une si grande importance, il faut prendre les devants. Donc, on a pris les devants sur les parrainages d'élus, je l'assume.
J'ai moi-même adressé un courrier aux maires et aux élus qui sont susceptibles par non de parrainer un candidat à l'élection présidentielle.
Un candidat
ou Jean-Luc Mélenchon ? Non, un candidat. Vous pouvez lire le courrier, il est public. Il est signé par moi-même.
Il n'y a pas de nom.
Non, c'est le candidat proposé par la France Insoumise ou par d'ailleurs plusieurs formations politiques. Mais c'est normal qu'on prenne de l'avance parce que, pardon, mais quand vous avez 35 jours pour faire une élection présidentielle, vous avez intérêt d'être prêt. Donc, oui. Et deuxièmement, oui, on a engagé un travail sous la responsabilité notamment de Clémence Guettet qui est la responsable du programme de la France Insoumise. Il y a un programme d'actualisation du programme L'Avenir en Commun qu'on a porté et dont je dois rappeler quand même qu'il a fait 22% des voix autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle de 2022.
Eh bien, on continue à travailler ce programme. On l'enrichit du travail qu'on a fait à l'Assemblée nationale.
Des mesures, l'augmentation de 10% des APL, l'augmentation de 10% du point d'indice des fonctionnaires, des mesures pour lutter contre la précarité des mères isolées. Elle le disait hier chez nos confrères du Parisien. Et puis, un slogan, Arlette, qui nous a un peu interpellés. La Nouvelle France. La Nouvelle France.
La Nouvelle France. C'est presque un slogan de droite, ça, non ? Pourquoi ? Non, je ne sais pas. La Nouvelle France. France, Nouvelle. Voilà, moi, je me suis dit, tiens, ça ira bien à plein de parties de droite aussi, ça, non ?
Je ne sais pas.
C'est quoi la Nouvelle France ?
Mais vous savez, je vais répondre à votre question, mais d'abord, nous, vous savez, on a toujours fait le choix, y compris dans nos élections présidentielles, nous adresser à l'ensemble des Françaises et des Français, quelle que soit leur étiquette politique, qui peuvent se retrouver dans notre projet. Et je pense que beaucoup de gens se disent, pour répondre à votre question, c'est quoi la Nouvelle France ? Beaucoup de gens reconnaissent de moins en moins notre pays.
Ils ont l'impression que notre pays est abaissé sur la scène internationale, que la pauvreté a bondi de manière spectaculaire depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir, que le pays se replie sur lui-même, plutôt que de s'attaquer aux grands défis qui sont devant nous. Je pourrais parler, par exemple, du défi de la transition écologique, qui est le grand défi du siècle. Eh bien, la Nouvelle France, c'est la France forte de toutes ses énergies pour s'attaquer à ses défis.
C'est évidemment une France qui ne regarde pas son caractère métissé comme un inconvénient ou un handicap, mais qu'il le regarde comme un atout, c'est-à-dire comme quelque chose qui doit nous permettre de nous attaquer aux grands défis qui sont devant nous. C'est une France qui balaye la question du racisme, qui la rejette et qui est à la hauteur de la maxime, vous savez, qui est écrite sur les bâtiments de nos mairies, liberté, égalité, fraternité. Voilà, c'est ça la Nouvelle France.
Une question rapide parce qu'ont été organisées des législatives partielles il y a peu de temps en Isère. Vous avez perdu un siège à l'Assemblée nationale. Est-ce que vous y voyez une alerte ? Est-ce que vous entendez les appels de... Là, on peut appeler ça d'anciens partenaires. Je pense à François Ruffin qui le dit, les résultats doivent être regardés de près, non pour être mis au passif des fantassins sur le terrain, mais pour les généraux dans les bureaux. C'est peut-être vous qui êtes visé, mais en dehors, c'est la Bérésina, un vote repoussoir massif. Ne changeons rien, fonçons droit dans le mur.
Écoutez, d'abord, je vais vous dire, je ne sais pas si c'est à moi dont il parle, puisque en l'occurrence, je ne sais pas si je suis un général, mais ce que je peux vous dire, c'est que dans cette campagne, je n'étais pas dans mon bureau, moi, j'étais sur le terrain et je suis allé donner le coup de main à la candidature de Liesse Loufoque, tandis que M. Ruffin qui nous adresse aujourd'hui ses reproches, je ne sais pas si c'était un général, mais en tout cas, je sais qu'il était lui dans son bureau. Donc, franchement, je ne pense pas très intéressant de venir polémiquer sur ce sujet. Il y a eu effectivement... Mais cette défaite, cette défaite, elle dit quoi ? Attendez.
Il y a eu une élection législative partielle dans cette circonscription. C'est une circonscription, cette circonscription, la première circonscription de l'Isère, qui est une circonscription historiquement de droite. Historiquement de droite. Nous avons réussi à arracher ce siège en juillet 2024 à la faveur d'une triangulaire au deuxième tour, d'accord ? Et à la faveur d'une participation très importante, puisqu'il y avait eu quasiment 70% des gens qui avaient voté. On est là dans une élection législative partielle. Dans cette élection législative partielle, la participation a été autour de 35%, c'est-à-dire divisé par deux, divisé par deux, et il n'y avait pas de triangulaire.
Donc, évidemment qu'on est déçus d'avoir perdu, mais essayer de tirer des enseignements nationaux d'une défaite dans telles circonstances ne correspond pas à la réalité. Et j'ajoute deux paramètres qui sont quand même intéressants à savoir. Premièrement, c'est que le Rassemblement national, qui passe son temps à dire qu'il doit être dans la rupture avec le macronisme, a appelé à voter pour la candidate macroniste au deuxième tour pour battre un candidat de l'opposition. Et donc, il a préféré un macroniste qu'un candidat de l'opposition, le Rassemblement national dans cette circonscription. Et deuxièmement, que M.
Glucksmann, qui donne des leçons à la gauche en permanence, a refusé de soutenir le candidat Liès-Loufois qui était pourtant le candidat soutenu par l'ensemble du nouveau Front populaire. S'il y a des responsables à cette situation, je pense qu'il faut plutôt regarder vers eux.
Oui. Arlette Chabot, parlons à présent de l'immigration. Justement, Bruno Retailleau, Bruno Retailleau partout, tout le temps, qui a remis dans l'air une idée, un référendum, une consultation, on l'écoute, il était en déplacement jeudi dernier.
S'il y a bien un sujet où il faudra un jour que les Français en délibèrent, c'est l'immigration. Parce que c'est sans doute le sujet qui depuis un demi-siècle a le plus profondément bouleversé la société française sans qu'on mette les Français à même d'en délibérer.
Voilà, il y a deux sujets. Il y a le problème constitutionnel, on peut penser, modifier la Constitution pour pouvoir consulter les Français, mais est-ce que sur l'idée de demander aux Français leur avis sur l'immigration, vous dites non, ce n'est pas souhaitable, vous ne le voulez pas et vous ne considérez pas à l'inverse de Bruno Retailleau que c'est légitime de demander aux Français leur avis sur ce sujet ?
D'abord, évidemment que dans une démocratie, c'est légitime de demander son avis aux Français sur n'importe quel sujet.
Sauf l'immigration, vous allez dire.
Non, ce n'est pas du tout ce que je vais dire, madame. Mais quelle question veut-il poser aux Français ? Non, parce que je veux dire, quelle question veut-il poser ? Vous savez, un référendum, si ce n'est pas juste un propos d'estrade, pour faire semblant, quelle question veut-il poser aux Français ? Parce qu'un référendum, vous posez une question. Pour le reste, si M. Retailleau... Vous pouvez en poser plusieurs, mais lesquelles ? Par exemple, vous savez, il y a une majorité de Français, en tout cas, c'est ce que disent les enquêtes d'opinion. Je les prends à distance, je les mets à distance. Mais en tout cas, c'est les éléments dont on dispose à ce stade.
Il y a une majorité de Français, par exemple, qui sont pour la régularisation des travailleurs sans papier. Donc, il veut poser cette question-là ? Quelle question veut-il poser ? Moi, je suis pour la régularisation
de tous les travailleurs sans papier.
Évidemment. Sans papier. On parle de personnes qui habitent en France, qui travaillent en France, qui, bien souvent, il faut le dire quand même, parce qu'ils sont suffisamment stigmatisés à longueur de journée pour aussi pouvoir les remercier et les féliciter et remercier d'être là parce que, bien souvent, ce sont ceux qui occupent des emplois qui sont des emplois vitales, indispensables à la vie de la nation.
Et ce sont des gens qui sont là, qui, parfois, ont des contrats de travail, c'est-à-dire qui payent des cotisations sociales, qui contribuent à la solidarité nationale et qui ne peuvent pas en bénéficier, qui sont obligés de se cacher, qui ne peuvent pas avoir accès à un logement, qui peuvent, à tout moment, se retrouver avec une menace d'expulsion, alors que, par exemple, ils peuvent avoir des enfants à l'école.
Donc, régularisation pour tout le monde sans condition.
Il y aurait du séjour en vous, les travailleurs. Sous les travailleurs sans papier, c'est-à-dire toutes les personnes qui ont un contrat de travail, parce qu'il y a une hypocrisie, qu'il y a une hypocrisie totale. Vous savez, comme moi, que des artisans, dans le bâtiment, il y a des travailleurs aujourd'hui qui sont indispensables et les mêmes personnes qui viennent sur les plateaux de télévision dire qu'il faut lutter contre l'immigration, emploient ces gens-là, les font travailler. C'est cette hypocrisie. Il doit cesser. Donc, sans condition.
Régularisation pour tous ceux qui ont un contrat de travail.
Évidemment qu'il faut qu'il y ait une régularisation. Et je crois savoir, peut-être que s'il y avait un référendum sur ce sujet, on pourrait le vérifier, qu'une très grande partie des Français, en vérité, sont favorables à cette mesure. Ensuite, pour le reste, si M. Retailleau veut désormais faire des référendums, vous voyez, moi, je n'ai pas de sujet que j'exclus par principe. Mais pourquoi, lui, il en exclut certains ? Pourquoi, par exemple, on ne ferait pas un référendum ? Évidemment, sur l'abrogation de la réforme des retraites, ce n'est pas un sujet important.
Pourquoi on ne ferait pas un référendum sur, je ne sais pas moi, le passage à la VIème République pour mettre un terme à la Vème République ? Donc, ce n'est pas moi qui ai une focalisation sur un sujet exclusif quand on est attaché à la démocratie. On est attaché à la démocratie sur tous les sujets. On ne choisit pas les sujets qui nous intéressent.
Emmanuel Bompard, sur la question de Mayotte, plus précisément, les propos du ministre de l'Outre-mer, Emmanuel Valls, récemment, qui parle d'un archipel nécrosé par l'immigration. Il sera sur place demain avec la ministre de l'Éducation nationale pour la rentrée scolaire. est ressorti, il faut être très clair sur ce sujet, récemment, sur les réseaux sociaux, une archive de Jean-Luc Mélenchon qui date de 2018. Sur les réseaux sociaux, plus d'extrême droite ou de droite, regardez cette archive concernant l'immigration à la Marriott, on en parle ensuite.
C'est vous dire que c'est une situation ingérable. On est dans une situation qui est particulière. Et on peut dire que l'île ne peut plus accepter de flux migratoires. Tout simplement parce que physiquement, on n'a pas la place. Ce n'est pas la même chose qu'en France, métropolitaine, hexagonale, où là, il y a des millions de mètres carrés où il n'y a personne.
Situation ingérable. Propos qui datent de 2018, c'est important de le rappeler. Qu'est-ce qui fait que, là-dessus, sur la situation à Mayotte, le droit du sol, vous ayez un peu changé de pied et que ce n'est plus du tout
le discours que vous tenez ? On n'a pas changé de pied. Jean-Luc Mélenchon ne prend pas position dans cette vidéo pour la remise en cause du droit du sol. Ce n'est pas du tout ce qu'il dit dans cette vidéo. Il dit que tout est saturé. Attendez, attendez. On va parler de Mayotte et je n'ai pas de problème avec l'archive que vous venez de montrer. Premièrement, pardon, moi je veux bien qu'on prenne la question de Mayotte par le prisme exclusif de la question migratoire. Je n'ai pas de problème à parler de la question migratoire.
Mais le prendre par le prisme exclusif de la question migratoire, c'est oublier que Mayotte a été abandonné par l'État, par les pouvoirs publics que les services publics qui sont dans un État déplorable, que vous avez des gens et pas que des gens contrairement à ce que j'entends en situation irrégulière, des gens en situation régulière qui vivent dans des bidonvilles, qui n'ont pas accès à un logement, qui ont été directement frappés et confrontés à la catastrophe climatique à laquelle a été confronté Mayotte. Peut-être qu'on peut parler de ça parce que vous savez, en 2018 aussi, tous les élus, toutes les forces vives de Mayotte avaient fait un plan.
Ils avaient demandé des milliards d'euros d'investissement et leurs propositions ne se focalisent pas. On peut aussi peut-être parler de l'immigration et de cette situation. Mais je vois que le ministre de l'Outre-mer ne parle que de ce sujet pour parler de Mayotte. Alors que vous avez des problèmes d'accès à l'eau, vous n'avez pas l'eau tous les jours à Mayotte, vous êtes obligés de vivre dans un bidonville, vous ne pouvez pas aller à l'école et les urgences et l'hôpital est complètement saturé. Donc peut-être qu'on peut parler de ça aussi.
Maintenant sur la question migratoire pour que les choses soient claires, évidemment que Mayotte seule ne peut pas faire face aux flux migratoires qui viennent en particulier des Comores ou de l'Afrique. Comment faire ?
Discuter avec les Comores ?
D'abord plusieurs choses. Premièrement sur les situations d'urgence, il y a une procédure qui est le visa territorialisé qui dit qu'en fait c'est Mayotte qui doit assumer seule les difficultés. Moi je suis contre ça. Je pense que la solidarité nationale doit s'appliquer sur par exemple des enfants ou parfois pourquoi ce serait à Mayotte d'assumer seul le devoir de solidarité qui est le nôtre. Et ensuite il faut s'attaquer aux causes de la migration. Et cause de la migration ça passe nécessairement par une discussion avec les autres pays avec les Comores en particulier pour qu'eux ils mettent en place un certain nombre de mesures qui ne favorisent pas l'exil et les...
Bien sûr que c'est compliqué. C'est très difficile. Je ne vous dis pas que c'est facile mais en l'occurrence pour l'instant parce que l'autre mesure c'est quoi ? L'autre proposition la mienne est compliquée mais l'autre elle est inefficace.
Réformer le droit du sol ?
Madame, le droit du sol ne s'applique déjà plus à Mayotte en l'état actuel. Il est déjà réduit mais il réduit encore un peu plus. C'est pas dyslusif. Il n'a pas été réduit. Une personne de nationalité étrangère qui vient à Mayotte et un enfant qui naît deux parents de nationalité étrangère à Mayotte n'a pas la nationalité française à Mayotte. Bon, cette mesure a été mise en place il y a quelques années. Est-ce qu'avant d'envisager une autre remise en cause du droit du sol est-ce qu'on peut regarder une minute si ça a eu un impact ? Moi je veux bien qu'on me dise c'est ça qu'il faut faire mais ils ont fait ça et ça n'a pas eu d'impact.
Au contraire on nous dit que les flux migratoires sont encore plus importants qu'avant. Donc il faut arrêter de faire croire que la personne qui vient aujourd'hui à Mayotte elle imagine 15 ans après que son enfant va avoir la nationalité française et donc qui fuit une situation de difficulté économique et bien donc c'est à ça qu'il faut s'attaquer et oui c'est pas facile oui ça prend du temps mais ça marchera mieux que toutes les mesures démagogiques qui sont proposées par ailleurs et qui saturent aujourd'hui le débat public.
Donc moi je dis à nos compatriotes de Mayotte d'abord qu'ils ont notre soutien notre solidarité et que l'État les a abandonnés et que c'est à ça qu'il faut répondre et qu'on a un certain nombre de propositions à mettre sur la table sur ce sujet.
Manuel Bonpart on arrive à la fin de cette émission on ne peut pas vous poser la question Rima Hassan l'eurodéputée insoumise a voté cette semaine au Parlement européen contre la résolution de mandat de la libération de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansa à l'Arlette Chabot.
Comment comprendre elle a voté contre d'autres se sont abstenus c'est le cas de Manon Ombry qui était votre tête de liste aux européennes 5 groupes sur 8 avaient proposé cette résolution pour demander de la libération immédiate et inconditionnelle ça veut dire que vous renoncez à défendre la liberté d'expression ça veut dire la liberté aussi de contester un pouvoir un pouvoir qui je ne sais pas ce que vous en pensez est tout sauf démocratique quand même.
Madame d'abord je vais vous dire que je trouve assez odieuse vous n'en êtes pas responsable vous reprenez ce qui a existé depuis vendredi la focalisation exclusive sur Rima Hassan vous savez il y a d'autres députés européens qui n'ont français dans la France insoumise y compris qui n'ont pas voté cette résolution Anthony Simi c'est Maforo oui mais sur le bandeau il y a marqué Rima Hassan pourquoi ?
parce qu'elle s'appelle Rima Hassan je trouve scandaleux la manière avec laquelle elle a été elle pointée de manière individuelle ça c'est la première chose que je vais vous dire la deuxième chose c'est que cette résolution n'était pas une résolution demandant exclusivement la libération de Boalem Sansal non d'autres c'est une autre raisonnier politique
en Algérie aussi non non
si ça avait été le cas évidemment que nous l'aurions voté vous savez moi le 26 novembre sur France Inter j'ai demandé la libération de Boalem Sansal le 1er décembre sur CNews le 17 décembre sur Sud Radio donc je ne souffre pas d'ambiguïté sur ce sujet le problème c'est que cette résolution ne se contentait pas de demander la libération de Boalem Sansal elle menaçait de suspendre l'accord d'association entre l'Union Européenne et l'Algérie ce qui me semble être une mesure qui contribue dans le contexte français auquel on assiste depuis des mois et des mois avec notamment les provocations de monsieur Retailleau ça n'a pas du tout
figuré dans la justification de Rima Hassan un peu laborieux ces dernières heures
elle dit qu'il a enfreint Rima Hassan il n'a pas été condamné pour ce qu'il a écrit mais parce qu'il a enfreint l'article 47 si on peut reprendre tous les tweets 47 du code pénal algérien c'est factuellement vrai
c'est factuellement vrai ce qu'elle dit là est factuellement vrai est-ce que ça justifie attendez ça ne justifie pas
son incarceration évidemment non
mais c'est factuellement vrai mais évidemment ça ne justifie pas et elle ne le justifie pas d'ailleurs donc écoutez franchement attendez je vais vous dire les choses franchement maintenant on va sortir un petit peu des hypocrisies d'accord évidemment qu'on ne peut pas être d'accord avec le fait qu'une personne pour des opinions qu'elle a exprimées se retrouve derrière les barreaux
alors pourquoi avoir voté contre attendez attendez attendez
je vous ai dit pourquoi avoir voté contre je vous ai dit parce qu'il n'y avait pas que ça dans cette résolution maintenant je trouve qu'il y a une hypocrisie totale sur le sujet et à la limite si c'était que de l'hypocrisie c'est pas grave mais aussi quelque chose qui en vérité ne contribue pas d'ailleurs à la libération souhaitée de Boilem Sansal parce que vous savez si vous voulez libérer une personne qui est détenue aujourd'hui par un régime étranger vous le faites par la négociation par la diplomatie vous n'en faites pas un point de crispation par l'escalade voilà par exemple moi je suis intervenu il y a quelques semaines pour obtenir la libération d'un chercheur français qui était détenu en Tunisie on n'en a pas fait un point politique qui devient un point de crispation de l'escalade entre la France et l'Algérie parce qu'à la fin ça ne contribue pas à cet objectif
Manuel Bompard c'est le Parlement européen qui en discute
oui à l'initiative de madame Maréchal Le Pen
mais il y en a mais vous avez vu tous les groupes la gauche, la beauté
les socialistes à droite
vous focalisez mais madame
moi je prends mes positions en indépendance maintenant je vais vous dire quelque chose pour vous montrer l'instrumentalisation et l'hypocrisie totale sur ce sujet madame Maréchal Le Pen n'était même pas là pour voter la résolution vous le savez elle n'était même pas là alors que c'est elle qui l'a proposée initialement c'est tout à fait secondaire c'est secondaire qu'elle ne la vote pas mais c'est pas secondaire que nous ne la votions pas
parce qu'au fond un écrivain est soutenu par la droite ou l'extrême droite il ne doit pas être défendu je n'ai pas dit ça madame
je vous ai déjà dit et je peux vous redonner encore les dates si vous voulez que pour ma part et pour tous les dirigeants de la force insoumise évidemment que nous nous sommes prononcés pour la libération de Bolem Sansal ce n'est pas le sujet du vote de cette résolution ce n'est pas le sujet du vote de cette résolution
c'est l'un des sujets pardonnez-moi ça participe des points qui sont dans cette résolution et quand Manon Aubry explique qu'il s'est abstenu que c'est un agenda organisé par l'extrême droite pardonnez-moi ça interroge et je reprends la question d'Arlette Chabot est-ce qu'aujourd'hui un auteur un écrivain soutenu par l'extrême droite ne peut pas être défendu par la France insoumise
je viens de vous dire précisément l'inverse madame donc évidemment que le problème moi j'ai toujours dit qu'une personne ne peut pas être détenue pour ses opinions même si je désapprouve évidemment ses opinions
Raphaël Guzman votre partenaire parle de honte quand elle se vote contre
vous voyez monsieur Guzman parle de honte monsieur Guzman par exemple a donc voté une résolution qui envisage de suspendre l'accord d'association entre l'Union Européenne et l'Algérie mais par contre il a toujours refusé de signer les propositions de résolution les propositions d'appel qui lui ont été fait pour suspendre l'accord d'association entre l'Union Européenne et Israël après le génocide à Gaza donc vous voyez moi j'ai pas d'indignation à géométrie variable quant à ceux maintenant qui veulent me donner des défenses des leçons sur la liberté d'expression vous savez que monsieur Julian Assange a été poursuivi par les Etats-Unis aux quatre coins du monde pour avoir dévoilé des informations à l'époque nous avons proposé une résolution à l'Assemblée nationale pour demander son asile et sa protection les macronistes ne l'ont pas voté la droite ne l'a pas voté alors pourquoi ce qui semble les indigner pour monsieur Boalem sans salle ne les a pas indignés pour monsieur Julian Assange moi je ne cherche pas à avoir de position à géométrie variable il y a des questions de principe on n'enferme pas une personne en fonction de ses opinions quand monsieur Christian Tenk est un leader cana qui est aujourd'hui en prison en France ils sont où les grands esprits de la liberté d'expression pour s'exprimer sur ce sujet
au gouvernement algérien de libérer monsieur Sansal mais évidemment je l'ai déjà fait trois fois pour que les choses soient tout à fait claires je rappelle quand même dans le projet de résolution il y avait la demande de libération des opposants politiques des journalistes qui ont critiqué le gouvernement algérien c'est ça qui était aussi mais moi j'applique les mêmes règles dans tous les pays
madame dans tous les pays donc en France aussi
et c'est très clair merci
aux Etats-Unis aussi merci beaucoup
Manuel Bompard merci également Alain Chabot ne loupez pas on en parlait tout à l'heure la grande interview de Darius Rochemin avec le premier ministre ce sera demain soir à 20h50 sur LCI merci Manuel Bompard
merci à vous merci à vous
merci à vous merci à vous
Manuel Bompard