Yannick Jadot : "La COP26 est incontestablement un échec"
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Il est 8h21, France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien un eurodéputé Europe Écologie Les Verts, candidat écologiste à l'élection présidentielle. Questions et réactions au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Et merci d'être à notre micro ce matin pour commenter le bilan de la COP26 et cet accord pacte de Glasgow pour le climat. Libération titre ce matin à la une, Flop 26. L'éditorial des Echos cherche à tirer les leçons d'un échec. Est-ce trop sévère Yannick Jadot ? Comment qualifiez-vous cet accord ?
C'est incontestablement un échec. C'est un échec quand on a un tel gouffre entre la situation climatique d'aujourd'hui c'est quand même la COP qui arrive après un été qui a marqué dans le monde entier l'impact du dérèglement climatique qui est en créant des catastrophes, des drames humains. Et c'est un gouffre entre le résultat de cette conférence et l'objectif qui avait été décidé à Paris d'avoir des trajectoires, des politiques climatiques qui nous empêchent de dépasser 1,5 degré de réchauffement. Là on est à 2,5, 2,6, 2,7 selon les évaluations.
Si tous les engagements qui ont été pris étaient tenus, il y a parfois dans ces engagements qui sont pris, quand on écoute l'Australie et d'autres, plutôt des promesses d'ivrogne que des engagements sérieux. Pourquoi ce ratage ? Il y a un ratage parce qu'on sait exactement d'où vient le dérèglement climatique. La science a tout dit. Le problème c'est qu'on a des dirigeants et des gouvernements qui aujourd'hui sont dans un conformisme des politiques, dans une complaisance vis-à-vis des lobbies, qui les empêchent d'avancer. Quand vous avez la Chine...
Et dans une considération économique aussi, Yannick Jadot. Il y a des emplois aussi.
Ce que je conteste totalement, quand vous avez la Chine qui aujourd'hui, presque officiellement, dans les discussions que j'ai pu avoir avec les Chinois, ils disent finalement que le 1,5 degré, on ne va pas le tenir, ce n'est pas très grave. Quand vous avez des dirigeants européens, l'Europe n'a pas pesé dans cette négociation. Et vous avez eu fait exceptionnel dans une COP, fait exceptionnel, vous avez eu cinq gouvernements, dont l'Allemagne, pour critiquer l'offensive de la France et de l'alliance entre le nucléaire et le gaz. Jamais on n'avait vu une Europe peser aussi peu et réglant ses comptes publiquement au sein de la COP26.
Donc tant que vous avez des gouvernements qui préfèrent les pesticides, l'élevage industriel, qui participent au réchauffement climatique, plutôt que l'agroécologie qui refroidit la planète. Tant que vous avez des gouvernements qui préfèrent l'alliance avec les lobbies du pétrole, du charbon, du gaz, du nucléaire, plutôt que d'investir sur les économies d'énergie et les énergies renouvelables, non seulement vous perdez les emplois, mais vous créez le drame climatique.
Mais quand on regarde le texte final qui a été signé hier, et que la France a signé, les 200 pays s'engagent pour intensifier les efforts vers la sortie du charbon. Alors vous pouvez dire, c'est pas assez, on devrait interdire le charbon. Et au dernier moment, les Indiens ont pesé notamment pour que ce soit un progressif intensifier les efforts vers la sortie du charbon et une sortie des subventions inefficaces aux énergies fossiles.
Vous-même, et je pense que les auditrices et les auditeurs ne comprennent pas ce que ça veut dire. On a l'agence internationale à l'énergie, on a les scientifiques qui disent il faut stopper dès demain, dès demain, toute exploration, toute exploitation d'énergie fossile. Et vous avez des phrases tellement alambiquées que ça peut prendre des décennies et des décennies pour en sortir.
Ce que nous proposons, et moi ce que je proposerais pour la France, c'est évidemment que non seulement on arrête toute exploration, exploitation en France, mais à l'étranger, et que les entreprises qui s'affranchiraient de, comme Total, qui s'affranchiraient de cette responsabilité, ne toucheront plus un euro d'argent public.
Que ce soit les exonérations de cotisations, que ce soit le crédit impôt recherche, que ce soit les marchés publics, il est inacceptable qu'une entreprise comme Total, par exemple, qui sur trois trimestres a déjà accumulé 10 milliards de bénéfices sur le dos de la facture énergétique des Français et sur le dos du climat, continuent à aller puiser du pétrole ou du gaz en Arctique ou en Afrique.
Yannick Jadot, au terme de cette COP, comment qualifiez-vous ce qu'auront été l'action et les engagements de la France ? Est-ce qu'on a eu un rôle moteur ? J'imagine que vous allez nous dire que ce n'est pas assez, pas suffisant. Mais par rapport aux autres pays, tout de même, la France fait-elle partie des bons élèves ?
Malheureusement non, je l'ai dit, moi j'ai dû faire une vingtaine de COP. C'est la première fois que je vois l'Union Européenne afficher de telles divisions au sein d'une conférence sur le climat qui devrait normalement avoir l'unanimité, la force, l'ambition, le leadership de l'Union Européenne. Pourquoi ? Parce qu'on a bien vu, malheureusement, le président Macron, pour défendre le nucléaire, mais pas pour agir sur le climat demain, pour défendre le nucléaire de dans vingt ans, s'est allié au niveau européen avec la Pologne du charbon, avec tous les lobbies du gaz. C'est presque le nucléaire, quoi qu'il en coûte.
Quoi qu'il en coûte, pardon, pour le climat, mais quoi qu'il en coûte pour la facture énergétique des Français. Mais le nucléaire que propose Emmanuel Macron est au moins deux fois plus cher que les énergies renouvelables. C'est les Français qui vont payer.
Jean-Marc Jancovici, qui a expliqué à ce micro, il y a trois semaines on le recevait, que les écologistes, donc vous, vous avez tort de dire qu'on peut sortir du nucléaire sans douleur, ça va coûter cher, très cher, à la facture d'électricité des Français.
C'est faux, je conteste. Regardez, quel est le projet du président Macron ? C'est de multiplier par 6 les EPR. 6 EPR, ok ? On a un EPR aujourd'hui, il n'est même pas fini, plus de 10 ans de retard, 17 milliards de surcoûts. Il devait coûter 3 milliards, selon la Cour des comptes, on en est déjà à 20 milliards, et il n'est toujours pas en fonctionnement. Donc, vous avez une électricité qui est beaucoup plus chère que celle issue des énergies renouvelables.
Pas sur les vieilles centrales, pardon, pas sur les centrales classiques.
Regardez, regardez, je vous...
Yannick Jadot, est-ce que c'est faux de dire qu'aujourd'hui, le prix du nucléaire classique des vieilles centrales, pas des EPR,
est moins cher que les renouvelables ? Aujourd'hui, vous regardez toutes les statistiques internationales. Les renouvelables, parce que par exemple, le photovoltaïque, le coût a été divisé par 10 sur les 10 dernières années, l'éolien par 4.
sont moins chères, même sur le nucléaire amorti,
même sur le nucléaire amorti, aujourd'hui, on est en train de passer en dessous. Donc, ce que nous proposons, aujourd'hui, le choix énergétique... Ça, il faut vérifier. Ah mais oui, mettez tous vos vérificateurs de faits dessus, je n'ai aucun problème là-dessus.
Pour vous, les renouvelables sont moins chères aujourd'hui que le nucléaire amorti, bien sûr. Produit par les vieilles centrales, entre guillemets.
Les vieilles centrales, sur lesquelles il faut quand même investir 100 milliards pour les mettre à jour de sécurité. Et vous n'avez pas échappé que vous avez même des dirigeants de centrales nucléaires qui, aujourd'hui, alertent, y compris les tribunaux, sur des falsifications en matière d'alerte sur les incidents nucléaires. Mais ce qu'on a aujourd'hui, au fond, l'enjeu, ce n'est pas un choix technologique. Évidemment, il y a des technologies risquées, le nucléaire, des technologies moins risquées, les renouvelables. C'est véritablement un choix politique.
Toutes les institutions liées à l'énergie confirment qu'on peut faire du 100% renouvelable, comme, évidemment, on pourrait choisir de faire du 100% nucléaire. C'est un choix de société. Et bien, mon choix de société, c'est de protéger la facture énergétique des ménages, c'est de créer de l'emploi sur tous nos territoires. Et je préfère dépendre du soleil, du vent, de la chaleur du sol, de la biomasse, des énergies marines. Quand il n'y a pas de vent et quand il n'y a pas de vent, c'est ce qui s'est passé en septembre, en Allemagne, notamment. Mais oui, mais... Non, mais écoutez, franchement, il y a des modèles partout qui prouvent qu'on peut faire 100% renouvelable.
Aujourd'hui, en France, l'essentiel de l'énergie renouvelable...
Une des raisons de la hausse des prix en septembre, ça a été l'absence de vent en Allemagne, ça a été l'absence de vent...
En France, l'un des éléments les plus forts de la hausse des prix, ça a été parce qu'on avait beaucoup de réacteurs en réparation l'année dernière. Donc j'invite l'enjeu pour les Françaises et les Français, le meilleur bouclier énergétique sur la facture, c'est d'investir sur leur logement. Qu'ils soient plus confortables, ça crée des boulots d'artisans. Et le meilleur bouclier contre le dérèglement climatique, ce sont les énergies renouvelables qui créent de l'emploi sur le territoire.
Vous avez, Yannick Jadot, accusé Emmanuel Macron d'être l'homme du lobby nucléaire, ce matin encore. A ce micro, la semaine dernière, Bruno Le Maire a répondu en disant « Je suis vraiment désolé de voir un candidat écologiste incapable de reconnaître que nous ne réussirons pas la transition écologique sans le nucléaire, qui est une énergie décarbonée. » C'est toute la vieille politique. M. Jadot veut se présenter comme un homme politique moderne, représentant l'environnement moderne. La réalité, c'est qu'il n'y a pas plus d'athée que ce genre de langage. Lobby, le nucléaire, ce n'est pas un lobby, c'est un savoir-faire français. Ça vous fait rire, simplement ?
Oui, ça fait rire qu'un ministre de l'économie, alors certes, il passe beaucoup de temps à écrire des livres, donc peut-être qu'il ne voit pas exactement la réalité des influences au sein de son ministère, y compris parce que les influenceurs sont dans son cabinet. Vous savez, vous avez une école d'ingénieurs dans notre pays qui s'appelle l'école des mines. Et ces ingénieurs, qui sont des ingénieurs très intelligents, qui ont beaucoup de talent, ont été biberonnés au nucléaire.
Vous les retrouvez dans les cabinets ministériels, vous les retrouvez à la tête de tous les grands groupes énergéticiens, vous les retrouvez à la tête des directions générales de l'énergie, vous les retrouvez à la tête des autorités qui sont censées les contrôler. Ils sortent tous des mêmes promotions, ils se parrainent entre eux.
Il vaut mieux avoir des ingénieurs à la tête pour ces questions-là.
Oui, mais enfin, qu'ils viennent tous de la même école. Ils sont tous copains entre eux. Pardonnez-moi, à un moment donné, le nucléaire est aussi une rente technocratique. Vous ne voyez pas dans le monde un seul investisseur privé investir sur le nucléaire, parce qu'aujourd'hui, c'est un gouffre financier. 90% des nouvelles capacités de production électrique qui sont installées dans le monde, ce sont les énergies renouvelables. Moi, j'ai envie qu'y compris nos jeunes puissent, entre eux leur appétit du numérique, leur appétit, leur anxiété sur le dérèglement climatique, leur volonté de participer à des entreprises qui ont du sens, avec des métiers qui ont du sens, sur leur territoire.
C'est dans les énergies renouvelables qu'ils ont envie d'investir. C'est là-dedans qu'ils font de la recherche.
Vous, président, dans 20 ans, on est sorti totalement du nucléaire.
Moi, président, j'investis massivement sur l'isolation des logements, en rendant l'isolation des logements gratuite pour les ménages les plus vulnérables. Je déploie les énergies renouvelables et en responsabilité. Évidemment, je ne mettrai jamais en danger la fourniture d'électricité de notre économie ou des familles. Mais au fur et à mesure qu'on déploiera les énergies renouvelables et qu'on fera des économies d'énergie, on fermera les réacteurs nucléaires.
Est-ce qu'il y a une date ou pas ? Parce que vous dites 20-25 ans, est-ce qu'il y a une date ou pas ?
Je pense qu'entre 20 et 25 ans, on peut le faire. Il y a des scénarios.
On sort du nucléaire dans 20-25 ans, totalement.
Il y a des scénarios qu'ils font, mais je serais pragmatique. S'il faut prendre trois ans de plus, ce ne sera pas un problème. L'essentiel, c'est de participer à ce grand mouvement de réindustrialisation de nos territoires et de création d'emplois sur nos territoires.
Mardi dernier, lors de son allocution télévisée, Emmanuel Macron a défendu son bilan. Selon le président de la République, la France repart. La croissance est de retour après la crise du Covid. Le chômage baisse. Le pays est en voie de réindustrialisation. Toutes les oppositions politiques ont critiqué ce bilan fait par le président de la République. Reconnaissez-vous tout de même, Yannick Jadot, que sur le plan économique, les résultats ne sont pas si mauvais que ça ?
Qu'il y ait un sursaut économique, c'est une évidence. Après une telle chute de notre économie l'année dernière, ça paraît normal. La question, c'est quelle économie on veut ? Où est-ce qu'on investit ? Comment on crée de l'emploi ?
Ce président est aussi celui qui, au niveau européen, j'étais encore hier, samedi, au salon du Made in France, et vous savez que c'est le combat que je mène au Parlement européen depuis des années, pour qu'on ait ce qu'on appelle un « by European act », c'est-à-dire qu'en fait, à travers nos marchés publics, on puisse relocaliser, par exemple, nos industries, des vaccins, des médicaments, qu'on puisse réindustrialiser tout ce qui tourne autour de l'énergie, autour de l'alimentation. Et la France, aujourd'hui, bloque au niveau européen l'idée qu'on favorise les entreprises européennes, qu'on favorise les entreprises locales, qu'on favorise les entreprises françaises. Moi, je me bats...
C'est le plan de relance d'Emmanuel Macron, qu'il a annoncé il y a un mois.
Non, mais attendez, vous regardez tous les plans de relance. Regardez la baisse des impôts de production. Oui, mais 2030. Et pour avoir des réacteurs qui, s'ils menaient à terme son projet, seraient en place en 2045. Ce n'est pas l'économie dont on a besoin aujourd'hui. Moi, je vois hier de l'industrie textile, qui prend à bras le corps la question climatique, qui veut travailler dans notre pays. Eh bien, ce que je propose, c'est qu'il y ait une TVA qui soit réduite sur ce qui est réparable, ce qui bénéficie de circuits courts, plutôt que les produits qui font des milliers de kilomètres, sur l'électroménager, sur les vêtements, sur les vélos.
Tout ça, ça peut être des outils de relance de notre économie, mais au service d'un projet qui est à la fois la justice sociale et la protection de l'environnement.
Allez, on file au standard sur la question économique, justement. Bonjour Luc.
Oui, oui, bonjour. Bienvenue. Yannick Jadot. Je suis à la fois l'écologiste et je suis aussi des travaux de Jean-Marc Jancovici. Et en fait, pour moi, je suis atterré, parce que le débat sur le nucléaire emporte tout. Alors qu'en fait, ce que dit Jean-Marc Jancovici, c'est que simplement, le nucléaire, ça va simplement empêcher de ralentir la chute, quoi. Or, aujourd'hui, il faut tenir un langage de vérité devant les gens. Quelle que soit la solution, on devra décroître. On est face à un mur énorme. Énorme. Et il faut tenir un langage de vérité, sobriété, décroissance, par rapport à l'ensemble de nos populations. Et j'entends bien, surtout ce que la chute de biodiversité, etc.
Mais voilà, tant qu'on ne dit pas ça, on va vers le mur.
Merci Luc pour cette question. Admettre un discours de vérité, parler décroissance et sobriété, le faites-vous, Yannick Jadot ?
Je crois, vous savez, j'étais il y a quelques jours en visite dans les industries textiles, de trois, les quelques industries textiles qui essayent de survivre à une compétition terrible. Et je l'ai fait avec Julia Fort, qui pilote justement un groupe d'industries textiles pour réduire l'impact sur le climat. Vous savez, beaucoup de nos vêtements aujourd'hui, on les utilise deux, trois fois, et après on les jette. Et on doit retrouver le sens de la durabilité, de la qualité.
On doit se dire que ce n'est pas possible qu'on achète des vêtements qui ont été faits en Chine, peut-être par les Ouïghours dans le cadre du travail forcé, et que ces vêtements, au bout de trois fois, qu'ils ont été lavés trois fois, on les jette. On doit retrouver le sens, le bon sens, j'allais dire, et la mesure qu'on a dans certains pays, et c'est en train de se développer en France, notamment à travers les jeunes qui ont une vraie vision de leur avenir. Justement ce sens de la durabilité. La question portée sur la décroissance en tant que telle. Oui, mais la décroissance du carbone, c'est une évidence. La décroissance des pesticides, la décroissance de la surconsommation, du gaspillage.
La décroissance du PIB ? C'est une évidence. Mais le PIB est un mauvais indicateur. Tout le monde le sait, même Sarkozy le disait quand il avait fait son comité des Nobel. Le PIB qui augmente quand c'est des pollutions ou des maladies chroniques, c'est idiot. Le PIB qui augmente quand on investit sur l'isolation des logements, c'est intelligent. Le sujet, c'est quel est notre sens collectif ? On a besoin de quoi aujourd'hui ? On a besoin de protéger le pouvoir d'achat des Françaises et des Français. On a besoin de protéger la santé. On a besoin de protéger le climat. Et c'est ça les sujets de cette campagne. On ne va pas se laisser zémoriser matin, midi et soir.
Là, ce n'est pas zémoriser, c'est le nucléaire. Sur le prix, puisqu'on a vérifié. Je vais vous citer le rapport du RTE. Vous vous dites que les renouvelables sont moins chers, moins chers que les EPR et moins chers aussi que les centrales classiques. Le rapport du RTE qui est donc le réseau national, le réseau de transport d'électricité, le gestionnaire national du réseau de transport d'électricité, ce fameux rapport que tout le monde cite, qui est sorti fin octobre. « Construire de nouveaux réacteurs nucléaires est pertinent du point de vue économique », expliquent les auteurs du rapport. « Les scénarios comprenant de nouveaux réacteurs nucléaires apparaissent plus compétitifs.
Les scénarios avec des énergies renouvelables sont, eux, plus chers et les investissements plus importants. La raison, le solaire et l'éolien nécessitent des investissements plus importants pour les réseaux électriques, car ils sont éparpillés. Ils ne produisent pas en permanence par manque de soleil ou de vent. Pourtant, les coûts des renouvelables ont fortement baissé, mais le nucléaire reste plus cher. »
Je vous invite à lire ce qui a été sorti. « Je vous le lis entièrement. »
C'est-à-dire, oui, ça a baissé, mais ça reste plus cher.
« Je vous invite à lire le document du gouvernement qui avait fuité dans la presse, qui disait que ces statistiques sur le nucléaire étaient tronquées et que le nucléaire, en réalité, coûte bien plus cher. Quand vous avez un réacteur qui démarre à 3 milliards et qui finit à 20 milliards, je suis désolé, vous multipliez par 6. »
« Au RTE, au CIMAN, c'est-à-dire, dites-moi, parce qu'eux disent ça. »
Parce qu'eux, ils partent des coûts. Aujourd'hui, les coûts du nucléaire ne font qu'augmenter quand les coûts des énergies renouvelables ne font que baisser. Donc, à un moment donné, il faut regarder la réalité. La réalité, c'est l'explosion des coûts du nucléaire et la réalité, c'est la baisse systématique des coûts des renouvelables.
Jean-Pierre, sur l'application France Interne, « Ne trouvez-vous pas irresponsable, l'annonce par le gouvernement de la vente de plusieurs centaines d'avions Airbus le soir de la publication décevante de l'accord de la COP26 ? » Yannick Jadot.
Écoutez, l'enjeu, l'aviation aujourd'hui échappe très largement à sa responsabilité climatique puisqu'ils arrivent à obtenir le fait que, par exemple, vous ne payez pas de taxes sur le kérosène, vous payez des taxes sur l'essence, vous ne payez pas de taxes sur le kérosène. Donc, moi, je ne suis pas pour l'abandon de l'avion, de l'aérien. Donc, s'il y a des avions qui doivent circuler, ben voilà, il faut les produire. Simplement, je veux que les compagnies aériennes et les gouvernements imposent des contraintes sur ces compagnies-là au regard de leurs responsabilités climatiques. Jean-Pierre, allez-y Léa, non ?
Non, deux questions, parce que le temps prêt, c'est qu'il faut parler aussi de ce qui se passe en Pologne, à la frontière avec l'Union européenne. Des réfugiés morts de froid et l'Union européenne laissent faire ce ping-pong d'êtres humains entre la Pologne et la Boulorissie. Elles seront complices d'un crime de non-assistance à personne en danger, écrivait Bernard Guetta. Qu'est-ce qu'il faut faire concrètement ? Ils sont toujours là. Là, on apprend ce matin que Bagdad a organisé un premier vol de rapatriement d'irakiens depuis le Bélarus. Mais qu'est-ce que l'Europe doit faire ?
L'urgence, c'est d'accueillir ces réfugiés qui sont en train de mourir dans des forêts, dans des conditions abominables. Moi, je suis effaré par le niveau du débat que nous avons dans notre pays aujourd'hui sur les migrants. Vous vous rendez compte qu'il y a 4000 personnes qui ne menacent personne. Notre sécurité n'est pas mise en cause. On ne va pas être envahis. Et on les laisse mourir dans une forêt en dressant des murs. Il y a 5 ans, tout le monde était effaré par le discours de Trump sur le mur entre les Etats-Unis et le Mexique. Aujourd'hui, c'est des dirigeants européens qui portent le même discours.
Vous êtes contre la construction des murs. La Pologne veut construire un mur et est soutenue par Charles Michel.
Mais voilà, c'est terrible. Franchement, Charles Michel, qui était censé être un libéral, qui était censé être un libéral, qui aujourd'hui est totalement urbanisé. Nous avons un débat politique qui est urbanisé. Vous avez les Danois, c'était rappelé tout à l'heure, gouvernement socialiste qui a délégué le droit d'asile au Rwanda et qui exporte des barbelés en Pologne. Est-ce qu'à un moment donné, on va sortir de cette folie ? Moi, j'ai écouté, comme vous, le débat des Républicains. Ils sont là. Il n'y en a même pas un qui ose dire que le grand remplacement, c'est une folie idéologique, que c'est une aberration. C'est un niveau d'affaissement politique effroyable.
Notre devise, ce n'est quand même pas racisme, antisémitisme et révisionnisme. C'est liberté, égalité, fraternité. J'ai entendu votre invité à 7h50, Tessaé. Pour notre jeunesse, il faut faire vivre la République, il faut faire vivre nos valeurs. On est quand même... La République, la France, ce ne sont pas des musées, ce ne sont pas des commémorations. Liberté, égalité, fraternité, ce n'est pas une langue morte, c'est une langue vivante, ce sont des mots pleins de jeunesse à qui il faut redonner vie, à qui il faut donner de l'action.
Et la gauche est dans l'état dans lequel on sait, à savoir jamais été aussi bas dans les intentions de vote. Comment expliquez-vous ? Vous dites, il y a l'effondrement des valeurs républicaines, l'effondrement de la gauche, comment vous l'expliquez ? Eh bien, moi, je vais... Pourquoi ça ne part pas ? Pourquoi ça ne marche pas ?
On verra. On est encore à six mois de l'élection. Vous savez, moi, quand j'ai fait l'élection européenne, le matin même du résultat, on me donnait à 8, j'ai fini à 14. À 13 ? Non, mais je veux dire, voilà, les sondages, tout le monde les regarde. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il va quand même falloir qu'on redonne du sens à ce pays, qu'on lui redonne un espoir. On ne va pas en permanence réécrire notre passé. Ce qui est l'enjeu, c'est d'écrire notre avenir pour nos jeunes. Pourquoi aucun d'entre vous
ne dépasse les 10% ?
Mais on verra, Mme Salamé, on verra comment ça se passe dans les semaines et dans les mois qui viennent. Peut-être que ça prendra dans un moment, mais là, pourquoi personne ne nous écoute ? Parce que peut-être on a une responsabilité collective à parler des choses qui intéressent les Françaises et les Français. En tout cas, moi, j'essaye de le faire. Quand on parle du climat et de tout ce qu'on peut retrouver comme solidarité, comme vivre ensemble, comme projet collectif, se retrousser les manches, se serrer les coudes pour lutter contre le dérèglement climatique, pour faire société ensemble, pour que la France redevienne un leader mondial. C'est ça, être Français.
Peut-être que la bataille culturelle se joue aujourd'hui à droite et pas à gauche. Mais moi,
je ne me résigne pas. Je ne me résigne pas, Nicolas Demeurand. Je ne me résigne pas à porter des valeurs historiques, liberté. Pourquoi vous n'êtes pas entendu parler français ? Pourquoi c'est la droite et l'extrême droite qui l'est ? J'espère que ça va venir. Je veux croire que ça va venir et qu'on va avoir cette campagne où on va avoir un débat de valeurs. Qui défend encore la liberté pour notre jeunesse, l'égalité, la lutte contre les discriminations, de la fraternité, y compris face à des migrants qui sont insultés, humiliés, matin, midi et soir, en Pologne, comme sur notre territoire ?
Qui défend un projet d'émancipation individuelle et collective, un projet de liberté pour nous et nos enfants ? Ce sont les écologistes. On fera tout pour être entendus et gagner cette élection présidentielle.
Une question de Sophie sur l'application. Que faites-vous de Sandrine Rousseau dans votre campagne ? Est-elle à vos côtés vraiment ? Mais oui,
à mes côtés, ce n'est pas un sujet. Franchement, regardez, on a parlé de la nature du débat politique dans notre pays. La France, moi je suis sur le territoire tout le temps. Vous avez des chercheurs, des fermiers, des paysans.
Pourquoi ça vous énerve cette question ?
Non, ça ne m'énerve pas mais ce n'est pas un sujet. Ça ne peut pas être un sujet pour la France aujourd'hui. Mais Sandrine Rousseau, elle est avec moi, on fait des visites ensemble, elle est dans la campagne, elle a sa personnalité, elle a ses combats et c'est très bien. Vous avez les mêmes ? Vous êtes où ? Oui, non, je vois la réalité des discriminations. Vous avez une invitée à 7h50 qui dit à quel point on ne lutte pas contre le harcèlement à l'école. On va s'en occuper. Moi je suis un universaliste mais l'universel, c'est l'idéal, c'est l'objectif.
Celles et ceux qui dénoncent aujourd'hui les discriminations pour les couleurs, pour la religion, pour je ne sais pas quoi, l'origine, ils ont raison de dénoncer ce racisme et ces discriminations. On va vous l'offrir, le livre de Tessahé,
frôler les murs.
Mais voyez cette jeunesse, cette jeunesse, si on ne s'en occupe pas, qui va s'en occuper ? Si on ne s'en occupe pas, nous aujourd'hui, dans l'année qui vient, dans le prochain quinquennat, sur le climat, sur les inégalités scolaires...
Donc le wokisme, ce n'est pas un gros mot pour vous ?
Mais moi, la lutte contre les discriminations me va très bien, je me bats tous les jours, je ne veux pas des mots comme ça où on essaye de caricaturer, de disqualifier les gens. Il y a des discriminations, il faut lutter contre les discriminations. Il y a du racisme, il faut lutter contre le racisme. Mais on a un sacré enjeu, c'est que chacune et chacun dans notre société se voit reconnaître sa dignité, sa place. C'est ça un projet de la France, l'émancipation individuelle et collective et la liberté.
Yannick Jadot, merci. Voici donc le livre qu'on vous offre. Merci. Puisque vous l'avez écouté avec tant d'attention et qu'il est très bon, Tessaé. Merci encore d'avoir été au micro d'Inter ce matin. France Inter
Yannick Jadot