La grande interview : Pierre-Yves Bournazel
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:18OuverteRéponse directe
Est-ce que vous saluez cette initiative du président ? Mais à quoi sert-elle ?
- 1:09OuverteRéponse directe
Vous pensez que le changement de régime est possible en Iran ? Ou est-ce que ce sera aux Iraniens de s'emparer de ce changement de régime ?
- 1:31RelanceRéponse partielle
Donc ça veut dire que vous approuvez cette intervention militaire américaine et israélienne ?
- 2:10OuverteRéponse directe
Le vrai risque, c'est un quatrième choc pétrolier, Pierre-Yves Bournazel, avec un prix du pétrole qui est déjà en train de flamber. Les prix à la pompe ont déjà augmenté. Pour quelles raisons ?
- 2:47OuverteRéponse partielle
Comment ? Un chèque carburant, un chèque énergie pour les Parisiens ?
- 3:11OuverteRéponse directe
Est-ce que vous ne pensez pas, vous ne craignez pas que notre pays connaisse à nouveau une vague d'attentats commises par des proxys, par des soutiens de l'Iran ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43Invité politiqueFait
« un régime d'assassins, un régime de corrompus, un régime qui a financé le terrorisme international, qui a tué d'ailleurs malheureusement des Français. »
- 2:03Invité politiqueFait
« Je souhaite que ce régime tombe. Donc tout ce qui est fait pour faire tomber ce régime va dans le bon sens. »
- 4:02Invité politiqueFait
« Oh, vous savez, les sondages, ils se plantent pas mal. On l'a vu plusieurs fois à Paris et sur le plan national. »
- 4:30Invité politiqueFait
« Je connais bien Paris, je connais Paris comme ma poche. Je connais bien les Parisiennes et les Parisiens dans leur colère, mais aussi leurs attentes, leurs espoirs. »
- 5:19Invité politiqueChiffre
« Elle parle d'un jumeau numérique. Elle a sous-estimé le montant. Les spécialistes ont dit que ça coûte 90 fois plus cher que ce qu'elle a dit. »
- 5:34Invité politiqueFait
« Elle veut remettre des voitures au-dessus des voitures berges. Tous les spécialistes ont dit que c'était impossible. »
- 7:57Invité politiqueChiffre
« Je peux le prouver. J'ai 4,2 milliards d'euros d'économie. »
- 8:32Invité politiqueChiffre
« qui coûte 250 millions d'euros par an aux contribuables parisiens. »
- 10:27Invité politiqueChiffre
« 90% des Parisiennes disent avoir été victimes d'une forme d'harcèlement ou d'agression sexuelle dans les transports en commun. »
- 12:34Invité politiqueChiffre
« En 12 ans, 180 000 Parisiens de moins à Paris. »
- 13:26Invité politiqueChiffre
« Nous pouvons remettre au moins 60 000 logements sur le marché, 60 000 familles qui peuvent revivre à Paris. »
- 15:32Invité politiqueChiffre
« les 4,2 milliards d'euros d'économies, plus 3 milliards de rentrées grâce à la vente de 20 000 logements qui appartiennent à la ville de Paris et qui ne sont pas sur le territoire parisien. »
- 18:37Invité politiqueFait
« Madame Dati est renvoyée devant un tribunal correctionnel du 16 septembre au 28 septembre prochain. »
Temps de parole
- Invité politique77 %
- Présentateur23 %
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Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Pierre-Yves Bournazel. Bonjour à vous, candidat à la mairie de Paris sous l'étiquette Horizon Renaissance. On va évoquer évidemment cette campagne de Paris, un mot bien sûr de ce qui se passe d'abord avec la guerre en Iran et le Moyen-Orient. Emmanuel Macron se rend aujourd'hui à Chypre, état de l'Union Européenne frappé la semaine dernière par des drones et des missiles. Est-ce que vous saluez cette initiative du président ? Mais à quoi sert-elle ?
Oui, les initiatives sont toujours les bienvenus. Pour ma part, je suis candidat pour... Mais ce n'est pas de la gesticulation ? Non, et c'est important que la France fasse entendre sa voix. Mais pour ma part, je suis candidat pour être le prochain maire de Paris. Et je sais que Paris est la capitale de la liberté. Et maire de Paris demain, je serai aux côtés des combattants de la liberté. Aux côtés du peuple iranien qui est un grand peuple, un peuple martyrisé par un régime, qui est un régime d'assassins, un régime de corrompus, un régime qui a financé le terrorisme international, qui a tué d'ailleurs malheureusement des Français.
Et à Paris en particulier.
Et à Paris en particulier. Et je souhaite que ce régime tombe.
Donc aux côtés des Israéliens et des Américains aussi, si vous voulez, du côté du combattant de la liberté ?
Il faut combattre, bien sûr, pour la liberté, avec toutes celles et tous ceux qui veulent défendre la liberté, et aider le peuple iranien à trouver le chemin de la liberté justement, et de la démocratie.
Hier, le successeur du guide suprême a été désigné. Il s'agit de son fils. Vous pensez que le changement de régime est possible en Iran ? Ou est-ce que ce sera aux Iraniens de s'emparer de ce changement de régime ?
Je le souhaite. Je le souhaite ardemment pour ce peuple iranien. Je souhaite qu'il puisse se soulever et qu'il puisse être aidé et soutenu par toutes les grandes démocraties.
Donc armé. Parce que le peuple iranien est armé, Pierre-Yves Bournazel. Et désarmé, pardon.
Oui, il faut les aider. Parce que la liberté, ça ne se négocie pas comme ça. Il faut aider ces combattants de la liberté. C'est un peuple courageux. C'est un peuple qui a été victime d'une répression ignoble. Ce régime est un régime qui doit tomber. C'est un régime qui a du sang sur les mains. Le sang de son peuple et le sang aussi par le terrorisme international.
Donc ça veut dire que vous approuvez cette intervention militaire américaine et israélienne ?
En tout cas, comme maire de Paris, je serai aux côtés des défenseurs de la liberté. Je ne le veux pas. Mais vous la soutenez ? Oui ou non ? Je souhaite que ce régime tombe. Donc tout ce qui est fait pour faire tomber ce régime va dans le bon sens. Et je ne vais pas pleurer pour ces criminels.
Le vrai risque, c'est un quatrième choc pétrolier, Pierre-Yves Bournazel, avec un prix du pétrole qui est déjà en train de flamber. Les prix à la pompe ont déjà augmenté. Le gazole à Paris est à 2,30 euros. Pour quelles raisons ? Pour l'instant, il n'y a aucune tension sur le marché. Est-ce que vous ne pensez pas qu'il y a des profs de guerre aujourd'hui ?
Il y a toujours malheureusement des profiteurs de guerre. Il faut garder beaucoup de sang-froid et de calme dans cette période. Et il faut protéger nos concitoyens face aux conséquences de la guerre. La guerre a toujours des conséquences sur le plan économique, sur le plan national, sur le plan européen, mais aussi sur le plan parisien. Il va falloir protéger le pouvoir d'achat des Français et des Parisiens.
Comment ? Un chèque carburant, un chèque énergie pour les Parisiens ?
Il faudra prendre toutes les dispositions le moment venu. En tout cas, il faut déjà bien gérer les comptes publics. C'est pour ça que je porte le projet le plus sérieux, le plus abouti à Paris. Quand on ne sait pas gérer les comptes publics, quand on ne sait pas désendetter, par exemple, une ville, il ne faut pas s'étonner après des conséquences. On n'a plus de marge de manœuvre. Et avec mon plan, on aura des marges de manœuvre pour investir et protéger les Parisiens.
Pierre-Yves Bournazel, il y a la question évidemment du pouvoir d'achat, celle de la sécurité aussi. On en revient une explosion à viser l'ambassade des États-Unis. La police évoque un possible motif terroriste. Est-ce que vous ne pensez pas, vous ne craignez pas que notre pays connaisse à nouveau une vague d'attentats commises par des proxys, par des soutiens de l'Iran ?
Bien sûr qu'on le craint. Et j'ai confiance. J'ai confiance en nos services de renseignement parce que je sais que nos services de renseignement sont très performants. La menace est élevée, la menace est réelle. On a affaire, je l'ai dit tout à l'heure, à un régime avec des soutiens, des soutiens qui sont extrêmement dangereux, qui s'attaquent à nos démocraties, à nos modèles de liberté. Et donc je fais confiance à notre renseignement pour démanteler ces réseaux et ces filières.
– À une semaine du premier tour des municipales, est-ce que vous êtes prêt à faire perdre la droite, Pierre-Yves Brantel ?
– Oh, je ne veux faire perdre personne, je veux gagner. Ce n'est pas tout à fait la même chose. – Vous n'êtes pas, a priori, le favori dans les sondages ? – Oh, vous savez, les sondages, ils se plantent pas mal. On l'a vu plusieurs fois à Paris et sur le plan national. – Ah, ils sont assez conspires. – Je suis le candidat du changement. Je suis le candidat qui veut l'alternance à Paris. Et je mène campagne avec une équipe solide, un projet, le projet le plus sérieux parce que c'est le plus financé. Je suis un homme honnête et l'honnêteté, ça compte et ça va compter pour le prochain mandat. Et je suis avec mon bâton de pèlerin. Je suis élu de Paris depuis 18 ans.
Je connais bien Paris, je connais Paris comme ma poche. Je connais bien les Parisiennes et les Parisiens dans leur colère, mais aussi leurs attentes, leurs espoirs. Et je suis prêt avec une équipe à réussir cette alternance. Et c'est ça qui compte.
– Alors pour ceux qui nous écoutent et nous regardent, peut-être ne savent-ils pas qu'il y a trois candidats à droite ? Donc vous-même, Mme Dati, qui est la favorite de l'élection, et Sarah Knafow. Ça va donner quoi à votre avis, à part la pagaille justement, que la droite soit dispersée ainsi ?
– D'abord, Mme Knafow, moi je la qualifie d'extrême droite, parce que c'est ainsi qu'elle est qualifiée par le ministère de l'Intérieur. Et c'est ainsi qu'elle se positionne au Parlement européen, puisqu'elle est dans un groupe plus à droite que le Rassemblement national. Et d'ailleurs, Mme Le Pen et M. Barlet-Della avaient qualifié le groupe au siège Mme Knafow d'extrémistes.
– Donc vous l'insultez déjà ?
– Ah non, non, je ne l'insulte pas. L'extrême droite, on aura l'extrême droite.
– On vous dit que son programme est bidon, elle n'est pas sérieuse. Vous réclamez de la Cour des comptes, mais votre programme c'est la Cour du Miracle.
– Oui, je donne des exemples. Elle parle d'un jumeau numérique. Elle a sous-estimé le montant. Les spécialistes ont dit que ça coûte 90 fois plus cher que ce qu'elle a dit. Elle veut remettre des voitures au-dessus des voitures berges. Tous les spécialistes ont dit que c'était impossible. D'ailleurs, c'est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Les spécialistes des finances publiques ont regardé son projet, ça ne tient pas debout. Donc je dis simplement que quand on est candidat, il ne faut pas prendre les parisiens pour des gogo, il faut les respecter, il faut avoir des projets sérieux, il faut avoir des projets financés, parce que c'est l'honnêteté ça aussi.
– Ok, Rachida Dati en prend aussi pour son grade, c'est une personne en état d'ébriété narcissique. En fait, vous avez plus de sympathie pour Emmanuel Grégoire que pour les deux.
– Non, je veux changer. Emmanuel Grégoire, je conteste sa politique et je veux le changement. Et d'ailleurs, je suis allé lui dire en direct, vous voyez, il ne veut pas débattre. Dati et Grégoire ne veulent pas débattre, ce qui est un déni de la démocratie, ce qui est respectueux des Parisiennes et des Parisiens. Et je me bats pour le changement. Et donc je suis allé porter la contradiction à M. Grégoire. – Oui, vous allez faire un puni. – Oui, dans son meeting en plein air. Et je suis allé lui dire, quand on refuse de débattre, on méprise les Parisiens.
C'est un déni de la démocratie, mais surtout, ça prouve que vous ne voulez que le poste, mais vous ne voulez pas passer leur entretien d'embauche.
– Enfin, ils vont passer par le vote des électeurs.
– Oui, mais c'est une comparaison à une élection. Et il ne faut pas avoir peur du jugement des Parisiens. Et quoi mieux qu'un débat ? Vous vouliez organiser un débat ?
– Bien sûr, on l'organise toujours s'ils sont les bienvenus.
– Eh bien, dites à ce micro que Mme Detti et M. Grégoire sont les bienvenus, qu'ils aient le courage de venir débattre, de se mettre au jugement des Parisiennes et des Parisiens dans la comparaison des projets.
– Mais est-ce que vous n'avez pas peur, Pierre-Évournazel, qu'in fine, après le premier tour, on verra ce que ça donne, vous avez raison, les électeurs ne sont pas encore prononcés, vous ne soyez celui qui empêche l'alternance ? – C'est-à-dire qu'il empêche la droite de récupérer Paris après…
– Je vais permettre de la réussir, cette alternance. – Comment ? Pour refuser les alliances au second tour ? – Non, je suis le candidat qui, au second tour, peut rassembler le plus large. D'ailleurs, les sondages, vous voyez, ça va et ça vient, montrent que moi, au second tour, je l'emporte face à M. Grégoire. Et très largement, ce qui n'est pas le cas de Mme Detti, un sondage ce matin qui montre qu'elle perdrait face à M. Grégoire. Parce que je m'adresse aux Parisiens très largement. Et au second tour, si je suis en situation, je tendrai la main. Je tendrai la main à celles et ceux qui veulent l'alternance, qui ne sont pas dans l'extrémisme.
Et je sais déjà que dans la droite républicaine, chez des gens de gauche modérée qui veulent le changement, cette main sera acceptée. Parce que le changement, il est attendu par une majorité de Parisiens. Mais les Parisiens ne veulent pas subir ce changement, ils veulent le choisir. Et l'offre qui est la mienne est une offre qui est portée sur un projet solide, le projet le plus sérieux, le projet le plus financé.
– C'est ce qu'ils nous disent tous.
– Non, non, non, mais moi, je peux le prouver. Je peux le prouver. J'ai 4,2 milliards d'euros d'économie. Je vais débureaucratiser l'administration parisienne. Je ferai appliquer les 35 heures parce que deux tiers des agents ne travaillaient pas 35 heures à la ville de Paris. J'ai un plan de lutte pour la présentéisme. – Donc il y aura des grèves ? – Non, non, il n'y aura pas de grèves.
– Il y aura du mouvement de grève pour la ramasser des ordures, la propreté de Paris ?
– Non, non, non, je vais vous expliquer. Il faut réformer. Moi, je suis un homme de réforme. Je veux du service public de qualité pour les Parisiens. Ma seule boussole, c'est le service de Paris des Parisiennes et des Parisiens. Ce n'est pas les polémiques. Et donc ce qui m'intéresse, c'est de produire des choses. Et je sais que sans économie, on n'y arrivera pas. Donc je veux faire appliquer les 35 heures. Je veux aussi lutter contre l'absentéisme qui coûte 250 millions d'euros par an aux contribuables parisiens. J'ai un plan justement sur le bien-être au travail.
– La force des fonctionnaires de la ville.
– Tout à fait. Et je mettrai en place aussi les contrôles administratifs sur les certificats médicaux abusifs. Donc Paris sera une ville tenue sur le plan financier. Je vais désendetter Paris, baisser les impôts et ainsi retrouver des marges de manœuvre pour investir. Par exemple sur la sécurité. Je serai le maire de la sécurité.
– Gros dossier, parce que les Parisiens vivent en tout cas dans un sentiment d'insécurité qui est prouvé par les chiffres aussi. Qu'est-ce que vous proposez ? On va doubler le nombre des agents municipaux, c'est ça ?
– Non, je vais même les tripler. – Tripler. – Grâce aux économies réalisées, je vais pouvoir porter le nombre d'agents à plus de 6 000, trois fois plus qu'aujourd'hui. Pour une police municipale, 24 heures sur 24. Sept jours sur sept. Une police municipale avec un numéro dédié. Cette police municipale sera dans toutes les rues de Paris. Elle sera donc visible. – Armée ou pas armée ? – Elle sera formée et armée.
– Armée avec des armes létales.
– Ah, bien sûr. – Emmanuel Grégoire est contre. – Mais M. Grégoire, il les a écoutés, les syndicats ? Il a écouté les policiers municipaux ? Vous croyez qu'il y a des policiers municipaux qui veulent aller dans des quartiers où ils veulent être en confrontation avec des proxénètes et des trafiquants de drogue sans être armés ? Ce n'est pas respectueux de leur métier. C'est très dangereux d'avoir cette position idéologique. C'est pour ça qu'il faut une alternance. Il faut un maire pragmatique, capable d'assurer la sécurité. 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 dans l'espace public. J'ajoute que chaque soir, je mettrai un policier municipal dans chaque métro en plus de la police des transports.
– D'accord.
– Parce que beaucoup de Parisiens sont victimes d'agressions le soir. Les Parisiennes, je pense aux femmes, victimes de violences sexuelles ou sexistes, j'assurais la sécurité. – Alors un policier par rame, dites-vous ? – En plus de la police des transports. – Donc ça fait combien ? – Ça sera 800 à terme. – 800 ? – 800 policiers municipaux. – Chaque nuit ? – Oui, tout à fait.
– Donc vous vous rendez compte sur le roulement ?
– Ah oui, il faut savoir ce qu'on veut. Et je crois qu'il est très important d'assurer la sécurité dans nos transports. C'est une demande notamment des Parisiennes. J'ai écouté beaucoup de Parisiennes tout au long de cette campagne, mais depuis 18 ans, je vois les choses évoluer. Il y a beaucoup de violences, elles sont souvent agressées. 90% des Parisiennes disent avoir été victimes d'une forme d'harcèlement ou d'agression sexuelle dans les transports en commun. C'est inacceptable, je ferai reculer ces agressions.
– Qu'est-ce que vous ferez aussi contre les narcotrafiquants, bien sûr, et aussi tous les toxicomanes, qui dans certains quartiers, je pense au 18ème, sont véritablement un fléau pour les riverains. Il y a un square dans lequel la mairie actuelle veut mettre un parc canin pour empêcher les dealers de revenir. Est-ce que c'est la solution pour vous de mettre un parc à chien plutôt que de faire partir les dealers ?
– Je suis pour les parcs canins, mais une fois qu'on a assuré la sécurité et l'ordre. Et donc je prends les choses par ordre, justement, de priorité. Cette police municipale, elle va être efficace, parce qu'elle va être visible et dissuasive, et elle va travailler en bonne intelligence avec la police nationale. Mais je serai aussi le maire anti-mafia. Je demanderai maire de Paris, dès avril, la fermeture administrative de tous les commerces illégaux qui sont financés par l'argent sale, les mafias, les trafiquants de drogue et les proxénètes, comme maire de Paris. – La mairie laisse prospérer actuellement les mafias dans Paris ? – Regardez ce qui se passe.
On voit bien à l'œil nu qu'il y a des rachats de commerces. C'est du blanchiment d'argent. Je ne laisserai pas faire. Je saisirai aussi le parquet pour que ces criminels soient poursuivis et condamnés devant la justice. Je n'hésiterai pas comme maire à racheter quelques commerces pour relancer l'activité économique, après avoir assuré la sécurité dans ces quartiers. Car dans tous les quartiers de Paris, on mérite des commerces de proximité et de qualité, notamment des commerces de bouche, des commerces à vocation culturelle. Je le vois dans le 18e, ce que j'aime, c'est la rue du Poteau. Ce que j'aime à Paris, c'est la rue Daguerre dans le 14e arrondissement.
Si on prend un quartier plus cossu dans le 7e arrondissement, c'est la rue Claire. On aime les rues où il y a de l'âme. Et là où il y a une âme, c'est là où il y a des commerces, évidemment, de proximité. Donc j'assurerai la sécurité et je lutterai contre ces mafias. Je les ferai reculer parce que ce n'est plus possible d'accepter dans cent nombre de quartiers de Paris que ces mafias prospèrent.
Pierre-Yves Bournazel, le logement est vraiment un problème majeur dans le budget des personnes qui veulent habiter Paris. D'ailleurs, on assiste à un exode des Parisiens qui ne peuvent plus payer les loyers du centre-ville. Qu'est-ce que vous proposez ? Quelles sont les mesures d'urgence que vous devez prendre, que la prochaine municipalité devra prendre pour permettre aux foyers les plus modestes d'avoir un logement ?
Je vais vous répondre. Tout d'abord, je voudrais faire le bilan en deux mots. En 12 ans, 180 000 Parisiens de moins à Paris. 180 000 Parisiens de moins à Paris. C'est l'équivalent du 20e arrondissement. C'est comme si le 20e arrondissement avait disparu de Paris. Les prix sont toujours plus chers. C'est un échec de cette majorité. Elle a échoué. Elle a évincé de Paris des classes moyennes et des familles. Je serai le maire qui va permettre aux classes moyennes et aux familles d'habiter Paris. Deux propositions, par exemple. La première, je veux créer un choc d'offres. Je ferai confiance aux propriétaires. Je leur tends la main.
Et je leur dis, si vous remettez votre bien sur le marché principal, plutôt que de laisser votre appartement en location saisonnière ou en résidence secondaire, non seulement je vous baisse la taxe foncière, mais en plus, je vous protège parce que je vous fais participer à un PAC 100% garantie paiement des loyers. Si vous avez des impayés ou des dégradations, par un système d'assurance, on vous protège votre paiement du loyer et le paiement des dégradations. J'ai travaillé cela avec les notaires, avec des propriétaires.
Nous pouvons remettre au moins 60 000 logements sur le marché, 60 000 familles qui peuvent revivre à Paris, faire vivre le commerce de proximité, remettre des enfants dans nos crèches, remettre des enfants dans nos écoles, parce que dans les quartiers, il faut qu'il y ait de la vie et des classes moyennes et des familles.
Thierry Bonazel, vous parlez des crèches justement, il y a eu un scandale concernant les violences sexuelles dans le périscolaire, terrible, avec des défaillances abyssales qui ont été révélées. Comment est-ce que vous pouvez garantir demain aux Parisiens ou aux Parisiennes qu'ils laisseront leurs enfants dans une crèche où ils ne subiront pas d'agressions sexuelles ?
Les crèches, il y a le périscolaire dans nos écoles, c'est une honte, c'est une horreur ce qui s'est passé et c'est le plus gros scandale que la ville de Paris n'ait jamais connu. Il y a eu des fautes très lourdes, des carences et c'est inacceptable et très grave. Qui sont les responsables ? On ne joue pas, celles et ceux qui en ont la charge, c'est-à-dire la ville de Paris. Il va falloir qu'il y ait des explications.
Et des actions en justice ?
Oui, il y a des plaintes légitimes des parents et je souhaite que ces plaintes aillent jusqu'au bout. J'avais d'ailleurs demandé il y a quelques mois, je n'ai pas eu de réponse, à la ville de Paris qu'elle puisse réunir le rectorat, le parquet et les parents pour les informer au moins, pour les respecter de tout ce qui se passe. J'agirai comme maire et ce sera ma première mesure, ma première décision. Je prendrai d'ailleurs le sujet directement en charge comme maire de Paris les premiers mois. J'ai un plan que je vais annoncer cette semaine qui est prêt, que je ferai voter tout de suite au Conseil de Paris de 10 mesures chocs pour remédier. Alors par exemple, une mesure ?
Je vais imposer tous les contrôles, tous les contrôles qui ne sont pas faits aujourd'hui. Contrôles systématiques de tous les antécédents des animateurs. Le quasi judiciaire bien sûr, mais tous les antécédents. La fiabilité du parcours pour qu'on ne mette pas n'importe qui devant nos enfants. Des formations obligatoires de deux ans pour tous les animateurs. Pour ces animateurs, je ferai aussi des contrôles surprises chaque année dans tous les établissements. Je formerai également tous les autres acteurs qui ne sont pas dans le périscolaire mais qui peuvent détecter dans l'école les signaux faibles. Je ne laisserai aucun enfant seul avec un adulte seul ces premiers mois.
Je vais remettre de l'ordre. Je vais avoir des propositions extrêmement fortes.
Vous allez embaucher à ton deux bras alors ?
Mais les économies que j'ai réalisées, les 4,2 milliards d'euros d'économies, plus 3 milliards de rentrées grâce à la vente de 20 000 logements qui appartiennent à la ville de Paris et qui ne sont pas sur le territoire parisien, tout ça va nous donner des marges de manœuvre parce que je veux que ça marche. La sécurité, il faut que ça marche à Paris. La propreté, il faut que ça marche. Le logement accessible, il faut que ça marche. Le périscolaire, il faut que ça marche. Je veux remettre la culture de la réussite et de la performance au cœur du service public municipal. Je veux être maire de Paris, rien d'autre.
J'en ai le plus envie de tous les candidats parce que je me prépare depuis très longtemps.
Mais c'est un critère ça pour les Parisiens ? C'est un critère. Il y a le plus envie, M. Bournazel ?
Oui, c'est très important d'en avoir envie. Quand ça vient de loin...
Ils en ont tous envie.
Non. Tout le monde a envie d'être dans de Paris.
Tout le monde a envie de la voiture à cocarde et des postes.
Je vais les supprimer, les voitures et les chauffeurs. Tiens, ça va nous diminuer notre train de vie. Comme je vais supprimer le jeton de présence pour les élus qui s'y sont dans les sociétés d'économie. J'en ai très envie, oui, parce que je me prépare depuis longtemps et que j'ai une équipe solide, un projet solide. Je ne débarque pas en janvier. Il y a des candidats qui sont arrivés en janvier. On ne les avait jamais entendus parler de Paris. Jamais entendu parler des Parisiens.
Parlez-moi de la Knafo, là.
Pas seulement. Soyez clair. Madame Chikirou, Madame Knafo.
On n'a pas parlé d'ailleurs de la France insoumise.
La France insoumise, oui. Je peux vous en reparler, oui.
Allez-y. Quelle serait votre stratégie après le premier tour ?
C'est un cordon sanitaire. Ce sont des extrémistes. Vous avez vu ce qu'a dit M. Mélenchon il y a encore quelques semaines ? Vous avez vu ces propos antisémites qui sont une honte et une salissure sur notre République ? Vous avez vu les propos de Madame Hassan sur le régime iranien ? Ces gens-là sont très dangereux. J'ai des valeurs. Et ces valeurs, ce sont les valeurs de Paris. Ce sont des valeurs républicaines qui m'ont été transmises par mon grand-père. Ces valeurs, je les défendrai comme maire de Paris. Et je suis très clair contre l'extrémisme politique. Et quand on est très clair, sans compromission avec l'extrémisme politique, on tient bon sur les valeurs de Paris.
Et comme ça va être difficile, comme ça va tanguer, comme les bascules géopolitiques sont là, que sur le plan intérieur, il y a des menaces très lourdes sur nos valeurs parisiennes, sur les valeurs républicaines et démocratiques, il faut tenir bon un homme libre et indépendant d'esprit avec une équipe solide et un bon projet et avec des valeurs qui tiennent la route, ça peut permettre de résister.
J'entends votre fermeté sur la France insoumise, le courdon sanitaire, vous savez très bien qu'au second tour, ces voix de gauche, même d'extrême gauche, se porteront sur le candidat de gauche qui est Emmanuel Grégoire.
Je ne sais pas, parce que peut-être que Mme Chikirou dépassera les 10% et elle a annoncé qu'elle voulait se maintenir. Mais la gauche,
c'est toujours se réunir quand la droite, c'est toujours se diviser. C'est une grande leçon de la Ve République. Mais est-ce que vous ne serez pas responsable, encore une fois, si Mme Dati ne veut pas remporter cette élection, de l'échec de la droite à part ?
Alors je vais vous le redire.
Vous ne porterez pas ça sur vos épaules à vous ?
Je ne suis pas là pour faire perdre, je suis là pour gagner. Et pardon, mais il n'y a aucun bulletin qui a été mis dans l'urne. Je mène campagne avec mon équipe et je veux convaincre. Et je vois que ça fonctionne parce que je sais qu'une majorité de Parisiens ne veut ni de Grégoire, ni de Dati. Ils ne veulent pas de ce match.
Pourquoi pas de Rachida Dati ? Ils ne veulent pas de Rachida Dati ?
Parce qu'ils disent sur le terrain qu'ils veulent un autre changement, une autre alternance. Et c'est celle que je porte. C'est pour ça que je veux convaincre. Ils ne veulent pas de la brutalisation de la vie publique. Ils ne veulent pas des attaques en dessous de la ceinture. Et puis un risque que fait courir Madame Dati, dont personne ne parle, ce sont juste des faits. Madame Dati est renvoyée devant un tribunal correctionnel du 16 septembre au 28 septembre prochain. C'est un risque pour Paris puisqu'elle s'est en procès pour corruption. Elle risque 10 ans de prison, 5 ans d'inigibité. Elle a droit à la présomption d'innocence, bien sûr. Mais ce risque compte pour Paris.
Et beaucoup de Parisiens disent qu'il ne faut pas se tromper d'alternance parce qu'il ne faut pas que ça s'arrête dans 6 mois. Et donc nous, on est la garantie que cette alternance, ce changement profond qu'on va porter sur la sécurité, sur le logement, sur la propreté, sur des comptes publics tenus, sur la santé de proximité, on le fera parce qu'on aura le temps de le faire avec beaucoup d'honnêteté et sens de l'efficacité.
Encore une question, Pierre-Yves Bournazel. Est-ce qu'il va se passer à Paris, dans d'autres grandes villes ? Peut-être ne sera pas la préfiguration de ce qui se passera en 2027, c'est-à-dire à bloc central, même si ce mot est peut-être mal choisi avec les droites républicaines et la gauche républicaine, ne va pas se présenter en front dispersé. Est-ce que tout n'est pas organisé au fond pour une confrontation entre l'ERN et la France insoumise en 2027 ?
Ce n'est pas ce que je souhaite pour le pays, mais je dis aux Parisiens ne vous laissez pas voler votre élection. C'est une élection municipale, ce n'est pas une présidentielle, ce n'est pas une mini-présidentielle. On choisit le meilleur projet. Au premier tour, on vote avec son cœur. On vote pour celles et ceux qui ont la plus grande légitimité. Et il faut voter pour des gens qui seront efficaces et honnêtes.
C'est votre grande interview sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée.