Le Grand Jury de Rachida Dati
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Présenté par Olivier Bost. Bonjour à tous, bienvenue dans ce grand jury. Nous sommes en direct sur RTL et en direct sur Public Sénat. Bonjour Rachida Dati. Bonjour. Vous êtes ministre de la Culture et candidate pour la mairie de Paris. Le désir d'alternance est-il plus fort que tout après 25 ans de gouvernance socialiste ? Que proposez-vous pour Paris ? Avec vous, tout semble simple pour régler les problèmes dans la ville. Nous passerons donc dans les détails vos propositions. Nous parlerons aussi de deux obstacles pour votre élection et pour votre mandat. Vos adversaires d'abord macronistes et zémouristes.
Et puis votre rendez-vous au tribunal au mois de septembre pour corruption et trafic d'influence. Nous parlerons également du Louvre et de vos deux ans au ministère de la Culture. Bienvenue dans ce grand jury, Rachida Dati. À mes côtés pour vous interroger, Perrine Tarnot de Public Sénat et Claire Conruite du Figaro. Dans ce grand jury, Rachida Dati, nous évoquerons aussi votre famille politique, les Républicains et une autre échéance électorale importante. 2027, vous répondrez aussi à nos questions express. Le grand jury, l'actualité de la semaine. Alors Rachida Dati, vous dites que vous rêvez d'être maire de Paris. C'est votre objectif depuis des années.
Et pourtant, à un mois et demi du premier tour, vous êtes au coude à coude avec votre principal adversaire, le socialiste Emmanuel Grégoire. Comment se fait-il avec l'envie d'alternance que vous décrivez très bien, que vous ne soyez pas largement en tête des intentions de vote ?
Aujourd'hui, toutes les études, tous les sondages démontrent que les Parisiennes et les Parisiens souhaitent cette alternance à Paris après 25 ans de gauche. C'est assez sain d'ailleurs, démocratiquement, qu'il y ait aussi une alternance dans une ville comme Paris, parce que les équipes s'usent, parce qu'on ne se renouvelle pas et il y a aussi moins d'innovation, en tous les cas moins d'énergie. Et donc, je vous le redis, les études, les sondages, les uns après les autres démontrent que la majorité des Parisiens veulent que ça change.
Aujourd'hui, vous l'avez dit, la gauche, en ayant, j'allais dire, raclé tous les fonds de tiroirs, sont évidemment au coude à coude avec moi, évidemment sur mon seul nom. Pour autant, il y a des candidatures qui ne sont pas des candidatures, j'allais dire, qui ont pour objectif l'intérêt des Parisiens ou ce mandat municipal. Et donc, aujourd'hui, moi, j'en appelle aux Parisiennes, aux Parisiens, de dire, effectivement, s'ils souhaitent le changement. Aujourd'hui, je suis évidemment en tête de tous les sondages pour pouvoir incarner et réaliser ce changement et cette alternance.
Donc, j'en appelle à la responsabilité des Parisiennes et des Parisiens, des commerçants également, puisqu'ils peuvent également voter. Et donc, c'est en responsabilité que je lance un appel aujourd'hui pour que le changement se réalise. Et le changement se réalisera dès le premier tour par une mobilisation forte. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas une élection présidentielle, ce n'est pas une élection législative, ce ne sont pas les deux premiers qui sont qualifiés. C'est que dès lors où vous faites plus de 10, vous pouvez vous maintenir et donc vous pouvez empêcher, évidemment, cette alternance et ce changement.
On reviendra sur cette équation politique. Mais tout d'abord, vous dites à Paris, c'est le chaos, c'est une ville qui se meurt. Est-ce que les mots ne sont pas un peu excessifs ?
Une ville où vous avez plus de 136 000 Parisiens qui ont quitté la ville, uniquement sur cette dernière mandature, que 40 000 enfants ont quitté les écoles de Paris, que vous avez une baisse de démographie et de naissance de 70%. Une ville qui se vide de ses forces vives, c'est une ville qui se meurt. C'est un constat que je fais. S'agissant de l'espace public, il est très anxiogène. Il est, évidemment, le chaos dans l'espace public, d'abord le conflit d'usage sur les mobilités, mais également dans l'insécurité. Si je prends trois qualifications importantes pour Paris, qui sont le trafic de produits stupéfiants, les agressions sexuelles, les atteintes aux personnes.
Le trafic de produits stupéfiants entre 2019 et aujourd'hui, le trafic a augmenté de plus de 218%. Les agressions sexuelles, près de 60%. Les atteintes aux personnes, près de 25%. Et ça, ça n'est pas une fatalité. Moi, je considère que la politique change la vie des gens. Ça change le destin. Je dis toujours que Paris a changé mon destin. Et moi, je crois à l'engagement politique et à la volonté politique pour changer les choses. Et donc, c'est un projet qui est très clair, qui est très crédible. Et moi, ce n'est pas un projet que je fais avec ChatGPT ou avec Delia. Ce sont des rencontres. Ça, c'est pour ça. On y reviendra. Non, je veux dire, c'est en général.
Une candidature comme Paris, vous ne vous préparez pas, ce n'est pas d'un claquement de doigts. Je m'y prépare depuis des années. C'est un chemin long. Et par exemple, tous les projets que je présente, c'est suite à des rencontres avec des gardiennes qui me parlent du isolement, suite à des riverains de la Place de la République qui souffrent de l'îlot de chaleur avec la Place de la République, ce sont évidemment les piétons qui sont les grands oubliés.
On va s'y intéresser dans le détail, Rachida Dati, Perrine Tarnot.
Effectivement, on va détailler tout votre programme, secteur par secteur. Mais avant ça, je voudrais vous poser une question. Quelle est la mesure emblématique de votre programme que vous voudriez que les Parisiens retiennent et qui fassent de votre candidature la plus intéressante pour eux ?
Une seule mesure. La mesure, c'est d'abord de réancrer les gens à Paris. Donc ça va être le logement. Mais j'allais dire, une mesure, il y a un effet de conséquence. Pardon, ce n'est pas pour être un peu longue. Mais par exemple, si vous mettez de la sécurité, la propreté va avec. Une ville propre, c'est une ville sécure. Si vous mettez de la sécurité et de la propreté, vous améliorez le cadre de vie. Si vous améliorez le cadre de vie, les Parisiens veulent rester. Vous savez, par rapport à des grandes métropoles, je prends Londres, je prends New York. Vous connaissez la ville européenne, vous aimeriez que Paris ressemble ? Justement, Paris est incomparable. Pourquoi ?
Quand je dis que Paris change le destin des gens, je dis de changer évidemment mon destin, sinon je ne serais pas devant vous aujourd'hui. Mais c'est une ville dans laquelle on s'ancre. Vous connaissez évidemment Londres, vous connaissez New York, vous connaissez ces grandes métropoles qui souvent font rêver les jeunes. Mais ce ne sont pas des villes où on s'ancre. Ce n'est pas des villes où on se projette à long terme. Paris, vous savez, quand on dit on est monté à Paris. Et donc c'est une ville où on s'ancre et on se projette. Aujourd'hui, c'est une vie qui fait fuir. Une ville qu'on fuit, évidemment, ce n'est pas Paris et ce n'est pas une capitale.
Moi, je souhaite ancrer les Parisiennes et les Parisiens. Je souhaite garder les familles, garder les enfants. Je veux que cette vie revive de ce point de vue-là.
Rachida Dedi, cette semaine, un reportage sur le périscolaire à Paris, un de plus, a choqué et marqué les esprits. Et c'est bien normal. Comment vous feriez pour éviter ce scandale d'enfants violentés ou agressés sexuellement ? Et surtout pour que les alertes soient enfin prises en compte ?
Tout d'abord, il faut aussi que ce soit très clair pour les familles parisiennes. Le périscolaire, donc ce qui est en dehors du cadre pédagogique pur, le périscolaire relève de la responsabilité exclusive de la maire de Paris et de son premier adjoint par délégation, ce qu'a été Emmanuel Grégoire. Il y a des scandales dans le périscolaire depuis des années. Nous, ça fait cinq ans que nous alertons. Il y a un an encore, nous avons demandé une enquête globale. Nous avons demandé un plan d'urgence dans le périscolaire, notamment dans les arrondissements les plus touchés, onzième et douzième arrondissements, qui sont les arrondissements où ont été élus Mme Hidalgo et M. Grégoire.
Un premier constat, ils n'ont jamais reçu ni les familles, ni vérifié... Est-ce qu'ils auraient dû démissionner ? Vérifié que les enfants... Enfin, on ne parle pas de n'importe quoi, Mme Combrouite, vous avez raison. Sur la seule année 2025, près d'une cinquantaine d'animateurs ont été suspendus pour quel type de faits, majoritairement ? Agression sexuelle et viol sur des enfants d'école maternelle. Voilà de quoi on parle. Donc c'est pour ça que quand M. Grégoire dit...
Une cinquantaine de suspensions, 20 seulement, ont été suspendus pour des faits d'agression sexuelle.
Oui, mais sur la globalité des animateurs, c'est majoritairement, parce que ça ne date pas uniquement de cette année, ça fait cinq ans qu'on alerte. Vous pouvez voir toutes nos prises d'opposition, notamment au Conseil de Paris. Je vais vous donner sur les dernières évolutions. Pardonnez-moi, je vais juste, pour retracer, parce que c'est important aussi d'éclairer les familles. Parce qu'aujourd'hui, les familles parisiennes, moi je reçois les parents, je les ai reçues, ce que n'a jamais fait la mairie de Paris. Je les ai reçues, je reçois les enfants, j'essaye de trouver les avocats. C'est moi qui leur ai pris le rendez-vous à la chancellerie.
J'ai deux élus, Inès de Ragnel et Nelly Garnier, qui les ont accompagnés. Nous avons saisi la justice. Aujourd'hui, une enquête est ouverte. M. Grégoire sera entendu dans le cadre de cette enquête pénale, parce qu'il y a une responsabilité de la collectivité. Donc, que faut-il faire pour le périscolaire ? Pourquoi ? Les deux causes, quelles sont-elles ? Elles sont parce que le périscolaire est morcelé aujourd'hui. Quand vous avez quelques heures par-ci, par-là, vous ne pouvez pas avoir des animateurs formés et qualifiés. Ça, c'est le premier point. Et le deuxième point, c'est qu'il n'y a aucun contrôle sur le recrutement.
Attendez, sur votre premier point, ça veut dire que vous voulez les embaucher à plein temps ?
C'est un métier, animateur scolaire. Vous confiez ce que vous avez de plus précieux au périscolaire. Ce sont vos enfants.
Si vous les embauchez à plein temps, qu'est-ce qu'ils font ? Parce que c'est quelques heures à peine, le périscolaire.
J'ai reçu les animateurs, leurs représentants. J'ai discuté avec eux, c'est un métier. Donc, il faut les professionnaliser et les recruter avec un brevet d'État. Ça n'est pas le cas aujourd'hui. Il faut les passer au fichier. Ça n'est pas le cas aujourd'hui. Aujourd'hui, le recrutement est à la va-vite. L'organisation est sans contrôle et il n'y a pas de suivi. Donc, moi, je suis très au clair là-dessus. C'est d'abord de réorganiser. Je ferai une journée pleine de périscolaire. Ça sera le mercredi. Et donc, comme ça, on ne bouge pas sur la semaine de 4 jours et demi. Mais on aura un périscolaire de qualité avec des animateurs professionnels qui auront été contrôlés.
Et ensuite, c'est la question des responsabilités.
Ça doit être coordonné avec l'éducation nationale pour décider que c'est uniquement le mercredi le périscolaire ?
Le périscolaire dépend de la collectivité. Comme d'ailleurs dans 90% des villes de France. C'est comme ça que ça se passe. Vous ne pouvez pas avoir des professionnels quand vous leur dites « Vous allez faire 30 minutes ici, 10 minutes là. » Vous ne pouvez pas professionnaliser.
Et est-ce qu'il n'y a pas un sujet aussi de précarité ? On sait que c'est des emplois qui sont simplement rénumérés et qui, du coup, favorisent peut-être des profils problématiques. C'est le cas.
Quand M. Grégoire dit que c'est un sujet systémique, mais si c'est le système qui dysfonctionne sur des faits graves, il fait partie du système. Donc, soit il est complice, soit il est incompétent.
Comment pouvez-vous dire qu'Emmanuel Grégoire serait complice ? Il a lui-même révélé avoir été victime d'agressions sexuelles quand il était enfant. Vous pensez qu'il est donc insensible à cette question ? Je ne dis pas ça, mais vous savez, madame, je vais vous dire.
Moi, j'ai une vie, vous connaissez à peu près les grandes lignes de ma vie. Quand on se présente à une élection, on ne vous élit pas en fonction de votre vécu, de vos souffrances et de vos douleurs que je respecte. Vous savez, moi, la protection de l'enfance, c'est un combat d'une vie. Et vous le savez bien, on se connaît depuis très longtemps. C'est un combat que j'ai porté comme garde des Sceaux, que j'ai porté comme magistrat. La protection de l'enfance, qui est un scandale à Paris. Il faut le savoir qu'il y a des foyers de protection de l'enfance à Paris dans lesquels il y a de la prostitution de mineurs et de la maltraitance des mineurs. Est-ce que vous avez vu un plan ?
C'est le cas partout en France, mais pour l'occurrence.
À Paris en particulier, moi je suis candidate à l'élection à Paris, et nous avons alerté, nous avons signalé. Est-ce que vous avez entendu les élus de Paris, qui sont aujourd'hui aux manettes, prendre en charge à bras le corps ce sujet ? Jamais. Et ce scandale-là, j'y mets très fin par évidemment une organisation claire, une procédure claire, et évidemment...
Il y a déjà une obligation de formation qui se met en place depuis la rentrée de janvier 2026.
C'est une formation très précaire. On vous a donné les modules, combien de temps ? Sur quel temps ? Il faut un diplôme d'État. Il faut les passer au fichier. Les enfants, c'est sérieux. La vie des enfants, c'est sérieux. La vie des familles, c'est grave.
Vous pensez que vous pourriez recruter, Rachida Dati, plusieurs milliers de personnes, tous les ans, pour effectuer ses tâches, avec des diplômes d'État ?
Vous avez raison de soulever cette question. Le budget de la ville de Paris, on va arriver dans une situation un peu difficile. Pourquoi ? Le budget de la ville de Paris, c'est 10 milliards d'euros. Ma question n'était pas budgétaire. Elle est aussi budgétaire. 10 milliards de budget, 12 milliards de dettes. Moi, je vais réorienter les priorités. Je vais dégager, évidemment, des économies sur ces priorités, mais pas pour moins de services publics. Pour un meilleur service public au service des Parisiens.
Donc, c'est pour mieux payer ceux qui interviennent dans le périscolaire.
Moi, j'ai une priorité, c'est que les enfants parisiens soient en sécurité. Qu'ils soient placés dans des foyers de protection de l'enfance ou qu'ils soient scolarisés dans nos écoles. Quand vous confiez votre enfant à l'école, vous les confiez à une institution dans laquelle vous avez confiance. Et donc, notre responsabilité comme élu, c'est que cette confiance, elle puisse se traduire dans les faits.
Mais pour résumer, dans le périscolaire, vous voulez donc embaucher des gens qui fassent davantage d'heures, c'est ça ? Aujourd'hui, c'est morcellé.
Ils font 10 minutes par-ci, 30 minutes par-ci. Si vous avez un projet, par exemple, de visite de musée ou d'un déplacement dans un lieu, ne serait-ce que d'aller un petit peu en dehors de Paris, visiter un site archéologique ou autre, culturel, si vous avez 10 minutes par-ci, 30 minutes par-là, vous n'avez pas de projet ni artistique, ni culturel, ni pédagogique. Et donc, il faut être responsable. Et moi, je proposerai des activités de périscolaire, de qualité, avec les familles que je vois. Je vois toutes les organisations représentatives des familles. Et nous, nous recevons...
Moi, je ne me suis pas réveillée un matin en disant j'ai envie d'être maire de Paris et je vais m'occuper du périscolaire. D'abord, c'est quelque chose qui m'a préoccupée pendant des années. Moi, j'ai été magistrat, mais avant d'être magistrat, je me suis préoccupée des enfants notamment placés. C'est un scandale que la France a souvent mis sous le tapis s'agissant de la protection de l'enfance. Quand j'étais garde des Sceaux, j'ai réformé et j'ai mis en place, et malheureusement qui a été un petit peu entravé par la gauche qui a succédé, j'ai fait un code de la justice des mineurs. Quand on pense code de la justice des mineurs, on pense souvent délinquance des mineurs.
Mais en fait, l'essentiel du contentieux des mineurs en France, c'est la protection des mineurs. C'est de la maltraitance. Il est là l'essentiel du contentieux. Et donc, s'agissant de la protection des mineurs, j'ai une vision très claire, j'ai une ambition très forte, et j'ai une volonté, j'ai une détermination sans faille s'agissant de la protection des enfants.
Rachida Dati, je disais qu'il y avait beaucoup de dossiers à évoquer. Est-ce que vous voulez revenir sur la politique menée depuis des années qui consiste à réduire la place de la voiture à Paris ?
Ce n'est pas de faire des retours en arrière, ça n'a pas de sens. Moi, je reconnais Anne Hidalgo. D'ailleurs, il y a eu des avancées, mais ce n'est pas pour un retour en arrière. D'ailleurs, elle a été prise plutôt en otage avec une majorité qui n'était pas une majorité pour elle. Si je prends le seul exemple, la police municipale à Paris, rappelez-vous, la gauche n'en voulait pas. Elle a pu être adoptée et mise en place à Paris grâce à mon groupe politique. On va reparler de la sécurité. Non, non, ça je vous donne l'exemple. C'est qu'à un moment donné, quand vous n'avez pas les moyens de votre politique, vous faites des choses par défaut.
Quelle est votre politique en matière de déplacement ? En termes de mobilité, tout le monde a constaté qu'il y a quand même un peu le cas où dans l'espace public, c'est très anxiogène et ça n'est pas du tout fluide. Moi, je voudrais apaiser l'espace public et le fluidifier. De quelle manière ? Nous sommes la seule ville de France dans laquelle il n'y a pas de plan de circulation. Donc, je vais apaiser et fluidifier. D'abord, je vais faire adopter un plan de circulation avec les services de la voirie. C'est les meilleures connaissances.
Est-ce que ça veut dire que vous revenez par exemple à des grands axes très roulants comme l'avait fait Jacques Chirac à son époque ? Je vais terminer.
Oui, mais le plan de circulation, il n'y a pas les vélos dedans ? Donc, c'est pour ça que je voudrais terminer. Et donc, ce plan de circulation, il permettra d'avoir une cohabitation de tous les usages. Donc, si vous l'adoptez avec des datas, il y a des endroits qui sont plus denses que d'autres, des endroits où il y a peut-être plus besoin de vélos. Par exemple, l'axe nord-sud, il est beaucoup moins doté que l'axe est-ouest en termes de pistes cyclables. C'est une réalité. Donc, il faudra peut-être revoir cette mobilité sur cet axe-là. Attendez. Et donc, si je fais adopter ce plan de circulation, chacun trouvera sa place.
Avec des voies piétons, le grand oublié de la circulation à Paris, c'est le piéton. Il y aura des voies dédiées aux piétons, comme sur les voies sur berge. Justement, par exemple, si vous voulez... Élargissement de trottoirs,
comme je l'ai proposé à Rue de Riveau. Si vous voulez élargir les trottoirs, il faut prendre de la place sur quelque chose. Bien sûr. C'est une organisation. Est-ce que vous supprimez une piste cyclable ? Est-ce que vous réduisez la place de la voiture ?
Quand vous avez une rue qui a été interdite à toute forme de circulation, sans aucune étude d'impact, c'est mépriser les commerçants qui sont aux abords, c'est mépriser les habitants qui y vivent.
La grande majorité des rues à Paris sont des petites rues. Donc, il faut choisir entre les places de stationnement.
Justement, vous dites une chose. C'est des petites rues. Parce que Paris, c'est tout petit. C'est 102 km². C'est très dense.
Et 20 000 habitants au km².
Exactement, c'est très dense. Donc, vous ne faites pas des fermetures de rues comme ça, dans un bureau, vous levez un matin, dans votre bureau de l'hôtel de ville, vous dites, tiens, j'ai fermé ça. Non, vous intégrez quand même la rue de Riveau-Li, elle est commerçante. Est-ce qu'ils ont été consultés ? Ils le disent eux-mêmes. Non, je les ai tous rencontrés. C'est pour ça que j'ai fait une charte patrimoniale pour respecter l'esthétique de cette rue. Je réduis, évidemment, sur la voie vélo, un peu. J'ai élargi le trottoir pour le piéton et les personnes à mobilité réduite. Je fais un plan de circulation qui intègre, évidemment, les commerces, les habitants.
Ce sont des études d'impact en concertation. C'est avec les habitants, les commerces, avec les activités économiques que vous faites un plan de circulation. Mais pour fluidifier... Non, mais je vous repose ma première question. Juste pour terminer, pour fluidifier, si vous voulez fluidifier, il faut aussi revoir la politique de stationnement. Et la politique de stationnement, aujourd'hui, à Paris, elle n'existe pas. C'est une politique de raquette. C'est une politique fiscale. Vous faites exploser les prix de stationnement, voire les verbalisations, pour remplir les caisses. La politique de stationnement, c'est aussi une politique de fluidité, de fluidification.
Et donc, ce qu'il faudra faire, c'est effectivement, le tarif de stationnement sera unique pour tout Paris. C'est-à-dire pour les parisiens comme pour les non-parisiens ? Pour les parisiens et les entreprises qui sont à Paris. Pour l'activité économique et les parisiens, ce tarif sera unique pour tout Paris. Et pour ceux qui viennent de l'extérieur, vous les faites payer eux-mêmes parifs aussi ? Il y aura, moi je ferai, un tarif résidentiel unique pour Paris. Les parisiens et les entreprises qui sont à Paris.
Et est-ce que vous dites aujourd'hui aux cyclistes parisiens, qui sont de plus en plus nombreux, on continue la politique de développement des voies cyclables pour que ça soit fluide, etc.
Ou est-ce que vous l'arrêtez ici ? Non, il faut que chacun respecte son couloir. C'est dans tous les sens du terme. Donc moi, je vais sécuriser aussi des pistes cyclables, parce qu'on a un taux d'accidentologie extrêmement élevé à Paris. Donc il faut sécuriser les pistes cyclables, mais que chacun reste dans son couloir.
Sur les voies sur berge, on a entendu la proposition de Sarah Knafo de les rouvrir à la circulation. Vous êtes pour, vous êtes contre ?
Moi, j'ai présenté mon projet en octobre dernier. Ces voies sur berge, vous savez pourquoi ça n'a pas été aménagé ? En fait, c'est une route qui a été interdite à la circulation. On voit d'ailleurs encore les anciens passages piétons. Vous avez des pissotières, pardon du terme. Vous avez des aménagements éphémères, vous avez des palettes, vous avez des campements sous le pont Alexandre III. Je suis allée partout, vous savez moi, je sillonne Paris. Et donc moi, je vais faire un grand parc patrimonial urbain. Il y a des bandes qui sont aux abords de certains murs. Je vais tout revégétaliser. Je vais faire une voie piéton.
Et d'ailleurs, même pour ceux qui veulent se promener avec leurs animaux domestiques, nous allons faire respecter et faire cohabiter les usages. Mais il faut que ces voies sur berge soient à nouveau végétalisées dans le cadre d'un grand parc urbain patrimonial avec, évidemment, du pavé enherbé, de la dalle calcaire, qui sont des matériaux historiques de Paris.
Deux petites questions simples, avec des réponses par oui. C'est une forte demande des parisiens. Ou par non, Rachida Detti, est-ce qu'il faut supprimer les zones à faible émission, les fameuses ZFE ? Le gouvernement a repoussé le sujet après les municipales.
D'abord, je vais vous dire, sur l'écologie, le premier geste écologique dans une ville, c'est la propreté. Donc, si la ville est propre... Oui, mais pour respirer, il vaut mieux avoir moins de voitures. Oui, c'est la vraie raison. C'est le premier geste écologique. Comme je vous disais, Paris est tout petit. L'écologie, si vous voulez résumer le bilan écologique de cette mandature, c'est quoi ? C'est la place de la République. Pour leur écologie, c'était... C'est la baisse de la pollution aussi. C'était de lutter contre les voitures.
Donc, ils ont bitumé cette place de la République. C'est un résultat, c'est la baisse de la pollution. Au crédit d'Anne Nidalgo, c'est la baisse de la pollution de l'air à Paris. Non, parce que... Non, non, non, ça n'est pas... C'est sur l'île de France. Je vous invite à regarder les études. Oui, bien sûr.
Non, mais bien sûr. La circulation de l'air, ça n'arrête pas au périph' sans doute.
Non, mais...
Mais c'est quand même à l'intérieur de Paris que ça a aussi beaucoup diminué. Non, ça a été sur l'île de France et ce ne sont pas les mesures liées à une fermeture de rue ou une zée des feux. Parce que d'ailleurs, regardez, elle n'est même pas respectée. Vous le savez très bien. Et donc, ça n'est pas ça. C'est simplement, à un moment donné, il faut avoir des comportements plus écologiques. Vous savez ce que risque Paris ? Les deux risques écologiques pour Paris. Ce sont les inondations et les canicules. Et vous ne pouvez pas avoir une place de la République.
Le projet que j'ai présenté, je l'ai présenté avec les collectifs du 3e arrondissement, du 11e et du 10e, qui sont mobilisés pour changer cette place. Elle est... C'est une grande dalle de béton. On a enlevé les deux fontaines patrimoniales et on a enlevé les quatre bandes végétalisées qui existaient et qui étaient en pleine terre. Ils ont bitumé. Il y a des malfaçons. Il y a des infiltrations, y compris sur le métro. Tout est à refaire. Ça a coûté 30 millions d'euros aux Parisiens et aux Parisiennes. Et donc aujourd'hui, il faut tout refaire, quoi qu'il arrive. Donc moi, je vais remettre les deux fontaines. Je vais remettre la végétalisation.
Je vais remettre évidemment les platanes en pleine terre. Aujourd'hui, tous les arbres qui sont sur la place de la République sont morts. Ils ont cramé. Et en été, on mesure 60 degrés. C'est un îlot de chaleur. Je veux le transformer en îlot de fraîcheur.
Rachida Dati, une dernière question sur la circulation. Il y a 300 rues piétonnes autour des entrées des écoles à Paris. Ça fait partie du programme d'Anne Hidalgo. Il n'y en a que deux dans le septième arrondissement. Pourquoi ?
Parce que d'abord, je n'ai pas autant d'écoles qu'ailleurs. Et puis, ça se concerte. Et donc, effectivement, on le fait. Et moi, je vous invite si... Sur le principe, vous étiez contre ou pas ? Mais arrêtez de dire pour ou contre. Non, parce que vous savez, Paris, c'est des choix. On peut être pour des choses et contre des choses. Non, ce n'est pas un QCM Paris. Moi, je discute avec des gens, avec des parents, avec des familles. Nous avons végétalisé à notre charge sur les crédits de la mairie d'arrondissement. Parce que quand ils piétonnissent, je vous invite à aller dans le huitième arrondissement. Attendez, il y a des rues, il y a des rues, il y a des rues aux écoles.
Ce qui m'intéresse, c'est vos grands choix.
Non, mes grands choix. Sur la rue aux écoles, ils ferment et ça devient aussi des zones aussi parfois d'insécurité. L'éclairage n'est pas adapté. Donc moi, j'ai fait le choix de faire de la végétalisation de qualité. Quand je fais une rue aux écoles, je végétalise de qualité et c'est maintenu. C'est-à-dire qu'on a une surveillance, c'est entretenu. Ce qui n'est pas le cas dans la majorité des cas.
Rachida Detti, vous l'avez dit déjà, 140 000 habitants perdus sur la dernière mandature à Paris sur le logement. Et avant de parler spécifiquement du logement social, est-ce que vous avez une solution face au prix du mètre carré, 10 000 euros du mètre carré en moyenne à Paris ou face au prix des loyers même, à peu près 2 000 euros pour un 35 mètres carré pour deux ou trois personnes ?
D'abord, le bilan de M. Grégoire qui a été quand même adjoint à l'urbanisme. Si je fais le bilan depuis quand il était adjoint à l'urbanisme, ils ont fait disparaître plus de 150 000 logements dans le parc locatif privé de Paris. Et qu'est-ce que ça a créé ? On est passé de 510 000 logements privés à aujourd'hui à moins de 350 000. Quelles sont les contraintes à cela ? Plusieurs contraintes. D'abord, le pastillage. Le plan local d'urbanisme, on pastille des immeubles entiers en disant que la ville achètera s'il y a une vente possible. Donc vous, évidemment, ce n'est pas un signal de confiance pour quelqu'un pour mettre son appartement en location. Ça, c'est le premier point.
Ensuite, vous avez l'encadrement des loyers qui a été fait un peu sans réflexion, sans vision, sans étude d'impact. Vous avez servi l'encadrement des loyers ou pas ? Je vais vous expliquer, je vais vous dire, la taxe foncière. Plus de 62% qui a rapporté 600 millions d'euros. Je ne crois pas que les Parisiens ont vu un service s'améliorer en leur faveur. Et donc tout ça parce qu'il y a 12 milliards de dettes. Et donc, il y a beaucoup de contraintes de cette nature. Sur logements privés, il faut redonner un signal de confiance aux parcs locatifs privés. Parce qu'il faut qu'on récupère des logements. Paris, ce vide de logements... Très concrètement, ça veut dire quoi ?
On finit par exemple avec le plafonnement des loyers.
Ça veut dire que par exemple, aujourd'hui, si un logement est en vacances depuis de trop nombreuses années, vous pouvez, avec le bailleur privé, s'il remet son logement, de dire on assouplira l'encadrement des loyers en sa faveur. S'il y a une rénovation thermique, comme vous le savez, il y a beaucoup de passoires thermiques à Paris. Et d'ailleurs, dans mon programme écologique, je ferai le chantier du siècle qui sera la rénovation thermique de l'ensemble des logements parisiens. Et donc, si vous remettez
des plafonnements des loyers pour ceux
qui font des investissements importants. si vous remettez un logement sur le marché locatif qui a été en vacances depuis trop longtemps et si vous avez fait des grands travaux, on peut assouplir l'encadrement des loyers. Je vais vous dire pourquoi. Parce que certains disent on va faire sauter l'encadrement des loyers. Il faut être responsable. Si demain, je dis, alors qu'on a une offre de logement très rare, et si je dis, je fais sauter l'encadrement des loyers, on va avoir une explosion des loyers. Donc là, il faut être responsable. Il faut un assouplissement progressif et ramener du logement privé dans le marché locatif. Tout ça a été masqué par quoi ?
Par une politique de logement social extrêmement onéreuse. Vous savez combien ça coûte aux Parisiens ? Tous les ans, la préemption, c'est entre 250 et 300 millions d'euros d'argent des Parisiens pour acheter du logement, pour faire du logement social. Dans quel état est le logement social ? Je les ai tous faits. Je les ai tous faits. Vous voyez les vidéos ? Le parc social à Paris est très dégradé et dans certains cas très insalubre.
Vous dites que ce parc social doit être réservé aux travailleurs. Est-ce que très concrètement ça veut dire que des chômeurs, par exemple des personnes au chômage, vont devoir quitter leur logement ?
Non, parce que je suis responsable. Je suis maire d'arrondissement. J'ai une expérience. J'ai travaillé. Moi, je suis allé voir les bailleurs. Je suis allé voir les locataires. Il y a des retraités. Les retraités ne travaillent plus. C'est en fonction de certaines situations. Mais il y a des critères. Par exemple, M. Béliard veut que les personnes sans papier soient éligibles au logement social. Moi, je n'y suis pas favorable. Et donc, je ferai travailler. Je rendrai éligible. Le critère du travail à Paris ou pour les Parisiens sera surpondéré. Et donc, ça sera une priorité. Je ferai le choix du travail pour le parc social. Moi, vous savez, quand a été conçu...
D'ailleurs, ceux qui parlent du logement social, ils ne l'ont jamais connu. Je l'ai connu. Le logement social, au départ, c'était pour des gens qui travaillaient, notamment des ouvriers. Et les classes populaires, aujourd'hui, quittent Paris où on manque de personnel pour travailler à Paris parce qu'ils ne peuvent pas se loger.
Il y a aussi du logement intermédiaire quand même dans le foyer.
Dans le parc social, il y en a très peu. C'est très mono-composition. La composition du parc social est très bas. Et donc, la classe moyenne, il y a très peu... Une toute dernière question avant la pause. Regardez, la dernière réponse. Les crèches, nous avons entre 20 à 50% des places en crèche pour lesquelles nous n'avons pas de personnel. parce que l'assistante maternelle qui vient du fin fond de la Seine-et-Marne à laquelle vous demandez d'être à 7h30 en pause, c'est très compliqué. Et donc, il faut lui donner la priorité pour justement pour rendre ce service indispensable. Ils ne sont pas prioritaires. Le travail n'est pas le premier critère de priorité. Non, je vous avais dit à décrire.
Une dernière question avant la pause, Rachida Dettier. Donc, je donne la priorité au travail.
Une dernière question avant la pause. Vous avez dit en une semaine à propos de la propreté, Paris sera propre. Quelle est votre baguette magique ?
Ce n'est pas une baguette magique. Je crois à la volonté politique. Voilà. Moi, il n'y a pas de fatalité à ce que Paris reste sale. Et donc, mon programme de propreté, je l'ai dit, effectivement, il sera très vite mis en place. Pourquoi ? Parce que je le travaille avec les agents de la propreté. Je n'ai pas de mépris, moi, pour les gens qui rendent des services aux Parisiens. J'ai vu les agents de la propreté et notamment les sociétés Donc, c'est juste une question de méthode.
Je réunirais. Ce n'est pas une question de moyens, ce n'est pas une question de comportement des Parisiens.
Moi, j'ai été très choquée que M. Emmanuel Grégoire dise que les classes populaires sont sales et que ce sont elles qui salissent Paris. Eh bien, non. Je réunirais les responsables de la propreté et de la voirie pour revoir tous les circuits de ramassage et de nettoyage. C'est avec eux que j'ai travaillé ce plan. Ce n'est pas responsabiliser les Parisiens ? Non, parce qu'il y a et justement, j'ai une cartographie où on voit qu'il y a du mobilier urbain lié à la propreté soit qui ne sont pas adaptés soit qui sont manquants. Quand vous avez une zone avec un surtourisme, il faut adapter le mobilier urbain notamment lié à la propreté.
Quand vous avez aussi, quand on laisse prospérer des campements et il y en a de plus en plus à Paris, sans aucune considération de vigile, ça contribue à la saleté. Donc, effectivement, il faut réorganiser tout ça.
On va faire une pause dans ce Grand Jury Paris propre en une semaine. On y revient dans un instant. A tout de suite. Suite du Grand Jury présenté par Olivier Bost. Rachida Detti, candidate pour la mairie de Paris, maire du 7e arrondissement et ministre de la Culture et notre invitée, Périne Tarnot de Public Sénat et Claire Conruite du Figaro sont à mes côtés pour vous interroger. Le Grand Jury, tout est politique. Rachida Detti, vous serez jugé en septembre pour l'affaire dite Renault-Nissan pour corruption et trafic d'influence. J'évoque ce rendez-vous avec la justice parce que vous pourriez devenir inéligible.
Le choix de votre premier adjoint est donc important puisqu'il pourrait occuper votre siège dans quelques mois. Qui sera votre premier adjoint ?
Merci de me poser cette question, Madame Soleil. Mais moi, je n'ai rien à me reprocher.
Ce n'est pas Madame Soleil.
Je n'ai rien à me reprocher. C'est une partie des éventualités. Il n'y a aucun événement aujourd'hui. Donc là, mon objectif, c'est de gagner Paris.
Mais vous avez quand même un rendez-vous au tribunal.
Oui. Personne ne connaît rien de ce dossier et vous le savez bien. Ce n'est pas de l'argent public et donc je n'ai rien à me reprocher. Je suis convaincue qu'il n'y aura aucune conséquence.
Effectivement, la ligne de vos défenses c'est de dire que ce n'est pas de l'argent public.
Ce n'est pas une ligne de défense. C'est une affirmation et c'est une réalité.
Que ce soit de l'argent public ou de l'argent privé.
Vous ne connaissez pas ni la procédure ni les qualifications. Donc je vous dis, je suis très... Vous avez une convocation au tribunal. Oui, je suis très sereine. On a quand même un certain nombre d'informations sur votre convocation au tribunal. Nous ne sommes pas sur septembre. Nous sommes sur le 15 mars.
Alors, je reviens à ma question. Qui sera votre premier adjoint ? Parce que cette question peut se poser légitimement.
Moi, je vous ai toujours... Je fais de la politique depuis un moment. J'ai mené des batailles très difficiles pour des victoires, ne serait-ce que la victoire de la présidentielle en 2007. Et donc, moi, j'ai toujours un peu de difficulté à ce que les gens se partagent les postes avant que l'élection ait eu lieu. Donc là-dessus, on verra. Nous sommes... Moi, j'appelle... Moi, aujourd'hui, mon objectif, c'est d'appeler les parisiennes et les parisiens à se mobiliser et le changement, ils peuvent l'obtenir dès le premier toit.
Donc on ne connaîtra pas le nom de votre premier adjoint avant l'élection ?
Bien sûr, c'est normal. Il faut respecter les électeurs. Ils ne se sont pas prononcés. Et puis les listes ne sont pas, aujourd'hui, totalement établies. J'ai annoncé mes têtes de liste qui sont des élus professionnels, ancrés, compétents, qui ont fait leur preuve. Et donc, nous ne sommes pas encore dans les listes. Et moi, je n'ai pas de mépris pour les électeurs. Je veux d'abord, évidemment, qu'on explique le projet, qu'on présente l'équipe et notamment les listes dans tous les arrondissements. Et nous verrons à ce moment-là.
Mais un de vos adversaires, pardon, Pierre-Yves Bournazel, pour le citer, dit que c'est quand même un sujet démocratique parce que vous avez ce procès en septembre que vous pourriez donc être démis de votre mandat et que les Parisiens, je le cite, pourraient avoir un maire donc qu'ils n'auraient pas choisi en l'occurrence votre premier adjoint.
D'abord, ce n'est pas le calendrier, ce n'est pas l'ordre du jour et ceux qui se drapent dans les principes pour les autres et qui les piétinent quand ça les arrange. Voilà, moi, c'est vrai que j'ai renvoyé la dernière fois. Vous avez Édouard Philippe parce que c'est son candidat qui se présente au Havre et qui est mis en cause dans une affaire de détournement de fonds publics. Il sera également entendu. Est-ce que ça l'empêche d'être candidat à la mairie du Havre ? Je ne crois pas. Excusez-moi, mais pour vous,
vous dites qu'il n'y a pas d'affaires et pour Édouard Philippe, il y a une affaire.
Non, justement, moi, j'ai trop de respect pour les principes, vous savez. Et donc, j'ai du respect pour ces principes comme je respecte Édouard Philippe. Voilà.
Une information judiciaire est également ouverte pour corruption et trafic d'influence pour avoir reçu 300 000 euros de GDF Suez et 950...
Alors, je vais vous dire, on va arrêter tout de suite. Je ne suis pas mise en cause là-dedans. Est-ce que j'ai été auditionnée ? Est-ce que j'étais placée en garde à vue ? Est-ce que je suis mise en examen ? Enfin, au bout d'un moment, moi, je vais vous le dire. Il y a un communiqué du Parquet national financier. Oui. Est-ce qu'il me met en cause ? Non. Est-ce qu'il me nomme ? Non. Donc, il faut arrêter. Il y a une série de perquisitions
qui sont en rapport avec ça.
Mais je vais vous dire, vous pouvez être un témoin et à votre logement. Vous pouvez être entendus comme témoins pour d'autres. Je ne suis pas concerné. De coup, là, je vais vous dire, moi, je veux bien, mais chacun son métier. Vous êtes journaliste, vous n'êtes pas procureur et encore moins, je veux l'instruction. Je ne suis pas concerné. Donc, voilà. Moi, j'ai une responsabilité comme mon contrat d'avocat avec Renaud Nyssan. Pour le reste, ce sont des outrances et des insultes qui sont instrumentalisées par des adversaires politiques. Donc, vous dites que tout est faux. Quand je dis à un moment donné, trop, c'est trop, quoi. Si vous êtes des journalistes, est-ce qu'il y a mon nom ? Non.
Est-ce que je suis mise en cause ? Non. J'ai été en garde à vue ? Non. Je suis mise en examen ? Non. Donc, maintenant, stop, monsieur Boss. Moi, je vous réponds très clairement. Est-ce que la justice est instrumentalisée à des fins politiques ? Elle peut l'être. J'ai été magistrat, j'ai beaucoup de respect pour ce métier. Je ne suis pas devenue magistrat par hasard. Alors, qui l'instrumentalise ? Certains, les opposants politiques, peuvent l'instrumentaliser. Donc, c'est pour ça que, parfois, c'est vrai que les magistrats rappellent ce principe. Voilà. Qu'il y a une séparation des pouvoirs, qu'ils font leur travail.
J'ai été magistrat, j'ai été magistrat en charge de criminalité organisée et d'affaires financières. Je sais comment ça fonctionne. Et donc, moi, je dis, attention. Parce que quand vous avez des opposants politiques qui font des signalements à la justice et que la justice ouvre aux enquêtes, il faut faire attention à la limite de cela.
C'est un peu contradictoire parce que vous venez de rappeler les affaires d'Edouard Philippe. Pourquoi rappeler
Non, pardon. C'est ce que j'ai dit. J'ai du respect et compris pour lui. Pourquoi je le rappelle ? Parce que les mêmes qui se drapent sur des principes concernant Edouard Philippe m'attaquent en l'utilisant. C'est pour ça que je dis que c'est les deux poids, deux mesures. Moi, je n'attaque pas Edouard Philippe là-dessus. Je dis simplement que son candidat qui se drape dans les principes quand il s'agit d'Edouard Philippe l'utilise contre moi quand il s'agit de moi. Vous voyez bien quand même que ces affaires sont un peu un poison dans votre campagne. Mais madame, est-ce que ça brouille c'est qu'un jour il faudra qu'on ait un débat là-dessus ?
La vie politique, la vie politique aujourd'hui, c'est totalement judiciarisé. Un jour, il faudra qu'on ait un débat politique y compris avec les organisations judiciaires pour savoir quelles sont les missions d'un responsable politique. Je vous explique. Vous avez de plus en plus de responsables politiques qui n'osent plus agir de peur d'être attrapés à un moment donné par la justice par des enquêtes. Parce que tout se judiciarise. Donc vous commencez à inhiber évidemment l'action politique. C'est pour ça qu'un jour il faudra qu'on ait un débat là-dessus. En disant quelle est la mission du politique, dans quel cadre, dans quelle mesure.
Vous n'avez pas hésité à accuser Anne Hidalgo par exemple
sur ses notes de frais ? Non, pas du tout. Vous n'avez pas instrumentalisé
les exigences en mon téléphone ? Non, je n'ai pas instrumentalisé. Il y a une affaire qui est ouverte sur les notes de frais à la mairie de Paris. Le procureur financier sur votre antenne est venu dire qu'il y avait une enquête. Notes de frais qui sont tout à fait légales.
Oui, mais non.
C'est légal de faire des notes de frais. Les notes de frais, c'est légal. Ça dépend pourquoi vous les utilisez. Si vous les utilisez à titre personnel, comme il a été démontré par exemple pour le maire du 18e arrondissement où il paye le restaurant de ses enfants, où il se paye ses vêtements ou son coiffeur en vacances, non, ça n'est pas la gale. Vous voyez ce que je veux dire ? Voilà, c'est pour ça. Mais moi, je ne rentre pas là-dedans. Je dis que ces enquêtes sont ouvertes, chacun son job. Il ne faut pas, à un moment donné, il faut arrêter d'instrumentaliser. Parce que c'est comme ça qu'on écœure les Français de la politique.
Déjà, on souffre de l'abstention, mais on souffre aussi de l'engagement politique. Et moi, je le dis, c'est vrai que ça inhibe et ça peut entraver l'engagement politique en se disant un jour, il peut me tomber dessus sur des choses où il y a des malentendus et pas forcément de l'infraction.
Et je rappelle que la règle numéro 1, c'est la présomption d'innocence et que ça vaut pour tout le monde. Une dernière question quand même sur ce sujet. Si vous êtes élu maire de Paris, Rachida Dati, est-ce que vous abandonnerez vos activités d'avocat ?
Là, je ne suis plus avocate. D'accord. Moi, je suis magistrat en disponibilité aujourd'hui. Mais aujourd'hui, je ne suis pas avocate.
D'accord. Je vous pose la question parce que vous étiez avocate par exemple quand vous étiez députée européenne.
Pourquoi ? Parce qu'il n'est pas interdit de travailler à côté de son mandat. C'est légal. C'est tout le sujet d'ailleurs. La question est... D'ailleurs, c'est tout le sujet de mon dossier.
Nous allons parler maintenant de vos concurrents. Enfin, on en a déjà parlé un peu là. Mais dans cette bataille de Paris, ils sont importants. Et l'une des épines de votre campagne, c'est effectivement Pierre-Yves Bournazel, le candidat Horizon qui est donc soutenu par Édouard Philippe et Gabriel Attal. Ils feront d'ailleurs un meeting ensemble de soutien dans 10 jours. Vous dites de Pierre-Yves Bournazel que c'est l'incarnation de la droite la plus bête du monde. Est-ce que vous avez gâché toute probabilité d'alliance au second tour avec ça ?
Non, parce qu'à un moment donné, il faut appeler les gens à leur responsabilité. Vous savez, vous êtes des professionnels de la profession, vous savez très bien ce qui se passe en coulisses. Parfois, c'est de dire aussi en transparence aux électeurs ce qui se passe. Voilà. Il y a eu une volonté à un moment donné de présenter un candidat pour empêcher cette alternance. Donc moi, j'appelle à la responsabilité. Évidemment, il faudra qu'on rassemble tout le monde. Non mais, on rassemble tout le monde. Et je trouve que cette candidature, moi, les Parisiens me disent pourquoi ils se présentent ? Les Parisiens eux-mêmes ne comprennent pas sa candidature. Donc moi, je l'ai dit.
Mais ma question, c'est est-ce que ça condamne à toute alliance de second tour ? Non mais,
ça ne condamne à rien. Vous savez, les Parisiens, et les Parisiens, j'ai dû rester pour eux. Vous espérez encore pouvoir vous rapprocher de lui ? Non mais, parce que les Parisiens nous le demandent. En 2001, la droite s'est divisée en espérant se retrouver au deuxième tour. Ça a donné Bertrand Delanoé et Anne Hidalgo. Donc c'est pour ça qu'aujourd'hui, il faut faire attention à ce précédent.
Pourquoi ? Comment ça se fait que vous n'avez pas pu trouver d'entente avec Édouard Philippe alors que les Républicains et Horizon ont trouvé une entente dans plein d'autres villes à l'occasion des municipales ?
Ils préfèrent soutenir Mme Trottmann que le candidat des Républicains. Il y a quand même des bisbis un petit peu partout. Ce n'est pas aussi idyllique que cela. Pourquoi sur Paris ?
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Non mais, c'est pour ça que je dis qu'il faut que chacun prenne ses responsabilités. Voilà. Alors, certains veulent régler des comptes avec d'autres. D'autres veulent faire perdre parce qu'ils ne veulent pas donner la victoire ou le point à quelqu'un. Moi, je suis une femme libre. Je ne suis pas la femme d'un clan. Pour être clair,
Rachida Dati, vous soupçonnez Édouard Philippe de vous...
Non, je ne soupçonne rien. Arrêtez d'employer des termes comme ça, M. Boss. Je ne me suis pas énervée jusqu'à maintenant donc on va continuer gentiment comme ça. Je ne soupçonne personne. Bon alors, expliquez-nous
pourquoi tant de haine avec Édouard Philippe.
Et en transparent, je dis aux parisiennes et aux parisiens, il faut évidemment qu'on appelle à la responsabilité, notamment Édouard Philippe, qui veut se présenter à la présidentielle et qui d'ailleurs fera partie du bloc central de ma famille politique. Justement, peut-être que ce sera notre candidat demain en 2027. Donc, je le dis, puisqu'il est responsable pour 2027, puisqu'il souhaite le rassemblement le plus large, il faut qu'aujourd'hui en responsabilité
qu'il puisse... L'avertissement est assez clair.
Mais franchement, moi, je n'aime pas votre vocabulaire. Vous voulez aller quelque part, je n'irai pas là où vous voulez m'emmener. Je dis simplement, on fait de la politique. C'est vous qui êtes souvent célèbre avec eux. On a travaillé ensemble. Vous allez jusqu'à dire
que Pierre-Yves Bournazel pourrait se rapprocher d'Emmanuel Grégoire. Vous savez,
on m'a appelé à la clarification en disant, est-ce que vous allez être avec Knafou, est-ce que vous allez être avec l'ORN ? J'ai été très claire. Mon parcours parle pour moi, ma vie parle pour moi, mon expérience parle pour moi. M. Bournazel doit clarifier aussi sa position. Est-ce qu'il veut s'allier avec M. Grégoire ? Si c'est ce qu'il veut, je le dis aux parisiennes, c'est que l'alternance ne sera pas possible et on partira avec la même équipe
en revanche, avec Sarah Knafou, c'est moins clair. Est-ce que vous dites jamais d'alliance ? M. Bost, vous faites le malin là. Non, pas du tout, je vous ai écouté dans les interviews précédentes.
Qu'est-ce que j'ai dit dans l'interview précédente ?
Je ne sais pas si vous n'avez pas dit très clairement jamais d'alliance avec Sarah Knafou.
Vous le savez très bien que j'ai été très claire. Donc là, vous faites un peu genre. Je le redis. Moi, quelqu'un qui a appelé à ma démission parce que j'ai appelé ma fille du prénom de maman qui considère que je grand-remplace quelqu'un. Donc voilà, ce n'est pas mes valeurs. Moi, j'ai un projet très clair qui est imprégné de valeurs, qui est imprégné justement du travail, de l'expérience. Clairement, c'est parce que vous évoquez Eric Zemmour et là,
c'est Sarah Knafou qui est candidat. Elle appartient à quelle partie ? C'est son parti. Elle appartient à quoi ? Son parti souhaite jamais d'alliance.
Donc jamais Sarah Knafou. Moi, j'ai expliqué. Moi, le projet, vous savez, les Parisiens, ils n'attendent pas de nous des accords d'appareil. Ils attendent de nous un rassemblement pour réaliser le changement à Paris.
Il y a une équation politique qui peut amener à des alliances. C'est vos équations ? Moi, je ne suis pas
bonne en maths dans vos équations.
Est-ce que vous regrettez l'application de la nouvelle loi électorale qui permet finalement d'être candidat à la mairie de Paris sans être présent dans tous les arrondissements de Paris et qui peut là peut-être bénéficier à des candidats comme Sarah Knafou ? Est-ce que vous regrettez cette nouvelle loi électorale et qui donc pourrait vous pénaliser ? Non, vous savez,
il ne faut jamais avoir peur de la démocratie. On a corrigé une anomalie démocratique. Paris, comme Lyon et Marseille, étaient les seules villes où les électeurs ne pouvaient pas voter directement pour leur maire. On a corrigé ça. Il y aura une urne où les Parisiens, quel que soit l'arrondissement, pourront voter directement pour leur maire. Mais ça permet des aventures un peu plus individuelles. C'est pour ça que j'en appelle aux Parisiens. Les Parisiens ne veulent pas, ils veulent le changement, ils ne veulent pas les aventures individuelles.
Il y a trop de responsabilités, il y a trop d'enjeux parce que si évidemment on perd, c'est la même équipe en pire parce qu'ils se sont alliés avec des personnes qui ont été soutenues par des antisémites, avec des personnes qui ont dit comme Laurence Aurel que la police tuait. Moi, je considère que la police protège et l'antisémitisme, c'est un délit, ce n'est pas une idée, ce n'est pas une opinion. Il n'y en a même pas à débattre.
Le Grand Jury, l'actualité de la semaine. Rachida Dati, vous êtes ministre de la Culture pour combien de jours ou combien de semaines encore ? Vous le savez ?
Non, mais je l'ai déjà dit, je partirais avant évidemment l'élection. Il y avait un débat budgétaire qu'on a mené à bien et donc voilà.
Quel est le délai raisonnable quand même pour quitter ce ministère ? Parce que à partir de quel moment vous considérez que la campagne...
Pendant longtemps, les ministres menaient campagne sans que ça ne pose aucun problème. Nous sommes plusieurs au gouvernement. Ça a été une règle, on a discuté avec le Premier ministre et je n'ai aucun problème là-dessus.
Une question sur le Louvre. Vous reconnaissez qu'il y a un problème de gouvernance au Louvre. Le musée a été victime d'un cambriolage et connaît des grèves. Est-ce que vous voulez que la présidente du Louvre, Laurence Descartes, démissionne ?
Ce vol spectaculaire du 19 octobre dernier a marqué tout le monde, les Français et au-delà des frontières. Et donc, il a fallu prendre des mesures d'urgence que j'ai prises, des décisions qui sont en cours de mise en œuvre. À cela, c'est ajouté, évidemment, il y a un conflit social. Donc, nous avons des réunions très régulières. Je rencontre les organisations syndicales. Je lui ai toujours dit que leur revendication était légitime. Nous avançons. Donc, il y a les mesures de sécurisation qui sont en œuvre. Il y a le dialogue social sur lequel nous avons des avancées puisqu'un accord a été quasiment trouvé et il y a un problème évidemment de gouvernance et de réorganisation.
Est-ce que Laurence Descartes
a toujours votre confiance ?
Vous savez, Laurence Descartes, c'est une conservatrice, c'est une femme de qualité. Voilà. Moi, je la connaissais avant.
Est-ce qu'il faut un conservateur à la tête d'un grand Pâques-Beau comme le Loup ? Vous avez raison. Voilà, qui vient de battre un record d'affluence en 2025. C'est le plus grand musée du monde. 9 millions de visiteurs. Est-ce qu'il faut que ce soit un conservateur ? C'est la règle,
c'est la tradition. Vous vous posez une très bonne question. Quand je suis arrivée au ministère de la Culture, j'avais une vision, je voulais porter cette politique et la mission que m'avait assignée le président de la République, c'est de démocratiser la culture. C'est l'accès à la culture au plus grand nombre et les organisations syndicales m'ont fait remarquer une chose en disant mais démocratiser l'accès au métier de la culture, c'est pas mal non plus. C'est vrai, c'est un ministère où parfois il y a des opérateurs où c'est un peu la lutte des classes.
Et donc, je me suis interrogée justement sur ce statut de conservatoire pour diriger ces grands musées parce qu'on n'a pas de corps intermédiaire. Et donc, la question que vous posez est légitime mais on ne peut pas la faire comme ça sur une fin de mandat ou comme ça, elle va vite. Mais la question, c'est une question que j'ai posée des gens de chef d'entreprise. Mais vous avez raison, vous avez raison, c'est pour ça que cette présidence avec un administrateur ou parfois c'est des attelages, parfois ça fonctionne, parfois ça se grippe un peu. Et c'est une réalité.
Pour bien comprendre Rachida Dati, vous voulez régler la situation du Louvre avant votre départ du ministère.
Pour bien comprendre. Je veux dire
avec les organisations syndicales.
Pour bien comprendre, je vais vous réexpliquer. Je vous ai expliqué. Les mesures de sécurité ont été mises en oeuvre. Les décisions que j'ai prises sont en cours de mise en oeuvre. Le dialogue social est en train de s'apaiser. Nous y trouvons des solutions et l'organisation est en cours.
Est-ce que dans les solutions, il y a le départ de Laurence Becker ? Je vous repose la question.
Et on ne retrouvera jamais les bijoux ? Non, l'enquête, la procura était assez confiante. Je l'ai entendue d'ailleurs dans une interview. Elle était assez confiante.
Vous allez être entendue par la commission d'enquête sur l'audiovisuel public la semaine prochaine. Est-ce que vous êtes satisfaite du travail des parlementaires jusque-là ?
Moi, je ne juge pas les parlementaires qui font un travail de parlementaires en toute indépendance. Et c'est vraiment, ce sont leurs prérogatives. Donc moi, je ne vais pas porter un jugement sur le travail parlementaire. Je peux vous dire ce qu'on peut faire. Est-ce que vous avez compris
les objectifs de cette commission parlementaire ?
Il y a des objectifs de connaître le fonctionnement de l'audiovisuel public parce que parfois, pour les Français, ça peut paraître un peu opaque. D'interroger ses dépenses. Mais aussi parce qu'il y a eu de nombreux rapports de parlementaires qui demandaient une réorganisation de l'audiovisuel public et toutes couleurs politiques confondues. Donc, d'ailleurs, beaucoup de sénateurs avaient fait des rapports sur la nécessité de réformer et de renforcer et de restructurer l'audiovisuel public. Oui, mais d'où la question est-ce que cette nouvelle commission d'enquête a une utilité s'il y a déjà plusieurs rapports ?
Il y a un rapport de la Cour des Comptes qui a aussi identifié quelques difficultés des dysfonctionnements.
Est-ce que vous avez abandonné l'idée que votre loi audiovisuelle pourrait être un jour adoptée ?
Moi, je vais vous dire que ce n'est pas ma personne qui est en jeu. C'est qu'il reste une lecture à faire. Il faut non seulement renforcer l'audiovisuel public s'il se réorganise et se restructure pour le pérenniser. Moi, je considère que l'audiovisuel public participe de la démocratie. Donc, il faut le préserver. Et d'ailleurs, j'ai été la ministre grâce au sénateur Vial et au sénateur et au président Laffont. Nous avons pu sanctuariser son financement parce que, normalement, à compter du 1er janvier 25, il n'y avait plus de financement dédié et sanctuarisé pour l'audiovisuel public. Mais de ne pas être allé au bout de cette cause de l'audiovisuel, est-ce que ce n'est pas l'échec ?
Non, il n'y a pas d'échec. Nous avons fait deux lectures qui ont fait avancer ce projet. Il reste une lecture. Et tout le monde maintenant s'accorde à dire que l'audiovisuel public doit se réorganiser et se restaurer.
Vous l'avez entendu et vu, nous sommes passés à la question express. Donc là, il faut que ce soit rapide pour ou contre la transformation partielle du célèbre BHV, le bazar de l'hôtel de ville en hôtel de luxe ?
Le sujet, c'est la cause. Qu'est-ce qui a amené que ce BHV, qui est un monument historique de Paris, soit arrivé là ? Et s'il est transformé en partie en hôtel ? Non, parce que la collectivité a une responsabilité. Justement, quand vous faites des aménagements sans études d'impact, sans considérer les commerces qui sont aux alentours, le BHV, qui ne connaît pas le BHV ?
Vous n'avez pas répondu à la question. Madame Rachida, il a dit pour ou contre la gratuité des parkings d'hôpitaux à Paris, plus spécifiquement ?
Justement, ça c'est un sujet que je vais prendre en charge. Quand vous êtes maire de Paris, vous êtes président de la PHP. Et on n'a jamais entendu les élus parler ni de santé ni d'organisation. Ça c'est un sujet que je prendrais à bras-le-corps parce qu'il est absolument... Plutôt pour ? Evidemment, c'est assez indigne. On a tous connu des épreuves dans notre vie. Quand vous accompagnez quelqu'un en chimiothérapie ou qui est en soins intensifs ou en difficulté, il faut bien qu'à un moment donné, on puisse vous laisser vous garer tranquillement.
Le Sénat a rejeté cette semaine l'aide à mourir. Est-ce qu'il faut un référendum pour trancher cette question qui divise les parlementaires ? Et qui divise aussi les Français.
Et donc, moi je pense... Moi j'ai toujours été... Justement, c'est pour ça que ce qui divise les Français, c'est soit on y va, soit on n'y va pas. Et donc, à un moment donné, il faudra le trancher. Nous sommes en fin de mandat. Si ce n'est pas adopté, je pense que ça va être un débat essentiel et un enjeu essentiel pour l'élection présidentielle de 2027.
Le Grand Jury 2027, c'est demain. Justement, dans toutes vos récentes interviews, vous avez refusé de dire que l'élection présidentielle ne vous intéressait pas. Je parle bien sûr d'une candidature. Il ne faut jamais dire jamais.
Non mais moi j'ai un objectif. J'aime cette ville.
Parce qu'on a connu une maire de Paris qui a dit qu'elle n'irait jamais à l'élection présidentielle.
Je suis d'accord. Mais bon à un moment donné,
la question peut se poser.
Oui, mais moi mon défi il est Paris. J'aime cette ville, j'aime les parisiennes. Ça veut dire que vous ne répondez toujours pas à la question ? Si, je vous réponds. Je n'ai qu'un enjeu, c'est Paris. Moi l'élection présidentielle ne m'a jamais intéressée, je n'ai jamais eu de velléité, je ne me suis jamais testée. D'accord. Voilà, vous avez un candidat par jour à l'élection présidentielle. Voilà, c'est comme ça.
Il y a une question qui traverse votre famille politique, c'est celle d'une alliance de cette dernière ou non, d'un ralliement avec le rassemblement national. C'est une question qui s'est d'autant plus posée récemment quand on entend Nicolas Sarkozy qui vous avait longtemps accompagné et qui a dit que Jordan Bardella lui faisait penser à un jeune Jacques Chirac. Est-ce que c'est le signe, comme le disent certains, que le cordon sanitaire tombe ?
Moi, je vous ai expliqué, vous connaissez mon parcours, vous connaissez ma vie, vous connaissez mon combat. Je ne suis pas arrivé à la politique par hasard. Et donc, moi, je suis sur la position... Alors, vous pensez quoi à ce qu'il a dit Nicolas Sarkozy ? Non, mais... Il a le droit de penser ce qu'il veut, et dire ce qu'il souhaite. Vous avez le droit d'en penser ce que vous voulez. Il a une vision, il a une expérience, c'est un ancien président de la République.
Moi, je vous dis, à titre personnel, vous savez, j'ai aussi des désaccords parfois dans ma famille politique, s'agissant par exemple sur la loi pénitentiaire de 2009, qui permet des aménagements, qui permet de réinsérer la majorité de ma famille politique, qui n'est pas favorable. Moi, c'est ma position. J'ai aussi une sensibilité différente.
Tout à l'heure, vous disiez qu'Edouard Philippe pourrait être le candidat de la droite et du centre en 2027. Mais Edouard Philippe, à titre personnel, c'est vraiment votre droite ? Non, mais le sujet,
il est qu'aujourd'hui, si avec vraiment le nombre de candidats pour 2027, s'ils ne trouvent pas un terrain d'entente, on ne sera même pas au deuxième tour. Le terrain d'entente, c'est une primaire ? Alors moi, je n'ai jamais été une femme de primaire, je vous le dis parce que je trouve d'abord, c'est très violent et ça laisse des traces et ça affaiblit. Moi, je pense que la gauche qui est très affaiblie dans le pays, la gauche n'a jamais été aussi à un tel niveau en France, je pense que la primaire a beaucoup affaibli la gauche et nous, elle nous a beaucoup, beaucoup fracturés. Donc voilà. Après, on verra d'ici là, mais il faudra trouver un terrain d'entente.
On sait que la sélection naturelle va se faire. Je ne sais pas,
mais il faudra que tout le monde s'accorde pour se mettre derrière le mieux placé. C'est notre seule chance d'être au deuxième tour. Je ne vous parle même pas d'être élu. Je vous parle de notre seule chance d'être au deuxième tour.
Il n'y a pas de candidat naturel pour vous aujourd'hui ?
D'abord, il n'y a pas de débat de projet. On est plutôt sur les personnes. Chacun en disant je suis légitime, chacun considère qu'il est plus légitime que l'autre. Après, il va y avoir un débat. Je pense qu'après les municipales, le débat de la présidentielle va s'ouvrir.
Merci beaucoup, Rachida Detti, pour ce grand jury. Je vous souhaite un bon dimanche à tous. On se retrouve la semaine prochaine.
Rachida Dati