ENTRETIEN DANS "Ç À VOUS" (01.04.26)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Duis 2007, la France n'est ni gouvernée ni réformée, piégée entre l'hyperprésidentialisation de la fonction et la banalisation de la parole des chefs d'état successifs. »
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« Nous sommes passés de président arbitre garantèges à des présidents qui veulent tout faire par eux-mêmes assumant même une verticalité très grande. »
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« On voit la politique d'immigration par exemple, regarder l'énergie, la difficulté que nous avons à penser rapidement face à des crises. »
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« une infirmière libérale par exemple à Margevol qui depuis le mois de février perd 40 centimes par litre d'essence, c'est-à-dire 12 € par plein, ça veut dire près de 300 € à la fin du mois. »
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« il y a un choc pétrolier le gouvernement ne l'assume pas mais il y a aussi enfin le le ministre l'avait assumé le premier ministre est revenu dessus mais il y a aussi un choc énergétique »
- 5:49Chiffre
« La règle d'or nous éviterait d'avoir à faire de nouveaux déficits. »
- 6:33Promesse
« Dotons-nous d'un grand fond de souveraineté et de solidarité qui réunirait un certain nombre des outils dont nous disposons, la Caisse des dépôts, l'Agence des participations de l'État, la BPI »
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« Si le Rassemblement national dirige la France, monsieur Bardella ou madame Le Pen, c'est la garantie que toute l'Europe passe du côté des populismes et que nous serons une colonie numérique »
- 9:26Fait
« La réforme des retraites si vous la reprenez si vous croyez qu'on va faire passer au lendemain de l'élection présidentielle une nouvelle réforme des retraites par une simple majorité mais vous vous trompez. »
- 10:50Fait
« On le voit faillite financière mais on le voit aussi dans l'incapacité que nous avons à jouer dans la cour des grands en matière numérique. »
- 11:33Promesse
« ce qui est important, c'est que c'est adossé à un fond de souveraineté et de solidarité et qu'on prévoit aussi donc un mécanisme de capitalisation publique »
Temps de parole
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Vendredi dernier, devant plusieurs centaines de personnes, vous avez prononcé un discours à la Sorbonne. Son titre Le moment français. Et votre constat sur l'état du pays se dresse ainsi : "Duis 2007, la France n'est ni gouvernée ni réformée, piégée entre l'hyperprésidentialisation de la fonction et la banalisation de la parole des chefs d'état successifs. En fait, depuis que Jacques Chirac a quitté l'Élysée et vous Matignon, rien ne va plus. Il y a eu trois présidents. Trois présidents et un changement profond dans Nicolas Sarkozi Franç dans le statut de la fonction présidentielle. Nous sommes passés de président arbitre garantèges à des présidents qui veulent tout faire par eux-mêmes assumant même une
verticalité très grande. Ça a été le cas de Nicolas Sarkozy et d'Emmanuel Macron. C'était pas l'ambition de François Hollande mais marginalisant le premier ministre et donc un changement institutionnel extrêmement profond. Mais surtout nous avons perdu de vue un certain nombre des grands principes fondamentaux qui étaient l'héritage de la Sa République et qui avait survécu à l'ensemble des présidents, à François Mitteran et et au successeurs jusqu'à Nicolas Sarkozy. Et je pense que l'objectif d'unité des Français, l'objectif de rassemblement des Français, l'objectif visant à maintenir une ligne très claire de refus de toute compromission vis-à-vis de l'extrême droite, la ligne qui consistait à affirmer la volonté de
souveraineté de la France. Toutes ces batailles se sont quelque peu euh euh effritées avec le temps et c'est pour cela que je pense que nous sommes à la veille d'une refondation et de la fonction présidentielle et de la stratégie française. Aujourd'hui, nous sommes devant des blocs politiques, mais nous sommes surtout devant une fragmentation du paysage politique et chacun cherche à se distinguer, à se différencier dans la perspective de la présidentielle, en particulier avec l'idée d'avoir chacun son champion. Moi, je pense que l'heure est au contraire au rassemblement des Français et c'est pour cela que je me situe délibérément et volontairement à contre-courant des autres responsables politiques parce que je crois que le vrai défi français
aujourd'hui, c'est la capacité de rassembler nos compatriotes pour réussir quelque chose de très difficile qui est le retour de la souveraineté pour les Français, le retour de l'unité parce que c'est la c'est le le le l'élément indispensable pour réussir et ça suppose cause d'être capable de redresser l'État, de remettre en marche des politiques publiques. On voit la politique d'immigration par exemple, regarder l'énergie, la difficulté que nous avons à penser rapidement face à des crises. Aujourd'hui, ponctuellement sur l'énergie, on apporte une aide à à quelques producteurs. Mais comment aider ceux qui sont les plus défavorisés dans nos territoires ? Quand on prend le cas d'une infirmière libérale par exemple à Margevol qui depuis le mois de février
perd 40 centimes par litre d'essence, c'est-à-dire 12 € par plein, ça veut dire près de 300 € à la fin du mois. Je pense que nous devrions mettre en place un système qui carte carburant délivré par les maires délivré par les intercommunalités pour ceux pour ceux qui ne seraient pas capables de faire face à ces augmentations. C'est particulièrement vrai dans les territoires pour ceux qui sont complètement dépendants de la voiture. Solution plus technique que politique parce que ça revient finalement à sortir le carnet chèque de toute façon. Il y a la possibilité également de pratiquer un écrtage en ce qui concerne l'évolution des taxes et un lissage en sens inverse de façon à garder à périmètre constant
et éviter de dépenser un un argent que nous n'avons pas. Et puis je pense qu'il y a un état d'urgence énergétique parce que dans 6 mois nous allons à faire contrairement à ce que dit le gouvernement à de vraies difficultés parce que il y a un choc pétrolier le gouvernement ne l'assume pas mais il y a aussi enfin le le ministre l'avait assumé le premier ministre est revenu dessus mais il y a aussi un choc énergétique et de façon induite un choc économique structurel qui va être extrêmement profond. Ce choc économique structurel, il faut le préparer et donc il faut un plan de transformation accéléré pour les logements, il faut un plan de de transformation pour les véhicules électriques. Tout ceci se
prépare et nous avons perdu le sens du temps, le sens de l'avenir, le sens de la planification. Nous sommes en train de gouverner la France au jour le jour et quelque part au fil des crises également auquel il faut s'adapter. ce qu'on fait les présidences arcandis Hollande et Macron la fermeture du D3 d'armous même Donald Trump l'avait pas vu hein ça surtout Donald Trump surtout Donald Trump et s'il y en avait un qui pouvait le prévoir c'est bien lui puisque c'est une guerre de choix et c'est aussi une guerre on le voit bien d'humeur puisque selon son humeur de ce constat sur l'État de la France le besoin selon vous de diriger autrement le pays c'est quoi c'est un pas supplémentaire vers une candidature de votre part pour 2027 non ne ne résumons pas ça à un homm Moi,
mon premier souci, c'est de montrer mon premier souci, c'est de montrer qu'il y a une alternative à la politique que nous mettons en place, qui a des grandes politiques publiques. J'ai parlé d'immigration, j'ai parlé d'énergie dans tous les domaines. Il faut que nous soyons capables de prévoir les évolutions. Je prends un exemple. Dans le domaine des déficites publics, nous gérons année après année un budget toujours aussi difficile à faire, une programmation pluriannuelle, une règle d'or, la possibilité par une loi organique de prévoir non plus seulement l'annualité budgétaire mais une pluriannualité, c'est-à-dire la capacité à penser dans la durée avec une trajectoire que nous assumerions. La
règle d'or nous éviterait d'avoir à faire de nouveaux déficits. ett bien nous serions dans une situation de contrainte et c'est pour cela que je propose en matière de souveraineté parce que ce que je propose comme alternative s'accompagne de nouveaux instruments. Dotons-nous d'un grand fond de souveraineté et de solidarité qui réunirait un certain nombre des outils dont nous disposons, la Caisse des dépôts, l'Agence des participations de l'État, la BPI et faisons en sorte que cela soit transformé en un grand fond de pension publique qui draînerait une partie de l'épargne publique des Français avec un rendement garanti. Tout ceci nous [raclement de gorge] amènerait à
retrouver de la puissance, de la visibilité, de l'énergie là où aujourd'hui nous avons le sentiment au jour le jour d'abandon, d'abandon par les dirigeants français et de dépossession, de dépossessions individuelles et de dépossessions collectives. Ces idées, vous les soumettez comme ça, vous les lancez dans le débat public et qui voudra bien s'en saisir ? Qu'est-ce que vous dites ? Mais d'abord, je m'en saisis une fois et j'entends travailler ces idées semaine après semaine et mois après mois. Je pourrais perdre mon temps à vouloir participer à une primaire ou à vouloir participer au jeux partisan, c'est-à-dire celui des petits celui mais c'est une non seulement c'est une perte de temps, mais c'est joué contre son camp. C'est la marmite au
cannibal. On prend tous ceux qui ont petite ou grande ambition et qui veulent être sur laaffiche. Et à partir de là, il s'agit de dégommer le voisin. Comment voulez-vous qu'un parti qui se lance dans cette aventure puisse sortir avec un candidat vivant ? Mais la multiplication des candidatures, c'est pas l'autoroute vers le vers le chaos, vers la défaite assurée. Mais nous sommes à plus d'un an élection. Les Français d'abord doivent apprécier ceux qui ont quelque chose à dire et ceux qui n'ont rien à dire. À partir de là, les choses vont se décanter. Les partis politiques vont prendre leur responsabilité. La question fondamentale, c'est celle de savoir parce que c'est ce qui se prépare si nous acceptons de guetter de cœur que le Rassemblement national dirige la France
en 2027. Si le Rassemblement national dirige la France, monsieur Bardella ou madame Le Pen, c'est la garantie que toute l'Europe passe du côté des populismes et que nous serons une colonie numérique mais pas seulement américaine et sans doute un peu russe. Ce schéma, je ne l'accepte pas. pour faire face vous vous prenez la une sorte de sélection naturelle en quelque sorte mais la politique c'est une sorte de sélection naturelle mais je propose parfois elle peut être organiser mais je propose aussi que nous regardions en face les 10 années que nous avons vécus le macronisme laisse un héritage le sarcosisme a laissé un héritage le hollandisme a laissé un héritage. Il y a pour moi une chose qui est claire, c'est
que l'héritage du macronisme ne doit pas conduire à laisser des héritiers. De ce point de vue- làà faisons en sorte qu'ils soient tous deshérités et je pense que la France s'enortera mieux. Donc donc pas de chance, le favori de la droite et du centre aujourd'hui a été le premier premier ministre d'Emmanuel Macron. Édouard Philippe. Pas de chance monsieur Cohen. En 2016 monsieur Jupé était à 34 ou 35. Voilà. Et monsieur Macron n'était même pas testé. Vous confirmez ce que je pense les Français qu'est-ce qu'ils veulent ? D'abord, ils veulent être surpris surpris en bien par des gens qui vont leur dire des choses qui leur parlent et qui rentrent dans la réalité de leur vie quotidienne. Deuxièmement, ils veulent du collectif. Ils veulent des gens qui sont capables de travailler ensemble.
Moi, vous savez, j'ai dirigé un gouvernement, il y avait monsieur Sarkozi, il y avait monsieur Borlot, il y avait madame la garde, il y avait monsieur Copé. Il y avait des gens très différents et je pense que nous ne pourrons pas gouverner la France en 2027 avec 50 plus une voix. Pourquoi ? La réforme des retraites si vous la reprenez si vous croyez qu'on va faire passer au lendemain de l'élection présidentielle une nouvelle réforme des retraites par une simple majorité mais vous vous trompez. Je crois qu'il faut aujourd'hui construire des consensus, accepter de rentrer dans des logiques référendaires, voir dans des conventions citoyennes. C'est tout un nouveau jeu démocratique. Dans le fond, la politique a rétréci au lavage pendant 10 ans, pour ne pas dire près de 20 ans. Elle a
rétréci au lavage. Nous avons même perdu le goût de la démocratie. Il y a qu'à regarder la les faibles participations aux élections municipales. Retrouvons le goût du débat. Retrouvons le goût de la France. Et moi, c'est ça auquel j'invite les Françaises et les Français. Aimons ce [raclement de gorge] pays. Aimons ce pays parce qu'il s'agit aujourd'hui rien de moins que de le sauver. Notre pays est en voie d'être sinistré. On le voit faillite financière mais on le voit aussi dans l'incapacité que nous avons à jouer dans la cour des grands en matière numérique. Incapacité d'être véritablement au niveau des menaces qui pèsent sur notre sécurité. Il faut réinventer une fierté française en Europe mais dans le monde. Regardez ce que nos relations avec l'Afrique sont
devenues. C'est une vraie tragédie française. C'est un malheur français. Et croyez-moi, dans le mal-être des Français aujourd'hui, ce malheur, il pèse lourd. Les Français, ils sentent ce déclassement, ils sentent cet appauvrissement de la France. Et bien moi, j'ai la faiblesse de penser que ce que nous avons devant nous aujourd'hui, ce n'est pas la France et qu'il faut qu'ensemble et bien nous acceptions de le réinventer. Vous avez évoqué d'un mot la réforme des retraites. On vous a entendu euh prenez la suppression de l'âge légal au profit d'une durée de cotisation. Vous avez bossé là-dessus, il y a un barême déjà que vous avez en tête. Alors, je on y travaille. Je ne rentrerai pas dans les détails aujourd'hui, mais ce qui est important, c'est que c'est adossé à un fond de
souveraineté et de solidarité et qu'on prévoit aussi donc un mécanisme de capitalisation publique de façon à pouvoir à travers ce fond de souveraineté qui aura vocation à être adossé à la richesse française plus une partie de l'épargne des Français. Et nous aurons donc une capacité que nous n'avons pas aujourd'hui. Nous manquons d'outils. Nous savons tous que la capacité que nous avons à investir dans l'avenir, quand on regarde la transition écologique, c'est l'un des grands défis. Aujourd'hui, nous sommes en train de tourner le dos à l'avenir en compromettant notre avenir écologique. On le voit en matière énergétique. Au contraire, c'est le moment de redoubler d'efforts en matière écologique. Et bien, ce fond pourra faire ses ses investissements comme nous devrons les
faire en matière numérique, quantique le moment venu. La France a vocation, comme nous l'avons fait dans les années 60, nous redotz des moyens d'affirmer notre puissance en matière technologique, financière. Et bien sûr politique. Merci beaucoup. Vous restez avec nous.
Dominique de Villepin