L'intégrale du vendredi 3 octobre
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver en ce vendredi 3 octobre pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. Dernière journée de consultation pour Sébastien Lecornu qui reçoit les oppositions. Il a grainé des propositions hier qui ne semblent pas les convaincre. Alors va-t-il trouver la ligne qui lui permettra d'éviter la censure ? On en parle dans une heure avec nos éditorialistes Arnaud Benedetti et Tam Tranui.
Bruno Retailleau qui annonce que la participation des Républicains au gouvernement n'est pas acquise. Le socle commun va-t-il s'effriter ? Dans une demi-heure, on reçoit Hervé Marseille, le président du groupe Union Centriste et président de l'UDI. Nous verrons ce qu'il pense de la stratégie du Premier ministre. La journée de mobilisation d'hier a réuni entre 125 000 et 500 000 personnes. C'est moins que le 18 septembre. On va en parler avec le sénateur communiste Pierre Ouzulial et notre invité dans quelques instants. Et puis à la une de nos régions, on parlera des difficultés des producteurs d'olives. La récolte est mauvaise en cause, notamment la sécheresse.
Reportage à suivre dans les Alpes-Maritimes. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Quentin Calmet.
Bonjour Aurienne. Ravi de vous retrouver cette semaine encore.
Ravi également Quentin. À la une de ce vendredi 3 octobre. C'est donc les dernières heures de consultation pour Sébastien Lecornu.
Voilà le Premier ministre qui reçoit aujourd'hui les oppositions à Matignon. Le Premier ministre qui a fait plusieurs propositions pour répondre à la mobilisation sociale de l'intersyndicale. Et peut-être aussi tenter de convaincre le parti socialiste Marion Delpech.
Sur la table, 4 nouvelles pistes dévoilées par Sébastien Lecornu pour tenter de peser sur le prochain budget. Baisse d'impôt pour les couples payés au-dessus du SMIC. Rétablissement et défiscalisation de la prime Macron. Et encouragement de la transmission de patrimoine. Autant de mesures balayées par la gauche hier. Lors d'une nouvelle journée de mobilisation. Les propositions faites ce matin par Sébastien Lecornu correspondent au fond à un remix de Sarkozy et de Macron. Je ne suis pas sûr qu'ils trouvent là matière à engager de manière vertueuse le débat avec la gauche. Le Premier ministre, qui n'a toujours pas nommé son gouvernement, ne convainc pas plus à droite.
Après avoir réuni les parlementaires, les républicains, Bruno Retailleau estime que le compte n'y est pas.
Les discussions vont se poursuivre. À ce stade, la participation de la droite au gouvernement n'est pas acquise du tout.
Comment sortir de l'impasse qui se dessine ? La présidente de l'Assemblée nationale veut mettre à contribution les plus aisées. Mais exclut la taxe Zuckman sur les très hauts patrimoines. On voit bien qu'elle ne rapporterait pas forcément ce qu'on attend d'elle. Et elle pourrait avoir des effets de bord qui ne sont pas très intéressants. Donc il faut faire attention. Mais il faut discuter ensemble pour effectivement avoir une taxation des hauts patrimoines, une taxation des hauts revenus. Je vous parlais d'un effort partagé. C'est essentiel parce qu'autrement ça ne marchera pas.
Le Premier ministre rencontrera le Parti socialiste et le Rassemblement national aujourd'hui pour un rendez-vous de la dernière chance.
Et à propos des manifestations d'hier, la CGT a annoncé avoir décompté près de 600 000 manifestants partout en France. Alors qu'elle avait recensé 1 million le 18 septembre. Le ministère de l'Intérieur qui a décompté 195 000 personnes dans les cortèges, dont 55 000 à Paris.
L'aéroport Dominique survolé par des drones.
Oui, le trafic aérien qui a été suspendu cette nuit à cause d'un survol de drones d'origine inconnue. 17 vols au départ de Munich ont été annulés dans la soirée, affectant au total près de 3 000 passagers.
Emmanuel Macron appelle à entraver la flotte fantôme russe.
Le président français qui a appelé hier les Européens à franchir un pas, je cite, dans la politique d'entrave de la flotte fantôme russe. Écoutez Emmanuel Macron, hier c'était au sommet européen de Copenhague. Là, nous avons décidé de passer un pas en allant vers des politiques d'entrave. Quand dans nos eaux, on a des bateaux suspects qui participent de ces trafics. Et donc pour réduire évidemment la capacité de la Russie à continuer de se financer par ce biais et de financer son effort de guerre.
Deux morts dans une attaque devant une synagogue à Manchester.
Oui, la synagogue était très fréquentée hier pour la fête de Kipour. L'attentat a été perpétré par un Britannique de 35 ans d'origine syrienne qui a été abattu par la police. Le Premier ministre Kirstarmer qui a reconnu que son pays devait vaincre un antisémitisme en hausse.
Merci Quentin, on va revenir sur ces actualités avec vous. Pierre Ouzoulia, bonjour. Bonjour à vous. Merci beaucoup d'être avec nous, sénateurs communistes des Hauts-de-Seine. Avant de parler des dernières consultations de Sébastien Lecornu, on va regarder trois unes de la presse régionale. D'abord la une de Paris-Normandie, moins nombreux, plus déterminés que jamais. L'influence était nettement moindre que lors de la manifestation du 18 septembre hier. Mais les participants étaient bien décidés à maintenir la pression qu'il y ait ou pas un gouvernement. La deuxième une, c'est celle de la dépêche. Ce sont les agressions de médecins.
Ça suffit, titre le journal, les actes de violence qui ont augmenté de 26% en 2024. Un phénomène inquiétant qui mobilise les pouvoirs publics. Une loi entrée en vigueur cet été apporte des outils pour mieux lutter contre le fléau. Et puis la dernière une, c'est celle de Westrance. On vient d'en parler. Pétrolier et flottes fantômes russes. Ce qu'il faut savoir, le pétrolier immobilisé fait partie des navires clandestins utilisés par Moscou pour contourner les sanctions qui frappent le pétrole russe. De quelle une avez-vous envie de parler ? Moi j'aimerais bien le pétrole russe. Ça me rappelle un combat que j'ai mené à propos des exportations de l'Azerbaïdjan.
Et la raison Emmanuel Macron, d'où c'est le temps ? Bien sûr, mais il y a eu une immense hypocrisie. Pourquoi ? Parce que moi j'avais montré il y a quelques années, il y a un an et demi, deux ans, qu'une bonne partie du pétrole qui était exporté par l'Azerbaïdjan et du gaz, notamment vers l'Allemagne, provenait de la Russie. Tout le monde le savait. Mais il ne fallait pas toucher à la sécurité énergétique de l'Allemagne. Donc on a fermé les yeux sur ce pétrole. Aujourd'hui je vois qu'il y a la volonté d'aller un peu plus loin. Je doute de la sincérité de tout ça, tout simplement parce que l'Europe est encore très largement dépendante du pétrole, du gaz russe.
Alors que c'est comme ça que Vladimir Poutine finance la guerre en Ukraine ? Bien sûr, et je rajouterai aussi du gaz et du pétrole américain,
parce que je ne suis pas sûr que ce soit absolument nos alliés jusqu'au bout. Donc on a besoin d'une souveraineté énergétique absolue. Ça va être difficile à faire, mais il faut commencer par...
Plus qu'on ne produise pas d'hydrocarbures, oui.
On parle de ce qui s'est passé hier, cette journée de mobilisation, nettement moins suivie que la précédente, le 18 septembre, c'est un échec pour vous ? Non, parce que la colère n'a pas baissé. La colère n'a pas baissé et la revendication sociale est de plus en plus forte, parce que, et on va le voir avec les sujets que vous allez aborder, aujourd'hui, il y a un consensus fort sur deux points. Le premier point, c'est qu'il y a un problème de pouvoir d'achat dans ce pays qui n'est pas résolu depuis 2017. Et le deuxième point, c'est la volonté absolue de justice fiscale. On ne peut plus accepter que ce soit toujours les mêmes qui fassent les efforts.
Et il y a un consensus politique là-dessus, à droite comme à gauche, je m'en félicite. Pour une fois, c'est la gauche qui a imposé ces sujets. C'est rare, ça mérite d'être souligné. Mais maintenant, il faut des réponses gouvernementales. Là, pour l'instant, je ne les entends pas. Mais hier, il a fait des premières réponses, Sébastien Lecornu. Il a présenté quelques mesures, rétablir la prime Macron, baisser l'impôt sur le revenu pour les coupes juste au-dessus du SMIC ou défiscaliser les heures sup, ça ne répond pas à vos attentes ? C'est des cadeaux qui coûtent.
Parce que si, d'un côté, vous abaissez les prélèvements et que de l'autre côté, on vous explique qu'il faut trouver des solutions pour éviter que le déficit croisse, comment on fait ? Donc, il faut trouver des ressources supplémentaires. Là, moi, je n'ai rien entendu sur les ressources. Que les faibles salaires aient une fiscalité qui soit moindre, bien évidemment, tout le monde est d'accord. Mais après, il faut quand même trouver une solution pour que les recettes du budget de l'État, elles soient sauvegardées. Là, je n'ai rien entendu. – Le Parti communiste est à Matignon aujourd'hui pour rencontrer Sébastien Lecornu. Vous attendez quelque chose de ce qu'on dit ?
– Rien, il n'y a rien à négocier. – Donc, vous y allez pour quoi, du coup ? – Par politesse, parce qu'on est des gens polis. Mais il n'y a rien à attendre. – Vous pensez qu'il ne fera pas de concession à la gauche ? – Monsieur Lecornu a décidé de gouverner avec la droite pour faire une politique de droite. Les choses sont claires. Au moins, je trouve qu'on ne s'embarrasse pas. C'est net. Et on voit bien que l'enjeu aujourd'hui pour le Premier ministre, c'est la discussion avec M. Retailleau. À quel niveau on va mettre la politique de droite ? Au niveau que souhaite M. Retailleau ou que souhaite M. Lecornu ? – Le seul enjeu politique aujourd'hui…
– C'est comme ça que vous expliquez la sortie de Bruno Retailleau ce matin dans le Figaro qui dit que la participation des LR n'est pas acquise ? – Exactement. – Il fait monter les enchères ? – Exactement. Et ce que je sens, ce que je redoute, c'est l'union des droites. C'est-à-dire que M. Lecornu aille chercher une majorité à droite et à l'extrême droite. C'est fort possible. – Donc, vous redoutez une alliance entre le socle commun, le Rassemblement national ? – Tout à fait. – Elle vous paraît possible ? – Avec une forme d'abstention. – Ce n'est pas un discours tenu par Gabriel Attal, par Marc Fénaud pour le Modem ? – Ils ne représentent plus rien.
Ils ne représentent plus rien politiquement. Quelle est aujourd'hui leur force d'influence sur ce gouvernement ? Nulle. Elle est nulle. Et si demain, il y a une dissolution, ils ne passent plus rien. Donc, je crains que nous soyons dans une forme de ce que j'appelle le syndrome à l'italienne, où en Italie, Mme Méloni a été mise au pouvoir par Berlusconi. En France, Mme Le Pen pourrait être mise au pouvoir par une partie des Républicains, dont M. Retailleau. C'est ce que je crains, parce que je vois qu'aujourd'hui, sur des questions clés, il n'y a quasiment plus de différence entre les idées du Rassemblement national et celles des Républicains.
– Mais pourtant, Sébastien Lecornu, dans son interview à la presse régionale, il dit qu'il discutera avec le Rassemblement national puisqu'ils ont des élus, mais pas d'accord. – Non, mais il n'a pas besoin d'accord. Ce qu'il lui faut, c'est une forme de neutralité bienveillante. Et on l'a vu hier…
– Une abstention sur la censure ?
– Bien sûr, on l'a vu hier pour la répartition des postes à l'Assemblée nationale. La sortie de crise, elle se fera de ce côté-là, elle se fera à droite et à l'extrême droite. C'est le risque aujourd'hui pour la France. – Le socle commun a obtenu toutes les commissions, sauf la commission des finances, avec les votes du Rassemblement national hier. Le Parlement, justement, il a repris ses travaux. Est-ce que Sébastien Lecornu, il aurait dû nommer son gouvernement avant ? – Écoutez, ça fait trois semaines qu'on est larmes aux pieds, il ne se passe rien. Et très sincèrement, ce que je sens là au Sénat, c'est une forme de démobilisation totale, absolue. Plus personne n'y croit.
Plus personne n'y croit. Ce gouvernement l'a trop attendu. On a le sentiment que ce n'est pas M. Lecornu qui le compose, mais M. Macron. Donc, on revient à la situation antérieure. Tout ça va mal finir une nouvelle fois. On n'y arrivera pas comme ça. Il faut que M. Macron comprenne qu'il a perdu les élections et que les Français veulent une autre politique. Et là, de nouveau, on change. On change le contenant, mais le contenu est rigoureusement le même. Ça ne marchera pas. – Vous avez des informations sur ce gouvernement ? – J'ai des inquiétudes.
J'ai des inquiétudes parce qu'on dit que c'est un gouvernement resserré et j'ai très peur qu'il n'y ait plus de ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche.
– Le ministère dédié, vous voulez dire, à un ministère autonome ? – Tout à fait. – Qui soit rattaché à l'éducation nationale ? – Tout à fait.
Il y a un ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche sous forme de secrétariat d'État depuis 1974. Ça fait 50 ans. Et là, il y a un risque qu'il n'y en ait plus. Ça serait un message effroyable. – Mais c'est une crainte ou vous avez des informations qui vous laissent à penser que ça va arriver ? – C'est une crainte qui est justement fondée. Parce que dans les différents gouvernements depuis 2017, la recherche n'a jamais été une priorité. Et là, on sent bien qu'il y aurait la volonté, en resserrant le gouvernement, de faire un immense ministère, éducation nationale, enseignement supérieur, recherche, innovation, etc. Ça, c'est ma crainte.
Ça serait un message terrifiant envoyé à la jeunesse de France parce que c'est leur ministère. Le ministère de l'enseignement supérieur à la recherche, c'est le ministère de la jeunesse, de l'innovation, de la science et de la connaissance. – Allez, on va voir l'actualité dans nos régions avec nos partenaires de la presse régionale. On va à Clermont-Ferrand. Bonjour Franck Charvet. Merci d'être avec nous. Chef de rédaction des éditions du Puy-de-Dôme au journal La Montagne. Franck, à lire dans vos pages, une interview d'Éric Larchevêque, un entrepreneur médiatique.
– Tout à fait, oui. Pour éclairer le débat sur la taxation des ultra-riches, nous publions aujourd'hui dans nos colonnes une interview d'Éric Larchevêque. Alors, qui est Éric Larchevêque ? Plus connu du grand public pour son rôle de juré dans l'émission de M6, qui veut être mon associé, que pour son rôle d'investisseur et entrepreneur. Donc, c'est une personne qui a fondé la société Ledger. C'est une start-up de la tech française qui est valorisée à plus d'un milliard d'euros. Donc, forcément, il est très concerné par la taxation des plus riches et notamment par la taxe Zuckman. Cet entrepreneur nourrit une forte opposition.
Donc, pour lui, sous couvert de justice sociale, les créateurs deviennent même carrément l'ennemi à abattre. Donc, une taxe qui qualifie d'inapplicable, d'atteinte à la propriété privée ou encore de confiscatoire. Donc, la question à M. le sénateur, c'est quelle est votre position sur la taxation des ultra-riches que le Premier ministre semble avoir définitivement écarté ? Et plutôt que de taxer, ne serait-il pas plus efficace, comme le suggère Éric Larchevêque, de se concentrer sur une réduction massive des dépenses de l'État et des collectivités ?
– Ah ! J'adore ce discours, mais après, j'aimerais qu'ils nous disent où ils veulent supprimer des postes de fonctionnaires. À l'hôpital, à l'école, dans la police, le discours est toujours le même. Il y a trop de fonctionnaires, mais quand on demande des précisions sur les fonctionnaires qu'il faut supprimer, là, il n'y a plus de réponse. Vous êtes du Puy-Dôme, je suis de la Corrèze. Est-ce que vraiment on peut dire que dans le massif central, il y a trop de fonctionnaires ? Il n'y en a plus. C'est fini. Et les gens, aujourd'hui, ils ont le sentiment qu'ils sont complètement oubliés par Paris. Il faut qu'ils aillent très loin pour aller à l'hôpital.
Vous le savez, moi, je suis de la Haute-Corrèze. Les femmes accouchent sur l'autoroute A89 pour aller à Clermont-Ferrand. Il n'y a plus de maternité. Donc, il faut supprimer encore des soins. Ce que j'aimerais dire à votre entrepreneur, et je parle en histérien, c'est que l'économie, c'est un problème de répartition de la richesse. Il y a de la richesse qui est créée et il faut savoir où elle va. Depuis 2017, il y a eu une forte augmentation des déficits de l'État et concomitamment, une baisse du pouvoir d'achat. Donc, on ne peut pas dire que c'est les salariés qui ont capté la richesse. Au contraire, ils en ont perdu. Donc, cette richesse, elle est allée ailleurs.
Elle a échappé à l'impôt, elle a échappé à la taxation. On n'y arrivera pas comme ça. Et les Français, ça c'est l'identité de la France, ils tiennent à la justice fiscale. Souvenez-vous, 1789, c'est ça. La prise de la Bastille, c'est qu'à un moment donné, les Français estiment qu'il y a un problème de justice fiscale. Donc, si ce gouvernement n'apporte pas une solution à ce problème fondamental, nous aurons de nouveau une prise de la Bastille. Merci Franck, merci d'avoir été avec nous, la une de la montagne tout au-dessus. J'ai un ces concerts phares à ne pas rater. C'est à la une de votre journal en cette veille de week-end.
On va continuer à regarder ce qu'il y a à la une de la presse régionale. Et ce matin, dans plusieurs journaux, on va le voir, c'est Chine qui fait la une, la marque d'ultra fast fashion qui a choisi la France pour ouvrir ses premiers magasins physiques dans le monde civil. sont concernés, dont Limoges. Bonjour Emile Roger-Lomberti, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes le maire, justement, de Limoges. Comment vous avez réagi à l'annonce de Chine d'ouvrir un magasin dans votre ville ?
D'abord, ça m'a montré que nous sommes dans une situation de dépendance vis-à-vis de la Chine. En plein de domaines, c'est que les commerçants ont pris conscience que les magasins chinois pouvaient venir alors qu'ils tiennent déjà le marché de la fast fashion, c'est-à-dire des produits pas chers et de grande quantité, sur Internet et livrés par Amazon. Donc c'est une découverte terrible pour les commerçants avec une peur terrible d'avoir à fermer leur boutique face à une concurrence sur laquelle ils ne peuvent pas s'aligner.
Mais comment faire ? Comment vous pouvez vis-à-vis opposer ? Vous n'avez pas les moyens, non ?
Non, ce que nous pouvons dire, c'est qu'on n'a aucun moyen de pouvoir s'opposer à cette ouverture. Mais vraiment, nous pouvons attirer l'attention de la population sur le fait de l'hyperconsommation et de l'hyperconsommation de produits pas chers. Et notre drame, c'est que plus nous consommons des produits importés, moins nous les produisons nous-mêmes, moins nous produisons de richesses et moins nous avons de pouvoir d'achat pour pouvoir s'auto-suffire et consommer correctement.
Chine qui promet des créations d'emplois, qui promet de revitaliser les centres-villes, de prendre des engagements en ce sens. Pour vous, il n'y a pas néanmoins une opportunité à saisir ?
Vous savez, là c'est la double, voire la triple peine. Les galeries ont un fonctionnement un peu difficile et le fait d'ouvrir une boutique Chine risque à mener un flux de jeunes consommateurs dans les magasins. L'autre problème, c'est que si Chine vend beaucoup, l'ensemble des autres marques vendra de moins en moins et à partir de ce moment-là, nous serons dans une crise de plus en plus forte. Et ce qu'il y a de terrible, c'est que nous découvrons aussi que l'hyper-consommation capitalistique que nous avons enseignée à nos enfants comme une valeur prédominante est le piège dans lequel notre démocratie, notre souveraineté nationale est en train de se perdre.
Pierre Zulia, comment vous réalisez ?
Moi, je suis ravi quand j'entends le maire de Limoges parler ainsi. On sent qu'il reste chez vous, monsieur le maire, quelque chose de Limoges-la-Rouge, celle qui s'était levée au moment de la Commune de Paris. Je vous félicite. Je partage complètement votre point de vue. Moi, je suis de la Haute-Corrèze et je vois ce que sont devenus les centres-villes de la Haute-Corrèze, que ce soit à Mémac, que ce soit à Neuvik et à Hussel. C'est terrifiant, c'est mort. Il n'y a plus aucune boutique et je pense que malheureusement, les dernières boutiques d'habillement qui risquent vont fermer avec l'arrivée de ces grands groupes. Monsieur le maire, vous posez une question très juste.
Est-ce que nous pouvons accepter aujourd'hui de laisser tous les produits de toute la planète, notamment de la Chine, arriver librement dans notre pays ? Je ne le pense pas. Et je crois qu'il faut en finir avec le rêve de la globalisation heureuse. Non, la globalisation, ça ne rend pas les gens heureux. Et dans les territoires comme le vôtre, monsieur le maire, c'est la fin. C'est la fin de tout ce qui était la vie de ces territoires. Donc il faut repenser l'utilité des frontières. Et Trump agit, alors pas de façon appropriée à mon avis, mais pose les vraies questions. Est-ce que notre souveraineté, notre indépendance nationale, elle doit aujourd'hui passer par la fermeture des frontières ?
Je pense que oui, de façon ciblée. À un moment donné, il faut protéger. Et vous êtes maire de Limoges, pays d'élevage. Nous savons très bien, vous et moi, qu'avec le Mercosur, ça sera la fin de l'élevage de la limousine dans notre pays, monsieur le maire.
Émile Roger. Alors, nous soutiendrons la limousine. Et monsieur le sénateur, je vous invite effectivement à militer pour que nous protégions notre agriculture. et regardez comment un vieux gaulliste comme moi peut être d'accord avec un communiste. Et nous souvenons que nous avons redressé la France il y a bien longtemps et il faut que nous y soyons mobilisés. Ce que nous avons en commun,
c'est la défense de la République, monsieur le maire.
Tout à fait. Vive la République et vive la République.
Et on va se quitter sur ces belles paroles. Merci, Émile Roger-Lomberti. Merci beaucoup d'avoir été avec nous, maire de Limoges. On passe à l'actualité du Sénat, Pierre Ouzulia. En plein conflit entre les médias boulorés et l'audiovisuel public, les sénateurs ont auditionné cette semaine le président de l'ARCOM. L'autorité régulatrice, c'est votre éclairage. Quentin, c'était la toute première audition au Sénat de Martin Adjari, président de l'ARCOM, l'ancien CSA.
Oui, tout à fait. Une audition, vous le disiez, Orianne, dans un contexte très tendu. Il y a en ce moment en France un paysage médiatique polarisé. Il y a déjà l'affaire Le Grand Cohen, du nom de ces deux journalistes de Radio France, filmé, en train d'avoir une discussion avec des responsables socialistes. Le Monde, qui écrivait le 8 septembre que cette polémique fragilisait l'audiovisuel public. Il y a également l'affrontement entre les médias boulorés et le service public. Les journaux du groupe, qui relèvent massivement les attaques envers les médias publics. Et Delphine Ernotte, la présidente de France TV, qui qualifie CNews, autres médias du groupe bouloré, de chaînes d'extrême droite.
Enfin, je rajouterai que certains parlementaires de droite n'ont pas digéré la suspension de la chaîne C8 où officiait Cyril Hanouna. Et donc, prenons ces sujets dans l'ordre. Commençons par l'affaire Thomas Le Grand, Patrick Cohen. Écoutez en audition le sénateur Max Brisson, très en colère, donc auprès du président de l'ARCOM. C'était mercredi en séance, en commission. Autant le pluralisme est une obligation qui s'applique à l'ensemble des médias privés comme public, autant l'impartialité est dans la loi une des valeurs dont le régulateur... C'était la réponse du président de l'ARCOM. Écoutons donc Max Brisson, qui lui était très en colère en commission mercredi.
Le président de l'ARCOM qui a répondu à ce sujet dans son propos liminaire. Effectivement, la loi audiovisuelle de 1986 consacre l'indépendance de l'audiovisuel public, mais exige le pluralisme des expressions politiques sur les antennes et l'impartialité des journalistes, d'où la réponse qu'on a entendue tout à l'heure du patron, du régulateur français. Qu'est-ce que vous en pensez, Pierre Ouzulia ? Est-ce que vous comprenez la colère de Max Brisson face à ses soupçons de connivence et faut-il que le législateur précise la loi de 1986 pour mieux définir l'impartialité des journalistes du service public ?
Première chose, les images et leçons qui ont été prises l'ont été de façon illégale. C'est illégal de prendre, sans l'accord de personne, des images pour les diffuser comme ça. Les journalistes proches de l'extrême droite qui ont fait ça n'ont pas respecté le code de déontologie des journalistes.
Donc il y a une première faute de leur part.
Si je parle avec vous, là, de façon privée en dehors du plateau et que vous prenez les images, vous ne pouvez pas les diffuser. Là, ils ont repu. Donc c'est des méthodes de barbouze. Il y a une forme d'espionnage de l'extrême droite sur le service public. C'est insupportable.
Et sur les soupçons de connivence, ce que dit Max Brisson, est-ce qu'il faut préciser la loi, mieux définir l'impartialité des journalistes du service public ?
– Mais moi, je pense, et c'est ce que j'ai dit lors de la commission, que le code de déontologie, ce qu'on appelle le manifeste de Munich, pourrait remonter dans le niveau législatif, mais s'imposer à tout le monde. Et est-ce qu'aujourd'hui, c'est les médias Bolloré qui respectent vraiment le code de déontologie ? Moi, je suis allé de temps en temps sur le plateau. Je n'ai pas le sentiment que les journalistes soient impartiaux. Les journalistes sont des militants. Et ça ne me choque pas. Ça ne me choque pas. Moi, je défends l'humanité, qui est un journal d'opinion, d'opinion communiste, qu'à côté, il y ait des médias Bolloré qui défendent les idées de l'extrême droite, ça ne me gêne pas.
Mais qu'ils le disent, qu'ils l'assument. – Et là, c'est le service public,
c'est de l'argent public qui finance ces journalistes. C'est ça le sujet ?
– Le sujet, c'est qu'aujourd'hui, il y a une attaque frontale contre le service public de l'audiovisuel. Nous en sommes à la même situation qu'en Argentine, avec Javier Mileï aux Etats-Unis, il y a une forme de trumpisation de la droite française qui veut abattre le service public pour donner la totalité des médias Bolloré. L'enjeu politique, il est celui-là. Le reste, franchement, ce n'est pas le plus important.
– Il y a aussi une question sur l'ARCOM. Est-ce que cette administration, qui semble très lente à réagir, très prudente dans ce débat politico-médiatique, est-ce qu'elle a les moyens de ces missions ?
– Je suis très inquiet sur les attaques systématiques qui concernent les juges, le Conseil constitutionnel, et les agences indépendantes comme l'ARCOM. Et là aussi, on sent une forme de trompisation de la société française. Jusqu'à présent, personne n'attaquait le Conseil constitutionnel quand même, et l'ARCOM. Donc ce sont des agences dont l'indépendance est garantie par la loi. Il faut les respecter, c'est ça la défense de l'État de droit.
– Vous avez même parlé de constitutionnaliser ces agences.
– Autre reproche, la place de Gabriel Zuckman dans les antennes du service public.
– Exactement. Il faut dire que c'est vrai que l'économiste a fait la une de toute la presse ces dernières semaines. Sa taxe de 2% sur le patrimoine des plus riches en France est au cœur aussi des négociations politiques. Sur cette antenne aussi, on a parlé de cette taxe Zuckman pour l'expliciter, comprendre pourquoi la gauche en faisait un véritable totem dans les négociations budgétaires. Mais la droite a dénoncé en audition une surreprésentation de l'économiste sur les médias publics. Écoutez un deuxième extrait de la prise de parole de Max Brisson cette semaine.
– Impartialité ou indépendance lorsque du 10 au 20 septembre,
Gabriel Zuckman était invité des matins de France Culture, de cet avou sur France 5, du grand entretien sur France Inter, et excusé peu du 20 heures de France 2 sans jamais de réelle contradiction et sans que jamais il soit indiqué que M. Zuckman, loin d'être un simple économiste, était aussi le fournisseur de l'arsenal fiscal de la campagne européenne de M. Glucksmann et le co-rédacteur des programmes économiques de la NUPES et du NFP. – Qu'est-ce que vous répondez à Max Brisson ? Est-ce que le service public a commis une erreur ?
– Je pense que la droite vient de comprendre que la gauche pouvait aussi, comme la droite l'a fait pendant très longtemps, mettre dans l'actualité des sujets de gauche qui concernent aujourd'hui ce que les Français vivent, c'est-à-dire leur pouvoir d'achat. Jusqu'à présent, c'est la droite qui dictait l'agenda politique de ce pays.
– Les économistes étaient tous libéraux sur les plateaux, vous pensez ? – Avec des thèmes que vous connaissez,
l'immigration, la laïcité, etc., le terrorisme, etc. Là, la gauche vient enfin de préempter son dossier. Après, j'ai été stupéfait de la façon dont certains ont dénié M. Zuckmann sa qualité d'universitaire. C'est quelqu'un qui est respecté et derrière lui, il y a plusieurs prix Nobel. – Mais là, ce n'est pas ça qu'il dit Max Brisson. Il dit Gabriel Zuckmann, il était souvent sur les antennes du service public sans qu'on dise qu'il travaillait pour la NUPES. – Mais quand vous questionnez sur les plateaux des chaînes Bolloré des personnes, personne ne vient faire remarquer qu'ils sont complètement dans la construction de l'ithéologie de l'extrême droite.
– Oui, mais encore une fois, là, on parle de l'audiovisuel public, pas de chaînes privées. – Ce que j'ai vu pour l'audiovisuel public, c'est qu'il y a eu du débat contradictoire. Il y a des grands patrons qui sont venus sur les chaînes du service public en disant que c'était une façon d'assassiner la France, la taxe Zuckmann. Ça, je l'ai entendu. Ils se sont manifestés de façon extrêmement forte et ils se sont manifestés avec tous les médias qu'ils possèdent. Parce que le rapport des forces, il est quand même inégal.
– Oui, mais justement, c'était ma dernière question, Pierre Gouzulia. Comment comprendre cette tension du paysage médiatique actuel avec des journalistes, des réseaux médiatiques qui sont en confrontation directe ? On le disait tout à l'heure, c'est une des médias Bolloré, cette prise aussi de position de Delphine Ernotte. Comment sortir de ces invectifs délétères ?
– Il y a une polarisation du débat politique qui est très nette et qui fait que, alors ça, c'est vrai pour M. Zuckmann, quand vous n'avez pas les mêmes opinions que la pensée commune actuelle de droite, vous êtes soit un walkiste, soit un extrémiste, soit un gauchiste. Il n'y a plus de respect pour la pensée de l'autre et ça, c'est un signal extrêmement dangereux qui montre que notre démocratie est en difficulté. – Merci, merci beaucoup. Quentin, on se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse ?
– Oui, on parlera par exemple des municipales à Marseille. Un petit coup de théâtre hier.
– Un petit coup de théâtre, effectivement, dans la campagne des municipales. Merci Quentin, merci. Pierre-Ouzulia.
– Merci à vous.
– Merci d'avoir été notre invité pendant ces 20 premières minutes et c'est votre collègue Hervé Marseille qui nous rejoint pour l'entretien. – Bonjour. – Merci d'être notre invité pour cet entretien. Vous êtes sénateur des Hauts-de-Seine, président du groupe unioncentriste au Sénat et président de l'UDI. – C'est la matinée Hauts-de-Seine. – C'est la matinée Hauts-de-Seine, exactement. Dernière journée de consultation avec les oppositions pour Sébastien Lecornu. Est-ce qu'il peut échapper à la censure ? – J'espère. – Vous y croyez encore ?
– Écoutez, on sait que c'est compliqué puisqu'il y a trois blocs à l'Assemblée nationale qui sont difficilement conciliables entre le bloc de droite radicale, la gauche et puis le bloc central. Il fait tout ce qu'il peut, le malheureux, pour essayer de séduire. Bon, mais c'est compliqué. Voilà, il y a des drapeaux partout, il est sur la piste noire et il faut qu'il évite les bosses et de chuter parce que s'il va trop à gauche, il y a sa droite qui lui dit non, ça ne va pas du tout. S'il reste un peu trop à droite, on dit ça, il faut de la rupture, etc. Donc, il fait ce qu'il peut après Michel Barnier et François Bayrou, il faut le rappeler qui malheureusement n'ont pas réussi l'exercice.
– Est-ce que vous l'avez vu récemment Sébastien Lecornu ? Qu'est-ce qu'il vous a dit ? Qu'est-ce qu'il est prêt à faire comme concession ? – Justement, il ne nous dit pas grand-chose. Il reste assez discret sur ses intentions parce qu'il sait que tout ce qu'il pourra dire va être retenu contre lui. – Donc, même à son socle commun, il ne dit rien. – C'est à la fois quelque chose qu'on peut comprendre parce qu'il fait très attention, il lâche des pierres. Vous avez vu un interview, hier, il a fait une communication sur des pistes sur le plan social. Donc, il essaie d'avancer, j'allais dire, de façon extrêmement prudente et pragmatique.
Puis de l'autre côté, il faut dire qu'au sein du socle, on voit que la tension commence un peu à monter parce que, faute d'informations précises, il y a une forme d'inquiétude qui commence à naître. – La tension, elle monte notamment du côté des LR. Ce matin, dans le Figaro, Bruno Retailleau fait une interview et dit à ce stade que la participation des LR au gouvernement n'est pas acquise du tout. Vous comprenez sa position ? – C'est-à-dire que les Républicains voulaient un contrat de gouvernement. Bon. Et le Premier ministre leur a dit « Bougez pas, ça arrive ».
Bon, au bout d'un moment, comme on arrive maintenant au bout du bout des auditions, des consultations, des discussions, il va falloir bien déposer un projet de budget. – Mais il a raison de faire monter les enchères, Bruno Retailleau ? – Écoutez, moi, je ne suis pas républicain, ça ne me regarde pas. Quelque chose me dit… – Non, mais vous faites une majorité ensemble ici au Sénat. – Quelque chose me dit que la situation va forcément trouver un épilogue parce que mathématiquement, plutôt arithmétiquement, si vous retirez 47 députés LR à l'Assemblée nationale, ça veut dire que c'est la gauche qui est majoritaire. Or, si les Républicains sont rentrés… Oui, 50, pardon. Et tout augmente.
Si les Républicains sont rentrés dans le soutien à un gouvernement, tout en disant nous, on n'est pas dans la majorité macroniste, d'ailleurs, ça fait partie de leur demande, c'est de dire nous, on est différents. C'est parce que leur contribution permet de ne pas avoir un gouvernement de gauche. Donc, s'ils se retiraient… Et ils ont justifié leur présence par cela. Donc, s'ils se retiraient, ça veut dire que c'est la gauche qui viendrait gouverner. Je ne vois pas les choses comme ça.
Donc, je pense qu'il y a maintenant une petite montée de tensions pour exiger un certain nombre de choses en disant, écoutez, c'est bien que le gouvernement travaille avec les socialistes pour éviter une nouvelle censure. En revanche, nous aussi, on a des demandes. Vous, vous en avez, vous à l'UDI ou vous, votre participation à ce contrat de gouvernement, voire au gouvernement, est acquise ? Écoutez, nous, on soutient le gouvernement, bien entendu. Pour autant, on a aussi… Ce n'est pas aveugle. On a aussi des demandes.
La première, c'est sur le pouvoir d'achat, essentiellement, parce que vous avez, notamment la droite, avec les Républicains qui réclament un certain nombre de garanties sur le régalien, migration, sécurité, AME, etc. Vous avez un certain nombre de demandes sur la fin de vie, GPA, etc., peut-être. Et puis, nous, au centre, on est tenté de dire qu'il y a un problème du pouvoir d'achat. Il faut travailler ce problème. Et le second sujet, c'est la fraude. Donc, sur ces deux points, le gouvernement, dans ce que j'ai entendu, a commencé à répondre, puisque les textes concernant la fraude et Nathalie Goulet, chez nous, il travaille beaucoup. Elle a largement contribué à élaborer ses textes.
Et sur le pouvoir d'achat, nous considérons que c'est le logement qui constitue un des points les plus importants. Parce qu'on peut travailler à donner un peu plus aux gens, mais ça ne peut pas aller très loin parce que ça coûte des fortunes. J'entends qu'on veut toucher à la CSG, pourquoi pas ? Mais la CSG, ça coûte extrêmement cher. Mais juste, avec l'interview de Bruno Retailleau ce matin, est-ce qu'aujourd'hui, quand il rencontre le Parti socialiste et aussi les communistes et les écologistes, Bruno Retailleau, Sébastien Lecornu, il peut faire de vraies concessions à la gauche ? Est-ce qu'il doit en faire ?
Non mais attendez, ce qui est formidable, on l'a vu d'ailleurs avec le gouvernement de François Bayrou, c'est qu'on fait le débat avant le débat. Je me permets de rappeler que la session ordinaire, elle a commencé le 1er octobre. Et le Parlement, au-delà de tout ce qu'on peut se dire, lire ou entendre, il va se prononcer, il va voter. Donc, pardon, mais à un moment donné, laissons au parlementaire le soin de voter. Donc vous dites aux socialistes, ce n'est pas ce matin à Matignon qu'il faut aller négocier, c'est après dans l'hémicycle ?
Qu'on discute sur des pistes plutôt que sur d'autres, c'est-à-dire que le projet de budget tel qu'il va être présenté par le Premier ministre, et il devrait, comment dire, arriver, puisqu'il faut le présenter d'abord au Conseil d'État et au Conseil pour les finances publiques, c'est un préalable. La Constitution prévoit, je le rappelle, que normalement, il doit être déposé le 1er mardi d'octobre, ça ne sera pas le cas. Et ensuite, il y a ce qu'on appelle les annexes à l'Assemblée et il y a 70 jours pour voter avec la navette entre l'Assemblée et le Sénat.
Bon, alors on peut avoir des pistes qu'on inscrit dans le projet de budget, mais ce projet, il est discuté d'abord à l'Assemblée puis par nous, PLFSS et PLF. Mais donc, ce n'est pas ce matin. En fait, les socialistes qui disent si on n'a pas de réponse aujourd'hui, on censurera dès le discours de politique générale, vous fustigez un peu la méthode et la stratégie ? Écoutez, je suis un peu étonné qu'on arrête le débat avant le débat. Je veux dire, qu'on convienne d'un certain nombre d'irritants, bien sûr. Le gouvernement dit on ne touche à rien, on ne veut rien faire, etc. Bien sûr qu'à ce moment-là, les partis peuvent dire moi ça ne me convient pas.
Mais laissons le soin au Parlement de faire son métier, c'est-à-dire d'examiner. C'est là que le plus important le projet de budget. Et donc, qu'on laisse au parlementaire le soin de juger. Et on verra bien ce qui se passe à l'Assemblée et au Sénat. Est-ce que vous avez l'impression que Sébastien Locormu il est plus en train de miser sur l'abstention du RN que sur le ralliement des socialistes ? Écoutez, il ne me donne pas cette impression-là. Je crois qu'il parle avec tout le monde parce que voilà, quand on est dans cette configuration, on parle avec tout le monde et on regarde ce qu'il est possible de faire ou de ne pas faire.
Bon, y compris à l'intérieur de ce qu'on appelle, ce n'est pas un très joli mot, le socle, c'est-à-dire en gros la coalition qui soutient le gouvernement. Il faut prendre soin de tout le monde. Il faut s'occuper à gauche du Parti Socialiste, il faut s'occuper à droite de ceux qui ont des réclamations et puis dans le bloc central, il faut prendre en considération les demandes des uns et des autres. C'est possible ? L'expérience montre que c'est très compliqué mais bon, voilà, moi je souhaite qu'on trouve des solutions parce qu'au-delà de tout ça, le problème, ce n'est pas de savoir si on fait plaisir au Parti Socialiste, à LR ou à je ne sais qui.
Derrière tout ça, il y a un pays, il y a des entreprises qui ont besoin de stabilité et puis quand on ouvre la fenêtre et qu'on regarde à l'extérieur, on voit qu'on a la guerre en Ukraine, on voit bien que tout ça ne sent pas très bon avec ces histoires de drones et les taquineries que les Russes font vis-à-vis de l'OTAN pour voir comment tout ça réagit, les droits de douane avec M. Trump, la Chine, donc est-ce qu'on a les moyens de se payer des crises du style « retenez-moi où je fais un malheur parce qu'il n'y a pas ça dans le budget ».
Bon, c'est légitime que chacun réclame ce qui fait son identité et ce pourquoi il est là, mais quelque part, on devrait prendre en considération aussi l'intérêt du pays, quoi. Je veux dire, il faut que chacun y mette du sien, tout le monde doit avancer d'un pas pour trouver des solutions parce que de toute façon, nous sommes condamnés à faire ça parce que si Sébastien Lecornu échoue à son tour, on fait quoi après ? On va nommer un énième gouvernement et il faudra bien trouver des solutions. Parmi les mesures réclamées, vous l'avez dit, il y a une volonté de plus de justice fiscale. Est-ce que vous pensez que la droite acceptera une forme de taxation des plus riches ?
Non, mais d'abord, pardon, mais il y a toujours une grosse dette et il faut qu'on fasse des économies. pour l'instant, je n'en vois pas le chemin. Pas assez ? François Bayrou avait quand même beaucoup insisté, il a payé cher pour montrer qu'on était endetté, on s'est encore endetté un peu plus depuis qu'il est parti de quelques milliards et il faut bien commencer à faire des économies puisqu'il y a une trajectoire de retour. Vous dites, Sébastien Lecornu, il n'est pas assez sur cette ligne ? Pour l'instant, je ne vois pas. Je vois beaucoup de dépenses mais je ne vois pas beaucoup d'économies. François Bayrou, il était à un chiffre de 44 milliards et il doit être à combien ?
Il n'y arrivera pas.
Sébastien Lecornu. Il n'y arrivera pas, je ne sais pas. On devait être à 4,7 voire... C'est l'objectif qui fait. Là, on va être à pas loin de 5. Il ne pourra pas tenir l'objectif de 4,7. Quand je lis ce que je lis, je ne vois pas comment on fait. Après, on verra pendant le débat budgétaire. Bon, il y a le problème des économies. Après, il y a le problème de ce qu'on appelle l'équité fiscale, c'est-à-dire les mesures symboliques et économiques qui montrent que tout le monde participe à l'effort. On doit faire des efforts, tout le monde doit participer. D'où la nécessité de montrer que ceux qui ont le plus payent plus.
Et donc, les propositions de mesures pour taxer les holdings, aggraver les prélèvements, sur les plus fortunés, etc., etc. Bon, il y a différentes pistes. Elles ont été annoncées. C'est au Parlement, maintenant, de décider. Et puis, il y a cette affaire de pouvoir d'achat parce qu'on voit bien que beaucoup de gens ont du mal à finir le mois et que, moi, cet été, en vacances, je lisais la presse, j'écoutais les reportages et les restaurateurs se plaignaient en disant qu'il y a moins de monde chez nous. Ça ne veut pas dire qu'il y avait moins de gens en vacances. Déjà, il y a, en gros, beaucoup de Français, déjà, qui ne prennent pas de vacances.
Mais ceux qui prennent des vacances, ils faisaient très attention. Alors, il y a ceux qui économisent, mais il y a aussi ceux qui étaient très attentifs parce que ça coûte cher avec des enfants d'aller en vacances. Et quand on n'a pas des revenus importants, on est obligé de faire attention. Et le pouvoir d'achat depuis la Covid, c'est un sujet qu'on a un peu laissé de côté. Il faut absolument y revenir. Alors, hier, il a annoncé des mesures, Sébastien Lecornu, justement, en faveur du pouvoir d'achat, rétablir la prime Macron, baisser l'impôt sur le revenu pour les couples qui sont un petit peu au-dessus du SMIC ou défiscaliser les heures supplémentaires.
Ce sont les bonnes mesures pour vous ? C'est mieux que rien, mais en vrai, ça ne va pas très loin. On sait que ça coûte cher. Si vous retirez de la CSG, il faut compenser puisque l'État doit quand même continuer à vivre. Donc, on sait que ça coûte des dizaines. Mais quand vous dites que ça ne va pas très loin, vous, vous attendez quoi comme mesure ? Nous, encore une fois, nous mettons l'accent sur les problèmes du logement. Pourquoi ? Parce que le poste le plus important chez les Français, c'est le logement. C'est 40% de la dépense. Donc, il faut mettre le paquet sur le logement social et sur le logement intermédiaire. Aujourd'hui, les moteurs sont à l'arrêt.
On ne construit plus depuis des années. Et pas sur la fiche de paye ? La fiche de paye, OK, vous allez avoir 50 ou 60 euros, etc. Bon, c'est bien. Mais avec l'inflation qui peut remonter, avec le coût de la vie, ce n'est pas ça qui fait la différence. Il vaut mieux avoir, me semble-t-il, des choses pérennes. Si vous payez un loyer moins important tous les mois, c'est quand même mieux que d'avoir quelques dizaines d'euros de plus. Parce que la compensation pour trouver cet argent sur la fiche de paye, c'est très cher. La CSG, c'est 150 milliards, je crois. Et donc, c'est très coûteux.
Sébastien Lecornu qui a également annoncé une revalorisation des pensions de retraite pour les mères de famille dans le budget de la Sécurité sociale à venir. Est-ce que là, c'est la bonne mesure ? Est-ce qu'il faut aller encore plus loin sur ce sujet ? Sur ce sujet des retraites ? Les retraites, on sait qu'il y avait un conclave qui a donné des résultats et on pourrait opportunément, et je crois qu'il y a une très large majorité pour prendre en considération le résultat de ce qui a été fait avec les partenaires sociaux, c'est-à-dire, par exemple, le travail des femmes, la pénibilité, le travail des seniors.
Il y a des pistes et en travaillant avec les syndicats, je crois qu'on peut trouver des solutions qui améliorent ce qui a été fait en matière de retraite. Brigitte Bourguignon, qui est une ancienne ministre et qui a rejoint récemment votre groupe, a dit sur notre antenne « L'âge a été un casus belli, il faut qu'on revienne là-dessus ». Comment vous avez accueilli cette déclaration ? Vous savez, chez nous, il y a une grande liberté de réflexion, de vote et d'intention. Donc, Brigitte… Mais ça se dit, tout se discute. Ce n'est pas la majorité… C'est concret l'âge ? Non, mais chez nous, ce n'est pas la majorité du groupe qui pense ça. Elle a le droit de le penser, on peut le discuter.
Mais globalement, dans la majorité sénatoriale, on ne touche pas à l'âge de la retraite. Pourquoi ? Parce qu'on sait très bien qu'on n'a pas les moyens. Ce n'est pas d'en faire un veau sacré en disant « On ne touche à rien ». On n'est pas dans la croyance. On est dans le fait que s'il y a eu cette réforme des retraites, c'est parce que le système n'est pas soutenable. On a une démographie en berne. C'est ceux qui travaillent qui payent la retraite de ceux qui sont en retraite. Bon, donc, comme il y a de moins en moins de gens… Ça veut dire qu'elle n'est pas la seule à le penser dans votre groupe ? Non, mais il peut y avoir. Même chez LR, il y a eu des gens qui l'ont dit. Pourquoi ?
On a le droit d'en discuter. Bon, pour autant, aujourd'hui, dans la majorité sénatoriale, il y a une ligne majoritaire qui pense qu'on ne touche pas à l'âge de la retraite. Pourquoi ? Parce qu'on n'a pas les moyens. Je veux dire, si aujourd'hui, vous allez… L'âge pivot, c'est 64 ans en 2030. C'est la cible. Bon, si on s'arrête en cours de route, évidemment, ça va coûter fort cher. C'est des milliards, encore une fois, qu'on n'a pas les moyens de payer. Qui paye à la place ? Parce qu'il va falloir les payer, ces retraites. Bon, qu'est-ce qu'on trouve à la place ? Bon, on a demandé aux partenaires sociaux de donner des idées, des réflexions et des pistes.
Pour l'instant, on n'en a pas vu beaucoup. Parce que, encore une fois, on a maintenant plus de décès que de naissances. Bon, comme ça. C'est partout en Europe, d'ailleurs. Le problème, il n'est pas que chez nous. Donc, à un moment donné, le modèle, il ne tient plus. Il faut trouver d'autres solutions. Sur l'immigration, ça fait aussi partie, évidemment, des demandes de Bruno Retailleau. Sébastien Lecornu, il dit qu'il faut examiner l'évolution de certains critères de l'aide médicale d'État. Vous êtes favorable ? Ça fait des années qu'on travaille au panier, donc on peut y retravailler à nouveau. On sait très bien qu'à un moment donné, bon, il y a peut-être des critères qu'il faut éliminer.
Moi, j'entends qu'on dit la balnéothérapie, je n'en sais rien, je n'ai pas vérifié. Ça me paraît bizarre. C'est ce que disait François Bayreau. Oui. C'est un peu plus compliqué que ça. Oui, oui. Un peu plus restreint que la simple balnéothérapie. Je crois qu'il y a encore peut-être des critères qu'on peut réduire. Bon, pourquoi pas, ça se discute et ça se travaille. Moi, je ne suis pas opposé à ce qu'on regarde tout ça. On sait très bien que de toute façon, il faudra garder une forme d'AME parce qu'on sait qu'il y a des gens qui arrivent chez nous qui sont malades et qu'il faut se souvier. Mais en réduisant le panier de soins ? Il faut regarder précisément.
On ne peut pas en parler comme ça de façon générale. Moi, je crois que les problèmes d'immigration, encore une fois, sont des problèmes avant tout européens. Il faut qu'on trouve des solutions européennes. L'Italie, qui a beaucoup travaillé avec Mme Méloni sur le sujet, avec les pays du Maghreb en particulier, utilise beaucoup l'Europe pour payer les pays. On donne déjà beaucoup d'argent à la Turquie pour qu'elle retienne beaucoup de gens sur son territoire. L'Italie, d'ici 2028, ce sera un million d'étrangers non communautaires qui seront venus parce que Georgia Méloni dit que l'économie en a besoin. Bien sûr, elle régularise beaucoup. C'est ce qui va arriver aussi en France ?
Parce qu'électoralement, il faudra aussi faire ça ? Elle explique... Moi, je ne suis pas défavorable à ça. Elle explique qu'elle est hostile à l'immigration, elle le combat, mais elle agit. Parce qu'en vrai, derrière, qu'est-ce qu'elle fait ? Elle travaille avec les pays du Maghreb et elle fait payer l'Europe. Et donc, il faut transposer la méthode Méloni en France ? Elle fait travailler les étrangers dans les champs parce que, comme chez nous, il y a besoin de bras et dans les industries parce que là aussi, on manque de monde. Il faut se poser des questions. Il faut transposer cette méthode Méloni en France ?
En tous les cas, il faut regarder comment ça marche et étudier les choses et regarder. L'Allemagne a fait la même chose. Après, il faut essayer de ne pas dépasser un certain seuil et c'est peut-être là où le problème s'est posé en Allemagne en particulier. En cas d'échec de Sébastien Lecornu, est-ce qu'Emmanuel Macron, il aura d'autres choix que la démission ou la dissolution ? Est-ce qu'il peut renommer encore un quatrième Premier ministre de son camp ? Oui. Donc, pour vous, il ne sera pas obligé de dissoudre ou de partir ? Il y a ceux qui aimeraient bien qu'on le dissolve.
Mais je crois que le Président de la République, il l'a dit à de nombreuses reprises, il est élu jusqu'en 2027, il a déjà fait une dissolution qu'on lui a reprochée. Et donc, pourquoi voulez-vous qu'il dissolve à nouveau pour avoir le même résultat en pire ? Parce qu'on sait très bien, vous avez vu toutes les intentions de vote, on sait très bien ce que ça donne. Ce n'est pas une clarification, c'est une aggravation parce qu'il y aurait beaucoup plus de députés du RN, un peu moins du bloc central et un peu moins de gauche. Est-ce que vous croyez que ça arrange des choses ? Donc, le Président de la République, il dit, écoutez, vous avez été élu, débrouillez-vous.
Et je pense qu'il continuera à dire ça parce qu'il sait très bien que s'il y a une dissolution, ça sera pire. Un sondage au Doxa pour le Figaro publié hier soir montre que le front anti-républicain contre l'FI est plus fort que celui contre le Rassemblement national. Ça vous étonne ? Non. Est-ce que comme Roger Carouti, vous aussi, vous voteriez sans état d'âme pour Marine Le Pen contre Jean-Luc Mélenchon ? Ça dépend dans quelle configuration, ce n'est pas un principe général. Marine Le Pen contre Jean-Luc Mélenchon ? J'avoue que je serais très ennuyé. Mais je pense que l'FI a été tellement dans l'outrance que Mme Bonneau dit du Hamas que ce sont des résistants. on a du mal à suivre.
Donc, à l'évidence, l'FI c'est quand même très maléfique. Et donc, voilà, spontanément, il y a beaucoup de Français qui s'insurgent quand ils ont à faire des choix. Pour autant, il y a une clientèle et des électeurs pour l'FI et malheureusement, il faut en tenir compte dans ce qui se passe. Un dernier mot puisqu'on apprend que Sébastien Lecornu s'exprimera dans quelques instants juste avant de commencer à recevoir les oppositions. Qu'est-ce que vous attendez ? Quel message il doit faire passer avant le début de ces consultations ? Je crois qu'il faut qu'il soit un peu plus éclairant sur les pistes parce qu'il y a une forme d'inquiétude à ne pas savoir ce qui va se passer.
Et c'est pour ça qu'à commencer par ceux qui le soutiennent, ils aimeraient avoir davantage d'éclairage pour savoir où on va. Même vous, vous ne savez pas où il va. Et vous attendez de savoir où il va. Encore une fois, je comprends qu'il soit discret, mais il faut un peu de piste parce que l'opacité crée une forme d'inquiétude. Merci Hervé Marseille. Merci. On suivra bien sûr dans quelques instants cette déclaration de Sébastien Lecornu. Merci. Merci d'avoir été avec nous. C'est l'heure maintenant de passer à l'actualité dans nos régions.
Et dans nos reportages en région, la saison est difficile pour les producteurs d'olives qui font face à une mauvaise récolte en cause, notamment la sécheresse. C'est le Cilsixou qui nous emmène à Valbonne et à la Trinité. C'est dans les Alpes-Maritimes.
Elle devrait porter des fruits
et là, aucun fruit.
Sur les branches de ces arbres, pas l'ombre d'une olive. En 20 ans de métier, Antonin oléiculteur a rarement vu ça. C'est démoralisant. C'est de se dire que tout le travail qui a été effectué cette année,
on n'a pas de résultat. Et pourtant, ce sont des arbres qui ont plus de 200 ans qui devraient donner et qui sont normalement
résistants à la sécheresse. Et là, cette année, ça n'a pas résisté.
Les fortes chaleurs du mois de juin ont brûlé les fleurs et rendu les arbres stériles. Alors,
la grosse chaleur du mois de juin a fait que la pollinisation qui aurait pu se faire n'a pas pu se faire.
Pour qu'un olivier fasse une production, il faut de l'entretien, il faut des engrais et il faut des bonnes conditions météo. Les conditions météo, on ne peut pas jouer dessus, on vit avec et cette année, c'était difficile.
Dans ces champs, Antonin trouve quand même quelques fruits noirs éparses.
On en a, mais elles ne sont pas grosses.
Il ne prévoit pas pour autant de les récolter.
Trop de travail à venir récolter pour si peu d'olives.
On va faire presque une année blanche. Une récolte moyenne, c'est, on va dire, trois mois sur mon exploitation. Cette année, je pense qu'en dix jours, quinze jours, elle sera terminée.
Et cette absence d'olives sur les arbres, ce sera autant de bouteilles d'huile et de pots de tapenade en moins à vendre. Ça risque d'être vide l'année prochaine, oui.
En moyenne, on fait entre 1500 et 2000 litres, en moyenne. Voilà, cette année, si on arrive à faire 150 à 200 litres, ça va être 10% d'une année moyenne.
Comme Antonin, la centaine de producteurs d'olives niçoises connaissent une saison catastrophique. À quelques kilomètres, la parcelle de la présidente du syndicat, Laurence Le Satini, a-elle été touchée par un autre phénomène, la reproduction des mouches. La mouche, elle a piqué l'olive, elle a pondu l'œuf à l'intérieur. L'œuf a éclos, ça a fait une larve qui est venue manger à l'intérieur de l'olive et après, elle tombe au sol. Parfois, ça arrive que s'il y ait un seul coup dur, comme un gros coup de gel, une grosse grêle, une grosse sécheresse, là, cette année, on cumule un petit peu pas mal de raisons.
Voilà, c'est pour ça que cette année, c'est un peu difficile, sur un peu tout le territoire du département. La chaleur, la présence des mouches toute l'année ou encore les fortes puits, de plus en plus, les oléiculteurs niçois doivent faire face à des phénomènes liés au réchauffement climatique. Au début, on le vivait uniquement sur la maturité des olives. Parfois, elles nourrissaient beaucoup trop tôt, parfois même en février-mars, c'était encore très clair. Maintenant, depuis 5-6 ans, c'est des choses qui sont beaucoup plus dures.
Tous prévoient d'utiliser le temps normalement prévu pour la récolte pour tailler leurs oliviers, ce qui permettra à ces arbres centenaires de redonner des olives l'année prochaine. Et après, les olives, on va parler des champignons. C'est aussi le moment de la récolte, mais la cueillette peut parfois générer des tensions. On va aller dans le Jura avec Jean-Marie Renaud, le maire d'Aigle-Pierre. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous, monsieur le maire. Comment ça se passe, cette cueillette des champignons ? Est-ce qu'aujourd'hui, au-delà de la cueillette plaisir, on peut faire le dimanche en famille, c'est aussi devenu un vrai business ?
Alors, c'est un business pour des personnes étrangères qui viennent récolter des champignons que nous ne récoltons pas, nous, les lactaires sanguins. Et c'est un commerce avec l'Espagne. Donc, ces gens viennent, récoltent, et il y a des collecteurs qui emmènent tout ça dans des camions frigos jusqu'en Espagne. Mais comment ça se passe ? C'est-à-dire, tous les ans, c'est la même chose à la même époque ? Voilà, c'est ça. Donc, en fonction de la production de champignons, s'ils sont présents ou pas, il arrive des gens, il y a des éclaireurs qui viennent repérer un peu en forêt déjà si ça pousse, et après, on a des gens qui viennent.
Nous, on a eu déjà jusqu'à 50 personnes des campements, et il y a un bourg à côté de chez nous où il y a eu plus de 1 000 personnes dans une forêt pour récolter ces champignons. Mais de quoi, comment vous faites, comment le maire que vous êtes peut gérer cette situation ? Alors, nous, on a, l'année dernière, posé des barrières forestières pour empêcher le franchissement dans les chemins, que les véhicules n'aillent pas dans les bois. Donc ça, ça a l'air d'avoir pas trop mal marché. Et l'année dernière, on a eu l'appui des forces de l'ordre qui avaient comme consigne de verbaliser et de détruire les récoltes qui étaient faites par ces gens-là.
Et du coup, ça a créé des tensions avec vos habitants ou ça se passe bien ? Alors, non, nous, avec les habitants, on n'a pas beaucoup de contacts. Les gens ont tendance à les éviter. C'est des gens qui ne parlent pas notre langue. Apparemment, ils comprennent un peu l'allemand. Mais bon, voilà, c'est un peu compliqué. On a posé des affiches en roumain parce qu'on a essentiellement des gens qui sont roumains, des roms aussi, et pour leur dire au moins que les déchets, ils ne les éparpillent pas dans la forêt comme ils le font actuellement. Timo, quand même peut-être un peu plus pour parler de la récolte, il paraît que cette année, elle est très abondante. Vous nous le confirmez ?
Alors, cette année, je ne sais pas. L'année dernière, elle était… Oui, il y en avait beaucoup déjà l'année dernière. Donc, en fonction de la production de champignons, il reste plus ou moins longtemps. Merci, monsieur le maire. Merci beaucoup d'avoir été avec nous, Jean-Marie Renaud, maire d'Aigle-Pierre, c'est dans le Jura. Merci beaucoup. Quentin, on regarde ce qu'elle est une de nos journaux régionaux ce matin et on commence par la mobilisation sociale en France. Voilà,
c'est le signe d'un mouvement qui a rassemblé bien moins de monde qu'hier. La presse régionale titre assez peu, on peut le dire, ce matin sur les manifestations d'hier. On a trouvé l'édition de Paris Normandie à Rouen qui titre sur des manifestants moins nombreux mais plus déterminés que jamais avec entre 2 200 et 3 000 personnes dans les rues de Rouen hier, dans les pages intérieures. On lit que l'idée était de maintenir la pression, avec un exemple de propos entendu dans les cortèges oriennes qu'on mette plus d'argent dans l'hôpital public, que les riches contribuent et que ce ne soient pas les classes moyennes qui supportent tout.
Quentin, on va parler municipal. Stéphane Ravier fait la une du journal La Provence.
Oui, il fait une annonce choc à propos des municipales à Marseille. Ravier n'ira pas. Il a déjà été candidat trois fois mais le sénateur ex-RN, ex-reconquête a décidé cette fois-ci de soutenir le candidat RN Franck Alizio. Visiblement, il a pris cette décision dans la douleur. Il ne sera même pas candidat dans les 13e et 14e secteurs dont il fumait entre 2014 et 2017. C'était le prix à payer, explique-t-il dans les pages intérieures. On m'a demandé de ne pas être candidat parce que mon ralliement à Éric Zemmour est une plaie qui ne s'est pas refermée. Stéphane Ravier qui attend aussi des convocations par la justice.
Notamment, il doit être jugé en décembre pour favoritisme pour des faits lorsque justement il était maire de secteur.
Il y a plusieurs unes ce matin dans nos journaux régionaux qui sont consacrées à la marque d'ultra-fast fashion. Chine qui débarque au BHV à Paris et dans plusieurs galeries Lafayette de France.
Oui, tout à fait. Yann, vous connaissez sans doute cette marque chinoise à petit prix mais qui est accusée de participer à détruire l'industrie du prêt-à-porter français. Jusqu'alors, Chine ne se vendait qu'en ligne sur sa plateforme en ligne sur son site web. Il s'agit donc d'ouvrir des espaces de vente au BHV dans le Marais à Paris mais aussi dans cinq galeries Lafayette à Dijon, Reims, Grenoble, Limoges ou encore Angers. De très nombreuses réactions des politiques et des professionnels du secteur depuis hier avec cette annonce.
Par exemple, la Confédération des commerciants de France qui a exigé un contrôle immédiat par la répression des fraudes des promotions et pratiques commerciales de Chine dans ses magasins BHV et Garry Lafayette avec d'extensions des sanctions exemplaires en cas d'infraction constatée.
Sud-Ouest se penche sur les problématiques liées aux résidences secondaires sur le littoral Atlantique.
Voilà, un reportage sur l'île d'Oléron à lire ce matin dans Sud-Ouest où les résidences secondaires se rebifent. Ils répondent aux accusations des résidences secondaires qui priveraient les locaux de logement qui feraient aussi monter les prix de l'immobilier. Il faut dire que l'exemple d'Oléron est frappant. On parle de 62% du parc immobilier qui est en résidence secondaire mais donc ses propriétaires se défendent. Nous sommes les premiers contributeurs de l'île en matière d'impôts locaux. Un argument non négligeable.
Allez, on termine comme tous les vendredis avec une info plus légère, Quentin.
Oui, on va parler à Miss France, Oriane. Je sais que vous adorez que vous regardez le concours. C'est à lire comme beaucoup de gens. Oui, bien sûr. C'est à lire dans le courrier Picard ce matin. La couronne à Amiens. L'information a été officialisée hier. Amiens accueillera le concours Miss France noté dans vos agendas. C'est le 6 décembre prochain donc au Zénith d'Amiens. Ça fait tomber le concours une nouvelle fois en même temps que le Téléthon. Mais le président de la société Miss France qui a tenu à couper court à toute polémique, Jean-Pierre Foucault fera des appels aux dons pour le Téléthon pendant la soirée Miss France.
Alors, petite question, est-ce que vous avez un pronostic cette année ?
J'ai pas de pronostic mais je vais défendre Miss Corse forcément.
Comme d'ailleurs. Vous c'est quoi ? Je n'ai pas de renseignement. Il faut que je me renseigne.
Merci Quentin. Merci beaucoup pour cette revue de presse. Allez, on va revenir à l'actualité politique. Notre débat d'éditorialiste dans quelques instants. Dernières heures de consultation pour Sébastien Lecornu qui va s'exprimer dans quelques minutes juste avant de recevoir les oppositions. Sébastien Lecornu qui tente de trouver un accord de non-censure mais le PS et les LR font monter les enchères. On voit ça avec Marion Dalpech. Sur la table, quatre nouvelles pistes dévoilées par Sébastien Lecornu pour tenter de peser sur le prochain budget.
Baisse d'impôts pour les couples payés au-dessus du SMIC, rétablissement et défiscalisation de la prime Macron et encouragement de la transmission de patrimoine. Autant de mesures balayées par la gauche hier lors d'une nouvelle journée de mobilisation. Les propositions faites ce matin par Sébastien Lecornu correspondent au fond à un remix de Sarkozy et de Macron. Je ne suis pas sûr qu'ils trouvent là matière à engager de manière vertueuse le débat avec la gauche. Le Premier ministre qui n'a toujours pas nommé son gouvernement ne convainc pas plus à droite. Après avoir réuni les parlementaires les Républicains, Bruno Retailleau estime que le compte n'y est pas.
Les discussions vont se poursuivre. À ce stade, la participation de la droite au gouvernement n'est pas acquise du tout.
Comment sortir de l'impasse qui se dessine ? La présidente de l'Assemblée nationale veut mettre à contribution les plus aisées mais exclut la taxe Zuckman sur les très hauts patrimoines. On voit bien qu'elle ne rapporterait pas forcément ce qu'on attend d'elle et elle pourrait avoir des effets de bord qui ne sont pas très intéressants donc il faut faire attention mais il faut discuter ensemble pour effectivement avoir une taxation des hauts patrimoines, une taxation des hauts revenus. Je vous parlais d'un effort partagé. C'est essentiel parce qu'autrement ça ne marchera pas.
Le Premier ministre rencontrera le Parti socialiste et le Rassemblement national aujourd'hui pour un rendez-vous de la dernière chance. Et on va en parler avec l'éditorialiste politique Arnaud Benignetti. Bonjour Arnaud. Merci d'être là et Tam Tranu. Bonjour Tam. Merci d'être avec nous directrice adjointe de la rédaction de Public Sénat. Alors on va commencer par l'information de ces dernières minutes. Sébastien Lecornu va s'exprimer juste avant de recevoir les oppositions. Ce sera la première fois qu'il prend la parole depuis sa prise de fonction. Il a donné juste là que des interviews à la presse écrite. Comment on explique cette stratégie Tam ?
Sincèrement on est très surpris par le timing de cette prise de parole qui nous a été annoncée peu après 8h ce matin. Donc on ne s'attendait absolument pas à ce que le Premier ministre s'exprime au milieu des consultations alors qu'on se dit que cette prise de parole risque de mécontenter un petit peu tout le monde. Que peut-il dire ? Que tout est déjà réglé, qu'il a avancé alors qu'il reçoit aujourd'hui le Rassemblement national, les écologistes, le Parti communiste et surtout les socialistes avec lesquels on s'attend à ce qu'il puisse y avoir des bougées puisqu'il espère quand même une non-censure du Parti socialiste.
Est-ce qu'il est contraint de s'exprimer alors que l'on a senti hier et bien que du côté de LR ça commence à se tendre. On a vu Bruno Retailleau qui est sorti d'un entretien avec Sébastien Lecornu hier en disant le compte n'y est pas. On sait qu'hier soir il y a eu une réunion avec les parlementaires de son camp. Bruno Retailleau, on ne sait pas très bien son positionnement actuellement.
Est-ce qu'il est en train d'un petit peu durcir le discours dans le cadre d'une négociation ce qui est quand même une figure assez imposée bien sûr ou est-ce qu'il est vraiment en train de dire et bien nous on la veut maintenant cette fameuse lettre d'engagement que l'on attend déjà depuis plusieurs jours avec des engagements sur le régalien sur l'immigration sur l'AME etc. Donc sincèrement pour citer les grands auteurs ce que l'on ne sait c'est qu'on ne sait rien pour l'instant. Et surtout que l'impatience elle se fait sentir y compris chez les plus fidèles soutiens du gouvernement. On va écouter Hervé Marseille le président de l'UDI qui était sur notre plateau il y a quelques minutes.
Nous il ne nous dit pas grand chose il reste assez discret sur ses intentions parce qu'il sait que tout ce qu'il pourra dire va être retenu contre lui. Donc même à son socle commun il ne dit rien. C'est à la fois quelque chose qu'on peut comprendre parce qu'il fait très attention il lâche des pierres vous avez vu un interview hier il a fait une communication sur des pistes sur le plan social donc il essaie d'avancer j'allais dire de façon extrêmement prudente et pragmatique puis de l'autre côté il faut dire qu'au sein du socle on voit que la tension commence un peu à monter parce que faute d'informations précises il y a une forme d'inquiétude qui commence à naître.
Voilà ça dit ça dit beaucoup de la stratégie de Sébastien Le Cordu parce que y compris même au sein de son socle on sent chez Hervé Marseille l'impatience et il le dit du coup ça crée des tensions y compris dans le camp présidentiel. Ça dit beaucoup de ses difficultés et surtout c'est ça que je crois qu'il faut souligner.
C'est vrai que je rejoins ce que dit Tam c'est-à-dire que c'est assez étonnant cette déclaration avant de recevoir les groupes parlementaires d'opposition on aurait pu penser qu'en effet en termes de communication de logique de communication ils interviennent après là c'est une déclaration officielle donc et assez solennelle en l'occurrence donc c'est vrai que ça ouvre la voie à un champ d'interrogation assez immense d'une certaine façon parce que c'est quelque chose qu'on n'attendait pas et qui surgit en plein milieu des consultations.
Après c'est peut-être un moyen aussi de vouloir mettre la pression et finalement d'en appeler à l'opinion d'une certaine façon pour dire il faut que les forces politiques aujourd'hui prennent leurs responsabilités par rapport à une situation qui est en effet extrêmement difficile sur le plan budgétaire et évidemment rendue d'autant plus difficile que la situation parlementaire est une situation qui apparaît à première vue assez insoluble.
Maintenant on travaille un peu son filet c'est ce qu'on disait avant de rentrer en plateau d'une certaine façon parce que c'est en effet comme c'est totalement imprévu soit il a quelque chose soit il a quelque chose d'important à dire et on peut comprendre si vous voulez cette logique d'expression publique soit c'est pour nous dire qu'il travaille qu'il va consulter les groupes parlementaires très franchement c'est assez surprenant en termes de communication d'autant plus que c'est quelqu'un qui s'est très peu exprimé depuis le début vous l'avez rappelé il n'a donné des interviews d'ailleurs et ça c'était une stratégie plutôt assez maligne qu'à la presse régionale en l'occurrence montrant qu'il est un élu de terrain et peut-être le parisien oui en effet mais là c'est vrai que la question est grande voilà d'autant d'autant que là ce matin il reçoit les oppositions le RN et les gauches mais la tension elle est en train de monter au sein même du socle commun avec cette interview de Bruno Retailleau ce matin dans le Figaro oui Bruno Retailleau le côté le compte n'y est pas alors on ne sait pas à qui il s'adresse est-ce que réellement il est en train de dire à Sébastien Lecornu qu'il y a un problème ou est-ce qu'il est en train d'essayer de contenter aussi une partie des députés LR qui ne lui sont pas acquis l'aile Wauquiez où bien sûr ils disent nous on a quand même besoin d'engagement ferme Bruno Retailleau il est quand même toujours dans cette double position où il est ministre de l'intérieur des missionnaires et certains estiment qu'à force d'attendre il cherche surtout à se maintenir au gouvernement au sein même de son propre camp donc est-ce qu'il est en train d'essayer de demander des gages en fait c'est un petit peu ça l'interrogation c'est vrai en début de semaine on a appris qu'il y avait quand même des points très clairs sur lesquels LR demandait d'avoir un accord il demande un véritable contrat de gouvernement ils ont eu l'impression avec François Bayrou qu'ils sont d'abord rentrés au gouvernement et qu'après du coup ils se sont un petit peu fait flouer sur la ligne cette fois-ci ils demandent des clarifications sur la ligne avant de pouvoir réellement dire qu'ils y vont après on sait aussi qu'il y a quelque chose qui est arithmétique qui est mathématique si LR sort du socle commun la gauche devient majoritaire on pense que personne chez LR ne souhaite cela et on va regarder juste cette image de la cour de Matignon avec les micros qui sont donc prêts pour la déclaration de Sébastien Lecornu qu'on attend dans environ 5 minutes le premier rendez-vous c'est à 9h avec le Rassemblement National avant de recevoir les gauches est-ce que aussi c'est une manière pour Sébastien Lecornu de répondre à ceux qui disent qu'il faut maintenant une feuille de route qu'il faut un cap clair Oui d'accord mais encore une fois je reviens c'est le moment où il intervient qui pose problème il pouvait très franchement je veux dire on n'en est plus à 24h près en l'occurrence ça fait 3 semaines ça fait 3 semaines je rappelle qu'on est en train de battre le record on l'a battu d'ailleurs entre la désignation d'un premier ministre et la formation d'un gouvernement sous la 5ème République ça n'était jamais arrivé mais enfin depuis quelques mois je veux dire nous vivons que des séquences tout à fait inédites ce qui nous permet quand même de nous enrichir en termes d'expérience de commentaires politiques ce qui est toujours intéressant ça fait un plan de formation d'une certaine façon mais clairement on reste quand même extrêmement dubitatif devant cette communication après moi je pense qu'il y a peut-être la volonté chez lui aussi ne sait-on jamais de dramatiser la situation parce que quand même quelque part c'est une situation très compliquée pour encore une fois mettre face à leur responsabilité l'ensemble des groupes parlementaires et également le groupe parlementaire LR qui manifestement par la voix du président de LR qui est par ailleurs ministre de l'Intérieur semble en ce moment faire monter les enchères ça veut dire quand même il faut quand même j'allais dire situer cette déclaration dans cette séquence où LR semble aujourd'hui dire c'est pas sûr que nous rentrions dans le gouvernement où Bruno Rotaillot donne cette interview au Figaro donc il y a aussi là je pense des éléments qui peuvent expliquer à un moment donné cette prise de parole et il y a aussi une impatience du côté des socialistes même si Sébastien Lecornu a donné quelques mesures hier on va écouter ce qu'en dit ce matin Patrick Cannaire le président du groupe socialiste ici au Sénat invite TTF
il y a des gestes qui existent déjà et notamment
le comble c'est cette histoire
de couple de smicards qui ne payent pas d'un coup je rappelle l'annonce de Matignon c'est à dire dans un premier temps on va diminuer les impôts pour les couples au smic ça a été corrigé un petit peu plus tard pour dire les couples légèrement au dessus du smic Monsieur Gindre légèrement au dessus du smic est-ce que vous pourriez que c'est sérieux il faut être précis quand on négocie mais vous prenez ou pas est-ce que ce serait un bon geste est-ce que ce serait une bonne nouvelle ce que nous voulons c'est que le plan que nous avons présenté à nos journées universitaires de Blois
il y a quelques semaines maintenant soit considéré dans sa globalité ce que nous voulons
c'est plus de pouvoir d'achat et pas des mesurettes ce que nous voulons c'est une remise en cause une suspension de la réforme des retraites et de la justice fiscal arrêtons-nous là-dessus
bon il n'est pas content Patrick Canard ça part mal les dernières négociations avec les socialistes ça se comprend ce qui a été lâché hier la défiscalisation l'allègement des charges sociales sur les heures supplémentaires le rétablissement de la prime de valeur de partage de la valeur le retour de la prime Macron ou encore ce petit couac quand même autour de la baisse de l'impôt sur le revenu sur les couples donc initialement on nous a dit au SMIC or il est rarissime qu'il paye l'impôt sur le revenu c'est vrai que tout ça ça fait un petit peu pas très préparé on a l'impression que et puis c'est un petit peu copié-collé sur des mesures déjà existantes on est très loin de ce que le parti socialiste a réclamé bien sûr on vient de passer quand même 15 jours à faute de mieux à débattre de la taxe Zuckman c'est sûr que par rapport à ce que réclame le parti socialiste le compte n'y est pas puis il y a une autre chose quand même c'est qu'ils ont toujours en tête cette interview qui a été donnée la semaine dernière aux parisiens ils avaient eu l'impression qu'ils étaient en train de gagner la bataille idéologique sur la taxation des plus riches et puis on a vu cette interview qui pour le coup a complètement douché leurs espoirs donc voilà Sébastien Lecornu c'est vrai ne dit pas grand chose et quand il parle c'est très insuffisant pour satisfaire les socialistes les socialistes qui estiment encore qu'ils sont la clé oui exactement il parle peu Sébastien Lecornu mais quand il parle évidemment il y a un poids des mots est-ce qu'avec cette allocution qu'on attend maintenant dans quelques secondes quelque part Arnaud il joue aussi un peu sa survie à Matignon de toute façon il a dit qu'il était le premier ministre le plus fragile de toute la cinquième république c'est une réalité mais pour rebondir sur la question du positionnement des socialistes il est évident qu'ils ont fait monter les enchères très haut avec des propos enfin des propositions qui apparaissent en tout cas sur le fond assez inadmissibles pour le bloc central et notamment pour les LR donc et puis il y a un autre facteur chez les socialistes c'est que je pense que les élections municipales pèsent fortement dans j'allais dire le positionnement qui va être le leur parce qu'ils savent très bien qu'ils sont dépendants d'une partie de l'électorat LFI pour garder les mairies ou pour en conquérir donc cet aspect ce paramètre est très important maintenant monsieur Lecornu va de toute façon il est dans une situation on l'a dit mille fois sur les plateaux je veux dire qui est à peu près équivalente c'est la même totalement équivalente à celle de ses prédécesseurs il y a une arithmétique parlementaire qui fait que la situation est extrêmement difficile pour lui donc que vous dire de plus qu'il est face à une sorte de difficulté qui apparaît d'une certaine manière insurmontable mais encore une fois s'il s'exprime là maintenant son intérêt est de dire des choses fortes voilà Fabien Roussel qui redit parce que les portes elles ne sont pas complètement fermées à gauche non plus Fabien Roussel qui redit ce matin sur l'anthème de BFM appeler à des mesures fortes de la part du Premier ministre il ne dit pas il n'y a plus rien à négocier ils ne veulent pas porter la responsabilité de l'instabilité parce que même si l'Assemblée nationale est issue du vote des Français que sa fracturation explique aujourd'hui le niveau d'instabilité politique dans lequel nous baignons et qui fait qu'aucun gouvernement ne parvient à trouver de majorité que lorsqu'il essaie de contenter la droite il perd la gauche et vice versa et que finalement les seules démarches qu'il peut tenter de mener c'est finalement se fâcher avec tout le monde malgré cela même si les Français bien sûr ils ont voté comme ça ils demandent de l'instabilité ils demandent que les politiques se mettent d'accord ils ont l'impression que sans gouvernement la planète continue à tourner c'est quand même ça qui est en train de se passer et donc je pense que personne n'a envie dans la séquence de se voir réellement imputer la responsabilité d'une nouvelle dissolution à la Ravard le Rassemblement National qui la réclame à Cors et à Cris et encore on a eu l'impression que ces dernières heures je vous coupe mais Sébastien Lecornu est en train d'arriver on écoute le Premier ministre
merci à tous je voulais m'adresser je voulais m'adresser à vous et par l'intermédiaire
évidemment de la presse aux françaises et aux français qui nous écoutent sachant que depuis trois semaines j'ai volontairement peu parlé pour laisser sa chance au dialogue au compromis et aux discussions de fond sur ce même perron il y a trois semaines j'ai indiqué qu'il y avait un décalage important entre la situation internationale et la situation nationale un décalage important parfois entre la vie politique française et la vie de nos compatriotes et donc pendant trois semaines en recevant syndicats salariés syndicats patronaux formation politique du socle commun ceux qui soutiennent l'action du gouvernement
que je vais former des oppositions mais aussi des différentes filières professionnelles acteurs engagés du pays force vive élus locaux j'ai commencé à tracer
des chemins qui vont nous permettre de trouver des compromis à l'Assemblée nationale et notamment j'y reviendrai lors de ma déclaration de politique générale ce qui me frappe beaucoup et c'est au fond un peu mon problème c'est que dans le secret du bureau dans le secret des discussions que nous pouvons avoir avec les différentes formations avec les différents syndicats avec les différents acteurs au fond qui peuvent faire avancer notre pays dans le secret du bureau les compromis sont possibles les discussions sont sérieuses toujours techniques toujours sincères et au fond ça nous amène un premier schéma une première possibilité dans les temps à venir c'est de se dire qu'une coalition plus large aurait été possible avec un accord de non censure c'est-à-dire une capacité pour les formations républicaines à l'Assemblée nationale et au Sénat de se faire confiance avec au fond pas pour faire une coalition à l'allemande mais au moins un texte qui permet de donner de la clarification de donner de la stabilité au pays et surtout je l'avais dit pas d'immobilisme mais donc de faire avancer et donner des réponses pour les préoccupations de nos concitoyens et nos concitoyens des premières consultations que j'ai eu il y a trois semaines il s'avère que pour plein de raisons qui sont d'ailleurs très compréhensibles et que je peux partager cette possibilité n'a pas pu prospérer et donc au fond le sujet maintenant c'est comment chacun fait un pas un geste mais plus qu'un geste sans se renier dans ses propres convictions pour faire avancer le pays et donc au fond sur les thèmes que nous connaissons cela ne peut pas être aussi binaire que pour la réforme des retraites dite la réforme borne ou contre la réforme des retraites mais comment on l'améliore et c'est ce que je proposerai d'ailleurs aujourd'hui c'est une amélioration de notre régime de retraite notamment sur
les questions de pénibilité pour les femmes c'est pas uniquement l'attaque Zuckman ou rien
c'est évidemment la capacité à se dire pourquoi comment fonctionne la fiscalité pour les 0,1% de nos compatriotes les plus riches et donc ça pose la question au fond de ce qu'on dit
la justice fiscale c'est à dire comment l'effort évidemment est réparti c'est pas la question est-ce qu'on est pour ou contre le pouvoir d'achat
on peut pas être contre donner plus de pouvoir d'achat évidemment à celles et ceux qui travaillent c'est au fond quel est le meilleur vecteur pour le faire c'est pas est-ce qu'on est pour ou contre une mesure sur l'immigration c'est au fond pour ce grand défi que nous allons connaître
encore dans les décennies qui vont venir lié au réchauffement climatique lié au terrorisme au Sahel au Proche quelles sont les réponses les plus efficaces qu'il faut trouver et au fond ce caractère binaire est au fond ce qui peut nous empêcher d'avancer
et c'est pour cela qu'après en avoir discuté avec un certain nombre d'acteurs de la vie politique et parlementaire je pense qu'il nous faut comme je l'ai dit aussi sur ce perron engager quelques ruptures la cinquième république elle est présidentielle semi-présidentielle si on est précis mais elle peut être aussi parlementaire et je pense que nous sommes dans le moment le plus parlementaire de la cinquième république mais pour cela il faut que chaque député puisse avoir du pouvoir puisse avoir de la responsabilité puisse prendre ses responsabilités et au fond c'est ça qui nous empêche d'avancer c'est la capacité est-ce que le débat le débat démarre et donc j'ai décidé de renoncer à l'article 49 à l'ENA 3 de la constitution puisque cet article au fond permet au gouvernement d'interrompre les débats d'engager la responsabilité du gouvernement et au gouvernement d'écrire la copie et on le sait très bien je défends la cinquième république et sa constitution c'est un outil utile mais c'est un outil qui a plutôt été imaginé par Michel Debray pour contraindre sa propre majorité or dans un parlement qui fonctionne dans un parlement en plus qui a été renouvelé il y a plus d'un an qui ressemble au français avec ses divisions on ne peut pas passer en force et on ne peut pas contraindre son opposition renoncer à l'article 49 à l'ENA 3 ne doit pas nous faire renoncer à ce que la France ait un budget au 31 décembre
et donc c'est sur la base de cette nouvelle méthode de cette rupture où le gouvernement déporte encore davantage
le pouvoir à l'Assemblée nationale et au Sénat que je vais pouvoir engager un certain nombre de discussions nouvelles ce matin cet après-midi dans les jours qui viendront aussi avec les partenaires sociaux en disant fort ce constat fort de cette rupture comment l'Assemblée nationale comment le Sénat vont s'emparer justement de ces différents enjeux alors évidemment le gouvernement va devoir aussi lui changer de méthode bâtir des compromis avant la séance pendant la séance parfois aussi après les séances dans ce qu'on appelle les commissions mixtes paritaires c'est à dire ce moment où l'Assemblée nationale et le Sénat se retrouvent et donc c'est aussi sur cette base que je proposerai dans les prochains jours au Président de la République une liste de membres du gouvernement qui devront accepter de rentrer aussi dans une nouvelle méthode de partage du pouvoir avec l'Assemblée nationale il y aura d'autres ruptures à venir j'en ai déjà esquissé quelques-unes en matière de partage du pouvoir dans le pays avec la décentralisation en matière de partage du pouvoir avec les partenaires sociaux parce que je crois au dialogue social en tout cas ce que je vais vous dire ce matin c'est que on va y arriver que pour y arriver il faut qu'évidemment chacun ait envie d'y arriver et dès lors que le gouvernement ne peut plus être en situation d'interrompre les débats il n'y a donc plus aucun prétexte pour que ces débats ne démarrent pas la semaine prochaine j'aurai l'occasion de revenir devant les Françaises et les Français plus longuement prochainement pour faire un point évidemment sur ce qui les concerne pour leur vie quotidienne sécurité pouvoir d'achat sécurité collective avec l'actualité internationale parce qu'une fois de plus en trois semaines cette rupture ce décalage pardonnez-moi entre la vie internationale et la vie nationale continue d'être préoccupant on l'a tous vu dans les dernières informations merci à toutes et à tous merci beaucoup et voilà pour cette allocution de Sébastien Lecornu allocution non prévue avec une annonce forte Tam Sébastien Lecornu renonce au 49.3 oui c'était une demande du parti socialiste de renoncer au 49.3 et c'est vrai que là il s'assure que le parti socialiste va être en grande difficulté pour voter la censure la semaine prochaine à l'issue de la déclaration de politique générale maintenant qu'il a cédé quand même sur un point qui est important alors c'est vrai qu'on se disait aussi peut-être que ça ne lui coûte pas extrêmement cher puisque de toute façon s'il avait utilisé le 49.3 et bien derrière il aurait pu être censuré il y a un autre sujet c'est qu'on sort d'une séquence à l'Assemblée nationale où il y a eu les élections au poste clé et ce que l'on sait c'est que désormais il n'y a plus la CMP tournante la commission mixte paritaire tournante où on courrait le risque que la gauche soit majoritaire au sein de la commission mixte paritaire cette fois-ci si le budget va jusque là et bien on sait que le socle commun est majoritaire donc est-ce qu'il n'y a pas eu aussi une articulation entre ce qu'il vient de dire et l'actualité des deux derniers jours on peut l'imaginer ça ne coûte pas cher et ça peut apporter gros voilà un peu comme le loto Arnaud Vendetti en renonçant au 49.3 c'est-à-dire que là il rend difficile la censure immédiate du parti socialiste en fait il dit c'est au parlement de débattre du budget et il n'y aura pas d'arme du 49.3 il a très bien expliqué il dit finalement c'est le moment parlementaire de la Vème République il gagne du temps indéniablement c'était pour lui manifestement une préoccupation essentielle ce qui lui permet évidemment de dérouler les débats parlementaires et comme vous le dites d'éviter une motion de censure immédiate à l'Assemblée nationale alors ça il va être quand même très intéressant de voir quelle va être la réaction du groupe socialiste mais là en effet il semble lâcher du lest au moins je veux dire sur le plan de la procédure parlementaire en direction du groupe socialiste est-ce que ce sera suffisant on va le voir de toute façon dans les heures et même dans les minutes qui viennent parce que je pense que les dirigeants socialistes ne vont pas manquer de réagir c'est plutôt une déclaration assez habile sur le fond de sa part parce que d'une certaine manière qu'est-ce qu'il dit il prend les français à témoin il dit regardez moi je suis dans une logique de compromis maintenant à ceux qui composent le parlement et notamment les oppositions de prendre leur responsabilité sera-t-il entendu ça c'est une autre question parce qu'il y avait un autre aspect dans sa déclaration Tam c'était un peu tout le début de sa déclaration en gros il dit le compromis quand je discute dans le bureau il me semble possible il appelle un peu les oppositions à sortir des postures politiques c'est sûr il prend les français à témoin ce que je disais tout à l'heure les français ils appellent à la construction de compromis à ce que chacun sorte de ses postures et à ce que le pays puisse avancer il l'a dit au début c'est ce que demandent les français et c'est ce qu'appelle aussi la situation internationale la gravité de la situation géopolitique c'est que si on veut que le pays avance il faut réussir à se mettre d'accord et ce qu'il explique bien c'est qu'il y a une forme de double discours finalement des partis politiques qui arrivent dans le secret du bureau a trouvé des points de compromis et il a donné quand même des exemples lorsqu'il dit on voit bien qu'en fait tout le monde par exemple ne demande pas la suspension de la réforme des retraites mais demande des avancées par exemple le conclave avait failli aboutir avec la question de la retraite des femmes on peut trouver des choses sur la pénibilité donc c'est un exemple pour montrer que si on sort des postures on peut trouver des avancées et c'est ce qu'il dit c'est que cela peut exister lorsque lui-même échange avec les uns et les autres c'est ça et puis il appelle à ne pas être binaire non plus il dit sur l'attaque Zuckman c'est pas oui non on peut trouver une autre solution sur l'immigration c'est pas oui non il faut trouver le meilleur vecteur possible il appelle un peu à sortir du oui non oui enfin ça s'appelle le en même temps ça a été théorisé là il retrouve c'est racine macronique sauf que je veux dire là le problème c'est qu'il ne peut pas faire autrement si vous voulez là il ne peut pas faire autrement parce que structurellement c'est comme ça aujourd'hui la composition du parlement fait qu'il est obligé d'en appeler à un compromis après si vous voulez la polarisation elle existe c'est une réalité il demande de sortir des postures mais la polarisation idéologique aujourd'hui elle est très forte donc est-ce que ça va être suffisant notamment pour les socialistes c'est vrai qu'il donne le sentiment d'essayer de les corneriser encore une fois après des socialistes sont très dépendants quand même il faut le dire encore une fois des autres partenaires de la gauche on va voir aussi de ce côté là quelles seront les réactions on suivra ces consultations merci à tous les deux merci Tam merci Arnaud d'avoir été avec nous pour suivre cette déclaration surprise de Sébastien Lecornu qui a donc annoncé renoncé au 49-3 pour le budget et qui poursuit du coup ce matin les discussions avec les oppositions merci à tous de nous avoir suivis très bonne journée sur notre antenne
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Bruno Retailleau