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InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 16 juin 2019 54 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalBudget & impôtsEnvironnement & énergieÉducation & recherche

Amélie de Montchalin : "Je ne recrute personne, j'appelle à la clarté"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 62 %Attaque 20 %Défensif 18 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:25OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pourriez soutenir un candidat non francophone pour la présidence de la Commission européenne ?

  • 1:48RelanceRéponse partielle

    Mais est-ce que ce serait possible que la France soutienne pour la première fois depuis la naissance de l'Union européenne un candidat qui ne soit pas francophone ?

  • 2:03FerméeRéponse directe

    Est-ce qu'on est donc prêt à changer ?

  • 2:28OuverteRéponse directe

    Éclairez-nous sur les propos d'Emmanuel Macron qui dit finalement si Angela Merkel se présente à la Commission et candidate pour le poste de président de la Commission européenne, je la soutiendrai.

  • 2:46OuverteRéponse directe

    Expliquez-nous parce qu'on avait plutôt l'impression qu'entre la France et l'Allemagne, ça ne marchait pas si bien que ça.

  • 4:50RelanceRéponse directe

    Si vous êtes attaché à l'expression du suffrage universel, pourquoi tout simplement ne pas nommer le candidat du parti qui est arrivé en tête ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:31Invité politiqueFait
    « Ce qui est sûr, c'est qu'on soutiendra d'abord un candidat qui est d'accord avec nos priorités. »
  • 1:43Invité politiqueFait
    « Je pense qu'il y a bien d'autres critères à mettre en avant, que ce soit des questions de drapeau, des questions de pratique du français. »
  • 1:59Invité politiqueFait
    « On aimerait qu'il parle français, mais maintenant, il faudrait. »
  • 2:07Invité politiqueFait
    « On est prêt à changer beaucoup de choses et on est prêt à changer de doctrine parce que si on suit la façon dont tous les présidents de la Commission étaient nommés récemment, eh bien je peux vous dire qu'il y a une chose qui est sûre, c'est que dans 5 ans, quand il y a des élections européennes, les citoyens ne nous font pas confiance. »
  • 2:54Invité politiqueFait
    « Il y a eu des élections européennes qui ont montré plusieurs choses. D'abord, que la participation était élevée et donc que l'Europe a intéressé cette fois-ci plus que d'habitude. »
  • 3:31Invité politiqueFait
    « Qu'est-ce qu'on veut faire pendant les 5 ans qui viennent au niveau européen ? Qu'est-ce qu'on fait pour être fidèles aussi au message qu'on envoie les électeurs ? »
  • 3:40Invité politiqueFait
    « c'est d'abord et avant tout de rehausser l'ambition européenne sur le climat, sur les frontières, sur la politique industrielle, sur la concurrence, sur l'Europe du social »
  • 6:55Invité politiqueFait
    « L'influence française, c'est exactement la même chose que ce que je vous dis pour la Commission. L'influence qu'on va avoir, c'est d'abord que le projet avance. »
  • 7:26Invité politiquePromesse
    « On va pouvoir créer un office européen de l'asile, créer une banque européenne du climat, créer un salaire plancher en Europe. »
  • 12:51Invité politiquePromesse
    « Il y a bien sûr l'ambition climatique, que notre continent soit neutre en carbone en 2050 et on aimerait porter cette voie-là dès le mois de septembre ensemble à New York. »
  • 13:18Invité politiqueFait
    « la poursuite du travail sur le travail détaché, à travail égal, salaire égal, à travail égal, charges sociales égales, que le chômage soit payé dans le pays où l'on travaille. »
  • 13:37Invité politiqueFait
    « Comment à la fois on protège nos actifs stratégiques d'achat extérieur ? Et on remet en cause le droit de la concurrence ? »
  • 19:27Invité politiqueFait
    « ce qui est certain c'est que si le Royaume-Uni veut quitter l'Union européenne et si le Royaume-Uni veut quitter l'Union européenne de manière ordonnée je répète les choses ordonner ça veut dire avec un deal »
  • 19:57Invité politiqueFait
    « le 31 octobre c'est sauf changement il faudrait qu'il y ait des changements très profonds pour qu'on reconsidère la date mais le deal qui est sur la table Michel Barnier le répète c'est ce que nous avons négocié de mieux »
  • 28:45Invité politiqueFait
    « moi je suis certaine qu'il faut qu'on trouve des économies budgétaires et qu'on dise à la commission européenne qu'on fait des réformes et que donc le rythme de réduction du déficit ne doit pas être brutal »
  • 28:54Invité politiqueChiffre
    « on sera à 2,2% de déficit hors mesure exceptionnelle à la fin de l'année 2019 »
  • 29:03Invité politiqueFait
    « on a pour la première fois depuis que je suis né ou même peut-être même avant réduit la dépense publique en volume en 2018 »
  • 29:56Invité politiqueFait
    « la dépense publique a baissé pour la première fois depuis 35 ans »
  • 30:04Invité politiqueFait
    « la ligne d'Edouard Philippe elle est très claire : si on fait des réformes, si effectivement on doit s'occuper plus du pouvoir d'achat des classes moyennes, si on s'occupe de réformer la prime d'activité, si on baisse les impôts de 5 milliards pour les premières tranches d'impôts, ça ne peut pas être financé par nos enfants et nos petits-enfants »
  • 41:11Invité politiqueChiffre
    « quand on fait la réforme de l'apprentissage les inscriptions augmentent de 40% »
  • 45:13Invité politiqueFait
    « la question laquelle je me suis posée c'est qu'entre le moment où le donneur fait un don et le moment où l'enfant arrive à la majorité et pourrait avoir accès ou demander un accès aux origines, il se passe donc techniquement 18 ans »
  • 47:32Invité politiqueFait
    « le fait que ces trois ministres là c'est pas un symbole, c'est aussi qu'on a fait travailler ces communautés là ensemble »
  • 48:56Invité politiqueFait
    « c'est un sujet sur lequel les choses sont prêtes »
  • 49:04Invité politiqueFait
    « le débat parlementaire va être plus contraint dans le temps »
  • 49:34Invité politiqueFait
    « c'est très bien mais tout comme beaucoup d'autres choses qui vont être débattues sont des promesses de campagne »
  • 49:53Invité politiquePromesse
    « elle sera bien remboursée par la sécurité sociale »
  • 50:30Invité politiqueFait
    « on a toujours dit que les Balkans occidentaux par définition vu leur géographie avaient une perspective européenne »
  • 50:37Invité politiqueFait
    « on a toujours dit aussi que pour qu'il y ait un élargissement il fallait que l'Europe se réforme de l'intérieur »
  • 50:45Invité politiqueFait
    « il faut qu'on travaille pour que s'il y a des négociations qui s'ouvrent elles soient liées aux réformes notamment sur l'état de droit »
  • 51:08Invité politiqueFait
    « on a toujours dit que les Balkans occidentaux auraient oui une perspective européenne »
  • 51:50Invité politiqueFait
    « nous ne transigerons pas avec l'idée que quand on est un groupe pro-européen et bien on ne fait pas d'accord avec l'extrême droite »
  • 53:04Invité politiqueFait
    « dans notre charte de valeurs communes qui est bien clairement dit que nous ne soutenons pas des alliances avec des gens qui sont anti-immigrants »
  • 53:17Invité politiqueFait
    « Moi je pense que c'est un acte 2 parce que c'est d'autres réformes c'est une autre méthode »

Temps de parole

  • Amélie de Montchalin74 %
  • Présentateur10 %
  • Invité7 %
  • Invité 26 %
  • Présentateur 24 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Question politique, c'est en direct et ça commence maintenant. Bonjour et merci d'être fidèles au rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Question politique alors que nous sommes à un moment de vérité en Europe. La semaine prochaine s'annonce cruciale, d'abord à Bruxelles pour l'attribution des top jobs européens. Celui notamment de président de la Commission, semaine cruciale aussi aux Etats-Unis pour la succession de Theresa May et donc pour le Brexit. Notre invitée jusqu'à 13h et la secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes, Amélie de Montchalin, qui s'est installée dans notre studio pour intervenir.

Le hashtag QuestionPol ou l'application France Inter. France Inter, question politique, Alibadou. Bonjour Amélie de Montchalin. Bonjour. Et bienvenue pour vous interroger. Elles joueront demain contre le Nigeria, mais elles sont avec nous aujourd'hui, l'équipe de questions politiques en bleu. Bonjour Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Françoise Fressoz du journal Le Monde. Bonjour Françoise. Bonjour Alib. Et Karine Bécard de France Inter. Bonjour Karine.

1:05
Invité

On aurait dû s'habiller en bleu, blanc, rouge. C'est sûr.

1:07
Présentateur

Bonjour. La prochaine fois, le micro est rouge. Votre portrait, Amélie de Montchalin, a été préparé par Karine Bécard et nous le découvrirons ensemble dans quelques minutes. Commençons donc par cette semaine qui s'annonce cruciale en Europe avec des négociations pour les postes clés de l'UE. Est-ce que vous pourriez soutenir un candidat non francophone pour la présidence de la Commission européenne ?

1:31
Amélie de Montchalin

Ce qui est sûr, c'est qu'on soutiendra d'abord un candidat qui est d'accord avec nos priorités. Je pense qu'il y a bien d'autres critères à mettre en avant, que ce soit des questions de drapeau, des questions de pratique du français. Ce serait bien que cette personne parle français, ça c'est clair.

1:48
Présentateur

Mais est-ce que ce serait possible que la France soutienne pour la première fois depuis la naissance de l'Union européenne un candidat qui ne soit pas francophone ?

1:56
Amélie de Montchalin

On aimerait qu'il parle français, mais maintenant, il faudrait. Après, il y a des candidats très bons qui ne parlent peut-être pas aussi bien français qu'on le rêverait.

2:03
Présentateur

Est-ce qu'on est donc prêt à changer ?

2:05
Amélie de Montchalin

La clé de cette affaire. Oui, on est prêt à changer beaucoup de choses. De doctrine. On est prêt à changer beaucoup de choses et on est prêt à changer de doctrine parce que si on suit la façon dont tous les présidents de la Commission étaient nommés récemment, eh bien je peux vous dire qu'il y a une chose qui est sûre, c'est que dans 5 ans, quand il y a des élections européennes, les citoyens ne nous font pas confiance.

2:20
Présentateur

Mais juste, je vais passer la parole à la France à la France, mais donc, oui, la France peut soutenir un candidat non francophone à la présidence de la Commission européenne.

2:25
Invité

Maintenant, on aimerait qu'il parle français, c'est quand même une meilleure nouvelle. Alors, éclairez-nous sur les propos d'Emmanuel Macron qui, cette semaine, dit finalement si Angela Merkel se présente à la Commission et candidate pour le poste de président de la Commission européenne, je la soutiendrai. Alors, expliquez-nous parce qu'on avait plutôt l'impression qu'entre la France et l'Allemagne, ça ne marchait pas si bien que ça.

2:46
Amélie de Montchalin

Alors, déjà, il faut reposer un peu les choses. C'est l'avantage d'une émission comme celle-ci, c'est qu'on a le temps peut-être de clarifier ce qu'on essaie de faire et qu'il n'y ait pas d'incompréhension. Il y a eu des élections européennes qui ont montré plusieurs choses. D'abord, que la participation était élevée et donc que l'Europe a intéressé cette fois-ci plus que d'habitude.

Elle a aussi montré qu'il y avait un nouveau centre européen, très pro-européen, pas parce qu'on est des euro-BA, mais parce qu'on a envie de changer beaucoup de choses et qu'on pense qu'il y a beaucoup de questions qui intéressent les citoyens, qui se règlent au niveau européen, qui est quand même une dynamique nouvelle. Et il y a toujours un avertissement. C'est-à-dire que l'extrême droite, les eurosceptiques, ils sont moins forts que ce qu'on aurait pu craindre, mais ils restent forts. Et donc ce qu'on dit depuis quelques semaines maintenant, c'est qu'il faut qu'on soit d'abord extrêmement exigeants sur le projet.

Qu'est-ce qu'on veut faire pendant les 5 ans qui viennent au niveau européen ? Qu'est-ce qu'on fait pour être fidèles aussi au message qu'on envoie les électeurs ? Et donc on parle aujourd'hui beaucoup, et la France, c'est le travail que je mène et que mène le président, c'est d'abord et avant tout de rehausser l'ambition européenne sur le climat, sur les frontières, sur la politique industrielle, sur la concurrence, sur l'Europe du social, et on pourra y revenir en détail si vous voulez. Et donc le choix ensuite de savoir qui sont les personnes qui peuvent porter ce projet, c'est un choix qui pour nous arrive en deuxième position.

Et il faut qu'il y ait un accord au Parlement, il faut qu'il y ait un accord au Conseil européen, c'est un système de double majorité. Et la bonne nouvelle, c'est que pour y trouver une double majorité, si vous regardez, faites juste un concours de beauté, juste un concours de drapeau, et que vous regardez les attributs, les qualités, le nombre de langues que parlent les uns et les autres, probablement qu'on ne va pas tomber sur la personne qu'on cherche. Et donc ce que dit le Président en Suisse cette semaine, c'est qu'on lui demande, quel est le bon candidat pour vous ?

Et il dit, c'est quelqu'un qui a l'expérience, qui a de l'énergie, qui connaît l'Europe, qui a envie de la faire avancer, qui a de l'ambition. Et le journaliste lui dit, est-ce que ça peut être Merkel ? Et le Président répond, écoutez, puisqu'elle correspond effectivement aux critères que j'ai énoncés, si elle est candidate, pourquoi pas ? Le problème, ce n'est pas un problème de France et d'Allemagne.

Le problème, c'est aujourd'hui, ou ce n'est même pas un problème, mais l'ambition qu'on doit avoir, c'est quel résultat on est capable d'apporter aux citoyens européens pour qu'aux prochaines élections, ils votent par adhésion, parce qu'ils ont vu qu'il s'est passé des choses, et pas par dépit. Et donc pour ça, oui, il nous faut quelqu'un qui a des épaules et qui a l'expérience.

4:50
Présentateur

Si vous êtes attaché à l'expression du suffrage universel, pourquoi tout simplement ne pas nommer le candidat du parti qui est arrivé en tête ?

4:57
Amélie de Montchalin

Mais parce qu'il n'a pas la majorité absolue ?

4:58
Présentateur

Oui, mais malgré tout, c'est la première force politique au Parlement européen.

5:02
Amélie de Montchalin

Emmanuel Macron a fait campagne pendant des mois pour qu'on ait des listes transnationales. Ce qu'on aimerait, effectivement, c'est qu'il y ait des listes qui soient composées de citoyens de tous les pays.

5:11
Présentateur

Qui est le candidat du PPE, le parti de droit européen.

5:15
Amélie de Montchalin

L'idée qu'on avait, c'était de dire, on veut des listes qui sont des citoyens et des candidats de tous les pays. Comme ça, Manfred Weber ou les autres auraient fait campagne dans tous les pays européens. Ça lui aurait donné une vraie légitimité. Et dans ce cas-là, ça aurait été logique qu'il devienne président de la Commission. Mais ce Manfred Weber ou les autres, est-ce qu'on les connaît ? Est-ce qu'ils ont fait campagne en France ? Est-ce que d'ailleurs, il est d'accord avec ce sur quoi les LR ont fait campagne en France ? Pas toujours.

5:35
Invité

Mais est-ce que vous vous êtes opposé un peu rapidement, en fait, à Manfred Weber ? Et finalement, est-ce que les propos d'Emmanuel Macron en Suisse, c'était pas un peu pour, peut-être pas se racheter, mais pour retendre la main à l'Allemagne, puisque entre Merkel et Macron, ça a été un petit peu compliqué quand même ces dernières semaines ?

5:49
Amélie de Montchalin

Le sujet, c'est pas Manfred Weber. Le sujet, c'est est-ce qu'on croit que ces élections ont changé quelque chose au paysage politique européen ? Et vous imaginez le signal ? Imaginez, dimanche 26, on a les élections. Le 28 mai, à Bruxelles, dîner des chefs d'État. Ils disent, ben voilà, c'est super, on a déjà notre candidat, tout est plié. Et il se passe exactement la même chose que s'il ne s'était rien passé dimanche. Vous voyez le signal ? Et donc, la Macronie qui immédiatement dit, Manfred Weber, il ne nous intéresse pas, c'est pas ce qu'on a dit. C'est très étrange. On a dit, c'est, on ne croit pas à l'automaticité.

On veut avoir un vrai débat sur le contenu, ça s'appelle l'agenda stratégique. C'est ça qui va discuter jeudi et vendredi par les chefs d'État. Et tant qu'on n'est pas d'accord sur l'agenda stratégique, on a quand même beaucoup de mal à savoir qu'il est la bonne personne pour porter le projet.

6:24
Présentateur

C'est ça qu'on a dit.

6:25
Amélie de Montchalin

Qu'est-ce qu'on peut comprendre ce qui est arrivé à Nathalie Loiseau ?

6:27
Présentateur

N'oubliez pas le micro, Nathalie. Tout à l'heure, vous avez parlé de quelqu'un qui devait... Emmanuel Macron avait dressé un profil ou un portrait robot de quelqu'un qui devait être compétent, juste, ayant les capacités. Manifestement, elle n'a avec ses prises de position. Alors, off-on, elle a quand même dit un certain nombre de choses. Elle affaiblit complètement la position de la France. Qu'est-ce qui lui est arrivé ? Elle était censée être très bonne. Amélie de Montchal.

6:47
Amélie de Montchalin

Il faut aussi reposer les choses. L'influence française, c'est exactement la même chose que ce que je vous dis pour la Commission. L'influence qu'on va avoir, c'est d'abord que le projet avance. Et donc, ce que Nathalie Loiseau a fait avec courage, c'est de dire, je préfère ne pas mettre tous nos... Parce qu'il y a un sième de points très compliqué au Parlement européen. C'est un choix. Je préfère par choix ne pas mettre tous nos points de la délégation française Renaissance dans le fait que je devienne présidente du groupe. Je préfère garder mes points.

7:09
Présentateur

C'est pas un vrai choix.

7:11
Amélie de Montchalin

Oui, mais comme on est la plus grosse délégation du groupe, on aurait pu forcer le coup et probablement y arriver. Et ce qu'on dit, c'est qu'on préfère avoir des présidences de commissions qui comptent. On préfère avoir des postes de coordinateurs, des postes de rapporteurs qui sont des endroits où on peut beaucoup plus faire avancer nos priorités. On va pouvoir créer un office européen de l'asile, créer une banque européenne du climat, créer un salaire plancher en Europe. Ça, c'est des choses sur lesquelles la France veut le faire. Pas parce que par nationalisme, parce que par ambition pour le projet européen. Malgré tout, Amélie de Montchalin,

7:40
Présentateur

puisque vous parlez du fonds depuis le début de l'émission et vous avez raison et vous parlez des idées et vous parlez de la stratégie, du contenu des politiques européennes. Comment jugez-vous les propos qu'a tenus Nathalie Loiseau à Bruxelles, qui sont maintenant connus, notamment grâce au journal Le Monde ? Ces propos sont sidérés. Est-ce que c'est des propos irresponsables ?

7:59
Amélie de Montchalin

C'est des propos qui, effectivement, posent question. Parce que l'esprit dans lequel on veut travailler en Europe, c'est un esprit d'union, c'est un esprit de compromis et c'est un esprit de consensus. Moi, vous savez, de là où je suis aujourd'hui...

8:11
Présentateur

Irresponsable ?

8:12
Amélie de Montchalin

Je ne vais pas qualifier ces propos. C'est des propos en off. Je n'étais pas dans la pièce. Et en général, quand les propos en off sont tenus, c'est bien parce qu'ils sont en off. Donc moi, personnellement, je ne vais pas commenter plus au-delà ces propos. Ils sont lus. Plein de gens peuvent lire des choses qui sont attribuées.

8:24
Présentateur

Mais ils ont eu des conséquences politiques. On ne peut pas faire comme s'ils n'existaient pas, ce que vous faites tout de suite.

8:28
Amélie de Montchalin

Eh bien, c'est pour ça que je vous dis que pour moi, l'influence française, soit on se concentre sur des personnes, des propos, et on reste à ce niveau-là.

8:36
Présentateur

Enfin, c'est elle qui a mis le problème sur la table.

8:38
Amélie de Montchalin

Et donc, ce que je fais, moi, c'est qu'on a réuni tous les députés européens le 7 juin avec le Premier ministre et on explique les sujets sur lesquels on les a tous invités. Ensuite, ils sont venus ceux qui voulaient travailler dans un esprit de consensus parce que c'est l'esprit européen. Et l'esprit européen, si chacun reste dans sa boutique et considère qu'il doit attendre, vous savez, personne n'a la majorité absolue. Donc, il ne se passe rien. Donc, moi, ce que j'essaie de faire, c'est réunir les parlementaires européens qui veulent travailler dans un esprit. Bien sûr qu'on ne va pas être d'accord sur tout. Mais on sait que si on ne se met d'accord sur rien, il ne se passera rien.

9:06
Invité

Est-ce que malgré tout, vous n'êtes pas arrivés, les macronistes, les eurodéputés macronistes, un peu trop en terrain conquis quand vous êtes arrivés à Bressal ? Est-ce qu'il n'y a pas eu un problème quand même

9:14
Amélie de Montchalin

de comportement, d'attitude ?

9:16
Présentateur

Amélie de Monchalin.

9:17
Amélie de Montchalin

Moi, les députés que j'ai vus le 7 juin, je peux vous dire qu'ils étaient dans une optique de comprendre déjà comment fonctionne ce parlement qui est extrêmement codifié. Notre délégation est assez spéciale. On a 79 députés. Il n'y en a que 19 qui ont été déjà élus au Parlement européen. Dans tous les autres pays, les autres délégations, c'est l'inverse. Donc, ils vont arriver dans un endroit où c'est un peu comme un match de tennis. Il y a l'interruption de la pluie. Les joueurs sortent, ils reviennent. Là, il faut qu'ils arrivent assez vite à rentrer dans le match parce que le match, il est déjà bien avancé. Les gens se connaissent.

Donc, les députés que j'ai rencontrés français à Renaissance, c'est des gens qui ont envie d'apprendre. Ils ont rencontré tout l'après-midi les ministres. Ils sont déjà en train de travailler sur les dossiers. Ils sont en train de se préparer parce qu'il y a des... Dès le mois de novembre, il y a des débats qui vont reprendre et il n'y aura pas le temps de se demander... Non, mais là, vous parlez des néophytes.

9:57
Invité

Je parle de Pascal Canfin, par exemple, qui téléphone pour débaucher des eurodéputés verts. Est-ce que, par exemple, vous approuvez ce genre de démarche ? Est-ce que vous-même, vous avez passé des coups de fil, je ne sais pas, au PPE pour essayer de récupérer d'autres eurodéputés ? Non, moi, je ne récupère personne.

10:08
Amélie de Montchalin

J'ai appelé par contre tous les... J'ai appelé François-Xavier Benhamy. J'ai appelé chez, bien sûr, les Verts. J'ai appelé Sylvie Guillaume. Moi, j'appelle tout le monde, qui a été député européen déjà pendant longtemps. Et il sait très bien que si on ne se parle pas entre groupes, on ne fait rien.

10:26
Présentateur

Alors que les gens comprennent, parce qu'on va perdre un peu tout le monde, il faut dire que, donc, c'était le 7 juin dernier.

10:32
Amélie de Montchalin

Exactement.

10:33
Présentateur

Vendredi, vous avez invité à Matignon pour un séminaire l'ensemble des eurodéputés élus français. Ils sont 74. 79, si les Britanniques s'en vont, parce que ça compte, le Brexit. Il n'y en a que 40 qui sont venus. Aucun élu de la France insoumise. Les élus de la place publique non plus ne sont pas venus. Non, ce n'est pas vrai.

10:53
Amélie de Montchalin

Sylvie Guillaume était là, chef de l'allégation du groupe socialiste. Oui, mais Sylvie Guillaume est venue parce que c'était un accueil républicain.

10:59
Présentateur

Enfin bref, il y en a 40 qui ne sont pas venus, ni Europe Écologie Les Verts, ni le Rassemblement National.

11:03
Invité

Non, ils étaient là. Le Rassemblement National était là.

11:04
Présentateur

Le Rassemblement National était là.

11:05
Invité

C'est la France insoumise qui n'était pas là, c'est effectivement le PS, c'est Les Verts. Je tiens à dire quelques-uns. Sylvie Guillaume est venue

11:11
Amélie de Montchalin

en tant que chef de l'allégation. Pourquoi ça compte ? Mais pas les 6. Deux ministres qui viennent leur parler. C'est important. Pourquoi ? Parce que si on reste dans une logique franco-française où il y aurait une majorité et une opposition, le Parlement européen fonctionne avec une dynamique très compliquée parce que vous avez plein de pays. Vous avez donc plein de sensibilité. Il y a des sujets qui importent plus les Français que les Italiens ou que les Slovènes. C'est normal qu'on ait des sujets communs.

L'Europe sociale, par exemple, le travail détaché, c'est des sujets qui réunissent des gens et de droite et de gauche et du centre en France parce qu'on sait que c'est une problématique qui nous concerne tous. On a parlé du siège de Strasbourg. C'est un sujet sur lequel on peut vraiment créer une équipe de France. Et puis, il y a des gens comme les Verts et je tiens à le dire que moi, ça m'a beaucoup surpris qu'on fasse campagne comme il y a eu Jadot pendant des semaines en disant que la priorité, c'est le climat. C'est une priorité qui doit normalement dépasser les clivages. Personne n'est propriétaire de l'écologie.

Et qu'il est, alors qu'il a François de Rugy, Brune Poirson, le Premier ministre qui viennent parler de notre projet européen qui ne saisissent pas l'occasion, il aurait pu nous présenter ses priorités. C'est d'ailleurs comme ça que ça a été fait. Les uns et les autres ont dit on est d'accord avec des sensibilités françaises sur ci et ça et nous, on portera plus fortement ci ou ça. Que l'écologie, alors que c'est un sujet sur lequel on est prêt à avancer, il ne saisisse pas la chance de vouloir nous expliquer comment il veut pousser des choses. Et il y a sûrement des choses sur lesquelles nous, le gouvernement, au Conseil des ministres européens, on sera sûrement prêt à l'aider.

Mais je trouve ça dommage qu'on en fasse un sujet de clivage, un sujet au fond assez sectaire.

12:39
Présentateur

Françoise Fréceau.

12:40
Invité

Est-ce que vous pouvez nous donner des précisions sur l'agenda stratégique, c'est-à-dire ce qui va être discuté au Conseil européen ? Quelles sont concrètement les priorités françaises

12:49
Amélie de Montchalin

pour la prochaine présidence ? Il y en a trois ou quatre principales. L'agenda stratégique qui sera construit autour de cinq ou six points maximum. On essaie de faire quelque chose d'assez ramassé. Ça doit être des vraies priorités. Il y a bien sûr l'ambition climatique, que notre continent soit neutre en carbone en 2050 et on aimerait porter cette voie-là dès le mois de septembre ensemble à New York. Il y a une priorité sociale. Comment on recrée une économie de marché social qui protège les droits des travailleurs et empêche aussi tous les dumpings sociaux et fiscaux à l'intérieur de l'Union ? Et les mesures concrètes pour traduire ça, ça serait quoi ?

Ça, c'est par exemple la poursuite du travail sur le travail détaché, à travail égal, salaire égal, à travail égal, charges sociales égales, que le chômage soit payé dans le pays où l'on travaille. Il y a bien sûr toutes les questions fiscales. On continue le travail sur l'harmonisation fiscale. Il y a ensuite une priorité qui est industrielle, économique. Comment à la fois on protège nos actifs stratégiques d'achat extérieur ? Et on remet en cause le droit de la concurrence ? Et donc, il y a exactement une révision du droit de la concurrence pour qu'on puisse être en capacité de créer des champions européens sur des marchés où on sait qu'il y a une énorme concurrence chinoise ou américaine.

Il y a des questions commerciales qui vont avec. Et la question commerciale, ça veut dire, par exemple, autant sur le climat que sur les normes sociales, est-ce qu'on est capable de créer une forme de réciprocité ou en tout cas une forme de principe pour que des produits qui viennent de pays où les normes notamment environnementales et sociales soient trop différentes des nôtres, n'arrivent pas en Europe faire concurrence frontale à des produits qui sont produits chez nous. Et puis, il y a ensuite tout ce qui a trait à la révision de la zone euro. Vous avez vu qu'il y a un énorme avancée avec un accord sur la gouvernance et sur l'existence d'un budget de la zone euro. Oui, on va y revenir.

C'est quand même

14:24
Invité

en deçà de tous les objectifs français.

14:27
Amélie de Montchalin

Oui, en montant, on n'est pas à ce qu'on avait imaginé. Il n'y en a pas pour l'instant, quasiment pas. Ça sera négocié dans le cadre du budget européen 2021-2027. Mais l'important, c'est que déjà sur le principe, alors vous savez que beaucoup de pays avaient beaucoup de doutes, on ait réussi à acter les choses. Donc, les priorités. Et puis, dernière fois, il y a un énorme enjeu de protection à la fois sur la défense, sur les frontières et sur l'asile, on recrée une forme d'harmonisation. Vous voyez que ça nous fait déjà pas mal de choses. Donc, pour résumer, climat, frontières et protection, politique industrielle et économie sociale de marché.

15:02
Invité

Il y avait deux hypothèses sur les coalitions enjeux au Parlement européen. Il y avait la petite coalition où les macronistes pouvaient travailler finalement avec le PPE, c'est-à-dire avec les conservateurs et les socialistes. Puis, il y avait une grande coalition où les Verts pouvaient venir en renfort. Quelle est l'hypothèse aujourd'hui la plus crédible ?

15:21
Présentateur

Amélie de Monchalin.

15:21
Amélie de Montchalin

Eh bien, je crois qu'il y a au sein du groupe des Verts européens des gens qui sont assez partisans de la grande coalition puis il y en a qui sont partisans de la petite coalition. Je crois que les Verts allemands qui ont une culture du compromis par les pratiques politiques allemandes beaucoup plus fortes voient bien l'intérêt de pouvoir peser sur l'agenda stratégique parce que l'agenda stratégique, il faut bien comprendre, il est d'abord proposé par les chefs d'État et ensuite, le Parlement travaille dessus et ça devient la feuille de roue du prochain président de la Commission.

Les Verts allemands notamment voient bien l'intérêt de pouvoir peser sur la feuille de roue du président de la Commission et donc aimeraient pouvoir y contribuer. Je crois qu'il y a d'autres Verts notamment français qui eux préfèrent... Considérés qu'ils sont politiciens c'est ce que vous avez dit tout à l'heure. Qui considéraient dans l'opposition. Je vous rappelle... Considérés que ce n'est pas des vrais Verts. Moi ce que je vois c'est que je ne comprends pas très bien comment on peut être dans l'opposition quand on met comme priorité stratégique le climat sur lequel, par ailleurs, les chefs d'État veulent eux-mêmes travailler.

Ça me semble un peu contradictoire mais les choses vont se faire dans les semaines qui viennent et puis nous on est du côté du Conseil des ministres c'est comme ça que ça fonctionne le Parlement européen en fait il a un vrai poids depuis 2005 et les débats sur le traité de Lisbonne etc. Le Parlement a gagné un vrai poids. Et il faut se souvenir qu'au moment de Juncker par exemple le fameux plan Juncker dont on a beaucoup parlé après c'est pas une idée qu'il avait lieu au départ. C'est une idée qui est venue des socialistes européens.

Donc il faut s'attendre à ce que cet agenda stratégique y soit et j'espère renforcé par les parlementaires européens parce que ça nous permettra du coup d'ici aux prochaines élections européennes d'avoir des vrais résultats. En 2022 la France aura la présidence de l'Union européenne et bien on aimerait qu'à ce moment-là on puisse montrer à la fois des résultats nationaux ce sera à la fin du quinquennat mais aussi des résultats européens et que donc sur cette base cet agenda stratégique on est avancé sur l'Office européen de l'asile on est avancé sur la Banque européenne du climat on est avancé sur les sujets sociaux dont je vous ai parlé juste avant.

17:02
Présentateur

Karine Becker

17:02
Invité

Votre priorité stratégique pour le climat dans la grande coalition le PPE partage ça ils le mettent aussi haut

17:11
Amélie de Montchalin

nous au moment du sommet de Sibu au mois de mai proposer une feuille de roue très ambitieuse sur le climat notamment pour pouvoir avoir cette voie commune au sommet des Nations Unies en septembre on a 8 pays puis 9 pays qui nous ont rejoints l'Allemagne aujourd'hui nous envoie des signaux tout à fait positifs et donc il y a des chefs d'Etat PPE qui sont engagés dans cette dynamique Marc Routte il a une coalition gouvernementale qui est finalement très marquée par des membres du PPE et pour autant qui nous soutient pleinement et qui d'ailleurs est lui-même un aiguillon très utile dans ces négociations donc je ne crois pas qu'aujourd'hui le PPE soit contre le climat après toutes les questions aussi de mise en place c'est-à-dire que si on s'engage sur la neutralité carbone il va falloir qu'on en tire des conséquences sur le budget européen sur notre politique commerciale sur la politique agricole donc après il faut que les uns et les autres comprennent bien qu'il n'y a des pour ne pas se limiter aux discours et aux intentions il va falloir qu'ensuite ça soit cohérent

18:00
Présentateur

Françoise Fresseuse

18:01
Invité

on voit qu'il y a un tas de choses stratégiques sur la négociation est-ce qu'on peut imaginer qu'au prochain Conseil européen des non-sortes ou qu'il faudra un peu plus de temps pour arriver à redéfinir tous les postes stratégiques

18:13
Amélie de Montchalin

je pense qu'on n'aura pas là jeudi ou vendredi l'intégralité des postes définies d'abord parce qu'il faut aussi qu'il y ait un alerte avec le Parlement européen c'est le Parlement qui va voter le 16 juillet donc moi mon intuition c'est qu'on aura une short list qu'on aura réduit les options et qu'ensuite il va y avoir un débat qui va se poursuivre on avait demandé à Donald Tusk qui est le président du Conseil européen de commencer cet échange au nom des chefs d'État avec le Parlement européen pour qu'on puisse se mettre d'accord vous savez l'Europe fonctionne bien quand elle arrive à une forme de consensus j'espère qu'on pourra continuer à fonctionner comme ça et en tout cas c'est l'ambition du président c'est de proposer et ensuite du coup réussir à unifier et surtout garder un niveau d'ambition trop souvent dans le passé le consensus européen en fait il affaiblissait l'ambition nous ce qu'on essaye c'est d'arriver à garder vous voyez des ambitions suffisamment grandes pour que je vous dis les citoyens ils voient des résultats le but de tout ça c'est pas les gens c'est pas leur drapeau c'est pas leur nationalité leur CV est-ce qu'ils sont capables dans 5 ans de dire voilà voilà ce qu'on a fait voilà ce qui a changé et voilà comment vous citoyens à travers toute l'Europe l'Europe prend une forme concrète dans votre vie quotidienne c'est ça l'enjeu

19:17
Présentateur

avant votre portrait Amélie de Montchalin question à propos du Brexit qui vous occupe comme ministre des affaires européennes le Royaume-Uni quittera-t-il l'Union européenne le 31 octobre ?

19:27
Amélie de Montchalin

ce qui est certain c'est que si le Royaume-Uni veut quitter l'Union européenne et si le Royaume-Uni veut quitter l'Union européenne de manière ordonnée je répète les choses ordonner ça veut dire avec un deal ordonner le deal qui est sur la table et la date du 31 octobre sont ce sur quoi nous sommes mis d'accord ensuite je vois qu'il y a beaucoup de débats actuellement j'étais à Londres lundi et mardi il ne faut pas confondre une campagne électorale qui vise une base militante extrêmement polarisée et puis les débats qu'on aura ensuite au niveau européen et sur ça la ligne est claire le 31 octobre c'est sauf changement il faudrait qu'il y ait des changements très profonds pour qu'on reconsidère la date mais le deal qui est sur la table Michel Barnier le répète c'est ce que nous avons négocié de mieux on ne l'a pas fait contre les britanniques ce sont des négociateurs britanniques qui pendant deux ans on travaille avec des négociateurs européens pour point par point de manière assez pragmatique trouver ce qui était dans l'intérêt commun sauf que tout risque de changer avec probablement

20:21
Invité

l'arrivée de Boris Johnson pour remplacer Theresa May

20:23
Amélie de Montchalin

mais c'est un problème politique britannique

20:25
Invité

c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle pour l'Europe et pour la France il dit je ne veux pas rembourser ou en tout cas je ne veux pas redonner les 35 milliards d'euros que la Grande-Bretagne le Royaume-Uni s'était engagé à verser à l'Union Européenne et bien ça s'appelle un défaut bah oui mais qu'est-ce que vous dites

20:40
Présentateur

et qu'est-ce que vous voulez faire contre s'il suit les conseils de Donald Trump

20:42
Amélie de Montchalin

je peux vous dire que c'est pas à nous de savoir ce qu'est un défaut un défaut sur les marchés financiers ça veut dire ensuite une perte de crédibilité ça aura des conséquences qui seront bien au-delà si c'est comme si c'est ce qu'il poursuit de l'Union Européenne cette histoire des milliards c'est pas vous savez la facture de sortie c'est des engagements que le Royaume-Uni a pris vis-à-vis de l'Union et donc on dit bah comme dans tout contrat international comme dans tout traité international les Etats sont engagés et ne pas payer ces obligations internationales ça s'appelle un défaut c'est pour ça qu'on a des agences de notation et ensuite les marchés financiers sanctionnent ça aura des conséquences très graves à Londres lundi et mardi je peux vous dire que j'ai rencontré beaucoup de monde qui voit bien que c'est un propos d'estrade qui pensait que c'est du bluff alors en clair

21:21
Présentateur

sauf que ça figure dans un accord qui a été rejeté par le Parlement britannique cet engagement

21:26
Amélie de Montchalin

l'engagement oui mais c'est bien pour ça que je vous dis si le Royaume-Uni veut sortir de manière ordonnée moi ce qui compte pour moi vous savez moi j'ai grandi à Calais une partie de mon enfance je suis certaine d'une chose c'est que le Brexit les décisions qui se prendront à Londres ou à Bruxelles n'augmenteront pas le nombre de kilomètres qu'il y a entre Calais et Douvres les falaises de Douvres et de Faulkston elles seront toujours visibles de France

21:47
Présentateur

ça resterait la perfide Albion

21:48
Amélie de Montchalin

c'est ce qu'on voit de Calais on voit un pays qui fait transiter des centaines de tonnes de matériel de biens de personnes c'est un pays avec qui on aura une relation future qui sera évidemment forte économiquement politiquement on a des accords de défense on a des accords de recherche donc moi mon enjeu c'est qu'on est sur un sujet britannique de politique britannique l'Union et le Royaume-Uni ont travaillé pour avoir un accord pour que ça se passe bien si ensuite il y a des décideurs britanniques qui veulent faire autrement la conséquence elle est d'abord à regarder le peuple britannique vous savez la société elle est extrêmement divisée donc la première des responsabilités des leaders britanniques aujourd'hui c'est d'être profondément d'abord dans leur pays et nous Européens on a mis sur la table un accord et vous voyez bien qu'on ne peut pas dire autre chose que ça ensuite c'est la question d'un peuple qui a pris une décision politique et qui doit ou l'arrêter ou poursuivre mais c'est aussi leur décision

22:45
Invité

justement quel est votre regard sur ce qui se passe en Grande-Bretagne aujourd'hui parce qu'au fond il y a une radicalisation sur quelque chose qui met en jeu quand même l'avenir de l'Union Européenne l'avenir de nos relations avec la Grande-Bretagne vous dites c'est un gâchis immense comment vous réagissez ?

23:02
Amélie de Montchalin

Amélie de Montchal Moi ça m'évoque plusieurs choses d'abord on a une immense obligation de résultat au niveau de l'Union Européenne parce que ce qui a nourri le Brexit c'est au fond ce sentiment que l'Union n'apportait pas de résultat aux citoyens britanniques donc déjà ça c'est la première chose que ça m'inspire c'est l'obligation de casser à la racine ce qui a nourri le vote Brexit au Royaume-Uni la deuxième chose que ça m'inspire c'est qu'il faut respecter les démocraties nationales la pire des choses ce serait vous voyez moi ou quiconque depuis Bruxelles ou depuis un autre pays décide ce que doit être le Brexit c'est comme en 2005 en France si un référendum ensuite les personnes qui ont voté ont l'impression d'être trahi dans leur vote on le voit en France bien sûr que le traité de Lisbonne moi j'ai voté pour j'ai même travaillé à un moment donné à la Commission Européenne alors qu'il s'établissait donc heureusement pour l'Europe il y a eu ça mais la façon dont ça a été géré démocratiquement c'est délétère même aujourd'hui les gilets jaunes moi j'étais dans plein de grands débats ils continuent à en parler 15 ans après et donc il faut faire extrêmement attention à ce que cette question britannique soit gérée au niveau britannique et la dernière chose que ça m'inspire c'est ce que je disais à l'instant le Royaume-Uni après le Brexit restera un pays avec qui nous aurons une relation et la relation future il faut qu'on soit capable de la construire de manière honnête de manière sincère il y a énormément de sujets la pêche la défense la sécurité le renseignement les accords de recherche les étudiants tous même les services financiers il y a énormément de sujets sur lesquels il faudra qu'on continue de trouver des nouvelles formes de relations et donc moi je ne veux pas être la ministre du Brexit j'aimerais bien être plutôt celle qui dans les mois qui viennent arrive avec les autres à trouver une voie qui nous permette de pouvoir construire un futur qui soit un futur de relations équilibrées et dynamiques

24:42
Présentateur

la secrétaire d'Etat aux affaires européennes Amélie de Montchalin est notre invitée ce dimanche

24:46
Invité

France Inter Ali Badou

24:49
Présentateur

question politique le portrait signé Karine Becker

24:53
Invité

Amélie de Montchalin votre entrée au gouvernement a légèrement surpris il y a de cela tout juste deux mois et demi enfin surpris non pas exactement puisque votre nom a toujours circulé avant chaque remaniement mais personne ne s'attendait vraiment à ce qu'il vous soit confié les affaires européennes parce qu'a priori vous aviez plutôt le parfait profil pour filer à Bercy en tant qu'économiste d'abord et puis surtout à l'Assemblée vous la nouvelle députée avez tout de suite fait du budget votre spécialité et c'est vrai qu'au milieu de tous ces novices de la vie politique vous Amélie de Montchalin avez su impressionner même l'exécutif si si par votre sens de la répartie par votre connaissance des dossiers budgétaires et financiers et par votre assurance à 32 ans seulement pas étonnant du coup que vous soyez devenu la whip de la commission des finances le fouet si vous préférez en anglais chargé d'encadrer voire de recadrer vos collègues de la majorité

25:53
Amélie de Montchalin

whip cream qui a un autre mot anglais ça veut dire crème fouettée et crème fouettée je trouve que c'est une bien plus belle image de ce que j'essaye de faire au quotidien c'est-à-dire créer de l'émulsion mettre de l'air ouvrir les débats faire en sorte que chacun y trouve sa place

26:05
Invité

ah oui j'allais oublier vous avez aussi un certain talent pour communiquer ce qui est important vous le savez pour faire de la politique et la politique Amélie de Montchalin vous a toujours tenté vous êtes encore étudiante à HEC quand vous devenez l'assistante de Valérie Pécrèche stagiaire stagiaire stagiaire si vous préférez à l'époque vous avez un petit peu plus de 20 ans et vous ne dépassez pas les 30 quand vous vous mettez à envoyer des notes à Alain Juppé c'est sa défaite à la primaire en 2016 qui vous fait dévier vers Emmanuel Macron rapidement connecté à sa start-up nation mais initialement attiré par son combat européen ce qu'on avait oublié quand vous avez été nommé le 31 mars dernier

26:45
Amélie de Montchalin

mon métier ou ma nouvelle fonction ça va être de mettre toute mon énergie à ce que dossier par dossier on avance sur le terrain avec les partenaires européens et qu'on arrive à concrètement montrer que l'Europe apporte des solutions aux français

26:57
Invité

voilà votre passation de pouvoir dans ce qui était encore à ce moment là le bureau de Nathalie Loiseau depuis Amélie de Montchalin vous essayez d'exister d'imprimer vous avez récemment on en a parlé à l'instant publiquement convoqué tous nos eurodéputés mais cela n'a pas très bien marché vous espérez comme avant jouer collectivement mais tout le monde n'est pas aussi docile qu'un député de la majorité

27:21
Présentateur

réaction Amélie de Montchalin ?

27:24
Amélie de Montchalin

moi je crois beaucoup au collectif je crois qu'il faut dépersonnaliser beaucoup d'enjeux il faut toujours revenir à ce qu'on essaye de faire et c'est pour ça aussi qu'au delà de l'esprit européen moi ce qui m'a beaucoup plu dans En Marche au départ c'était l'idée qu'on allait d'abord parler de ce qu'on voulait faire et un peu moins de qui on était et donc je crois que les enjeux européens conviennent parfaitement à cette logique parce qu'on voit bien que quand je me rends en Finlande

27:47
Présentateur

enfin c'est un homme qui a conquis le pouvoir en l'occurrence quand vous étiez en marche les idées politiques elles s'incarnent dans des femmes des hommes je ne crois pas être désincarnée

27:56
Amélie de Montchalin

je ne suis pas désincarnée devant vous mais je crois que la politique sonore à mettre toujours en avant ce pour quoi on essaie d'en faire et surtout ce qu'on cherche à avoir comme résultat si je vis cette mission avec beaucoup d'enthousiasme mais aussi beaucoup de persévérance c'est parce que je pense qu'on peut essayer à la fin de changer la vie quotidienne

28:14
Présentateur

Françoise Fressoz

28:16
Invité

alors on va venir peut-être en France en restant un peu lié à l'Europe il y a un avertissement de la commission européenne sur les risques de dérapage du budget français et on voit qu'au fond Edouard Philippe est sorti du grand débat avec quand même 17 milliards de dépenses ou d'allègements fiscaux en plus qu'il faut financer alors est-ce que le deal avec la commission européenne c'est de dire au fond on fait les réformes mais laissez-nous tranquille sur le déficit ou vous vous pensez qu'il faut trouver des économies budgétaires

28:44
Présentateur

Amélie de Monchalin

28:45
Amélie de Montchalin

moi je suis certaine qu'il faut qu'on trouve des économies budgétaires et qu'on dise à la commission européenne qu'on fait des réformes et que donc le rythme de réduction du déficit ne doit pas être brutal on sera à 2,2% de déficit hors mesure exceptionnelle à la fin de l'année 2019 c'est moins que ce qu'on a toujours eu depuis plus de 12 ans maintenant on a pour la première fois depuis que je suis né ou même peut-être même avant réduit la dépense publique en volume en 2018 ça n'était jamais arrivé mais le niveau de la dette est quand même le niveau de la dette il est aussi vous savez on a sincérisé c'est un mot qu'on utilise parfois la dette publique c'est pas ce que ça veut dire chez les technocrates non ça veut dire qu'on a remis dans la dette publique tout ce qu'il y avait dans la dette publique mais qu'on ne voulait pas y mettre comme la dette de la SNCF comme aussi dans le budget de l'Etat il y a en 2017 quand on a été élu vous savez on y a eu cet avertissement de la Cour des comptes en nous disant il y a 8-10 milliards qui traînent qui se devraient dans les comptes qui ne sont pas enfin le fait est qu'aujourd'hui dès qu'on produit quelque chose c'est absorbé en fait par la dette c'est pas absorbé à peu près à 100% aujourd'hui non notre dette est à hauteur de 100% du pays c'est un stock c'est pas absorbé mais bon ce qui est certain c'est que effectivement la France doit continuer à faire des efforts je trouve que la ligne

29:50
Invité

tout le monde dit il faut faire des économies mais quand on demande

29:53
Amélie de Montchalin

concrètement où elles sont on ne les trouve jamais je peux vous dire qu'on les trouve puisque l'année dernière je vous dis la dépense publique a baissé pour la première fois depuis 35 ans que le budget a été fait pour ce qui est la suite la ligne d'Edouard Philippe elle est très claire si on fait des réformes si effectivement on doit s'occuper plus du pouvoir d'achat des classes moyennes si on s'occupe de réformer la prime d'activité si on baisse les impôts de 5 milliards pour les premières tranches d'impôts ça ne peut pas être financé par nos enfants et nos petits-enfants donc il y a des arbitrages qui sont pris en ce moment des arbitrages qui seront courageux qui mettront en place des priorités pour l'instant

30:28
Présentateur

pourquoi Edouard Philippe a été très précis concernant un certain nombre de dépenses et assez flou concernant un certain nombre d'économies on a vaguement parlé de niches on n'est pas beaucoup plus avancés est-ce que vous pensez que c'est parce que pour l'instant on se dit qu'on risque de laisser filer les choses moi je peux vous dire

30:43
Amélie de Montchalin

que depuis l'intérieur du gouvernement à l'extérieur ça c'est pas clair depuis l'intérieur il se passe ce qui se passe tous les ans entre le mois de juin et le mois de juillet c'est-à-dire qu'il y a des discussions très pointues entre Bercy Matignon et chacun des ministères pour définir quelle est la feuille de route budgétaire de 2020 et il y aura des lettres de cadrage et il y aura comme tous les ans au mois de septembre une présentation budgétaire je peux vous dire que les parlementaires y sont attachés l'esprit dans lequel on travaille est attaché on dit que la dette écologique et la dette financière sont des sujets qu'il faut qu'on arrête de reporter parce qu'on voit bien qu'à un moment donné on en paye le prix pourquoi les gilets jaunes ont exprimé aussi fortement une exaspération fiscale mais parce que depuis 15 ans on a réglé des problèmes sur leur dos et qu'aujourd'hui quand on fait la somme de tout ce qu'on a essayé de régler sur leur dos ils disent ça suffit et ils ont bien raison de dire ça suffit et nous on dit aussi que ça suffit

31:29
Présentateur

mais c'est aussi comme ça que vous prenez les choses c'est à dire que vous annoncez une baisse d'impôt de 27 milliards d'euros sur le quinquennat mais vous ne dites pas ni comment vous les financez ni quelles économies vous faites

31:36
Amélie de Montchalin

mais je pense qu'il y a beaucoup de choses aujourd'hui qui sont en train d'essayer d'être faites et qui vont être faites

31:41
Présentateur

vous faites exactement comme vos prédécesseurs

31:43
Amélie de Montchalin

parce que là où c'est très différent c'est que ça fait donc maintenant 3 ans 3 budgets sur lesquels nous sommes en dessous du 3% de déficit on est je vous dis le premier gouvernement depuis 35 ans à avoir réduit la dépense publique en volume et on l'a fait de manière intéressante on l'a fait sans coup de rabot sur les collectivités locales en faisant des contractualisations uniquement avec les plus grandes collectivités on l'a fait tout en continuant à investir dans l'éducation dans la défense donc on est en train de faire des choix le travail est fait de manière sérieuse et je pense ça assez d'ailleurs sain que le Premier ministre plutôt que de faire sa politique générale la présentation du budget ligne à ligne parce que c'est assez technique il faut faire des choix c'est pas ça mais moi j'ai pas entendu j'étais au Sénat et j'ai entendu Edouard Philippe parler donc jeudi matin de son orientation budgétaire j'ai pas entendu qu'il a laissé filer ni de déficit ni de déficit c'est pas ce qu'on dit et donc le comment c'est le travail qui est fait aujourd'hui avec Minussi par Gérald Darmanin avec Matignon et avec chacun des mystères pour définir la feuille de route 2020 mais ça fait 3 mois que vous dites niche fiscale niche fiscale niche fiscale on peut-être commencer

32:41
Invité

à savoir quelles sont celles qu'on pourrait attaquer

32:43
Amélie de Montchalin

si vous en souvenez avec Karim Bécart je crois que vous vous en souvenez avec Joël Giraud lors du dernier budget exactement on avait commencé à faire un travail très fastidieux vous aviez proposé vous on a réduit une douzaine ou une quinzaine de niches fiscales qui étaient anciennes qui parfois plus personne ne suivait plus personne n'évaluait plus personne ne pouvait vous même vous dire

32:59
Invité

donc quelles sont celles sur lesquelles on peut encore jouer

33:01
Amélie de Montchalin

et bien donc je crois que le Premier ministre a fixé un certain nombre d'objectifs c'est celles qui sont anti-écologiques c'est celles qui profitent uniquement à quelques secteurs sans très bien comprendre pourquoi ou aux très grandes entreprises par exemple et puis il y a aussi la revue de niches fiscales qui ont été adaptées au moment où ils ont été créés mais qui dix ans plus tard quinze ans plus tard n'ont plus d'objets ça va suffire tout ça ça je peux vous dire c'est un grattage niche par niche oui mais niche par niche comme vous en avez plus des centaines même des deux centaines trois centaines vous avez quand même de quoi travailler et surtout ce qui est intéressant c'est que la cohérence d'ensemble n'est plus lisée pour les français et d'ailleurs c'est quelque chose que je reviens au gilet jaune qui critiquait beaucoup en disant c'est tellement compliqué qu'on a quand même l'impression qu'il y a ceux qui savent et qu'en profitent et puis il y a ceux qui ne savent pas et qui ont l'impression de se faire avoir heureusement qu'ils ont été là mais vous savez sur ces sujets là moi j'ai toujours été je ne sais pas si c'est démagogue ou populiste ou juste déterminé il y a beaucoup de sujets sur lesquels les français quand ils viennent dans nos permanences de parlementaires quand vous les rencontrez sur le terrain ils vous disent des choses très justes la culture de l'évaluation par exemple enfin le mouvement des gilets jaunes

33:58
Présentateur

c'est pas des gens qui allaient dans les permanences parlementaires enfin c'est pas ce qu'on retient

34:06
Amélie de Montchalin

on sait beaucoup de citoyens informés et qui voient bien qu'il y a des choses qui fonctionnent qui tournent par rond quand le débat sur la fiscalité c'est un débat aussi de lisibilité le sentiment d'injustice il se nourrit de la complexité parce qu'on a l'impression qu'il y a ceux qui savent et ceux qui ne savent pas donc tout ça c'est des bons aiguillons et moi je peux vous dire que ce sujet là en tout cas le groupe parlementaire et mes collègues de la commission des finances enfin mes collègues mes anciens collègues de la commission des finances pour continuer d'échanger avec eux sont très mobilisés

34:31
Présentateur

Française Fresseuse

34:32
Invité

mais quand vous êtes dans les instances européennes et qu'on vous dit qu'au fond la France est la des plus mauvais élèves en termes de déficit est-ce que vous ne dites pas mais comment est-ce que notre voix peut compter en Europe si on reste dans cette situation

34:42
Amélie de Montchalin

et bien les collègues européens ce qu'ils regardent c'est qu'ils ont vu qu'on a fait une réforme de la formation professionnelle qu'on a changé nos contrats aidés qu'on a contractualisé avec nos collectivités locales qu'on va faire une réforme de l'assurance chômage et qu'on va aussi faire une réforme pour créer de la justice et de la simplicité d'un signe de notre retraite tout ça ils le voient et ils savent très bien que c'est difficile et ils savent très bien que pendant des années la France a globalement pris son temps voire surtout pris son temps pour ne pas aborder ces sujets-là vous savez il y a peu près 10 ans dans les rapports de la commission européenne il était déjà écrit qu'il fallait réformer l'assurance chômage il était déjà écrit qu'il fallait simplifier les scènes de la retraite et bien c'est des choses que le Premier ministre a annoncées qui vont être faites dans les prochains mois et les prochaines semaines et je pense que c'est clair

35:20
Présentateur

Merci pour la transition Amélie de Monchal justement puisque nous allons en venir maintenant au discours de politique générale à cet acte 2 comme dit le slogan Il apparaîtrait alors c'est pas exactement ce que vous voulez Ali mais il apparaîtrait quand même qu'il y ait des états d'âme dans la majorité dans votre majorité après avoir catapulté la droite écrabouillé la gauche en bref fait disparaître tout le monde en gros vous avez installé un match entre vous enfin pas vous personnellement et le Rassemblement National est-ce que c'était une super bonne idée est-ce que finalement vous n'avez pas joué avec le feu c'est ce que certains députés disent en disant on a un peu fait les apprentis sorciers ça peut aider Emmanuel Macron en 2022 mais ça peut aussi être extrêmement dangereux

35:55
Amélie de Montchalin

Moi je suis toujours assez surprise par cette idée que si la droite et la gauche font 15% aux élections européennes ce serait de notre faute Moi j'observe que les primaires à droite et à gauche ont eu une conséquence massive c'est qu'elles ont envoyé en retraite anticipée des gens de bonne volonté qui avaient des idées qui voulaient porter des sujets mais qui ont été mais je pense aussi à gauche le système des primaires c'est un système qu'on l'a vu en 2017 à mon avis a été délétère en fait pour ces parties de gouvernement et aujourd'hui ce qu'on observe c'est qu'il reste depuis quand même maintenant deux ans totalement engluée dans les questions de personnes Moi je pense et pour l'avoir vécu à l'Assemblée que c'est extrêmement important que les oppositions puissent exister d'ailleurs quand les oppositions présentaient des propositions de loi j'étais une de celles qui au groupe parlementaire considérait que c'était important qu'on puisse en débattre Donc en gros vous dites la droite classique elle est finalement condamnée tôt ou tard à basculer chez la République en marche Non ce que je dis c'est que je pense qu'il est urgent que ces parties s'ils veulent exister et je pense que c'est cinq dans une démocratie du pluralisme qu'ils reviennent à parler aux français de fonds de solutions de contenus C'est de leur faute en fait il n'y a aucun calcul politique de votre part Moi je peux voir dans ma circonscription ce qui s'est passé en Essonne il y a eu la droite de gouvernement a perdu énormément de poids énormément de voix et elle s'est abîmée dans mon département comme dans les autres dans la lutte le départ Copé-Fillon après dans les histoires de primaires ensuite maintenant d'en savoir est-ce qu'on était conservateur avec Bellamy est-ce qu'on était derrière l'extrême droite avec Wauquiez est-ce qu'on était centriste avec les gens comme Pécresse et les autres donc ce que j'observe c'est que à droite comme à gauche je pense que les primaires ont eu un effet je vous dis très très très violent sur ces parties et ont mis en fait de côté des gens qui étaient faits pour travailler ensemble mais quand vous demandez aux gens de s'écharper alors qu'ils sont d'accord on voit ce que ça produit donc moi je pense qu'il ne faut pas du tout s'enfermer dans un débat ou un match ce débat ce match il existe on l'a vu en 2017 il existe aussi aujourd'hui en revanche je pense qu'il est simple une démocratie mais c'est un appel je veux dire de bon sens ce que je veux dire n'est pas très révolutionnaire que les parties de gouvernement et bien proposent des réformes des idées qui soient celles de parties de gouvernement et qu'ils arrêtent de parler des gens parce que je pense que les français en ont ras le bol et c'est ça qu'ils nous disent et donc l'esprit de rassemblement dans lequel on travaille les 72 maires qui disent on est prêt à travailler avec vous ils n'ont pas dit on va prendre notre carte en marche ils ont juste dit on dit s'ils ne le font pas ce ne seront pas des ennemis du président moi j'ai deux maires de ma circonscription historique qui sont dans cette liste je n'aurais jamais demandé à faire autre chose que d'être ce qu'ils sont de travailler dans l'intérêt du pays il n'y a pas de volonté hégémonique de la part de la république en marche du genre où vous êtes avec nous vous êtes contre nous il y a la volonté de clarification il y a des gens qui disent on est des opposants et bien c'est bien le savoir il y a des gens qui disent on est prêt à travailler avec vous et bien c'est bien le savoir

38:44
Présentateur

vous les prenez à partir de quoi les gens qui veulent bien travailler avec vous il faut qu'ils aient pas leur carte aux républicains il faut qu'ils disent c'est quoi le moment

38:50
Amélie de Montchalin

la ligne qu'on avait dit c'est pendant les élections européennes à minima pas soutenir au premier rang des candidats qui manifestement ne sont pas des amis du président puisqu'ils considéraient les uns les autres que tout ce que nous faisions était mal du début à la fin mais il y a des gens qui resteront des gens qui pourront dire je suis de droite et qui nous suiviendront il y a des gens qui pourront dire je suis de gauche et qui nous suiviendront

39:09
Invité

mais vous trouvez pas que vous avez une politique de recrutement politique en ce moment un peu agressive quand même à la république en marche dans le vocabulaire

39:15
Amélie de Montchalin

je ne recrute personne j'appelle à la clarté et je pense que les français sont contents d'avoir de la clarté

39:20
Invité

quand vous regardez les structurations de vote c'est à dire qu'on a la France qui va bien derrière Macron et la France qui va mal derrière Marine Le Pen est-ce que vous jugez pas la situation cette structuration cette lutte des classes très dangereuse ?

39:31
Présentateur

C'est pour ça

39:32
Amélie de Montchalin

qu'on a aucune envie d'arrêter de réformer des choses qui parlent à tout le monde valoriser le travail apporter à chacun l'éducation pour que ses enfants aient dans la vie toutes les options devant lui et pas celle que lui réserve la mauvaise adresse ou le mauvais nom de famille comme ça a été trop souvent le cas et ça c'est des choses lutter contre l'assignation à résidence faire ce qu'on est en train de faire sur le dédoublement des classes ça ça me paraît des choses qui sont envoyées ni de droite ni de gauche mais qui permettent justement d'arrêter de se dire qu'il y aurait une France pour qui on travaille et une France qu'on abandonne tout le projet

40:03
Présentateur

mais la rupture avec les classes populaires elle est prononcée elle est consommée

40:07
Amélie de Montchalin

pour moi elle n'est pas définitive et c'est pour moi un grand combat quand Gérald Darmanin dit très bien il faut qu'on puisse on ne peut pas gagner une présidentielle sans le peuple et bien je suis d'abord c'est réaliste c'est pragmatique et deuxièmement c'est pour ça que je vous dis qu'on travaille aussi fortement sur des enjeux comme l'éducation comme la formation professionnelle comme la valorisation du travail comme la réforme de la prime d'activité comme le revenu universel d'activité pour sortir de ce chômage de masse qui a créé de la précarité et qui a donné à certains le sentiment qu'ils étaient à côté de la république notre combat c'est celui d'une république unie où chacun a ses chances et donc lutter contre l'assignation résidence et valoriser le travail je pense notamment aussi la promesse éducative dans les quartiers populaires le fait que les enfants aient toutes les chances et que si justement ils viennent de quartiers où c'est plus difficile on leur redonne la chance de pouvoir entrer pleinement dans la société formée et avec tout ce qu'il faut tout le bagage nécessaire pour qu'ils puissent faire leur choix dans la vie ça me paraît être une politique essentielle et qu'on va mener avec beaucoup beaucoup d'énergie Pourquoi est-ce qu'au bout

41:01
Présentateur

de deux ans de quinquennat on en est arrivé à cette situation où la république en marche est le parti des bourgeois des élites des centres-villes ?

41:08
Amélie de Montchalin

Parce qu'il faut qu'on continue à travailler parce qu'il y a des réformes qui prennent du temps parce que quand on fait la réforme de l'apprentissage les inscriptions augmentent de 40% et bien il va falloir du temps pour que ces apprentis entrent sur le marché du travail que dans leur famille dans leur entourage on voit la différence donc c'est pour ça que le président a toujours dit moi je vais être jugé sur des résultats je vais être jugé dans 5 ans on a encore 3 ans devant nous et donc on va pas relâcher les formes Est-ce que c'est pour ça que Emmanuel Macron

41:30
Présentateur

dit qu'il faut plus d'humanité promet plus d'humanité est-ce que c'est pour ça que Édouard Philippe de son discours de politique générale dit qu'il faut pas être arrogant ça semble bizarre de dire

41:40
Amélie de Montchalin

faut pas être arrogant et derrière ces mots-là il y a surtout l'enjeu de la proximité ça veut dire que vous l'avez été vraiment ? mais il faut que nos réformes on a passé beaucoup de temps à l'assemblée à les façonner à les construire à mettre les amendements à mettre les mesures techniques maintenant tout l'enjeu c'est que tout ça se déploie sur le terrain et que ça devienne concret et que

41:56
Présentateur

est-ce qu'il y a un mea culpa sur votre style pas le vôtre personnellement mais sur la façon dont vous vous êtes exprimé ou dont vous avez fonctionné depuis 2 ans ? Moi je pense qu'il y a eu

42:06
Amélie de Montchalin

une volonté parfois d'aller très vite et que cette volonté d'aller très vite a été vécue par certains comme une volonté de passer en force et peut-être de ne pas les associer assez et c'est pour ça qu'on mise tout aujourd'hui beaucoup plus sur la concertation c'est pour ça qu'on fait des permanences ministérielles plutôt que d'aller faire des visites ministérielles où on le montre vous savez la France merveilleuse qui n'existe qu'au moment de la visite ministérielle plutôt qu'on aille moi j'ai aller s'asseoir dans des endroits échanger quand le président demande au ministre d'aller avec leur directeur d'administration centrale sur le terrain recevoir thème par thème les français qui se sont confrontés à des aberrations administratives je pense qu'on s'aidera beaucoup plus à réformer le pays par le bas moi vous savez en tant que député ça a été l'ambition de proximité de partir du terrain de s'assurer que ce qu'on vote s'applique ça a été ce qui m'a motivée a été mon moteur pendant deux ans donc je suis très heureuse qu'on poursuive au niveau gouvernemental aussi dans cet esprit est-ce que c'est pas

42:54
Invité

la même erreur que vous êtes en train de faire finalement au parlement européen vouloir aller vite vouloir vous imposer je parlais tout à l'heure de vous comporter comme des gens en terrain conquis est-ce que finalement tout ça ne vous fait pas passer pour des gens hautement arrogants alors que c'est pas ce que vous défendez là maintenant

43:10
Amélie de Montchalin

le parlement européen vous savez on est 23 français renaissants sur 750 21 pour l'instant oui 23 21 ou 23 mais je veux dire on est une vingtaine les français c'est donc même si on les mettait tous ensemble

43:21
Invité

non mais est-ce que c'est pas le défaut du macroniste de vouloir toujours aller très vite

43:24
Amélie de Montchalin

de vouloir s'imposer de vouloir il y a s'imposer s'imposer je pense qu'il y a des moments où c'est sain que notamment niveau européen parfois le président hausse un peu le ton et disent les amis soit on continue comme avant et on tourne en rond soit entre guillemets on se réveille et on avance donc ça je pense que c'est ça donc pas remise en cause du style finalement ensuite sur la vitesse vous savez le parlement européen là pour le coup ça va être un peu l'inverse c'est qu'il va pas nous attendre et les débats ils vont reprendre très très vite donc on fera le bilan vous voyez quand on aura repris les travaux je pense que ce sentiment d'urgence et ce sentiment d'aller vite il est aussi lié au fait qu'on voit bien que dans notre pays il y a trop de choses sur lesquelles on ne peut plus attendre c'est pas un hasard que le premier ministre dise il y a des urgences il y a une urgence sociale il y a une urgence climatique il y a une urgence de lien de proximité ce sont des urgences donc ensuite vous voyez c'est compliqué de dire que c'est des urgences il y a ensuite de prendre notre temps donc c'est une tension

44:13
Présentateur

et puis il y a des sujets sur lesquels vous n'allez pas si vite que ça

44:14
Amélie de Montchalin

la PMA par exemple

44:16
Présentateur

finalement vous avez une question juste une question à propos de la PMA qui finalement va être passée en conseil des ministres fin juillet pour une discussion en septembre est-ce que vous pensez que ça doit s'accompagner d'un droit aux origines c'est-à-dire qu'en gros le projet PMA seul n'est pas suffisant puisqu'il y a un certain nombre de parlementaires qui ont travaillé sur la nécessité de donner un accès aux origines pour les enfants nés de PMA ce qui est intéressant

44:40
Amélie de Montchalin

c'est ce qui va être présenté fin juillet c'est pas juste la PMA c'est une grande révision de bioéthique qui inclut effectivement la question de l'accès aux origines qui inclut des questions de filiation

44:49
Présentateur

quelle est la philosophie

44:50
Amélie de Montchalin

de cet accès aux origines qu'est-ce qu'il y a derrière ce sur quoi vous travaillez et bien alors je crois que madame Belloubet a transmis au conseil d'état avec Agnès Buzyn et Frédéric Vidal plusieurs options les choses ne sont pas aujourd'hui tranchées est-ce qu'il y a un principe

45:03
Présentateur

philosophique qui est que tout enfant qui naît doit pouvoir a priori remonter je ne vous demande pas la méthode classique parce qu'il y a plein de choses qui sont sur la table effectivement mais est-ce que vous pensez qu'il y a un droit aux origines

45:13
Amélie de Montchalin

qui existe la question laquelle je me suis posée c'est qu'entre le moment où le donneur fait un don et le moment où l'enfant arrive à la majorité et pourrait avoir accès ou demander un accès aux origines il se passe donc techniquement 18 ans

45:25
Présentateur

au minimum

45:25
Amélie de Montchalin

et donc toute la question c'est comment on organise un système où cet accès aux origines à mon avis il faut qu'il soit possible mais il faut aussi que celui qui ait fait un don à mon avis mais c'est un avis là pour le coup personnel parce que c'est un débat je pense que c'est intéressant de réfléchir à la personne qui a fait un don 18 ans 20 ans 30 ans après est-ce qu'elle a envie est-ce qu'elle est disposée est-ce qu'elle a la possibilité même humaine et émotionnelle de rencontrer ou d'avoir un échange avec un enfant qui est né de ce don c'est ça le débat et moi ce que je trouve intéressant justement c'est que ce qui est présenté fin juillet c'est pas juste la PMA c'est beaucoup d'autres questions d'éthique de bioéthique qui nous parlent de la science des progrès de la science des évolutions sociétales et sociales et donc ce qui moi me plaît dans ce texte c'est que le travail des trois ministres a été un travail très précis et je pense que elle travaille pour qu'on puisse avoir un débat serein un débat sérieux et qu'on sort oui parce que je pense que sur ces questions là si on arrive à bien montrer que tout est question d'équilibre c'est pas oui ou non blanc ou noir c'est une question de quel est le modèle social quel est le modèle qu'on construit ensemble je pense qu'on peut faire avoir un débat intéressant et un débat justement où on parle de choses profondes plutôt que de parler de symboles

46:42
Présentateur

quand vous voyez

46:44
Invité

la capacité de déchirement de la société française on a vu les gilets jaunes mais on a vu aussi tout ce qui avait été autour du mariage pour tous est-ce que vous dites est-ce qu'on n'ouvre pas la boîte de Pandore et qu'on arrive à un mois de septembre qui va être au fond extrêmement difficile c'est pour ça que le président

47:00
Amélie de Montchalin

a demandé entre sa promesse vous voyez prise pendant la campagne et maintenant à ce qu'il y ait beaucoup d'étapes de concertation beaucoup d'étapes de consultation qu'il y ait beaucoup d'idées qui vont probablement être dans ce projet de loi probablement qu'on n'aurait pas présenté pareil si on l'avait fait le lendemain de l'élection bien sûr qu'il y a une capacité à se déchirer sur ces sujets parce que c'est des sujets profonds, intimes qui parlent de choses difficiles ou heureuses mais en tout cas qui parlent de choses qui nous concernent tous dans notre plus proche intimité maintenant je pense que le travail qui a été fait justement par une communauté scientifique juridique et médicale ensemble le fait que ces trois ministres là c'est pas un symbole c'est aussi qu'on a fait travailler ces communautés là ensemble je pense en tout cas je crois qu'on y travaillera tous pour que ça soit d'abord un débat vous voyez de fond

47:43
Invité

quand vous voyez l'état de la droite c'est à dire leur impression d'être un peu pillée par la république en marche et d'être vraiment tourneboulée dans leur existence est-ce que vous pensez pas que ça peut être aussi un terreau de réaction et au fond qu'une partie de la droite va se mobiliser contre ce projet

48:00
Amélie de Montchalin

je sais pas si la droite va se mobiliser j'entends aussi des gens de droite qui disent qu'aujourd'hui il faut trouver le bon équilibre mais qu'il faut pas s'opposer frontalement à ce qui est un projet et une idée qui a une majorité aujourd'hui de soutien

48:14
Présentateur

dans l'opinion dans l'opinion depuis peu et donc probablement

48:18
Amélie de Montchalin

qu'il y a des gens qui vont se mobiliser je suis certaine est-ce qu'ils vont se mobiliser sur ce qu'il y aura dans le texte peut-être pas ça peut aussi arriver ça vous échapperait du coup qui fassent un symbole des choses qui sont pas ce qui est écrit dans le texte donc je vous dis c'est pour ça qu'on va être à mon avis tous collectivement très vigilants pour bien expliquer ce qui est dans le texte qui ne naît pas dans le texte et bien avoir un débat je vous dis en profondeur et précis plutôt qu'un débat de symboles vous savez qu'en général les débats de symboles à mes yeux ne sont jamais ceux qui aident le pays et ils n'aident personne en général

48:44
Présentateur

Karim Becker

48:45
Amélie de Montchalin

mais vous personnellement

48:46
Invité

vous étiez d'accord avec l'idée que ça devait faire partie des dossiers prioritaires de l'acte 2 du quinquennat cette révision de la loi biétique et qui donc inclut la PMA pour toutes les femmes

48:56
Amélie de Montchalin

moi ce que je pense c'est que c'est un sujet sur lequel les choses sont prêtes la majorité des députés étaient tout à fait prêts à avoir ce temps avant le budget il y a une contrepartie de tout ça c'est que du coup le débat parlementaire va être plus contraint dans le temps donc si certains rêvaient d'un débat qui dure et qui dure ça va être possible donc c'est aussi un arbitrage moi je pense que c'est bien d'une certaine manière aussi qu'on c'est pas ma question bien ou mal c'est est-ce que ça devait faire partie des dossiers prioritaires selon vous oui mais c'est bien qu'on solde aussi le sujet parce qu'on a l'impression sinon qu'on est contre alors que les choses sont prêtes donc moi je suis pour que ce débat ait lieu qu'il ait lieu de manière apaisée qu'il ait lieu sur le fond que les choses soient posées

49:32
Présentateur

et que c'était une promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron

49:34
Amélie de Montchalin

et tout à fait donc c'est très bien mais tout comme beaucoup d'autres choses qui vont être débattues sont des promesses de campagne ou sont des promesses qui ont été prises lors de la conférence de presse au Sénat au mois de septembre on aura ce texte sur le statut des maires et sur la réforme territoriale qui est aussi une énorme attente vous voyez des territoires et des sénateurs il ne reste trois minutes dernière précision sur la PME elle sera bien remboursée par la sécurité sociale je n'ai pas le détail du texte donc je préfère ne pas vous dire oui ou non je crois que c'était quelque chose sur lequel effectivement Agnès Buzyn réfléchissait

50:00
Présentateur

mais vous le souhaitez ?

50:02
Amélie de Montchalin

je souhaite que les choses soient celles qui seront proposées je pense que si Agnès Buzyn y a travaillé c'est pour que ça soit comme ça

50:07
Présentateur

non mais en l'occurrence vous étiez en charge de ces questions au parlement et c'est des questions que vous connaissez très très bien

50:12
Amélie de Montchalin

je ne me suis jamais occupée de la sécurité sociale donc je crois que ça s'appelle

50:15
Présentateur

non mais les questions de budget en l'occurrence le budget de la sécurité sociale

50:17
Amélie de Montchalin

c'est la commission d'affaires sociales et je pense que si c'est proposé et bien ça sera débattu donc je ne vais pas vous dire ce qu'il y a dans un texte que je ne connais pas

50:23
Présentateur

alors un sujet que vous connaissez jeudi vous rencontriez votre homologue albanais est-ce que l'Albanais peut espérer devenir membre de l'Union Européenne ?

50:30
Amélie de Montchalin

on a toujours dit que les Balkans occidentaux par définition vu leur géographie avaient une perspective européenne on a toujours dit aussi que pour qu'il y ait un élargissement il fallait que l'Europe se réforme de l'intérieur parce que dans les conditions actuelles ça nous paraissait une folie et on dit aussi qu'il faut qu'on travaille pour que s'il y a des négociations qui s'ouvrent elles soient liées aux réformes notamment sur l'état de droit et donc on a discuté avec ce homologue albanais de toutes les réformes pour l'état de droit ça veut dire la réforme de la justice ça veut dire la lutte contre la corruption ça veut dire l'organisation des institutions la commission européenne

51:04
Présentateur

mais la vocation de l'Albanie est-ce que c'est d'intégrer l'Union Européenne ?

51:07
Amélie de Montchalin

on a toujours dit que les Balkans occidentaux auraient oui une perspective européenne est-ce que c'est le moment est-ce que les conditions sont réunies est-ce que les négociations sont allées assez loin ça sera des choses qui seront débattues dès mardi au conseil des affaires générales du Luxembourg enfin au Luxembourg où je serai et probablement dans les mois qui viennent ce sont des sujets très compliqués et puis ouvrir des négociations on l'a vu pour certains pays ça ne veut pas dire du tout l'adhésion je crois que la Turquie vous voyez ça fait plusieurs décennies aujourd'hui qu'elle est en négociation donc il faut garder les choses par étapes

51:36
Présentateur

le parti Ciudadanos c'est l'allié de la République en marche au Parlement européen Ciudadanos s'allie en Espagne avec l'extrême droite de Vox faut-il les exclure du groupe Renew Europe je ne sais pas comment ça se prononce mais c'est le nouveau nom que vous avez choisi pour le parti centriste

51:50
Amélie de Montchalin

ce qui est certain c'est que je l'ai dit dans la presse espagnole et donc je peux vous le redire ici nous ne transigerons pas avec l'idée que quand on est un groupe pro-européen et bien on ne fait pas d'accord avec l'extrême droite

52:00
Présentateur

oui ils l'ont fait vous l'avez dit c'était avant justement que ces accords ne soient conclus et donc nous allons appeler

52:06
Amélie de Montchalin

les députés européens membres de ce groupe Renouveler l'Europe centriste à beaucoup de clarifications est-ce qu'ils soutiennent ce qui se passe dans leur pays ou est-ce qu'ils ne le soutiennent pas et en fonction de ça on pourra en tirer des conséquences

52:17
Présentateur

enfin ils sont membres d'un parti qui s'allie avec l'extrême droite en l'occurrence faut-il les exclure du groupe La République En Marche

52:21
Amélie de Montchalin

et bien il faut leur demander s'ils sont toujours membres de ce parti ça n'a pas l'air de choquer les madrilènes qui ne sont pas tous dans la rue pour contester cette alliance je crois que pour avoir lu un peu la presse espagnole il y a beaucoup de gens qui considèrent que c'est quand même par rapport à ce qu'était Ciudadanos au départ assez loin de finalement de l'esprit dans lequel s'était créé ce groupe qui était un peu comme En Marche quelque chose qui voulait justement casser la logique droite-gauche qui cherchait à être progressiste

52:47
Présentateur

qui me semble pas et qui a fini par s'allier avec la droite et maintenant avec l'extrême droite alors donc c'est pour ça

52:52
Amélie de Montchalin

que je vous dis mais est-ce que c'est pas de l'ingérence dans des affaires domestiques quand même là on parle du groupe européen au parlement européen de gens qui vont travailler avec nous et on aimerait que dans notre charte de valeurs communes qui est bien clairement dit que nous ne soutenons pas des alliances avec des gens qui sont anti-immigrants parfois néo-franquistes qui sont les partis d'extrême droite espagnol

53:12
Présentateur

Est-ce que c'est un acte 2 du quinquennat qui a commencé ou est-ce que c'est juste un slogan ?

53:17
Amélie de Montchalin

Moi je pense que c'est un acte 2 parce que c'est d'autres réformes c'est une autre méthode et puis c'est une proximité plus grande qu'on va chercher et j'espère une clarté plus grande aussi dans ce qu'on fait

53:26
Présentateur

L'émission se termine Merci Amélie de Montchalin d'avoir répondu à nos questions Bon dimanche Merci à Alexandre Gilardi et à toute l'équipe technique Merci de nous avoir suivis Je vous souhaite un bon dimanche et on vous donne rendez-vous la semaine prochaine